Santé: le dépeçage continue
Selon une dépêche AFP du 25 mars, le président de la République a annoncé en septembre 2007 sa volonté d'engager « un grand débat sur le financement de la santé». « Qu'est-ce qui doit être financé par la solidarité nationale, qu'est-ce qui doit relever de la responsabilité individuelle à travers une couverture complémentaire ? Ce débat, qui a déjà eu lieu chez tous nos voisins, je demande au gouvernement de l'organiser », a alors indiqué le chef de l'Etat.
Malgré l’emploi du conditionnel, les choses se précisent. Et le mouvement s’accélère.
Dans la réalité quotidienne des malades, sans concertation, sans communication, sans information, des décisions sont déjà prises. Et appliquées.
C’est le cas des franchises sur les soins, appliquées avec un tel zèle que certaines caisses de Sécurité Sociale continuent de les prélever au-delà du plafond de 50€, tandis que des patients renoncent à certains soins, amenant les communicants de la Sécu à vanter cet « effet franchise » qui améliorerait fictivement les comptes… en dégradant l’accès aux soins…
Et pendant ce temps, une nouvelle vague de déremboursements est décidée et appliquée dans la plus grande discrétion, tandis que l’on étudie sérieusement la restriction du cadre des Affections de Longue Durée, évoquant sans honte ni crainte du ridicule l’hypothèse de ne prendre en charge le diabète ou les maladies cardio-vasculaires qu’au stade des complications avérées ( tout en pérorant sur la nécessité de mieux impliquer les médecins dans la prévention !).
La suite se profile derrière les arguments comptables déshumanisés du gouvernement et les formules creuses censées nous faire croire qu’il réfléchit, consulte, dialogue, « modernise ».
« Moderniser » serait-il le nouveau synonyme, politiquement correct, de « privatiser » ?Car, sous le pudique euphémisme de « redéfinir les soins qui relèvent de l'assurance maladie et ceux qui relèvent de la responsabilité individuelle », c’estla privatisation qui avance, même plus masquée. Et elle avance vite, espérant prendre le citoyen par surprise.
Dans ce contexte, la mobilisation contre les franchises est emblématique. Elle porte en elle la colère des malades, des professionnels, des citoyens qui refusent le sacrifice de la santé, de notre santé, sur l’autel de la Bourse et du profit.
Le gouvernement nous martèle que le trou de la Sécu est un gouffre insondable…
Mais depuis quand l’actionnariat privé volerait-il au secours d’une action publique qui s’écroule ???
La vérité, c’est que le secteur de la santé est rentable. Extrêmement attractif. Mais pour que les Français, attachés à leur système d’assurance-maladie solidaire, acceptent la privatisation, il faut leur faire croire que celui-ci est à bout de souffle . Il faut aussi qu’il dysfonctionne, en particulier au niveau des remboursements. Et il faut surtout que le citoyen, de lui-même, se tourne vers les assurances privées.
Rien de tel, pour faire accepter une réforme inacceptable, que de la déguiser, aux yeux des citoyens, en réforme nécessaire, de faire en sorte qu’ils y viennent eux-mêmes…
L’instauration des franchises marque, à ce titre, la bascule dans un système de pensée pervers, qui fait porter sur les malades la « responsabilité » du financement de la maladie.
L’étape suivante, le « tri » des malades, ou des pathologies, n’est qu’un pas de plus vers le système du « chacun pour soi ».
Christian Lehmann ( www.appelcontrelafranchise.org) et Bruno-Pascal Chevalier ( www.grevedesoins.fr)


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Nous ne voulons pas de ce système ! Nous ne voulons pas de ces franchises, qui, au bout de 3 mois, font chaque jour la preuve qu’elles sont un obstacle dans le parcours de soins des malades, des personnes âgées, des personnes à faibles revenus. Nous appelons à une journée d’actions contre les franchises, le samedi 12 avril, à Paris devant le ministère de la Santé, et en Province devant les préfectures. Nous invitons tous les malades à y déposer, symboliquement, leurs boîtes de médicaments vides. Nous appelons tous les citoyens, malades, professionnels de la santé, bien-portants, invalides et valides, à être solidaires et déterminés, et à se mobiliser, nombreux : Le samedi 12 avril, à 14h00 devant le ministère de la Santé à Paris.
Merci et d'accord j'y serai.
De toute façon, ce n'est pas une découverte puisqu'on sait depuis la convention médicale de fin 2004 orchestrée entre autres par Xavier Bertrand que la santé va être orientée par le pouvoir politique en place vers un systéme où les assureurs vont se tailler la part du lion en laissant à l'ympala sécu le privilége de couvrir les soins les plus couteux et donc les moins rentables, ce qui aggravera son déficit. Je constate quand même que ceci était connu ainsi que les franchises médicales avant l'élection présidientelle et que l'igas a dénoncé entre les deux tours de cette même élection une dérive vers une médecine à deux vitesses, ce qui n'a pas empéché la victoire du meilleur illusionniste de France. Vu le contexte, je doute également qu'on rende attractive la médecine générale dont les postes d'internat ne sont pourvus qu'à 40% sauf erreur de ma part; surtout dans les zones en voie de désertification. En fait, il faudrait savoir si l'accés aux soins est un bien de consommation ou une priorité publique..... mais, vu le mode de raisonnement de nos gouvernants actuels, la réponse me parait contenue dans la question! Même si on nous caresse dans le sens du poil lors des Etats Généraux de l'Organisation de la Santé qui ont cours en ce moment.
C'est bien pour l'ensemble de son oeuvre que nous devons remercier l'UMP. Depuis 2004, les exemples sont nombreux de mesures injustes et inefficaces : participations forfaitaires, fin du 100 % en cas d'opérations (18 €), déremboursements, franchises... Mais, c'est plutôt l'absence de volontarisme pour réguler l'ensemble du système qui me révolte. Clientélisme politique (surtout ne pas déplaire à la CSMF), clientélisme économique ("la santé devient un commerce, nos amis vont en profiter", rappellons que Xavier Bertrand est un assureur de métier) expliquent en partie cette grande renonciation à aborder les questions de fond. A part quelques spécialites, qui parle d'accès de tous à des soins de qualité : accès géographique (démographie médicale) , et économique -(dépassements d'honoraires) mais aussi qui parle sur-prescriptions médicamenteuses par rapport à nos voisins, de la timidité des controles et des sanctions pour les professionnels de Santé (c'est à décourager les 99 % qui sont honnêtes), de l'assujestissemet des acteurs à but non lucratifs à des régles européennes assimilant la Santé à n'importe quel autre secteur capitalisatique etc... D'ailleurs, qui a parlé de Santé pendant le dernière présidentielle ? A part les franchises, rien de rien. A droite comme à gauche.
Je viens de réagir avant d'avoir lu votre commentaires. Bien d'accord sur l'omerta des politiques nationaux ,mais aussi locaux . j'espère que Médiapart offrira non seulement des possibilités d'échange mais une structure d'accueil pour se diriger dans le labyrinthe SANTé
Vous écrivez: En fait, il faudrait savoir si l'accés aux soins est un bien de consommation ou une priorité publique..... mais, vu le mode de raisonnement de nos gouvernants actuels, la réponse me parait contenue dans la question! Même si on nous caresse dans le sens du poil lors des Etats Généraux de l'Organisation de la Santé qui ont cours en ce moment. Personnellement impliqué dans l'organisation sanitaire en région depuis 2004 , j'essaie de progresser dans la jungle des acteurs, systèmes, rapports... J'ai ouvert sur ce site une édition avec un objectif limité au "Service public d'accès aux soins". Quel cahier des charges ("minimum" ?) pour l'ensemble des populations ? Quels sont les moyens de financement de solidarité cohérents avec un "contrat républicain " sur ce sujet? On pourra aussi s'interroger sur le sens et la pratique d'une "démocratie sanitaire"
En fait , je me demande simplement s'il y a un droit d'accés aux soins comme il pourrait (devrait) y avoir un droit d'accés au logement; moi , je pense que oui même s'il faut définir ce qui est nécessaire et superflu. Mais , vu la dérive des déremboursements ou participations pour des soins non superflus qui menace de s'accentuer, je doute que ce soit le cas de nos gouvernants; c'est de l'interprétation mais "comme on connait ses saints, on les honore". Quant aux Etats Généraux, on ne cesse de nous répéter que la médecine générale va être reconnue.... par ceux qui ont tout fait il y a quatre ans pour nous enfoncer la tête sous l'eau (je n'inclus pas Roselyne Bachelot dans le lot mais je ne doute pas qu'elle fasse le grand écart comme ses copines du gouvernement quand il s'agira de mettre en application). Le plus grave est que, devant la pénurie annoncée de médecins généralistes de moins en moins nombreux , qui s'installent de moins en moins et de plus en plus tard (à ce que j'en sais , l'âge moyen d'installation serait de trente-neuf ans), on annonce , pour cent euros supplémentaires d'astreinte le samedi après-midi, un redécoupage des secteurs de garde qui passeraient dans mon département montagneux (l'Ariége) de dix-neuf à CINQ voire sept au maximum, sans doute pour nous faire gouter aux joies de faire le vrp le week-end entre deux semaines d'exercice de la médecine bien remplies. Et pas question de se défiler sur une des deux options , continuité des soins oblige. Est-ce réellement une mesure incitative alors que nos confréres en ont assez des gardes et astreintes après vingt à trente ans d'exercice parfois solitaire? Moi, j'ai résolu mon problème : je ne suis plus que remplaçant après vingt-cinq ans d'exercice (j'ai failli dire d'esclavage). En revanche , j'adhére totalement au commentaire sur la dérégulation du systéme de santé et surtout sur le flou de la définition des tâches de chacun des acteurs. Par ailleurs, j'aimerais bien accéder à l'édition "service public d'accès aux soins" que je n'ai pas trouvée (réponse possible en bal perso pour ne pas encombrer à patrick.neubert@wanadoo.fr ).
Toutes ces mesures passent car on nous matraque avec "le trou de la sécu". Il y a toujours un premier niveau d'information répétitive pour formater les cerveaux. N'y avait-il pas des armes de destructions massives en Irak !! Alors qu'en est-il du déficit de la sécurité sociale. Toutes les entreprises payent-elles leurs cotisations. les exonérations de charges offertes par l'état sont-elles compensées etc ... autant de questions et d'autres qui mériteraient une analyse poussée. Qui pourrait-nous informer réellement sur le déficit ?
Le déficit de la Sécu correspond à 1 semaine de fonctionnement par an ( si l'Etat compense les exonérations de charges), et si on ne change rien aux recettes, basées principalement sur les revenus du travail quand bien des revenus financiers s'en exonèrent... J'ai analysé ces chiffres et la manière dont ils sont instrumentalisés dans "Les fossoyeurs... notre santé les intéresse", aux editions Privé-Michel Lafon.
"Président de la Cour des comptes, M. Philippe Séguin à calculer que, si les stock-options étaient normalement assujetties aux cotisations sociales, elles fourniraient 3 milliards d'euros, soit la moitié du déficit de la branche maladie de la Sécurité Sociale en 2007" Lu dans un articles de messieurs André Grimaldi, Thomas Papo et Jean-Paul Vernant dans Le Monde Diplomatique de février 2008... le nom de l'article est éloquent "Traitement de Choc pour tuer l'hôpital". Je crois que tout est dit. On veut vraiment passer à un système anglo-saxon privatisé... et privatif de soin ! Et surtout, il ne faut pas trop le dire, sous peine de passer pour un dangereux gauchiste. Ce qui est frappant c'est cette rhétorique un peu - beaucoup - manipulatrice qu'use ceux qui veulent passer à un nouveau modèle sans que l'on ait notre mot à dire.
Bien évidement que l'on ne veux pas d'une Assurance Maladie privé. Bien sur que s'il le voulait le gouvernement, notre Assurance Maladie ne serait pas déficitaires comme on veux nous le faire croire. Ne dit-on pas "pour abattre un chien il suffit de dire qu'il a la rage". L'UMP est très forte pour faire prendre nos vessies pour des lanternes mais ils nous appartient a tous de veuillez a notre protection sociale en autre et pour cela il faut être plus combattif
Tous les secteurs du PUBLIC doit tomber dans l'escarcelle du PRIVÉ (Secteur Marchand), voilà en quelques mots le DOGME Sarkozien. le Hic !! dans cette belle histoire "Néo-Conservateur", c'est qu'aujourd'hui des fonds de pensions provenant d'horizons diversent s'offrent de belles cliniques privés mises en difficultées par une politique "comptable" de la santé. - Et pourtant, ce gouvernement (et le précédent) ont fait en sorte que toutes les opérations chirurgicales les plus lucratives soient destinées au secteur privé, et la culture de la tulipe pour le secteur public. - Le problème, c'est que tous les jours Sarkozy est sa clique attaquent nos acquis à coups de martean-piqueur, et nous restons là à nous révolter devant nos écrans d'ordinateur, alors que nous devrions tous défiler pour dire "STOP" à cette politique qui nous précarise plus de jour en jour. - SUR TOUS LES SUJETS AUCUNE CONCERTATION N'EST FAITE, LE DOGME SARKOZIEN PASSE SANS QUE LES FRANCAIS SE REVOLTENT, CAR PARAIT-IL LES CAISSES SONT VIDES. ALORS POURQUOI AVOIR FAIT AUTANT DE PROMESSES A UNE POPULATION EN SOUFFRANCE, SACHANT QUE NICOLAS SARKOZY A ETE MINISTRE DES FINANCES (2004) ET QU'IL DEVAIT ALORS ETRE AU COURANT - ENCORE UN HOMME ÉLU SUR DES MENSONGES, QUAND EST-CE QUE NOUS AURONS LE DROTI A DES HOMMES POLITIQUES RESPONSABLES, OU SEUL L'ÉTAT DE LA NATION L'EMPORTE ET NON PAS LE CULTE DE SA PETITE PERSONNE...
Désolé pour toutes les fautes d'orthographes et autres, mais ma colère m'aveugle...
A propos du "trou de la Sécu", quelqu'un se souvient-il, j'ai oublié, il y a 10 ou 15 ans, avait été évoqué le chiffre des cotisations non réglées à la CPAM par l'Etat employeur. Par ailleurs, lu dans le Canard Enchaînné du 19/09/07 : " La branche AT-MP ( acc du trav et mal prof ) est exclusivement alimentée par les cotisations employeurs... Cette branche est un poil déficitaire depuis la reconnaissance, en 2002, des effets amiante et TMS ( troubles musculo-squelettiques). Mais le taux de cotisation employeurs est passé de 2,2% à 2,285% de la masse salariale, après avoir plutôt baissé pendant trente ans..."