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Der Vorleser, film de Stephen Daldry

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Allons bon, encore un film adapté d’un roman de formation ou d'apprentissage, encore un, oui mais quel roman !! Rien de nouveau sous le soleil avec les trois sacro saintes parties du genre donc : années de jeunesse, années d'apprentissage, années de maîtrise.

 

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Et la question finale (irrésolue dans ce roman comme peut-être dans le film) : mais quelles sont donc les leçons à tirer de son passé ?  Faut-il s’excuser de certains de ses actes ou ne pas le faire…. citation importante qui vient d’Hanna elle-même (le personnage féminin principal du film)  et réponse á une question ouverte au cours de ce dernier avec une citation extraite de "Guerre et paix" de Tolstoï . "Personne est obligé de s'excuser". 

 

Qui s’oppose tellement frontalement à celle du professeur de droit : "Les sentiments n'ont pas d'importance. Ce sont les actes qui comptent"..

 

Vous me trouvez cryptique? C’est exprès, c’est juste pour vous donner envie d’aller voir le film et de lire le livre !

 

Sans rire, si on réussit a sortir du livre que l’on a lu et apprécie, ce film est un bon film. L’histoire est forte, certes. Un avocat, Michael Berg (David Kross et Ralph Fiennes dans le film), se remémore l’histoire d’amour qu’il a vécue, adolescent, avec Hanna Schmitz (Kate Winslet), une femme plus âgée rencontrée par hasard. C’est ce que j’ai dit a l’amie catalane qui m’accompagnait en lui disant que je ne pouvais raconter la suite sans gâcher le film. La suite et tout le mystère du film est dans le passe et la blessure du personnage féminin. J’étais curieuse de voir comment allaient se débrouiller une équipe de cinéma avec l’adaptation de ce livre foisonnant  à cheval entre ouvrage philosophique, drame, et réflexion sur la responsabilité collective face à l’holocauste.

 

Le film repose sur les épaules des deux acteurs seuls protagonistes de l’Histoire et de l’histoire qui nous occupe. Enfin plutôt d’une seule… Kate Winslet est formidable de mystère. Je retrouve le troublant personnage du livre dans son jeu contradictoire de beauté et de cruauté.

 

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L’avocat du film est un personnage encore, si besoin est, plus pitoyable que le narrateur du roman. Non pas que le jeu de l’acteur soit en dessous de celui de l’actrice, non. Mais il est juste très pollue par toute une série de personnages autour qui n’ont aucune importance, sa fille par exemple, son amante….qui n’existent pas dans le livre dans mon souvenir. A savoir pourquoi les scénaristes ont jugé bon de créer des personnages supplémentairement, peut-être pour permettre à l’avocat de léguer son histoire ? Pour moi c’est un peu contradictoire avec le livre qui, en fin de compte dans l’échange entre la rescapée et l’avocat dit un peu l’inverse… L’Histoire n’apprend rien de rien sur ce que l’Homme est ou peut faire comme atrocités. La rescapée le dit en disant que l’on ne peut rien apprendre dans le camp. La seule vérité restant celle des faits et des actes.

 

Et si le rythme du film n’est pas celui du livre, c’est sûrement mieux… ou pire. Dans le sens où il n’a pas de rythme justement dans ce film, juste une suite lancinante d’événements traites en flash-back… Je me rappelle un livre plus "haché", mais je l’ai lu il y a plusieurs années… En tout les cas, une adaptation soignée pour un livre qui m’avait impressionnée.  Il sort en France à la mi-juillet, d’après ce que j’ai lu. je en saurai que trop vous le conseiller, tout comme le livre...

 

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=126664.html

http://de.wikipedia.org/wiki/Bernhard_Schlink

Je ferai un autre article sur l’auteur du livre car il écrit aussi de très bons romans policiers…


 

Tous les commentaires

Daldry est pour moi un très grand cinéaste. A bientôt 50 ans, il n'a fait que 4 ou 5 films mais tous sont de très grande qualité. A la fois sur le plan de la réalisation (montage, originalité, vitalité, finesse, choix de la musique-Ah, la musique de Philippe Glass dans Hours, choix des acteurs!), mais aussi sur le plan de l'intelligence. Rien de trop, pas de remplissage, du lourd! Celui qui a vu, ne serait-ce qu'une fois "Billy Elliot" ou "Hours" n'oubliera jamais Daldry. Merci d'avoir annoncer ce film, j'y courrai dès sa sortie et suis certain que ce sera un vrai succès de cinéphile.

Je l'ai beaucoup aime et a ma grande surprise tres bien compris en allemand ! Il ya dans ce film un air de nostalgie de l'adolescence que l'on avait deja dans Billy Eliott, mais comme je l'ai dit c'est avant tout un vrai roman d'education avec ces phases identifiees. Un tres beau film et une superbe interpretation, vraiment. Les seules scenes vraiment ratees sont celle avec la fille inventee qui n'ont rien a faire avec le reste. Elles en rajoutent en pitie au personnage principal, et ne servent pas a grand chose. Il faudrait que les scenaristes s'expliquent sur ce qu'ils ont voulu faire la !! Si vous trouvez apres avoir vu le film, je suis preneuse de votre avis !

O.K., R-V dans un mois!

Depuis le temps que je voulais le mettre ce commentaire...Car j'ai aimé le Daldry de Billy Elliott, même celiui de Hours ( en dépit dirais-je, de Nicole Kidman avec nez bizarre qui est la négation même de Woolf quand on la lit) et ce film-ci: voilà, pendant des années, Claude Lanzmann a écrit répété, avec sa petite tendance comminatoire, qu'on ne pouvait faire de fiction sur la Shoah. (Il n'y a pas que cela, dans le film - je n'ai pas lu le livre  ? Enlevons la Shoah, que reste -t'il ? Une histoire non bankable)

Pendant longtemps, je n'ai pas partagé ce point de vue.  Et puisil ya eu... Et ce film, car oui, il n'est pas nécessaire de s'excuser, rien à voir.

Mais que nous donne à voir le film ?

D'une part une femme, ouvrière, sans éducation, qui devient gardienne de camp, celle qui envoie, ou pas, à la mort, celle qu'on accuse facilement d'avoir brulé vives des détenues et qui ne sait se défendre que par un argument dérisoire de conscience professionnelle.

Il y a cette femme, dans le film, qui pendant des années, met de l'argent de côté, dans une boite de fer-blanc, pour réparer. C'est là, précisément, que le fiction me gêne: car jamais il n'y eut, parmi les condamné(e)s de l'après-guerre, de silencieux détenus économisant en vue d'une réparation: ce n'est pas arrivé. Cela aurait pu. Mais ce n'est pas arrivé.

Alors je suis bien d'accord, filmer l'émoi adolescent, la peau, l'addiction à une femme qui justement ne l'autorise guère, magnifique.

Toute la seconde partie du film, fausses rides et fausse rédemption, me parait aussi factice, et aussi redoutable, que  la gestapo humaniste face aux résistants antisémites de Verhoeven dans Black book: à vouloir retourner les situations, c'est l'histoire qu'on retourne. 

 

 

dominique,

En niant en quelque sorte l'ambivalence du personnage, je considère que vous prenez une position manichéenne. Sans vouloir me faire la défense du personnage, je suis, comme vous mais en sens inverse, sans preuve, persuadé que cette ambivalence a existé. Peut-être pas sous la forme de cette boite, mais sans doute sous d'autres.Ce n'est pas une excuse mais un constat.

Comment voir les choses autrement quand on pense au génocide rwandais et aux milliers et milliers de "simples" citoyens qui, tout à coup, sont partis avec leur machette, non pas couper du maïs mais des bras, des mains, des têtes?

Quand je vois le comportement des éleveurs de porcs en batterie, je suis convaincu que nous sommes un nombre immense à posséder, au fond de nous, cette faculté à fonctionner comme de sinistres gardes-chiourmes. Bien à vous

Billet ranimé.. Non, je ne parlais pas de ce qui peut exister, car tout peut exister, mais de ce qui a existé, à coup sur. Et du besoin qu'ont les scénaristes, à un moment, d'inverser les valeurs pour rebondir. Le gentil n'est pas si gentil, le méchant est plus complexe, voire gentil  avec une tendre boite de fer qui dément son indifférence.

Et à part ça, que la cruauté soit en chacun de nous, puissante ou discrète ?. Ben oui.

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