L'alternative du diable
Nous assistons depuis le début de cette crise à un phénomène très particulier : le bal des sycophantes. Pour ceux qui n’en connaissent pas la signification, le sycophante était dans la Grèce antique, un délateur professionnel athénien mettant en accusation ses concitoyens devant le tribunal populaire de l’Héliée en vue de s’enrichir. Nous sommes donc confrontés au spectacle de ces experts totalement déstabilisés par une crise dont ils feignent d’être capables d’en appréhender les tenants et les aboutissants. Tels les sycophantes, ils dénoncent les dérives d’un libéralisme financier dont la cupidité a été le moteur principal de tous les excès.
Totalement dépourvus, les responsables politiques payent l’abandon de l’un des pouvoirs régaliens de toute République ; celui de frapper monnaie.
L’indépendance du système financier et celui de la Banque Centrale Européenne, les conduisent à être spectateurs d’une situation qu’ils ne comprennent pas et pour laquelle ils ne savent quelles sont les réponses à apporter aux interrogations soulevées par l’évolution actuelle des marchés.
Prête à toutes les compromissions et tous les nationalismes, l’Europe vacille et confie son sort à ceux-là mêmes qui sont à l’origine de cette crise financière.
Les besoins de refinancement sont tels qu’ils vont contribuer à créer une trappe à liquidités sans précédent.
Trois chiffres sont symboliques :
-Le total des pertes «subprimes» est évalué à 350 milliards de dollars.
- L’insuffisance d’actif de la banque Lehmann se situe autour de 5 à 6 milliards de dollars.
- La destruction de valeurs depuis le début de cette crise est de plus de 30.000 Milliards de dollars.
Un quart environ du PNB Mondial a disparu dans ce cataclysme qui marque la fin de notre modèle économique dont la finance constitue l’alpha et l’oméga. Aux Etats-Unis, le PNB a été multiplié par 3 depuis 1971 alors que dans le même temps la masse monétaire a progressé de 14 fois.
Dans ce contexte, les Etats si fortement décriés pour leurs déficits abyssaux et leurs endettements qui obèrent notre avenir, sont aujourd’hui les derniers remparts face au tsunami qui menace de déferler sur la planète financière.
Une crise sociale sans précédent
Nous surmonterons une fois de plus la crise économico-financière que nous affrontons, mais les choses ont changé. Rien ne sera plus comme avant, l’incompréhension, face à cette alliance objective entre le pouvoir et le monde de la finance alimente l’amertume et contribue à déstabiliser les fondations de nos sociétés. Si nous n’acceptons pas une remise en cause de notre modèle économique, nous devrons affronter la crise sociale qui inéluctablement naîtra de ce sentiment de frustration ressenti par la majeure partie de ceux sans qui ce monde ne serait pas ce qu’il est et à qui nous devons d’avoir connu au cours du siècle qui vient de s’achever, la plus extraordinaire progression de niveau de vie qu’aucune génération passée n’aurait pu imaginer .
Nous ne pourrons durablement occulter les fondamentaux de l’économie qui ont été conçus pour donner à l’individu du travail et une digne rémunération, la richesse doit renaître de la création d’une valeur ajoutée et non plus de valeurs financières dont on constate l’aspect totalement virtuel.
Le débat ne se limite plus à une relance de l’offre ou de la demande, il existe des situations de détresse telle que notre priorité doit se tourner vers ceux qui travaillent et ne peuvent plus vivre du fruit de ce travail. En améliorant la valeur travail, nous apporterons une réponse constructive à la destruction systématique de notre outil industriel.
Le futur de notre indépendance industrielle et commerciale en dépend, un pays se doit de préserver ses moyens de production et tous les emplois qui en découlent. Nous garderons tous en mémoire ces grandes déclarations sur l’efficacité de ces entreprises sans usines, et de l’impact sur la capitalisation boursière de ces annonces de vastes plans sociaux !
Une politique monétaire adaptée !
Les Etats-Unis ont depuis quelques années déjà perçu l’importance du redéploiement industriel qu’ils tentent d’opérer actuellement par une politique monétaire particulièrement agressive.
Un dollar bas constitue un atout majeur dans les grands combats de conquêtes qui se mènent face à une concurrence commerciale de plus en plus violente. Les responsables de notre politique monétaire restent fidèles à leurs convictions dont les anticipations n’ont pas manqué de nous surprendre.
Il n’est pas inutile de rappeler qu’en juillet 2008, le comité de la Banque centrale européenne maintenait un niveau d’alerte élevé sur les risques inflationnistes en zone euro, une telle décision n’est pas sans conséquence sur la situation économique de l’Europe. La question qui se pose lorsque nous tentons une analyse objective des motivations qui contribuent à cet acharnement intellectuel nous conduit à la conclusion que la préservation de la valeur du capital est l’axe essentiel de la politique monétaire européenne.
Vers une meilleure répartition des richesses
En effet, l’inflation est avant tout un impôt sur le capital particulièrement efficace puisqu’il frappe tous les actifs.
Il existe aujourd’hui une inégalité dans les sources de création de richesse.
La convergence de l’évolution de la démographie de nos pays développés et d’une fiscalité très favorable a contribué au déséquilibre de la répartition des fruits de notre croissance dans les cinquante dernières années. Priorité a été ainsi faite aux revenus non gagnés générés par la seule détention d’une valeur d’actif de quelque nature que ce soit «la rente» au détriment des revenus gagnés dont l’origine réside dans la valeur ajoutée qui en est le fait générateur.
Un homme avait perçu les risques que pourraient entrainer une dérive de ce principe, Maurice Allais Prix Nobel d’Economie. Dans son ouvrage écrit en 1977 : «L’impôt sur le capital et la réforme monétaire», il stigmatise les erreurs qui prévalurent à la définition des politiques fiscales qui se sont succédées depuis le milieu du vingtième siècle et la charge sans cesse croissante qu’elles font peser sur les forces vives de nos sociétés.
Notre économie de reconstruction a fait la part belle à la création de richesses en général et au capital en particulier, comme en témoigne toute notre fiscalité qui depuis sa conception et au cours de toute son évolution, a toujours favorisé les revenus du capital au détriment des revenus du travail.
Nous sommes arrivés à une situation paradoxale où ceux qui ont des besoins n’ont pas de moyens et ceux qui ont des moyens n’ont plus de besoins. La lecture de ce remarquable ouvrage met en évidence certaines vérités qui trouvent dans les circonstances actuelles tout leur sens. Lorsque Maurice Allais nous dit qu’il ne faut pas confondre «Société libre et libéralisme», il expose l’un des principes d’une doctrine que nous n’avons pas su ou voulu respecter. L’auteur nous rappelle que le fonctionnement de toute économie libérale ou collectiviste peut se caractériser par la recherche de surplus réalisable ou valeur ajoutée.
Les grands équilibres se doivent de respecter ce principe fondamental que nous n’avons pas voulu appliquer avec les conséquences que nous connaissons aujourd’hui.
La crise revêt un caractère mondial, offrant ainsi une opportunité exceptionnelle de reformer en profondeur les règles de gouvernance politique et sociale.
Nous devons remettre le clocher au milieu du village en redonnant sa place à l’individu, le centre de toutes nos préoccupations. Pour cela, seule une refonte de la fiscalité des grandes puissances mondiales permettrait d’ouvrir la voie au retour de la confiance, maître mot de toute sortie de crise.
L’économie de flux face à l’économie de capitaux
Nous devons accepter de passer d’une économie de capitaux à une économie de flux, dans cette optique seule une détaxation des revenus serait la solution et non pas la mise en place du énième plan de soutien dont les résultats semblent de moins en moins probants.
Nous sommes contraints d’accepter que la problématique n’est plus de savoir si nous allons favoriser l’offre ou la demande.
La révolution qui se profile est inéluctable et si nous ne l’acceptons pas, elle entraînera la disparition de notre système libéral.
Il faut favoriser le mouvement, comme un fleuve qui s’écoule de sa source à son estuaire, la richesse doit pouvoir circuler librement pour irriguer très largement les zones traversées.
Nous ne devons plus faire peser les charges de la santé et de la solidarité quasiment exclusivement sur le travail.
Un salarié voit plus de la moitié de ce qui lui revient être prélevé en charges diverses et variées.
Nous balayerons l’idée selon laquelle les bas salaires ne sont pas taxés, cette assertion est totalement erronée comme le prouve la lecture d’une fiche de paye dont suivant le niveau de rémunération, les charges peuvent représenter jusqu’à quatre-vingt pour cent du total.
Ces chiffres démontrent si besoin est l’aberration du système.
Il parait concevable d’imaginer que le brut devienne le net, et que la CSG soit ajoutée à ce montant, en supprimant les charges, nous obtiendrions une progression sensible de la rémunération du salarié.
L’augmentation du pouvoir d’achat et la baisse du coût du travail doit être la priorité de nos responsables politiques.
Il n’est pas inutile de rappeler que notre pays a le privilège de cumuler un coût horaire de travail très élevé avec proportionnellement une rémunération des salariés beaucoup plus basse que celle de nos voisins.
Notre réflexion se doit d’explorer des pistes nouvelles visant à favoriser une perception faible sur des flux très importants, pour preuve du bienfondé de cette démarche, nous rappellerons que les deux premiers postes de recettes du budget de l’Etat sont la TVA et la TIPP (taxe sur les produits pétroliers).
Nous devons envisager de mettre en place ce que nous appellerons : «L’alternative du diable»
Plus de taxations de quelques natures sur les revenus et leur substitution par :
- une taxation sur les capitaux dont le montant serait variable pour représenter 50% du loyer de l’argent,
- une modification du barème de la tva et son application à toutes les transactions,
- une taxation sur toutes les ressources visant à l’accroissement de la masse monétaire, dans cette optique, le crédit serait particulièrement visé.
Nous devons considérer avant d’engager la polémique sur ceux qui seront les plus «avantagés» par ces mesures, ce que pourra représenter pour les plus défavorisés une augmentation de revenu net de plus de 30%.
Si l’on considère le transfert de valeurs qui s’est opéré dans les dernières années entre le capital et le travail, il parait quasiment obligatoire de rééquilibrer les politiques fiscales en concertation au niveau mondial.
Le prochain G20 offre une occasion exceptionnelle pour rechercher un consensus sur cette reforme de la fiscalité à l’échelon planétaire.
De plus, une telle approche réglerait de fait la problématique des paradis fiscaux, puisque tous les revenus de quelques natures que ce soient, seraient libres d’impôts.
Comme le suggérait Maurice Allais dans son ouvrage dont les idées forces sont reprises ci-dessous, nous devrions accepter d’ouvrir un chantier visant à reformer notre fiscalité.
Pour que l’économie soit efficace, il faut qu’elle s’organise sur la base d’une économie de marché ou d’échange.
La particularité de cet ouvrage était de démontrer que les rentes pures ou revenus non gagnés seront de plus en plus considérées comme non légitimes.
Par opposition, tous les revenus nets résultant du fonctionnement de l’économie de marché, seront à l’avenir considérés comme des revenus gagnés, c’est-à-dire des revenus correspondant à des services effectivement rendus.
Les revenus légitimes doivent rester libres d’impôts, en opposition seuls les revenus non gagnés doivent être frappés.
La fiscalité actuelle pénalise les activités les plus créatrices de valeurs. L’impôt ne doit pas avoir comme objectif de lutter contre les inégalités de revenus lorsque cette inégalité provient de l’importance et de la qualité du service rendu. Du point de vue dynamique du progrès économique, la taxation d’une meilleure gestion diminue l’incitation.
Le principe suivant lequel seuls sont légitimes et justifiés les revenus correspondant à un service effectivement rendu parait bien correspondre à l’éthique admise par la majorité politique et sociale.
On peut approuver ou désapprouver ce principe mais on doit reconnaitre que tout système économique donnant des résultats en désaccord trop grand avec ce principe pourra difficilement fonctionner.
Quiconque relit les thèses de Maurice Allais, publiées en 1977, sur le capital et la réforme monétaire, dont s'inspire ce texte, peut en juger: celui que l’on a qualifié de prophète maudit, Maurice Allais, a su faire preuve de clairvoyance et de réalisme sur les dérives de nos économies occidentales.
Dans l’hommage qui lui est rendu unanimement aujourd’hui, il me parait essentiel de ne pas s’arrêter dans l’analyse de son œuvre à ses positions au lendemain des accords de Breton Wood tels que repris dans «la crise mondiale d’aujourd’hui » paru en 1999.
Son jugement n’a pas été que critique puisqu’il a su par anticipation, appréhender les risques d’impact social en nous permettant de mieux comprendre quelles sont les raisons qui nous ont conduits à cette impasse.
Dans l’esprit des lois, Montesquieu écrivait : «La finance détruit le commerce par ses injustices et ses vexations, par l’excès de ce qu’elle impose ; mais elle le détruit encore indépendamment de cela par les difficultés qu’elle fait naitre et les formalités qu’elle exige». Cette citation a tout son sens de nos jours.
Un New Deal fiscal
Une des causes de la révolution française fut une application discriminatoire et dans certains cas excessive d’une fiscalité.
Nous n’arriverons certainement pas à de telles extrémités, mais nous devons accepter la remise en cause des fondamentaux qui régissent notre fonctionnement publique.
Tout d’abord la dette publique, son importance nous oblige à accepter le principe que pour une grande part celle-ci puisse s’intégrer dans une réflexion européenne visant à examiner sa mutation vers une perpétualité et cela, pour notamment ne pas connaitre une nouvelle crise qui naitra inévitablement de l’impossibilité que vont connaitre certains Etats à faire face aux remboursements que tôt ou tard la communauté financière cherchant à reprendre le pouvoir, va tenter de leur imposer.
Cette situation a l’avantage de constituer une forme de régulation de la masse monétaire en circulation, les remboursements ne pouvant être opérés qu’à l’initiative des Etats, ils disposeront donc d’un outil supplémentaire de contrôle moins coercitif que l’évolution parfois irrationnelle des taux.
Comme le prouve l’afflux de capitaux vers le livret A et les produits publics, il n’existe pas réellement de problématique de placement pour ces emprunts dont la rémunération sera en fonction de critères objectifs intégrant le caractère aléatoire du remboursement.
Dégagés de la charge sans cesse croissante de la dette, les Etats devront mettre en place un «New Deal fiscal» ou les efforts devront être partagés entre le capital et le travail.
Conscient des gigantesques obstacles qui se dressent devant nous sur ce chemin, faisons nôtre la phrase du philosophe Nietzsche : «Ce qui ne nous détruit pas nous renforce».


Tous les commentaires
Pour être de droite, Maurice Allais a effectivement défendu en certains points des idées énergiques que sa famille de pensée s'est empressée d'oublier. Et même la gauche n'a pas eu le courage de s'en inspirer. Je pense évidemment en particulier à l'imposition du capital. Par jeu intellectuel, Dominique Strauss-Kahn par exemple, a souvent fait référence à Maurice Allais au début du second septennat de François Mitterrand, pour faire valoir qu'un impôt sur la fortune disposant d'une assiette large, c'est-à-dire un véritable impôt sur le capital et pas un impôt riquiqui pesant seulement sur l'immobilier, serait socialement plus équitable mais aussi économiquement productif. Et pour faire sa démonstration, il citait toujours Maurice Allais: une imposition sur le capital contribue à la rentabilité du capital. Or, on sait ce qu'il en est advenu. François Mitterrand n'a pas écouté le conseil, et l'ISF a pris les contours absurdes que l'on sait. Un pur symbole, socialement sans effet, et économiquement absurde. Et dans l'intervalle, Dominique Strauss-Kahn n'oserait plus proférer les audaces qu'il avait à cette époque...
Bien d'accord sur presque tout mais : sans curetage à blanc des élites et des sphères de pouvoir, toutes ces bonnes idées relèvent malheureusement du voeu pieux. Avant tout, il faut chasser toutes ces élites corrompues ou dévoyées. Plus de mandat possible pour ceux qui en ont déjà exercé un, quelle qu'en soit la nature, politique, économique d'encadrement supérieur de la fonction publique. De plus, sans spolier les actionnaires, il faut une prise de contrôle publique du management des grands groupes industriles et financiers. Pas de nationalisation, mais un management public vertueux, au moins pendant une période probatoire de 10 ans. Je pense également à la plannification. Le plan, c'était bien. Dans le mesclas actuel, il est malheureusement impossible de faire le tri entre le bon grain et l'ivraie. Place donc avant tout aux jeunes et à ceux qui n'ont jamais exercé le pouvoir. Notre génération a tout foiré, et le réformisme ne suffira pas pour nous sortir de là. Si on ne le fait pas, nous aurons une société de type mexicain avec des riches dans des quartiers ultra sécurisés, milices, voitures blindées hélicos et le reste de la population vivant au jour le jour sans plus aucune protection collective, en tongues et short de plage.
"sans curetage à blanc des élites et des sphères de pouvoir, toutes ces bonnes idées relèvent malheureusement du voeu pieux." D'accord avec vous. Je pense que le message pourra être relayé par l'auteur mais proposer autre chose, c'est un peu comme l'histoire de celui qui voulait être chef. Et le jour venu, incapable, il demande : qu'est -ce qu'on fait chef ? Très bon billet en tout cas.
A Laurent MAUDUIT, J'ai une très grande admiration pour votre travail. Vous au moins vous allez très sérieusement au fond des choses et vous ne faites pas partie de la clique des stabilisateurs institutionnels qui contre vents et marées travestissent la réalité pour essayer de sauver ce système. ( Calvi, barbier et consorts ...) Mais que diable, parfois, vous sublimez dans l'infiniment petit. Votre réponse m'irrite un peu car elle n'est vraiment pas à l'echelle. On se fout franchement de Stauss Kahn. Un journaliste de votre niveau devrait hiérachiser et peser de son talent au juste niveau où se situent les difficultés. De grace étendez votre action et éclairez nous sur la question précisément des élites qui obstruent toute possibilité de réforme. Pardonnez moi le ton direct et sportif de cette adresse, mais avec vous pas de mièvrerie, ce serait indigne. En tout cas bravo pour votre travail, mais de grace durcissez vos commentaires. Amitiés viriles.
Je ne veux pas faire du brouillage autour de ce billet de Christian Ciganer, qui mérite débat. Juste une remarque, tout de même à arquius: ma rapide remarque n'avait pas de prétention particulière; je pointais juste une galipette intellectuelle de Strauss-Kahn... Une remarque, j'en conviens, sans importance. Une petite note d'ambiance.
Pourquoi sans importance ? il me semble au contraire que l'info méritait d'être rapportée. Maurice Allais a bien été récompensé par le prix nobel. Mais quel est sa postérité en matière de politique économique ? Non seulement il est intéressant "d'exhumer" certaines idées de ce penseur iconoclaste, ce que fait l'auteur de cet article (que je n'ai malheureusement pas tout compris), comme la nécessité d'une taxation sur le capital, mais encore qu'une partie du personnel politique, tel que Dominique Strauss Khan, a pu à un moment donné prendre à leur compte des propositions d'un auteur qui, pour être délaissé par sa famille de pensée, favorise les utilisations à contre-emploi en quelque sorte
A Magnum, Simple, au plan économique à peu près tout ce que dit l'auteur du billet + le rétablissement de la convertibilité or des monnaies, c'est depuis 71 que la création monétaire s'est envolée + reprise en mains par les états de la fonction régalienne de battre monnaie. Application rigoureuse des lois pénales du droit des affaires, tout y est dedans, mais rien n'est appliqué. En taule les naufrageurs et extension des faillites ou des pertes en leur nom. + Reprise en main par l'Etat du management des grands groupes industriels, sans spoliation des actionnaires, ils gardent leurs actions, mais sans droit de vote pendant au moins 10 ans. + Rétablissement du plan. + Rétablissement des services publics. + Impôt sur les sociétés à 50% comme avant quand tout allait bien. + Abolition des récentes lois scélérates. + Gel du législatif en l'état avant d''y voir clair. + annulation de tous les crédits aux particuliers non hypothécaires. Revolvings, prets à la consommation, découverts. Les banques restent titulaires des créances, mais elles ne sont plus exigibles avant retour à meilleure fortune des débiteurs. Et surtout, éviction des élites. Ca en premier lieu. Voilà, gouvernement de salut public en attendant d'y voir clair.
Vous l'établissez comment, votre gouvernement de salut public ?
L'analyse des régulationnistes était juste dès la fin des années 70. La critique altermondialiste de la fin des années 80 avait bien anticipé le désastre ( les textes fondateurs de nombreux économistes existent, relisons les) Nos élites ( au sens de Pareto) ont préféré jouer avec le feu en détruisant l'ensemble du tissu industriel, économique et social, le tout en donnant aux banquiers un pouvoir exorbitant. Si ces critiques se sont éteintes dans un premier temps avec la victoire des cavaliers de l'Apocalypse que furent Friedman, Laffer, Becker ou Lucas et dans un deuxième temps, elles furent totalement marginalisées avec la guerre contre la terreur. Avoir préféré une société de marché et de conflits exacerbés à la construction d'une société européenne par la régulation se ressourçant toujours chez Keynes et les post-keynésiens, les élites mondialisées ( PS compris) se retrouvent avec un dilemme fantastique et apocalyptique : guerre intérieure ou guerre extérieure ? Nous en sommes là. Les solutions existent. Le problème est intellectuel, un débat qu'il faut gagner avec Stiglitz, Hirschman, Fitoussi et Krugman. Enfin, j'ai toujours considéré que notre génération avait perdu la bataille de l'intelligence ; ce fut dur, rude et les modalités de la victoire de l 'ultra-libéralisme ne se trouvent pas dans un chambre d'enfants. Après avoir détruit les sociétés d'Amérique latine, puis centrale, la tornade emporta tout sur son passage. In fine, ils auront fait à leur propre peuple ce qu'ils ont fait aux autres peuples du monde ex-colonisés, les réduisant à la misère, à la dictature de corps constitués et militarisés. Seule l'Asie leur échappa conservant une autonomie de décision ; la défaite au Viet-Nam expliquant en partie cela. Oui, écoutons les jeunes économistes et universitaires-chercheurs français dont Piketty. C'est d'eux qui viendront les solutions qui ne peuvent être seulement fançaises.
Avant toutes observations sur l'analyse et les propositions, un commentaire sur les chiffres cités en introduction du billet - Les pertes "subprimes" dépassent les 1.000 milliards de dollars - Le chiffre de 5 à 6 milliards de dollars concernent non pas l'insuffisance d'actif, mais les sommes versées à ceux qui avaient parié sur la faillite de Lehman : ce sont les sommes versées au titre des CDS - Les 30.000 Milliards de dollars ne représentent pas une "destruction de valeurs" : elle représente la baisse d'une valorisation boursière correspondant à des augmentations de cours purement artificielles , qui n'étaient pas une "création de valeurs", ce qui fait que la baisse n'est qu'une correction et la disparition d'un mirage. A ce point de vue il convient de souligner que les valeurs boursières aux Etats Unis sont à l'heure actuelle sur une base de PER de 28, ce qui est une pure aberration. Les PER ont augmenté car la baisse des projections de revenus est encore plus forte que la baisse des cours. Il convient de rappeler qu'en 1973-74 les PER normaux étaient de 7 à 8. A la suite des chocs pétroliers l'économie a basculé dans un capitalisme financier où les marchés ont créé une pure illusion de croissance économique
Il me semble qu'au sens propre, les sycophantes dénonçaient les voleurs de figue :-)
Il me semble qu'ils étaient installés sous un figuier. Or le figuier des sycophantes est un sycomore stérile.
Bonjour, Je suis en accord avec cet article sur bien des points. Notamment sur le constat : l'Europe a été faite tout entière pour aider le capital, et désormais on s'aperçoit que seuls les Etats servent encore de remparts. Parenthèse : il faudrait en tirer toutes les conclusions, en se souvenant de ceux qui avaient averti de l'erreur de cette construction européenne, plutôt que de s'en remettre toujours aux mêmes. Pour la solution précaunisée, je suis plus réservé : évidemment, imposer fortement les capitaux serait une bonne chose. Cependant, exonérer pour cela tous les revenus me paraît impossible. N'oublions pas ce à quoi sert l'impot (ou ce à quoi il est censé servir!). Faire dépendre le fonctionnement de l'Etat et de ses services des impots sur le capital, c'est encore le rendre dépendant du capital. C'est un peu comme lorsque l'on taxe les cigarettes et l'essence. Evidemment, ce serait mieux qu'il y ait moins de consommateur, mais en même temps, ce serait moins de recettes... Dans l'idéal, il me semble qu'il est naturel que le fonctionnement de l'Etat soit largement financé par des impots liés à l'activité normale du pays (la richesse du travail) de sorte qu'une baisse des "revenus du capital" n'entraine pas une baisse handicapante des recettes de l'Etat. L'imposition du capital - tout à fait nécessaire et juste - doit donc à mon sens intervenir comme une régulation et un moyen pour l'Etat d'avoir des "bénéfices", si j'ose dire. Cordialement,
A Melchior, Comme chaque fois qu'il y a eu un gouvernement de salut public dans l'histoire. Les leaders naturels apparaissent. Actuellement, il n'existe en effet pas d'organisation révolutionnaire à même d'assumer la vaccance du pouvoir. Pas de parti politique crédible non plus. Pas d'homme providentiel non plus. Mais cher Melchior, croyez vous vraiment qu'à cette heure nous soyions reellement gouvernés? Donc, pas de soucis, dans le pire des cas, nous ne serions pas moins gouvernés que nous ne le sommes aujourd'hui. N'ayons pas peur. Ils voudraient tellement nous faire croire que sans eux rien n'est posssible et que tout ne serait que chaos. Mais le chaos, c'est eux et avec eux rien n'est plus possible tant qu'ils obstruent au profit de leurs vrais mandants qui sont les financiers et les entreprises transnationales. Que savent ils faire en réalité tous ces gens qui n'ont fait de leurs vies que mener la lutte interne dans leurs partis politiques. Faire ce qu'ils leurs disent de faire. Croyez vous qu'un type qui fait bling bling quand il marche pèse quoique ce soit face à un Poutine qui est fait en acier au tungstène, souple comme une liane et dur comme l'acier. Ou même face à un Khadafi qui l'a baladé comme jamais. Vous confiriez vos économies à un fondé de pouvoir qui 15 jours après avoir divorcé épouserait une dame qu'il connaitrait de la veille? Ben voilà. Personne ne peut faire plus mal.
Et à quoi on les reconnaît, les leaders naturels ? On les désigne par acclamations et on les hisse sur le pavois, ou bien on les hisse sur le pavois et on les acclame ensuite ?
Mais cher Melchior, pour le moment, à quoi reconnaît on les leadres politiques ? A ce qu'ils ont été les meilleurs dans la lutte interne au sein d'un parti polique sans avoir jamais rien fait d'autre de leur vie ? Aux moyens que leurs mandants mettent à leur disposition pour les placer là où ils sont et leur faire exécuter le livret ? Aux moyens que les mêmes commanditaires mettent pour faire coucher leurs concurrents ou désigner dans le parti d'opposition la candidate la plus facile à battre pour une présidentielle ; alors que ladite présidentielle est imperdable pour ce même parti ? Êtes vous tellement rassuré par ce que vous voyez ou par ce que vous comprenez de ce qui se passe au point de ne rien imaginer d'autre ? Ne pensez vous pas que nous ne sommes plus gouvernés ; du moins dans le sens de l'intérêt général et du bien public ? Ne pensez vous pas que nous ne sommes plus conduits que pour les intérêts privés d'une oligarchie d'argent ? Pensez vous sérieusement que l'on puisse encore trier des éléments sains dans ces élites pourries? Franchement, dans l'immédiat, vous voyez une solution dans le paysage politque actuel ? Pensez vous qu'au point où nous en sommes le réformisme suffit ? Ne pensez vous pas que le vrai problème de notre pays ce sont les élites en place et qu'en aucun cas ils ne peuvent désormais faire partie de la solution ? Vous souvenez vous comment les libéraux et les socialistes se sont empressés d'abandonner le pouvoir à PETAIN à la majorité absolue moins 2 voix ? Pensez vous qu'il y ait une organisation révolutionnaire ou autre à même d'assumer seule le pouvoir ? Pensez vous qu'il y ait un homme providentiel en vue ? Moi, je me pose ces questions et je pense qu'il vaut mieux agir de manière coordonnée en laissant de côté les oppositions et les divisions sur les questions optionnelles du segond ordre et surtout se faire confiance entre gens qui n'ont encore jamais exercé aucun mandat ni politique ni économique de haut niveau. Des leaders naturels, il y en a dans le monde des affaires, dans le sport, dans le monde scientifique, dans le monde associatif, chez les représentants des grandes religions etc ... Et quoiqu'ils décident collectivement dans un comité de salut public par exemple, ce sera toujours mieux que ce que nous vivons. D'autant que l'echelle des décisions à prendre sort des cadres de la politique conventionnelle et de ses shémas traditionnels. Donc, plutôt le risque d'un bouleversement que celui d'un pourrissement lent et irreversible. Dans les circonstances exceptionnelles du moment, je ne pense pas que l'on puisse se contenter de moyens conventionnels. Ou on se laisse drosser à la cote ou on prends nous même la barre. On ne va pas se laisser noyer bouclés à fond de cale.
Cher Christian Ciganer, Pourriez vous précisez ce que vous entendez par économie des flux ? Il me semble que la circulation des capitaux et des marchandises est une des caractéristiques de l'économie mondialisée actuellement en crise. Peut-être entendez vous économie dans son sens diminution, d'épargne ? Merci.
Vous dites "Comité de salut public"? Mais cela nous rappelle les heures les plus,sombres de la Révolution Française çà ? Avec les têtes qui roulaient tous les jours non? Alors pourquoi pas le NPA!!!Moi je pense qu'il faut garder le capitalisme mais surtout mettre en place une régulation macro-prudentielle et revenir aux principes du Libéralisme de l'Ecole Autrichienne qui base tous calculs de l'Argent sur la valeur or et non sur une monnaie papier dont la valeur fiduciaire ne représente que le prix du papier et de l'encre..
Mille excuses pour le retard de ma reponse ,dans mon esprit une économie de flux doit privilégier par sa fiscalité le revenu et la creation de richesse qui en découle par opposition à la constitution de capital . Pour illustrer mon propos dans une entreprise ,nous devrions augmenter la part de valorisation liée aux critéres de rentabilité ,plutot qu'à ses capitaux propres . Or les ratios de solvabilité sont fondés essentiellement sur les fonds propres . Pour un emprunteur sa marge contributive aux remboursements est plus stable dans le temps que la valeur de l'actif .
Mille excuses pour le retard de ma reponse ,dans mon esprit une économie de flux doit privilégier par sa fiscalité le revenu et la creation de richesse qui en découle par opposition à la constitution de capital . Pour illustrer mon propos dans une entreprise ,nous devrions augmenter la part de valorisation liée aux critéres de rentabilité ,plutot qu'à ses capitaux propres . Or les ratios de solvabilité sont fondés essentiellement sur les fonds propres . Pour un emprunteur sa marge contributive aux remboursements est plus stable dans le temps que la valeur de l'actif .
A Michel P Bien d'accord, les ennuis ont commencé en 71 avec la fin de la convertibilité or du dollar, se sont accentués 10 ans plus tard avec l'ouverture des marchés de produits dérivés et la dérégulation nèolibérale. Avavnt, quand la bourse prenait 5% dans l'année tout le monde était bien content et fumait de gros cigares. De ce temps là, l'IS était à 50% en France et ça allait très bien pour tout le monde. Mais il y avait encore le plan et l'économie était dirigée par l'Etat. Pourquoi pas le NPA en effet, il pourrait faire partie d'un comité de salut public, mais avec d'autres non issus des partis qui se sont partagés le pouvoir depuis 50 ans. Je me souviens également que tout allait mieux quand on avait un PC à 22,5 %. Pourtant, je suis bien anti communiste. Mais il en faut. Comme l'a dit le pape JP II le capitalisme est le + sûr moyen de fabriquer des richesses, mais il faut en contrôler sévèrement les excès. Il n'avait sans doute pas encore complètement mesuré les destructions collatérales qui lui sont consubstantielles sur la nature et sur les sociétés. Quand aux têtes qui roulent, et alors ? Et les empoisonnés de l'amiante, ceux du nucléaire, ceux du sang contaminé, ceux de la canicule ? ceux qui se suicident ou crèvent de désespoir ? ceux d'AZF ? les salariés des chantiers navals qui sont morts dans un attentat au Pakistan parcequ'un arrosé n'avait pas reversé les rétrocommissions à temps. Vous en voulez d'autres ? De ces têtes là, il en roule tous les jours. Votre coeur a saigné ? Queques exemples bien saignants réduiraient certaines arrogances et la notion de risque ramènnerait tout le monde à la raison.
@ arquius : soyons clairs : vous proposez une économie dirigée par l'Etat? dans tous les domaines ? Avec expropriation des capitaux ?
@ tous : J'avais une question, écrite dans des sujets de Magnum ici et là, mais peut-être plus à sa place ici :
*Globalement, dans un monde désormais limité par le principe de réalité écologique, est-il impensable d'espérer que soient un jour imposées des limites aux pratiques financières : - des patrons d'entreprises -des capitalistes "assis" : les actionnaires, les hommes de CA ?
Limites pas forcéments fixes, égales etc. mais au moins existantes : par exemple, par une taxation très grande au dessus de certains seuils. *Peut-on envisager, au vu de la grande crise en cours, que certains Etats ou groupes d'Etats commencent à prendre de telles mesures? Et que, internationalement, ces nouvelles "moeurs" se propagent ?
à Fantie B. . Pas impensable: indispensable. En toute logique, un patron d'entreprise devrait être strictement interdit de spéculation, et un spéculateur strictement interdit de direction d'entreprise. Cela me paraît le B.A. BA. . Arquius paraît surtout soucieux de donner un grand coup de balai. Mais il va sûrement affiner ses propositions.
Dans les techniques de la finance de marché le capital est l'actualisation des flux futurs et les flux sont générés par des opérations de capital. Une fiscalité reposant sur une distinction fondamentale entre capital et revenu nécessite la réforme fondamentale de la finance de marché. La notion de revenu gagné par rapport à revenu non gagné parait de même particulièrement difficile à cerner.
Sans aller jusqu'à n'imposer que le capital, ce qui semble lier tout investissement et service public à la rentabilité du capital, pourrait-on avoir un impôt sur le revenu qui soit une "flat tax" d'un pourcentage identique pour tous, simple à gérer, calculée pour subvenir aux coût des services publics les plus essentiels?
Pour ce qui est de la création monétaire, plutôt que de revenir à une forme de convertibilité or (ce qui me semble totalement irréaliste vu l'augmentation de la masse monétaire mondiale depuis 71) ne pourrait-on pas imaginer une masse monétaire définie par rapport à une valorisation d'actifs "réels" et non spéculative? Il faudrait que la banque centrale pusse évidemment battre monnaie, mais ce dans la mesure de la correspondance avec des actifs réels.
à Vincent Veschoore, Mais voyons, le problème, c'est bien cette masse monétaire sans contrepartie réelle. Pour 1 dollar qui à une contrevaleur dans l'économie réelle, il y en a 50 qui flottent sur des produits dérivés. C'est bien ça qu'il faut purger et qui épuise la valeur travail, comme les actifs réels d'ailleurs. Si comme vous le suggerez, vous ramenez la masse monétaire à la valeur des actifs réels, vous la comprimez de 50 à 1. De surcroît qui évalue la valeur des actifs, les agences de notation? les comptables de chez A Andersen? Elie Cohen ? Madoff ? Kerviel ? Les marchés ? Avec la convertibilité or, vous pouvez réintroduire un ratio prudentiel de 1 à 9 sur des quantités physiques contrôlables. Ainsi, la masse monétaire se trouverait par exemple limitée à 9 fois la contrevaleur or. Sous contrôle de ceux qui s'en souviennent mieux que moi; il me semble que ça marchait comme ça. Et tant pis pour les détenteurs des 40 dollars sans contrevaleur. La roue de la fortune tournera et puis c'est tout. C'est quand même pas les clients de Madoff qui porteront plainte non, ni ceux qui compensent chez clearstream ? Dans le même temps pour faire bonne mesure, moratoire général sur tous les crédits non hypothécaires des particuliers. Les banques gardent leurs créances, mais plus personne ne rembourse rien pendant 10 ans. Après on voit.
@Arquius, Tout dépends effectivement de comment vous valorisez les actifs réels, et surtout comment on définit la monnaie: est-elle une valeur opposable à quelque chose de physique (l'or), ou une simple promesse d'échange mesurée selon des critères communs de valorisation des actifs qu'elle représente? L'important me semble t-il est d'avoir un ancrage, que le même actif ne soit pas valorisé plusieurs fois par effets dérivés. Je n'ai pas l'impression qu'il soit encore possible d'ancrer la monnaie à une masse d'or fixe via un ratio prudentiel, car pour augmenter la masse monétaire requise par l'expansion économique implique alors d'augmenter ces ratios, d'ou une autre forme de spéculation.
@ Fantie B, Non non, pas d'expropriation des capitaux, les actionnaires gardent leurs actions, mais plus de droit de vote et, en effet, un management par des représentants de l'état. Des dividendes distribués en fonction des résultats bien sûr mais aussi et surtout des nécessités de la politique sociale et industrielle du pays. Ca pendant au moins 10 ans, ou le temps qu'il faudra pour nous relever. Là on parle des entreprises françaises transnationales, des banques, assurances et de toutes celles qui ont un intérêt public. Evidemment pas du quincailler de Carpentras. liberté pour les PME. Quant à la plannification, mais ça a existé et c'est de ce temps, que la France allait finalement le mieux. Le pays avait une politique industrielle, sociale, culturelle, de formation, une politique économique, d'infrastructures et de grands travaux, une politique scientifique. le pays n'a jamais autant progressé collectivement que du temps du plan. Et les conséquence de la plannification ont continué à profiter au pays jusqu'à aujourd'hui. Bien sûr qu'il faut rétablir la plannification d'Etat. Là, nous sommes sous la plannification privée. On voit où on en est. Pour le reste, en politique, tout est envisageable, rien n'est irreversible et rien n'est jamais figé dans le marbre comme ils voudraient nous le faire croire. Effondrement des empires, fin du communisme, fin de l'ancien régime. Il suffit de le vouloir. Qu'ils se comptent et ils verront bien qu'ils ne pèsent rien. Quand à leur argent ? 50 dollars de produits dérivés sans contrepartie physique ou matérielle pour 1 dollar investi dans l'économie réelle. Et les 50 dollars dans l'ether, c'est sur le dos des producteurs et des gens en général qu'ils les ont montés en mayonnaise. Pour que ça fonctionne encore, on peut comprimer la masse monétaire de 50 à 1. Je vois très bien où on peut les trouver. D'ailleurs, ils en ont déjà bouffé une grosse partie et ils nous demandent de renflouer. Non, mais c'est trop. Reprenons conscience. Stop aux anesthésiques. Ne faisons pas semblant de les croire pour ne pas agir. Tout Celà n'est bien sûr possible qu'à la condition de permettre l'émergenge d'une nouvelle génération d'élites non encore contaminées.
Philippe Riès Mon très cher Christian, Tout d'abord, bienvenue dans la communauté des blogeurs de Médiapart. Je ne vais pas prolonger ici notre amical et ancien dialogue de sourds sur la politique monétaire. Celle dont nous subissons ici les effets n'est pas la plutôt raisonnable de la BCE, mais la parfaitement irresponsable de la Fed. Si les dirigeants européens, ceux de la banque centrale et les autres, sont coupables de quelque chose, c'est d'avoir accepter depuis des années de valider l'attitude des Etats-Unis en mettant leur signature au bas des communiqués insipides du G7. Gageons qu'ils feront de même à Londres le 2 avril, en échange (espérons-le) de quelques aménagements plus ou moins cosmétiques de la régulation financière internationale. Une fois de plus, nous serons très loin du compte. Rien ne changera fondamentalement dans l'ordre économique mondial tant qu'on refusera de revenir sur la décision fatale du 15 août 1971, dont tout découle. A chacun son économiste français hétérodoxe: Maurice Allais pour toi, Jacques Rueff en ce qui me concerne. S'agissant de l'essentiel, ta réflexion sur la fiscalité, je crois de même inutile d'attendre quoi que ce soit de ces grand messes internationales. La question serait plutôt: en économie ouverte (et sur ce point le message d'Allais est assez suspect), un pays (idéalement dans notre cas, un ensemble comme l'Union européenne) peut-il faire de son système fiscal un élément essentiel de sa compétitivité, économique mais aussi sociale? En économie marchande, l'idée de concentrer les prélèvement fiscaux sur les échanges relève du bon sens. C'est pourquoi le capital doit faire l'objet d'une taxation au moment où il change de main. C'est ce que les Américains appellent crûment la "death tax". Et je rappelle pour l'anecdote que certains des principaux milliardaires américains (dont Warren Buffet) s'étaient sagement opposés au projet bushiste de sa suppression. Maintenant, "alternative du diable" ou New Deal fiscal, tu nous as ouvert l'appétit, mon cher Christian. Il ne faut pas en rester là. Um abraço
économistes? Et que faîtes vous de Jacques DUBOIN?
"Alternative du diable" ou "Idée angélique" ? La question posée par l'organisation du système fiscal n'est pas seulement celui d'une économie ouverte, elle est surtout l'évolution de la "matière fiscale". Les notions évoquées par le billet de Christian Ciganer et le commentaire de Philippe Riès sont obsolètes, et il est naïf de se laisser leurrer par la démagogie qui entoure ces problèmes. L'anecdote concernant les droits de succession et la réaction des milliardaires américains concernant la suppression de ces droits ne convainc que ceux qui n'ont strictement aucune notion de l'organisation des successions aux Etats Unis. Depuis les croisades la constitution d'un "trust" permet d'éviter tout changement de main, et il n'y a pas un milliardaire qui n'a pas soigneusement organisé sa succession pour éviter la taxation à sa mort en utilisant toutes les techniques des "Estates and Trusts" pour organiser les revenus qui seront versés à des bénéficiaires qui ne seront jamais "héritiers". Dans ces conditions, avec une parfaite hypocrisie, les milliardaires peuvent s'opposer à la suppression de mesures fiscales qui n'affectent que les autres. La notion de "changement de main" est en fait un leurre, car il est particulièrement simple de l'éviter, et d'ailleurs la loi sur la "fiducie" intronise cette institution en France. Par ailleurs la notion de capital, à l'heure du capitalisme financier et de la finance de marché, est une notion qui est de même devenue trop insaisissable pour fonder un système de taxation. Un capital peut être transformé synthétiquement en revenu , et inversement. La création des "quasi-fonds propres" permet en fait de donner aux produits de capital le statut de charges déductibles fiscalement, l'utilisation de paradis fiscaux permettant d'échapper à la fiscalisation. Le jeu de qualification permet avec les techniques de "double sandwich" une double défiscalisation. Un revenu financier peut être transformé en revenu de services, en fait la dérégulation a eu pour effet, sinon pour objet, de permettre aux banques de transformer leurs revenus financiers en revenus de services. Les produits dérivés permettent de transformer que ce soit revenu ou capital en un OFNI (objet financier non identifié !) prenant la forme que l'on veut. Il convient d'ailleurs de souligner qu'un problème fondamental de la crise est que la régulation "à l'anglo-saxonne" (par des règles plutôt que par des principes) permet toutes les stratégies de contournement. L'ingénierie financière et juridique, qui est à la base de ce que l'on appelle "l'innovation financière" est basée sur la technique de contournement systématique, avec l'aide et l'appui des régulateurs, des politiques, et de tout le système financier (Entre parenthèses, dans le cadre de la dénonciation de la parfaite hypocrisie de milliardaires comme Buffett, soulignons qu'il est le principal actionnaire d'une des principales agences de notation, il est donc au coeur de la production de ce qu'il appelle ensuite des armes de destruction massive, sans parler de toutes les opérations d'initiés et manipulations de cours que cela lui permet). C'est dans ce système de contournement que se cache le Diable.
Cher Monsieur de Furfande , je constate que vous connaissez la "musique ",tout d'abord une observation sur les chiffres de mon billet ,les pertes de subprimes correspondent aux defauts de paiements enregistrés à la fin de l'année 2008 ,le traitement du solde de risque aura des conséquencesz sur la facture finale qui je le conviend, pourrait approcher le chiffre que vous avançez . Pour la perte Lehman il s'agit de la garantie demandée par Barclays dans ses discussions avec les autorités lors de sa tentative de reprise . En ce qui concerne le fond de votre reflexion à mon sens un actif est plus facilement identifiable et localisable qu'un revenu ,et dans cette esprit la base de l'ouvrage de Maurice Allais est par la detaxation des revenus de pousser les investisseurs à accepter de reinvestir dans une zone geographique favorable en terme de fiscalité . Mais comme vous le savez le monde est peuplé de rèveur !
Cher Monsieur Ciganer Puisque vous êtes maintenant lecteur de Mediapart et que vous parlez de musique, je vous incite à rêver...en musique en allant voir Opéra Bouffe avec ce lien http://www.mediapart.fr/club/edition/music-tchat/video/160209/opera-bouffe
Cher Monsieur Ciganer Les résultats qui viennent d'être publiés par les banques françaises montrent bien comment il suffit, dans l'état des textes et pratiques, de simples manipulations comptables pour jouer sur les valorisations d'actifs et dégager ou non des revenus Le monde est peuplé de rêveurs qui sont manipulés et spoliés par des marchands d'illusion, des apprentis sorciers et détrousseurs et il convient de mettre fin à leurs exactions et à leur faire rendre gorge, sinon le "Rêve général" se transformera en "Révolte générale"
Cher Georges de Furfande, Je suis ignare en économie, je ne peux donc que m'accrocher à des phrases qui me parlent, comme celle-ci: Le monde est peuplé de rêveurs qui sont manipulés et spoliés par des marchands d'illusion, des apprentis sorciers et détrousseurs et il convient de mettre fin à leurs exactions et à leur faire rendre gorge, sinon le "Rêve général" se transformera en "Révolte générale". Vous dites un peu plus haut que le Diable, c'est le système de contournement . Ce dernier est permis par une régulation non fondée sur des principes, et il s'étaye sur les régulateurs, les politiques, et tout le système financier. Il est donc solidement ancré! Ma question naïve est donc: comment mettre fin aux exactions et combattre le Diable?
Chère Art Monika La régulation sur la base de règles est un style de rédaction des règles. Il correspond à la casuistique du système juridique de common law, fondé sur la comparaison des situations de fait dans l'analyse des précédents jurisprudentiels. Ce style est celui qui est adopté par ailleurs dans la rédaction des contrats dans l'esprit du droit anglais américain. Il a exercé une attractivité qui correspond à son aspect qui est pragmatique. La création de normes juridiques sous forme de règles, si elle correspond à la tradition historique de la jurisprudence anglaise ou américaine, n'est pas inhérente au système juridique anglais ou américain tel qu'il s'est développé. L'Uniform commercial code, qui est à la base du droit commercial des états américains, est par exemple de rédaction très semblable aux codes du droit continental. Aux Etats Unis de nombreuses voix s'élèvent pour que les normes comptables et les normes de régulation boursière fassent l'objet d'une rédaction par définition de principes, et non de règles. Ceci correspond à l'analyse qui est faite que la rédaction sous forme de "règles de cuisine" de la régulation fait que toute règle posée peut être contournée. Le système de règles est défendu par ceux qui veulent conserver ce modèle comme plus "libéral" , ce qui correspond justement à cette facilité de contournement, qui fait la fortune de ceux, auditeurs, avocats, banquiers, qui profitent de la stratégie de contournement : les associés du diable !
Cher Georges de Furfande, Merci de cette réponse claire pour la néophyte que je suis. Il s'agirait donc de substituer à un système de règles (d'origine anglaise et américaine, adopté pour son pragmatisme, mais générateur de contournements multiples), un système par définition de principes. Cela permettrait probablement une plus grande rigueur et moins d'opportunités, pour les divers chaudronniers du Diable, de fabriquer impunément leur tambouille. Vous dites que des voix s'élèvent aux États-Unis pour défendre la rédaction par principes. S'élèvent-elles aussi en Europe ? Et qui sont les porte-voix ?
Chère Art Monika En Europe on se contente de débats dogmatiques sur les vertus de la régulation, sans réflexion sur les méthodes de régulation.