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May

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En France comme en Europe, les restructurations du secteur public sont arrivées !

Contrairement à pas mal d'idées reçues, les restructurations ne sont pas le privilège du secteur privé; elles affectent aussi le secteur public.

Regroupement des services du ministère des finances, révision générale des politiques publiques, loi sur le service minimum dans les transports ferroviaires, réformes des régimes spéciaux dé retraites, fusion Gaz de France Suez, autonomie des universités : en France comme en Europe le travail « public » évolue et se réorganise en profondeur, prafois de manière "douce" , parfois beaucoup moins. de ce point de vue, les mesures préparées en France par le Ministère de la Fonction Publique ressemblent fort à des choses déjà vues..dans l'industrie. Mais qu’en est-il chez nos voisins ?  

Contrairement aux idées reçues, les effectifs du secteur public ne déclinent pas dans l’Union. Ainsi, en dépit de leur libéralisme, il s’est accru, sauf en Hongrie, dans tous les pays d’Europe centrale: en Pologne, comme dans les pays baltes, il a progressé de plus de 15% en 3 ans. A l’Ouest il a augmenté fortement en Belgique, et de manière non négligeable, en Irlande, en Suède ou en Angleterre, alors qu’il s’est réduit de près d’un tiers en Autriche et a légèrement décru en Italie, en Espagne ou en France. Ces chiffres pourtant ne traduisent pas tout. Il y a d’abord les privatisations, par transfert d’administrations ou d’entreprises publiques: c’est le cas en Europe de la quasi totalité des télécommunications, ou, sauf en France et au Luxembourg, de la majeure partie du secteur postal.

 

Il y a aussi l’externalisation d’activités vers le privé : services de gardiennage et d’accueil, services de restructurations puis maintenance technique et informatique, services de renseignements au public…. Aujourd’hui « nationale », cette externalisation pourrait demain passer les frontières et ne plus se limiter aux tâches périphériques du secteur public. Il y a enfin tout le courant de «déconcentrations publiques » par transfert de compétences vers les collectivités locales ou régionales, chez nous mais aussi en Espagne, Belgique, Suède ou en Grande Bretagne. C’est beaucoup moins le cas en Europe de l’Est, où les gouvernements nationaux restent ici encore très frileux. Enfin, il y a la constitution de multiples autorités administratives régulatrices « indépendantes » ou d’agences spécialisées, souvent issues de la construction européenne, qui a beaucoup facilité la concurrence, l’ouverture comme la surveillance la concurrence des marchés. Qu’il s’agisse d’évaluer la qualité de la formation, de réguler les marchés financiers, l’audio-visuel, les médicaments, l’énergie et depuis peu le transport ferroviaire, l’Europe a vu pousser "agences" et "autorités" comme des champignons de la Roumanie au Danemark, du Portugal à l’EstonieDu côté des personnels, les transformations ne sont pas moindres. Si le statut des « anciens » a parfois été maintenu, l’embauche de nouveaux s’est faite avec des contrats de travail « privés » : en Allemagne, seule la moitié des agents publics sont « fonctionnaires ». Dans les pays de l’Est, le statut public ne concerne souvent que les personnels des administrations d’Etat, tous les autres relevant du secteur privé. La question des licenciements est rarement posée – encore qu’à lire ce que prépare en France le ministère de la fonction publique, on y vient.. - mais les réductions d’effectifs ont été massives, notamment par le biais du non remplacement des départs en retraites. Et il faudrait citer bien sûr les nouvelles méthodes de management, un accent sur les performances individuelles, la culture de résultat, de nouveaux modes de concertation collective, etc. Bref du côté des structures et des « employeurs « publics, les transformations sont à la fois profondes et complexes. Contrairement aux idées reçues, l’activité publique, s’est, comme hier l’agriculture, aujourd’hui l’industrie ou les services, restructurée. Tout y est : modifications du capital, concentrations, scissions, fusions, nouvelles méthodes, nouveaux indicateurs, nouveaux types et statuts d’emplois, souvent plus précaires. L’administration immobile ? A l’évidence non. Par contre que ses méthodes, que les outils des changements soient discutés, contestés ou contestables, certainement. Et ce sans parler de leurs finalités. Car il est des pays européens, dont le nôtre, où ces transformations rendent le secteur public si flou qu’il devient difficile de dire ou il va, qui décide de quoi, qui fait quoi et qui est responsable, de discerner ce que devient l’Etat et, partant, l’intérêt public.

Tous les commentaires

Un secteur que vous citez et où le recul sur la privatisation est maintenant important est celui des télécommunications. Une question, parmi beaucoup d'autres. Qui va financer la maintenance et le développement du réseau fixe dont la qualité impacte toutes les communications, fixes, mobiles, internet ? Une dégradation de la qualité est perceptible dès maintenant. Le changement de technologies n'en est pas le seul responsable. A suivre..;Quant au personnel avec plus de 40 000 personnes parties à 55 ans et en 10 ans en congé de fin de carrière.....

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