Mar.
21
Mai

MEDIAPART

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En dessous de cent mille, t'es plus rien !

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J - 5

La surenchère des meetings en plein-air.

 

 

Si le Front de Gauche a lancé la mode du très grand meeting en plein air, ses rivaux se sont vite empressés de lui emboîter le pas, avec des fortunes diverses visant une barre imposée sous laquelle on frise le ridicule. En dessous de cent mille t'es plus rien. Alors, tout le monde s'arrange de l'absence de comptage officiel de la préfecture de police pour se prévaloir de ce total symbolique que Mélenchon a rendu incontournable depuis sa prise de la Bastille.

 

C'est l'occasion de se lancer dans le petit jeu des comparaisons, des ressemblances et des différences qui unissent dans leurs partis, les cheveux blonds, les cheveux gris. Et là, il faut reconnaître qu'il n'y a pas photo ! L'on devine au premier coup d'œil où l'on a mis les pieds.

 

D'abord la bataille des oriflammes. Le drapeau tricolore, exclusivement, uniquement, à bout de bras, chez les tenants du sortant, de la France silencieuse d'après les uns, de la France des possédants pour les autres. À regarder la foule, la moyenne d'âge atteste d'une belle longévité chez ces militants forts respectables. Des drapeaux multiples et variés, du tricolore aux différentes bannières qui annoncent un changement pour maintenant, un public plus jeune, des caméras qui aiment à s'arrêter sur les notables et les visages connus. Ailleurs, des étendards rouges d'abord, mêlés d'autres couleurs ensuite, pour une foule mélangée composée d'anonymes, des âges et des origines variés pour le nouveau courant qui sort de son lit.

 

Le décor est dressé, il faut mettre de l'ambiance, asseoir le succès populaire sur des ingrédients qui font mouche dans le cœur de cible. Chacun a sa méthode pour attirer le chaland. On facilite le transport, met à disposition des trains à des tarifs avantageux, car la SNCF est bonne fille pour le patron, on met en branle le réseau des militants pour faire mieux que les méchants d'en face, on en appelle à la réaction de la France silencieuse. On propose un spectacle, on invite des artistes, , on réclame la présence de tous les grands de la maison, on demande à un orateur d'ouvrir le bal et on glisse un clip à l'eau de rose pour présenter le futur président. Où on préfère le ras de marée humain, la mobilisation de la base qui s'organise et se finance pour venir encourager celui qui leur parle d'eux.

 

Il faut des chauffeurs de salle même si c'est dehors. Là, j'avoue mon ignorance sur ce qui se fait dans la maison Ump, il ne faut pas exagérer, je ne vais pas pousser le souci du détail jusqu'à fréquenter le diable. Du côté du PS, deux charmantes dames jouent les utilités ou les futilités de service ; elles ne font pas dans la nuance, elles représentent les meilleurs sans l'ombre d'un doute. Plus à gauche, la forme est presque semblable mais le contenu bien différent, l'animatrice évoque la campagne, parle du mouvement en marche, des espoirs sans jamais se penser le meilleur public au monde.

 

Puis il y a l'habillage visuel, le clip qui annonce le candidat lui-même. Sarkozy fait don de sa personne à la France, il est le président en exercice, ce qui, comme en match, est son principal problème. Hollande nous joue des violons pour un portrait confession à vous arracher des larmes. Mélenchon laisse la place aux bénévoles qui ont œuvré à la prise de la Bastille.

 

Cette fois, les choses sérieuses peuvent débuter. Seul face à la foule immense le candidat est presque nu. C'est du moins ce qu'ils veulent nous laisser croire car là encore, bien des différences dans la réalité.

 

Commençons par le sortant pressé d'en finir et qui nous fit le discours le plus court. Un texte soigneusement écrit et qu'il fallut tenir de la main gauche pour l'empêcher de s'envoler. Est-ce un signe prémonitoire ? Il scande son texte de sa dextre droite, une main galvanisée pour une harangue guerrière. C'est la foire au « Moi, je ». Parlez-moi de moi, il n'y a que ça qui m'intéresse. Un texte belliqueux, des propos durs, la peur qui suinte pour un peuple qui a tout à perdre si les hordes de gauche prennent le pouvoir. Après avoir cité Hugo et fait référence à De Gaulle, le beau parleur fait don de sa personne à sa France, sans se soucier du dernier qui nous a joué ce mauvais coup.

 

Le prochain président, c'est du moins lui qui l'affirme, a la voix cassée. Mauvais présage pour celui qui aspire à obtenir les nôtres et mène une bataille qui n'est pas dans ses cordes vocales. Il cherche à convaincre de sa bonne foi, il s'engage, il promet quand le tenant menace et accuse. Il fait un long, bien trop long catalogue et manque parfois de verve et d'envolées lyriques. Il est sincère quoiqu'un peu tristounet.

 

Pour les amateurs de jolis discours, d'une présence qui vous prend aux tripes, de bons mots et d'improvisation, il faut aller voir du côté du troisième homme. Les mots s'emportent, les phrases coulent, la lave ou le feu, la tempête ou la colère. C'est tout le répertoire classique qui défile, les grands, les poètes, les révolutionnaires ont trouvé un compagnon de joute. C'est beau, c'est drôle, c'est vachard parfois, c'est piquant et pertinent toujours.

 

Et puis il y a la foule, celle qui se presse pour voir son héraut, son favori, son champion, son seul recours. Il y a, c'est sûr, des interprétations bien différentes et chaque groupe voit midi à sa porte et attribue à son favori un rôle qui dépend des enjeux ou des intentions, des intérêts ou des rêves. Ce qui caractérise le plus ces foules si différentes ce sont les cris de rassemblement des uns et des autres.

 

Le peuple qui se prétend populaire scande exclusivement « Nicolas, Nicolas », attestant encore d'un culte de la personnalité que cinq années de pratique intensive n'ont pas affaibli. Faut-il qu'ils l'aiment ou qu'ils aient des intérêts communs avec ce personnage si contestable. Les soutiens du changement dès maintenant ne peuvent plus attendre, ils hurlent « On a gagné, on a gagné ! » comme s'ils fréquentaient souvent les stades. Ils ont déjà vendu la peau de l'ours. Les hordes sauvages aux drapeaux rouges scandent « Résistance, résistante ! ». Ayant un peu plus d'imagination que les autres, ils alternent parfois avec ce « On lâche rien ! » qu'ils se permettent de chanter.

 

Puis il y a le final, l'apothéose, le chant du coq. Pour les trois, « Vive la République, vive la France » sont des incontournables. Mélenchon ajoute malicieux, « Vive la Sociale », ce qui ferait frémir les deux autres. Leurs supporters entonnent tous la Marseillaise, on devine plus de ferveur patriotique dans le camp du Président. Le front de gauche lui associe l'Internationale, chanson improbable chez les deux autres.

 

Voilà, une vision à peine honnête de la partie de bras de fer du week-end. Mais, c'est une campagne politique et la mauvaise foi à sa place, c'est même la loi du genre. J'attends vos vision personnelles avec impatience.

 

Comparativement leur.

Tous les commentaires

Bonjour C'est Nabum et Elisa,

Le billet de Scheiderman d'hier n'était pas mal. Ambiance tristoune à Vincennes, apparemment.

http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/04/16/hollande-vincennes-sarkozy-concorde-oeilleres-obligatoires-231222

Bonne journée

Juliette

 

Merci !

J'irai le lire ce soir

Grosse journée de travail aujourd'hui.

Bonne journée à vous

Élisa

 

Plus l'échéance approche et plus les attaques seront fortes car la menace FdG devient tangible et si ce n'est pas maintenant, c'est évident qu'il faudra maintenant compter avec nous.

Mélenchon a redonner du tonus à la politique, il a relancé le peuple dans le débat et c'est insupportable aux autres;

 

Laissez-les, ils sont finis !

Élisa

 

PNe soyez pas colère.

Nous sommes le peuple qui se lève

Il faut comprendre le désarroi du vieux monde qui s'effondre.

 

Bonne journée avec le sourire

Toujours le sourire. Mais le monsieur rencontré dimanche, si plein de dignité, m'a tellement touchée que je suis à fleur de peau. Vous l'avez vu, cet homme aux yeux bleus habitant dans la niche à chien ? 

Élisa

 

Non, je n'ai pas vu ce monsieur.

De qui s'agit-il ?

Bonne journée à vous

Gilbert

Ne doutons pas que tout peut s'effrondrer du jour au lendemain. Mais pourtant il y a une force nouvelle dans ce mouvement qui se lève et laissez moi ce rêve tant que nous en sommes pas encore au cauchemard promis

Gilbert

Ne doutons pas que tout peut s'effrondrer du jour au lendemain. Mais pourtant il y a une force nouvelle dans ce mouvement qui se lève et laissez moi ce rêve tant que nous en sommes pas encore au cauchemard promis

Marcher séparément, frapper ensemble.

Melchior

 

Frapppons avec que les marchés ne le fassent

Plus nous serons nombreux et plus nous leur rendrons coup pour coup

Marcher séparément, frapper ensemble.

Marcher séparément, frapper ensemble.

Marcher séparément, frapper ensemble.

...

...dessin_moulin.jpg?w=500

Marcher séparément, frapper ensemble.

 

 

Utopart

 

Pour les 4 tours si je comprends votre intention

Fabrizia

Nous étions au fond du gouffre alors nous avons le temps mais rien ne se fera sans nous !

 J'aimerais autant que ça ne tarde pas, mais foin des illusions. Cela ne nous empêchera pas de continuer, et aux générations suivantes de nous suivre dans cette voie et ces voix. Résistance, et espérance.

Fabrizia

 

Résistance à chaque instant en toute circonstance

Et avec nos amis socialistes au pouvoir, il ne faudra surtout pas baisser la garde !!!

 Hollande n'est pas mon ami, certains socialistes le sont... Et pas question de baisser quoi que ce soit! Clin d'œil Au premier tour, pour moi, c'est FdG!

Fabrizia

LEs sociaux traîtes n'ont que ce qu'ils méritent.

Nous serons vigilants et intransigeants

Pas d'état de grâce, c'est certain

FdG

Méprisance, Ennui, Espoir,

y'a pas photo!

merci C'est Nabum, excellent ressenti!

Malto Cortese

Joli résumé, trois visions du monde et un seul candidat porteur d'espoir !

Tout le monde a pipeauté sur les jauges de meetings ! Tout le monde. Mais certains moins que d'autres. Enfin ce qui compte, c'est un gros joli nombre bien rond qui donne du moral aux troupes. Bon courage à tous. :-)

 

Dianne

 

Le problème des pipeaux c'est qu'ils ont beaucoup de trous !

De mémoire ? ;-)

 

 

Dianne

De mémoire sur le traité de Lisbonne par exemple

D'air quand ils nous ont envoyés balader après le référendum

Dans leur budget quand leur meetind de Vincennes coute 10 X celui du Prado

Qui ça "ils". Je parlais d'absolument tous les meetings récents pour lesquels le plein air donne des ailes aux "compteurs".  Tous.

Diane

 

Alors de tous ! 

Oui, tous.

Hollande déclare aujoud'hui QU'IL est prêt à diriger la France tout seul !!!!!  ( voir fr3 23h22 le 17/04/2012)   

Quelle arrogance vis à vis du peuple !!!

Belange

 

Nous ne serons pas déçu par Hollande car cette fois, nous n'attendons strictement rien du PS Il nous a montré qu'il n'était pas un parti démocratique et de gauche en votant contre Nous le traité de Lisbonne.

Nous voterons pour eux pour chasser Sarkozy pas pour adhérer à une politique qui risque d'être presque identitique.

Alors, qu'ils soient seuls, un jour le FdG prendra le pouvoir

Je ne suis absolument pas sûre de voter Hollande au deuxième tour. 

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