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Le système faussement égalitaire de l’école française

Le débat sur l’école en France est récurrent, passionnel et manque donc bien souvent de distance. C’est en lisant un petit livre bien impertinent et pertinent – On achève bien les écoliers – qu’il me prend l’envie de prolonger la démonstration…1. Un peu d’histoireL’école en France a une histoire marquée par de grandes avancées, donc par des lois. Bien souvent, on ne retient que les lois Ferry – obligation scolaire, gratuité, laïcité –, certes incontournables mais qui ne se comprennent bien que dans un contexte et un processus. Avant Ferry, il y eut la loi Guizot imposant la construction d’une école dans chaque village. Cette école n’étant pas publique, on parle moins de cette loi mais il faut quand même retenir le pas décisif vers l’alphabétisation de l’ensemble de la population en 1833.L’école de Jules Ferry fut longtemps considérée comme très satisfaisante tant que les enfants des campagnes, des ouvriers et des petits employés se contentaient du certif, donc sans penser au baccalauréat et encore moins à de possibles études. Le système était ainsi fait à l’époque que le lycée créé par Napoléon allait des plus petites classes jusqu’au bac pour les enfants des villes issus de familles aisées, tandis que l’école communale s’arrêtait bien vite pour des enfants qui ne pouvaient espérer dans le meilleur des cas que de poursuivre un peu en école primaire supérieure pour atteindre l’école normale et ainsi devenir à leur tour instituteurs – cela si leurs parents le permettaient.La société était donc scindée en deux : le lycée d’un côté, l’école de l’autre. La création du collège dans les années 1960-1970 a remis à plat le système puisque tout le monde suivrait la même voie progressive : l’école, puis le collège, enfin le lycée. L’égalité démocratique voyait le jour dans l’école française. Et depuis, nous baignons avec joie dans cet idéal démocratique que l’on croit réalisé. La seule remise en cause récurrente qui survient est celle concernant le collège unique. S’il y a bien un problème au niveau du collège, cela ne tient pourtant pas à son caractère unique.2. Tout a changé et rien n’a changéLe système français prône l’égalité républicaine, c’est-à-dire que chacun a la possibilité de réaliser le meilleur des parcours à l’école publique. Si le système est devenu ouvert à toutes les classes sociales, il est resté élitiste, c’est-à-dire qu’il vise toujours à dégager une élite : c’est un système pyramidal qui n’a jamais été réformé en profondeur. L’élève qui passe de l’école primaire au collège n’entre pas dans un établissement scolaire qui l’amènera à choisir en fonction de ses qualités et de ses aspirations le bon lycée pour lui. Il entre dans un collège qui n’est fait que pour le mener ensuite au lycée général : le collège unique est en fait un collège général qui reconduit en France la hiérarchie intellectuel/manuel. Donc, les élèves qui iront en lycée technologique et surtout en lycée professionnel seront considérés comme des élèves n’ayant pas pleinement réussi au collège, voire ayant totalement échoué. Quoi qu’il en soit, ils seront les premiers à ne plus pouvoir viser le haut de la pyramide.Le lycée général prépare au baccalauréat mais il ne prépare pas qu’à cela. Bien des parents et leurs enfants font du bac l’objectif majeur d’une scolarité, ils ne voient pas qu’ils seront victimes d’une seconde inégalité. En effet, pendant que certains se concentrent sur cet objectif, d’autres font en sorte d’engranger les meilleures notes et les meilleurs appréciations dès la classe de seconde, au besoin en ajoutant des heures de cours particuliers afin d’y parvenir, cela dans le seul but d’accéder à une classe préparatoire, le bac n’étant qu’un objectif de second ordre puisqu’il est déjà presque obtenu à force de travail intensif et n’attend plus que la mention « cerise sur le gâteau » d’un dossier d’élève doué et parfait. La grande majorité des bacheliers ira donc à l’université et l’élite dans les classes susdites. La pyramide se réduit considérablement puisque l’université est considérée comme la voie de l’échec à venir pour certains et celle en tout cas des élèves moyens…3. Les semblables ne sont pas des égauxLes élèves des classes préparatoires ne réussissent pas tous leurs concours d’entrée pour les grandes écoles, ils doivent souvent aller finalement vers l’université et, pour beaucoup, mieux s’épanouir par un travail plus personnel et plus mature que le bachotage auquel ils ont été soumis pendant deux ans. Mais les meilleurs des meilleurs – les homoioi (les semblables) de Sparte, cité oligarchique bien différente d’Athènes – intègrent diverses grandes écoles, pour certaines en place depuis la fin du 18ème siècle. Et là, on est en haut de la pyramide. Pour ces homoioi, les possibilités de carrière sont nombreuses. Certains – les normaliens de l’Ecole Normale Supérieure – passent l’agrégation avec une facilité déconcertante tant toute leur scolarité n’aura été qu’une préparation à ce type de concours. Ils peuvent alors se retrouver enseignant en lycée et même en collège où ils ne pourront évidemment pas saisir l’inégalité intrinsèque du collège unique général. Bien souvent, ils n’en restent pas là et peuvent choisir une carrière universitaire… c’est-à-dire qu’ils enseignent dans un lieu qui ne les a pas formés et qu’ils ont même dédaigné. Pour obtenir ce poste, ils passeront même, après un "petit" doctorat, devant des docteurs issus de l’université, déjà chercheurs aguerris, tant être normalien est un quartier de noblesse et tant l’agrégation un plus qui vaut bien des doctorats… Par exemple, on va préférer un normalien sur un poste d’histoire grecque à quelqu’un qui se sera formé à l’université, qui aura même ajouté à son cursus d’histoire une spécialisation en archéologie, et faisant fi de ses publications scientifiques dans des revues à comité de lecture. On va préférer l’élite formée dans le seul but d’être une « bête à concours » au chercheur habité par sa passion pour une discipline…Tout est fait pour le haut de cette pyramide, tout est fait pour que ça culmine. En termes d’exigence, c’est énorme. Tout le monde souffre dans un tel système, ceux qui peinent pour y réussir, ceux qui n’en sont pas « dignes », dès le collège pour certains, au lycée pour d’autres, en classes préparatoires pour les derniers recalés. Tout le monde souffre, y compris les enseignants pris dans une exigence de réussite uniquement basée sur le travail, les efforts – puisqu’on peut (et l’on doit) toujours mieux faire –, le sérieux, qui les empêche de faire leur travail avec toute la sérénité et la bonté requises dans un métier s’occupant d’enfants et d’adolescents : au lieu de se pencher durablement sur l’apprentissage, on remplit les têtes de programmes et c’est le dictat des notes ! Cette course en avant n’est faite que pour une minorité d’élus éloignés depuis l’adolescence (parfois depuis l’enfance) de la société normale – Anormale Sup fait la norme !4. Système inégalitaire et culture du stressCe système pyramidal fait le stress à l’école, qu’il s’agisse de celui des élèves comme celui des enseignants – et de plus en plus celui des parents –, mais ils fait aussi le mépris pour la formation professionnelle et même pour la formation intellectuelle à l’université – la France est le seul pays à avoir presque honte de son université… –, et crée la paupérisation de ses jeunes chercheurs – il faut être très motivé pour se lancer dans un doctorat aujourd’hui, surtout en sciences humaines, quand on sait la durée de ces études et le manque de perspective professionnelle puisque le docteur se verra concurrencé par des normaliens qui auront fait une thèse en un temps record sans que celle-ci soit pour autant un vrai travail de recherche (le normalien n’est pas recruté sur la qualité de ses recherches mais sur son cursus scolaire).La pyramide des âges de la France est aujourd’hui rétrécie à la base et gonflée en son milieu. La pyramide scolaire a à peu près la même apparence mais si l’espérance de vie n’est pas la même pour tout le monde, c’est encore plus vrai pour l’espérance scolaire. Et puis le but de la vie n’est peut-être pas de vivre le plus longtemps possible mais le mieux possible. Or, quelle réussite scolaire y a-t-il quand on n’a fait qu’obéir sans créer – comme suivre les cours austères de philo de la classe de terminale sans qu’on vous laisse la liberté de penser –, quand on a réussi sans choisir ? Car le conditionnement scolaire à la française fait parfois des gens bien malheureux, des gens qui ont subi une reproduction sociale si forte dans notre pays qu’elle n'est pas seulement dans notre culture mais plus encore dans notre système scolaire public.

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13/02/2011, 10:20 | Par Bernard Elman

Savez-vous ce que c'est d'être à la fois méprisé (pour la bonne cause) lorsque vous préparez les grandes écoles, et considéré comme l'élite de la Nation ?

D'être privé brutalement d'un certain nombre de qualités qui sont l'honneur des êtres humains, et de se sentir obligé de mépriser les autres ?

J'ai vécu cela quelques mois et je suis parti.

Combien de personnes qui subissent ce régime peuvent conserver une affectivité intacte ?

 

13/02/2011, 10:34 | Par samines

Depuis la fin du XVIIIème siècle, il est convenu de considérer que la naissance et l'education d'une élite ne peut se faire que sur l'échec de la majorité.

C'est étonnant comme on demande à cette même majotité de voter pour la construction de cette élite qui vit sur l'exploitation de ceux qui votent pour elle.

Le plus consternant, c'est que cela a fonctionné jusqu'à aujourd'hui. Pour un système parfaitement contradictoire, c'est une - triste - performance.

Ce système arrive en bout de course. L'obscurantisme n'a aucun avenir.

 

14/02/2011, 10:48 | Par Michel Adiche en réponse au commentaire de samines le 13/02/2011 à 10:34

La fin de ce système n'est pas encore arrivée, malheureusement.

Il ne faut pas dire que c'est fini ! Il faut expliquer cela à tous ceux que vous rencontrez. Et un jour on y arrivera.

Où est notre place Tarhire ? ^^

13/02/2011, 12:44 | Par Axel J

Une grande partie du blog de Etoile66 démonte toute cette mentalité élitiste depuis maintenant trois ans au Club de Mediapart.

 

Ce système napoléonien, puis napoléonien, d'Éducation à la française est conçu pour sélectionner une Elite, et pour soumettre tout un peuple infantilisé et brisé, en un servage qui ne dit pas son nom.

 

Il est une sorte de perfection, imbattable si on le compare aux divers embrigadements grossiers auxquels on a assisté depuis, comme par exemple celui des jeunesses hitlériennes...

Un régime de fer qui bénéficie du soutien sincérisé de tout le peuple lui-même, complètement manipulé dans son illusion d'égalité et de démocratie.

14/02/2011, 05:10 | Par ACNM en réponse au commentaire de Axel J le 13/02/2011 à 12:44

j 'allais aussi citer Etoile 66 en echo à ce tres bon billet

13/02/2011, 12:44 | Par Leséparges

Le souci me semble t'il est l'absence de débouchés...

A quoi bon collectionner les diplomes s'ils ne vous ouvrent pas les portes d'un emploi rémunérateur ?

Mais pour cela il aurait fallu combattre la casse industrielle , les délocalisations, la tertiarisation de l'économie ...

Que deviennent les ingénieurs , les techniciens supérieurs , les élèves des écoles de commerce ?

J'ai connu des copains qui avec le certif entraient dans de grandes entreprises , style Renault, SNCF, EDF, France télécom, etc et entamaient de brillantes carrières , par la formation en interne .

Maintenant il y a pléthore de grosses petites têtes , qui font de la finance, du commerce international , entendez de l'import avec les pays émergés, la Chine et compagnie, avec les résutltats sociétaux que l'on connait .

C'est certain que des débouchés pour les professions nobles se réduisent à peau de chagrin .

Loi de la jungle , élites au service des multinationales et états vendus...

14/02/2011, 05:13 | Par ACNM en réponse au commentaire de Leséparges le 13/02/2011 à 12:44

il n'y a pas moins de débouchés pour les professions "noble" (??) , il y a plus de diplomés.

NB ca ne veut rien dire profession noble, mais bon.

14/02/2011, 12:01 | Par akama en réponse au commentaire de Leséparges le 13/02/2011 à 12:44

@ Leséparges

 

Au vu d'une mondialisation intraitable, je verrais assez bien que nos Jeunes hyper bien formés dans nos lycées techniques et universités, se lancent dans l'aventure de la création de coopératives et de scops. Là au moins, il n'y a aucune chance pour délocaliser l'emploi. Par contre, il y a un boulevard à emprunter ! Il manque juste un minimum de courage et d'une envie d'aventure, toujours bénéfique !

13/02/2011, 13:08 | Par Luciole Camay

Merci, Christophe Lemardelé pour cet éclairage concernant l'origine de l'Ecole en France. En fait, on croit qu'elle est un dû, un passage incontournable. Chaque jour, je remercie la Formation pour Adultes de m'avoir ouvert les yeux sur le goût d'apprendre une vie durant (encore aujourd'hui !) en tenant compte de tous les apports possibles tout en cultivant son sens critique. L'heure est de faire rivaliser public et privé, ce qui fait d'office un débat faussé. Mais si le public périclite tout à fait - il est bien parti pour - il ne nous restera plus que les livres, certains apports d'Internet et la formation privée comme planches de salut...

13/02/2011, 13:36 | Par E. Quilgars

Merci pour votre article !

Pour le compléter, vous pouvez lire mon billet "Faut-il encore monter dans l'ascenseur social ?"

http://blogs.mediapart.fr/blog/e-quilgars/250810/faut-il-encore-monter-dans-l-ascenseur-social

13/02/2011, 13:42 | Par POJ

La Révolution d'inspiration bourgeoise a produit un système de formation de "classe".

Si l'école tend à être égalitaire, les enfants ne sont pas égaux devant le savoir.

Ceux élevés dans un milieu privilégié en terme d'accès à la culture ont un avantage sur ceux qui n'ont pour seule référence que la télévision ou les radios périphériques.

L'enfant éveillé dès le plus jeune âge à la lecture ou la musique parce que ses parents l'ont impliqués à leurs loisirs aura une prédispsoition et une curiosité intellectuelle dont sont privés ceux dont les parents n'ont ni les moyens ni le temps de leur offrir une pareille initiation.

Nous savons que les premières années de l'enfance, voir le développement utérin, sont essentielles et déterminantes.

L'inégalité scolaire trouve sa source dans l'idéologie républicaine de classe et dans l'inégalité sociale que cette idéologie des "notables", selon Ellul, a créée.

L'inégalité scolaire es peut-être tout simplement une inégalité française historique, culturelle. C'est la face osbcure des "Lumières" qui est assez peu débattue.

C'est donc la politique sociale, et non l'école seule, qui peut assurer une égalité des chances. C'est dans une vision transversale d'une politique globale qu'il faut apprécier l'efficacité d'un système scolaire.

nb : la loi de séparation des églises et de l'Etat entraîna la fermeture immédiate de plus de 40.000 écoles tenues par les congrégations sans que l'Etat ouvre l'équivalent d'écoles publiques, privant un nombre très important d'élèves de scolarisation. Ces écoles "privées" assuraient surtout la scolarisation d'une population ouvrière et paysanne de province.

13/02/2011, 23:40 | Par pierre morineau en réponse au commentaire de POJ le 13/02/2011 à 13:42

" C'est donc la politique sociale et non l'école seule qui peut assurer une égalité de chances "

Tout à fait d'accord. Combien en avons-nous connu, d'enfants qui avaient fait d'excellentes études primaires et que les enseignants se désolaient de voir quitter le système scolaire pour tout simplement aller travailler et ne plus être à charge.

Beaucoup de choses sont justes ds cet article cependant ; surtout l'école ne sait pas ou plus,distinguer le potentiel de chaque enfant et en tirer les orientations possibles, mais peut-être n'a't'elle plus les moyens ni le temps.

De ttes façons, avec les mesures prises actuellement, l'école est perdue, les dégâts vont être considérables, le plus URGENT est d'arrêter le massacre s'il n'est pas déjà trop tard, nous allons sacrifier des générations.

SAUVONS L'ECOLE!

 

13/02/2011, 23:51 | Par samines en réponse au commentaire de pierre morineau le 13/02/2011 à 23:40

C'est donc la politique sociale et non l'école seule qui peut assurer une égalité de chances

Je suis entièrement de votre avis. L'Ecole (au sens large) est un instrument essentiel d'une volonté de faire évoluer le degré de connaissance mais aussi le degré d'intégration dans la société.

Elle est ce qui est le plus vigoureusement détruit (avec la Justice) lorsque la volonté politique est de (re)fabriquer de l'esclavagisme.

13/02/2011, 14:19 | Par profil_inactif_145012

D'accord avec la critique de systèmes élitistes, mais je ne vois pas ce qu'il y a de typiquement français dans tout ça.

13/02/2011, 14:33 | Par Axel J en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 14:19

"typiquement français"

 

D'une part,

il existe effectivement et actuellement, ce n'est donc pas un rêve utopique mais une réalité, une réelle possibilité "si on le voulait", des pays dans le monde qui sont de véritables démocraties où le système éducatif est conçu,

(contrairement à la France où il est conçu pour infantiliser à vie),

où il est conçu pour fabriquer des adultes libres et responsables, maîtres de leur destin et maîtres en leur Parlement.

Ces pays, liste pratiquement exhaustive j'en oublie probablement trois ou quatre, sont soit des monarchies soit des républiques, peu importe, et les voici:

Islande, Danemark, Norvège, Suède, Finlande.

 

D'autre part,

il y a maintes formes d'élitismes dans toutes les autres pseudo-démocraties du monde, plus ou moins masquées et plus ou moins efficaces, mais le "modèle français" de soumission déguisée du Peuple par une Caste Dominante, est assez specifique pour être distingué et traité en tant que tel, surtout entre Français comme ici sur un website français, et compte-tenu aussi que nous approchons notre période électorale quinquennale...

13/02/2011, 17:30 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Axel J le 13/02/2011 à 14:33

Islande, Danemark, Norvège, Suède, Finlande.

Le rêve scandinave, quoi.

Ce n'est pas ce que me racontent les enseignants suédois que je connais, et eux, ne sont vraiment pas contents de leur système d'éducation.

Leurs élites se reproduisent, aussi sûrement que les nôtres, mais leur culture générale est différente et leur société a certainement des choses à nous apprendre, comme par exemple comment surveiller les dépenses des dirigeants politiques.

13/02/2011, 17:40 | Par Axel J en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 17:30

Leurs élites sont à 1 pour 10, elles paient 95% d'impôts sur le revenu afin de préserver l'équilibre social dont du reste elles sont sages partisanes.

 

Les élites françaises, bananières elles, sont à 1 pour 100000, et ce qu'elles aimeraient vraiment, c'est le retour carrément de l'esclavage et de la monarchie absolue.

13/02/2011, 17:59 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Axel J le 13/02/2011 à 17:40

Le ratio d'élite à la population est un résultat de l'histoire dans sa longue durée. Les élites suédoises ont toujours été plus réduites historiquement. Ce n'est pas le résultat du système éducatif moderne.

Par contre, je suis d'accord avec vous pour les élites bananières françaises et je pense aussi qu'on devrait adopter le système d'impôt scandinave.

14/02/2011, 05:14 | Par ACNM en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 17:59

oui.. enfin n'oublions pas que la Suede est une monarchie.

14/02/2011, 10:53 | Par Michel Adiche en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 17:30

Peut-être au prix d'un protestantisme austère....

14/02/2011, 13:37 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de Michel Adiche le 14/02/2011 à 10:53

au prix d'un protestantisme austère.

Voilà encore du n'importe quoi !!!

Tout d'abord cet alliance de mots, et ensuite cette représentation totalement médiatique des sociétés du Nord de l'Europe. Je n'ai jamais vu plus gai et fêtard...

Certainement plus gaies qu'en Ile-de-France...

Et la religion ne joue plus le rôle que vous lui attribuez, vous parlez d'un autre siècle, apparemment, lu quelque part dans les médias ou les livres...

14/02/2011, 11:55 | Par akama en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 17:30

mais leur culture générale est différente et leur société a certainement des choses à nous apprendre, comme par exemple comment surveiller les dépenses des dirigeants politiques.

 

Pour ça je suis bien d'accord !

 

Ca me plairaît assez que MEDIAPART zoome un de ces jours sur les systèmes politiques nordiques ! Que de surprises nous aurions, ainsi que de nouvelles perspectives sur la pratique de la citoyenneté et de la politique.

13/02/2011, 16:28 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 14:19

"D'accord avec la critique de systèmes élitistes, mais je ne vois pas ce qu'il y a de typiquement français dans tout ça."

Mais c'est une évidence, pour qui a eu la possibilité de regarder ce qui se fait hors des frontières.

Comme le signalait Axel, que je remercie, tout mon blog en parle...

Le formatage est terrible en France, terrible... Il n'existe pas du tout de cette manière hors du pays.

La population est infantilisée d'une manière révoltante et ne s'en aperçoit même pas car on lui a fait croire à des contes qui n'existent pas.

Je suis toujours étonnée d'entendre mes voisins de Charente-Maritime louer les gens qui ont fait ce qui est appelé "grandes écoles" alors que ce sont eux qui les financent, le peuple qui n'ira jamais... et qui se fait traiter d'imbécile par lesdites "élites"...

Tout le système des médias y participe, le système politique et économique.

Il faut voir le mépris de ces gens, il faut les entendre parler, les cotoyer au jour le jour pour comprendre les mécanismes !!!

C'est impensable hors de France...inimaginable, inconcevable, inacceptable, tout simplement.

Aux pays cités par Axel - je confirme ce qu'il écrit, lui qui a vécu plus de 10 ans en Finlande et connaît la Scandinavie - j'ajouterais l'Allemagne dont je parle de l'école depuis bientôt 3 ans...

C'est vrai qu'en France on éduque à l'INFANTILISATION... et non à la responsabilisation de chaque individu, en commençant par le tout jeune enfant... auquel on administre encore la fessée à 87%, alors qu'elle est interdite dans les pays cités par Axel...

 

 

13/02/2011, 18:28 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Etoile66 le 13/02/2011 à 16:28

Il y a plus de gens que vous ne croyez, qui ne sont pas impressionnés par les grandes écoles.

regarder hors des frontières, voyons donc !

En Amérique du Nord ? où il faut payer des tuitions exhorbitantes et où la division entre diplômés et non-diplômés est à l'image du grand canyon ; en Allemagne ? où on est encore sélectionné à dix ans ou moins ; en Scandinavie ? où on doit emprunter aux banques (quoique les conditions de remboursement ne sont pas draconiennes) et où les laissés-pour-compte sont soigneusement cachés ; au Japon ? - tiens, je ferai une exception pour la Suisse, vraiment pas mal...

Maintenant, la fessée : une violence de caractère sexuel faite à l'enfant, pas pour l'infantiliser, mais pour l'humilier. Je suis d'accord avec vous : les pays cités sont en avance sur la France où ça ne se pratique tout-de-même pas à l'école, et sur le reste du monde.

Cela relève de la culture générale de la Scandinavie où la violence n'est pas une valeur reconnue comme cela l'est encore en France et dans le reste du monde.

13/02/2011, 23:49 | Par Pescaloun en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 18:28

mhjozoux: les tuitions sont surtout hallucinantes dans les universités correctes, et plus on descend plus c'est le cas. A contrario, plus on monte moins c'est le cas: le prix total est énorme, mais plus l'université est prestigieuse, plus elle dispose de fonds propres qui lui permettent d'offrir des bourses tout aussi énormes aux étudiants de classe moyenne et pauvres. Harvard et 8 autres universités proposent aux étudiants dont les parents gagnent moins de €5,000/mois (équivalent) de prendre en charge non seulement le tuition, mais aussi le loyer, la nourriture, le coût des livres et des fournitures scolaires, et même un billet d'avion pour rentrer chez soi. Programme qui est accessible aux étudiants étrangers à égalité avec les étudiants américains. Le problème est pour les élèves dont les notes sont médiocres *ou* dont les parents gagnent plus de $10,000 par mois *et* qui souhaitent aller dans une université spécifique où on leur proposera des prêts qui les endettent pour 10 ans.

Quant à la division diplômés/non diplômés elle relève bien du canyon parce qu'un étudiant qui n'a pas réussi à être admis dans un établissement d'enseignement supérieur est très, très nul, au sens où en France un jeune de 18 ans en 3e avec 5 de moyenne est nul - n'a pas les connaissances ou savoir être de base pour réussir dans un emploi ni nulle part.

L'Allemagne réforme (efficacement apparemment) son système depuis le PISAchoc.

Le problème n'est pas de sélectionner une élite, c'est que les critères soient justes, équitables, et bénéfiques pour tous. Actuellement, en France, c'est un système où tout le monde perd, sur tous les plans.

14/02/2011, 10:55 | Par Michel Adiche en réponse au commentaire de Etoile66 le 13/02/2011 à 16:28

Euh.... Vous avez des enfants ?

Moi deux ! Je ne leur donne pas la fessée tous les jours, mais il m'est arrivée de la donner 1 fois en 6 ans à ma fille ainée. Ce genre de lois sont ridicules.

14/02/2011, 13:40 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de Michel Adiche le 14/02/2011 à 10:55

"Euh.... Vous avez des enfants ?

Moi deux ! Je ne leur donne pas la fessée tous les jours, mais il m'est arrivée de la donner 1 fois en 6 ans à ma fille ainée. Ce genre de lois sont ridicules."

Comme quoi vous faites bien partie de la vision archaïque de l'enfant dans la société.

Il est interdit de battre un adulte, on est immédiatement repris par la justice.

Il est interdit de battre un animal, idem.

Mais battre un enfant - même une fois en 6 ans - cela serait permis, puisque cet enfant est "sa" chose ???

Inconcevable dans les cultures évoluées.

Certains ont vraiment besoin de lois pour évoluer. Vous par exemple.

13/02/2011, 16:33 | Par Etoile66

"...l'humiliation, si détestée dans notre monde égalitaire, reste pourtant un moment indispensable de l'éducation.

Car il faut bien se sentir humilié – c'est-à-dire rabaissé – pour avoir envie de grandir et faire l'effort d'apprendre.

Il faut bien que l'élève prenne conscience de sa petitesse, devant la grandeur d'un maître, d'une oeuvre ou d'un savoir, pour s'élever.

[...]

Au fond, n'est-ce pas là reconnaître qu'éduquer, c'est – pour reprendre le mot attribué à l'humaniste Bernard de Chartres – « faire que des nains (humiliation) parviennent à se hisser (encouragement) sur les épaules de géants » ? C'est ainsi qu'ils verront plus loin!"

 

L'auteur de ces magnifiques lignes ?

Pierre-Henri Tavoillot

Maître de conférences à la Sorbonne et président du Collège de philosophie, il est notamment l'auteur, avec Éric Deschavanne, de Philosophie des âges de la vie (Grasset, 2007).

 

Heureusement que d'autres ont une autre vision de l'enfant. Je viens de trouver ces textes

 

Pédagogie et humiliation : cousins éloignés ou proches parents ?

 

Soigner et prévenir les blessures de l'enfance

à mettre en relation avec le fait que 87% des parents français disent pratiquer la fessée, interdite depuis longtemps dans les pays d'Europe du Nord.

 

Une société a l'école qu'elle mérite (arteTV) où on peut lire - entre autres:

"Toutes les études en psychologie et en sociologie montrent que l'estime de soi est un élément essentiel de la motivation.Confrontés à des élèves faibles et agitateurs, la première mission des professeurs est de leur montrer que l'école peut leur être utile et qu'ils sont capables d'apprendre. L'enseignant doit parfois se livrer à une véritable reconstruction de «l'estime de soi scolaire » de ses élèves.
...Pourquoi en Finlande, en Suède en Norvège, les résultats scolaires dans les comparaisons internationales sont-ils meilleurs ?

Probablement, c'est une raison parmi d'autres, parce que les différences de revenus sont nettement moindres, et que les ségrégations sociales et scolaires sont également moindres. Finalement, une société à l'école qu'elle mérite."

 

L’humiliation des élèves dans l’institution scolaire : contribution à une sociologie des relations maître-élèves (revue française de pédagogie)

et enfin un dernier article de Pierre Merle, Professeur de sociologie, IUFM de Bretagne


Peu étudiée par les chercheurs, l'humiliation scolaire existe bel et bien d'après les enquêtes et les témoignages recueillis. Ces pratiques qui rabaissent l'élève ont des effets largement méconnus sur les processus d'apprentissage et l'estime de soi.
 

Comment cela pourrait-il changer, pour promouvoir le JEU, le PLAISIR, la VALORISATION de tous ???

Où est l'espoir dans un si grand mammouth ?

Depuis plus de 30 ans que je l'observe, je trouve que les choses empirent plutôt qu'elles ne s'améliorent...

 

 

13/02/2011, 18:17 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Etoile66 le 13/02/2011 à 16:33

Cette humiliation est un phénomène qui traverse toutes les sociétes où la réussite de l'un n'existe que par l'échec de l'autre, et qui s'est amplifié sous influence états-unienne avec l'arrivée triomphale dans notre vocabulaire des mots loser et winner.

Pourquoi en Finlande, en Suède en Norvège, les résultats scolaires dans les comparaisons internationales sont-ils meilleurs ?

Qui définit meilleurs ? Qui définit les tests ? Qui sont les maîtres de la comparaison ?

13/02/2011, 20:06 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 18:17

mhjozoux,

je ne sais pourquoi vous vous faites un plaisir de justifier le système français et me demande où vous avez vécu. Vos connaissances semblent trop livresques...

14/02/2011, 09:57 | Par denis bourgois en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 18:17

"Cette humiliation est un phénomène qui traverse toutes les sociétes où la réussite de l'un n'existe que par l'échec de l'autre, et qui s'est amplifié sous influence états-unienne avec l'arrivée triomphale dans notre vocabulaire des mots loser et winner."

Puisqu'il semble que vous souhaitiez comparer systèmes américain et sytème français entre autre (apparemment sans bien connaitre ce dont vous parlez, d'où ces lieux communs sur les universités américaines),je tiens à attirer votre attention sur un point qui fait l'unanimité chez ceux ayant une connaissance approfondie des deux systèmes : la qualité, s'il n'y en avait qu'une, que tous s'accordent à reconnaitre au système américain, est bien au contraire de ne pas humilier les élèves et de développer la confiance en soi. C'est du reste sans doute ce qui explique la capacité des high schoolers, dont on se plait tant en France à penser que le niveau académique (dans les humanités peut être mais certainement pas en sciences) est plus faible qu'en France, se révèlent de bons étudiants dans le supéieur.

D'autre part, je vous signale qu'il y a plus d'enfants d'une classe d'âge qui accèdent à l'enseignement supérieur aux US qu'en France !

Enfin et surtout, on y apprend dans un environnement qui en font les meilleures années de sa vie. Pas vraiment le cas en France....

 

13/02/2011, 16:32 | Par M Bigan

Tous ces commentaires je veux bien mais

 

J'aimerais que l'école primaire reste le lieu d'apprentissage de la langue francaise et que le sujet soit approfondi au collège et au lycée.

 

C'est la voie la plus égalitaire meme pour les jeunes défavorisés.

 

On voit tellement de mémos mal écrits dans les entreprises, voire de communications des directions d'entreprise elles aussi avec des fautes corrigeables par un élève de CM1.

 

En fait l'effort dès le plus jeune age est nécessaire pour tous, afin de progresser.

 

Si ce n'est pas le cas, seuls les élèves ayant un cursus de type Fac Pasqua vont réussir, ce ne sera plus la sélection au mérite mais par l'argent.

 

Je m'excuse des fautes d'accent, je ne maitrise pas bien mon ordinateur

13/02/2011, 16:39 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de M Bigan le 13/02/2011 à 16:32

"J'aimerais que l'école primaire reste le lieu d'apprentissage de la langue francaise et que le sujet soit approfondi au collège et au lycée. C'est la voie la plus égalitaire meme pour les jeunes défavorisés."

 

Vous commencez un peu tard...

Un peu comme les "recommandations" pour ce livre dont je parlais sur mon blog qui le "conseillent" pour des enfants de CINQ ans...

 

alors qu'ailleurs, hors de France, on l'utilise avant l'âge de un an :

Pas d'échec scolaire... images... estime de soi, l'enfant dans la société... 

 

Il faudrait veiller à l'apprentissage de la langue par le JEU bien avant l'école...et non à "l'école primaire"...

 

En outre, un enfant peut apprendre plusieurs langues en parallèle, sans aucun problème... si on le lui propose et le conduit sur cette voie. Dans les pays dont parlait Axel, en Scandinavie, et dans tout le Nord de l'Europe, les gens parlent au moins deux langues couramment, preuve que cela est possible.

13/02/2011, 17:16 | Par Axel J en réponse au commentaire de Etoile66 le 13/02/2011 à 16:39

En France, ô ironie amère,

de par la monoculture imposée qui brima déjà toutes les langues régionales d'origine qui faisaient la richesse des mentalités de ce pays

(notamment le Breton, le Basque, l'Occitan et j'en oublie plein),

en France, ô triste catastrophe aux conséquences non encore aperçues,

ce sont des dizaines de milliers, puis bientôt des centaines de milliers de petits Mamadou et de petits Samir, qui ne parleront aucune langue!!!

Ni le français,

qu'ils n'ont pas les moyens d'apprendre du fond de leur ghetto, sans parents lettrés, au milieu du béton vide et dur, et au son de la TV par satellite et de la musique rap de mauvaise qualité,

ni l'arabe,

une langue très complexe même si on la connaît oralement, et dont ils sont dissuadés et culpabilisés, alors que ça leur ferait une base naturelle de confiance-en-soi, depuis laquelle ils pourraient alors apprendre toutes les langues qui leur sont étrangères, c'est-à-dire le français, l'anglais, l'espagnol etc mais aussi le chinois...

 

Hélas, ceci est encore un ènième tabou qui est conçu pour qu'on ne sorte surtout pas de notre fond-de-caverne, ce tabou de la carte d'identité qui ferait de vous un Français, alors qu'il ne fait de vous qu'un ghetto exploitable à merci.

 

Alors la confiance en soi?

Vous n'y pensez pas! Ils prendraient Conscience et finiraient par se syndiquer?

Et tout serait à refaire alors qu'on a victorieusement réussi à abrutir-TF1 et à atomiser toute la population européenne de souche?..

13/02/2011, 17:25 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de Axel J le 13/02/2011 à 17:16

Génial, Axel Clin d'oeil

13/02/2011, 18:26 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Axel J le 13/02/2011 à 17:16

@Axel J

Vous pensez vraiment que les dialectes suédois ont été préservés ?

Les Scandinaves ayant fréquenté l'université parlent bien anglais, mais les autre ne connaissent que quelques mots. A Copenhague, un chauffeur de taxi m'a exprimé son exaspération quand je lui ai parlé d'emblée en anglais, et cela a empiré quand j'ai essayé de rattraper la situation en parlant suédois...

Une note enfin : la langue arabe (même écrite) n'est pas plus complexe que le français.

13/02/2011, 20:32 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 18:26

mhjorzoux,

le pouvoir central français a éliminé les langues régionales à coup de règle sur les doigts des enfants qui les parlaient - non pas en cours, mais dans la cour de l'école. La punition était souvent de se mettre à genoux sur une règle, les mains sur la tête.

On ridiculisait ainsi l'enfant qui avait parlé SA langue. Plus tard, ce sentiment de parler quelque chose de malsain, de moche, d'arriéré, s'est installé dans les têtes.

A quelques mètres de la France, juste de l'autre côté de la frontière, les gens parlent leur langue régionale AVANT de parler la langue du pays. On dit qu'ils la boivent avec le lait maternel et que seuls les gens nés ici peuvent vraiment bien la parler.

Ce sont des langues beaucoup plus riches que les langues nationales - qui sont le PPDC pour être compris de tous. Un terrible nivellement, un appauvrissement. Les langues régionales sont beaucoup plus riches.

En tout cas, elles sont parlées partout hors de France. La France a signé la Charte des langues régionales en 1992 et a refusé de la ratifier pour une conception arriérée et idéologique d'une "égalité" qui n'existe pas. Par contre, au niveau international, elle fait la morale aux pays qui éliminent la culture...

Voici les pays ayant ratifié la Charte:
Allemagne
Arménie
Autriche
Chypre
Croatie
Danemark
Espagne
Finlande
Hongrie
Liechtenstein
Luxembourg
Monténégro
Norvège
Pays-Bas
Pologne
République tchèque
Roumanie
Royaume-Uni
Serbie
Slovaquie
Slovénie
Suède
Suisse
Ukraine

En Allemagne où je vis, tout le monde parle sa langue régionale - sauf dans les grandes villes où les gens la comprennent sans la parler.

Il y a des émissions radio et TV, des articles dans la presse en langue régionale, des pièces de théâtre, etc... On y parle sa langue sans aucune mauvaise conscience, pas d'Etat central stupide pour éradiquer la culture. Bien au contraire. On peut suivre l'évolution des parlers locaux de village en village, les couleurs linguistiques se modifient, les mots prennent d'autres sons, du pur plaisir culturel.

C'est d'ailleurs pour cela qu'il n'y a pas besoin de ce débat stupide sur "l'identité" nationale, car chacun vit avec son identité, sa culture et ses traditions qui jalonnent l'année.

L'identité "nationale" vient du fait qu'on appartient au même Etat qui garantit certains services régaliens, les autres étant proches des citoyens par une gestion locale vivante.

 

Quant à la langue arabe classique - العربية الفصحى - elle n'est certes pas plus difficile que le français, il en est de même de l'hébreu ou du polonais. Chaque langue a ses particularités, il suffit de l'aimer pour l'apprendre et la vivre.

 

PS: Si le chauffeur a exprimé son exaspération à votre endroit, ce n'était peut-être pas à cause de l'anglais ???

 

 

 

 

 

15/02/2011, 10:55 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Etoile66 le 13/02/2011 à 20:32

Merci, mais les chauffeurs de taxi apprécient ma politesse. C'est le fait que j'ai assumé qu'il parlait anglais qui l'a mécontenté, et parler en suédois n'a pas arrangé les choses puisque les relations culturelles suédois-danoises ne sont pas ce qu'on pourrait croire...

Nombre de vendeurs et vendeuses dans les magasins ne comprennent pas l'anglais non plus !

14/02/2011, 11:04 | Par Michel Adiche en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 18:26

L'arabe, pas plus compliqué ? Peut-être. Peut-être aussi fondamentalement différent ? Savez-vous combien il y a de lettres en arabes ? Combien il a de formes pour celles-ci ? Savez-vous qu'un journal en arabe ne comporte pas de voyelle, ainsi le lecteur doit être averti pour pallier ce manque et vocaliser le texte ? Il faut donc un certain niveau pour lire le journal.

Mais surtout, moi je m'en tape de la Suède !

Je vis en France et je veux une vraie égalité des chances pour mes enfants. Et je ne veux pas qu'ils soient obligés d'aller en prépa et tout le toutim !

14/02/2011, 13:48 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de Michel Adiche le 14/02/2011 à 11:04

Michel Adiche,

quelles questions ! Ayant étudié l'arabe classique, ainsi que l'hébreu, et l'ayant même enseigné, vos questions me font sourire...

Vous vous en tapez de la Suède ? "moi je m'en tape de la Suède ! Je vis en France et je veux une vraie égalité des chances pour mes enfants."

Voilà une réaction constructive qui va vous faire sans conteste évoluer, en restant dans votre cercle bien fermé entouré de cercles concentriques...

Dans le pays où je vis, c'est la réaction inverse.

Quand on entend que c'est mieux ailleurs, la première réaction de toute la population, n'est pas celle que vous démontrez qui témoigne d'un enfermenent intellectuel grave, mais plutôt d'aller immédiatement voir sur place POURQUOI cela fonctionne mieux et si c'est vrai.

Après, on peut prendre ce qui est bien, l'adapter à son contexte, ou ne pas le prendre car on a trouvé mieux.

Il en est de même dans le monde, c'est peut-être d'ailleurs pour cela que la "mondialisation" est vue en France comme une menace, réalité que tous les autres pays appellent "globalisation" et voient comme une chance.

Chacun ses lunettes pour regarder le monde.

Je doute que votre système bien franco-français, avec une inadaptation totale à l'ouverture sur le monde parce que ses "enfants" ne parlent aucune langue autre que le français couramment, n'évolue vers une amélioration dans un monde qui avance sans vous attendre...

Quant à l'égalité des chances, c'est un slogan de ce qui est appelé en France "Révolution" mais qui a vite remis pire sur le trône, un empereur, juste quelques années plus tard, qui a laissé une trace sanguinaire dans toute l'Europe et en Egypte...

Cela dépend aussi des lunettes avec lesquelles on regarde les réalités.

13/02/2011, 17:31 | Par P Le Nan

Si je peux me permettre, je crois que vous oubliez un point essentiel: le coût des études, des logements, etc, et la faiblesse des bourses, qui achèvent de rendre impossible un nivellement des classes sociales, au dépend de la qualité des élites, maintenues cloisonées dans leurs impressions de savoir et de superiorité

13/02/2011, 17:42 | Par christophe lemardelé

Pour moi, il y a deux scandales: un collège unique qui crée de l'échec en ne préparant les élèves qu'au lycée général et les classes préparatoires qui dévalorisent l'université - un élève de classe prépa qui échoue aux concours peut raccrocher l'université au niveau du Master, c'est-à-dire qu'on considère que deux années de prépa valent trois années d'université... c'est-à-dire qu'on continue de penser qu'une tête remplie à ras bord pense mieux qu'une tête à moitié pleine qui réfléchit.

L'autre scandale, global, c'est le stress généralisé dans notre société avec cette école: à quelque niveau que ce soit, on vit l'école dans l'angoisse, de l'élève au parent en passant par l'enseignant.

J'ajoute: si le collège ne prépare qu'au lycée général et si le haut de la pyramide est bien les grandes écoles et non l'université comme dans la plupart des pays (pensez à Harvard, Oxford ou autres universités prestigieuses), le lycée semble lui ne préparer qu'aux classes préparatoires car il laisse peu d'autonomie à l'élève, qui se trouve forcément peu préparé à l'université où il sera totalement autonome et responsable de ses études, d'où l'échec tant il n'est pas habitué à travailler ainsi, tant il n'est pas préparé.

13/02/2011, 18:37 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de christophe lemardelé le 13/02/2011 à 17:42

Il y a des étudiants, qui après deux ans de classe prépa, choisissent librement, et non par échec, la filière universitaire. Et les deux ans adjugés pour trois deviennent un handicap par les lacunes ainsi engendrées.

pensez à Harvard, Oxford ou autres universités prestigieuses. Là, vous devriez dire rêvez ! pas pensez !!! Les écoles qui mènent à ces universités sont des écoles préparatoires, même si on y admet quelques manants pour leur premier semestre...

13/02/2011, 20:36 | Par Sylvie MARTIN en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 18:37

Vous avez tous raison ....Je ne dis plus rien

Plutôt que prendre tout ce qu'il y a de bon dans les classes préparatoires, (et croyez-moi il y en a, et beaucoup ... parlez de ce que vous connaissez !!! j'y suis, notamment en lycée de banlieue qui récupère des élèves qui ne sont pas des "premiers de la classe", loin s'en faut !!!), détruisez-les et laissez l'université en cours de privatisation achever de détruire le système d'éducation publique !!!....

Quand un de mes élèves, qui sort d'une banlieue sordide, a un nom à consonnance maghrebine, quitte la classe prépa en question faute de résultats, et revient quelques mois après en me remerciant et en m'expliquant combien grâce à la prépa il a acquis des méthodes de travail, et justement une estime de lui-même (car toutes les prépas ne sont pas des usines à détruire les élèves), ..., qui lui permettent d'avoir le recul nécessaire pour réussir à l'université, je suis fier du travail effectué avec ma classe.

Puis quand je vous lis, je comprends finalement pourquoi la France est dans l'état de désolation où elle est aujourd'hui !!!...Furieux

 

14/02/2011, 11:15 | Par Michel Adiche en réponse au commentaire de Sylvie MARTIN le 13/02/2011 à 20:36

Ce n'est pas parce que vous pensez être une bonne enseignante qu'il faut en faire un cas général.... J'ai une amie qui a réussi le concours l'an dernier... Vous devez donc savoir qu'elle vient de se retrouver devant des classes (3niv. différents en l'occurence) sans la moindre préparation hormis sont expérience personnelle !

Si vous ne voulez pas reconnaître une "casse" du système scolaire depuis que la droite est au pouvoir, alors vous avez mis des ornières !

Mais peut-être êtes vous agrégée ? Convenablement formée et soutenue ?

Bref,

On passe plus de temps à critiquer qu'à construire, la faute aux gens qui se basant sur leur expérience personnelle refuse de voir ce qui les entoure.

14/02/2011, 10:15 | Par denis bourgois en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/02/2011 à 18:37

FAUX !! Harvard et Oxford ne savent même pas ce que sont les classes prépa. Les universités anglo saxonnes sont certes intéressées par les "bons" élèves mais surtout par les bons élèves BILINGUES. Et ce ne sont pas dans les classes prépa qu'on les trouve...Du reste le formatage des élèves de prépa ne les prépare pas à l'enseignement donné outre Atlantique, où mieux vaut avoir une solide capacité d'adaptation, d'indépendance d'esprit, d'autonomie. Bref, on comprend mieux pourquoi la curiosité, voir la subversion qui sont encouragés là-bas génèrent plus de prix Nobel qu'en France...

 

 

 

14/02/2011, 13:51 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de denis bourgois le 14/02/2011 à 10:15

Caroline,

vous parlez d'outre-Atlantique, des USA, mais cette flexibilité, ce bilinguisme ou trilinguisme, il existe dans bien d'autres pays du monde.

Il suffit d'ailleurs de voir d'où viennent les Prix Nobels et les brevets déposés dans le monde.

Allez faire un petit tour sur cet article...

L'état de la Recherche en France et dans le monde - Philippe Even dans le Nouvel Obs 

15/02/2011, 10:33 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de denis bourgois le 14/02/2011 à 10:15

@caroline chevigy

Les lycées préparatoires existent aux Etats-Unis. Renseignez-vous.

13/02/2011, 18:39 | Par ava

J'aime bien ce que vous publiez en général et cet article est, comme les autres, intéressant, mais je voudrais rectifier quelques points dans vos parties 3 et 4 sur les normaliens, l'agrégation et la recherche.

1) Tous les normaliens ne passent pas l'agrégation, loin de là, pour la simple raison que la réussite à ce concours n'est une condition non écrite du recrutement dans l'enseignement supérieur et la recherche que dans un nombre de disciplines en fait assez limité (en gros, celles qui s'enseignent en khâgne, qui représentent, au doigt mouillé, 10% du total des recrutements sur les postes de maîtres de conférence). En physique, par exemple, tout le monde se fiche qu'un candidat MCF ait l'agreg ou non.

2) Il est évident qu'être normalien constitue à la fois une situation privilégiée pour passer l'agrégation et obtenir une allocation de thèse et, dans bien des cas (pas tous), un plus dans un dossier pour se faire recruter à l'Université. Personne ne le niera.

3) Néanmoins, si on lit rapidement votre article, on peut comprendre qu'un comité de sélection va préférer un normalien agrégé à un docteur issu de l'Université. Il faut bien préciser que le normalien en question est nécessairement, lui aussi, docteur (sinon sa candidature n'est même pas recevable) et que le doctorat ne peut s'effectuer... qu'à l'Université. Donc en fait, vous évoquez un cas où un comité de sélection, entre deux docteurs formés à l'Université, préfère celui qui est normalien agrégé à celui qui ne l'est pas. Evidemment, on peut regretter, dans le cas du poste d'histoire grecque que vous citez, que le comité, plutôt que de valoriser un parcours diversifié et peut-être original (archéologie...) préfère s'attacher à la réussite à des concours qui n'ont pas de relation directe avec la recherche, mais ces derniers ont néanmoins le mérite, même s'ils ne mesurent que ce qu'ils mesurent, d'être des critères objectifs.

4) Dans le contexte actuel de raréfaction des postes, il me paraît très étonnant que l'on recrute à la fac, quel que soit le cursus qu'ils ont suivi antérieurement, des gens qui ne sont pas "habités par leur passion pour une discipline" et qui ne possèdent pas un dossier scientifique solide. Pour dire les choses autrement : le fait d'avoir un passé de "bête à concours" n'empêche pas d'être un bon chercheur. De même, d'ailleurs, que le fait de savoir beaucoup de choses n'empêche pas de réfléchir...

13/02/2011, 19:09 | Par christophe lemardelé en réponse au commentaire de ava le 13/02/2011 à 18:39

Merci ava pour ces précisions, elles complètent par leurs nuances mon propos engagé.

13/02/2011, 19:50 | Par esprit.destricteur

Il y a de quoi être engagé et même enragé par l'état actuel de l'éducation nationale au sens large, mais vous jetez le bébé avec l'eau du bain et commettez nombre d'erreurs de fait, par exemple sur les normaliens:

- la formation des normaliens a lieu dans les universités, sauf à titre exceptionnel (généralemenrt dans la première des quatre années de formation). Jusqu'à ces derniers temps, seules les universités peuvent délivrer des diplômes.

- tout candidat à un poste d'enseignant-chercheur doit posséder une thèse, y compris bien sûr les normaliens (comme le précise le commentaire précédent).

- on peut espérer qu'un normalien non passionné par la recherche et l'enseignement profitera justement de son aura de normalien pour faire autre chose (par exemple gagner de l'argent)

Pire, à vous lire, on a l'impression qu'un étudiant de l'université serait condamné à une carrière médiocre: je vous rassure ce n'est pas du tout le cas: nombre de chercheurs parmi les plus brillants sont de purs produits de l'université française.

Cela dit, la tradition française est de créer de nouvelles institutions (les grandes écoles il y a 200 ans, le CNRS il y a 50 ans, l'ANR il y a 10 ans, les fondations en ex désormais) plutôt que de réformer les anciennes (les universités), de décider avant 25 ans (voire 20 ans) qui est bon ou pas,de concentrer les moyens sur une minorité d'élus, etc. avec les résultats que l'on connaît.

On peut (on doit?) s'indigner, mais l'éthique c'est aussi de ne pas polluer le débat par des emportements approximatifs.

13/02/2011, 19:47 | Par voixnouvelles

Oui, merci Ava, pour cette correction de trajectoire.

Une précision sur l'équivalence 2ans de classe Prépa = 3 ans de Fac :

C'est un à-peu-près souvent rodé à l'épreuve des faits, exemple :

Fac des sciences d'orsay, un cours commun de géophysique où se côtoient des Normaliens de première année et des étudiants en 3e année de fac :

Il a fallu des initiatives d'échanges entre Normaliens et étudiants pour aider les seconds à surnager dans le cours...

Par ailleurs je trouve choquant que Normaliens et étudiants de Fac ne disposent pas des mêmes moyens, en sciences notamment où les conditions de travail n'ont pas grand chose à voir dans ces 2 enceintes.

 

 

13/02/2011, 20:24 | Par annick k

Il me paraît sidérant qu'Etoile 66 parle de l'humiliation en se fondant sur des études faites par un mec d' un IUFM , un certain Robert Merle, ça, peut importe.

La caste enseignante des IUFM est en effet on ne peut plus humiliante vis à vis des stagiaires! Ah, comme c'est bon de faire passer des fiches de présence quatre fois par jour (il sont si feignants ces stagiaires!), de lancer une idée de séquence en passant derrière les dos courbés pour vérifier qu'on écrit, d' utiliser une langue de bois et un ton cassant afin de reprendre un pauvre stagiaire terrorisé qui bafouille quand il est.. interrogé, parce qu'il a peur, tout simplement! (C'est un peu moins visible en maths, parce qu'il y a moins de candidats qu'en Lettres, alors on ménage les animaux)

Comme c' est bon de commencer toutes ses phrases par : MOI, je... (suit en général un verbe à l'imparfait, qui explique ce que faisait le prof IUFM quand il était encore davant des collégiens (ouf, c'est du passé).

Cette bureaucratie enseignante est détestée. J'ai passé mon Capes en 1992,tous les profs que j'ai rencontrés depuis ont ce sentiment.

Ce sont de pauvres types qui font tout ce qu'ils peuvent pour ne plus être avec de jeunes élèves, effectivement moins dociles que les stagiaires.

Regardez d'où tire son savoir le dit Robert Merle: de "fiches", imposées à des stagiaires IUFM ( croyez-vous qu'ils aient eu le droit de refuser de les remplir?), dont il nourrit l'élévation de sa bureaucratisation, à la recherche d'une pitance de plus (le pied pour eux: un poste au Rectorat).

On croit rêver quand on voit ces gens dénoncer les humiliations enseignants/enseignés...

Annick K

13/02/2011, 20:46 | Par Etoile66

Peu importe QUI écrit sur l'HUMILIATION.

Fait est qu'elle est constamment présente dans le système éducatif français.

Si vous aviez lu les autres liens sur l'humiliation et ses conséquences, vous n'auriez pas réagi ainsi.

Pour avoir connu d'autres systèmes éducatifs, et connaître l'EN de l'intérieur, il est évident que c'est une réalité bien française. Je vous invite à aller faire un tour sur mon blog pour voir autre chose...

Comme par exemple ici:

 

Une école sans grilles, sans portail d'entrée, sans surveillants ni carnet de correspondance... Reportage-photo 

 

A la base de toute société: son Ecole - Qui est le "3eme enseignant"? Photos et vidéo 

 

Pourquoi les gens sont différents dans les différents pays ? - Photos  

 

Apprentissage de la démocratie à l'Ecole ? 

 

Quelques réflexions sur la formation des "maîtres"... 

 

Comment réconcilier les sciences et la culture ? La France en 57ème position sur 57 pays pour la relation pratique/ théorie 

etc. etc...
 

13/02/2011, 20:59 | Par livia vincent

Bonsoir EtoileRire

Toujours aussi pugnace à ce que je lis...

Merci pour le Livre du Printemps, je l'ai acheté (+ l'Hiver) et offert (l'enfant a 8 mois, cela devrait convenir).

Je vous offre une petite histoire en guise d'au revoir (où l'on voit que les Japonais sont au top, mais peut-être un peu trop formatés...).Clin d'oeil


L'enseignante présente à la classe un nouvel élève arrivant du Japon: Sakiro Suzuki.
Le cours commence.
L'institutrice :
- Bon, voyons qui maîtrise l'histoire de la culture franco-américaine.
Qui a dit : DONNEZ-MOI LA LIBERTE OU LA MORT?
Pas un murmure dans la salle. Suzuki lève la main
- Patrick Henry, en 1775 à Philadelphie.
L'institutrice :
- Très bien Suzuki ! Et qui a dit : L'ETAT EST LE PEUPLE, LE PEUPLE NE PEUT PAS SOMBRER?
Suzuki lève la main :
- Abraham Lincoln, en 1863 à Washington.
L'institutrice :
- Excellent, Suzuki ! Maintenant, qui a dit : Je vous ai compris?
Suzuki lève la main et dit :
- Charles DE GAULLE !
L'institutrice regarde les élèves et dit :- Honte à vous ! Suzuki est Japonais et il connaît l'histoire française et américaine mieux que vous !
On entend alors une petite voix au fond de la classe :
- Allez tous vous faire f..., connards de Japonais !
- Qui a dit ça ? S'insurge l'institutrice.
Suzuki lève la main et, sans attendre, dit :
- Général Mc Arthur, 1942, au Canal de Panama et Lee lacocca, 1982, lors de l'assemblée générale de General Motors.
Dans la classe plongée dans le silence, on entend un discret :
- Y'm'fait vomir...
L'institutrice hurle :
- Qui a dit ça ?
Et Suzuki répond :
- George Bush Senior au premier Ministre Tanaka pendant un dîner officiel à Tokyo en 1991.
Un des élèves se lève alors et crie :
- Pomp'moi l'gland !!!
Et Suzuki, sans sourciller :
- Bill Clinton à Monica Lewinsky, 1997 dans la salle ovale de la Maison Blanche , à Washington.
Un autre élève lui hurle alors :
- Suzuki, espèce de merde !
Et Suzuki :
Valentino Rossi, lors du Grand Prix de Moto en Afrique du Sud en 2002...
La salle tombe littéralement dans l'hystérie, l'institutrice perd connaissance, la porte s'ouvre et le directeur de l'école apparaît :
- MERDE, je n'ai encore jamais vu un bordel pareil!
Et Suzuki :
- Martine Aubry en arrivant à la tête du Parti Socialiste !!.

Tranquile

 

14/02/2011, 11:43 | Par akama en réponse au commentaire de livia vincent le 13/02/2011 à 20:59

@livia vincent,

 

Excellent ! Très marrant !

14/02/2011, 19:29 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de livia vincent le 13/02/2011 à 20:59

Clin d'oeil

13/02/2011, 21:17 | Par Yves Besançon

Monsieur Lemardelé, merci pour cet article qui nous éclaire sur les racines du mal, l'élitisme de notre système éducatif.....des racines profondément ancrées dans l'histoire de nos institutions éducatives, un domaine qu'il nous plaît toujours de découvrir sous votre plume d'historien avisé.

14/02/2011, 00:01 | Par christophe lemardelé en réponse au commentaire de Yves Besançon le 13/02/2011 à 21:17

Merci, mais pas si avisé, on a à juste titre précisé ou corrigé mon propos qui ne s'adressait d'ailleurs pas seulement aux professionnels de l'enseignement. Je voulais donné une vue générale d'un système qui est égalitaire théoriquement mais qui ne l'est pas du tout concrètement.

Quand j'étais au lycée, étant issu d'une famille modeste, je n'ai aucunement eu conscience de l'existence des classes prépa, je rêvais au contraire de l'université. J'ai découvert ces classes avec une amie qui était inscrite et qui en souffrait. Après avoir échoué, sa famille considéra son entrée à l'université comme une déception. Je trouve dommage de penser les études ainsi.

13/02/2011, 22:13 | Par Michel ALBA

Je trouve votre approche des problèmes de l'Ecole caricaturale.

1°) Un pays qui ne viserait pas à se constituer une élite par le système d'éducation ne serait pas un pays responsable. Le problème n'est pas dans la visée mais dans ses modalités. En Allemagne aussi existe un système élitiste par le Gymnasium mais en même temps des filières professionnelles beaucoup plus valorisées qu'en France. La moitié des grands patrons allemands viennent d'une formation professionnelle et pas de la formation des élites. Il semble que le système allemand, sans pour autant nier la nécessité de former une élite, soit plus démocratique que le système français.

2°) Le collège unique n'est pas d'un bloc. Il existe désormais depuis plusieurs années au sein même du collège des heures dévolues à la formation professionnelle, appelées DP3 (Détachement Professionnel 3 heures/semaine), qui concernent chaque années plusieurs élèves pris en principe dans les classes de 3è existantes (concrètement une seule classe de 3è est concernée, dont ces élèves au nombre de trois ou quatre dans la classe suivent normalement les cours communs mais ont alternativement des cours de formation professionnelle, 3 heures/semaine). Le collège unique vise donc aussi à préparer à la filière professionnelle.

3°) On ne peut pas laissé dire que le normalien ne serait pas recruté comme chercheur sur la qualité de ses recherches. C'est absurde. Pour faire une thèse il faut suivre un séminaire à l'université, publier ensuite des articles dans des revues au nombre minimum de sept pour ensuite postuler. l'agrégation ne sert à rien pour postuler. Nombre de chercheurs ne sont pas agrégés. Roland Barthes n'était pas agrégé.

J'ai parmi mes connaissances deux cas opposés. Deux spécialistes de Victor Hugo. Ils se trouvent qu'ils sont mari et femme. L'une a fait Normale sup de Saint-Cloud, l'autre vient tout simplement de l'université. Tous les deux sont devenus deux chercheurs reconnus de l'œuvre de de V. Hugo.

 

Je crois que les vrais problèmes sont là où vous ne les voyez pas. L'accès aujourd'hui à la méritocratie est devenue largement un problème de classe. Le savoir scolaire contient un implicite que ne dispense pas l'Ecole mais qu'elle présuppose comme allant de soi, comme acquis. C'est en grande partie ce qui fait la sélection des élèves et l'échec d'une partie des élèves, pourtant doués, travailleurs et intelligents, qui échouent aux concours en fin de Classes Prépa. Il y a heureusement des exceptions qui confirment la règle mais on sait bien que ceux qui réussissent aux concours de Normale sup ou à Polytechnique sont les fils de profs et de la grande bourgeoisie cultivée. De moins en moins les élèves issus des classes défavorisées.

Il est bien connu que l'Ecole maintient les écarts quand elle ne les aggrave pas entre les élèves qui peinent et les autres qui brillent. Le niveau monte mais pas pour tout le monde. Pour une toute petite élite, le niveau monte de manière fulgurante. Mais pour la masse des élèves, il baisse.

Nous n'avons pas encore trouvé de solution à la démocratisation de l'enseignement. Que faire ? C'est l'éternelle question. Et personne n'a en vérité de solution clé en main.

13/02/2011, 23:45 | Par christophe lemardelé

Merci pour les critiques constructives, il y a des désaccords de fond, bien sûr, mais aussi et surtout des précisions utiles. Pour revenir sur mon propos, je dirais que je trouve le collège trop général, le lycée trop proche dans sa forme du collège et ne préparant pas assez au travail universitaire, enfin l'université pas suffisamment valorisée puisqu'on ne parle bien souvent que du taux d'échec en première année.

Trois anecdotes:

1) à l'université, j'avais une enseignante très exigeante qui voulait de la réflexion dans les copies, j'ai eu de très bonnes notes avec elle tandis que des étudiantes venant de prépa ne réussissaient pas, j'étais fier d'être devant mais en même temps je n'ai guère trouvé utile que ces étudiantes reçoivent des notes humiliantes.

2) je connaissais une étudiante qui avait fait prépa bio et qui dut poursuivre à l'université car elle n'avait pas le niveau, à l'université, elle s'est ouverte au savoir et à la recherche et a fait un doctorat en éthologie, depuis, elle enseigne dans le second degré, elle n'a trouvé aucun poste universitaire et sa famille l'a peu soutenue pour son doctorat, diplôme peu considéré en France puisqu'il demande des années et peut vous conduire au chômage... (j'ai des collègues historiens qui ont renoncé, qui ne publient plus)

3) j'ai évoqué dans mon billet cet exemple: un poste d'histoire grecque dans une petite université, classé premier, un normalien ayant fait une thèse sur l'Orient ancien, classé second, une étudiante formée à l'université en histoire ancienne et archéologue de surcroît ayant fait une thèse en histoire grecque et fouillant à Chypre... cherchez l'erreur. Vient-elle du fait qu'une petite université se serait enorgueillie d'avoir un normalien dans ses rangs? Il paraît que dans certains lycées, les profs agrégés se mêlent peu aux profs certifiés... Les semblables ne sont pas des égaux.

14/02/2011, 00:47 | Par Michel ALBA en réponse au commentaire de christophe lemardelé le 13/02/2011 à 23:45

Vous savez, avec des anecdotes, on n'avance pas beaucoup dans la réflexion. Moi aussi je peux citer mille anecdotes qui contredisent les vôtres. J'ai l'exemple inverse, une amie précisément est passée pour obtenir son poste de sociologie devant une agrégée de sociologie alors qu'elle ne l'était pas. Vous posez, à mon avis, à travers ces anecdotes, le problème des copinages, des accointances. C'est un vrai problème, celui-là, qui n'a rien à voir avec la science.

Une idée (fausse, à mes yeux) qui est récurrente dans vos propos consiste à dire que les Classes Prépa n'apprendraient pas aux étudiants à réfléchir mais simplement à leur bourrer le crâne. Je peux vous certifier comme comme ancien de ces fameuses Classes Prépa (j'ai fait les deux, maths sup, maths spé/hypokhâgne et khâgne...!), ces classes apprennent d'abord et avant tout à réfléchir. Je ne parlerai pas des Prépa scientifiques, ce n'est plus mon domaine depuis fort longtemps, mais des prépa lettres. On y apprend à penser, en faisant des dissertations en lettres, en histoire et en philosophie. On ne se bourre pas le crâne avec des philosophies. Du moins, j'ai eu la chance d'avoir dans le grand lycée parisien où je me trouvais un prof de philo (du type d'Alain autrefois), par ailleurs psychanalyste mais qui ne nous parlait quasiment jamais de psychanalyse, qui nous apprenait vraiment à mettre une idée l'une derrière l'autre, bref à penser en dehors de la pensée des "penseurs professionnels" que sont les grandes figures de la philosophie occidentale qui ont leur intérêt en soi. Mais on n'est pas forcé de penser le concept d'Histoire à travers la philosophie de l'Histoire de Hegel.

Par ailleurs, on est obligé quand on suit un enseignement en Classe Prépa de suivre aussi pour certaines unités de valeur un enseignement à la fac qui est la seule à le dispenser. En lettres, exclusivement la langue du moyen âge (culture, texte, grammaire, traduction). Je dois dire que j'ai eu d'excellents profs de fac qui m'ont vraiment appris à traduire non seulement de l'ancien français en français mais à bien savoir traduire en soi. La traduction, c'est une science et un art, qui demande de savoir comme un peintre toute la palette du français. C'est à la fac que je l'ai appris. Vous me direz peut-être qu'il y a déjà un certain temps... En effet. C'était dans les années 1980. Il y a trente ans à peu près. Et il est vrai qu'en trente ans la situation à la fac s'est considérablement détériorée.

Mais il me semble que c'est aussi ce que font les profs à la fac. Le problème, c'est qu'en Classe Prépa, il y avait quelque 30 élèves dans ma khâgne, tandis qu'à la fac l'amphi est plein à craquer, et je me demande même comment les profs peuvent faire des cours et corriger sérieusement leurs copies.

Certifiés, agrégés, ils sont à la même enseigne. Les concours se ressemblent malgré tout beaucoup. Ce ne sont que des concours, il ne faut pas en faire des essences de la valeur des gens. Michel Foucault, quand il a passé son épreuve de titularisation du CAPES (je ne parle pas de l'agrégation!), l'a ratée... C'est tout dire.

En France, on souffre surtout de la maladie des diplômes. Vous sortez de Polytechnique, et vous voilà avec un passeport pour la vie. C'est ça qui est idiot et ne correspond à rien. On peut très bien être brillant à 20 ans et être un ingénieur nul à 40. C'est ainsi que se forme en France une oligarchie tout à fait détestable.

Bien à vous.

14/02/2011, 00:59 | Par Axel J en réponse au commentaire de Michel ALBA le 14/02/2011 à 00:47

"En France, on souffre surtout de la maladie des diplômes. Vous sortez de Polytechnique, et vous voilà avec un passeport pour la vie. C'est ça qui est idiot et ne correspond à rien. On peut très bien être brillant à 20 ans et être un ingénieur nul à 40. C'est ainsi que se forme en France une oligarchie tout à fait détestable."

 

Très juste, mais à l'envers c'est encore plus vrai

(qui fut le premier, de l'oeuf ou de la poule?):

C'est cette oligarchie qui impose, qui insuffle cette "maladie des diplômes", stratagème habile et moyen pour ceux de la Caste de confisquer héréditairement les postes-clé, tout en continuant à prétendre que non, ce n'est pas du privilège de caste, puisque c'est du "diplôme".

Que nous cessions de déifier le Diplôme, serait un signe que nous aurions regagné quelque indépendance de pensée.

Mais ils ne nous laisseront pas comprendre ça,

comprendre comme effectivement "c'est idiot et ne correspond à rien": pas fous, puisque ce serait scier la branche sur laquelle ils trônent.

14/02/2011, 09:57 | Par christophe lemardelé en réponse au commentaire de Michel ALBA le 14/02/2011 à 00:47

On souffre surtout de la maladie des diplômes

Je dirais pour ma part qu'on souffre surtout de la maladie des concours.

14/02/2011, 07:05 | Par bienavous

Merci pour votre article comme toujours très intéressant ainsi que les commentaires qui suivent. Une remarque : quand on parle de niveau, on aimerait bien savoir ce qu'on entend par là et comment on mesure sa hausse et sa baisse. A moins d'en rester à l'anecdotique. Comment affirmer que "pour une toute petite élite, le niveau monte de manière fulgurante. Mais pour la masse des élèves, il baisse."(Michel Alba) ? Prenons un cas précis : l'illétrisme. Je vous renvoie au numéro 1044 d'INSEE Première (octobre 2005) intitulé "Les compétences des adultes à l'écrit, en calcul et en compréhension orale". Il se trouve que dans les trois domaines étudiés les jeunes (18-29 ans) ont moins de difficultés que les plus âgées (60-65 ans) . 7% des jeunes de 18-29 ans éprouvent de grandes difficultés en lecture contre 22% des personnes âgées de 60 à 65 ans". L'expérience des enseignants est de première importance et il ne s'agit pas de nier les difficultés que rencontre l'école. Ni de nier qu'un pourcentage important (10, 20 % ?) de jeunes quittent l'école sans le minimum de connaissances requises. De là à affirmer que pour la grande masse le niveau baisse, je veux bien , mais il faudrait étayer autrement que par des anecdotes ou le remachage des émissions hebdomadaires de Finkielkraut.
Quand j'entends des parents bien installés dans la société dont les enfants poursuivent malgré les turbulences du collège leurs études vers les écoles les plus prestigieuses se plaindre qu'avant les enfants de prolos allaient à l'usine, et qu'aujourd'hui ils encombrent les bancs de l'école (il faudrait les renvoyer à l'usine mais les usines n'existent plus, il y a un hic dans ce généreux raisonnement) et détruisent l'enseignement, la culture, j'ai du mal à les suivre dans leur raisonnement qui se résume à ceci : les masses menacent la culture , il faut dissoudre les masses.

 

14/02/2011, 10:12 | Par christophe lemardelé en réponse au commentaire de bienavous le 14/02/2011 à 07:05

merci regnic pour ces précisions étayées concernant ce fameux "niveau" qui baisse, il faut en effet remettre les choses dans leur contexte, le niveau global monte et les élites ne sont jamais si bien portées... le pessimisme finkielkrautien ne tient vraisemblablement pas à ce qu'il observe de sa fenêtre à Polytechnique mais bien plutôt à son angoisse vis-à-vis d'un monde qui se transforme et le sien qui disparait peu à peu (le pauvre, il va devoir même concilier malgré lui islam et démocratie...).

14/02/2011, 10:01 | Par âge du faire

Vous dîtes; le système éducatif en France est inégalitaire!

Vous ne parlez que de ceux qui réussissent leurs diplômes!

Les Normaliens!!!

je suis une ancienne Normalienne, mais je n'ai que le Bac!!

Alors combien de Normaliens, par rapport à la population générale?

Donc, vos commentaires ne valent RIEN, car il ne s'agit plus de l'éducation nationale mais du pouvoir des diplômes!

Etoile machin, est la première à humilier les gens: "Révisez vos propos, vous n'y connaissez rien!"

Tous ceux qui écrivent, sont donc fort instruits!

Mais suivant mon "bon sens" j'ai appris qu'il y avait une différence énorme entre Instruction et Education!

L'Education Nationale instruit les élèves, mais n'éduque pas. Il y a fort longtemps, pourtant, les leçons de morale en primaire avait du Sens, il s'agissait d'un reste des valeurs morales, acceptées par tous, du Christiamisme. Elles ont été supprimées car on n'aimait plus la morale, la culture américaine était passée par là.

Il ne s'est jamais agi d'humilier contamment les élèves, sauf bien sûr des cas particuliers, pervers. j'en ai été moi-même victime, le temps de ce prof.

Il s'agissait de toujours évoquer devant les enfants même petits "LA FAMEUSE CONCURRENCE"

Elle pouvait parfois être bénéfique pour certains qui s'accrochaient pour avoir une bonne place future.

Mais maintenant, il n'y a plus de travail!!!!!!!

Ni pour des fonctionnaires, ni en usines!

Quand, il n'y a plus d'espoir, on n'a plus envie d'apprendre!

Maintenant, on va supprimer même les pauvres!

Il reste quoi?

Toutes les élites qui ont commenté sur ce fil!

14/02/2011, 10:23 | Par christophe lemardelé en réponse au commentaire de âge du faire le 14/02/2011 à 10:01

Je dis qu'il est inégalitaire car l'enseignement en France se fait d'une manière spécifique en vue d'un objectif élitiste, privilégiant pour cela la connaissance en terme de quantité plutôt que l'apprentissage méthodique en laissant une part d'autonomie grandissante à l'élève.

Je ne parlais pas que des gens diplômés tant trop de jeunes sortent du système en échec, sans diplôme (ce fut d'ailleurs mon cas après le lycée), un bon système devrait être suffisamment ouvert pour permettre la réussite en fonction de ses aspirations et non seulement de son niveau dans quelques matières générales qui font référence pour tout.

Par ailleurs, votre attachement à la morale - ponctué de tant de points d'exclamation... - peut difficilement coller avec des adolescents de lycée qui attendent autre chose qu'une morale inflexible, ils sont à l'âge où l'on espère être pris en compte, à l'âge d'une éthique plus responsable.

Quelqu'un plus haut me reprochait mon manque d'éthique dans mon billet, mais l'enseignement français est-il éthique quand il crée des blessés de l'école, ceux qui échouent bien sûr, mais même parmi ceux qui réussissent sans parvenir à s'épanouir ensuite?

14/02/2011, 11:23 | Par âge du faire en réponse au commentaire de christophe lemardelé le 14/02/2011 à 10:23

J'avoue que j'ai plus commenté...les commentaires précédents que votre article lui-même, car je suis entièrement d'accord avec vous. Finalement, je pense que le mot inégalitaire est mal choisi.

L'Education Nationale, pour tout son système d'éducation obligatoire, ne respecte PAS du TOUT la personnalité et les valeurs de chacun.

Je pense , que certains de ceux qui sortent du système peuvent être plus élitistes que ceux qui ont acquis des diplômes, uniquement parce qu'ils ont la chance d'avoir, une très bonne oreille depuis leur enfance, et qu'ils sont capables de répéter tout ce qu'ils entendent. Ce qui ne veut pas dire que ces gens là, ECOUTENT les autres et les respectent.

Le drame fut institué, par les socialistes qui ont voulu, par égalité mal comprise, mettre tous les enfants ensemble, alors que la pédagogie était restée la même, toujours faire valoir la concurrence, comme dans le système économique.

L'habileté manuelle qui prouve une grande qualité du cerveau, n'est jamais reconnue dans ce système, par exemple.

C'est en plus, du manque de travail, et d'avenir, ce qui fait le drame de ces pauvres enfants qui ne sont jamais reconnus, pour ce qu'ils vivent, ce qu'ils savent.

Et pour les Enseignants qui doivent obéir, et faire du chiffre, ces exigences peuvent les mener à un autre désespoir et la dépression pour ne pas aider les enfants, comme ils le souhaiteraient.

Au sujet de la morale....Vous ne croyez pas que (nos élites politiques qui sortent des grandes écoles ou pas en font preuve? )

C'est de cette morale là dont je veux parler.

(Les chefs détournent les fonds et la loi, pourquoi pas moi? et ainsi de suite.)

Finalement, j'espère que des jeunes comme vous, puissent entraîner dans des associations ou des forums, conférences etc les jeunes à communiquer entre eux, pas toujours virtuellement et TRAVAILLENT justement EN DEHORS de l'éducation nationale qui ne méritent même pas ce nom. OK?

Et les autres, les ambitieux et orgueilleux, on les laisse.

14/02/2011, 10:05 | Par Etoile66

La Rose du Sud détruit tout sur son passage pour rester la "seule"...

Bon courage Clin d'oeil dans ce monde ainsi construit !

14/02/2011, 10:27 | Par Annie Madarasz-Bauchet

Cet article m' intéresse particulièrement bien que je ne sois pas enseignante, n' appartenant ni de loin ou de près au milieu scolaire.

Je suis formatrice auprès des publics en situation d'illettrisme, j'aide des jeunes et des adultes à se réapproprier la langue écrite.

Il me semble fondamentale que les français-e-s, s'ils sont considéré(es) comme des citoyens et citoyennes puissent être capable d' assumer leurs droits et leur devoir être capable d'utiliser au quotidien la culture de l' écrit, écriture-lecture-mathématiques mais aussi, un minimum de base pour comprendre le monde dans lequel nous vivons.

L'actualité sociale, économique, politique, nous montre que le plus grand nombre de français-es- ne sont plus considéré-e-s comme des citoyen-ne-s par leurs représentants et leurs élus, mais comme une masse qui doit obéir au doigt et à l' oeil aux élites auto proclamées qui sont elles mêmes soumises aux dictats du Capitalisme qui ne se cache plus derrière le mythe de la démocratie.

Parfois je me dis que le fait de ne pas avoir fait de grandes écoles me permet aujourd'hui de garder une certaine lucidité qui semble ne pas être la qualité la mieux partager par ceux et celles qui se questionnent.

Le système faussement égalitaire de l' école française n'est pas le problème parce que le système scolaire français n'a jamais été égalitaire concrètement, réellement.

A mon avis le problème se situe ailleurs et la solution en découle directement: quelle de société voulons-nous?

 

 

14/02/2011, 10:50 | Par samines en réponse au commentaire de Annie Madarasz-Bauchet le 14/02/2011 à 10:27

Je vous rejoins aisément sur la nécessité de ne pas déconnecter la question de l'Education / Instruction de celle qui devrait interroger quant à la société dans laquelle nous voulons vivre.

Mais très vite vont se poser deux questions :

- Comment déconnecter une politique Educative d'une Politique sociale ? Parce que ne pas les lier est un non-sens. L'enseignement est un instrument au propos civique. L'égalité des chances, c'est quand le lièvre et la tortue sont sur la même ligne de départ. Il faudrait déjà parler d'égalité de droits. Ce serait un début à la fois plus humble et plus concret.

- Et la deuxième question interpelle le pouvoir des élites. Ils ont tout de même tendance à la jouer "cercle fermé". Comme toute communauté d'intérêt, celle des élites cultive l'entre-soi et le sectarisme pour garder le Pouvoir. Par définition, une élite installée fera tout pour entretenir un élitisme dont elle maitrise les rouages. Que peut un "Nous" qui souhaiterait plus d'ouverture et de renouvellement ?

A part faire une révolution, je ne vois rien.

14/02/2011, 11:39 | Par âge du faire en réponse au commentaire de Annie Madarasz-Bauchet le 14/02/2011 à 10:27

Personnellement, je me sens de plein pied avec vous.

Pour épanouir, un peu, les enfants et moi à LEUR SUITE, j'ai écrit en majuscule, parce qu'il s'agit d'un phénomène psychique. Je voulais aider mes élèves pour m'aider moi-même.

j'ai essayé de pratiquer les méthodes freinet. J'ai des merveilles dans ma cave, par exemple les compte-rendus d'un orage vécu par tous, en particulier des enfants de pompiers!

Mais ce sujet ne correspondait pas au programme!

Des journalistes locaux m'avaient même dit que ce que les enfants écrivaient étaient vraiment intéressant. Ils n'avaient que 9 ans.

Mais pour l'Inspecteur, je ne devais que suivre ses livres édités par ses soins grâce à d'autres Instits!

Je n'ai donc jamais eu les palmes académiques, ni aucune promotion!!!!!

Mais je me sens, que j'ai cherché et avancé sur le chemin comme vous madame, c'est l'essentiel.

Continuez. Personnellement, je ne peux qu'écrire mes souvenirs!

 

14/02/2011, 13:56 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de Annie Madarasz-Bauchet le 14/02/2011 à 10:27

"le système scolaire français n'a jamais été égalitaire concrètement, réellement. A mon avis le problème se situe ailleurs et la solution en découle directement: quelle de société voulons-nous? "

 

Absolument d'accord.

A cette question s'ajoute la suivante: "Quelle est la place de l'enfant dès sa naissance dans la société française?".

 

La "garde" d'enfants à côté du "ménage"...Quelle horreur ! La GARDE des enfants. Comme on "gardait" les oies. 

14/02/2011, 11:01 | Par denis bourgois

A méditer peut être pour mettre tout le monde d'accord :

"I never let schooling interfere with my education" (Mark Twain)

Je n'ai jamais laissé l'école interférer avec mon éducation

 


 

 

14/02/2011, 12:11 | Par samines en réponse au commentaire de denis bourgois le 14/02/2011 à 11:01

Ne pas tout attendre de l'Ecole, non plus.

Tout à fait d'accord.

14/02/2011, 11:11 | Par shadokskaîa

Quelques remarques :

Avant guerre, la France avait encore une filière technique estimable. J'ai en tête l'exemple d'un monsieur, qui était passé par là, inapte au 'lycée' et qui fut in fine professeur de phyique appliquée à l'Ecole de l'Air.

La partition études générales/études techniques, avec impossibilité de fait de passer d'un système à l'autre vient d'après guerre.

Quant à la fabrication des élites, il y a trois choix : soit on laisse les élites s'entre-former entre elles ( ce qui devient de plus en plus le cas ) et on les laisse gouverner le pays ad vitam aeternam.

Soit on donne leur éducation à tous, et on permet par là à d'autres personnes d'accèder aux milieux réservés > ce qu'on a baptisé : l'ascenseur social.

Soit on fait la révolution et on supprime les classes sociales.

Mais tant que la solution 3 n'est pas à l'ordre du jour, autant militer pour la solution 2, toute difficile à mener qu'elle soit. Le côté pyramidal de l'école n'est que le reflet de la pyramide sociale - regardez donc les différences de revenus en haut et en bas....

14/02/2011, 12:23 | Par christophe lemardelé en réponse au commentaire de shadokskaîa le 14/02/2011 à 11:11

La solution 2 n'est guère envisageable pour nombre d'élèves, même avec des quotas sociaux à l'entrée des grandes écoles car l'exigence est telle que l'écart se creuse entre lycéens issus des classes favorisées, allant dans les meilleurs lycées et bénéficiant d'un nombre important de cours particulier (système public + cours privés), et lycéens de banlieues difficiles ou de campagnes isolées. Pour que la solution 2 se réalise, il faudrait réformer l'enseignement des classes préparatoires et les concours des grandes écoles. Si le bizutage des classes prépas a pu être interdit, il ne doit pas être impossible de faire évoluer un enseignement qui n'a pour seule pédagogie que celle de l'humiliation par les notes... c'est un peu archaïque comme méthode d'apprentissage.

Autrement dit, peut-être est-il tout aussi urgent de réformer par le haut que par le bas. Pour faire en sorte que le modèle ne soit plus Sparte (avec ses initiations guerrières devenues initiations scolaires) mais bien vraiment Athènes.

Dernier détail archaïque du système: un agrégé gagne plus qu'un certifié, ce qui se justifie compte tenu du niveau du concours, mais pourquoi fait-il moins d'heures de cours (16 contre 18 au certifié)? aujourd'hui, ce type de distinction s'apparente tout simplement à un privilège.

Prolongement: est-il raisonnable d'enseigner à des collégiens quand on a le niveau de l'agrégation (un érudit face à une classe de 6ème...), ne pourrait-on pas scinder le secondaire en formant des enseignants spécifiquement pour le collège (mettant l'accent sur la pédagogie), donc des "certifiés", et des enseignants pour le lycée (mettant l'accent sur l'autonomie progressive), donc des "agrégés"?

14/02/2011, 12:54 | Par shadokskaîa en réponse au commentaire de christophe lemardelé le 14/02/2011 à 12:23

Les agrégés sont 'faits' pour le lycée. Les certifiés apparaissent pour le collège. Là, vous proposez de revenir au statut primitif, qui n'a sans doute pas été bien longtemps appliqué. La différence d'horaire tenait compte du fait que des classes de lycée nécessitent un travail à la maison plus important : les copies sont plus longues et les classes plus chargées. Malheureusement, cela signifie augmenter considérablement le nombre d'agrégés en France, et cela n'est pas possible du tout. Alors on ne distingue plus rien et on voudrait bien monter les enseignants les uns contre les autres....

A l'heure actuelle, les cocus de l'histoire sont les certifiés qui enseignent au lycée.

 

La solution 2 est en cours d'abandon, je ne le nie pas du tout. Et tout est fait actuellement pour qu'on arrive à la solution 1 - chacun chez soi, on ne se commet pas avec le peuple...

Quant à réformer le 'haut' .... pardonnez-moi, mais là vous allez vous heurter aux gens du haut, qui ne tiennent pas du tout à vous voir traîner vos galoches dans leurs plate-bandes.

Ne reste donc que la révolution. Ou pleurer.

 

15/02/2011, 10:41 | Par profil_inactif_145012

@etoile66

je ne sais pourquoi vous vous faites un plaisir de justifier le système français et me demande où vous avez vécu. Vos connaissances semblent trop livresques...

13/02/2011 20:06Par Etoile66

Je ne justifie en rien le système français, mais j'exprime mon désaccord envers une critique systématique de l'école française à laquelle on oppose des 'modèles' d'ailleurs mal-connus, mais qui sont toujours tellement mieux.

Mon éducation s'est faite en France puis j'ai vécu ailleurs aussi.

15/02/2011, 11:49 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 15/02/2011 à 10:41

mhjozoux,

vous devez mal lire ou lire sélectivement... OÙ avez-vous lu que je parlais de "modèles"??? Je n'ai JAMAIS utilisé ce terme ni ne l'ai pensé. Par contre, il conviendrait d'aller voir sur place ce qui se passe hors de France, et pas juste dans une seule école...

Ensuite je vous informe que ce que vous appelez "d'ailleurs" "mal connus" est pour moi la réalité vécue depuis plus de 35 ans... pour l'ailleurs, vous repasserez, je crois... et il me semble bien connaître le tout, dans à peu près toutes les régions...

 

Tiens, je suis repassée, ce matin en rentrant de la piscine devant cette école communale de village:

Une école sans grilles, sans portail d'entrée, sans surveillants ni carnet de correspondance... Reportage-photo 

et ai constaté que les enfants du primaire y apprennent aussi le Chinois par le JEU.

De gros caractères chinois (ou moins 1 mètre de haut) sont peints sur les murs...

Une façon de maîtriser l'avenir, car le Chinois est une langue qu'il faut connaître ou du moins comprendre dans les prochaines années, cela facilite les relations...

On en est encore très, très loin en France, me semble-t-il, dans les Ecoles primaires de l'Education nationale.

 

15/02/2011, 14:34 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Etoile66 le 15/02/2011 à 11:49

@Etoile66

Ne vous sentez pas visé comme ça. J'ai utilisé 'on', pas 'vous'.

C'est bien qu'on apprenne le chinois en s'amusant, pourquoi pas ? Quant à la fermeture ou 'grillage' on peut être pour ou contre - il faudrait penser à la sécurité des enfants aussi.

Mais on trouve en France, et ailleurs, des écoles charmantes où les enfants sont heureux d'apprendre. Tiens, j'en ai vu une à Besançon, où je me trouvais hier.

Vous assumez trop de choses sur les commentateurs avec qui vous différez : je ne connaitrais qu'une école d'après vous - et vous avez sûrement vécu ailleurs plus longtemps que moi - comment savez-vous tout ça ?

15/02/2011, 15:03 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 15/02/2011 à 14:34

" Quant à la fermeture ou 'grillage' on peut être pour ou contre - il faudrait penser à la sécurité des enfants aussi. "

 

Il faut surtout penser à les éduquer pour qu'ils soient responsabilisés et n'aient pas besoin d'être infantilisés et enfermés derrière des grilles, avec des "surveillants" car ils pourraient faire des "bêtises"...

Alors qu'hors de France, on apprend aux enfants à se prendre en mains dès le plus jeune âge, à prendre conscience des réalités comme les voitures, les vélos, etc... un enfant de 6 ans peut tout à fait le comprendre et s'y tenir s'il a conscience du danger.

 

Cette approche "sécuritaire" est assez infantilisante et absolument pas responsabilisante.

 

Si vous la comparez à cette entrée d'école primaire où passent les voitures tous les jours à tout instant et pourtant il n'y a aucune grille ni surveillance à l'entrée:

 

Ecole_Primaire_Entree_vue_de_la_rue_voit

La "sécurité des enfants" est-elle ici menacée?


Non bien entendu, car ils ont appris non seulement à lire et écrire, mais à marcher dans la rue...

C'est tout simple.

 

"Mais on trouve en France, et ailleurs, des écoles charmantes où les enfants sont heureux d'apprendre. Tiens, j'en ai vu une à Besançon, où je me trouvais hier. "

Certes, mais c'est le SYSTEME qui est infantilisant.

Que les enfants soient "heureux" c'est une autre paire de manches. Les statistiques montrent le contraire:

Les élèves français sont malheureux (vidéo Nouvel Obs)

Les enfants français n'aiment PAS l'Ecole. Pourquoi ? (rapport de l'Organisation mondiale de la santé)

 

Les enfants français n'aiment pas l'école. Est-ce étonnant ? (Blog de shadokskaîa)

 

Et voici l'école primaire française juste à quelques km de l'école sans grille dont j'ai mis la photo ci-dessus, vive la liberté, l'amour du beau et le bonheur:

 

Ecole_primaire_Grosbliederstroff-02.jpg

 

 

Entrée interdite à toute personne étrangère au service. Bien enfermés, bien protégés...Les parents sont contents.

Et les enfants ?

15/02/2011, 10:44 | Par profil_inactif_145012

@pescalun

plus l'université est prestigieuse, plus elle dispose de fonds propres qui lui permettent d'offrir des bourses tout aussi énormes aux étudiants de classe moyenne et pauvres

On revient toujours aux fameuses bourses ! Oui, parfois on attire certains pauvres méritants pour le premier semestre, après ça, rentrez chez vous...

15/02/2011, 13:25 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 15/02/2011 à 10:44

"On revient toujours aux fameuses bourses ! Oui, parfois on attire certains pauvres méritants pour le premier semestre, après ça, rentrez chez vous... "

Peut-être dans les pays que vous connaissez, mais il existe des systèmes démocratiques qui permettent aux étudiants n'ayant pas de moyens financiers d'étudier aussi bien que des enfants de gens aisés.

En ce qui me concerne, je pourrais vous citer le BaFöG que vous ignorez sûrement. En voici la traduction Google en français pas très exacte, mais qui en donne un idée.

Tiens, voici la traduction de Bavière.

C'est un système qui verse tous les mois un revenu qu'il est possible d'améliorer en jobbant un peu pendant l'année universitaire (sans payer d'impôts ni de charges) et qui a plusieurs options, dont une remboursable après le premier emploi, sans intérêts, à raison de 100 € par mois pour ceux qui le demandent indépendamment du revenu des parents. Pour d'autres, ces bourses sont totalement gratuites.

Des millions d'étudiants allemands et étrangers en ont profité et ont mené leurs études à terme.

J'en connais de nombreux de tout âge et de toutes fonctions.

Ce système existe depuis des décennies.

15/02/2011, 14:44 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Etoile66 le 15/02/2011 à 13:25

@Etoile66

Je parlais effectivement des Etats-Unis.

Vous parlez de l'Allemagne qui semble avoir un système proche de la Suède où les conditions de remboursement des prêts sont tout-à-fait raisonnables.

C'est un choix.

Ma préférence va aux études gratuites et aux bourses plutôt qu'aux emprunts et aux petits 'jobs' qui, à mon avis, rendent l'étude plus difficile.

15/02/2011, 14:55 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 15/02/2011 à 14:44

@ mhjozoux

"Ma préférence va aux études gratuites et aux bourses plutôt qu'aux emprunts et aux petits 'jobs' qui, à mon avis, rendent l'étude plus difficile."

Vous avez dû lire en diagonale.

Je n'ai pas parlé d'emprunt, sauf de la part d'enfants dont les parents ne donnent pas d'informations sur leurs revenus parce qu'ils sont suffisants. Ces jeunes choisissent d'avoir une vie étudiante financée pour moitié par l'Etat et pourtant quand ils seront employés ils gagneront plus que les ouvriers qui ont contribué à les financer mais ne gagneront jamais les mêmes salaires.

Il est donc normal qu'ils rendent à la collectivité au moins la moitié de ce qu'elle a avancé pour leur permettre d'étudier et de bien gagner leur vie plus tard. C'est un consensus social.

Quant à ceux dont les parents ont un faible revenu, ils n'ont pas besoin de rembourser, c'est ce qui est appelé en France "l'ascenseur social" et qui ne fonctionne plus depuis très longtemps.

Les "études gratuites" sont toujours au détriment des classes plus basses de la société qui n'en profitent pas et ne toucheront jamais les mêmes salaires que ceux qui ont étudié.

Je trouve donc le système du Nord de l'Europe beaucoup plus social et juste.

Quant aux "petits jobs", j'ai constaté que parmi mes étudiants, ce n'étaient pas ceux qui avaient les meilleures notes parce que papa et maman les finançaient qui avaient les meilleurs jobs plus tard, mais ceux qui avaient dû bosser et forger leur personnalité dans la difficulté... C'étaient des personnalités autrement "trempées".

C'est un leurre de pensée que l'effort et l'expérience variée pendant les études sont toujours négatifs. La pratique montre le contraire.

En tout cas, hors de France, pays où une "élite" est cajolée et cultivée sur le dos du reste du pays. C'est d'ailleurs le titre de cet article, fort juste.

Mais ce n'est pas le fait des pays du Nord de l'Europe et si on regarde les résultats... à presque tous les niveaux... ya pas photo...

15/02/2011, 16:46 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Etoile66 le 15/02/2011 à 14:55

C'est votre droit de trouver le système du Nord de l'Europe plus social et plus juste, et je suis d'accord pour la Scandinavie, quoique, y ayant vécu et étant en contact avec des enseignants, l'image donnée ne colle pas toujours à la réalité.

Pour l'Allemagne, je diffère. et je pense que l'élite en Allemagne est plus discrète, c'est tout, et l'élite française est bruyante et tapageuse en ce moment, et essaie de démanteler ce qui la dérange.

Travailler pendant ses études est un handicap sérieux, et un grand dommage pour cette époque si unique de la jeunesse. Je ne dis pas que les enfants de riches sont de meilleurs étudiants.

15/02/2011, 18:52 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 15/02/2011 à 16:46

"je pense que l'élite en Allemagne est plus discrète, c'est tout"

 

Vous "pensez", mais ne connaissez pas... vous vous en faites donc une imagination selon votre bon vouloir. Mais cela ne correspond pas aux réalités.

En fait, le pays est assez hostile au système "d'élite" pour des raisons historiques profondément ancrées dans la société.

Et le système en général laisse des passerelles à tous les niveaux qui permet à tous de faire des études tout au long de leur vie, tout est organisé justement pour qu'il n'y ait pas ce système élitiste que l'on voit en France qui est issu de la monarchie.

Les dirigeants de grandes sociétés ont par exemple commencé comme apprentis, n'ont pas du tout cette attitude hautaine vis-à-vis des ouvriers. Cela se retrouve aussi dans les negociations avec les syndicats. L'apprentissage est un facteur profond de cohésion sociale.L'ancien PDG de Daimler avait commencé sa carrière comme apprenti en mécanique, il y en a plein dans tout le pays qui sont aujourd'hui à la tête d'entreprises présentes dans le monde entier.

Beaucoup de mes étudiants avaient fait un apprentissage avant de commencer leurs études. Leurs parents leur disaient: "Si tu rates tes examens, tu auras au moins un métier". Ils étaient employés de banques, cuisinier, voyagistes, logisticien, etc... et travaillaient quelques heures par semaine dans le métier et l'entreprise où ils avaient fait leur apprentissage.

Ils avaient la tête bien sur les épaules et les deux pieds dans la réalité. Ce que je n'ai pas constaté lors d'échanges avec leurs homologues français qui n'avaient connu que l'école et les études...

 

 

15/02/2011, 10:48 | Par profil_inactif_145012

@caroline chevigny

Puisqu'il semble que vous souhaitiez comparer systèmes américain et sytème français entre autre (apparemment sans bien connaitre ce dont vous parlez, d'où ces lieux communs sur les universités américaines),je tiens à attirer votre attention...

Je ne souhaite pas comparer les systèmes américain et français. Je ne fais que citer en exemple.

Je n'ai pas à vous raconter ma vie, mais je connais assez bien les université américaines pour en avoir reçu un petit nombre de diplômes.

15/02/2011, 12:40 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 15/02/2011 à 10:48

"Je ne souhaite pas comparer les systèmes américain et français. Je ne fais que citer en exemple."

 

Tiens donc... "citer en exemple"...Clin d'oeil

15/02/2011, 14:52 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Etoile66 le 15/02/2011 à 12:40

@Etoile66

Et oui, on peut citer en exemple sur un sujet donné, une situation dans un autre pays, sans vouloir provoquer une comparaison systématique entre les deux pays.

En tout cas, je vous remercie, et un certain nombre d'autres commentateurs, d'avoir illustré la hargne avec laquelle toute opinion différente d'un dénigrement systématique de l'école française et de l'idôlatrie de l'ailleurs, est accueillie.

15/02/2011, 18:57 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 15/02/2011 à 14:52

Wow, "défense" très faible, ... pris au piège de vos écrits Clin d'oeil

 

Si vous lisez bien, les commentateurs ne font que replacer vos commentaires dans la réalité, et aucun d'eux n'a de "hargne".

 

Vous devriez éviter de mélanger les faits aux sentiments, cela rend malade Rire

 

 

16/02/2011, 10:42 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Etoile66 le 15/02/2011 à 18:57

@Etoile66

Vous parlez vous-même de défense et de piège - donc d'attaque.

Je trouve votre posture hargneuse et arrogante.

Vous parlez de LA REALITE dont vous pensez détenir le monopole.

Vos commentaires sont une excellente source pour l'étude du narcissisme. Tranquile

15/02/2011, 23:01 | Par Sebastien Rome

Bien qu'arrivant après la guerre, je laisse mon commentaire...

Rien n'est à jeter dans ce texte, la descrition est rigoureussement vraie.

On voit bien que l'un des verrous à toute évolution est la formation des enseignants qui reproduisent ce modèle : les bons élèves dans une discipline deviennent de bons profs de collèges et lycées et ne comprennent pas que leurs élèves ne percoivent pas à quel point le monde romain est essentiel pour comprendre le présent et qu'il y a un intêret à connaître le présent, par l'histoire...et cela 8 à 10 fois, c'est-à-dire pour chaque prof, dans la semaine de l'élève...

Alors que les enseignants du premier degré étaient recrutés, du fait même de l'organisation de l'école (certif, primaire supérieur, école normale...), dans les couches populaires, ce phénomène d'éloignement du public tend à renforcer cette tendance à l'élitisme ("ils n'ont cas travailler comme MOI je l'ai fait, les parents n'ont cas suivre leur enfant, le tenir...") du fait des réformes de la formation.

Seule une solide formation d'histoire de l'Education et de connaissances des systèmes scolaires étrangers permettraient de nous libérer de nos travers élististes (car le propre cette reproduction, c'est de ne pas vouloir être une reproduction mais bien de chercher le bien des élèves).

Mais tout ne se joue pas dans le corps enseignants. Il y a une demande forte de la part des familles de correspondre à ce modèle. Pour les élèves en échec, il y a le sentiement que l'école n'est pas faite pour eux ("oh...! le CM1, c'est difficile") et pour les autres, les bons élèves, on n'en demande jamais assez pour leur enfant (plus de notes, de devoirs, plus vite...) . Les classes prépa sont déjà dans les têtes.

La continuité entre du collège et le primaire peut être une première marche à cette évolution positive. Pour cela, une des pistes serait de supprimer les programmes du primaire et du collège et de fixer des objectifs commun...cela existe (cf mon billet ici)mais le chemin sera long...

16/02/2011, 07:36 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de Sebastien Rome le 15/02/2011 à 23:01

@ Sébastien,

tout ce que vous écrivez est exact.

Le terme "d'échec scolaire" est d'ailleurs purement français ! Comment peut-on dire qu'un enfant de 8 ans est en "échec" et ne pas lui permettre de développer ses immences capacités - qui ne vont pas dans le moule préfabriqué par les "élites" ?

Quel mépris de l'être humain.

16/02/2011, 10:44 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Etoile66 le 16/02/2011 à 07:36

La note la plus basse dans les écoles états-uniennes est "F" pour "Fail" qui veut dir "Echec".

16/02/2011, 11:54 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 16/02/2011 à 10:44

QUI parle ici des USA ?

Votre lubie ?

Le terme "échec scolaire" si souvent utilisé en France, ne l'est nulle part ailleurs sous cette forme.

16/02/2011, 13:17 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Etoile66 le 16/02/2011 à 11:54

@Etoile66

"Le terme "d'échec scolaire" est d'ailleurs purement français ! " dites-vous !

Je vous donne un contre-exemple tiré d'un pays que je connais un peu. Shool failure est une expression que chaque anglophone comprend très bien.

 

 

School failure is a process where a student slips farther and farther behind his peers and gradually disconnects from the educational system. The end result of school failure is dropping out before graduation.

La critique systématique de l'école française sert la sarkozie qui s'emploie à la détruire en détournant l'attention des revendications bien réelles des enseignants.

16/02/2011, 14:04 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 16/02/2011 à 13:17

"School failure is a process where a student... "

The end result of school failure is dropping out before graduation.

 

Vous vous rendez compte de ce que vous écrivez ?

Vous parlez de "graduation", nous parlons en France d'échec scolaire en école primaire où il s'agit d'enfants de 6 à 8 ans !!!

 

Et cela n'a RIEN à voir avec Sarkozy ou le PS, car cette vision de l'enfant traverse toute la société depuis des siècles.

 

 

16/02/2011, 14:18 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Etoile66 le 16/02/2011 à 14:04

Citation trouvée au hasard et facilement, et une expression que j'ai entendue dans le même contexte que celui dont vous parlez. Les élèves du primaire sont aussi appelés students, oui, comme les étudiants des universités.

 

 

On y parle d'un processus

 

 

http://www.humanillnesses.com/Behavioral-Health-Ob-Sea/School-Failure.html

 

 

La sarkozie s'inspire des Etats-Unis au moment même ou ceux-ci recherchent ailleurs, dont en France, d'autres idées. Hilary Clinton a été huée pour avoir complimenté la petite école en France.

 

 

 

16/02/2011, 14:48 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 16/02/2011 à 14:18

J'ajoute que non seulement le mot student s'utilise pour les élèves du primaire, mais le mot graduation aussi, et on remet déjà une attestation durant une cérémonie, à des enfants de dix, onze ans...

16/02/2011, 14:52 | Par Etoile66 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 16/02/2011 à 14:18

Je termine là ce "débat" avec vous qui n'en est pas un. Vous louez H. Clinton pour avoir complimenté "la petite école en France" et ne voyez pas les réalités internationales quotidiennes.

Comme quoi tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Rien à ajouter, les lecteurs honnêtes jugent par eux-mêmes.

 

C'est d'ailleurs pour cela que la majorité des enfants français disent ne pas aimer l'école, qu'ils se situent en 57ème position sur 57 pour la compréhension de la théorie qu'ils ingurgitent,

et que le BONHEUR

Les enfants sont malheureux à l'école en France © Nouvel Obs

n'entre pas du tout en jeu dans ce système... où 71% disent s'y ennuyer...

 

Vive H. Clinton !

 

Restez donc avec vos convictions d'avoir le meilleur système du monde, vous irez très loin, les enfants français aussi que l'on "garde" depuis tout petit comme des animaux et traite comme des débiles, tout comme la majorité des citoyens plus tard:

 

 

 

Tout est pour le mieux, ne changeons surtout rien... c'est ainsi que plus tard...

L'état de la Recherche en France et dans le monde - Philippe Even dans le Nouvel Obs 

pour qui voit le résultat dans les conférences internationales... bravo, c'est parfait, rien à changer.

Lorsque les Français y prennent la parole, baragouinant un anglais plus qu'approximatif - qu'eux seuls comprennent et dont ils disent le parler "couramment" - les autres préfèrent aller se promener, car ils comprennent mieux le papier écrit que ce qui est raconté au micro en "anglais"...

Les autres publiant en français ne sont lus ni par les Indiens, ni par les Chinois, ni par les Américains, sans parler de tous les autres pays...

 

On continue sur la magnifique lancée.

Je vous laisse à cet endroit...

 

16/02/2011, 15:01 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Etoile66 le 16/02/2011 à 14:52

 

Mais où lit-on que je loue Hilary Clinton ?

 

On sort l'artillerie lourde Tranquile et on retourne dans sa petite étoile.

17/02/2011, 18:18 | Par Michel ALBA

Monsieur Lemardelé, je suis parfois atterré par les concepts qui vous servent à penser les problèmes de l'éducation. Quand vous assimilez — de manière totalement arbitraire — les agrégés à des érudits et les certifiés à des pédagogues ! Comme s'il ne s'agissait pas au collège comme au lycée d'abord et avant tout d'enseigner ! Il existe aussi une didactique de l'enseignement pour le lycée, qu'on soit agrégé ou certifié. Votre distinction est aberrante, et n'a aucun sens. Il n'est pas inutile du tout que des élèves de 6è puissent bénéficier du savoir le plus érudit possible, que ce soit d'un agrégé ou d'un certifié ! Le problème n'est pas l'érudition du professeur mais sa capacité à en faire quelque chose avec les élèves. C'est avec les élèves qu'on construit un cours, pas autrement. L'érudition d'un professeur peut l'aider ce faisant à saisir au détour de l'avancée du cours qui se construit peu à peu l'occasion de mettre en évidence tel ou tel aspect de ce qu'est un conte, par exemple, parce que la chose vient comme naturellement dans le déroulé du cours et n'est pas une érudition plaquée, artificielle, que les élèves d'ailleurs dans ce cas ne comprendront pas et ne retiendront pas. J'ai pu en faire l'expérience encore cette année en 6è à propos des contes de Perrault. Les élèves de cet âge sont capables de comprendre et de retenir des éléments de compréhension de la nature des contes qui relèvent de l'érudition d'un Marc Fumaroli. Le tout est d'avoir le savoir-faire qui l'y amène. Pour être un bon professeur, à mon avis, il faut avoir le goût de la musique de jazz qui improvise. Il faut savoir improviser. Très souvent, je ne sais pas du tout comment je vais faire mon cours en entrant dans la salle de classe. Je me fie au savoir et aux lacunes des élèves et à partir de là, progressivement, les choses se mettent toujours en place. Mais ce savoir n'est possible que chez un enseignant qui possède sa discipline, qui a un savoir très étendu au-delà du niveau auquel il enseigne. Il peut alors se permettre de saisir toute occasion qui se présente dans le déroulé du cours avec les élèves pour mettre en relief tel ou tel aspect du cours susceptible de profiter aux élèves. Si c'est ensuite acquis par plus de 75% des élèves d'une classe, on peut raisonnablement dire que c'est gagné. Mais il y aura toujours les 25% restants. Ceux-là, quoi qu'il en soit, profite forcément de la dynamique positive d'une classe, même s'ils ne la "rentabilisent" pas autant. Nul système n'est parfait.

On peut aussi se contenter d'enseigner mécaniquement les choses. Par exemple, en 6è, le cours de français tourne durant toute l'année scolaire autour de la notion de "schéma narratif" liée à l'étude des contes. Notion qui vient de l'étude savante de Vladimir Propp sur les contes russes. Cet enseignement passe très bien auprès des élèves, il les rassure même. Mais un conte c'est autre chose qu'une structure, notamment les contes de Perrault, qui sont aussi une pédagogie très aristocratique, extrêmement élitiste, qu'il est possible de comparer — ce que j'ai fait avec mes élèves cette année pour leur plus grand plaisir — avec notre système éducatif fondé sur la méritocratie bourgeoise. Et les élèves comprennent très bien la différence. Et je ne suis pas sûr qu'ils ne préfèrent pas l'éducation aristocratique de cette fin du XVIIè siècle à la bourgeoise...!

18/02/2011, 14:31 | Par livia vincent en réponse au commentaire de Michel ALBA le 17/02/2011 à 18:18

@Michel

On peut résumé ainsi :

"Qui peut le plus peut le moins."

 

 

17/02/2011, 19:01 | Par christophe lemardelé

J'entends bien ce que vous dites, et c'est juste. En ce qui me concerne, je disais seulement que les élèves de collège ont besoin d'enseignants en mesure de les mener vers le savoir, donc avec beaucoup de pédagogie. Je ne crois pas que l'agrégation avec son niveau de savoir se concilie bien avec la pratique pédagogique, d'autant plus avec la disparition de l'année de stage à l'IUFM. Bien sûr qu'il y a d'excellents agrégés qui ont la fibre pédagogique presque naturelle, mais pour ceux qui ne l'ont pas... Il me semblerait logique qu'il y ait deux concours: un pour le lycée général avec 16 h de cours car le niveau est élevé et le travail de correction important, un pour le collège unique à 18 h de cours. Cela parce que même si c'est toujours le même métier, les méthodes ne peuvent être tout à fait les mêmes, cela permettrait aussi de mieux s'orienter professionnellement: après tout, certains préfèrent enseigner auprès d'enfants et d'autres auprès d'adolescents.

Je ne suis pas atterré par ce que vous avez écrit sur ce fil, comme sur d'autres fils d'ailleurs, car votre point de vue est important, je le lis, je le discute, je ne le condamne pas - quel intérêt aurais-je à le faire et de quelle autorité? D'ailleurs, c'est bien ce que vous faites aussi, après l'attaque et la caricature de ce que j'ai écrit - j'avais mis des guillemets à agrégés et certifiés -, vous discutez, vous exposez votre point de vue et c'est bien là l'essentiel. Bien à vous.

18/02/2011, 02:29 | Par Michel ALBA en réponse au commentaire de christophe lemardelé le 17/02/2011 à 19:01

Mais détrompez-vous. Une de mes collègues agrégée (15 h et pas 16) est celle-là même qui exerce dans l'établissement un magistère en guise de didactique de collège et qui elle-même d'ailleurs publie des ouvrages scolaires notamment de grammaire pour le collège mais aussi des fascicules de littérature, l'appareil critique des œuvres (vous confondez d'ailleurs "pédagogie" avec "didactique" : chaque fois que vous employez le mot "pédagogie", il faudrait employer le mot "didactique").

Il n'y a pas un collège où il y aurait "beaucoup de didactique" et un lycée où il y en aurait moins. Ça ne rime à rien, ni à aucune réalité. La réalité c'est qu'il faut de la didactique et en collège et en lycée pour amener les élèves au savoir. L'agrégation interne est fondamentalement basée sur la didactique. Une des épreuves de l'écrit est une dissertation de didactique à partir d'un groupement de textes ! Les agrégés d'aujourd'hui (agrégation externe) fonctionnent tous avec des méthodes de didactiques qu'ils apprennent sur le tas après leur concours. Mais vous savez qu'il existe au bout de la première année de stage une épreuve de titularisation qui tient obligatoirement compte de la didactique du français au lycée par l'inspecteur IPR qui la fait passer.

Mais vous savez, le Talmud dit que le savoir n'ira jamais vers celui qui ne va pas vers le savoir. Mon expérience de plus de vingt ans dans l'enseignement montre que c'est profondément vrai. Je ne crois pas du tout que l'Ecole puisse donner le goût du savoir à qui ne l'a pas. Je crois que ce goût est profondément un problème de valeur, et de classe sociale. Pour avoir longuement enseigné en banlieue difficile (douze ans), je sais d'expérience que la majorité des élèves des cités n'ont pas le savoir comme valeur. C'est là où l'inégalité se fait sentir. Aujourd'hui où j'enseigne dans les beaux quartiers de Paris, les enfants sont éduqués d'emblée avec le goût du savoir parce qu'ils appartiennent à des milieux plus aisés. Les seuls élèves qui ont du mal avec l'école sont précisément ceux qui n'ont pas ce privilège social.

Je dirai qu'il existe une catégorie d'esprit qui sont sans doute plus faits pour la recherche pure. Mais dans les sciences humaines, il est quasiment impossible d'être un pur chercheur. On doit forcément d'une manière ou d'une autre enseigner. Et même quand on enseigne au niveau d'une licence, il faut de la didactique. C'est évident. Je dirai que ceux qui n'ont pas la fibre pédagogique et qui malgré cela enseignent au lycée doivent beaucoup souffrir. Ce qui compte chez un prof, c'est d'abord la relation à autrui, qui compte aussi bien quand on enseigne à une classe de 6è que dans un séminaire à des étudiants qui ont une licence. Dans une classe de 6è, il est évident que la présence humaine du prof, les liens qu'il sait ou non tisser avec ses élèves à travers le savoir et sa transmission comptent davantage que face à de jeunes adultes. Mais je peux vous assurer que le savoir compte aussi énormément pour enseigner en 6è face à des élèves curieux et intelligents qui posent souvent des questions difficiles et pertinentes qui vous mettent au pied du mur. L'autorité d'un prof vient d'abord de sa maîtrise de la discipline qu'il enseigne, de sa capacité à faire face à des questions qui peuvent surgir à tout moment et auxquelles il faut savoir donner une réponse savante mais accessible à l'élève. Il est très facile de faire le savant devant des enfants mais beaucoup plus difficile de leur rendre compréhensible comme une chose allant de soi ce qui est compliqué à comprendre et à mettre en œuvre ensuite. Par exemple, en 6è, le cours de grammaire comme le travail d'écriture (rédaction) est en grande partie basé sur l'apprentissage des systèmes temporels des temps du passé. Ce sont des notions très abstraites pour les élèves et il leur faut bien une année entière pour mettre en place dans leur esprit et dans leur pratique d'écriture les différence d'emploi du passé simple et de l'imparfait. Je ne parle pas des temps composés comme le plus-que-parfait, qu'il est encore plus difficile de leur faire comprendre. Egalement la différence entre le système du présent et le système du passé, qu'ils ont tendance à confondre, à mélanger. Tout cela repose sur un savoir savant, celui qu'on trouve chez Benvéniste. Mais il est clair qu'on ne va pas et qu'on ne peut pas, même au lycée, sortir aux élèves un cours à la Benvéniste ! Il faut jouer le rôle d'une sorte de vulgarisateur sans déroger à la science, ce qui n'est pas toujours facile ! Loin de là. Même au lycée. Il s'agit toujours de rendre accessible un savoir complexe. Mais il est clair que la nature de cette complexité varie d'un niveau à l'autre. Mais pour les élèves, c'est toujours complexe. D'où la nécessité d'une didactique au lycée qui utilise les mêmes principes didactiques même si le contenu varie bien sûr. On n'aborde pas par exemple au lycée le problème de la description dans un texte narratif de la même manière qu'au collège. Mais au final, il s'agira dans l'un et l'autre cas d'une didactique de la description, qui est en vérité un problème fort complexe en soi et fort complexe aussi à enseigner.

Mais dans les textes qu'on peut étudier, parfois aussi les deux systèmes sont mélangés mais avec une intention de l'auteur qu'il faut alors expliciter, et tout cela n'est pas simple pour les élèves. Déjà le fait de reconnaître soi-même la complexité de l'objet à enseigner est un premier pas nécessaire pour le rendre clair à des élèves. Et à mon avis, on n'a réellement compris quelque chose qu'à partir du moment où on a su le rendre clair à des élèves. Le savoir érudit en soi, ça n'existe pas.

Bien à vous (mais je n'étais pas fâché...)

18/02/2011, 03:09 | Par Michel ALBA

Le bon prof, je dirai que c'est une sorte de chef d'orchestre qui sait gérer la parole dans une salle de classe. Savoir écouter ce qui se dit dans une classe, savoir entrer dans un processus intellectuel de questionnement, qui vous mène d'un point à un autre, c'est fondamental, et malheureusement c'est un exercice qui devient de plus en plus difficile pour les élèves, qui sont normalement très dissipés, même les bons élèves, qui n'en pâtissent pas trop mais qui pénalisent ceux qui ont davantage besoin de calme et de silence pour comprendre. La plupart du temps, il y a une énorme déperdition de la parole dans une classe. Si les élèves étaient à même de pouvoir retenir tout ce qui se dit dans un cours en une année, ils seraient très savants.

Bien trop souvent (et à mon avis, c'est un défaut très français), les élèves viennent à l'école avec l'idée (dans le meilleur des cas) qu'il suffit de recevoir du savoir, dans une attitude de consommateur de savoir, pour apprendre. Je dis souvent à mes élèves que tant qu'on ne prend pas le risque de dire une bêtise, tant qu'on ne participe pas à l'élaboration en commun du cours avec les autres élèves et le prof comme guide averti, on n'a aucune chance de comprendre quoi que ce soit. Le savoir se construit dans l'échange. Même les savants font comme ça ! Ceux qui sont les meilleurs élèves sont ceux qui partent du principe que rien n'est évident et que tout doit se construire dans l'échange, quitte à énoncer de temps en temps des énormités qui me font dresser les cheveux sur la tête... Mais ce qui est terrible aujourd'hui pour un prof, c'est la terrible éducation depuis tout petit chez les enfants à la passivité devant le savoir avec son pendant qui est le bavardage qui rend impossible à partir de la classe de 4è d'expliquer quelque chose de complexe dans un discours à la classe qui dépasse les trente secondes...! Ils zappent tout de suite. Cette culture de la passivité et du zapping aggrave bien sûr les conditions de la transmission et de l'élaboration des cours. Dans certaines classes agitées, si le prof ne prend pas en main les rênes, tout part à vau l'eau très vite. On a beau dire, ce n'était pas le cas dans ma génération, mais il est vrai que le collège était réservé à une élite (30 % d'une classe d'âge). Mais quand on a 30 élèves ou plus dans une classe qui bavarde, plus aucune parole ne circule, les forts se débrouilleront toujours tandis que les faibles coulent irrémédiablement. Et ce ne sont pas les profs les fautifs. Mais la société globalement.

18/02/2011, 11:27 | Par christophe lemardelé

J'entends bien tout ce ce que vous dites, votre point de vue est intéressant et louable. Je ne confonds pas didactique et pédagogie, mon désaccord avec vous vient de là, je souhaiterais que l'enseignement au collège soit moins didactique et plus pédagogique, plus en lien avec le primaire, et bien sûr le lycée didactique et avec beaucoup plus d'autonomie pour l'élève afin qu'il soit mieux préparé pour l'université - je souhaiterais donc une refonte totale du système. Mon point de vue n'est donc pas celui du Talmud car je ne crois pas à un savoir uniquement lettré ou scientifique, cela crée trop d'échecs, je ne crois pas à cette école de la dévalorisation (ou de la valorisation par l'échec des uns et des autres). Cette refonte ne viendra pas car si ce pays sait parfois se réformer, il le fait toujours à moitié en gardant ce qui existait auparavant, comme un tell archéologique, les strates s'accumulent.

Pour ce qui est de la valeur du savoir dans les familles, l'école publique donc démocratique est justement là pour tenter de gommer les inégalités sociales, et cela dans les deux sens, ce qui ne se fait pas: l'école propose la valeur du savoir intellectuel à un élève qui ne l'a pas dans sa famille mais elle devrait aussi être à même de proposer la valeur du savoir manuel à un élève qui ne l'a pas dans sa famille, c'est-à-dire qu'un collège vraiment démocratique ouvrirait toutes les possibilités aux élèves afin que ceux-ci soient en mesure de s'épanouir dans un ou différents domaines de savoirs, cela pour mieux choisir ensuite le lycée qui leur conviendrait. Evidemment, c'est être idéaliste de penser comme ça mais il y a une chose sur laquelle on devrait s'interroger: l'élève d'un milieu social défavorisé a moins de chances de réussir sa scolarité, mais l'élève de famille aisée réussit-il vraiment, c'est-à-dire, a-t-il vraiment le choix ou n'est-il pas plus ou moins contraint par son milieu de réussir dans des domaines bien ciblés, qui valorisent la famille mais pas forcément l'enfant et l'adulte à venir? Que l'on réussisse ou que l'on échoue, cette école est très loin d'être épanouissante. Quel sens du devoir et de la culpabilité avons-nous ancré en nous pour agir ainsi? L'école a besoin de sérénité, peut-être l'étude de quelques passages talmudiques alors...

18/02/2011, 13:16 | Par Michel ALBA

Mais qu'est-ce que vous voulez dire par "plus pédagogique" ? La gestion de la classe ? Le lien avec le primaire existe et est même institutionnalisé. L'autonomie des élèves fait aussi partie du projet d'établissement très souvent. C'est un objectif concret du travail en classe par tout un ensemble de mesures, prises en compte systématiquement dans les établissements scolaires. Les professeurs, l'institution par les structures mises en place agissent mais cela ne suffit pas forcément.

Je ne défends pas ici le savoir du Talmud. Je le prends comme exemple de ce qui existe dans la réalité scolaire. Pas de malentendu. Il est évident qu'on ne peut pas faire boire celui qui ne veut pas boire. Et il y a mille raisons de son refus de boire, et l'Ecole n'est pas forcément l'institution faite pour y répondre. Dans ma classe de 6è, j'ai trois élèves qui ne prennent jamais aucun cours. On a eu beau leur donner des cours de tutorat en plus, avec ces trois élèves, tutorat que j'ai personnellement assuré, on a eu beau voir les parents, le père et la mère, rien n'a changé. Ce sont deux enfants d'origine maghrébine et un enfant qui vient d'Ukraine, demi-délinquant à Kiev, trouvé dans la rue là-bas, et adopté qui parle parfaitement le français mais ne fiche strictement rien. En quoi l'Ecole peut-elle résoudre ces problèmes ? L'institution a fait son devoir, le reste ne lui appartient plus ; elle reste impuissante.

Je ne vois pas en quoi le lycée manquerait de ménager la part d'autonomie qui incombe aux élèves. C'est là aussi un objectif du lycée comme du collège depuis la 6è.

L'idée selon laquelle l'Ecole serait l'outil magique capable de résoudre les inégalités sociales par le mérite est une idée qu'il faut vous sortir de la tête. Elle est d'abord très française, très franco-française, et relève d'une idéalisation de l'Ecole qui n'a jamais correspondu à rien et ne fonctionne pas. L'Ecole valorise toutes les formes de savoir. L'Ecole met en place des filières vers le lycée professionnel à l'intérieur du système "collège unique". Mais bien souvent ce sont les élèves et les familles qui refusent d'y aller. Le problème est beaucoup plus complexe que vous ne l'imaginez.

Il est évident que le problème de l'orientation se fait tout naturellement dans les familles aisées. Se pose-t-il même vraiment ? Je ne suis pas sûr. Les élèves s'imaginent devenir médecin, avocat, ingénieur, etc. et en règle générale ils assurent au plan scolaire. Ils choisissent bel et bien ce qu'ils souhaitent devenir. A partir du moment où on est bon élève, on peut choisir ce qu'on veut. Moi, qui suis issu d'un milieu défavorisé, j'ai toujours voulu être le premier de la classe pour justement avoir le choix de faire ce que je voulais, et c'est ce qui est arrivé : au départ je voulais devenir physicien et j'ai fait les classes prépa pour le devenir ; j'ai ensuite perdu la foi dans la science et la vérité qu'offre la science, et j'ai complètement changé d'orientation, je suis entré en hypokhâgne dans le même grand lycée parisien. Quand on est doué à l'Ecole, on fait ce qu'on veut. Ce sont les autres qui subissent l'Ecole à des degrés plus ou moins fort. Mais on peut très bien être un mauvais, voire un très mauvais élève et néanmoins réussir plus tard brillamment sa vie, devenir par exemple un bon chef d'entreprise, ça existe bel et bien. Mais ce n'est pas pour autant que l'Ecole a échoué pour ce genre d'élève. Cela signifie simplement que tel élève a trouvé sa voie plus tard, a su se débrouiller dans le labyrinthe des savoirs pour faire sa place plus tardivement, une fois devenu adulte, plus conscient de lui-même, plus mûr. Mais le savoir qu'il a acquis pour ce faire est celui que l'Ecole dispense sans conteste.

Personnellement je n'ai aucun a priori sur l'Ecole. On ne sait pas en outre ce qu'est l'intelligence. Il serait néanmoins faux et illusoire de se cacher que la nature est cruelle et inégalitaire, que les élèves sont au départ inégaux devant les capacités intellectuelles. Mais ce n'est pas forcément parce qu'on est bête qu'on ne réussit pas à l'Ecole. Les élèves par ailleurs attendent leurs notes avec un souci naturel, la notation a un sens pour eux, non pas comme on le dit trop souvent par défi avec le voisin mais par défi d'abord et avant tout avec soi-même. Combien de fois j'ai entendu les parents me dire que leur enfant avait été fier de revenir à la maison avec une bonne note en rédaction, et je vous assure que n'entre dans leur sentiment aucune idée d'être meilleur ou pas que son camarade. Non, c'est avec eux-mêmes qu'ils se battent. Il faut voir combien des élèves qui rencontrent des difficultés de compréhension sont heureux et comme leurs visage s'illuminent quand ils donnent une bonne réponse à une question qui se pose à la classe. Leur joie vient simplement du fait qu'ils ont alors le sentiment justifié de maîtriser un problème, que la pièce mentale où ils se trouvent dans leur tête s'allume et qu'ils y voient clair. Ce serait une très mauvaise affaire que de supprimer les notes, contrairement aux idées qui traînent à gauche avec les meilleures intentions du monde, mais qui ne tiennent pas compte du sentiment des élèves eux-mêmes. La note, c'est son salaire, pour l'élève, et il y tient ! C'est un repère pour lui, et il n'a pas tort de la considérer sous cet angle.

A mon avis, ce sont les gens comme vous, qui investissent trop de sens dans l'Ecole, qui créent artificiellement une culpabilité qui ne devrait pas être. Il est faux de dire que les élèves sont mal à l'aise à l'Ecole. Certains sont anxieux, c'est vrai. Mais dans l'ensemble, quand le milieu social est correct, solide, pauvre ou riche, les élèves sont heureux à l'Ecole. J'ai toujours constaté, même dans le 93, que les élèves qui réussissaient à l'Ecole venaient de familles équilibrées, sans problème majeur du point de vue de la bonne entente qui pouvait y régner dans la fratrie et les parents, où ils avaient toute l'affection dont les enfants ont besoin de la part de leur milieu familial, quels que que soient par ailleurs les problèmes d'ordre matériel. Mais dès qu'une famille part en vrille, ce sont les enfants qui trinquent, logique. On le constate tous les jours quand on enseigne. Ceux qui sont armés psychologiquement pour affronter les efforts nécessaires, pas forcément drôles il est vrai — mais il n'y a pas d'apprentissage sans contrainte et sens de l'effort —, peuvent les assumer, pas les autres qui ont le cerveau entièrement préoccupé d'affaires privées qui n'ont rien à voir avec l'Ecole. Ceux-là, l'Ecole ne peut pas leur apporter ce qui leur manque, ce n'est pas de son ressort. On peut cautériser une plaie sociale, mettre un emplâtre, mais la catastrophe sociale ne peut pas, à mon sens, ne doit pas, être réparée par l'Ecole. Il n'est pas bon de charger la barque de l'Ecole qui en est encombrée et qui finit par sombrer sous la charge. C'est à la société, aux politiques de la ville, d'urbanisme, etc. à résoudre des problèmes qui n'appartiennent pas à l'Ecole. L'Ecole n'est pas une grande Mère dispensatrice de tous les biens.

Mais autrement, je peux vous assurer que les élèves s'épanouissent à l'Ecole. Ils font des expositions de peinture et je voudrais que vous voyez un peu la qualité de leurs travaux ! ils rédigent un journal, ils voyagent à travers l'Europe, en Pologne, en Russie, en Espagne, en Angleterre, en Allemagne. Ils se font des petits copains et des copines dans les quatre coins du monde ! Dans l'ensemble ils sont heureux à l'Ecole. Les anciens qui sont en classes prépa ou au lycée reviennent nous voir avec plaisir et nostalgie.

Le Talmud ne s'étudie pas à l'Ecole. On peut en 6è (c'est dans le programme) étudier des extraits de l'Ancien et du Nouveau Testament. En général, j'étudie quelques extraits de la Genèse, les passages les plus célèbres, qui servent ensuite dans l'enseignement de la littérature, y compris en lisant Le gentil petit diable, de Pierre Gripari, et je leur passe le DVD La Bible dévoilée, d'Israël Finkelstein et Neil Silberman, et je peux vous dire que les élèves adorent !

18/02/2011, 15:00 | Par christophe lemardelé

Pour le Talmud, je plaisantais... l'expression "les gens comme vous", ça veut dire quoi? Si vous êtes satisfait de cette école-là, tant mieux. Mais si vous êtes heureux, tout le monde ne l'est pas. Pour ce qui est de la pédagogie, je pensais à des méthodes d'apprentissage plus individualisées et plus actives, plus un enseignant qui accompagne qu'un enseignant qui parle. Mais je comprends que l'on puisse être très attaché à la figure du maître.

18/02/2011, 15:53 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de christophe lemardelé le 18/02/2011 à 15:00

Mais je comprends que l'on puisse être très attaché à la figure du maître.

Tiens, là, vous voyez juste ! trop drôle ...

19/02/2011, 18:08 | Par christophe lemardelé en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 18/02/2011 à 15:53

En ce qui me concerne, je n'y suis pas attaché, surtout pas celle du maître et de sa férule - le maître façon Socrate, ça oui, mais on est plus âgé.

19/02/2011, 19:29 | Par danivance

 

Billet et commentaires très intéressants. Grand merci M. Lemardelé.

Je ne suis pas enseignant, mais ayant suivi de près la carrière d'un instituteur devenu conseiller pédagogique, mon père, je suis sûr que l'école primaire serait bien plus efficace si le ministère laissait les enseignants maître des réformes à faire. C'est là où se trouvent les compétences techniques et les capacités d'analyse.

Il y aurait moins de compétition, moins de stress, plus besoin de notes dans l'enseignement si la société acceptait de payer à un employé de grande surface le même salaire qu'un docteur en droit, où le contraire.

La grande idée de l'école républicaine c'était l'égalité des chances, mais cela ne marche que si la société, nous, tous les citoyens, sommes d'accord pour l'égalité dans les autres domaines aussi, salaires, santé, retraite. Autant dire que ce n'est pas pour demain.

Tant que certains penseront qu'un chirurgien bac + 12 est 12 fois plus utile qu'un maçon et doit donc gagner 12 fois plus, cela fabriquera de la compétition donc du stress.

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