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Une éducation sexuelle spécifique dans l'enseignement catholique?
Pour la première fois de son histoire, l’enseignement catholique a promulgué le 16 avril un document consacré à «l’éducation affective, relationnelle et sexuelle dans les établissements catholiques d’enseignement».
Pour apprécier l’événement, il faut savoir que lorsque la question de l’éducation sexuelle à l’Ecole a été posée dans les années qui ont suivi Mai 68, certaines fédérations de parents d’élèves sont alors montées au créneau avec des attendus significatifs.
Ainsi la Fédération de Paris des Associations de parents d’élèves de l’enseignement libre a incriminé " le processus inéluctable qui transforme le projet de l’Education nationale en une vaste entreprise de libération sexuelle " (communiqué du 20 février 1973). Et l’Union nationale des associations des parents d’élèves autonomes a tenu à distinguer " l’information sexuelle " qui peut être donnée à l’école à condition qu’elle ne fasse pas intervenir de jugement moral, et " l’éducation sexuelle " qui est liée à des options philosophiques et religieuses ; en concluant qu’ " une éducation sexuelle à l’école qui respecte le principe de laïcité est impossible " (communiqué du 29 janvier 1973).
Finalement, le ministre de l’Education nationale d’alors, Joseh Fontanet – un ‘’démocrate chrétien’’ – a décidé en juillet 1973 d’opérer un clivage fondamental entre " l’information sexuelle " (obligatoire, intégrée aux programmes, pour tous les élèves) et " l’éducation sexuelle " (facultative, soumise à l’autorisation des parents pour le premier cycle).
Il y a sans doute plusieurs raisons qui ont amené l’enseignement catholique a élaborer ce document d’ " orientation " de 45 pages issu de dix-huit mois de travail d’une commission présidée par son secrétaire général adjoint, Claude Berruer. Mais on peut penser que la principale se trouve dans le fait que le ministère de l’Education nationale a décidé en 2003 que l’ " éducation sexuelle " (et non seulement " l’information sexuelle ") devait être désormais obligatoire.
La circulaire du 17 février 2003 indique que la loi du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception a " confié à l’école une mission éducative dans le champ bien spécifique de l’éducation à la sexualité ". Et cette circulaire précise que cela implique " une nécessaire cohérence entre les adultes participant au respect des lois et des règle de vie en commun qui s’exercent aussi bien dans le cadre de la mixité que de la lutte contre les violences sexistes et homophobes contraires aux droits de l’homme ".
Cette circulaire ministérielle de février 2003 est un texte de référence ambitieux en matière d’éducation sexuelle puisqu’il s’agit de rien moins que d’apprendre à identifier et à intégrer les différentes dimensions de la sexualité humaine, biologique, affective, psychologique, juridique, sociale, culturelle et éthique ; et de développer l’exercice de l’esprit critique.
On ne saurait trop souligner par ailleurs que cela peut et doit être mis en œuvre dans le cadre même des enseignements en classe, dans différentes disciplines : " Les programmes des différents champs disciplinaires ( tels que la littérature, l’éducation civique, les arts plastiques, la philosophie, l’histoire, l’éducation civique juridique et sociale.. ) offrent, dans leur mise en œuvre, l’opportunité d’exploiter des textes et des supports en relation avec la sexualité selon les objectifs précédemment définis ".
Les établissements catholiques sous contrats (c’est à dire presque tous) vont donc se retrouver avec deux textes de références en matière d’éducation sexuelle. On le sait, le principe de base de la loi Debré régissant les établissements privés sous contrat est que l’établissement a un caractère " propre ", mais que l’enseignement (donné dans les classes) doit être le même que dans les établissements publics.
En principe donc, le texte d’orientation du 17 avril 2010 de l’enseignement catholique devrait être la référence pour le caractère " propre " de l’établissement. Et la circulaire ministérielle du 17 février 2003, le texte de référence pour l’enseignement donné dans les classes des établissement catholiques sous contrats.
Mais est-il vraiment possible que " l’orientation " du texte sur l'éducation sexuelle (c'est un texte dit d'''orientation'') préconisée par les dirigeants de l'enseignement catholique pour les établissements ne diffuse pas aussi dans l’enseignement proprement dit, dans les classes des établissements catholiques sous contrat ? Si l’enseignement catholique a promulgué ce texte, c’est sans aucun doute que la référence du texte ministériel ne lui convient pas vraiment.
Et il y a bien, dans le document, la revendication explicite d’un projet spécifique : " Le projet spécifique de l’Enseignement catholique attaché à la formation intégrale de la personne humaine, réfère l’éducation affective, relationnelle et sexuelle à une vision chrétienne de l’anthropologie et l’inscrit dans une éducation plus large à la relation qui concerne tout le parcours scolaire ".
" Tout le parcours scolaire ". Dans l’établissement catholique (hors les classes), ou bien dans les classes également ? Quid du cadre de la loi Debré pour les établissements sous contrats ?


Tous les commentaires
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Affaire à suivre avec la plus grande attention.
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Sans oublier qu'il sera difficile, dans le cadre d'un tel enseignement, d'éviter de parler de l'avortement.
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On sait que Rome considère la loi sur l'IVG comme mauvaise, contraire à la volonté divine, devant être supprimée.
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Est-ce que la République laïque va payer pour qu'on enseigne cela dans nos écoles ?
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jpylg
Et pour l'enseignement du fait ( des faits ) religieux? La soutenance de ma doctorante est prévue pour début juin. Et je ne vous oublie pas...
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Merci. Dites-moi la date dès que vous la savez. (Je ne suis à Paris qu'une partie de mon temps).
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jpylg
Il était temps que l'église prenne les choses en mains, si je puis dire, et à condition de ne pas confier à n'importe qui l'orientation textuelle de nos chers petits. Sur le plan du contenu, que peut-on en dire ? Les relations physiques entre personnes du même sexe sont condamnées par l'église et ceux entre personnes de sexe différents ne sont pas recommandées non plus avant le mariage. Quant à l'usage du préservatif, il est carrément prohibé, la chasteté étant recommandée et le coitus interruptus toléré en dernier recours. Que reste-t-il donc à enseigner en dehors du fonctionnement de l'appareil reproducteur qui diffère chez l'homme et chez la femme ? A moins que les nouveaux programmes d'éducation sexuelle des écoles catholiques ne soient pas destinés aux élèves mais aux enseignants puisque c'est de la pédophilie qu'il s'agit de traiter pour l'église, pas de la libération sexuelle.
"L'orientation textuelle". Un lapsus significatif, cher Lincunable?
Tout ça c'est du zézuitisme, non ?
Et puis si les établissements catholiques, en bloc ou en détails, ne duffusent pas une éducation sextuelle propre, où va-t-on alors ???
Tout le monde s'acordera sans doute pour reconnaître que démêler l'informatif et le normatif dans ce domaine est difficile.
L'univers catholique est loin d'être homogène, je ne pense pas que directeurs d'établissements et enseignants se comporteront comme des magnétophones. En outre, compte tenu de la grande difficulté à impliquer tous les enseignants dans l'illustration du "caractère propre" (l'enseignement catholique est d'abord leur employeur), l'affaire est loin d'être jouée! Ceci dit plus d'un évêque souhaite contrôler de plus près l'enseignement catholique et veiller au respect des normes romaines, mais les pratiques pourraient être assez diverses.
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C'est-à-dire que la confusion qui va se faire de plus en plus grande entre l'enseignement laïque et l'enseignement confessionnel, dès lors qu'on a le moindre souci de déontologie, pour ne pas dire de sa mission, va finir par poser autant de problèmes au prof du public qu'au prof du privé (et aux hiérarchies respectives).
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jpylg
Très juste et c'est ce qui rend un peu folle l'ambition de normer ou normaliser le rôle de l'école dans ce domaine. Sous ce rapport, le billet que nous commentons laisse planer à mon sens un peu d'ambiguité.
Il serait intéressant de connaître où ont été enseignés les enfants de nos dirigeants actuels, qu'ils soient de droite, ou de gauche, d'ailleurs !
Ceci explique peut-être cela.
Il me semble que, depuis l'arrivée de la "droite décomplexée" de la bande du Fouquet's, il y a des remugles d'opus dei et des vapeurs d'encens qui filtrent de dessous les portes des cabinets... ministériels, bien entendu.
Le chanoine de Latran qui se fait introniser, les sectes qui n'existeraient pas ou seraient sans grande conséquence, la laïcité "positive", le coup de pouce donné à une politique sécuritaire mais reposant sur la division de la société en en favorisant le communautarisme, l'organisation des musulmans qui profitent aux extrémistes et que l'on rééquilibre par la loi contre tout ensachement de la femme : ça commence à faire beaucoup !
Prochaine étape : l'autorisation d'enseigner le "créationisme" dans les écoles privées, confessionnelles ou non ?
On voudrait tuer l'enseignement laïque que l'on ne s'y prendrait pas autrement.
C'est insidieux, mesquin, perfide mais cela s'accumule et la note me semble de plus en plus insupportable.
Chaque fois que l'église sent le pouvoir lui échapper elle tente de se raccrocher au sexe. C'est à dire reprendre du pouvoir sur la sexualité, cette part de l'humain qui, plus que d'autres encore, relève du corps et de l'âme et entremêle les deux dans suffisamment d'ambiguïtés pour que le maître de conscience puisse s'y sentir roi. C'était déjà vrai au retour des croisades...
Ce qui m'inquiète, c'est de voir une fois encore "le camp de la liberté" si peureux devant la liberté que peut offrir cette part minimale d'informations qui ouvre à chacun la responsabilité de ses choix.
Je ne suis guère inquiète de ce qui se passe à l'école privée en matière d'éducation sexuelle.
Ce qui me fait souci, c'est le désert en cette matière à l'école publique : si mes aînés (nés en 83 et 85) ont bénéficié au collège de quelques heures d'information, échange et réflexions sur le sujet, au-delà de la stricte biologie de la reproduction, les deux plus jeunes (bac en 2007 et 2010) n'en ont eu aucune, pas plus que sur l'alccol, les toxicomanies ni autres sujets qui fâchent. Les problèmes ne sont pas dans notre bel établissement mais dans les autres et de toutes façons, pas de médecin scolaire pour mettre en place des actions élaborées et suivies : il y a déjà plusieurs années qu'ils ne peuvent que résoudre en catastrophe les urgences les plus criantes, étant donné le nombre d'élèves dont chacun à la charge.
Chère Brigitte Cantero,
Entièrement d'accord avec vous. À mon sens, au-delà de l'éducation à la sexualité, le vrai problème est l'absence totale d'éducation à la santé entre, disons... 6 ans et la majorité. Les enfants sont laissés à... rien ! Pas de cours d'éducation à la santé, à la sexualité. Les comportements addictifs, dépendants, ne sont pas évoqués dans les cours. Rien n'est prévu. Par manque d'argent, oui, bien sûr, mais surtout par manque de volonté. Les seules initiatives en reviennent aux associations, ici ou là, quand les responsables de l'établissement et les profs ont le temps, la volonté de les trouver...
Aucune remise en question des profs là-dessus. Il est bien facile de venir s'alarmer maintenant d'un texte (dont je ne parlerai pas avant de l'avoir lu).
PS : Un petite info au passage : l'initiative la plus intéressante dont j'ai entendue parler, en tant que parent, est "L'Hôpital des nounours". Des Internes bénévoles organisent en trois séances des consultations de "nounours" à destination des enfants de 4,5,6 ans. Une parfaite manière de commencer à apprendre aux enfants à prendre soin de leur corps (via celui de leur nounours).
Chère Brigitte Cantero,
Entièrement d'accord avec vous. À mon sens, au-delà de l'éducation à la sexualité, le vrai problème est l'absence totale d'éducation à la santé entre, disons... 6 ans et la majorité. Les enfants sont laissés à... rien ! Pas de cours d'éducation à la santé, à la sexualité. Les comportements addictifs, dépendants, ne sont pas évoqués dans les cours. Rien n'est prévu. Par manque d'argent, oui, bien sûr, mais surtout par manque de volonté. Les seules initiatives en reviennent aux associations, ici ou là, quand les responsables de l'établissement et les profs ont le temps, la volonté de les trouver...
Aucune remise en question des profs là-dessus. Il est bien facile de venir s'alarmer maintenant d'un texte (dont je ne parlerai pas avant de l'avoir lu).
PS : Un petite info au passage : l'initiative la plus intéressante dont j'ai entendue parler, en tant que parent, est "L'Hôpital des nounours". Des Internes bénévoles organisent en trois séances des consultations de "nounours" à destination des enfants de 4,5,6 ans. Une parfaite manière de commencer à apprendre aux enfants à prendre soin de leur corps (via celui de leur nounours).
A André Rousseau et Max Angel.
Les enseignants se sentiront d'autant plus indépendants que sous contrat d'association leur seul employeur est l'Etat ; depuis la loi Censi de 2005, il ne devrait plus y avoir aucune ambiguïté. Or l'enseignement catholique, qui a approuvé ce texte (il y trouvait des avantages matériels) persiste, comme le confirme la déclaration citée par Claude Lelièvre, à vouloir donner à leur enseignement une orientation confessionnelle.
La caution apportée à cette prétention par les gouvernants n'est pas malheureusement le seul fait du "chanoine du Latran" ni même de la droite en général. C'est Jack Lang qui, sur ordre de Mitterrand, en 1993 (à la veille de législatives risquées), a confié à l'enseignement catholique, sur fonds publics, une partie de la formation initiale et continue des maîtres et y a autorisé le "caractère propre" . Ajoutons qu'en 1977 et 1985 le Conseil constitutionnel avait avalisé cette tolérance en considérant que la loi Debré de 1959 instituait une "aide" aux établissements -alors qu'elle les associe à "l'enseignement public" (art. 4, § 1). Au début de 2004, les élus UMP et PS, se référant à ces décisions, ont décidé que les classes sous contrat d'association ne relevaient pas du service public (et donc n'étaient pas concernées par la loi sur les signes religieux). A la fin de la même année, ils se sont retrouvés d'accord pour voter la loi Censi , qui dit le contraire. La cohérence entre ces deux interprétations est la conformité aux souhaits de l'enseignement catholique. Pour la droite, il s'agit d'une constante ; pour la gauche, d'une conséquence du traumatisme de 1984.
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" C'est Jack Lang qui, sur ordre de Mitterrand, en 1993 (à la veille de législatives risquées), a confié à l'enseignement catholique, sur fonds publics, une partie de la formation initiale et continue des maîtres et y a autorisé le "caractère propre".
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Ce qu'il faut ajouter, c'est qu'à l'époque, cela avait été considéré par beaucoup de monde comme une grave atteinte à la laïcité, ce qui n'était pas mal, vu d'où ça venait.
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Depuis, les choses ont beaucoup évolué dans le sens de l'implosion de la notion d'enseignement laïque.
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C'est dans ce contexte qu'il faut considérer l'information donnée par Claude Lelièvre et non pas la considérer uniquement en elle-même comme le fait Brigitte Cantero.
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jpylg
Cher jpylg,
"C'est dans ce contexte qu'il faut considérer l'information donnée par Claude Lelièvre et non pas la considérer uniquement en elle-même comme le fait Brigitte Cantero."
Je ne suis pas d'accord avec vous. Bien sûr, il remettre en perspective, mais sans nier la réalité décrite par Brigitte Cantero. L'école publique souffre justement de cette tendance à considérer les faits comme mineurs ou prétextes. Oui, certains faits "parlent" . Oui, il est important, nécessaire, de faire un état des lieux sérieux de l'état de déliquescence de l'éducation de la sexualité. C'est aussi de là qu'il faut partir pour mieux apprécier l'attaque de l'enseignement catholique qui a la part facile. l'école publique n'a rien à lui opposer.
L'ambition de la circulaire de Février 2003 ( " Les programmes des différents champs disciplinaires ( tels que la littérature, l’éducation civique, les arts plastiques, la philosophie, l’histoire, l’éducation civique juridique et sociale.. ) offrent, dans leur mise en œuvre, l’opportunité d’exploiter des textes et des supports en relation avec la sexualité selon les objectifs précédemment définis ") est noble. Mais à quels élèves s'adresset-on ? À des mouflets qui, pour certains, ignorent tout de la sexualité mais, au-delà, de leur corps, en dehors des clichés, des idées toutes faites. J'ai assisté une fois à un cours de sensibilisation au SIDA dans une classe de 3ème dans un collège parisien. J'ai été sidérée par l'ignorance absolue des élèves. Aucune connaissance du fonctionnement du corps de la femme, de l'homme. Des idées toutes faites, des clichés hallucinants. Aucune connaissance des mécanismes du désir, des blocages etc...
Ce sont, d'abord, ces manques qu'il faut combler. Exercer une liberté, oui, bien sûr, mais en pleine possession de ses capacités.
@ sophie rostain
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mais sans nier la réalité décrite par Brigitte Cantero.
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Je ne pense pas nier la réalité décrite par Brigitte Cantero. Mais peut-être que je la connais moins bien qu'elle. Ou, plus probablement, peut-être que j'y suis moins sensible qu'elle.
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Peut-être aussi que je suis plus sensible à d'autres aspects de la réalité qui ne l'interpellent pas aussi vivement. Peut-être peut-on faire le même raisonnement sur nos positions et nos présupposés respectifs ?
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jpylg
Cher Jean-Paul-yves-le-goff,
Votre remarque est évidente... Et je vois bien que c'est avant tout en tant que parent d'élève que je réagis. Ma vigilance citoyenne n'est pas la même dès que l'on aborde les questions d'éducation, de vie des écoles... Pour dire la vérité, j'ai une sacrée gueule de bois d parent d'élève de l'école républicaine, laïque et obligatoire... qui m'empêche de changer d'angle de vue...
[ Mon fils quittera en juillet l'école publique, tristement ; commencera en septembre l'expérience "collège privé"... J'ai eu la chance de trouver un établissement sous contrat, bien sûr, ouvert, loin de tout sectarisme, peu chef, attentif aux difficultés des élèves. Tendance catho de gauche (les pires pour certains, je sais). Je suivrai donc, avec vigilance, comment ce texte des hautes instances de l'enseignement catholique y est appliqué...]
Bonne journée
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@ sophie rostain
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Sous l'angle de la liberté individuelle, nul n'est en droit de vous contester ce choix.
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jpylg
Bonjour,
Merci Claude Lelièvre de votre vigilance.
J'attendrai d'avoir lu tout le texte pour me prononcer.Je me permets seulement de penser que le risque de dérive concerne à mon sens surtout des établissements hors-contrat dont on sait déjà qu'ils pratiquent un enseignement orienté.
La seule remarque que je m'autorise, à la lecture de certains commentaires : le "public" est-il certain d'avoir des leçons à donner ? Quand on sait l'absence totale de cours d'éducation sexuelle au collège... Quand on sait l'absence de toute éducation à la santé (prévention des conduites à risques, connaissance du corps) à mes yeux aussi problématique que ce texte de l'église catholique. Balayons devant nos portes avant de nous mêler de ce que font nos voisins... Nos "ennemis" devrais-je dire à la lecture de certaines réactions.
Je suis profondément attaché au service public (qu'il s'agisse de la santé ou de l'enseignement), mais je finis par être écœuré par la défiance permanente vis-à-vis de l'enseignement confessionnel catholique. (Même défiance vis-à-vis des lycées musulmans lors de leur ouverture, ils étaient supposés fabriquer de futurs terroristes. Bien peu de réactions en revanche sur l'organisation de l'enseignement dans les écoles de confession juive).
J'en ai assez, en tant que parent d'élève du public, de cette diabolisation hypocrite de l'enseignement privé ! Assez de cet ostracisme permanent qui me rappelle les querelles en Bretagne qu'évoque ma grand'tante entre l'école du Diable et l'école du Bon Dieu... C'était dans les années 30 !!!
Quand comprendra-t-on la nécessité d'un dialogue public-privé pour le bien de l'élève ? Ras-le-bol de devoir, en tant que parent, m'excuser de quitter le "public" quand il a montré ses limites, quand le "privé" offre une solution !
Non, le "privé" (l'usage de ce mot même, en référence à l'économie, dit bien le mépris de certains. Certes, c'est mieux que l'école "libre"...) ne cherche pas à "embrigader" les enfants. J'excepte le cas d'écoles et collèges extrêmistes, hors-contrat. Arrêtons avec ce discours imbécile qui, là aussi, me rappelle les peurs stupides des bonnes familles bourgeoises envers les profs d'histoire des lycées publics des années 70, tous coupables d'être marxistes !)
Je rappelle que l'appartenance à la religion catholique n'est pas nécessaire pour l'inscription d'un élève dans un établissement privé catholique sous contrat avec l'État.
Oui, il y a dans l'enseignement privé des directeurs intelligents, ouverts, qui ne confondent pas l'histoire des religions avec la catéchèse (je rappelle que celle-ci est optionnelle dans les collèges privés). J'ose imaginer que, concernant l'éducation sexuelle, là aussi, ils sauront faire preuve de bon sens.
Arrêtons, nom de Dieu
avec ces procès d'intention. Occupons-nous plutôt de notre école publique !
L'école publique est malade, la prise en charge des élèves en difficulté par le primaire est de plus en plus catastrophique, les parents sont de plus en plus déboussolés, priés la plupart du temps de surtout ne pas se mêler de la vie de leur enfant à l'école (à rebours de ce recommande la Loi). Priés surtout de se taire quand un enseignant "dérape". Combien d'enseignants, de directeurs d'école refusent le débat, les remises en cause ? Et sont bien soulagés quand un élève "à problèmes" (vocable qui recouvre tout et n'importe quoi : la dyslexie comme les comportements violents...) part pour le privé ?
Pour ce qui est de la vigilance, le respect des libertés, combien de directeurs d'école, de collège ont-ils refusé la base élèves ? Combien ont-ils eu le courage de refuser les évaluations, ce grand n'importe quoi ? Combien ont eu le courage de renoncer à leur prime (grand silence là-dessus : on murmure ici ou là que les évaluations sont payées 200 euros, 400...), de risquer, au nom du respect de leur métier et de leurs élèves, de dire non aux soutiens individualisés imposés par le Ministère ?
Je veux bien faire le procès des cathos quand ils dérivent, mais si j'ai les mains propres. L'école publique actuelle n'a de leçons à donner à personne.
Il est temps de cesser avec les procès d'intention qui oublient les principaux intéressés : les élèves.
[ Pardon pour cette colère qui est celle d'un parent d'élève du public qui se retrouve dans l'obligation de quitter le service public, au prix d'un sacrifice financier important, pour éviter que son enfant coule à pic. Un élève dont le handicap a été nié, négligé. La seule réponse de l'enseignant et de la direction : "il faudrait aller voir un psy." Et qui a pu voir, en cinq ans, le fonctionnement souvent erratique de l'école publique qui mourra de ce repli sur elle-même.]
A l'heure où l'"on" supprime la formation pédagogique des enseignants du public (voir à ce sujet le dernier billet de Claude lelièvre sur educpros : http://blog.educpros.fr/claudelelievre/2010/05/05/formation-des-enseignants-un-arrete-siderant/), "on" permet que se diffuse un enseignement dans les classes du privé catholique qui réfère sans vergogne à " l'anthropologie chrétienne" (qu'on a assez commentée plus haut) et qui va devenir un élément de la "formation" de ses enseignants.
La laïcité de l'enseignement (à défaut de celle de l'établissement) dans les écoles privées sous contrat, préservée jusqu'à maintenant par la loi Debré, est donc remise en cause, et beaucoup de choses peuvent changer, puisque cette soupape est supprimée. Car ceux qui "diabolisent" la sexualité, ce ne sont pas les enseignants du public, mais c'est une partie de la hiérarchie catholique qui a pondu ce texte !
Ce qui est permis et encouragé sans qu'on s'y oppose peut se révéler très dangereux une fois qu'on en a accepté le principe.
Et il s'agit bien ici des élèves, de leur éducation à l'ouverture et à l'esprit critique.
Les enseignants du public qui ont "désobéi" à des injonctions qu'ils jugeaient préjudiciables à l'éducation ont été sanctionnés sévèrement, le savez-vous, vous qui les citez en exemples ?
Qui permet tout ceci ? Pour qui et pourquoi ?
A l'heure où l'"on" supprime la formation pédagogique des enseignants du public (voir à ce sujet le dernier billet de Claude lelièvre sur educpros : http://blog.educpros.fr/claudelelievre/2010/05/05/formation-des-enseignants-un-arrete-siderant/), "on" permet que se diffuse un enseignement dans les classes du privé catholique qui réfère sans vergogne à " l'anthropologie chrétienne" (qu'on a assez commentée plus haut) et qui va devenir un élément de la "formation" de ses enseignants.
La laïcité de l'enseignement (à défaut de celle de l'établissement) dans les écoles privées sous contrat, préservée jusqu'à maintenant par la loi Debré, est donc remise en cause, et beaucoup de choses peuvent changer, puisque cette soupape est supprimée. Car ceux qui "diabolisent" la sexualité, ce ne sont pas les enseignants du public, mais c'est une partie de la hiérarchie catholique qui a pondu ce texte !
Ce qui est permis et encouragé sans qu'on s'y oppose peut se révéler très dangereux une fois qu'on en a accepté le principe.
Et il s'agit bien ici des élèves, de leur éducation à l'ouverture et à l'esprit critique.
Les enseignants du public qui ont "désobéi" à des injonctions qu'ils jugeaient préjudiciables à l'éducation ont été sanctionnés sévèrement, le savez-vous, vous qui les citez en exemples ?
Qui permet tout ceci ? Pour qui et pourquoi ?
La réaction de Sophie Rostain se comprend mais appelle deux précisions. D'abord, ce ne sont pas les pratiques de l'enseignement catholique qui sont mises en cause dans l'article de Claude Lelièvre et dans plusieurs commentaires, mais la méconnaissance par les évêques des obligations qu'entraînent en classe (et seulement en c lasse) l'association à l'enseignement public. Ensuite, le contenu des cours n'est contrôlé ni par eux ni par le directeur de l'établissement qu'ils nomment mais par le ministère, encore une fois seul employeur des enseignants.
Une très bonne analyse de La Vie du texte en date du 23 mars. Il cite certains passages du document qui peut se lire, je crois, comme la "réponse" de l'enseignement catholique à la circulaire de février 2003. Une réponse, pas une mise en cause, d'après ce que je comprends.
Cette phrase, citée par La Vie, me rassure en tout cas :
"Affirmer l’importance structurante de la différence sexuelle ne peut conduire à porter de jugement sur les personnes homosexuelles (…) Des formes diverses d’homophobie peuvent gravement blesser les personnes. La découverte par des jeunes de leurs tendances homosexuelles peut être porteuse d’angoisse. L’éducateur doit donc veiller tout particulièrement à articuler ce qu’il peut dire de la différence sexuelle au respect inconditionnel des personnes."
C'est loin d'être évident, à mon sens. Et, comme je l'ai annoncé mercredi dernier dans la ''carte blanche'' que j'ai chaque mercredi ,un peu avant midi , sur France Culture dans l'émisssion de Louise Tourret ( ''Rue des écoles'' ) je traiterai dans mon prochain billet sur Médiapart ( et dans ma prochaine carte blanche ) précisément de cela, qui est l'un des noeuds du problème, assez complexe il est vrai.
Cher Claude Lelièvre,
Je suis d'accord avec vous, la vigilance s'impose, mais je vois mal comment l'enseignement privé sous contrat pourrait jouer avec le feu... Il draine des élèves de toutes sensibiltés religieuses, de toutes obédiences, cathos, pas cathos, croyants, pas croyants (puisque l'appartenance à la religion catholique n'est pas une condition nécessaire à l'inscription des élèves). Comment les directeurs à qui ce texte s'adresse pourraient-ils prendre le risque d'affronter les parents sur ces questions fondamentales d'éducation ?
Ce serait se tirer une balle dans le pied, non ?
C'est effectivement, chère Sophie Rostain, l'un des aspects de la question. Mais les dirigeants de l'enseignement catholique ne l'ignore pas; et pourtant une commisssion a travaillé pendant dix-huit mois pour établir ce texte sans précédent historique. Il faut bien qu'il y ait là quelque enjeu...
Par ailleurs, et précisément en raison de mon billet, le site des lassaliens ( ''Veille -Education'' ) s'est fendu d'une réaction intitulée: " Y a-t-il quelqu'un pour faire taire Claude Lelièvre?''. Sans commentaire.
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" le site des lassaliens "...
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Peut-on avoir ce lien ? A ce propos, je ne pense pas trop vous surprendre si je vous dis que, de mon point de vue, Claude Lelièvre est beaucoup, beaucoup, beaucoup trop diplomate.
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J'aurais plutôt tendance à dire : comment libérer la parole de Claude Lelièvre ?
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jpylg
Il suffit de taper sur Google: "Veille -Education'', cher jean paul yves le Goff
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Je viens, en effet, de découvrir le "pot aux roses" :
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http://veille-education.org/?q=claude+lelièvre
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Je ne connaissais pas ce site. C'est une véritable mine. Il est à noter qu'il se présente, sans doute, comme indépendant, mais toutes ses références sont des documents officiels de l'Eglise.
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Je recommande donc sa fréquentation à tous ceux qui s'intéressent à ce problème. Je recommande, en particulier la lecture de tous les articles de cette page :
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http://veille-education.org/pages/L’école-privée-catholique-sous-contrat
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jpylg
Les directeurs qui voudraient faire appliquer le texte devront surtout affronter les enseignants, dont beaucoup n'en partagent pas l'inspiration et qui, encore une fois, pourront invoquer la loi et leur statut. Peut-être la prétention à l'étendre à la classe est-elle moins destinée à avoir des effets qu'à rassurer la congrégation romaine sur l'éducation, qui lance régulièrement des rappels à l'ordre, et à calmer certains évêques (par exemple celui d'Avignon), qui les relaient au sein de la conférence épiscopale.
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"Les directeurs qui voudraient faire appliquer le texte devront surtout affronter les enseignants, dont beaucoup n'en partagent pas l'inspiration et qui, encore une fois, pourront invoquer la loi et leur statut. "
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Ce que j'ai découvert en lisant les articles du site "Veille-éducation", c'est que, du côté de l'enseignement catho, certains se plaignent de ce qu'un grand nombre de profs de l'enseignement catho n'ont pas la foi.
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Ceci n'est rien moins que banal et relativisee considérablement la question de la transmission par lesdits professeurs de telle ou telle directive, venant d'ici ou de là, concernant l'éducation à la sexualité...
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jpylg