Thématiques du blog
Intrusions policières dans l'Ecole
Il apparaît que certaines sont sans précédent, sans pourtant susciter autre chose que le communiqué emberlificoté de mardi soir du ministre de l'Education nationale.
On se contentera de citer deux ‘’exemples’’. Le premier est signalé par le Réseau Education Sans Frontières 38 ( Isère ). " Hier [ le samedi 29 novembre] s’est produit un fait très grave à l’école du Jardin de Ville, à Grenoble. A 15 H 45, un père de quatre enfants ( un de moins de trois ans, deux scolarisés en maternelle et un en CE1 à l’école du Jardin de Ville ) est venu, accompagné de deux policiers en civil, chercher ses enfants, pour ‘’un rendez-vous en préfecture’’, ont compris les enseignants. A 19 H, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon. Ils y ont dormi. Ils étaient injoignables hier soir. On a réussi à les joindre tôt ce matin aux cabines téléphoniques du centre de rétention. Ils étaient paniqués. On a prévenu le centre que la CIMADE, seule association ayant le droit d’entrer dans les centres de rétention, irait voir la famille ce matin. Arrivés au centre, les militants de la CIMADE les ont cherchés, sans succès : la famille était en route pour l’aéroport, leur avion décollant une demi-heure plus tard. Ils ont été expulsés ce matin. Leurs chaises d’école resteront vides. C’est une première en Isère : la traque des étrangers pénètre dans les écoles. Nous vous demandons de bien vouloir faire circuler cette information le plus largement possible. Personne ne doit pouvoir dire ‘’on ne savait pas’’ ".
Le deuxième ‘’exemple’’ est en bonne place du quotidien " La Dépêche " du 20 novembre . " Auch. La descente de gendarmes émeut à l’école des Métiers. Le récit d’un prof choqué. Patrick Poumireau se définit comme un ‘’professeur qui ne manque jamais de faire contre la drogue une prévention qu’il juge intelligente’’. Ce petit fils de gendarme se dit pourtant choqué par ce qui s’est passé lundi à Pavie. ‘’Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Il mord le sac d’un jeune à qui l’on demande de sortir. Je veux intervenir, on m’impose le silence. Une trentaine d’élèves suspects sont envoyés dans une salle de classe pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d’enlever leurs chaussettes, l’un d’eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs. Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un ordinateur endommagé ; on lui dit en riant qu’il peut toujours porter plainte. Ailleurs, on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : " Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto’’. Je me dis qu’en 50 ans, je n’ai jamais vu ça. Ce qui m’a frappé, c’est l’attitude des gendarmes : impolis, désagréables ; sortant d’une classe de BTS froid-climatisation en disant : ‘’Salut les filles !’’ alors que , bien sûr, il n’y a que des garçons ; et les félicitant d’avoir bien ‘’caché leur came et abusé leur chien’’. C’est en France, dans une école, en 2008 ".
PS: A la suite des ''alertes'' effectuées par quelques blogs ( comme ici ), quelques journaux ont parlé de ces affaires hier, et même le journal de 19 H de France III. Si bien qu'un communiqué du ministre de l'Education nationale a été diffusé mardi soir dans lequel Xavier Darcos s'étonne"des conditions dans lesquelles des forces de gendarmerie ont pu pénétrer" dans l'établissement scolaire" accompagnées de chiens dressés à la recherche de stupéfiants"en rappelant qu'il existe "dans la quasi totalité des départements, comme dans le Gers depuis 2006, des conventions de partenariat entre les ministres de la Justice, de l'Intérieur et de l'Education nationale permettant de concilier l'efficacité de l'action judiciaire et le respect de l'intégrité des établissements scolaires où la pédagogie préventive est à l'oeuvre quotidiennement". Le ministre demande qu'en cas d'intervention de la force publique à la demande de l'autorité judiciaire, "cette intervention respecte les termes de ces conventions"


Tous les commentaires
. C'est important de le faire savoir. . jpylg
Moi je vote pour n'importe qui dont le programme électoral commence par "Mise à pied définitive de tout fonctionnaire de police ayant, de près ou de loin, participé à des actions abusives envers la population, quel que soit son grade et son ancienneté". Ca fait faire sérieusement grossir les rangs des chômeurs, mais tant pis, ca le vaut.
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
De même. Choqué, boulversé, scandalisé. Y'a pas de mots...
Vous oubliez plus grave: « Seules trois personnes à la direction et la secrétaire générale de la Chambre de métiers étaient au courant de l'opération. « Justement, on l'a fait dans les classes pour éviter que le téléphone marche. » Mais il se félicite des prises somme toute restreintes. Preuve que la prévention est efficace. http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/20/495638-Auch-La-descente-de-gendarmes-emeut-a-l-ecole-des-Metiers.html On peut comprendre des actions antidrogue à l'école et avec la police gendarmerie. La façon de faire si elle est exacte, est insupportable. On ne vaut pas mieux que bien des dictatures sans foi ni loi. Et la direction de l'école remplacera-t-elle l'ordinateur cassé par le chien? Le directeur était - il présent ? Sa présence aurait peut-être imposé aux forces dites de l'ordre un comportement républicain.
Je venais d'avoir l'information pa r TERRA , c'est bien de faire marcher tous les réseaux . Merci Claude Lelièvre
Même histoire quelques jours après au collège de Marciac, le 19 novembre, où des élèves de troisième et de quatrième à qui on avait annoncé une rencontre avec les gendarmes sur les risques liés à la consommation de drogue, ont eu droit aux chiens renifleurs et, pour certains, à la fouille. Ici le récit de Zoé, treize ans.
Merci pour votre concours, qui montre que l'on est vraiment en train de passer les limites
-_-!!Je trouve ça plutot sympa de la part de l'école de faire de la prévention auprès de jeunes sur la dangerosité de (certains?) policiers: "Voyez les gosses, contrairement à ce que vous pourriez croire, on n'est pas toujours là pour servir ou protéger le citoyen!"
Dans la revue de presse de France Inter ce matin , le texte de Zoé a été lu en partie. L'invité, JL Mélenchon, a signalé que l'Huma du jour revient sur une vingtaine d'affaires du même type. C'est un peu rassurant de voir ces réactions citoyennes, quand même.
J'avais reçu le premier message : un "fait divers" moralement scandaleux. L'article qui suit relève une scène absolument abominable. Y a-t-il eu une réaction de la part de la direction de l'établissement, ne serait-ce qu'en interne ? Sinon, où va-t-on ?
Ecouté ce matin sur l'information d'un MoDem résidant en Allemagne: Un enseignant raconte la "venue" de policiers dans sa classe: http://www.dailymotion.com/video/x7k4dr_tmoignage-auch-contrle-police-gers_news . Impressionnant... Stupéfiant... . Question que posent beaucoup de gens: Pourquoi les Français ne se révoltent-ils pas ? . Une piste de réponse ? . C'est exactement ce qu'a essayé de définir un homme politique français lucide sur France Inter. A écouter sur http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/lervpolitique/index.php?id=73640 particulièrement à partir de la minute 17:50 et suivantes... . "cibler différentes catégories sociales" . Pourquoi les Français ne se révoltent-ils pas? Parce qu'ils sont tout seuls. . Les paysans, on les a ciblés, et personne ne veut les défendre. Les profs, on les a ciblés et personne ne veut les défendre. Les professions du droit on les a ciblés, personne ne veut les défendre, les pharmaciens qui va les défendre? . Autrement dit, le vieux proverbe, diviser pour régner a été mis en pratique avec science et on a ainsi fait exploser la société française. C'est pourquoi le premier devoir d'un responsable qui veut proposer un autre choix au pays c'est de montrer à chacun que la solidarité avec le voisin, elle n'est pas inutile, elle est indispensable. ... Question du journaliste: La loi audiovisuelle. Vous avez parlé "d'une régression sans précédent"... Pourquoi combattez-vous cette loi ? . La démocratie exige la séparation des pouvoirs, la démocratie exige une information libre, la démocratie exige que l'information ne soit pas sous la coupe du pouvoir et on est en train de faire exactement le contraire avec un degré de raffinement qui devrait vous mettre en colère vous-mêmes, parce que vous allez vous aussi être ciblés. Je vous l'annonce à l'avance. Je vais être aussi clair que possible, je vais parler de vous, les journalistes. ... A cela, j'ajouterais le poème de Martin Niemöller, pasteur allemand qui appela les pasteurs hostiles aux mesures antisémites à s'unir au sein d'une nouvelle organisation, le "Pfarrernotbund", la "Ligue d'urgence des pasteurs"... Cet appel eut un grand écho : à la fin de l'année 1933, 6 000 pasteurs, soit plus d'un tiers des ecclésiastiques protestants, avaient rejoint ce groupe dissident. Niemöller fut arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945, il se consacrera par la suite, jusqu'à sa mort en 1984, à la reconstruction de l'Église protestante d'Allemagne et prendra de plus en plus de distance avec les milieux conservateurs de ses origines pour devenir un militant pacifiste. . Voici ce qu'il écrivait et qui prend aujourd'hui, en France, de plus en plus d'importance, quand des catégories socio-professionnelles sont ciblées: . Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes Je me suis tu, je n'étais pas communiste. Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes Je me suis tu, je n'étais pas syndicaliste. Lorsqu'ils sont venus chercher les sociaux-démocrates Je me suis tu, je n'étais pas social-démocrate. Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs Je me suis tu, je n'étais pas juif. Puis ils sont venus me chercher Et il ne restait plus personne pour protester. . "C'est pourquoi le premier devoir d'un responsable qui veut proposer un autre choix au pays c'est de montrer à chacun que la solidarité avec le voisin, elle n'est pas inutile, elle est indispensable."
Excellente mise en lien de Hubert Huertas sur France Culture au journal de la mi journée (vers 12 h 45). Il fait remarquer que les journalistes ne semblent s'indigner que lorsque l'un des leurs est concerné, comme l'ex PGD de Libé. Quant aux actions de ""prévention"" par la peur dans les collèges, quant aux conditiosn des arrestations ordinaires... c'est moins sensible ? (Sur Mediapart aussi ?)
Le message est relayé sur le site du nouvel obs: http//tempsreel.nouvelobs.com en une du 2/12. Curieusement cela ne se passe ni en Seine St Denis, ni dans des établissements "difficiles" (j'ai deja vu un sixieme 'faire des affaires'). Ce genre d'inspection ne peut se faire qu'avec l'accord express du chef d'établissement et en général à sa requête; pour nuancer il est possible qu'il y ait déja eu des petits problemes liés a la drogue (racket , malaises a repetition,suicide...). Les proviseurs appreciant peu ce genre de publicité ( en général on étouffe) puisque ce n est pas specialement bon pour la reputation de l'etablissement (et l'avancement en carriere).
Petite curiosité : est-ce que ça s'est aussi passsé dans des établissements "de centre ville" ?
Pas à ma connaissance; ce qui n'empêche pas de pouvoir y trouver facilement des produits ' a usages recreatifs' (et parfaitement illicites).
En ce qui concerne l'affaire du collège de Marciac dans le Gers ( cf le récit de Zoé sur le billet de ce jour de Claude-Marie Vadrot, et l'alerte donnée plus haut par Louise Fessard ) , un rassemblement est prévu devant le collège à la suite du contôle antidrogue mené par les gendarmes avec des chiens. Le parquet a soutenu que ces contrôles était parfaitement légaux ( 25 dans le Gers depuis le début de l'année ); mais l'inspecteur d'académie a promis que tout contrôle serait désormais ''précédé d'une rencontre pédagogique avec les élèves". Frédéric David, qui appelle au rassemblement à l'occasion du conseil de parents délèves ( FCPE ) du Gers, affirme avoir reçu "près de 600 messages de solidarité de personnes et d'associations" après avoir mis en ligne le témoignage écrit de sa fille Zoé, 14 ans, choquée par la brutalité du contrôle. La procureure de la République a récemment indiqué dans un entretien au journal "La dépêche du Midi" qu'elle n'était pas saisie "d'éventuelles irrégularités""."Les élèves ont peur de ces contrôles; çà crée de la bonne insécurité, satisfaisante à terme en matière de prévention", a-t-elle ajouté. La FSU du Gers ( la principale fédération syndicale des enseignants ) s'est pour sa part réjouie que les prochaines interventions soient "remplacées par des actions de préventions préparées avec les équipes éducatives"
Réjouie , la Fédération syndicale des enseignants ? N'a t'elle pas là un motif pour appeler à un vaste mouvement de révolte ! Invraisemblable !!! Qu'aucun enseignant n'ait sonné le tocsin , effarante cette sournoise complicité ... Où sont les "Hommes" dans ce pays à la dérive ? Comment peuvent-ils , ceux-là , par leur dramatique apathie , collaborer ainsi à laisser installer un régime honteux où vont devoir vivre leurs propres enfants ?
Réjouie , la Fédération syndicale des enseignants ? N'a t'elle pas là un motif pour appeler à un vaste mouvement de révolte ! Invraisemblable !!! Qu'aucun enseignant n'ait sonné le tocsin , effarante cette sournoise complicité ... Où sont les "Hommes" dans ce pays à la dérive ? Comment peuvent-ils , ceux-là , par leur dramatique apathie , collaborer ainsi à laisser installer un régime honteux où vont devoir vivre leurs propres enfants ?
Merci pour votre vigilance, cher Claude, face à ce pouvoir qui rappelle de plus en plus des heures fâcheuses.
A lire aussi, dans l'édition "les invités de Mediapart" de ce jour : La fin du droit des enfants par François Colcombet, entre autres, ancien président du Syndicat de la magistrature, ancien directeur de l'éducation surveillée, ancien président de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie.
Tout à fait. Par ailleurs, à la suite des ''alertes'' effectuées par quelques blogs ( comme ici ), quelques journaux ont parlé de ces affaires hier, et même le journal de 19 H de France III. Si bien qu'un communiqué du ministre de l'Education nationale a été diffusé dans la soirée d'hier dans lequel Xavier Darcos s'étonne"des conditions dans lesquelles des forces de gendarmerie ont pu pénétrer" dans l'établissement scolaire" accompagnées de chiens dressés à la recherche de stupéfiants"en rappelant qu'il existe "dans la quasi totalité des départements, comme dans le Gers depuis 2006, des conventions de partenariat entre les ministres de la Justice, de l'Intérieur et de l'Education nationale permettant de concilier l'efficacité de l'action judiciaire et le respect de l'intégrité des établissements scolaires où la pédagogie préventive est à l'oeuvre quotidiennement". Le ministre demande qu'en cas d'intervention de la force publique à la demande de l'autorité judiciaire, "cette intervention respecte les termes de ces conventions"
Je me permets d'ajouter à la liste l'excellent et terrifiant billet de Velveth : www.mediapart.fr/club/blog/velveth/271108/miasmes-d-ordre-nouveau
quelqu'un a-t-il une proposition d'action concrete a part signer des petitions? que faire? je me sens collabo de continuer ma vie quotidienne comme si tout ca n'etait pas en train de se produire.
C'est aussi de la formation, que dis-je, de l'éducation ou même de la rééducations des forces dites de l'ordre qu'il serait utile de s'occuper. Mais je rêve, bien sûr ! Pourtant, à partir du moment où policiers et gendarmes sentent qu'on leur lâche la bride, ils se lâchent et souvent ne se connaissent plus. Voir l'affaire du metteur en scène suisse cet été au festival d'Avignon... et mille autres. Un tel comportement ne date pas d'aujourd'hui. On se rappelle un certain monsieur Pasqua, jadis : chaque fois qu'il devenait ministre de l'Intérieur, les bavures grimpaient en flèche. D'où la fameuse manchette du "Canard" : "Une semaine sans bavure... Que fait la police ?" Nous y voilà revenus, et en pire, je crains. Les éduquer ? Non, j'avais tort. Le seul remède est que ces gens se sachent surveillés et tenus. Et les premiers responsables sont donc les ministres. Et le premier de tous est celui, devenu aujourd'hui président de la République, qui voulait passer les banlieues au kärcher, et que nous avons élu. Nous.
Vous peut-être, pas moi :-))
Perte de repères. La prévention c'est la répression. La formation, l'éducation, c'est la morsure des chiens, l'insulte. Viennent avec cette violence légitimée par les ministres, revendiquée avec amusement par ses responsables, et qui émerge partout, dans tous les champs sociaux, viennent l'humiliation de classe, la peur, la confusion des mots, la République, "Aux armes etc.". Sur fond de crise économique et d'images de terroristes en action, l'institution de protection des citoyens glisse vers un contrôle social coercitif de plus en plus étroit, notamment sur les terrains usuels de résistance au capital financier. A commencer par les services publics plutôt revendicatifs et réputés hostiles au pouvoir : l'hôpital, l'école. L'enjeu énorme pour ce pouvoir c'est de réduire au silence les parties hostiles des classes moyennes et surtout les fonctionnaires. Les pauvres c'est fait : ils n'ont pas le temps. Et les jeunes, la "racaille", on s'en occupe déjà. Il faut inspirer la crainte, organiser l'insécurité, dresser les corps de métier les uns contre les autres et l'opinion contre ces corps de métier récalcitrants. Regardez comme nous sommes perdus, nous avec nos grises tempes, du retour des chemises noires la morgue aux lèvres et l'habileté des médias à leur service. Et les plus jeunes donc. J'ai eu pour chambre enfant celle d'un Juif que ma grand-mère cacha lorsque les nazis entrèrent dans Grenoble en septembre 1943. A la libération, n'y tenant plus, il sortit trop tôt et fut raflé par la Gestapo qui finalement l'oublia enfermé dans une chambre d'hôtel dont il sortit quasi mourant lors de la débâcle. Ma grand-tante transporta des armes planquées dans le double fond de sa valise sous de la bonnèterie et des dentelles. Elle faillit être arrêtée et montra dans cette circonstance une stupéfiante maitrise d'elle-même qui fit l'admiration de ma génération. En 1962, je vis débarquer un jeune Algérien dans la cour de l'école. C'était l'hiver. Il portait de grosses chaussettes de laine en accordéon sur des chaussures en plastique. Celles qu'on met pour aller marcher à marée basse sur la plage. Son allure et son accent attirèrent les moqueries et surtout entrainèrent sa mise à l'écart. Avec quelle dignité nous regardait-il pourtant, lui qui ne cherchait qu'à fraterniser et à jouer aux billes ? Cette histoire, ils essaient de nous la dérober avec tout le clinquant des apparences, leur com' à la gomme, leurs flonflons aux anniversaires de Marianne, leurs citations faussement érudites, leur pitoyable apitoiement. Mais cela sonne faux comme une Marseillaise mal entonnée. Dans le sillon, plus de sang mais sa mémoire nous hante. Pas de quoi pavoiser, pas de quoi faire le coq. Alors je vous le dis, d'un bout à l'autre, je suis Juif, Maghrébin, Musulman. Vous pouvez aussi ajouter Noir et les autres aussi puisque dans cette histoire, nous devons être unis, engagés, partout et dans la rue.
Merci pour vos témoignages, Pierre Fayollat. Vous avez raison d'alerter sur la perversion du langage. Rien de tel pour "perdre" les consciences. Aujourd'hui, des responsables de différents niveaux souhaitent tout haut que la prévention envers les enfnats adolescents se réduise à une "prévention par la peur". Peur du gendarme et de son chien, peur de la prison. Comme vous, je me pose la question : Quels genre de citoyens veulent-ils former pour le futur en les éduquant ainsi par la violence dès l'enfance ?
Fantie B., J'ai cru comprendre ce qu'ils recherchent : des domestiques, des moutons craintifs agglutinés dans les centres commerciaux, effrayés à la moindre image de barbus, de violeur, de tueur en série, de fou égaré, de bandes de jeunes avec une capuche filmés et retransmis sur les écrans géants de la peur tandis qu'une police anonyme et brutale sera chargée de nettoyer les foyers épisodiques de subversion. Pour renforcer l'efficacité du système, je propose : - Que la Police et les prisons soient privatisées et gérées par une co-entreprise formée par Bouygues, Bolloré, Arnault, Lagardère, Dassault afin de rendre ce service enfin rentable et désinfecté de la vermine. Les prisonniers non payés devront travailler en 3x8 pour les usines de ces groupes industriels afin de faciliter leur compétitivité. La famille des prisonniers inaptes au travail sera tenue de payer leur pension. En cas de non paiement, d'autres moyens devront être trouvés pour garantir la profitabilité de 35% inscrite au contrat. - Que les chiens domestiques soient interdis et réservés aux forces de l'ordre qui en seront systématiquement dotés pour détecter plus facilement ceux qui transpirent trop, qui sentent le cannabis, l'alcool ou qui n'ont pas exactement la bonne couleur ou les bons papiers, procédé plus humain que le Taser - Que la Justice trop coûteuse et inefficace car trop du coté des coupables et pas assez du coté des victimes soit remplacée par un programme informatique paramétrable par les hommes du Président qui déciderait sur la base d'un vote électronique pondéré des victimes (50%), de l'opinion (30%) et du Président lui-même (20%) des peines à appliquer de manière automatisée selon des grilles de critères servant à prédire la dangerosité et le risque de récidive
Pierre Fayollat votre vigilance et votre indignation sont précieuses, mais je préfère l'humour décapant et recadrant de certains de vos commentaires à la noire anticipation de ce dernier : les marchands d'émotion ne sont jamais loin pour raffler le gros lot et même si je pourrais dire comme Anne Guerin Castel dans un commentaire à propos d'Action Directe que c'est autant par peur que par raison "que nous n'en sommes pas" je surveille toujours du coin de l'oeil ces maffias toujours prêtes à se servir "des idées révolutionnaires"... dont l'histoire est remplie. Je crois que cela nous condamne à un tempo verbal un peu en retrait, un peu en sourdine par rapport aux élans indignés ou satiriques qui crient en nous devant les efforts de domestication "que nos représentants" concentrent sur les classes encore malléables, comme vous le notez si bien. Mais dénoncer sans défoncer l'écran est-ce bien pertinent ? Je m'adresse ces réflexions autant qu'à vous parce que ces anticipations noires me viennent aussi facilement sous la touche. Serge Koulberg
Bien vu, à mon sens, Serge Koulberg...
@Serge Koulberg, Certes, mais alors quoi? Le refus de la dérive vers le totalitarisme policier est-il clairement inscrit au fronton de l'opposition politique capable d'exercer le pouvoir (pour faire simple; PS et Modem)? Pas que je sache. Je suis même surpris que la dérive actuelle ne rencontre pas d'opposition au sien même de l'UMP, car si cette dérive plait sans doute à une minorité d'extrême-droite et de bourgeois réactionnaires (sic!), la majorité UMP représente quand même des gens qui pas plus que vous et moi n'aiment avoir la Gestapette sur le dos. On peut être cadre, patron, artisan, médecin ou avocat sans pour autant rêver d'un Brave New World en VF. Je n'ai pas l'impression que cette dérive soit seulement partisane, je me demande même quel contrôle MAM a réellement sur ses troupes. C'est la manière dont est structurée la police, ses méthodes, sont recrutement, ses critères d'avancement qui sont à mon avis le fond du problème. Et l'apathie des députés, complètement shootés à la Sarkozyne, qui regardent bouche ouverte et langue pendante la flicaille museler le peuple, dont ils sont pourtant les représentants.
AFP. Le ministre de l'Education nationale vient - enfin - de répondre à la procureure de la République du Gers. "Lorsque l'opération s'est produite au collège du Gers, on n'était plus du tout dans la prévention. Ce n'était plus du tout le même objet que ce qu'on nous avait annoncé quelques minutes auparavant. J'ai assez de mal à comprendre la formule utilisée par la procureure du Gers qui dit que cette affaire est de nature à créer une ''bonne insécurité''. Il n' y a pas de bonne insécurité. L'insécurité est toujours mauvaise".
@Serge Koulberg Mea culpa, je fais trop de cauchemars. Ecorché parfois je suis. Désolé d'écrire ainsi tout en noir, j'y prendrai garde. L'hydre trop enflée peut pousser vers les extrêmes ceux qui pourraient se croire seuls visionnaires. @Claude Lelièvre Oui j'avais lu le concept de "bonne insécurité". C'est ainsi que Doubleiou a régné. Il faut alimenter en armes le peuple américain qui les détient au nom de la liberté constitutionnelle défendue becs et ongles par la puissante NRA. Ainsi il y aura suffisamment de crimes de sang pour que le business prospère dans une société de la peur. Je vomis cette société là. Xavier Darcos dit "il n'y a pas de bonne insécurité, l'insécurité est toujours mauvaise.". Je le prends au mot. L'échec scolaire et l'exclusion sont des insécurités toujours mauvaises. Et les fins de mois difficiles et le chômage, ils ne me font pas danser de joie au bal du ministère. Même si c'est Rachida Dati qui invite, les petits-fours ne passeront pas. @Vincent Les mêmes députés UMP sourcilleux des libertés individuelles ont voté tout le catalogue de lois répressives et privatives (Perben I, II etc.). Vous sous-estimez les méfaits hypnotiques du pouvoir sur des députés craignant pour leur prochaine investiture ou un quelconque dossier gardé au placard, sait-on jamais.Vous sous-estimez la capacité de ces mêmes députés à avaler les plus grosses couleuvres quitte à parer de vertus, en tout hypocrisie bien sur, ce qu'ils savent être la machine infernale.
CRIER AVEC LES LOUPS ? Bonjour Claude et merci pour votre travail précieux.. Je pense que ce qui se joue, dans notre pays, aujourd’hui, n’est pas le fruit du hasard, mais rentre dans une stratégie globale d’instrumentalisation ou de pression des personnels de l’Éducation Publique (voir notamment l’affaire de la base-élèves, ou l’étude interne de veille des opinions commandée par l’Éducation Nationale pour identifier “les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau”.). Sur Libé Labo/interview croisé/papa de Zoé, Proviseur du Collège http://www.liberation.fr/societe/0601415-le-chien-s-est-acharne-sur-plusieurs-cartables Dans cette affaire, le directeur de collège, ne mesurant pas la portée de l’intervention à laquelle il s’est trouvé de fait associé, tentera encore quinze jours après les faits, de la justifier, faisant semblant de ne pas comprendre, ce qu’un enfant de 14 ans, comme Zoé, elle, saisit très bien… le débarquement de la violence un beau matin dans une école de la république, au nom même des principes de la république… avec son cortège de vexations, de bêtise, pour se terminer en prise de pouvoir sur votre corps adolescent… Problème de conscience, dites-vous ? Sens moral au sens de l'éthique, déontologie par rapport à son propre rôle d “éducateur” qu’on cherche sciemment à balayer, il me semble. De ce point de vue la vidéo effarante de proviseurs assistant à une attaque de chiens et de policiers, http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoaftfhD.html ( à faire circuler de toute urgence!) applaudissant au triomphe de la violence censé venir au secours de la “vertu” en dit long sur l’affaissement de nos “humanités”, sur les dérives d’un certain nombre de personnels de l’Éducation Nationale. Cette vidéo tournée à Versailles, de préparation générale des “esprits”, annonce déjà ce qui va se passer dans le Gers. Et il faut saluer encore une fois, ici, le courage du papa de Zoé ou de ce professeur de BTS, premiers et si seuls dans leur réaction au commencement de cette affaire… Comme si dans cette époque de renoncement généralisé, un problème de conscience était la chose la plus déraisonnable ! Il y a plusieurs années le dramaturge Bernard-Marie Koltés écrivait “Combats de nègres et de chiens”, dans cette pièce de théâtre, il était question d'après mes souvenirs d’une époque bien évidemment révolue, de colonisation des esprits et des hommes, de domination, d’arbitraire, de pouvoir, et de peur. Surtout de peur ! Jean-Paul P.-S. Cette affaire par tous ses tenants est "fascinante" ou fascisante c'est selon ... Faut-il vraiment arrêter de “crier au loup… ou avec les loups” comme le demandent certains internautes dont je lis les contributions ce matin sur certains site ? Plus choquer par nos réactions, que par l’attitude des institutions de notre République. Pourtant l'utilisation de la métaphore du loup dans cette affaire, révèle bien chez ces blogueurs, la folie même de la situation, le malaise qui finit par les traverser eux aussi, inconsciemment. Mais qu’est-ce qui avance “à pas de loup” pour insidieusement grignoter quoi? dans cette république-là ? Bête, bêtise, rapport de la force et du droit, de la bêtise et de la justice. Qui fait la Bête ? Qui rend l’homme plus bête que l’animal ? Le dernier cours du Philosophe Jacques Derrida qui vient de sortir aux Éditions Galilée et qui s’intitulent “la Bête et le souverain”, interroge prémonitoirement, je crois, toutes ces notions…
la vidéo effarante de proviseurs assistants à une attaque de chiens et de policiers.. http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoaftfhD.html ( à faire circuler de toute urgence!) applaudissant au triomphe de la violence censé venir au secours de la “vertu” en dit long sur l’affaissement de nos “humanités”, sur les dérives d’un certain nombre de personnels de l’Éducation Nationale.
la vidéo effarante de proviseurs assistants à une attaque de chiens et de policiers.. http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoaftfhD.html ( à faire circuler de toute urgence!) applaudissant au triomphe de la violence censé venir au secours de la “vertu” en dit long sur l’affaissement de nos “humanités”, sur les dérives d’un certain nombre de personnels de l’Éducation Nationale.
Merci Jean-Paul, Après le visionnage de cette vidéo éducative, je reste effaré. C'est technique, le chien est magnifique et gentil, il mord mais uniquement si, probablement coupable, vous courrez pour vous enfuir, comme Zyed et Bouna. La policière affirme sans sourciller intervenir "toujours d'une manière extrêmement discrète". C'est vrai, partout où ils sont intervenus, ça s'est super bien passé. Tout ça démarre d'une excellente intention, comme toujours, la croisade contre le trafic de stupéfiants aux abords des collèges et des lycées ou à l'intérieur de ceux-ci. Et une proviseur de conclure : "il faut un maître-chien à la sortie de chaque établissement". Comme il y a 11.423 établissement scolaires du second degré plus les 3.500 établissements d'enseignement supérieurs, cela fait du recrutement dans les brigades canines ! Je propose que Neuilly-sur-Seine montre l'exemple, mais par surprise sinon c'est pas du jeu. Ne nous étonnons pas que les barbus organisent de leur coté la croisade explosive contre la bière, le gros rouge et le whisky. Pendant ce temps là, la coca fleurit en Colombie (pas touche à mon Haïti), les pavots en Afghanistan (pas touche à mes coquelicots), le cannabis au Maroc (pas touche à mon hélico) et le chanvre indien en Suisse (pas touche à ma tisane terroir), le tabac partout, surtout aux USA (touche pas à mon paquet). L'argent du trafic vient grossir les comptes bancaires dans les paradis fiscaux et sera blanchi sans trop d'états d'âmes car il faut bien que l'argent serve à quelque chose d'utile. Et que la finance gagne sa vie, hein Tony ? L'argent de Philip Morris, il sert à quoi depuis 1847 ? Je crois que je vais prendre un petit Lexomil ou bien refumer une petite clope légale à la fenêtre. Tout cela est d'une grande logique néo-libérale.
Je mettrais bien en lien vos dernières discussions sur la peur et l'effet de la peur, sur le risque d'y donner prise, avec une autre discussion qui a émergé dans les commentaires de l'article de Carine Fouteau : http://www.mediapart.fr/journal/france/041208/sans-papiers-la-police-vient-chercher-des-enfants-a-l-ecole Discussion qui serait à mieux résumer, mais je le tente :
Y at-il une stratégie d'enfumage insécuritaire", comme le suggère Taremener, mise au point par les conseillers de Sarkozy ? Pour provoquer ses opposants à s'engouffrer dans ce terrain choisi par lui, où il excelle, et où il ne pourra que marquer des points dans la partie de son électorat désespérée par la crise. Pendant que les humanistes, la gauche et l'extrème gauche crient au loup sécuritaire, où en est la mobilisation sur la crise économique ? sur les mesures économiques structurelles de ce régime ? Sarkozy craint-il une révolte, et si oui, laquelle ? Révolte anti sécuritaire ? ou révolte économique ? Sur quelle contre réactions à nos cris anti sécuritaires comptent les stratéges de l'élysée ? Je vais lire le blog de Jean-Paul Guidoni : http://www.mediapart.fr/club/blog/jean-paul-guidoni/051208/police-a-l-ecole-crier-avec-les-loups J'en extrait ceci :
Je ne sais pas si ce type de contre-réactions à nos réactions "prendra" dans l'opinion. Mais je crois que nous devons nous souvenir de la période qui a précédé l'élection de Sarkozy. Nous avons crié au loup sur ces mêmes bases que nous pressentions ou connaissions - car Sarkozy n'était pas un inconnu, il avait été ministre de l'Intérieur, et ne faisait pas mystère de ses optiosn sécuritaires tous azimuths. Il a néanmoins été élu, c'est un fait. Ne délaissons pas le terrain économique, même s'il est moins évident à occuper. Car sur le terrau de la désespérance sociale et économique, là vraiment le sarkozysme peut prospérer. Une révolte uniquement anti sécuritaire , n'est-ce pas l'occasion pour lui de prendre une des revanches dont il rêve, celle de 68? 68 réduit à cette même révolte par les medias.
Pendant que les humanistes, la gauche et l'extrème gauche crient au loup sécuritaire, où en est la mobilisation sur la crise économique ? sur les mesures économiques structurelles de ce régime ? Tout d'abord, il faudrait que les groupes que vous citez puissent dialoguer ensemble pour pouvoir proposer... Les humanistes veulent bien parler avec tous, le PS refuse, l'extrême-gauche n'en parlons pas. . Des propositions, il y en a, à condition que les médias veuillent bien les relayer sans polémiquer et prendre parti, comme le fait par exemple La Tribune ce matin: http://www.latribune.fr/actualites/politique/20081205trib000318588/francois-bayrou-le-plan-de-relance-sarkozy-ne-mettra-pas-fin-a-la-crise.html
"Tout d'abord, il faudrait que les groupes que vous citez puissent dialoguer ensemble pour pouvoir proposer..." Je suis bien d'accord avec vous, Etoile, sur ce point ;-) C'est sur nos divisions que Sarkozy prospère et prospérera.
Tant que chaque chapelle de ce pays mettra l'essentiel de son énergie à développer sa particularité, au lieu de la mettre dans la construction d'unités partielles pour l'action... Particularités, de plus, parfois complètement illusoires, ou fondée sur des idées d'une utopie à mille ans. Voir certaines discussions affligeantes, vides de contenu, ne se lançant que des détails ou le passé à la tête, dans les blogs politiques de Mediapart.
PS je n'ai pas pu ajouter la citation du message et du blog de Jean-Paul Guidoni, plus haut; je la replace ici : "Faut-il vraiment arrêter de “crier au loup… ou avec les loups” comme le demandent certains internautes dont je lis les contributions ce matin sur certains site ? Plus choqués par nos réactions, que par l’attitude des institutions de notre République. Ces contres-réactions à nos réactions prendront-elles ? ...elles peuvent être aussi "télé" commandées ;-) A suivre.