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25
May

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L'Homme est au centre de tout.

Prendre la température …

 

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Le tout à l'égo ne cesse de charrier ses déjections intimes, ses rejets avouables ou non. L'individu est au centre de la Nature, de la Planète, de l'Univers. Il faut se le tenir pour acquis, nous sommes devenus le centre d'extrême gravité de toute chose.

 

Rien ne doit échapper à cette force centrifuge qui provoque une attraction universelle vers la plus belle créature de Dieu, celle qu'il aurait faite à son image. Soit dit en passant, le vieil architecte doit être parfaitement insupportable. Quand on observe ses avatars, on n'a plus envie de faire sa connaissance. Ses défauts sont multiples et ses qualités fort rares.

 

Mais revenons aux moutons de cet illustre berger. Ils bêlent, ils vont en files indiennes se jeter en masse derrière la dernière notion à la mode, le concept qui surgit de nulle part et s'impose à tous, comme une évidence intangible. C'est l'instinct grégaire qui pousse le troupeau à dire la même chose, au même moment.

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Le sujet de conversation préféré de cette pauvre créature à quatre pattes et à la toison bouclée est sans aucun doute le temps qu'il fait. Il a une incroyable capacité à disserter à l'infini des variations climatiques, des orages et des tempêtes, des canicules et du grand froid. Il tient la dragée à tout son entourage avec une alerte orange, il ne lâche plus la parole si l'alerte rouge est déclenchée.

 

Il se délecte, notre mouton de base, à user de la formule savante ou populaire qui est mise en avant par les circonstances météorologiques du moment. L'anticyclone peut vous faire un été, la dépression un automne, les précipitations un bel hiver fort arrosé et le front chaud peut vous embellir votre printemps.

 

Nous ne sommes jamais à court d'un vocabulaire déblatéré à la France entière par de charmantes potiches se mouvant avec le sourire devant une carte illustrée d'icônes nuageuses. Celui qui fait fleurette aujourd'hui est une belle invention de l'homme. La température ne se mesure plus sous abri, elle ne s'exprime plus en degrés de mercure, elle sort du caractère mesurable et véritable. Non, tout ceci était trop simple, trop précis, trop in-interprétable !

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La température s'exprime désormais en ressenti individuel. Celui qui a le nez au vent ressentant sans doute plus que son voisin bien abrité derrière son dos. L'imprudent mal vêtu ressentant tout autrement que le prudent chaudement couvert. Personne n'évoque le ressenti de ceux qui dorment dehors faute de toit pour se couvrir, mais ils sentent et n’ont pas besoin de ressentir !

 

Les journalistes sportifs, toujours en mal de propos vides et creux se sont précipités sur la belle nouveauté. Le correspondant de guerre, l'envoyé spécial au bord du terrain va nous narrer à longueur de partie les mystères des alizés, les caprices des précipitations, les effets du gel sur les acrobates en crampons. Mais surtout, depuis cette vague de froid qui dure et qui empêche les hommes en short de nous casser les pieds, la température ressentie est la mesure nouvelle qui dépasse la mesure !

 

 

Je ressens, tu ressens et il se fait du mauvais sang. Tout est prétexte à déblatérer sur cette sensation qui vous glace le sang et le cerveau. Il parait même que des ministres en viennent à conseiller aux sans-abris de rester chez eux afin de ne pas ressentir les morsures (autre mode langagière) du froid. Je sens qu'il est grand temps que je cesse de me gausser de cette manie stupide, le froid nous tire sa révérence, bientôt nous ne ressentirons plus rien si ce n'est la douloureuse note de chauffage. Mais de cette hausse ininterrompue, pas de ressenti ! Non, une terrible certitude, une évidence ruineuse …

 

 

Ressentiment vôtre.

Tous les commentaires

Rappel : Henri Wallon : l'homme (femme) est "de part en part, et individuel, et social" "Et", pas"ou". Je suis responsable, non seulement de ce que je fais (et"dire, c'est faire"), mais de ce que fait-dit la société que je bâtis-subis avec et contre mes contemporains.

Gilbert

 

Auriez-vous une poussée de fièvre !

@ gilbert pouillard

bien sûr que l'homme est de part en part individuel et social !

mais je ne suis absolument pas d'accord avec la suite de votre commentaire !

j'ai entendu un discours similaire chez un autre médiapartien et j'avais aussi sursauté: il me disait que j'étais "consentante", mot très inélégant déjà d'un point de vue sonorités... car les violences faites aux individus dans une société sont consenties, j'ai dit NON, un NON ferme

 

consentir veut dire accepter, acquiescer

 

je ne vais pas vous faire la liste de tout ce contre quoi nous nous battons, cela vous ferait offense

je ne consens pas , je résiste, individuellement et socialement, je reste actrice de ma vie ... enfin, j'essaie ... car c'est rude

 

 

Merci !! voilà plusieurs jours que j'aimerais écrire ce billet, et voilà que vous l'avez fait !

La magnifique créature humaine est surprise qu'il fasse chaud l'été, et qu'elle ressente le chaud, et le froid d'hiver : joli scoop !

Mais surtout, moi, ce qui m'exaspère le plus, vraiment, c'est les conseils des divers ministères, nous prenant non pour des moutons (les moutons ne sont pas cons) mais pour des êtres privés de cervelle, et à qui on assène conseils sur conseils : mangez cinq fruits et légumes jour, mangez des produits laitiers, couvrez-vous, ne sortez qu'en cas de nécessité (ben oui, si je veux pas être virée, je dois aller bosser !) ne fumez pas (ça va, j'aime pas la cigarette !) auto-médicamentez vous (bien obligée, de toute façon le médoc dont j'ai besoin n'est plus remboursé !)

Allez, pour le plaisir, le conseil de la meilleure, Nora Berra. Oui, je sais, je fais un peu obsessionnelle, mais quand on a vu une fois cette tarte heu, cette Nora dans une vidéo, on peut pas s'en remettre...  

 

Un petit billet, C'est Nabum ? Bonne journée Sourire

 

Élisa

 

Vous aurai-je oté le thermomètre de la  à moins que vous ne le glissiez en des endroits plus intimes .. Chacun son ressenti pour la fièvre comme pour le froid.

Moi ça ne me fait ni chaud ni froid, mais je suis un sans cœur qui ne ressent rien des palpitations collectives.

Pardon pour les moutons, vous avez raison de défendre cette noble race supérieure en bien des points aux cousins des singes.

Ah mais y a pas de problème ! je suis farouche quand on utilise les termes qui mêlent les animaux dans nos histoires d'hommes.Sourire

 

 ELISA13


Ne faites pas votre tête de cochon, je suis un peu tête de linotte et risque encore de commettre ce genre d'étourderie digne d'un pinson.

Dame du bois d'oiseaux

Moi aussi je m'en moque de cette maudite météo.

 

Jamais la société ne fut autant urbaine et jamais on ne se soucie autant du temps qu'il fait. Paradoxal non ?

Supporter un élement contre lequel on ne peut rien est intolérable à l'homme moderne. Pauvre oiseaux, quel triste spectacle ils ont sous les yeux.

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