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20
Aoû

MEDIAPART

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La République blessée

Nul n’a le droit de se réjouir de ce qui arrive. C’est la confiance envers le personnel politique qui est piétinée. Qu’un ministre mente les yeux dans les yeux et nie avoir dissimulé un compte en banque est une chose. Que ce ministre persiste dans son mensonge devant la représentation nationale après les révélations d’un journal, attende le dernier moment pour passer aux aveux sachant que l’enquête diligentée allait aboutir, donne un aperçu de la haute conscience républicaine du personnage. Cet homme a blessé la République, moqué la représentation nationale, manqué au devoir de sa charge.

Notre République, depuis la présidence Chirac et plus encore sous celle de Sarkozy, souffre d’une inadéquation à notre époque. On demande au citoyen de plus en plus d’efforts financiers et au même qui est également producteur de richesse, de plus en plus de productivité sans jamais qu’il perçoive une amélioration de son sort et sans qu'il puisse intervenir sur le cours des choses entre deux élections. En revanche, l’argent porté au pinacle, éclabousse les écrans, reste le critère d’honorabilité retenu par les médias et si un scandale éclate, c’est celui qui l’a dénoncé qui est cloué au pilori. L’affaire Cahuzac n’en est qu’à ses débuts, d’autres rebondissements sont à venir, beaucoup de questions sont restées sans réponse comme celle de l’origine des sommes déposées. Le pouvoir semble disposer à laisser la justice faire son travail, tant mieux, il serait désastreux qu’il en fut autrement.      

Le ministre du budget Cahuzac, Jean-Pierre Kucheida dans le nord, Guérini à Marseille, Navarro à Montpellier, les Balkany à Levallois, autant d’exemples de personnages publics usant de pratiques qui confortent la justesse des analyses de ceux qui réclament une 6e République dotée d’une Constitution où la souveraineté populaire serait affirmée, la justice soutenue et respectée, la liberté de la presse garantie, les droits et les devoirs de chacun précisés et exigés et où le premier magistrat du pays ne bénéficierait pas d’une immunité durant son mandat étendue à ses conseillers comme c’est le cas encore aujourd’hui.

« On est dans un système de monopolisation du pouvoir, qui est la conséquence même de notre Constitution. Cela étant, je ne pense pas que ce soit le pouvoir qui corrompe. C’est la peur de le perdre. »

Eric de Montgolfier

 

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