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Bookcrossing (jour1)

Vous en avez forcément déjà entendu parler — ça buzze sur les réseaux sociaux et Livres Hebdo vient de consacrer un article au phénomène —, l'artiste américain John Locke (ni l'auteur de Law of nature ni le personnage de Lost) transforme des cabines téléphoniques de Manhattan en bibliothèques.

Projet génial qui recycle un mobilier urbain tombé en désuétude à l'ère des portables et favorise une circulation du livre... En effet si l'artiste a d'abord meublé ces nouvelles bibliothèques de rue avec des exemplaires de ses propres livres, rapidement les habitants du quartier ont apporté les leurs, emprunté des exemplaires, fait des échanges. De quoi initier de nouvelles pratiques de la ville, conformément au projet général du DUB, 'department of urban betterment'. Évidemment, il y a aussi eu des dégradations, des vols, etc. Mais je préfère mettre l'accent sur l'utopie.

Et quand on sait que Manhattan compte 13 659 cabines télépho(anachro)niques...

Un projet qui rappelle celui de l'anglais James Econs, transformant les iconiques cabines rouges en "Phoneboox" :

On pense aussi au Book Bike de Gabriel Levinson à Chicago :

 

Et cela évoque, plus largement, le phénomène international du Bookcrossing, qui consiste à abandonner un livre dans un endroit public, charge à celui qui l'emporte d'à son tour le poser ailleurs pour d'autres. Le livre passe de mains en mains, de lieux en lieux. Une chaîne dont le livre est le seul maillon.

On s'inscrit gratuitement sur le site Bookcrossing (presque un million de membres, 300 nouveaux chaque jour, 4 millions de livres enregistrés) pour publier des commentaires sur le livre, et, surtout, obtenir un BCID (BookCrossing ID). On indique le BCID sur le livre avant de le laisser sur un banc public ou une terrasse de café. Quant au « bookcrosseur » (celui qui trouve un livre), il va sur le site, indique que le bouquin a été trouvé et l’endroit où il se trouve.

Les livres circulent et prennent l'air. Tant mieux !

Raison pour laquelle je viens aujourd'hui de m'inscrire sur Bookcrossing. Je vais "libérer" — terminologie Bookcrossing — deux livres que j'aime dans la semaine et les suivre. Je posterai de leurs nouvelles (si j'en ai !) dans ce blog.

Le choix a été difficile. J'ai un attachement quasi obsessionnel, en tout cas maniaque, à mes livres. Au point d'avoir un mal fou à les prêter (je préfère les offrir). Donc ce sont deux livres que j'aime. Dont je ne me débarasse pas (ce sont d'excellents livres). Que j'ai en double (sinon je n'aurais jamais pu). Un livre français, un américain, cela définit assez bien ce que je lis le plus. Bouquiner d'Annie François et Le Ministère des affaires spéciales de Nathan Englander, deux fétiches.

Ils sont là (photographiés avec l'exemplaire que je garde dans ma bibliothèque) :

Et bientôt dans la rue.

Tous les commentaires

28/02/2012, 17:39 | Par Christine Marcandier

Je viens d'apprendre qu'il est possible de procéder, aussi, à des "libérations contrôlées" (on n'abandonne pas le livre dans la nature, on le passe à un ami, un ami d'ami, en mains propres ou par la poste). Si un de ces deux livres vous intéresse : mp avec votre adresse, j'envoie aux deux premières demandes, par la poste. Seule exigence : vous poursuivez le voyage du livre ensuite.

28/02/2012, 18:16 | Par Jean-Louis Legalery

Etonnant et exaltant ! L'exact contraire de Farenheit 451.

28/02/2012, 18:40 | Par profil_inactif_121699

Non, je n'étais pas au courant mais l'idée est géniale !

Il existe un partage de fichiers via des clés USB dans les rues de Paris ou de Lyon.

http://blog.culturemobile.net/index.php/2010/12/15/538-cles-usb-paris-ville-art-p2p-fichiers-dead-drops

http://www.20minutes.fr/lyon/653728-lyon-des-cles-usb-murs-partager-fichiers

28/02/2012, 18:54 | Par Christine Marcandier

Oui, mais je suis très papier (pour les livres ;)

(Je profite de mon commentaire pour annoncer qu'il ne reste que le livre français — que j'adore et ai dû offrir à peu près une bonne vingtaine de fois — à crossbooker).

28/02/2012, 19:25 | Par Louise Fessard

En haut de la Canebière, la girafe Zarafa, toute entière de livres constituée, servait de borne de libre échange de livres. Jusqu'à son incendie en marge d'une parade de l'OM. La nouvelle Zarafa, plus massive, est parée pour résister à (presque) tout...

 

28/02/2012, 20:14 | Par Christine Marcandier

Place Léon-Blum, Zarafa III et son girafon Marcel par Jean-Michel Rubio - renaissance due au collectif ABC (Art Book Collectif). 

28/02/2012, 20:26 | Par Ysabeau

En français on appelle ça "circulivre". Cela fait des années que le système consistant à laisser des livres à portée de main ici ou là existe.

28/02/2012, 21:12 | Par Christine Marcandier

Je connais Circul'Livre. La différence, la seule, c'est le fait de suivre les étapes du voyage du livre sur le site internet (j'ai choisi celui-là, par hasard, il en existe d'autres). Certains livres passent les continents, c'est fascinant à suivre. Comme les commentaires que laissent les lecteurs.

En revanche, l'avantage avec Zarafa à Marseille, Circul'Livre ou d'autres associations qui font circuler les livres, c'est la proximité, les rencontres réelles entre lecteurs. Raison pour laquelle, j'ai proposé cette "libération contrôlée" sur Mediapart. L'idéal d'un Book Club (l'anglicisme en référence à l'édition littéraire du Club de Mediapart) élargi entre mediapartiens.

28/02/2012, 22:19 | Par Attentive

J'ai pris connaissance récemment d'une déclinaison du concept de crossbooking sur Bordeaux et Sarlat. Cela s'appelle la boîte à lire. Dans des boîtes en plexigrass transparent, des livres sont déposés pour échanges. Donner, recevoir..

28/02/2012, 23:28 | Par Christine Marcandier

Bouquiner part pour "la Scandinavie méridionale" où "les perce-neige pointent leur nez". Quand je parlais de Book Club médiapartien élargi, difficile de rêver mieux ;)

29/02/2012, 01:50 | Par Liliane Baie

J'avais entendu parler du principe et j'avais l'intention de le faire.

Parce que depuis plusieurs années, quand j'ai trouvé un livre important ou utile, je le rachète en double pour le faire circuler, en disant à celui qui l'a lu de le passer à un autre que cela intéressera.

C'est vrai que je ne sais pas ce que deviennent ces livres, après deux ou trois passages : j'espère qu'ils ne dorment pas sur des bibliothèques. La solution Bookcrossing me semble donc très pertinente.

En revanche, les cabines téléphoniques où nos amis les livres vont être soumis aux frimas, et, en particulier, aux gouttes de pluie, non, là, vraiment je ne peux pas...

29/02/2012, 08:28 | Par Christine Marcandier

J'ai "libéré" un livre à côté de chez moi hier soir (pas un de ceux évoqués dans le billet, un autre) et c'était ma grande angoisse : la pluie dans la nuit. Je vais déposer les prochains dans des lieux publics mais couverts.

Et comme vous Liliane, suivre les voyages de ces livres, c'est ce qui m'a séduite dans cette expérience. Par rapport au prêt (ou don) à des proches, que je pratique évidemment aussi. L'inconnu et le grand départ. Mais si des lecteurs de hasard aiment le livre au point de ne pouvoir s'en séparer, c'est séduisant aussi...

08/03/2012, 19:11 | Par Dominique C

J'en avais entendu parler depuis longtemps, mais vivant à la campagne je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de me livrer à cette activité. Mais vous avez réveillé mon désir, je vais essayer...

D'autant plus que je trouve un peu absurde de conserver des centaines de bouquins chez soi, alors qu'on ne les relira probablement jamais... Il y a quelque chose de fétichiste là-dedans.

Et d'ailleurs, j'en donne parfois à Emmaüs: revendus pour une somme modique, ils permettent ainsi à des gens de lire à moindre frais, et à Emmaüs de prélever quelques euros qui servent au fonctionnement de leurs projets divers et variés...

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