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De quoi Cahuzac est-il le nom ?

L’affaire Cahuzac, parvenu au stade des aveux, pose une question vieille comme la démocratie, qui est celle du discours vrai… La question de la vérité, du parler vrai, ne saurait se réduire à sa dimension morale, comme semblent le croire la plupart des commentateurs. On ne saurait non plus attendre de la justice qu’elle l’épuise par un jugement. Ce n’est pas en tous cas en ces termes que l’affaire Cahuzac la pose, mais en des termes politiques. Ce n’est pas un mensonge privé, ce n’est pas un mensonge dicté par des circonstances particulières, c’est un mensonge en situation, en l’occurrence, devant la représentation nationale.

On peut s’interroger sur les motivations qui ont conduit un ministre de la République, à mentir avec un tel aplomb devant le Parlement. Est-ce pur cynisme ou le rôle du Parlement est-il à ce point dévalué dans l’esprit même de ses représentants que le parjure serait sans conséquence? Est-ce un effet de cette tacticalisation de la loi dont parlait M. Foucault qui tracerait un autre partage de la vérité et du mensonge ?

Pendant la campagne électorale de 2012, tous les candidats se sont prononcés pour un discours de vérité. A Villepinte, Nicolas Sarkozy a même raconté l’histoire de sa conversion à la vérité. Cette fois, il ne prétendait pas avoir changé comme en 2007 mais avoir « appris ». "Je vais être critiqué, attaqué mais je m'en moque car j'ai dit la vérité. » Celui qui en cinq ans avait le plus contribué au discrédit de la parole publique ne craignait pas d’affirmer : « Il est temps de dire les choses telles qu'elles sont pour rendre la parole politique crédible dans notre pays." Avant de conclure son discours par ces mots : "Nous avons deux mois pour faire triompher la vérité." Nicolas Sarkozy proclamait: « Il faut "que l'on dise la vérité aux citoyens (qui) ne sont pas des gogos». Ce qu’il s’agit de dire aux citoyens « qui ne sont pas des gogos», c’est qu’on les appelle à l’effort bien sûr. La Vérité est l’autre nom de la Rigueur, le masque de l’Austérité L’euphémisation de la Crise. Inutile d’invoquer Churchill pour rappeler que le « parler vrai » des hommes politiques fleurit par temps de guerre ou de crise. Celui de Michel Rocard date de la fin des années 1970, après le double choc pétrolier. Celui de N. Sarkozy de la crise de 2008.

François Hollande n’a cessé de le répéter depuis dix mois. Derrière le devoir de vérité se cache l’injonction aux sacrifices. F. Bayrou bénéficie d’une sorte d’antériorité puisque dès 2002, son affiche de campagne de campagne proclamait déjà: « La Vérité, une Idée Neuve »… Manuel Valls en digne successeur du « parler vrai » de Michel Rocard ne cesse d’évoquer ce "besoin criant de vérité, de transparence" dans l’opinion. Pendant la campagne des primaires en 2012, il ne craignait pas d’affirmer: « Par mon discours de vérité, je suis convaincu d'avoir fait bouger le centre de gravité de la gauche», une gauche sans doute trop encline selon lui à lui préférer le mensonge ou l’ « illusion ». Le problème c’est que Jérôme Cahuzac était jusqu’à hier l’un des représentants les plus éminents de cette gauche de « vérité ». Son pedigree politique, de Rocard à DSK, ne laisse aucun doute.

Le problème c’est que les français restent de marbre devant une tel étalage de la vérité. Jamais la confiance dans la parole publique n’a été aussi faible. Selon une étude Ipsos de février 2012, un Français sur deux considère que "la sincérité des femmes et des hommes politiques" s'est dégradée au cours des deux dernières décennies ». Ce n’est pas l’aveu de Jérôme Cahuzac qui va les faire changer d’avis.

Platon affirmait que les régimes politiques avaient une voix propre (phôné). « Tout Etat qui parle son propre langage vis à vis des dieux et des hommes et agit conformément à ce langage, prospère toujours et se conserve, mais en imite-t-il un autre, il périt.» Mais comment parler vrai ? Est-ce seulement une question de sincérité comme semblent le dire tous les candidats en campagne ? Evidemment non.

Le « parler vrai » en démocratie pose de redoutables problèmes et exige que soient réunies plusieurs conditions que Michel Foucault a détaillées dans son séminaire sur la parrêsia (le franc parler, le parler vrai). « Condition formelle : la démocratie. "Condition de fait : l’ascendant et la supériorité de certains. Condition de vérité : la nécessité d’un logos raisonnable. Et enfin condition morale : c’est le courage, le courage dans la lutte.». Le parler vrai n'est donc nullement le produit de la bonne volonté de celui qui parle, de sa sincérité et de sa droiture, mais la synchronisation de conditions juridiques, rhétoriques, éthiques, politiques… C’est pourquoi lorsque ces conditions ne sont pas réunies, on peut parler d’une « mauvaise parrêsia » que Foucault a observée au tournant du cinquième et du quatrième siècle à Athènes. Que s’est-il passé à ce moment là pour que la parrêsia soit pervertie. N’importe qui peut parler. Les critères de cette parole ne sont plus la véracité, l’intention de dire vrai, mais le besoin d’exprimer l’opinion la plus courante qui est celle de la majorité. Elle ne s’exerce plus sous la forme de la joute et du débat, du dissensus, qui exige du courage mais sous celle du consensus, de l’opportunisme. « Le dire-vrai s’efface alors dans le jeu même de la démocratie». Une situation qui rappelle furieusement nos démocraties.

Il ne s’agit donc pas d’incriminer tel ou tel individu qui aurait pour d’obscures raisons choisi de mentir mais d’interroger les conditions formelles, juridico-institutionnelles, mais aussi éthico-politiques, d’une certaine exigence du parler vrai. L’affaire Cahuzac n’est pas seulement un symptôme de la corruption toujours possible des élites, elle est la mesure de notre régression démocratique. C’est la scène d’une cérémonie cannibale où se joue l’autodévoration du politique et ses nombreux symptômes : la faiblesse des contre pouvoirs, l’isolement et le courage de ceux qui les ont défendus pied à pied, le pouvoir corrupteur des lobbys, le rôle des communicants dans la perversion du débat public et leur immersion dans l’appareil d’Etat, les difficultés d’une délibération sereine à l’âge du sarcasme numérique et de la performance télévisuelle qui érigent l’interruption et non le dialogue en règle formelle de débat, le consensus ironique en horizon éthique et non le dissensus, la conversation… De quoi Cahuzac est-il le nom, sinon d'un parti socialiste bloqué, clivé, désorienté, entre un programme qui est branché sur une rationalité néolibérale et des valeurs soi disant "morales" constamment prises en défaut… Selon un secrétaire national socialiste cité par Mediapart, Alain Bergougnioux, l’historien du PS affirmait récemment « que la situation ressemblait à 1992, entre le climat des affaires et la gauche qui patine sur l'économie et le social… Ça a mal fini pour nous… »

Tous les commentaires

03/04/2013, 13:31 | Par Oliv92

"interroger les conditions formelles, juridico-institutionnelles, mais aussi éthico-politiques, d’une certaine exigence du parler vrai" : effectivement, c'est ce qui choque le plus aujourd'hui. Comment a-t-il pu penser qu'il allait s'en sortir en mentant à tout le monde pendant des semaines? Dans quelle bulle vit-il? Quels conseils lui ont été prodigués ? Quelle voie de sortie avait-il imaginée ? C'est tellement énorme qu'on peut se demander s'il n'a pas été manipulé pour atteindre quelqu'un d'autre, Moscovici ou Ayrault par exemple. Et ce mensonge éhonté vient de quelqu'un présenté comme brillant, presque "le meilleur d'entre nous" comme Juppé en son temps.

03/04/2013, 14:26 | Par 2placesassises en réponse au commentaire de Oliv92 le 03/04/2013 à 13:31

Vraiment rien d'étonnant à ce qu'il ait pu penser "qu'il allait s'en sortir en mentant à tout le monde pendant des semaines" , puis qu'il s'en est fallu de très peu pour que ça marche ! Presque toute la classe politique derrière lui (y compris la droite), presque toute la presse et médias derrière lui ! Merci à Médiapart sans qui rien ne serait sorti, merci à F. Arfi (sa ténacité, son courage, sa compétence), à E. Plenel pour avoir écrit au procureur pour qu'un juge se saisisse de l'affaire, et enfin aux juges qui font leur boulot correctement. La démocratie ne tient qu'à un fil, et la corruption, les conflits d'intérêt ont encore un bel avenir !

03/04/2013, 19:13 | Par Brusseleir en réponse au commentaire de Jean-Christophe Marti le 03/04/2013 à 13:37

Lumineux.

Proposition pour l'action : interdire – au niveau de l'UE – la pseudo-profession de "conseil en communication", la rendre illégale, poursuivre en justice tous les conseillers et lobbyistes, supprimer les milliers de formations d'illétrés "communiquants", en commençant par celles créées au sein même des universités françaises (trahison de la vocation de l'Université : à l'université d'Avignon, la formation des "communiquants" et celle des "journalistes" est commune, sans que personne ne s'en émeuve).

Proposition au niveau du langage : traquer l'utilisation abusive et politiquement chargée du syntagme "communiquer" sans complément, comme dans la proposition suivante : "Nicolas et moi, nous communiquons beaucoup." ou "François et moi, nous communiquons sans cesse." Car, en effet Ch. Salmon, le langage n'est pas le synptome, il est la maladie.

03/04/2013, 13:41 | Par grain de sel

Une honte de choc....

03/04/2013, 13:59 | Par degadezo en réponse au commentaire de grain de sel le 03/04/2013 à 13:41

Et le choc de la honte....

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

03/04/2013, 13:58 | Par MGarand

 La situation serait semblable à celle de 1992 ! Oh non, et il ne s'agit pas simplement d'une question de degrès, on est dans un autre registre ... en 92 la droite était une alternative à la gauche et le fut, ... cette fois en sombrant le PS ne coule pas seul, il entraine la démocratie ... 

La réponse ne peut plus être, un changement de majorité au sein des mêmes institutions,  c'est un changement dans le cadre de nouvelles institutions, lesquelles seront soit issues d'une constituante, soit issues d'un ultime  déreglement de la 5 ème République.

Les républicains lucides n'ont pas le choix, pour éviter cet ultime déreglement, il faut prendre les devants et oeuvrer politiquemt pour une Constituante qui seule peut permettre une sortie par le haut (sur le plan de la démocratie) de la situation actuelle.

 

Si Hollande veut être le géant que E.TODD a cru pouvoir devnier en lui, il doit donner le calendrier de ce changement maitrisé de Constitution, pour que vive au plus tôt la 6 ème république : l'heure vient de sonner. Si Hollande ne l'entend pas, il sera le nain , dont TODD lui-même évoqué la possibilité en 2017. 

NB je crois qu'il va falloir relire "Après la démocratie" de E.TODD, à la lumière des événements actuels

03/04/2013, 14:03 | Par degadezo

Indignez vous, aurait dit Stéphane Hessel !

 

Et il y aurait tant matière à s'indigner....

03/04/2013, 14:18 | Par Yvan Najiels

La formule de Badiou "De quoi ... est-il le nom ?" s'exporte.

03/04/2013, 15:38 | Par Sylvain Lovefab en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/04/2013 à 14:18

Comme quoi le néo-maoïsme n'est pas autre chose qu'une opération de communication qui gagne en l'espèce en rendant ses concepts incontournables et flatteurs pour ceux qui aiment, qui s'aiment à les utiliser.

Bravo à Badadiou!

03/04/2013, 16:00 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/04/2013 à 14:18

Ouais, celui là, il aurait mieux fait de se taire. On n'a pas fini de se la taper!

03/04/2013, 17:10 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 03/04/2013 à 16:00

Lovefab et Bolo(ss) ouvrent leur bouge. Son nom : Porcherie (ici on pète et on rote).

03/04/2013, 17:46 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/04/2013 à 17:10

Je parlais évidemment de Badiou avec son "De quoi ... est-il le nom?"

Tu l'as pris pour toi, ma Louloute???

03/04/2013, 20:35 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 03/04/2013 à 17:46

CQFD...

03/04/2013, 17:10 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 03/04/2013 à 16:00

Doublon.

03/04/2013, 19:50 | Par variation

"La liberté d'opinion est une farce si l'information sur les faits n'est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l'objet du débat." (n. s, Hannah ARENDT, La Crise de la culture, Vérité et politique.)

03/04/2013, 14:19 | Par Yvan Najiels

.

03/04/2013, 14:25 | Par anco

Il y a, en effet, beaucoup de théatralisation, de dramatisation.....bref de com' encore et toujours.

Du bla-bla.

Hollande joue à nouveau "petit-bras". Aurait-il annoncer un ramaniement, un gouvernement de "choc" pour décisions de choc.....autre envergure que ces rustines et cris d'effroi !

03/04/2013, 14:30 | Par âge du faire en réponse au commentaire de anco le 03/04/2013 à 14:25

Ce ne sont que des rustines sur des véritables trous dans la Chambre haute.

Je souhaite voter pour une autre CONSTITUTION.

03/04/2013, 14:35 | Par Kaze tachinu

Le parler vrai n'est donc nullement le produit de la bonne volonté de celui qui parle, de sa sincérité et de sa droiture, mais la synchronisation de conditions juridiques, rhétoriques, éthiques, politiques…

+ d'analyse - de moralise, plutôt utile quand on entend le choeur des vertueux Innocent! de Copé à Le Pen, en passant par Désir ( cramponné, au nom du PS à des positions prises en défaut, démenties par les faits. )

03/04/2013, 14:57 | Par Bernard Gensane

“ De quoi Cahuzac est-il le nom, sinon d'un parti socialiste bloqué, clivé, désorienté, entre un programme qui est branché sur une rationalité néolibérale et des valeurs soi disant "morales" constamment prises en défaut ”

Tout à fait. Les socio-libéraux (Mélenchon les appelle désormais “ les Solfériniens ”) ont donné tout le pouvoir à la finance. Ils ne sont plus rien. Le pouvoir de Hollande est une coquille vide. Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une noix : Ayrault ?

03/04/2013, 15:56 | Par dianne en réponse au commentaire de Bernard Gensane le 03/04/2013 à 14:57

"ont donné tout le pouvoir à la finance"

Ah ces socialistes, alors, on n'en revient pas de les voir torpiller un système UMP aussi égalitaire et à la vocation sociale aussi puissante.

Dix ans de justice et de prise en compte des souffrances des plus fragiles, démolis en à peine un an par des socialistes désorientés.

Dix ans de peaufinage de services publics de qualité, de maintien de l'emploi par des patrons vertueux, de répartition équitable des profits... tout ça envoyé en fumée par des solfériniens vendus à la grande finance...

Encore, encore des belles histoires, Oncle Paul...

03/04/2013, 16:05 | Par Colza en réponse au commentaire de Bernard Gensane le 03/04/2013 à 14:57

A l'intérieur de la noix, il y a un pois sec qui fait toc-toc lorsqu'on l'agite...

Ca fait rire les enfants.

Notre système politique vient d'atteindre ses limites. Sans remise en question profonde ou plutôt sans tout changer, nous irons joyeusement vers le chaos. Hollande ne maîtrise plus rien.

Ca prend l'eau de partout, ce n'est plus un pédalo, c'est le radeau de la Méduse.

03/04/2013, 16:04 | Par Jacques Bolo

Beaucoup de blabla! Commencez d'abord par arrêter de faire des grandes phrases si vous voulez parler de vérité.

Franchement "régression démocratique" et tutti quanti... Vous débarquez sur la planète, ou quoi?

03/04/2013, 19:17 | Par Brusseleir en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 03/04/2013 à 16:04

De quoi "Bolo" est-il le nom ?

En imprimerie, le "bolo bolo", ce sont ces suites de caractères, de mots ou de phrases sans signification (souvent du latin) qu'on fourre dans les maquettes avant d'y intégrer du vrai texte.

Du "faux texte", autre syntagme.

04/04/2013, 11:55 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Brusseleir le 03/04/2013 à 19:17

Parler des mots (ou des noms), mais pas de phrases, pas de sens, juste de la bile déversée par des cons.

03/04/2013, 16:09 | Par punku

Il faudrait peut-être une immense manifestation pour qu'un certain nombre de mesures simples soient prises, dont la réforme de la constitution:

- pénalisation massive de la fraude fiscale et des paradis fiscaux,

- peines exemplaires pour les politiciens,

- pénalisation du mensonge,

- introduction de mesure fiscales de type américain sur l'imposition mondiale quel que soit le pays de résidence,

- interdiction absolue du cumul des mandats,

- nationalisation automatique sans indemnisation de l'actionnariat et avec sanction des dirigeants pour les banques en faillite,

- etc....

03/04/2013, 18:26 | Par Pizzicalaluna en réponse au commentaire de punku le 03/04/2013 à 16:09

Je plussoie ! Ce serait peut-être le moment de decendre dans la rue pour nous faire enfin entendre, au lieu de juste râler derrière nos claviers...

03/04/2013, 16:26 | Par daniel barreda

Collectif 1111 florensac:

Il n'y aura jamais de véritable démocratie sans un contrôle strict des élus. Or ce contrôle est impossible, une fois élu, l'individu se place au dessus. La seule manière d'y remédier est le non cumul des mandats et la durée limitée de celui-ci. Le citoyen se met au service de la communauté et reprend ensuite sa profession. Pas de carrière politique. Ainsi élu pour un temps relativement court, il n'aura pas le temps de tisser des liens douteux. 1111 quatre fois le chiffre 1, signifie: 1 élu, 1 mandat, 1 indemnité, 1 retraite.

 

03/04/2013, 16:46 | Par OLChantraine en réponse au commentaire de daniel barreda le 03/04/2013 à 16:26

En l'occurence, même si Cahuzac est aussi un "élu", c'est le ministre qui a fauté.

Le ministre n'est pas élu, mais nommé.

De plus il est du domaine de l'exécutif...

Aussi je crois que votre proposition, qui procède d'une vision a priori juste, a besoin d'être travaillée et affinée.

Même s'agissant des élus, il me semble qu'il faudrait probablement diversifier les applications de ce principe selon les mandats...

http://blogs.mediapart.fr/blog/olchantraine

03/04/2013, 18:33 | Par Pizzicalaluna en réponse au commentaire de daniel barreda le 03/04/2013 à 16:26

Et un referendum révocatoire de mi-mandat, comme dans cette dictature qu'est le Vénézuela ! Clin d'œil

Mais avec un gouvernement fauxcialiste ou de droite décomplexée, peut-être faudrait-il l'instaurer au bout d'un an !

04/04/2013, 01:04 | Par spiralou

Qu'est-ce que la vérité?

Qu'est-ce que la vérité quand les mots n'ont plus de sens?

Qu'est ce que la vérité quand les mots ne sont plus qu'un signal pour vendre un produit ou une politique ?

Qu'estce que la vérité quand les politiques n'écrivent plus leurs discours, des fois 3 par jour (confiés à des communicants).

Qu'est-ce que la vérité quand la politique devient une marchandise à force de slogans, de phrases de plus en plus courtes, pour devenir le concentré de l'information ?

Qu'est-ce que la vérité quand l'essentiel de cette communication s'appelle ACTION PSYCHOLOGIQUE  où la demie vérité, l'émotion, le mythe sous-jascent, provoquent le brillant et l'enfumage.

Pour terminer  je cite 2 phrases de mémoire : la première de Fabius dans les années 80 "Il faut dissocier l'emploi du travail salarié" et le fameux slogan de 2007 :" travailler plus, pour gagner plus". Formidable, génial ont dit les médias, BRILLANT? comme on dit. Il y a une  vérité dans chacune d'elles et pourtant... Le travail manuel, lié à l'effort, sans la machine ne nourrit plus son homme ; cela , c'est le fait. Quelles conclusions en ont tiré les politiques ...des subterfuges... Que l'on ait pu gagner une présidentielle avec ce genre de slogan (88 et 2007)  m'effraie.

03/04/2013, 16:52 | Par OLChantraine

La proclamation d'une morale de la vérité par Hollande fait un peu sourire.

A-t-il dit toute la vérité de la guerre au Mali?

A-t-il dit la vérité quand il a annoncé qu'il ferait réviser le traité Sarkozy-Merkel?

A-t-il dit la vérité quand il a annoncé qu'il réglerait les problèmes économique de la France par un "choc de simplification"...

A-t-il dit la vérité quand il annoncé "la guerre à la Finance"?

etc.. etc...

 

03/04/2013, 17:23 | Par alain chauvet

Christian Salmon continue (toujours à l'insu de son plein gré) à nous enfumer avec son "parler vrai" et son "discours vrai".

Comme si du côté d'une politique qui, à la demande du Capital, veut abaisser et le coût du travail et la capacité des exploités à s'y opposer, un "parler vrai" était possible. Comme si la politique qui se décide, depuis plus de trente ans, au plan de l'Etat, relevait en quelque manière de l'intérêt général. 

Salmon, vous n'êtes pas vous-même dans le parler vrai. La raison en est que ce que vous dites n'est sous-tendu par aucune politique qui ait à son principe autre chose que le monde tel qu'il est, et tel que l'Etat capitalo-parlementaire (de gauche et de droite) a vocation à en perpétuer la domination. 

 

 

03/04/2013, 18:49 | Par christian salmon en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/04/2013 à 17:23

"ce que vous dites n'est sous-tendu par aucune politique qui ait à son principe autre chose que le monde tel qu'il est, et tel que l'Etat capitalo-parlementaire (de gauche et de droite) a vocation à en perpétuer la domination.

Bravo! Vous avez tout compris! 

03/04/2013, 23:10 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de christian salmon le 03/04/2013 à 18:49

 

Dites moi ce qu'il en est chez vous d'une politique dont vous puissiez dire qu'elle est en vérité.

A l'épreuve de quelle vérité s'ordonne la politique, qui soit autre chose que son identification à l'Etat et à ses politiciens, tout aussi corrupteurs que corrompus.

Le temps est venu de séparer la politique de l'Etat.  Comme cela a été fait, en son temps, de l'Etat et de l'Eglise. De disjoindre ce qui relève réellement de la politique de ce qui n'a pour visée que le pouvoir de l'Etat. Que cet Etat soit dit républicain, parlementaire, démocratique ou encore socialiste...

 

03/04/2013, 18:51 | Par Juliette BOUCHERY en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/04/2013 à 17:23

La question est un peu plus large que les 35 dernières années, non ? Le billet interroge la parole politique en général, pas particulièrement l'Europe d'aujourd'hui. Ou plutôt il fait ressortir le mécanisme qui fait que les dirigeants de l'Europe actuelle ne disent PAS la vérité. 

03/04/2013, 20:17 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Juliette BOUCHERY le 03/04/2013 à 18:51

"la parole politique en général" ça ne veut rien dire, si ce n'est pour l'enfumage.

 La politique ce n'est pas de la parole (vrai ou mensongère). C'est le lieu conflictuel d'un acte de pensée qui fait ou ne fait pas décision collective du motif de l'égalité. Tout le le reste est baliverne. 

"Les dirigeants de l'Europe actuelle ne disent PAS la vérité".  Ayant à faire passer une politique de régression sociale, où voyez-vous qu'il puissent parler en vérité? 

La vérité ne peut en aucun cas être au principe d'une politique strictement ordonnée aux intérêts tout à fait particuliers et restrictifs du capitalisme. Ce ne peux être, de ce côté là, qu'entourloupe, rhétorique ficelle, abus, tromperie, corruption...

03/04/2013, 19:21 | Par Brusseleir en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/04/2013 à 17:23

Et si vous vous imposiez, M. Chauvet, une petite formation expresse à l'analyse de discours, hein ? On vous demande quand même pas de lire Foucault, ni Bourdieu (ça s'apprend et ça demande de la sueur), mais Barthes, pour commencer, c'est gentil, non ?

Une cuillère de linguistique avec et hop ! on devient tout de suite moins, disons pour rester poli, rigide. Vous verrez, ça fait du bien par où ça passe (le cerveau, en gros).

Bien à vous.

03/04/2013, 23:59 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Brusseleir le 03/04/2013 à 19:21

Je sens bien que ça vous gêne aux entournures ce que je dis.

Délassez vous avec Salmon.

Ayant fréquenté de près les auteurs que vous citez, je peux vous dire que les nommer ne suffit pas à les comprendre et à les utiliser à bon escient.

03/04/2013, 17:09 | Par guydufau

Au Parti Sorférinien, aux paroles mensongères s'ajoute les votes truqués

03/04/2013, 17:31 | Par mauwa09

Un politique ment dès le début de sa campagne électorale.

Cela devient une habitude et peut-être ne le sait-il plus lui-même;

 il se croit lui-même et il est capable de dire quelque chose de différent quelque temps après; il s'adapte à l'auditoire et dit +/_ ce que celui-ci veut entendre;

 ce qu'il a l'intention de faire, il ne le dit pas, au nom du réalisme politique ou autre prétexte...

Il devient hypocrite, il y a ce qu'on dit et ce qu'on fait, main droite et main gauche bien séparées, ici plutôt cerveau droit et cerveau gauche

Le remède, s'il existe, est peut-être d'empêcher la transformation d'un humain "normal" (avec des qualités et des défauts) en un menteur professionnel (limiter la durée des mandats ? le cumul ?...)

03/04/2013, 21:13 | Par guytou

bonjour à tous  , je suis en train de me frapper les journaux de  Canal  , eh ben meme le petit journal a les boules contre Médiapart  , et il me vient un conseil à ces gens ,  les gars , à force de faire des grands écarts en plein effort , vous laissez des traces sur le parquet , faites gaffe là , ça commence vraiment à se voir (j'ai fait pas mal de danse) .   Canal plus , ou comment se la jouer décalé en étant à mort du coté du manche . Sinon Mr Arfi , comment arrivez vous à rester aussi zen face à des gens pareils ? On sent que la machinerie est en place , la façon de couper la parole , le choix des intervenants , quelques clients sérieux et d'autres plus fragiles (pauvre Eva Joly...). Mr Arfi , votre façon de vous placer dans ce contexte , c'est une leçon ,voire une piqure de rappel (il fallait voir Gandhi parler aux journalistes anglais )

03/04/2013, 22:29 | Par guytou

Médiapart fait ch... tout le monde , et c'est bon signe . Mediapart oblige les betes à sortir du bois .

04/04/2013, 01:24 | Par arjuna

Cahuzac est simplement un révélateur. Un révélateur du mensonge politique ambiant.

Tous les politiques en situation de gouverner, agissent contre les intérêts du peuple dont ils sont les représentants et dans les intérêts d'une toute petite oligarchie, en jurant la main sur le coeur que "oui c'est dur, mais il n'y a pas d'autre politique possible". Et en nous regardant les yeux dans les yeux!

Encore lorsqu'il s'agit de la droite, mandataire patentée des grandes fortunes, pour être trompé, il faut vouloir se tromper soi-même. Comme disait un gaulliste historique, "les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent!"

Mais quand il s'agit de la gauche sociale démocrate, le mensonge devient consubstantiel à la posture politique. Tout le monde aura remarqué que F.Hollande s'est fait élire sur un programme de rupture avec le sarkozisme - le changement c'est maintenant - pour pousuivre la même politique; disons une politique Merkel-compatible. Et pour justifier celà il n'aura pas eu besoin - comme Mitterand en 82 - d'une attaque des marchés financiers ou d'un affrontement public avec Merkel. Non, pas plus tôt élu, il est devenu tout naturellement le meilleur amis des banquiers et le porte coton de Merkel.

C'ets bien là que se situe le plus gros mensonge. Un mensonge tellement énorme qu'il finit par passer inaperçu. "Oui, je me fais élire sur une politique pour en appliquer une autre. Et alors? Je fais de la politique réaliste, je ne suis pas un tribun, un rêveur, un utopiste."

J. Kahuzac n'est certainement pas un rêveur utopiste, lui. Les affaires sont les affaires et un euro d'économiser sur le fisc, c'est toujours çà de pris. C'est bien pour çà que toute la classe politique l'encensait. Un modèle. Un modèle à deux faces, comme les pièces de monnaie. Une face pour imposer au peuple de se serrer ceinture et l'autre face pour s'enrichir. A ce jeu là, J. Kahuzac était un vrai champion et s'il n'avait pas rencontré un champion du journalisme d'investigation sur son chemin sa carrière et sa fortune était assurée.

Finissons en avec le dernier mensonge. Pourquoi nos politiciens font-ils carrière dans la politique? Les affaires de ces dernières années l'illustrent amplement. 

Une fois que l'on a remisé au placard les grandes motivations idéologiques - la défense du bien public, la classe ouvrière, la lutte pour le socialisme, l'avenir de l'humanité...- les motivations des politiciens de carrière - du moins ceux qui s'accrochent assez pour réussir - tiennent en trois mots: le pouvoir, l'argent et le sexe. Comme disait Cesar qui s'y connaissait: "celui qui a le pouvoir a l'argent et celui qui a l'argent a le pouvoir". Quant au sexe, les affaires récentes nous ont appris qu'il avait partie lié avec les deux précédents. Cahuzac faisait carrière, tout simplement, comme tous les autres. Voilà pourquoi ils ne l'ont pas soupçonné. Soupçonné de quoi d'ailleurs?

Aucun d'entre eux n'a pu imaginer qu'un homme aussi habile, aussi intelligent se fasse prendre la main dans le sac comme un gamin. Et vienne demander pardon en plus! On croirait un feuilleton télévisé à l'américaine. Pour ses pairs, se faire prendre, c'est la seule faute de Cahuzac; impardonnable celle là, car elle les compromet tous, y compris les amis de Marine Le Pen.

Dix ans au pays du mensonge déconcertant. C'est ainsi qu'un opposant au stalinisme avait intitulé le récit de son expérience dans l'ex-URSS. Nous pourrions reprendre ce qualificatif pour nos démocraties représentatives. En effaçant la lutte des classes de nos programmes politiques alors qu'elle est appliquée avec vigueur par les privilégiés du système, nous vivons nous aussi au pays du mensonge déconcertant. L'omission de la lutte des classes, c'est le mensonge qui est la source de tous les autres!

Pour en sortir, il faut une véritable révolution copernicienne, visant à refonder la politique sur des bases principielles. La démocratie c'est le pouvoir du peuple, pas d'une caste d'oligarques. Et les hommes politiques qui se disent de gauche doivent défendre becs et ongles les intérêts du peuple contre les oligarques. A partir delà, le débat politique à gauche pourrait repartir sur de nouvelles base.

Ce qui ne veut pas dire que tout serait réglé d'un coup de baguette magique en revenant à une politique de classe. Loin de là. Mais à l'étape actuelle, il n'y a rien de plus urgent que de dénoncer ce mensonge paralysant répété à l'unisson par ceux qui veulent à tout prix empêcher les classes populaires de défendre leurs intérêts. Pas de souci pour les oligarques, la lutte des classes ils pratiquent tous les jours, à leur profit.

F. Hollande n'est à l'évidence pas l'homme d'une telle révolution.

04/04/2013, 11:40 | Par Pizzicalaluna en réponse au commentaire de arjuna le 04/04/2013 à 01:24

Très bonne analyse.

Venant d'un Sarkozy, cette politique ultralibérale entraînant austérité et misère pour le peuple est attendue, mais venant d'un Hollande se proclamant socialiste (du moins jusqu'au 28 mars 2013 !), c'est une trahison.

Le chef de l'Etat n'étant responsable devant la justice que pour "haute trahison", livrer son pays et son peuple à son ennemi ("La Finance"), n'est-ce pas une "haute trahison" ?

A quand un referendum révocatoire de mi-mandat, comme cela existe dans cette dictature qu'est le Vénézuela Clin d'œil

Néanmoins, il fallait être vraiment crédule pour croire que Hollande ferait une politique de gauche. Son orientation ultralibérale, son intention d'anéantir les acquis sociaux, derniers remparts contre l'hégémonie de la Finance, était connue depuis bien avant les élections, et il s'est entouré d'experts en la matière pour y parvenir :

"Tromper le peuple français" et casser le "fameux CDI". Voilà le plan de bataille des marchés en cas de victoire de François Hollande. Nicolas Doisy, "chief economist" du « premier broker indépendant en actions européennes » nous le révèle en exclusivité" : http://www.fakirpresse.info/Le-plan-de-bataille-des-marches-la.html

Quant à M. Cahuzac, avant de sortir avec la morgue inhérente à sa caste son insanité face à M. Mélenchon, il aurait dû écouter un de ses pairs :

“There’s class warfare, all right, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning.”
Warren Buffett, 26 novembre 2006
"Il y a une lutte des classes aux Etats-Unis, bien sûr, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous gagnons." Et pas qu'aux Etats-Unis !

 

04/04/2013, 07:30 | Par Muriel Thirion

Histoires de communication. Vous savez, les spécialistes. Ceux qui dénaturent le langage. Ceux qui sévissent dans les entreprises. Et qui se répandent comme une épidémie. Qui font croire que les mots de "vérité", de "confiance" ... ont d'autres significations. Les mots deviennent des outils au service de la persuasion, comme un message publicitaire. Il s'agirait de répéter le mot "vérité" 20 fois dans un discours pour qu'il apparaisse comme vrai. Tout comme "regarder quelqu'un droit dans les yeux" serait un gage de vérité? Pfff...

04/04/2013, 09:43 | Par St-Ethique-slam

En situation, il ne faut pas confondre un discours de vérité et le discours politique se prétend toujours tel avec un effet de vérité ; par exemple : si je dis : "qu'ils s'en aillent tous"!, "place au peuple", "les salopards qui nous gouvernent" ce ne sont pas des vérités mais, en situation, ces paroles ont un effet de vérité.

04/04/2013, 13:59 | Par alain chauvet

La politique du mensonge est inhérent au capitalisme qui, alors qu'il est au principe d'intérêts tout à fait particuliers, source d'inégalités, doit se faire passer (via les politiciens) comme bon pour tous. Il est sans universalité. Incapable de répondre aux besoins de tous. C'est un système défaillant (bien que suffisant) et cynique. 

Avec le capitalisme, et l'Etat qui en assure et en légitime la domination, la richesse se fait de façon structurelle, fondamentale, au détriment de ceux que son mécanisme d'exploitation et de profit subordonne, exclut, marginalise ou tout simplement détruit (penser au chômage mais tout autant à la guerre, ainsi qu'à la stigmatisation des plus pauvres).  

La richesse générée par le capitalisme coûte beaucoup de destruction. Il est temps de s'en débarrasser. Ainsi que de la logorrhée démocratique déversée par le discours étatique (relayé et relancé par les Médias) qui le couvre et nous enfume.

 

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