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Lettre à tous les enseignants de France
Voici une lettre écrite par des enseignants en résistance, elle est adressée à tous pour rappeler le contexte de la rentrée.Il est temps de prendre conscience de la cohérence de toutes les mesures gouvernementales qui se suivent sans relâche avec comme objectif l'affaiblissement de l'école publique partout, que ce soit dans les zones rurales ou dans les zones urbaines, que ce soit en maternelle, en élémentaire, au collège ou au lycée. Il est important de ne pas baisser les bras et au contraire de résister et de refuser tout ce qui va à l'encontre de notre éthique professionnelle.
Le 5 septembre 2011
Chers collègues,
Un de plus !
Dans le Loir-et-Cher, un enseignant, Philippe Wain, vient d’être déplacé d’office dans « l’intérêt du service » parce qu’il refusait d’utiliser le fichier Base-élèves et de mettre en place les évaluations nationales. En réalité cette mutation répond à un double objectif : sanctionner l’enseignant et affaiblir une classe unique de 17 élèves en vue de sa suppression.
Ce déplacement a été décidé arbitrairement par l’Inspectrice d’Académie en dehors de tout cadre règlementaire ! Cet arrêté devient de fait nul et non avenu. Celui-ci fait suite à un autre arrêté retirant la fonction de « directeur » à notre collègue qui n’est que « chargé d'école ». Cette confusion rend cet autre arrêté illégal.
De telles décisions ne rappellent-elles pas dangereusement les lettres de cachet des rois absolus ?
Mais Philippe Wain n’est pas le seul à subir cette répression, bien au contraire !
Entre 2009 et 2011, combien d’enseignants et de directeurs d’école ont été ainsi sanctionnés parce que leur éthique professionnelle et citoyenne leur faisait devoir de ne pas participer à la casse de notre École Publique ?
Alors oui ! Ils refusent le fichier Base-élèves (contraire aux principes de la Convention internationale des droits de l’enfant et dénoncé par la commission des droits de l'enfant de l’ONU), les absurdes et inutiles évaluations nationales et leur pilotage par les chiffres, mais aussi la stigmatisation des élèves en difficulté par l’aide personnalisée, la suppression des RASED, les milliers de suppressions de postes, l’abandon de la formation initiale et continue…
Ces collègues ont subi toute la gamme des sanctions ou des intimidations : pressions par téléphone ou par courriers à la limite du harcèlement, convocations devant les Inspecteurs d’Académie, retraits de salaires, inspections commandées, blâmes, retraits de fonction de direction et mutations d’office.
Jusqu’à quand allons-nous accepter ces politiques destructrices de notre École et de nos valeurs ?
Jusqu’à quand allons-nous accepter que les règles de l’économie mondiale orientent les politiques éducatives ?
Jusqu’à quand, enfin, allons-nous accepter d’être traités par le mépris ?
Chers collègues, il suffirait de quelques actions collectives pour relever la tête et remettre en cause toutes ces réformes, actions qui ne nuiraient aucunement à nos élèves.
Par exemple, bloquer les remontées des évaluations nationales, comme de nombreux syndicats le proposent. Que ferait l’Administration devant cette action massive ? Rien, sinon ne pas verser les primes de 400 €. Mais allons-nous nous mettre à genoux pour 400 € ?
Résister, c’est créer ; créer, c’est résister !
Tout est à inventer pour s’opposer à cette politique du bulldozeur. Les premiers enseignants désobéisseurs ont dû faire preuve d’imagination pour résister à ces réformes qui visent à faire entrer l’Éducation nationale dans l’économie de marché, et non à améliorer les connaissances des élèves.
Il nous faut rester debout.
Redressons-nous !
Rapprochons-nous des syndicats et des collectifs qui organisent la résistance :
- le Comité de soutien à Philippe Wain (http://comitesoutien-philippewain.resistancepedagogique.org);
- le Réseau des enseignants du primaire en résistance (http://resistancepedagogique.org);
- le CNRBE (Collectif National de Résistance à Base-élèves) (http://retraitbaseeleves.wordpress.com);
- l’ICEM (Institut Coopératif de l’École Moderne – pédagogie Freinet) (http://www.icem-pedagogie-freinet.org).


Tous les commentaires
Ce qui nécessite du courage aujourd'hui demandera de l'héroisme demain.
Merci pour votre combat pour l'avenir
Il faut aussi s'adresser aux habitants, au parents d'élèves.
L'école est un sujet sensible, mobilisateur.
Oui.
Résister
Oui, nous allons demander au parents de relayer cette lettre... On verra mais je pense qu'ils (FCPE) le feront.
Il nous faut tous et toutes réclamer le soutien officiel des syndicat et des partis contre ces lois scélérates. Ce sont eux qui sont chargés de protéger nos droits et de contester les décisions arbitraires.
Bien entendu, j'imagine bien deux reproches à mon appel (appel en écho pour soutien aux désobéissants contre la Base élève) :
- d'abord, le silence gêné des centrales et des dirigeants syndicaux sur ces questions,
- ensuite la réprobation de ceux qui n'attendent pas les syndicats (qui sont bien passifs, il faut le dire) pour agir.
Mes réponses :
1. les individus ne sont pas supposés légitimes face aux commissions disciplinaires qui font pression pour isoler chacun, le pénaliser ou le médicaliser, sinon le psychiatriser ;
2. nos syndicats sont à la fois les seules instances officiellement reconnues, et à la fois composés de dirigeants qui s'interrogent de plus en plus sérieusement sur la marche à tenir face à ces lois scélérates.
Pour ne pas laisser seuls ceux qui ont le courage de s'opposer à ce système, il y a impératif de relayer le débat au sein de chaque établissement : les délégués ont à porter la parole de ceux qui les mandatent.
Jean-Jacques M’µ
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Site web
Sur la notion de « compétences »…dans le numero 29 de la revue N’Autre Ecole
Faire suivre ce texte partout est un début. Les enseignants ne s'en sortiront pas tout seuls, même s'ils sont très mobilisés. Il faut que sur la base de cette lettre, tous les candidats de gauche à quoi que ce soit SE PRONONCENT.
Ne comptons pas trop sur un hypothétique union sacrée syndicale à ce sujet. Ils n'ont rien appris.
Renouveler l'abandon de 2003 par un pays qui renvoyait les profs à leurs cahiers, on a donné. Au vu des résultats concrets, savoir que l'on a eu raison ne console pas...
Oui, entièrement d'accord avec Dianne sur cette nécessité impérative de se regrouper : les attermoiements actuels des syndicats et des partis aujourd'hui deviendront nettement plus incisifs grâce à la mobilisation des profs déterminés sur ces questions de justice sociale et de relation aux classes.
Jean-Jacques M’µ
Pour l'instant les syndicats (majoritaires) sont assez silencieux.
Avec vous.
Soutenons notre école et l'avenir de tous les enfants qui grandissent dans ce pays.