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L'histoire, une passion française
La vivacité des réactions déclenchées par l’annonce que l’histoire-géographie pourrait devenir optionnelle en terminale ‘’S’’, le prouve encore à l’évidence. D’autant qu’il a été bien peu question de la géographie, en l’occurrence… Oui, selon l’expression très juste employée il y a déjà plus de quinze ans par l’historien Philippe Joutard, en France, " l’histoire est une passion " ( cf " Une passion française : l’histoire " in "Histoire de la France. Les formes de la culture ", sous la direction d’ André Burguière et Jacques Revel, Seuil, 1993 ).
Son enseignement peut devenir littéralement une affaire d’Etat impliquant directement le président de la République ou le Premier ministre. On peut en prendre pour exemple éclatant le Conseil des ministres du 31 août 1983 où le président de la République François Mitterrand évoque le sujet de l’enseignement de l’histoire sans que pourtant celui-ci soit à l’ordre du jour. Et c’est sans doute l’un des rares grands pays démocratiques où un Premier ministre n’hésite pas à prendre sur son temps surchargé pour venir prononcer – es qualité – le discours inaugural d’un colloque ( cf le discours du Premier ministre Pierre Mauroy lors du " Colloque national sur l’histoire et l’enseignement " tenu à Montpellier en janvier 1984 ).
Comme l’a déjà souligné l’historien Antoine Prost ( qui est d’ailleurs l’un de ceux qui ont lancé l’appel qui vient de paraître dans le " Journal du Dimanche " ), " l’histoire tient dans l’univers culturel et social des Français une place éminente. Nulle part ailleurs, elle n’est aussi présente dans les discours politiques ou les commentaires des journalistes. Nulle part ailleurs, elle ne bénéficie d’un statut aussi prestigieux. L’histoire est la référence obligée, l’horizon nécessaire de toute réflexion " ( ‘’Douze leçons sur l’histoire ", Seuil, 1996 ).
Mais est-ce vraiment mérité ?


Tous les commentaires
Bon à part les pétitions des historiens qui vivent de l'histoire en la racontant différemment selon les époques , les modes et les idéologies dominantes ,en quoi " l'optionalisation de l 'histoire " en terminale S justifie cette levée de boucliers corporatistes ?
Pour s'intéresser à l'histoire nous n'avons pas forcément besoin de professeurs certifiés par l'éducation nationale dont la grille de lecture et d'interprétation des faits se résume à " la propriété privé ,le capitalisme ,le libéralisme c'est le mal et le Sarkozysme n'en parlons pas ".Il existe d'excellents ouvrages ,d'excellents auteurs(Duby, Ladurie ,Braudel , Gaxotte (pour un certain point de vue ) etc....)
La matière est loin d'être aussi complexe que les mathématiques ou la physique .
La pratique de la lecture suffit amplement.
Pourquoi la pratique de la lecture alors qu'il suffirait de se planter devant TF1?
Triste jour que le jour où l'on peut lire un commentaire tel que le vôtre, alcyme.
En géographie, il suffit de regarder une carte.
En science, regarder "c'est pas sorcier, c'est très bien fait.
En informatique, se faire sponsoriser par Microsoft...
Qui a de meilleures idées ?
hum...en géographie, la carte c'est pas sorcier. C'est la légende qui est compliquée.
En histoire, c'est l'inverse : la légende est à la portée de n'importe qui. Le plus difficile, c'est la collecte des faits
ah ah ah
autre idée sur la question : la géomatique qui associe géographie, science et informatique : http://www.cc-tarndadou.fr/definition_sig.php
merci, j'en profiterai quand j'aurais internet dans ma classe avec des ordinateurs qui ne plantent pas tous les trois minutes...avec un tableau intéractif ?
Internet n'est pas forcément nécessaire. Il faut surtout avoir un bon logiciel, cela permet de fonctionner en circuit interne. C'est la période de Noël. Une bonne occasion pour un petit investissement (?).
ci-contre pour contrer microsoft des solutions existent : http://www.apitux.org/index.php?2005/09/14/51-le-logiciel-libre
Pour les gens qui ne cherchent pas à savoir qui ils sont, d'où ils viennent et à comprendre le présent à la lumière du passé pour mieux envisager l'avenir (non, ce n'est pas du Pierre Dac, mais du goca pur sucre), l'Histoire est inutile.
Tu fais manifestement partie de ces cons qui pensent que l'Univers est né avec eux et qu'ils sont au sommet de l'évolution, tout comme tes alter ego Vertubleu et Père Vert Pépère (je fais un lot).
Je pense que mon orteil gauche (le droit serait bien trop puissant) contient bien plus que vos deux cerveaux réunis (je sais encore additionner 1 + 1, merci).
Quant à l'Histoire et à sa compréhension, j'aimerais te renvoyer à un de mes anciens professeurs cité plus haut, môssieu Philippe... Joutard (je sais que tu avais pensé Corti, mais là, on n'est pas chez Ardisson, raté).
Hélas, tu ne le mérites pas... dommage.
Il s'agit... d'apprendre, à travers les doutes et les lacunes, à discerner (le fameux esprit critique) entre le vrai, le faux, le possible et le vraisemblable... Ce n'est pas un supplément d'âme, c'est l'âme elle-même... pour qui veut penser! Et ça demande, oui, un apprentissage, une éducation, un enseignement... Et vous vous trompez, je crois: les sciences exactes sont compliquées, les sciences humaines sont complexes...
Mais l'enseignement de l'histoire a toujours été une affaire d'État en France. Rappelons Pompidou et son ministre Olivier Guichard. Trois conseils restreints sont même organisés autour des programmes en 1969.
Autrement dit, cette nouvelle intervention doit être lue de façon politique, en l'inscrivant dans le contexte bien connu du débat sur l'identité nationale, l'enseignement des sciences économiques et sociales…
j'aime bien ces gens qui pensent que l'histoire est un truc fastoche. N'importe qui est cap d'en faire autant. Suffit de lire - qui, exactement ? des gens de bonne renommée mis là pour justifier que puisse être cité un auteur comme Gaxotte, historien favori de l'extrême-droite ; mais des gens dont le travail n'est pas vraiment simple - il ne s'agit pas de raconter des histoires (quoi que cela aussi nécessite un certain travail et un certain talent !), mais de construire une rationalité historique qui n'est jamais donnée d'avance. Et ce souci de rigueur demande de la part du lecteur une rigueur équivalente - on ne se laisse pas entraîner là comme dans un roman historique.
Ca me rappelle un mien collègue de maths qui affirmait avec une bonne conscience absolue que n'importe qui était capable de suivre un cours de philo au Collège de France, alors qu'un cours de maths c'était autre chose, les auditeurs ne pouvaient en être que des matheux !
L'enseignement de l'histoire joue un rôle essentiel pour donner les instruments nécessaires à une approche critique des mythologies qui encombrent nos têtes. Têtes de gauche comme de droite - je précise...Mais, bon, faut réfléchir, résister aux slogans, stopper certains élans, admettre qu'on s'est (ou qu'on a été) trompé. Ce serait tellement plus facile d'accepter que d'autres le fassent à notre place ; tellement plus rassurant d'être sûr que ces outils de réflexion ne seront pas mis entre n'importe quelles mains.
Je rappelle, pour mémoire, que c'est sous le Second Empire que les attaques contre l'enseignement de l' Histoire (et de la Philosophie) ont été les plus acharnées (suppression de l'agrégation, si je ne m'abuse ?
Je ne comprends pas votre question finale cher Claude Lelièvre.
Vous interrogez vous vraiment ou bien est-ce une clause de style ?
Pour ouvrir le débat, chère Dianne: pourquoi nous plus que les autres, voire mieux que les autres?
Merci pour votre réponse. Pourquoi nous plus que les autres, en effet ? Parce que "mieux" que les autres, certainement (un peu facile, désolée mais cela s'impose à moi comme une évidence).
Que ce pan de la formation des Français ait toujours eu une place bien plus importante que dans d'autres systèmes scolaires, qu'il ait presque toujours entraîné l'adhésion des cohortes "d'enseignés" (j'ai connu peu d'allergiques à l'HG, sauf les fainéants car, c'est vrai, le retour exigible en matière d'apprentissage personnel est très conséquent en ces matières) tient certainement au fait qu'il était mieux traité qu'ailleurs.
Peut-être ai-je eu de la chance, mais je n'ai connu AUCUN enseignant d'HG rasoir.
D'ailleurs la même question se pose au sujet de l'enseignement de la Philo, que l'on va dynamiter de la même façon.
Il s'agit bien d'un projet d'abrutissement qui trouve de cette manière un débouché logique. Les séries scientifiques ont déjà largement tendance à surinvestir dans les matières utiles à gros coef, et à restreindre leur formation au domaine strictement monnayable à court terme. Les y encourager nous prépare des lendemains scientifiques qui chantent... "Science sans conscience..." etc... Des floppées de Dr Folamour ? Bien rentables. Stratégie de Lisbonne, horizon 2010, on y est !!!
On peut se réjouir par les temps qui courent d'avoir encore une "passion"
Elle ne s'est pas encore déployée dans les rues à l'instar de nos amis italiens mais en ces temps d'illumination marchande,une petite étincelle historique n'est pas à négliger.
On trouvera ici http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=02&rub=dossier&item=14 une longue et bien documentée étude de Laurent Wirth sur les rapports passionnels en France entre le pouvoir politique et l'enseignement de l'histoire, le texte est centré sur la place de l'histoire nationale dans l'enseignement.
C'est une tradition chez nous pour les régimes autoritaires de s'en prendre à cet enseignement, déjà Michelet comme le souligne Patrick Rodel....
Mais cher Claude Lelièvre que veut susciter votre dernière phrase? Les réactions indignées, et justifiées si c'est le cas, des historiens? Je la comprends plutôt comme une interrogation sur la capacité actuelle des Français à comprendre l'histoire qu'ils sont en train de vivre et d'écrire.
Bonne question et bonne réponse possibles. Cf ma réponse plus haut à Dianne, chère Marie Lanvin.
... Comme si cette dernière phrase venait dire une amertume -c'est mal vu, l'amertume, en ces temps- et comme si le mot "mérite", que l'on nous sert en ayant l'air d'en savoir quelque chose, venait signaler que l'on donne des perles aux pourceaux ? Lesquels ne les méritent pas. Ou que c'est faire beaucoup d'honneur aux Français que de leur attribuer une passion qu'ils n'ont que dans les livres d'histoire ? Et puis, entre passions et savoirs...Il doit y avoir de la place pour bon nombre de malentendus. Et bon nombre de mal embouchés.
Courage, Claude Lelièvre, continuez à nous apprendre un peu de ce que vous savez. L'histoire par un historien, c'est ce que l'on peut espérer de mieux.
Je suis contente d'avoir des nouvelles d'Antoine Prost. Je m'en vais lire son appel.
Et vive Alcyme qui continue à éclairer de toutes ses lumières bienveillantes notre idiotie avérée. Sans ses commentaires, nous serions entre nous à parler de l'Histoire, alors que c'est si facile de lire. Je n'y avais personnellement pas pensé.
Je ne sais que dire sur cette affaire, mais pour être sarcastique, je me souviens avoir eu des 15, 20 en math physique en terminal C, et des 0 pointés en histoire géo !!
Et un 2 en géo-histoire au bac !! Cette réforme aurait totalement collé à mon profil ....
Bref, j'étais vraiment monoculture !! Ceci étant dit, je pense qu'il ne faut pas abandonner l'histoire, simplement 1 heure par semaine par exemple pour une synthèse du secondaire, même si le programme a été totalement "absorbé" dans les classes précédentes, car des piqures de rappel ne sont pas à négliger.
C'est vrai, à quoi bon réfléchir ou s'ouvrir l'esprit sur les sociétés et leur histoire, leurs façons de "voisiner", alors qu'on pourrait se contenter des maths ?
Le refus de l'enseignement des "humanités" donne de si bons résultats citoyens...
Pourquoi opposer l'histoire aux sciences, aux math ? D'ailleurs chacune de ces matières ont elles-mêmes une histoire que les spécialistes conséquents ont à coeur de connaître. Supprimer les cours d'histoire n'est pas anodin , c'est priver des jeunes de la compréhension d'épisodes importants; Que va t'on supprimer, l'histoire de la deuxième guerre mondiale, l'histoire de la colonisation. Je ne sais pas les programmes de la 1ere et de la terminale pour raison de scolarité stoppée trop tôt. Grâce aux cours de formation syndicales, du centre d'Education Ouvrière, des partis politiques , j'ai eu accès à l'histoire, un accès plus vivant sans doute qu'à l'école mais qui est indispensable pour se situer dans la vie. Enlever l'histoire des cours c'est une des multiples façons de livrer les esprits à la propagande des démagogues de tout poil. Le maire d'une commune qui ose dire qu'il y a des millions d'immigrés qui" ne foutent rien" est d'abord et avant tout un ignare et c'est l'ignorance qui même tout droit au racisme.
Quelle cohérence y a t'il a vouloir un débat sur "la fameuse identité française"et à relativise l'enseignement de l'histoire ?
La culture négligée, l'histoire reléguée, la Princesse de Clèves moquée, quelles sont les valeurs qui tiennent le haut du pavé ? c'est la loi du plus fort, du plus riche, de ceux qui ont un bon cercle de relations pour avoir une place, de celui qui est prêt à marcher sur la tête des autres pour "reussir". Mais comme disait Coluche quand je vois leur "reussite" j'ai envie d'échouer.
Au fait les cours d'histoire, ils vont être remplacés par quoi? Peut-être par les cours d'économie de nos grands timoniers genre Baverez, Minc, Marseille etc.. Bon enfin ça m'énerve
Bien , nos enfants n'apprendront plus l'histoire. Je préconise l'abandon de la Philosophie, (ça sert à quoi ?) et du Français (que fait-on en cours, si ce n'est apprendre des règles de grammaire obsolètes et lire des auteurs passés de mode — et devons-nous nous plier à ces rites d'initiation imaginés par d'obscurs idéologues bourgeois, je vous le demande), sans même parler du latin, de la musique, du breton et de toutes ces fadaises.
On fera un peu de math et de physique, des langues étrangères (mais pas trop : les étrangers viendront chez nous, et ils sauront le français), de la bio. Une tête bien faite est préférable à une tête bien pleine. De toute façon, on se forme sur le tas !
Quelques éducateurs montrant aux élèves comment faire fructifier les ressources qu'ils portent en eux-mêmes devraient suffire.
cher Claude Lelièvre, je suis un peu comme Dianne je ne comprends pas le sens de votre dernière phrase interrogative !
c'est dommage car je me demande si cette ambiguïté d'interprétation n'a pas donné libre cours à certains commentaires affligeants .... certes, tous les points de vue sont respectables et je ne doute pas que cette suppression de l'histoire géographie en terminale S n'en réjouisse plus d'un mais ce que cela augure... personnellement me fait froid dans le dos .... on a déjà fait tant de mal à l'égard de l'enseignement des "humanités" (comme on les appelait et les appelle encore par nostalgie) qu'attaquer de front une matière comme l'hist-géo en la supprimant en terminale scientifique c'est la porte ouverte à toutes les dérives : car franchement, qui peut dire que la philo est plus importante que l'histoire pour nos futurs scientifiques : donc demain, ce sera la philo qui deviendra optionnelle en TS puis en TES puis après demain ce sera l'histoire en 1èreS car concentrer le programme de 2 années en une seule (puisqu'on nous dit que le programme de terminale sera abordé en première) va s'avérer infaisable alors soyons logiques : réservons la philo et l'histoire géographie pour les sections littéraires et remplaçons les par le managemant et une bonne initiation à l'économie libérale pour les scientifiques ... bon, je délire car personne n'a parlé de philo ni d'économie libérale .... aujourd'hui ...mais demain ????
Ciel où va-t-on
Evidemment d'accord, évidemment l'histoire est essentielle, et la géographie, et l'économie, et les langues anciennes, dont je suis un défenseur acharné.
Mais je suis frappé par l'hémiplégie culturelle de nos élites : le passage de l'histoire-géographie en option en terminale S (avec renforcement, obligatoire, en 1ère) déchaîne les passions - pas toujours désintéressées, il y a des postes à la clef -, mais l'abandon quasi-total des enseignements scientifiques dans les autres séries les laissent de marbre : dès la première, plus de physique-chimie ailleurs qu'en S, quelques maths en ES, et en option en L - et encore, il s'agit de "maths appliquées", i.e. probablement des statistiques utilitaires - ainsi que des "sciences", elles aussi en option.
La physique, la biologie, les mathématiques ne sont-elles pas aussi nécessaires que les sciences humaines et sociales et la littérature pour la compréhension du monde, même par des littéraires ou des économistes ? Un citoyen peut-il être éclairé, et se forger une opinion pertinente sur le climat, la bioéthique, l'énergie, l'évolution des espèces, sans un minimum de culture scientifique, sans être un peu familiarisé avec les méthodes et le maniement des concepts des sciences "dures"?
Mais notre système éducatif réserve, hélas, cette culture aux "scientifiques" et en dégoûte les autres - alors que c'est tellement beau ! -, et cela va s'aggraver avec la réforme en cours.
On continuera donc, pour ne donner qu'un exemple, à laisser Allègre débiter des absurdités, alors qu'aucun journaliste ne lui tendrait un micro si leur "culture générale" l'était un peu plus (générale). Et on continuera à laisser, dans le débat public, s'exprimer d'un côté des scientistes irresponsables et de l'autre des quasi-obscurantistes, faute d'un minimum de culture scientifique partagée.
La littérature, l'histoire, la philosophie, c'est indispensable et passionnant. Les mathématiques, la physique, c'est indispensable et passionnant, et nos littéraires seront gravement incultes s'ils ne les étudient pas un peu plus.
D'accord avec votre vision de formations hémiplégiques, Phirenard.
L'esprit réflexif, ça se forme en réfléchissant avec méthode et rigueur, sur notre monde, sur notre environnement :
-à propos des éléments matériels de cet environnement : sciences de la matière, et leur outil abstrait, les maths.
- mais aussi à propos du vivant - et là ça se complique déjà fortement.
- qui lui même est imbriqué avec nos environnements humains, sociaux. Dont fait partie la dimension du passé, toujours présent en ceux -ci. Et la dimension artistique, toujours à l'oeuvre elle aussi sur les sociétés.
-et il reste ensuite la dimension psychique.
Ou bien l'éducation scolaire est ce que se donne une société pour former des citoyens, ou bien elle sert à d'autres buts.
Une fois de plus, Sarkozy, en nous tracant une nouvelle marche vers 1984, prouve etre le meilleur des ultra etatistes.
la question de la présence de l'histoire geo peut-elle même se poser ? ce n'est pas une bonne question, c'est simplement n'importe quoi. l'histoire permet de lier toute les disciplines entre-elle et de comprendre l'évolution de l'humanité. Ce n'est pas parceque l'on se destine aux sciences dur, ue l'on doit-être privé de ces savoir indispensable a la réflexion de tout citoyen. L'histoire et la géographie fait partie de cette "education" citoyenne, celle d'avoir a jours a juger des politiques et à avoir a choisir dans un isoloir pour au moins celle qui ne déplairas pas le plus. L'histoire est peut-être un simple "bachotage", une discipline "mémorielle" au niveau des lycée et collège. toutefois cet enseignement ne saurait-être éliminé voir optionalisé sans que nécessairement l'on veuille fermer des portes a de nombreux lycéen dans leur cursus futur. . plus simple encore les peuples qui n'ont pas d'histoire, sont amené a revivre les leçons que celle-ci prodigua durement a des générations entières. L'histoire est la leçon de sagesse de l'humanité, souviens-toi, et tache de ne pas commettre les même erreurs. et en démocratie, puisque chacun a le droit de vote, il est donc indispensable que tous en soit "bien" instruit. . difficile d'imaginer une scolarité sans cette discipline, alors que celle-ci devrait-être un des chemins d'entré prioritaire dans l'initiation a toute discipline, science sans conscience n'est que ruine de l'âme, or avoir conscience des erreurs du passé, c'est bien se prémunir contre leur retour futur, et ne pas les connaitre, c'est y être exposé.
Le cocasse pour ne pas dire le ridicule des pétitions qui fleurissent pour le maintien de L'histoire/géo en terminale est à la limite de la stupidité mentale et de l'addiction au corporatisme le plus étroit .
Entre la terminale et la première les horaires cumulées des S vont perdre 15 heures d'histoire /géo, soit avec les grèves classiques et récurrentes du corps enseignant (enfin des élèves instrumentalisés par le corps enseignant serait plus exact ),une dizaine d'heures en réalité . Soit donc 5 H pour l'histoire....et cela suffirait à faire de nos S des barbares.
Donc si les élèves de Terminale S ne connaissent toujours pas les fondamentaux de ces matières au bout de 6 années d'enseignement de l'Histoire-géo (+ les petites classes ),avec un renforcement pendant l'année de première, c'est à désespérer de nos enseignants d'histoire qui prétendent en faire des citoyens .
Cela justifie une sanction des enseignants d'Histoire Géo..division du salaire par 3 ,privation des droits à la retraite etc...
Pourquoi l'Histoire-géo devrait avoir un régime particulier et la spécificité d' être enseignée dans toutes les séries ?.Le Français n'est pas enseigné en Terminale et personne n'y trouve à redire depuis 2 siècles .
L'enseignement des Sciences (des vrais pas les humaines et les économiques ) dans toutes les terminales serait plus utile que l'enseignement de l'Hist-Géo qui favorise la diffusion du "politiquement correct" à la place de celle de l'objectivité et de la rigueur .
Il est facile pour les amths d'être objectives et rigoureuses, vu qu'elles n'ont pas vocation à expliquer le monde dans le qeul nous vivons, sauf dans ses dimensions purement matérielles.
Et quand elles prétendent en sortir pour s'aventurer dans le social....... voir les amusantes et tragiques prétentions des dites "sceinces" économiques.
Il est bien plus délicat d'apprendre et d'exercer l'esprit de rigueur en ce qui concerne les affaires humaines, sociales, psychiques.
Mais bien sûr, épargnons ces affres là à nos enfants. Faisons-en des mathématiciens aveugles au monde réel. Ils seront moins tentés d'exercer leur facultés de jugement sur celui-ci.
Merci Alcyme de votre programme qui, comme celui de Cloclo plus haut, éclaire celui du sarkozysme.
Le commentaire d'Alcyme est éclairant. Il prouve que le pouvoir peut tout oser,tout détruire,tout saccager. N'a-t-il pas récemment fait avaler à un trés large public une relecture manichéenne de la deuxième guerre mondiale,baptisée "Apocalypse" ?
Or cette décision de supprimer l'enseignement de l'Histoire vient en même temps que le "débat sur l'identité". Sarkozy s'inscrit ainsi dans la tradition de Louis-Napoléon Bonaparte et du Maréchal Pétain. Il fait courir un grave danger à notre démocratie.
Cette décision intervient aussi à la suite de tentatives de faire réécrire l'Histoire par les politiques, par exemple mettre au programme d'Histoire le "côté positif de la colonisation".
Sarkozy s'inscrit ainsi non seulement dans la tradition de Badinguet et de Vichy, mais, encore pire, dans celle des tenants de "l'histoire officielle" dans certains pays de l'Est avant la chute du mur...
Joël Martin,invité de bjm.
@ Celui qui utilise le pseudo Joel Martin ( il y a un Joel Martin spécialiste de la contrepèterie ,mais ce n'est surement pas la même personne).
Toujours pas les moyens de vous payer un abonnement à Mediapart ...
Ne pas oublier
- les arrière-plans de la réforme dans le dessein gouvernemental http://cvuh.free.fr/spip.php?article236
-les contenus de l'histoire scolaire. cf. La Fabrique scolaire de l'histoire dir. Laurence De Cock, Emmanuelle Picard, éd. Agone 2009
-voir aussi: Le Monde, 28 novembre, De quelle(s) histoire(s) de France parle-t-on? par Suzanne Citron
Eh oui, chère utopiste sans illusion! De quelle histoire ( scolaire ) parle-t-on? A quel ( s) niveaux de scolarité? C'est l'une des raisons de ma question finale dans ce billet ( car ma bienveillance pour l'histoire et son enseignement va de soi, surtout si l'on sait que je suis passé, dans mes études et ma carrière d'universitaire, de la philosophie à l'histoire.
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On peut peut-être aussi évoquer la création de Liberté pour l'histoire, en 2005; l'appel de Blois, en 2008; la commission sur les lois mémorielles de l'Assemblée nationale (toujours en 2008)...
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jpylg
Je me souviens encore de mon cours d’histoire en terminale S qui s’appelait alors C, à la fin des années 50. Le programme portait sur l’histoire contemporaine et s’arrêtait en 1945. Notre professeur n’était pas, je crois, particulièrement de gauche, mais c’était l’époque où Sartre affirmait que tout anti communiste est un chien, qu’il ne fallait pas désespérer Billancourt et j’ai entendu beaucoup plus tard l’historienne communiste Madeleine Rebérioux (elle ne l’était plus) se vanter qu’à l’époque, dans son lycée Marcellin Berthelot, plus du tiers des professeurs étaient inscrits à la cellule communiste du lycée. Il y avait donc sur l’enseignement une formidable pression du politiquement correct de l’époque.
J’appelle politiquement correct l’ensemble des opinions d’une intelligentsia autoproclamée, propre à la France, très majoritairement de gauche et influente dans l’enseignement, qui décide à tout moment de ce qui peut et ne peut pas être dit.
La pression du politiquement correct génère aussi un inquiétant phénomène d’arrogance et d’intolérance : j’en veux pour preuve la facilité avec laquelle sur ce forum est traité de con tout individu qui s’écarte de la vulgate politiquement correcte.
Le politiquement correct de l’époque de ma terminale faisait que le massacre de Katyn était attribué aux Nazis, qu’on ne parlait pas de la famine en Ukraine de1933 ni des procès de Moscou, que Lénine était un doux démocrate qui avait apporté aux Russes l‘enseignement des mathématiques, les soviets et l’électricité. Le souci de l’objectivité consistait à maintenir la balance apparemment égale entre capitalistes et communistes.
Plus tard j’ai eu l’occasion de discuter avec Hubert Beuve Méry qui était alors directeur du journal Le Monde. Il me disait qu’en journalisme comme en histoire, les humains étant ce qu’ils sont, l’objectivité est impossible et qu’on peut au mieux espérer l’honnêteté.
Je pense que tout historien qui accole « scientifique » au mot « histoire », ils sont encore nombreux de nos jours et étaient encore plus nombreux à l’époque de la main mise communiste sur l’université, est un imposteur dont l’imposture vise à promouvoir ce qui, pour lui est politiquement correct, qu’il considère donc que la fin justifie les moyens, ce qui est une forme de malhonnêteté.
L’apprentissage de l’histoire ne peut que se faire seul, en lisant des auteurs différents, puisque tous ont leur propre biais, le politiquement correct étant celui de la majorité des enseignants. Par exemple ma vision de la révolution française a profondément évolué entre l’enseignement du lycée où les professeurs étaient tous des disciples de l’historiographie marxiste et la lecture de Denis Richet et François Furet et il me semble bien que l’histoire des guerres de Vendée telle qu’elle est enseignée à mes petits enfants est carrément négationniste.
Alors la suppression de l’histoire en terminale S ? Bravo c’est une occasion de bourrage de crane supprimée.
C'et un peu par hasard que je tombe sur votre commentaire, et à ma grande surprise, à travers celui-ci je me retrouve au lycée Buffon début 70 avec les mêmes souvenirs de malaises dus au bourrage de crane de mon prof d'histoire qui à tout bout de champ mettait Staline et l'URSS au dessus de tout. Comme vous le dites, le politquement correct, notion non encore reconnue, était dèjà à l'oeuvre !!
A l'époque, plus interessé par les maths et ses délices que par la politique à laquelle je ne comprenais rien, (je me marre quand je vois des jeunes lycéens de 15-17 ans défiler pour un oui ou pour un non) mon intuition me mettait en garde quand même contre ce prof, sans que je sache trop pourquoi. Resultat que des zéros en histoire ..!!
J'espère pour l'éducation nationale que les profs actuels ont évolués dans un sens plus critique d'eux même et de l'Histoire.
Curieusement, en vieillissant, je me suis pris d'une passion pour l'Histoire. C'est fréquent, parait-il ...
"L’apprentissage de l’histoire ne peut que se faire seul, en lisant des auteurs différents"
Quel programme ! Idem pour la philo, idem pour la littérature, les sciences sociales... Bref, si on supprimait les établissements scolaires et qu'on renvoyait chaque élève, seul, à ses chères études - avec précepteur pour ceux qui peuvent, cela va sans le dire.
à cloclo et alcyme : et si vous lisiez quelques ouvrages d'histoire des sciences ? - ceux de votre choix, bien sûr-.
Vous y verriez entre autres de quoi, de quels croisements, découlent les découvertes scientifiques.
Je trouve cette critique des enseignants d'histoire infâmante.J'aieu en Terminale un remarquable professeur d'histoire et de géographie:tout le monde savait qu'elle était communiste ,mais elle ne nous"bourrait pas le crâne"Elle nous apprenait à réfléchir et les élèves de droite l'appréciaient tout autant parce qu'elle faisait passer sa passion dans ses cours;Je tiens de plus à préciser que j'ai découvert des années plus tard par hasard qu'elle avait été déportée.
Merci à Claude Lelièvre d'inviter à la réflexion, une fois encore.
Il est, si je ne m'abuse, spécialiste de l'histoire de l'éducation. A ce propos je voudrais simplement compléter une remarque de l'un des commentateurs : oui, les mathématiques, la physique et d'une façon générale tous les savoirs ont une histoire, se sont élaborés au cours du temps et continuent d'évoluer dans le temps. Ce que notre école néglige trop souvent - ou mêrme (presque)tojours en présentant les savoirs actuels comme éternels - c'est à dire hors du temps.
Une approche "historicisée" des savoirs - de tous les savoirs - serait peut-être l'un des axes d'une réfoemr de la pensée telle que la souhaite Edgar Morin.
Jadis de modestes instituteurs proches de C. Feinet, avaient composé de petits ouvrages de 32 pages, les BT, dont certaines, parmi les plus anciennes s'intitumaient "histoire de... (des moyens de transport, etc.). C'était une démarche vers un enseignement transdisciplinaire, déjà.
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Je disais donc se souvenir de "Liberté pour l'histoire" (2005), ainsi que - j'ajoute - ce petit livre où un professeur dit que l'école est le lieu où l'on enseigne l'ignorance.
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Au minimum pour ce qui concerne les origines du christianisme, je suis en mesure de confirmer.
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jpylg
excellente référence.
" excellente référence".
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Si, en matière d'histoire, vous préférez croire Benoit XVI, je n'y vois aucun inconvénient.
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jpylg
Oui , merci d'inviter à la réflexion , et je retiens celle de Phirenard , à contre-courant sur ce fil et pourtant bien intéressante je trouve . Il faut bien sûr garder un enseignement de l'histuire et de la géographie de qualité ( comme le montre Patrick Rodel ), mais si cet enseignement est vraiment fait en première..., je trouve que c'est bien . On fait de la Philo , mais plus de littérature en Terminale...
supprimons la philo, puisqu'on aura supprimé l'histoire.
ah oui très bonne idée ! Penser par soi même c'est tellement inutile, supprimons en fait tout ce qui ne sert à rien comme dire bonjour, marcher puisque nous avons des voitures, le latin puisqu'on parle français, la lune aussi ça sert à quoi la lune au fait ?
Rendons obligatoire le travail le dimanche, TF1 dès la maternelle mais que la pub (remarquez ce qu'il y autour c'est aussi de la pub), l'apprentissage des sketchs à Bigard ou l'oral avec les Grosses têtes me semble très utile en option dès la seconde, des stages pratiques dans des instituts bancaires ou pour ceux qui n'ont pas le niveau chez les fusiliers-commandos seraient les bienvenus surtout pour ces tas de feignasse de jeunes qui pense qu'à manifester en lisant le Contrat social.
Mais gardons les comptes : compter ses sous, ça c'est très important pour l'éducation des enfants.
Plus qu'à contre-courant, je souhaitais être complémentaire. Merci.
Il est quand même révélateur que dans le cadre de la mondialisation, le gouvernement actuel, afin de supprimer encore des postes, refusent à sa jeunesse de savoir correctement se situer dans le temps et dans l'espace.
Enseigner l'Histoire-Géo, ne consiste pas seulement à raconter des "histoires", même si l'on peut passionner son auditoire en tentant de ressusciter le passé. Il s'agit d'inscrire des évènements, des tendances, des modes, des coutumes, des mythes, tout ce qui sert à construire le présent. Et si, il y a du changement dans l'enseignement de l'histoire, d'une époque à une autre, c'est que des témoignages, des preuves, des méthodes nouvelles ont fait évoluer notre perception du passé, de nos racines.
Ah ! Posséder un peuple sans mémoire ! Quelles merveilleuses perpectives pour les pro. de la com, les illusionnistes des lendemains qui chantent, et les guides vers des murs de la honte ou de l'argent.
Si l'Histoire est une passion française, c'est parce que notre environnement citadin, comme celui de la vieille europe nous interpelle quotidiennement.
On remarquera au passage l'incohérence apparente de ceux qui croient nous gouverner : d'un côté le nuage artificiel de l'identité nationale, de l'autre la réduction des heures d'histoire-géo. Or, il n'y a d'identité de la France que sur le long terme qu'il faut non seulement comprendre mais aussi intégrer en relisant F. Braudel.
Bien sûr ! Cela donne des idées, et "les idées, ça fait gueuler" comme l'a chanté Léo Ferré jadis. Alors, silence dans les rangs et ramenons la France aux mensurations de N.S, Notre Seigneur.
"L’apprentissage de l’histoire ne peut que se faire seul,"
Ça, c'est une imposture. Ou tout au moins, une insupportable posture élitiste. Le coup de l'intellectuel ouvert qui se formerait en puisant dans ses propres ressources pour guider ses pas et atteindre en solo les auteurs nécessaires, c'est aussi vieux que l'enseignement par les précepteurs.
Pour répondre à M. Hervé, oui les "BT" étaient de précieuses sources documentaires dont les contenus n'étaient pas formatés par des marxistes avec le sabre entre les dents... J'en ai conservé quelques unes car c'est au rebut qu'on les trouve désormais dans les établissements scolaires. Et ma foi, les contenus étaient ambitieux et la richesse documentaire inattaquable. On n'a pas fait beaucoup mieux depuis sous ce format. Et à ce prix, ce qui n'est pas rien.
Les attaques contre l'enseignement de l'histoire ne datent pas d'hier. On le remet sans cesse en cause au motif d'alléger un fameux tronc commun qui finira sec comme un bambou. C'est la démarche qui est dénoncée ce mois ci par un article ravageur dans "La Décroissance". Si on en élimine les outrances dogmatiques (rien ne sera jamais à la hauteur des attentes de ses rédacteurs en matière de prise de conscience des urgences planétaires) c'est un réjouissant plaidoyer pour la transmission des savoirs.
Je me souviens de la dernière "consultation sur les programmes" à laquelle on avait eu la grande bonté d'associer pour une fois les enseignants du primaire. On constata dans les intentions la disparition des sujets d'étude sur la Commune et sur le Front Populaire.... Tiens tiens... Le règne de Louis XIV traité uniquement par le biais des batailles. Des trous abyssaux dans la chronologie... Réduction des manuels, deux en un.... Un vrai projet là.
Au fait comment enseigner l'histoire sans la géographie ? Un passage fameux dans Le Petit Prince met en relation l'enfant et le Géographe qui rédige sur "témoignage" des ouvrages qu'il prétend immuables. Le seul critère requis pour valider un fait est "la bonne moralité des témoins".
Pourtant rien n'est plus sujet aux modifications que la géographie, sous les coups de l'histoire. Ce n'est pas Poutine qui se goinfre l'Ossétie qui me contredira.
Cher Claude,
Une fois encore vous soulevez l'interrogation.
De retour d'Allemagne, je ne peux que souscrire à votre précision sur le statut particulier de l'histoire et de la géographie en France.
L'histoire, tout d'abord, non pas par préférence, car je suis de ceux qui adorent la géographie et l'enseigner, et la lire même. Mais revenons à Clio. En Allemagne, les politiciens, les élites ne citent pas l'histoire. L'Allemagne est un pays non pas sans histoire, je sais, je l'ai rencontrée... et plus d'une fois. Ce n'est pas l'histoire le moteur de la nation allemande, car la nation là-haut n'est que l'association des "Heimat", des "petites patries". Ce n'est que depuis peu que les Allemands arborent sans complexe le drapeau tricolore. L'Histoire est pour eux plus une manière, une matière pour réfléchir au sens de l'Histoire, qui va vers la démocratie. Or, en France, l'histoire c'est le moteur national, elle l'explique, elle l'alimente, elle le nourrit lors des ratés et tout le monde la cite. Une preuve est le nombre effarant (c'est l'objet d'ailleurs d'un prochain colloque) de politiciens ayant écrit des ouvrages d'histoire. Notre président aussi, et il a choisi l'inclassable Mandel, ce n'est pas par hasard. Et beaucoup de ceux qui le critiquent feraient bien de lire ce (bon) ouvrage, cela les éclaireraient davantage. L'Histoire est la référence absolue, elle légitime l'action, elle lui donne un ancrage dans la trame des années passées et elle ouvre des perspectives. Citer un fait historique est un peu comme ce pape qui prend un nom d'un prédécesseur pour introduire et annoncer l'objet et l'enjeu de son pontificat.
Est-ce mérité ? Je ne sais pas, mais pour connaître un peu les Etats-Unis, quand l'an passé des élèves américains s'étonnaient d'apprendre par le film Walkyries que l'Europe avait connu la Seconde Guerre Mondiale et une dictature brutale et sanguinaire, je pense que je sais... L'Histoire a une place dans notre cité, mais comme la cité d'aujourd'hui a évolué, il faut que l'enseignement de l'Histoire évolue aussi. Dans quel sens, cela est la question et cela fait question.
La géographie est liée dans notre pays à l'Histoire. Ce n'est pas une particularité nationale. Thucydide avait déjà allié les deux matières, les deux sciences. La géographie en France est une géographie de l'espace, des flux, des réseaux, des centres et des périphéries. Pas une géographie de reliefs, de cuestas, de dépressions et d'anticyclones. La géographie, comme son étymologie l'indique permet d'écrire l'espace et de s'inscrire dedans, pour le comprendre et le maîtriser. Mais comment maîtriser l'espace et comprendre ses dynamiques sans l'Histoire ? Je renvoie à un de mes maîtres, Alain Reynaud et ses ouvrages, dont celui sur la Chine des printemps et des automnes.
On vaut par ce que l'on exige, on est le citoyen que l'on veut, tout le monde est d'accord sur ce point, mais peut-on espérer des générations citoyennes sans un éclairage spatial et historique ?
Je pense que non.
Merci, cher Yohann Chanoir pour ce regard d'Allemagne via les Etats-Unis
Je ne vois pas comment on pourrait étudier les hommes dans le temps sans les situer dans l'espace ni comment décrire l'utilisation des ressources sans les situer dans une évolution temporelle.
Savoir ce que les humains ont fabriqué avant nous dans leur vie individuelle et collective, dans leur pensées et dans leurs obsessions, savoir comment ça se passe ailleurs ? Les Français ont-ils vraiment envie de le savoir ? Et les gouvernants qui s'en saisissent y sont-ils attentifs à autre chose qu'a prévenir ce qui peut les desservir ? Ne serait-il pas plus juste de dire "une passion de quelques Français" ?
En voyageant dans le monde, j'ai souvent eu l'impression qu'à catégories professionnelles équivalentes l'intérêt pour l'histoire des non spécialistes, au-delà d'ici et aujourd'hui, était plus développé ailleurs. Mais ce n'est qu'une expérience personnelle.
Quant à l'enseignement de l'histoire, et je dis cela par une regard rétrospectif sur un sujet qui aujourd'hui me passionne, j'ai l'impression qu'il n'était pas toujours confié à des enseignants soucieux d'ajouter à l'intelligibilité du monde. Peut-être que la philosophie devrait faire partie de la formation des enseignants d'histoire et géographie.
Pas si sûr, Serge Koulberg : à voir la multiplication des revues d'histoire grand public, des chaînes de télévision "histoire", des adaptations historiques au cinéma, des romans historiques et des pièces de théâtre à sujet historique, j'ai quand même l'impression qu'il y a vraiment une demande collective et un intérêt partagé pour la discipline, ce qui rend encore plus aberrant toute mesure visant à restreindre ou supprimer son enseignement.
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Faut vraiment être naïf à un degré frisant le défi pour croire que les philosophes ajouteraient plus d'intelligibilité au monde (pour parler diaffoiranto) que les historiens.
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jpylg
ils vous ressemblaient un peu mes profs d'histoire toujours le gris au drapeau.
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il parle à qui ?
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jpylg
Les meilleurs traités de physique sont ceux qui abordent les phénomènes via l'histoire des sciences.
Montrer que les plus grands savants ont tâtonné et parfois se sont plantés, rassure l'étudiant qui ne trouve pas tout de suite la solution de son problème.
Mais surtout, l'approche historique permet d'aborder un phénomène en profondeur.
Par exemple l'équivalence travail chaleur.
D'anciennes théories faisaient intervenir un mystérieux élément de matière fluide, le "calorique", censé s'écouler d'un corps vers un autre.
Problème : comment expliquer que le frottement échauffe la matière frottée ?
Un jour, l'anglais Rumford a eu l'idée de plonger un fût de canon dans de l'eau froide, et de réaléser l'intérieur du canon.
L'eau s'est mise à bouillir.
Pourtant, l'expérimentateur n'avait fait que d'enlever de la matière...
Glissons sur quelques étapes. Cette expérience a permis d'établir l'équivalence travail-chaleur : le travail de frottement pour recreuser le fût s'était transformé en chaleur qui fit bouillir l'eau.
Quand on raconte ça aux étudiants, ils n'oublient jamais.
Quand on part de l'équation, ils s'endorment...
L'histoire nous relie à nos racines.
L'histoire nous fait comprendre l'évolution des idées.
L'histoire, c'est la mémoire de l'humanité.
Quant à la géographie, elle nous permet de nous repérer, tout simplement.
Et de connaître la boule sur laquelle nous passons un moment.
A l'heure des inquiétudes planétaires que l'on sait, il est irresponsable d'éroder l'enseignement de ces deux matières.
Joël Martin, invité de bjm.
Tout à fait d'accord avec Joël Martin.
J'ajouterai le détour avoué et revendiqué par de nombreux découvreurs, et non des moindres (toute la physique quantique) par des interrogations de type philosophique, entre autres.
(Lire Heisenberg par ex, La partie et le tout, je crois)
Vous avez tout bon, Fantie.
La partie et le tout, le monde de la physique atomique par Werner Heisenberg, (Paris, Flammarion, 1990).
http://www.archipress.org/episteme/heisenberg.htm
On ne peut pas "voir" le monde subatomique, au sens où l'on voit un objet macroscopique.
Le génie d'Heisenberg, c'est d'avoir établi qu'on ne peut connaître parfaitement à la fois la vitesse et la position d'une particule, contrairement à une fusée, par exemple, dont les conditions initiales de lancement permettent de prévoir la trajectoire.
Cette impossibilité de "voir" n'empêche nullement d'établir des lois extrêmement précises du monde quantique.
Cela, malgré le fait que ce que l'on observe, c'est un phénomène "perturbé" par l'observation elle-même.
Notre vision ne nous permet donc pas d'atteindre la "réalité" mais"notre" réalité, celle que l'on constate après perturbation de la réalité par notre observation.
Je suis d'accord avec vous, Fantie : c'est de la philo.
Einstein a bâti la théorie de la Relativité Restreinte par des considérations quasi philosophiques du type : la simultanéité n'est pas une notion absolue puisque aucun signal ne se transmet instantanément, vu que sa vitesse de transmission ne peut dépasser celle de la lumière.
J'espère que cela n'est pas trop confus...
Joël Martin, invité de bjm
PS - J'ai commis naguère un papier destiné à des non-spécialistes sur la dilatation du temps et la contraction des longueurs que connaissent des mobiles animés d'une fraction notable de la vitesse de la lumière, dans le journal de mon labo, n° 51 de juillet 2001, pages 4, 5, et 6
On peut cherger le pdf de ce numéro à l'adresse :
http://irfu.cea.fr/ScintillationS/index.php?annee=2001
Devoir de mémoire d'un jeune sous-lieutenant du Génie
Appelé du contingent 54/2 A, envoyé en Algérie en 1956
http://www.algerie56.fr/documents/doc_03.htm
http://www.algerie56.fr/
Merci à M. Lelièvre, son incitation à la réflexion fait son effet. Oui l'histoire joue en France un rôle particulier, parce qu'elle est directement au coeur des luttes politiques depuis la Révolution (Sieyès et al.), depuis que dans les années 1820 le "nos ancêtres les Gaulois" d'Augustin Thierry et (un temps) de François Guizot a pris la place du "nos pères les Germains" de Montesquieu. En Allemagne aussi au 19° siècle (puis silence après 1945 pour des raisons évidentes), avec cette différence que l'Ecole historique allemande y a directement donné naissance à la sociologie alors qu'en France celle-ci, et les sciences sociales, se sont construites contre l'histoire autant que contre la philosophie. Du moins est-ce ce que j'ai appris à l'école... D'où aujourd'hui encore un clivage, alors que pour ce qui nous occupe le sort fait à l'histoire va de pair avec celui fait aux SES.
Mais comme le dit plus haut, justement me semble-t-il, M. Phirenard dans un propos et avec une conviction qui rappellent les polytechniciens cultivés d'autrefois, il n'y a pas que l'histoire, les sciences de la nature manquent aussi cruellement à la formation initiale. De tout cela on peut et on doit, on devrait, discuter calmement et raisonnablement, en fixant les orientations générales de la formation en lycée. Ce que nous faisons ici, dans le vide, comme les protestations et pétitions argumentées qui circulent résonnent dans le vide. Car il n'y a derrière ces mesures aucun projet, rien donc à discuter, c'est ce qu'il faut d'abord dénoncer, seulement la volonté de supprimer des postes et de réduire la dépense sans considération de son sens ni de son utilité, à l'aveugle, en coupant où c'est le plus mou. Alors, plutôt que telle ou telle discipline, c'est l'idée que la connaissance raisonnée est utile qu'il faut défendre, parce que c'est elle qui est attaquée par ce gouvernement et ce président qui, dans leur passage au Kärcher du monde de la culture, ne voudraient laisser intactes derrière eux que les écoles de commerce et les sacristies.
Les pédagos parlent aux pédagos!
j'ai compris, c'est un débat entre pédagos d'où tout non -enseignant est exclu d'office et irrémédiablement. Il semble qu'un travailleur ordinaire ne puisse s'exprimer valablement sur une question d'enseignement, donc restez entre vous et vous vous sentirez l'élite.
J'espère que non. Le débat sur l'Ecole appartient légitimement aussi bien à ses professionnels qu'aux autres ( et vice et versa ), dans la mesure en particulier où l'on a affaire non seulement à des questions ''technique'' mais aussi éminemment culturelles et politiques. Même si l'on doit faire un certain effort pour ne pas mélanger outre mesure les genres.
Ma première contribution ne mélangeait pas les genres mais tentait une approche de l'histoire et de son intérêt qui dépasse le milieu scolaire. Mon but était de démontrer tout l'intérêt de l'enseignement de l'histoire dans la vie au delà d'une année d'histoire géo. Je constate que comme chaque fois que je discute avec des enseignants, ils ne daignent prêter aucune attention à ce que peut dire quelqu'un qui hors du cercle enchanté, et c'est pareil sur Médiapart. Je pense que l'enseignement de l'histoire c'est important quand j'ai pu constater dans mon boulot de postière que des gens d'un niveau scolaire bien supérieur au mien ne connaissaient pas ce qui s'était passé à "Oradour sur Glane", ne savaient à peu près rien sur la guerre d'Algérie, n'ont qu'une vague idée de ce qui s'est passé en 1936, j'en passe et des meilleures. Je pense que ces carences sont extrêmement préjudiciable à la vie en société en particulier à tout ce qui touche à la citoyenneté, à ce qui concerne les questions des ghettos de banlieue, ce qui a à voir avec les acquis sociaux. Ce ne sont pas des questions techniques d'autant plus qu'aujourd'hui, contrairement à mon époque, il n'y a pas grand monde qui vient apporter un complément aux acquis scolaires.
C'est dans les partis politiques et les syndicats que j'ai complété une formation historique que je juge indispensable. Actuellement un jeune qui veut s'intéresser à des faits historiques n'a guère d'autre possibilité que la lecture. Ce qui est bien mais ne remplace pas tout à fait un cours d'histoire bien fait. je ne me résigne pas à ce que cette question soit uniquement du ressort des enseignants.
Ma première contribution ne mélangeait pas les genres mais tentait une approche de l'histoire et de son intérêt qui dépasse le milieu scolaire. Mon but était de démontrer tout l'intérêt de l'enseignement de l'histoire dans la vie au delà d'une année d'histoire géo. Je constate que comme chaque fois que je discute avec des enseignants, ils ne daignent prêter aucune attention à ce que peut dire quelqu'un qui hors du cercle enchanté, et c'est pareil sur Médiapart. Je pense que l'enseignement de l'histoire c'est important quand j'ai pu constater dans mon boulot de postière que des gens d'un niveau scolaire bien supérieur au mien ne connaissaient pas ce qui s'était passé à "Oradour sur Glane", ne savaient à peu près rien sur la guerre d'Algérie, n'ont qu'une vague idée de ce qui s'est passé en 1936, j'en passe et des meilleures. Je pense que ces carences sont extrêmement préjudiciable à la vie en société en particulier à tout ce qui touche à la citoyenneté, à ce qui concerne les questions des ghettos de banlieue, ce qui a à voir avec les acquis sociaux. Ce ne sont pas des questions techniques d'autant plus qu'aujourd'hui, contrairement à mon époque, il n'y a pas grand monde qui vient apporter un complément aux acquis scolaires.
C'est dans les partis politiques et les syndicats que j'ai complété une formation historique que je juge indispensable. Actuellement un jeune qui veut s'intéresser à des faits historiques n'a guère d'autre possibilité que la lecture. Ce qui est bien mais ne remplace pas tout à fait un cours d'histoire bien fait. je ne me résigne pas à ce que cette question soit uniquement du ressort des enseignants.
Et vous avez tout à fait raison, car si nous sommes un certain nombre à nous battre pour sauver l'histoire et plus généralement les sciences humaines au collège et au lycée c'est parce qu'elles sont indispensables à chacun pour comprendre le monde où nous vivons et y agir (vous le montrez très bien par vos exemples) . Vous avez aussi raison quand vous évoquez le rôle formateur des partis et syndicats et c'est vrai que la lecture ne remplace pas forcément ce qui passe par la transmission, la parole.
Tout le monde a normalement le devoir de s'intéresser à l'Ecole...
A propos du débat sur l'histoire , je signale la contribution de Claude Lelièvre dans un "chat" sur : lemonde.fr
J'ai trouvé ça passionnant , mais suis étonnée des commentaires qui ne semblent pas tenir compte de ce qui est dit .
L'histoire je l'aime quand elle n'est pas trafiquée, pour les seuls intérêts de certains (la grande famille de Cyrano de MesCouillesBajac un peu plus haut par exemple) qui s'inventent des "puretés sanguinement divines" leur permettant TOUT en ce bas monde au XXIème siècle, car tant que cela existera aucune des autres histoires passées n'aura valablement été utile en terme d'enseignement d'humanité et de justice.
Autant ne parler dès lors que de la "Loi du Plus Fort et du Plus Voleur" et puis c'est TOUT, ça suffit amplement, et en attendant autant faire des mathématiques à donf pour bien compter ce qu'ils ont volés depuis des décennies sans être jamais condamnés à ce jour.
@ +O-NE
Attaques ad hominem, insultes, racisme, antisémitisme, apologie de la violence...
Dîtes-moi...vous cherchez à faire virer ce pseudo pour rendre vos autres plus tolérables ?
C'est raté.
PS : je n'alerterai même pas, l'ayant déjà fait en vain à maintes reprises face à de tels propos, sans même avoir été honoré d'une réponse.
Le jour où vous serez "honoré" de quoi que ce soit dans la vie, pensez bien à m'appelez SVP, ça sera vraiment une première.
@+O-NE
Je serais très honoré que mediapart vous radie, ainsi que tous les pseudos alimentés avec les mêmes coordonnées bancaires...
Arrêtez donc un peu la tétine Cyrano et encore plus quand vous ne mettez que de la piquette dans le biberon, c'est pas bon pour la santé.
Tout un chacun ici peut clairement constater que vous fûtes chronologiquement le premier à d'une part polluer le fil de l'éminent Claude Lelièvre et d'autre part à m'insulter ad hominem ainsi que Père Vert Pépère et Alcyme, en se référant tout simplement à votre premier commentaire ci-dessus.
Des cures existent.....pout tout....
@ +O-NE
.
"l’histoire tient dans l’univers culturel et social des Français une place éminente. Nulle part ailleurs, elle n’est aussi présente dans les discours politiques ou les commentaires des journalistes. Nulle part ailleurs, elle ne bénéficie d’un statut aussi prestigieux."
Déchiffrage:
Les politiques et les journalistes (français) représentent l'univers (l'Univers) culturel et social (social) des Français (français) et donnent à l'histoire, comme nulle part ailleurs (Ailleurs), un statut éminemment prestigieux.
Oumpf.....
Il faut lire dans cette phrase deux choses.
Une vérité.
Et une erreur.
« Nous faisons l'histoire et faisons de l'histoire parce que npous sommes historiques » selon P.Nora. C'est la singularité du rapport au temps qui nous constitue.
Rendre l'enseignement de l'histoire facultatif en terminale, c'est relativiser son importance et ignorer sa spécificité dans le développement des individus que nous sommes.
Les élèves de lycée comme leurs parents, aiment l'histoire, on le voit à travers les témoignages divers livrés sur ce fil.Cette discipline constitue souvent pour eux une soupape dans un emploi du temps blindé, particulièrement dans les sections scientifiques. l'occasion pour eux d'aborder des problèmes sociaux, culturels, philosophiques, éthiques, spirituels, artistiques ,économiques, géopolitiques...Ils ont conscience qu'elle crée du lien, que c'est un ferment, qu'elle donne du sens à la vie et au monde.
Or, son enseignememnt ne se résume pas par la seule lecture d'ouvrages comme certains osent encore le penser. C'est méconnaitre le métier d'enseignant et celui d'élève que de croire qu'on peut se construire en l'absence d'échanges, d'épreuves, d'apprentissages.C'est ignorer la force du collectif pour faire murir les consciences. Or il faut du temps pour cela. Il en faut pour réinvestir des notions, pour laisser diffuser la réflexion et les notions de temps et d'espace chez nos élèves.Cela ne peut se faire à coups de grosse Bertha, en deux ans plutôt qu'en trois.
Enfin, faire le choix de supprimer cette discipline en terminale, c'est méconnaître sa jeunesse. Les jeunes adultes de terminale sont terriblement stressés cette année - là et sont plus que jamais en quête de sens.Ils ont besoin de ces points d'équilible que sont les humanités pour croire encore à tous les possibles, pour vérifier leur sentiment de liberté avant de faire les choix d'orientation et d'entrer dans un monde un peu plus cloisonné, un peu plus rentable, un peu moins insouciant. L'adolescent n'est pas un simple adulte en miniature, il est fragile et a besoin de temps pour penser son avenir. Soustraire dans la diversité de l'offre des disciplines, c'est mutiler la jeunesse et compromettre la citoyenneté, la démocratie. C'est l'expression d'une réforme à contresens.