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Epicure reviens ils sont devenus fous
Le bonheur pour la politique devrait être un sujet d'évidence dont on ne devrait cesser de parler comme la promesse incontournable de tout programme politique digne de ce nom. Ne disait on pas autrefois que le roi devait faire le bonheur de son peuple et non lui apporter trois points de croissance économique chaque année. Sarkozy nouveau roi médiatique a cru malin de faire de ce sujet un nouvel écran de fumée pour sa politique libérale pure et dure. Faire la mesure du bonheur et savoir que mon voisin est 2.5 fois plus heureux que moi est une idée baroque qui ne peut sortir que de l'imagination exaltée de ces économistes qui nous ont mis dans le mur. Cette merveilleuse commission chargée de définir la mesure du bonheur national brut dans ce monde de fou avec 4 prix Nobel d'économie pour le prix de 3, m'a décidé à me lancer comme un grand dans un Blog sur le thème du bonheur et de la politique. N'étant pas moi même malheureux j'ai là dessus quelques idées, je suis heureusement un peu feignant et je crains que mon blog n'ait ni la fréquence ni la régularité de certains. Allons y ouvrons le feu
Curieusement aujourd'hui tout se passe , comme si le bonheur allait de soi avec une croissance indéfinie. Dans notre culture Judéo-chrétienne, si la croissance va de soi, le bonheur ne va pas de soi, il est reculé dans un temps mythique qui se situe au-delà de la mort. En attendant il faut composer avec le malheur et la politique doit s'y ingénier. Si nous ne sommes pas très doués pour comprendre et produire du bonheur, nous devons nous tourner vers d'autres cultures : africaines traditionnelles, païennes antiques. Le philosophe Épicure dont Michel Onfray a rappelé l'immense réputation dans l'Antiquité, nous suggère une méthode de réflexion qui est curieusement aujourd'hui d'une grande modernité et s'applique fort bien à la politique.
Le grand bonheur nous dit le sage Épicure est le résultat d'une somme de petits bonheurs et non pas, comme on nous le rabâche trop souvent, une somme de sacrifices pour un grand projet qui nous fait rêver. Le rêve en politique conduit le plus souvent au désastre: le XXe siècle abonde en exemples catastrophiques.
En appliquant cette démarche à la politique sur des sujets de société limités, à partir d'une analyse des bonheurs et des malheurs qu'ils entraînent nous pourrions modestement envisager les actions politiques réalistes qui dilatent la dimension hédonique de leurs résultats. Au bout d'un moment nous ne nous apercevrions que se dégage un projet politique général de gauche, fondé sur le respect et la mise en valeur des individus. Cet humanisme pragmatique correspond mieux à une société devenue très individualiste qui perçoit mieux les enjeux du bonheur.
La concision nécessaire aux médias Internet ne permet généralement pas d'apporter les nuances qui sont la marque des gens cultivés. Qu'importe il faut vivre avec un temps où l'échange massif des idées compense largement l'enculage de mouches..


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personnellement, je contribue a différents échanges épistolaires sur différents médias héxagonaux dont médiapart, slate.fr, lemonde.fr, occasionnellement l'express, et actuellement le forum de l'émission riposte france 5 pour lequel je croise le fer concernant le FMI et la phrase du général de gaulle " notre époque reflète un si grand désir d'être heureux et une si grande incapacité à l'être " me semble aujourd'hui considérablement s'affirmer dans la contradiction observable entre l'innombrable quantité d'espaces virtuels ou l'on peut débattre s'exprimer sur tout, le temps qu'il fait et l'age du capitaine, sans jamais avoir l'impression d'être réellement convié à s'exprimer et que cette volonté de débattre et d'user de notre capacité à communiquer et parfois étudier des questions de politique, de science, de société ne renvoit à une capacité des uns et des autres à en assumer clairement les enjeux. peut-être également cette définition de la démocratie inverse au totalitarisme : le totalitarisme c'est tais-toi, la démocratie c'est cause toujours " il est certain que l'homme contemporain ainsi que l'homme n'a jamais eut de cesse de s'interroger sur les conditions de son existence et que l'ensemble de nos différents moyens de s'exprimer et de parler entre nous à la façon d'un complot communiste sur internet appelle fatalement à vouloir répondre aux grandes questions de l'existence dont le bonheur aujourd'hui et une évaluation de son niveau de répartition se pourrait être un repêre tangible pour valider le niveau de liberté de notre modernité, dont peut-être à la façon dont s'échaffaude une certaine prise de conscience malgré tout au sein des médias aménera fatalement à un monde nouveau espérons le moins opaque et plus juste. que des idées nouvelles et enthousiasmantes puissent naitre de ces différents débats au sein de l'ensemble des échanges sur les réseaux grace à une réfléxion conséquente serait une manière visionnaire de réinventer la démocratie et d'en faire à nouveau une belle idée pour l'avenir.
Intervenir sur Internet es qualité de rien du tout donner son avis sur tout et n'importe quoi, est assez déroutant. Est ce utile socialement? Oui je le pense. Nous voyons naître une société en réseau d'un genre tout à fait inédit, faiblement hiérarchique qui ressemble beaucoup au réseau moléculaire tel qu'on peut l'analyser dans le fonctionnement du génome (ma spécialité professionnelle). Pour ce qui est du bonheur personnel, communiquer ses opinions, ses expériences, ses réflexions, est un exercice enrichissant qui procure un bonheur existentiel très agréable. pourquoi s'en plaindre...
Merci pour cette approche, Christian Paultre. Je crois désormais que les petits bonheurs de demain (pour nous ou autrui) se construisent sur les bases des petits bonheurs d'aujourd'hui. Serais-je épicurienne ? Pour reprendre la petite discussion que nous avons eu avec Jlamo sur le sujet de la construction collective de savoirs sur Mediapart, je redirais, cherchons les failles, celles où nous pourrons construire "quand même" dès aujourd'hui. Et ne cultivons pas le malheur quand nous le rencontrons. Apprenons à "passer", aussi. Pour avancer.
Votre référence à Epicure vient de retenir mon attention... Je ne connaissais pas la phrase du Général de Gaulle citée par jlamo:" notre époque reflète un si grand désir d'être heureux et une si grande incapacité à l'être ". Mais savez-vous qui a dit? "... L'homme soumis aux sentiments ne dépend pas de lui-même, mais de la fortune, dont le pouvoir sur lui est tel qu'il est souvent contraint de faire le pire même s'il voit le meilleur". Il s'agit du début de la préface de la quatrième partie de l'Ethique de Spinoza. La tentative de réponse de Spinoza est dans la fin de l'ouvrage. Je cite Spinoza car j'aime bien la filiation hédoniste que propose Michel Onfray: Démocrite, Epicure, Lucrèce, Montaigne, Spinoza, Nietzsche et bien-sûr quelques autres! Je lirai vos billets, moi qui franchis aujourd'hui seulement l'étape du premier commentaire. Merci à vous et à Epicure! Bon vent à votre blog.
Er bon vent (épicurien) à vos commentaires, Ray Gramond !
Epicure distinguait 3 formes de plaisirs. 1. Les plaisirs utiles et nécessaires (manger, dormir, boire) qu'il nous fallait toujours satisfaire. 2. Les plaisirs utiles mais pas nécessaire (faire l'amour, bien manger, parler,...) qu'il nous fallait assouvir occasionnellement. 3. Les plaisirs ni utiles, ni nécessaires (se goinfrer, le luxe (Rolex?) auxquels nous ne devions pas succomber!
. Je connais mal Epicure et j'apprécierais qu'un de nos experts veuillent bien en parler : j'ai cru comprendre que la réduction d'Epicure à la jouissance est fort inexacte et qu'il y avait une ascèse dans l'épicurisme. . jpylg
Tout à fait, mon cher jpylg. La lecture des textes qu'Epicure nous a laissé ne te prendre qu'une heure ou deux, tant cela se résume à quelques pages.j'ai sous les yeux, dans la collection "Philosophes" aux PUF, un petit livre d'à peine 100 pages (vie, œuvre et philosophie comprise) que tu pourras te procurer pour la modique somme de 200...anciens francs, à l'époque où je l'ai acheté!
Il ne s'agit pas de plaisirs "utiles" mais de plaisirs naturels et nécessaires. Ce qui frappe chez Epicure c'est cette "économie" dans le sens premier du mot qui parvient à faire beaucoup avec peu.
Hestia, Oui, autant pour moi: "naturel"s et non pas" utiles"! Mon esprit a dû tourner trop vite et déduire trop vite que ce qui était naturel était utile!!
. 200 AF ! . Ceci ne nous rajeunit pas. ! . 100 pages par ci, 100 pages par là et quelques euros recylés dans le commerce, pour ne pas mourir idiot... . Merci ! . jpylg
L'Horloge, soyez raisonnable. Vous savez bien que vous avez horreur des piqûres.
L'épicurisme, l'une des plus importantes écoles philosophiques de l'Antiquité., dont il ne reste rien: 3 lettres et une poignée de maximes. Pour les chrétiens Epicure était l'homme à abattre, ce qui fut fait et bien fait.. Athée convaincu il avait cette merveilleuse formule: " Le plus effrayant des maux, la mort ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, c’est nous qui ne sommes pas !"
je ne serais pas aussi formel sur l'athéisme d'Epicure...
« Et maintenant y a-t-il quelqu’un que tu mettes au-dessus du sage ? Il s’est fait sur les dieux des opinions pieuses ; il est constamment sans crainte en face de la mort ; il a su comprendre quel est le but de la nature ; il s’est rendu compte que ce souverain bien (le bonheur) est facile à atteindre et à réaliser dans son intégrité, qu’en revanche le mal le plus extrême est étroitement limité quant à la durée ou quant à l’intensité ; il se moque du destin, dont certains font le maître absolu des choses.[Lettre à Ménécée, 133.] - « Les dieux ne sont pas à craindre. » Pour Épicure, les dieux sont des êtres qui existent dans un état de béatitude permanent. Leur nature même fait qu'ils n'interviendront jamais dans la vie des hommes. Je partage le point de vue d'Hestia. On ne peut réellement parler de "l'athéisme" d'Epicure
Il y a de cela... Mais plus encore c'est d'être un Dieu parmi les hommes que la philosophie épicurienne nous conduit à être. Epicure ne dit jamais que les Dieux n'existent pas mais qu'ils ne sont pas à craindre et que cette crainte est le résultat des opinions fausses des hommes à leur encontre. Il existe un bel ouvrage d'André-Jean Festugière "Epicure et ses dieux" (PUF) qui décrit sa relation au divin et démontre la religiosité épicurienne. "Les Dieux d'Epicure étant sans trouble comme le sage, ne prennent point souci des affaires humaines".
Oui Hestia...nous sommes bien d'accord...nous disons la même chose
On peut même se poser la question de savoir pourquoi Epicure a recours à l'existence des Dieux. Son système physisque devrait pouvoir s'en passer. Mais en fait il s'agit de comprendre que les Dieux d'Epicure sont "les plus beaux produits du hasard" (Jean Salem - L'atomisme antique) et en cela ils sont un modèle de perfection auquel il faut se rendre semblable. D'autre part chez Epicure rien ne naît de rien. Autrement dit il faut bien qu'il existe un modèle sur lequel prendre appui même si celui-ci se compose et se décompose en permanence. "Car les Dieux sont : en effet la connaissance qu'on en a est évidente" (Lettre à Ménécée - 123).
Il ne me semble pas qu'Epicure ait "recours à l'existence des Dieux". J'ai plutôt l'impression qu'il réagit à cet égard de la même façon que le fondateur du bouddhisme: une sorte d'indifférence à la fois tolérante et circonspecte. On n'est pas dans la problématique du rasoir d'Occam. On est encore dans un monde merveilleux où il n'est nullement nécessaire de faire la chasse aux hypothèses inutiles. Si des animaux sauvages (mais inoffensifs) viennent faire un tour dans le jardin d'Epicure, ils sont les bienvenus...
indifférence ? je ne crois pas, il y a une théologie épicurienne où le divin prend tout son sens. Si vous voulez dire que ses Dieux ne sont pas ceux de la religion populaire c'est sans doute vrai. C'est plutôt l'émerveillement qui est laissé au vulgaire, la religion populaire et toute sa fantasmagorie... L'impiété pour Lucrèce par exemple ce n'est pas ne pas croire aux Dieux mais leur prêter les opinions fausses de la foule. Mais il y a bien un système philosophique atomiste dans lequel la religion et le divin a toute sa place. Il faut regarder de plus près la physique des atomes pour s'apercevoir ainsi qu'on nous propose une théologie matérialiste avec des Dieux paresseux et bien peu préoccupés des affaires de la Cité. En fait Epicure remet les Dieux dans l'Olympe, il leur redonne un statut divin contre une religion un peu trop mercantile qui attend des Dieux qu'ils s'occupent des affaires personnelles de chacun. Quand je parle de "recours", il s'agit en fait d'expliquer la fonction de ces Dieux épicuriens dans le système de la philosophie du Jardin car si le monde est composé d'atomes on ne voit pas pourquoi des Dieux présideraient à sa création. C'est ici qu'intervient la notion de prolepsis (prénotion) qui est un principe fondamental de l'épicurisme.
J'ai fait la connaissance d'Epicure quand j'étais au Lycée (en Belgique on dit Athénée, un mot que j'aime bien!). Sa courte, très compréhensible et simple lecture m'a emballé. Elle correspondait à des choses que, confusément en moi, je percevais. Depuis, j'ai fait de l'épicurisme (le vrai) ma philosophie de vie. Je n'ai plus jamais eu l'occasion de vouloir remettre en question cette philosophie. Elle m'a aidé à me débarrasser un peu, si c'est possible, de cette très lourde culpabilité face au plaisir et du corps dont un bain permanent de catholicisme m'avait imprégné. Sa vision de la mort, quand on y adhère et ce n'est pas si facile, vous apporte beaucoup de paix intérieure...ce qui vous permet de jouir d'autant plus de la vie! Rien que pour cela, je me sens redevable d'une extrême reconnaissance vis-à-vis d'Epicure. Qu'hommage lui soit ainsi et ici rendu!
Il n'y a pas que Dieu, la mort chez Epicure, il y a aussi cette idée devenue très moderne:" nous ne pouvons maîtriser que nous même et n'avons pas la possibilité de refaire le monde. C'est pourquoi l'idéal d'Épicure favorise les petites communautés d'amis se protégeant de l'irrationalité du monde. Il faut se méfier, par conséquent, des grandes entreprises politiques". Transposé dans une problématique contemporaine cela donne: il faut désormais s'organiser en réseaux multiples faiblement hiérarchique avec comme seul objectif exister, plus besoin de projets politiques grandiose, la seule fonction du politique est alors de garantir le bon fonctionnement du réseau. Chaque élément du réseau, construisant son bonheur existentiel au sein des multiples groupes aux quels il appartient, permet des équilibres dynamiques nouveaux et l'ensemble du réseau se met à fonctionner de façon magique. C'est ce que l'on observe dans les réseaux moléculaires des systèmes vivants et ça marche. La preuve, je suis là pour vous en parler.
Je suppose que par élément du réseau vous entendez l'individu "être moral" de Louis Dumont ?
Superbe, excellent, merci Christian pour le lien,
mais vous allez faire fuir tous les habitués de la défaitisme-attitude (autrement dit tous les Français qui ne sont pas lobotomisés par TF1) avec cette insistance sur "le bonheur"
(alors qu'ils n'aiment à longueur de fils, que se complaindre ou se regarder le nombril).
Puis-je suggérer une autre approche?
Il faudrait peut-être, pour réfléchir, partir sur une base du genre "on n'est pas heureux"
(dans le système actuel),
et "comment pourrions-nous faire pour être moins malheureux..?
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Ségolène Royal? Eva Joly?
(ce sont des noms de femmes qui viennent spontanément à l'esprit, quand il s'agit de réfléchir à l'idée si importante que je tente maladroitement d'exprimer dans ce fil
http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/261110/comment-reconcilier-les-sciences-et-la-culture-la-france-en-57eme-position
à propos des Règles du Jeu?
Il nous faut comme projet de vie, projet de société, moteur pour notre espoir, envie de vivre positivement et NON vivoter dans la peur permanente et dans la déprime institutionalisée (et médicalisée),
il nous FAUT réinventer la notion qu'il y a un jeu,
et que c'est en jouant ensemble en respectant les règles du jeu,
qu'on retrouvera un cercle vertueux pour nos vies (et nos économies etc etc etc).
Retrouver le sens que le Jeu, actuellement, est perverti par des tricheurs,
et que c'est ces tricheurs qui ont rendu le jeu impossible, injouable, perdant pour tous sauf pour eux qui violent les règles.
Les tricheurs sont: banques, financiers-voyous, et leurs valets les politiciens professionnels qui façonnent de plus en plus ouvertement le monde et les "règles" perverties, dans l'intérêt unique des tricheurs et de leurs propres carrières personnelles de politiciens professionnels.
Le jeu finalement c'est du lien social civilisé.
Dans une société très individualiste où nous vivons dans la promiscuité des métropoles on a un vrai besoin de civilité.
Un lien social riche et apaisé avec respect de l'autre est un objectif politique clair qui va dans le sens du bonheur d'être ensemble .
Le problème des tricheurs.et voyous institutionnels se traite à un autre niveau:
D'abord par un meilleur fonctionnement démocratique grace à la liberté de l'information et de sa diffusion, une meilleure règlementation des fonctions électives (cumul des mandats, contrôles financiers) .
Pour qu'un élu se représente il serait bon qu'au préalable il y ait un vote chargé de dire si son bilan mérite qu'il se représente. On éviterait cette cuisine qui mélange bilan programmes et arrangements politiciens.