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[Théâtre] Les tréteaux du surréalisme

On a beau être né à la modernité, via, assez jeune, la découverte du surréalisme, on n’en a pas moins négligé « le théâtre surréaliste », moins réputé, il est vrai que la poésie ou la peinture surréalistes. Mais le spectacle de Roger Vitrac au Théâtre de la Ville (mars) et le beau succès de « Ses enfants au pouvoir » marquent une découverte et un questionnement.

Créé en 1928 à la Comédie des Champs-Elysées par le « Théâtre Alfred Jarry ». A.Jarry et « Ubu »,  justement, grande référence de Roger Vitrac (1899/1952).

Il a l’âge du dadaïsme, puis du surréalisme. André Breton devient son mentor, à ses côtés il prépare la nouvelle revue surréaliste qui s’intitulera la « Révolution Surréaliste ».Particulièrement inspiré il écrit plusieurs pièces., rencontre Antonin Artaud avec lequel il se lie. Cependant cet attrait du théâtre le détache d’A.Breton, qui juge plutôt méprisable ce type d’activité littéraire. R.Vitrac sera de ceux qui participeront à la rédaction d’un « Cadavre », sorte d’exécution conceptuelle du « Pape du surréalisme ».

Et c’est bien là qu’on s’interroge sur la représentation du Théâtre de la Ville de « Victor ou les enfants au pouvoir » dans la mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota. La pièce fonctionne à la perfection  dans le sens où les personnages, incarnés par des acteurs talentueux et rodés donnent l’illusion du spectaculaire. Les coups en douce du « géant  en culottes courtes »,Victor dont on  fête le neuvième anniversaire dans un appartement cossu, où se côtoient familles et amis notoirement bourgeois. Les parents de Victor, sa petite copine  les Magneau , voisins dont Victor a tôt fait de révéler les relations adultérines avec les siens , un général comme on les aime dans les opérettes. Une certaine Isabelle Mortimart, pétomane de service, fera sursauter l’assemblée avec ses effets de potaches qui nous ramènent à « Zéro de conduite » le film de Jean Vigo.

Pourtant, dans le même temps la première phrase de Victor dans la pièce est

« Et le fruit de votre entaille est béni » (sic). On devine  que le travail de R.Vitrac se porte ainsi, sinon particulièrement,  sur les mots, le verbe avec tout l’inconscient qu’ils peuvent véhiculer :  sens premier de la vocation surréaliste dont est empreinte l’essentiel de l’activité de ses poètes qui en façonnent une esthétique inoubliable et incontournable. Ne pas confondre avec une certaine dérive discrète qui interviendra avec le « théâtre de l’absurde » ; tel un Ionesco, même si le « Rhinocéros », par exemple, fixe bien un théâtre proche. Cette vision opérera après la seconde guerre mondiale et sanctionnera une autre réalité qui a souvent été théorisée par des philosophes.

Pour autant la mécanique d’E.Demarcy Mota fonctionne à merveille avec une troupe d’acteurs et d’actrices incarnant au plus près la démagogie de ce que l’on appellerait un « affreux jojo » mais qui se termine sur des notes de

mort. Le soir de notre présence l’enthousiasme d’un public jeune était quasi irrésistible !

Claude Glayman                       

 

Roger Vitrac : »Victor ou les enfants au pouvoir » Folio . Chez Gallimard, 4 volumes présentent le Théâtre de R.Vitrac.

 

Mots : l’Enfance / L’adultère / Pétomane / Le conflit parents/enfants. Bourgeois.

Tous les commentaires

03/04/2013, 19:03 | Par claude glayman

4 représentation  de "Victor et les enfants au pouvoir"

à Rennes du 4 au 13 avril 2013

au Luxembourg du 18 au 19 avril 2013

à Cergy-Pontoise du 25 au 26 avril 2013

à Reims du 30 avril au 4 mai 2013

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