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May

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France Italie : Quelques éclairs suffiront.

Par un froid de canard ou de loup ?

 

 

 

Le Français est fourbe. Pour oublier la déculottée de l'an passé, les tricolores reçoivent nos amis italiens par un froid sibérien. Il s'en faut de beaucoup pour refroidir les ardeurs transalpines. Jouer des tours de cochons à nos hôtes devrait être la marque de fabrique d'une sélection dirigée désormais par le Goret, Philippe Saint André.

 

Rassurons-nous, il ne faut attendre que deux minutes pour retrouver la spécificité tricolore : la maladresse technique. En avant sur la première passe au large, c'est un changement dans la continuité. Ajoutons une pénalité sur la seconde mêlée et nous retrouvons ce jeu moderne qui nous séduit tant ! La première occupation territoriale sera donc le fait des azzuri, c'est ce qu'on nomme le changement dans la continuité.

 

Dix minutes de domination visiteuse, est-ce ainsi qu'on célèbre un titre honorifique de vice-champion du monde ? Seule l'arme de la contre-attaque demeure et Malzieu sème le trouble dans la défense bleue. Une pénalité récompense ce jaillissement qui permet à la France d'ouvrir le score contre le cours du jeu (Je n'invente rien, c'est Galthié qui le dit !) 3 à 0 à la 11° mn.

 

Les bleus continuent à avancer face à des blancs qui cherchent d'abord à bloquer le ballon en ceinturant au niveau du buste. Je n'apprécie guère cette défense qui accepte de reculer ! Je m'ennuie déjà au bout d'un quart d'heure avec ce jeu qui privilégie paradoxalement le passage par le sol face à des défenses soucieuses de rester debout. Les petits tas sont sans doute la réponse la plus adaptée pour se réchauffer sur le terrain, pas dans les tribunes ni à la télévision.

 

Ce qui devait arriver arriva. Pendant que le public s'offre une Hola climatique, les bleus italiens font chanter le cuir et égalisent fort justement par un drop après 18 minutes à tenir le ballon. La France manque son coup de renvoi, le détail toujours le détail et pour moi, le manque de respect des fondamentaux.

 

C'est un exploit qui enflammera l'atmosphère, l'espace d'un éclair. Après une série de passages au sol sans enthousiasme, Rougerie grille la politesse à ses vis à vis pour aller à dame à la 21° mn. 10 à 3 sans convaincre. Sur la réplique, il en faut de bien peu pour que les bleus rendent la monnaie de leur pièce aux Français. C'est sans doute ça, le réalisme froid ? Les blancs marquent quand les bleus se contentent de jouer !

 

Les visiteurs gardent la main sur le ballon. C'est une donnée assez surprenante et fort logiquement une pénalité récompense leurs intentions. Ils ne sont pas frileux et recollent un peu au score à la demi-heure : 10 à 6. Même Bru déplore le manque d'initiative tricolore, je me sens moins seul dans la déception du moment !

 

Une mêlée gagnée, un nouvel exploit individuel ensuite par Malzieu et cinq défenseurs plus tard, il pointe derrière la ligne. Le réalisme froid, la victoire sans chanter ! Ce n'est pas ainsi que l'on montre son ambition. Je ne peux me reconnaître dans ce jeu d'épicier. 15 à 6 à la 36° mn, c'est sans doute ça l'essentiel pour Saint André et sa bande ?

 

 

Les italiens sont dans une autre optique, ils tapent en touche une pénalité réalisable. Ils ne sont pas récompensés puisque sur la touche, l'arbitre les sanctionne pour un double vitrage pourtant de saison. La mi-temps sera sifflée sur une prestation efficace mais terne. L'équipe semble coupée en deux, des avants puissants et discrets, des arrières brillants mais rarement en action et comble de l'ennui, le commentateur évoque le pragmatisme, c'est vous dire qu'on est déçu !

 

 

Le sélectionneur ne dit pas différemment. Nous manquons clairement d'ambition et le coup d'envoi qui ne fait pas dix mètres est encore une faiblesse inacceptable à ce niveau comme ailleurs d'ailleurs. Les italiens obtiennent une pénalité sur la première mêlée de cet acte, même notre point fort tremble ! Burton échoue d'un rien et la mi-temps peut commencer comme la précédente, le ballon dans les mains des visiteurs.

 

Une fois encore, les italiens s'offrent une belle occasion qui échoue d'un rien et c'est encore un nouveau contre qui manque de les cueillir à froid. J'aimerais que les initiatives soient tricolores, qu'importe le score en cette année de reconstruction ! Et ça continue, les bleus prennent des risques, osent et sont enfin récompensés par une pénalité 15 à 9 à la 46° mn. C'est pas payé pour eux !

 

L'absence de continuité caractérise les rares tentatives françaises. Une ou deux passes, passage au sol, c'est bien pauvre. D'autant que rien ne semble être prévu autour des points de rencontre mis à part les actions individuelles. Yachvili manque une pénalité ce qui laisse les italiens à portée de fusil. C'est encore un éclair individuel qui redonne une occasion de marque. Fofana montre son talent mais là aussi sans continuité. 18 à 9, il faut s'en contenter.

 

Il faut se contenter aussi du jeu de contre. Les italiens produisent, perdent la balle et en deux ou trois petits coups de pied, les blancs marque un essai de footballeur par Clerc. 25 à 9, la messe est dite, nous attendons maintenant la punition. Cette fois, le score établi, les tricolores semblent libérés. Le ballon circule un peu plus. Ce n'est pas un entraîneur qu'il faut mais un psychologue !

 

 

Ce n'est plus la même équipe. Curieux cette impression qui n'est pas nouvelle d'une équipe qui se recroqueville sur sa défense avant que de se libérer quand la différence est enfin faite par des coups individuels. Cependant, la mêlée Française prend chère. 60° mn : 25 à 12, les italiens ne sont pas en mesure de marquer autrement que par des buts.

 

La situation s'inverse, les blancs produisent et les bleus contrent. Il en faut de peu pour que le coup soit gagnant. Un plus d'être plus forts, les coqs ont de la chance. Saint André effectue les changements plus tôt dans le match que son prédécesseur. C'est peut-être l'explication des imperfections qui se multiplient et des contres italiens qui se reproduisent sans plus de succès.

 

Le jeu est débridé, la balle change souvent de camp. Il y a un manque de rigueur sur cette fin de rencontre, chacun essayant d'y aller de son petit numéro. C'est plaisant et vivant, ce n'est pas du haut niveau dans le schéma collectif même si on devine qu'individuellement, il en est autrement.

 

70° mn, les Français partent à la recherche du point de bonus. Une pénalité est bottée en touche et un maul se développe. Nouvelle faute italienne et l'arbitre vient se mêler de modifier le rapport de force en excluant un bleu. Cette fois, il y a le feu et Fofana marque un essai pour récompenser sa magnifique entrée en sélection. La transformation est manquée : 30 à12, c'est beaucoup !

 

Ça sent le match devenu casse-croûte, à 5 minutes de la fin tous les remplaçants font leur entrée. Les italiens se rebiffent, se montrent menaçants. Il y a du flottement dans l'air. C'est du hourra rugby, la seule incertitude est de savoir si les bleus seront enfin récompensés par un essai. Ça chauffe mais il manque encore un petit quelque chose à nos voisins latins. Finalement ils échouent dans leur désir de sauver l'honneur et la partie s'achève sur une ultime tentative infructueuse !

 

Ce fut laborieux mais sans inquiétude réelle. Il manque vraiment d'ambition dans cette équipe qui attend son heure et les fautes adverses. Les italiens montrent de réels progrès sous la patte Brunel. Nous nous satisferons de cette entame victorieuse mais encore un peu décevante.

 

Mitigeurement leur.

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