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25
May

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Essentialiste

Le débat sur l'identité nationale est une nouvelle preuve du besoin irrationnel de certains humains de tout essentialiser. Dans des domaines divers en fonction des pays mais avec un effet miroir intéressant.

L'essentialisme aux États-Unis est caractérisé par une montée constante du créationisme (une position scientifiquement hallucinante).

L'essentialisme en France est caractérisé par ce débat ne reposant sur aucun fondement historique.

Créationisme et Identité nationale sont deux faces du même processus d'essentialisation, qui se caractérise par un refus inexpugnable de la complexité des phénomènes réels sous-jacents.

L'identité nationale ayant encore moins de fondement aux États-Unis qu'en France, il est logique que les essentialistes du coin se soient rabattus sur le créationisme. A contrario, les religions étant en France en perte de vitesse, il est logique que les essentialistes du coin se soient rabattus sur l'identité nationale.

Chaque essentialiste rêve d'un monde sans complexité et appelle de ses voeux un programme scolaire sans introduction à la complexité.

D'où la position logique sur l'enseignement dans ces pays respectifs. Retrait des programmes de biologie aux États-Unis et retrait des programmes d'histoire en France.

Bizarrement, Alain Duhamel y voit une contradiction (http://www.rtl.fr/fiche/5931166146/la-polemique-sur-l-enseignement-de-l-histoire-en-terminale-s.html). Il est toutefois logique lorsqu'on essentialise le fait d'être français de réduire toute possibilité de voir combien cette position est historiquement ridicule.

Il y aurait peut-être une nouvelle pédagogie à introduire pour limiter ces vagues d'essentialisme : une introduction progressive et plurielle à la complexité en tant que telle dans le cursus scolaire en multipliant les échanges entre disciplines.

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En France aussi la biologie a été supprimée de l'enseignement de la filière générale: depuis plusieurs années en terminale L, pas de SVT, ni de physique, ni de maths ! Et même pas une compensation du type "histoire des sciences" . Ca n'aide pas à comprendre le monde, comme pour la section S à qui on supprime l'histoire. Mais est-ce une tentation "essentialiste" ou bien plutôt une dérive "utilitariste" ?

Difficile de différencier entre les deux.

L'utilitarisme ne pourrait-il pas être aussi un essentialisme ? Un essentialisme de fonction : pour être utile, spécialisations-nous. Phénomène à la base de tout apprentissage. Mais poussé à l'extrême, cela mène à l'utilitarisme (comme synonyme de fordisme).

Efficace dans un environnement (au sens large) constant. Mais très problématique quand celui-ci change et qu'il faut s'y adapter. Il faut alors le plus possible d'interconnections.

L'utilitarisme aura tendance à réduire les individus à leurs fonctions, à les identifier à leur fonction.

ça supprime la complexité de l'humain, ça permet de l'évacuer du travail, par exemple.

Et bien d'accord avec Dopsis, l'histoire des sciences, comme l'histoire géo (je n'ai pas dit, l'histoire des "grands hommes" !) aide à désacraliser les sciences.Et à fair ele lien avec les sciences humaines, qui elles, nous désidentifient.

 

 

Très intéressant.

Si vous permettez, je rajouterai à la tendance à l'expulsion de la complexité, le tendance à jouer habilement sur un mot : "identité".

Ce mot me paraît un piège. En même temps qu'on nous le balance avec cette histoire à la Besson (lui rajoutant l'adjectif "nationale"), le mot fait signe du côté de la "psychologie" : éprouver son identité, la fortifier, l'épanouir, bref tout le registre de la psychologie du "moi", avec son devenir comportementaliste (un des ses avatars étant le coaching).

C'est une façon, comme vous dites d'éliminer la complexité, et je dirais d'évacuer la question de l'inconscient : faire croire à chacun qu'il peut piloter son affaire, se fortifier, gommer l'inconnu de soi, être avant tout efficace.

" L'utilitarisme aura tendance à réduire les individus à leurs fonctions, à les identifier à leur fonction.", dit Fantie.

En vrac : on réduit l'enseignement de l'histoire-géo, on supprime les subventions aux lieux culturels, on apprend le management, on disqualifie la psychanalyse, on parle en terme de "produits", etc ...tout ça va dans le même sens - l'hypertrophie de la toute puissance.

C'est une tendance forte de ces 20 dernières années. Non ?

Conception "in" de l'enseignement :

Si l'humain est un produit qui se gère, comme les autres produits capitalistes, on n'a plus besoin que des "matières" utiles aux techniques du managment (management des matériaux, produits, bestiaux, humains).
Et il faut éviter les "matières" qui dérangent le mangement et mettent du désordre dans les stocks. (démarche scientifique, imaginaire, rigoureuse, réflexive)

Sûr qu'on va mégrir de la tête, dans cet enseignement là, mais pas de n'importe quel côté !

Le plus bizarre avec cette conception "in" de l'enseignement, c'est que l'on a quand même le recul des dangers sur la santé du fordisme.

Je vous rejoins totalement sur ce point !

Postulat fort intéressant, je n'avais pas encore pensé ce débat en ces termes, mais il est vrai que la quête de dénominateur commun le plus étroit possible a quelque chose de forcément réducteur. Et que ce désir de tout "décomplexifier", de tout réduire, de tout homogénéiser pour mieux définir et mieux dominer est partout. Une manière comme une autre d'exclure les différences, d'annihiler la diversité, et de mettre en équation... rien moins que les humains. On est mal barrés !

On est quand même moins mal barré si on en est conscient.

Le tout ne fonctionne que si on l'accepte !

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