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«La foi laïque»

La laïcité, en France, est perçue le plus souvent comme nécessairement a-religieuse (sinon anti-religieuse ; mais cela n’a pourtant rien d’évident. Cette représentation concerne en particulier deux moments fondateurs, à savoir celui de l’institution d’une Ecole républicaine et laïque au début de la troisième République triomphante et celui de la Séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Mais c’est une vision qui doit - pour le moins - être mise en question, car elle ne correspond pas vraiment à la réalité historique.

Il suffit d’ailleurs de s’intéresser de près à un personnage pourtant emblématique, à savoir Ferdinand Buisson, pour que les interrogations commencent. Ferdinand Buisson a été le principal lieutenant de Ferry au moment de l’institution d’une école primaire laïque, dont il a été le directeur durant 17 ans, et son véritable maître d’œuvre. C’est aussi à lui qu’a été dévolu le rôle décisif de conduire la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en tant que président de la Commission de séparation. Et cela lui a valu d’être présenté par les adversaires de la loi comme le mauvais génie de l’anticléricalisme. Il a été député radical, puis radical-socialiste ; président de l’Association nationale des libres penseurs, puis de la Ligue de l’enseignement. Et c’est pourtant le même Ferdinand Buisson qui a fait paraître en 1912 un ouvrage intitulé " La foi laïque ".

 

Ce titre étonnant ‘’interroge’’, c’est le moins que l’on puisse dire. Comme l’a déjà mis en évidence l’historien Jean-Marie Mayeur, il s’agit – et cela peut paraître à certains un oxymore – d’une " libre pensée religieuse, empreinte d’un spiritualisme profond, pénétrée avant tout de la conviction que la religion est un besoin éternel de l'âme humaine et qu'elle doit faire le fond de la morale laïque, une véritable recherche d'une religion de l'avenir ". Une pensée religieuse donc, mais libre, car libre vis à vis de toute religion instituée. Et l’on peut citer ici Ferdinand Buisson, distinguant " l’âme " et le " corps " de la religion : " L’âme de la religion, c’est l’anxiété intellectuelle et morale, l’esprit se posant la grande question, le cœur s’interrogeant en présence des énigmes de la douleur et de l’amour, la volonté s’exaltant dans un effort dont le terme lui échappe [ …] Le corps de la religion, c’est ce qui pourrait s’appeler le vêtement que l’esprit religieux se tisse avec les matériaux dont il dispose et selon son degré d’art et d’expérience . C’est longtemps une suite pitoyable de mythes et de rites, de pratiques et de recettes, de faits contre nature et d’idées contre raison ". Et Ferdinand Buisson affirme son refus de voir l’âme de la religion pétrifiée par son corps : " Ce que nous demandons, ce n’est pas qu’elle n’ait pas de corps, c’est que ce corps ne soit pas un cadavre ".

 

On pourrait se dire que tout cela est du passé, et qu’il ne saurait plus y avoir quelque enjeu de cette sorte. Mais, si l’on prend en compte sérieusement quelques épisodes récents, voire très récents et ‘’surprenants’’, rien n’est moins certain. Sur le fond, on peut remarquer que Vincent Peillon ( l’un des dirigeants du PS les plus en vue actuellement et un philosophe de métier ) a consacré beaucoup de temps pour écrire un ouvrage important sur cette question ( et très éclairant sur Ferdinand Buisson lui -même ).

En effet, si la religion est une donnée anthropologique fondamentale, comme le pense Ferdinand Buisson ( et, si j’ai bien compris, Vincent Peillon lui-même, par ailleurs très attaché aux questions scolaires et laïques), alors les républicains, les laïques doivent en tenir compte, voire même la reprendre à leur compte ( à leur façon ). Et cela d’autant plus que la dénégation de cette donnée anthropologique, si elle est fondamentale, risque de se retourner contre eux, aux mains expertes de leurs adversaires politiques ( c’est d’ailleurs ce que pensait Ferdinand Buisson). D’où le titre très évocateur ( voire provocateur ) du livre de Vincent Peillon paru récemment aux éditions du Seuil : " Une religion pour la République ", avec pour sous-titre " La foi laïque de Ferdinand Buisson ".

La boucle paraît ainsi bouclée. Mais, in fine, ne serait-ce pas un ‘’miracle’’ que cette question puisse susciter – de nos jours et dans les circonstances actuelles - des considérations d’ordre philosophiques, historiques et politiques un tant soit peu consistantes ?

 

 

Tous les commentaires

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" si la religion est une donnée anthropologique fondamentale, comme le pense Ferdinand Buisson (...), alors les républicains, les laïques doivent en tenir compte, voire même la reprendre à leur compte ( à leur façon ). (...) ne serait-ce pas un ‘’miracle’’ que cette question puisse susciter – de nos jours et dans les circonstances actuelles - des considérations d’ordre philosophiques, historiques et politiques un tant soit peu consistantes ?"

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Oui.

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jpylg

Au moins cette question amène une réaction militante avec l'Appel National pour l'Ecole Publique, qui dénonce :

 

 

  • les dizaines de milliers de suppressions d’emplois qui ne cessent de frapper durement le service public d'éducation, le fragilisent en zone rurale et l’asphyxient en zone urbaine,
  • les aides publiques concédées aux établissements privés (à 95% catholiques) qui n’ont jamais été aussi élevées. Il s’agit de près de 7 milliards d’Euros octroyés chaque année par l’État, auxquels viennent s’ajouter les participations obligatoires versées par les collectivités locales,
  • la loi Carle qui amplifie le financement de la concurrence au service public et conforte la logique de « marché » scolaire,
  • la suppression de la sectorisation, qui transforme les parents d’élèves en consommateurs d’école,
  • le développement du privé par le plan banlieue, là où les besoins du service public sont les plus criants, là où la ségrégation sociale est la plus forte,
  • les accords « Kouchner Vatican » (qui remettent en cause les règles de collation des grades universitaires au bénéfice des instituts catholiques) ainsi que les projets de financement par l’état de l’enseignement supérieur privé.


Signez et faites signer l'Appel National pour l'Ecole Publique

 

 

(Cet appel regroupe l'immense majorité du monde de l'éducation, sauf la FSU qui refuse toujours d'être signataire alors qu'elle l'a été pour la réforme de la formation des enseignants : comprenne qui pourra...)

Cher Remyrem2, j'ai signé cette pétition ( et j'apprécie votre appel, ou rappel ). Cela ne me semble d'ailleurs pas en opposition avec l'opportunité de la question posée; ni même, me semble-t-il , avec la position assumée par Vincent Peillon ( bien au contraire, à certains égards et à certaines conditions ).

A lire sur le sujet l'interview de Vincent Peillon dans "Philosophie magazine" de Février.

Et à relier avec toutes nos discussions en cours... ?

A relier, effectivement, avec toutes les discussions (et campagnes politico-médiatiques) en cours.

Bel exercice que ce billet.

Oui, ce serait bien. Et à développer...

En fait, la question à l'époque était simplement la possibilité de concevoir un monde sans Dieu. Et tous les penseurs essayaient de trouver une forme de spiritualité dont le meilleur exemple est Durkheim avec le sociologisme comme mystique (voir aussi son article sur l'individualisme (http://www.rutebeuf.com/textes/durkheim01.html).

 

Mais la réalité du phénomène est surtout la réaction antipositiviste de négation du matérialisme athée, dont la philosophie académique était le porte drapeau, de Bergson à toute la phénoménologie (jusqu'à nos jours). Scheler en était le représentant le plus risible, converti au catholicisme, mais nietzschéen, il s'évertue, dans L'homme du ressentiment à stigmatiser les socialistes et les chrétiens de gauche au nom d'un mysticisme médiéval et aristocratique précurseur d'une sorte de pétainisme (voir http://www.exergue.com/h/2008-10/tt/reference-scheler.html).

 

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Pour connaître la position de Ferdinand Buisson sur la laïcité, c'est peut-être plus prudent de s'adresser à Ferdinand Buisson lui-même qu'à Vincent Peillon.

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La foi laïque a été rééditée en 2007 par les éditions "Le Bord de l'eau".

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Ferdinand Buisson (1841-1932), philosophe, co-fondateur de la Ligue des Droits de l'Homme, Prix Nobel de la paix, fut l'un des principaux collaborateurs de Jules Ferry, à qui il succéda en tant que ministre de l'instruction publique (On lui doit la troisième loi de laïcisation de l'enseignement, laïcisant les personnels). Il était protestant (Les protestants jouèrent un grand rôle dans le long processus de la séparation des églises et de l'Etat).

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"En éducation comme en politique, il y a deux erreurs à éviter dans nos jugements sur le catholicisme. L’une est de croire qu’entre l’Eglise et l’Etat laïque, la lutte est sur le point de cesser, l’autre qu’elle va continuer dans les mêmes conditions.

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Pour de plus longs extraits, cliquer ici.

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jpylg


Non, la lutte ne peut cesser, ni aucun accord sérieux ne peut intervenir entre les belligérants. Ce n’est pas, certes, comme certains esprits trop simples se l’imaginent peut-être, qu’il y ait incompatibilité entre le sentiment religieux et la démocratie la plus libre. On peut même très bien faire le rêve, le très beau rêve d’une société religieuse vraiment digne de ce nom si humain d’Eglise « catholique » : «universelle », en effet parce qu’elle serait purement spirituelle (...)




S’il ne faut jamais oublier le principe autoritaire sur lequel repose tout l’édifice ecclésiastique, il ne faudrait pas s’imaginer qu’il n’y ait que cela dans l’Eglise. Ce qu’il y a de plus en elle, c’est précisément ce qui la fait vivre, ce qui a toujours fait vivre les sociétés religieuses, à savoir le sentiment religieux lui-même dans ce qu’il a de foncièrement humain, de naturel et de légitime, avec sa sève toujours renaissante. "

La Foi Laïque de Ferdiand Buisson a été réeditée aux éditions Le Bord de l'eau dans la collection Bibliothèque républicaine, dirigée par Vincent Peillon. Cette collection a pour but de faire (re)découvrir les grands républicains socialistes tels que Leroux, Buisson, Bouglè, Malon etc... Si'l n'est pas inutile de lire l'auteur dans le texte, le livre de Vincent Peillon nous permet de mieux l'aborder....

Oui, bien sûr, Jean Paul Yves. Mais cela n'empêche pas le reste, qui est généralement mis de côté ( sans doute à tort; et, sur ce point lui-même, je me demande si vous n'êtes pas -aussi - foncièrement d'accord ).

Si l'association de foi et de laïque peut paraître surprenante et aux confins de l'oxymore, cette même "foi" n'a d'autre but que de promouvoir la liberté, l'égalité et la fraternité, dont on ne peut dissocier la tolérance, alors que la foi religieuse promeut un dogme, une vérité établie et qu'il n'est pas question de discuter. Du reste, dans l'étymologie du mot propagande, l'association avec la foi est naturelle, fide propaganda.

Cher Jean-Louis,

Tout ceci me parait juste mais il y a tout de même une temporalité de l'usage de ces mots, foi, croyance, prière,... J'ai toujours été frappé de leur présence chez Karl Marx ou encore plus chez Franscico Ferrer, le pédagogue anarchiste qui n'arrête pas d'écrire "je prie...", mais il y a d'autres exemples. Parce que, si ce n'est pas la marque d'une époque, ne serait ce pas alors un affadissement de ce que l'on pourrait appeler une "spiritualité laïque" ? Soit que ces auteurs sont tellement sûrs de ce à quoi ils croient qu'ils n'ont pas peur d'emprunter au vocabulaire de leurs "adversaires". Soit qu'il y a une réduction, par le langage, des concepts d'aujourd'hui dés lors que l'on parle de laïcité.

Bien à toi;

Tu as amplement raison, cher Gérard, en ce sens que le langage est à l'image d'un individu, mais aussi d'une époque. Néanmoins le détournement de ce mot, foi, est patent, puisque le vocable d'origine, fide-fidei, en latin, signifie tout simplement la confiance, le crédit que l'on accorde à quelque chose ou à quelqu'un, sans aucune autre connotation, de même que le verbe fidere signifie se fier, avoir confiance. C'est le poids de la religion sur la société qui a engendré la collocation 'foi chrétienne', comme s'il n'y avait d'autre issue pour ce mot que la dépendance envers une puissance présumée supérieure. C'est le même carcan qui incite les Américains à utiliser l'insupportable expression mother nature, chaque fois qu'ils évoquent les question d'environnement. Fort heureusement, on peut avoir foi en la nature humaine, ce qui n'est pas de tout repos, mais ne révèle aucune forme de dépendance.

Bien à toi.

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" alors que la foi religieuse promeut un dogme, une vérité établie et qu'il n'est pas question de discuter. "

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Ferdinand Buisson représente le protestantisme libéral français. D'ailleurs, il consacre sa thèse à Sébastien Castellion, premier apôtre de la tolérance (1515-1563) ), auteur de "Le traité des hérétiques", "Conseil à la France désolée", "De l'art de douter et de croire, d'ignorer et de savoir".

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Bien sûr que, dans cette perspective, la foi religieuse et la liberté ne sont pas incompatibles. Non seulement, le dogme se discute, mais il se combat.

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jpylg

 

La laicite c'est l'independance de la societe par rapport a la religion,on peut deduire de cette definition que dans une societe sans religion la laicite n'existe pas

on ne peut pas etre independant par rapport à quelque chose qui n'existe pas .

Une societe laique implique donc necessairement des religions dans celle ci .

(A entraine B equivalent à nonB entraine nonA)

Je relaie volontiers ces réflexions de Joël Martin

"Une societe laique implique donc necessairement des religions dans celle-ci ."

Irréfutable.

Mais une société religieuse n'implique pas forcément la laïcité.

Cela s'est constaté dans le passé partout où l'on exigeait un certificat de baptême ou autre "laissez-passer" religieux pour accéder à certains emplois, pire, parfois à certaines villes.

Certaines ville "franches" naguère n'admettaient la présence des Juifs que dans la journée.

Le progrès fait rage : le papier attestant sa religion est devenu inutile pour avoir accès ou non quelque part. Les check-points font très bien l'affaire.

Mais on s'éloigne (quoi que..) des questions relevant de la religion...

Toujours est-il qu'une société laïque admet toutes les religions.

Mais il existe des sociétés religieuses qui n'admettent que leur religion.

Alors vive la Laïcité.

Ni positive, ni négative.

Tout simplement neutre...

Il y a l'existence du sentiment religieux qui est réel, naturel, légitime, humain, mais à partir de ce sentiment qu'a fait l'Eglise de Rome ? Elle a été la première, associé à Hitler et à Mussolini , à reconnaître Franco, puis Pinochet et d'autres dictateurs en Asie, à combattre le clergé progressiste en Amérique latine, etc... Ainsi comme Bernanos : "être devenu la bête noire des hommes libres et des pauvres avec un programme comme celui de l'Evangile, convenez qu'il y a de quoi rigoler".

L'Histoire influence ce que l'on perçoit de la laïcité

De concert avec les commentateurs qui précèdent : personne ici ne contestera cette donnée anthropologique profonde que sont les croyances mais à vous lire "in fine" que trouvez-vous donc de si "inconsistant" chez les Républicains et laïques qui désirent toujours que les religions ne s'imposent pas dans notre société civile? voilà un argumentaire qui ne saurait masquer votre pensée, les citoyens ne sont pas stupides et cohabitent très bien dans leurs vies et dans leurs têtes avec la spiritualité. Ils ont pourtant aussi le droit de combattre tous les ostracismes et les dogmes en créent ... De nos jours la laïcité est bien trop souvent attaquée pour que nous ne cherchions pas à percer à jour les intentions qui, peut-être, se logent dans ce type d'appel....(?)

cordialement

Nous sommes au coeur du combat actuel et sans doute éternel, le corps de la religion n'ayant jamais rendu jamais les armes.

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Il est intéressant de voir que, pour un certain nombre de personnes, encore en 2010, la laïcité, c'est le combat contre la religion.

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Ne serait-ce que cela, toutes choses égales d'ailleurs, me semble l'aveuglant symptôme de ce que la laïcité a échoué.

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J'aimerais que l'on aborde, un jour, le problème de l'échec de la laïcité.

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La laïcité est, en effet, un combat. Mais un combat qui a été perdu. Ce n'est pas un combat CONTRE, mais un combat POUR.

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jpylg

 

Vous inversez mon propos Cher Jean Paul Yves. comme quoi ...

La religion de l'âme qui prend réellement ses racines en France dès le 18ème siècle semble parfaitement s'accommoder de la religion du corps et a trouvé son aboutissement dans la loi de 1905 sur une la laïcité respectueuse de toutes les religions. Je ne faisait que souligner les quelques soubresauts de petits foyers de résistance de la religion du corps qui ne l'a jamais accepté et dont l'espace médiatique qui lui est accordé est sans rapport avec son influence sur une population largement acquise au principe de la laïcité considérée comme une des libertés fondamentales de l'homme. La régression de la pratique religieuse et du suivi des dogmes suffisent à le démontrer.

Bien à vous

 

J'ai un peu de mal a suivre, mais c'est pas grave; ça viendra petit a petit . JPYLG

Je relaie volontiers cette information de Joël Martin

Un cas concret du "combat actuel" qu'évoque Dominique Gautier.

PETITION POUR UNE CITE SCOLAIRE PUBLIQUE A BEAUPREAU (49)
Dimanche 7 février 2010 plus de cinq cents personnes se sont réunies à Nantes devant la préfecture de région des Pays de la Loire pour exiger une cité scolaire publique (collège et lycée) à Beaupréau dans le Maine et Loire.
Le refus du préfet de région d'ouvrir un lycée public pour ne pas concurrencer les trois établissements secondaires confessionnels existants traduit la politique partisane du pouvoir.
Cela signifie que la commune, le département ou la région ne peuvent pas décider des établissements publics qu'ils souhaitent ouvrir. Pourtant, ce sont ces collectivités territoriales qui financent les bâtiments. Au final, pour les parents, ils ne peuvent pas choisir d'inscrire leur enfant dans un collège ou lycée public ou privé de proximité, puisque la décision du Préfet empêche ce choix. On suppose que le lycée public vers lequel les parents peuvent se tourner, est plus éloigné que les 3 établissements privés.
Autre conséquence: imaginons le même cas de figure pour une école primaire, avec la Loi Carle (aide au financement des écoles privées), la commune de Beaupréau se retrouverait obligée de financer des parcours scolaires dans le privé (avec l'argent public, donc), sans avoir pu le décider.
On rappelle qu'un établissement privé demande une contribution financière aux familles.

http://www.fol49.org/petitionrepublicaine/index.php?option=com_petitions&view=petition&id=38&Itemid=60

F. Buisson était un protestant jugeant que tout vrai protestant était à sa manière un libre penseur. Il fut également franc-maçon, se réclamant d'une franc-maçonnerie adogmatique voulue depuis 1877. Autant de traits qui expliquent qu'à ses yeux, il puisse exister une foi laïque qui ne soit pourtant pas une foi religieuse. De ce point de vue, il peut inspirer tous ceux qui sont en quête d'une spiritualité laïque, y compris quand il se déclarent athées.

En tant que croyant de l'Evangile de Jésus-Christ, je suis fermement anti-clérical. Il s'agit chez moi d'une aversion claire et nette pour les pouvoirs, de tout ordre, qui se tiennent debout entre le croyant et la lumière : ces messieurs voudraient nous faire confondre la fin (la lumière) et les moyens (les pouvoirs, notamment religieux, le clergé, d'où l'appellation clérical, anti-clérical).

J'ai toujours en mémoire la parole d'un évêque disant à un prêtre-ouvrier: "Je ne peux pas vous le permettre, mais faites-le". Comble de l'hypocrisie ? Pour moi, non, mais parole d'un croyant obligé de composer.

La confusion fréquente, quand on parle de ces questions, entre le lai¨c et l'Eglise, vient de là. Les évêques et le pape catholiques ne sont pas à eux seuls "l'Eglise" et quand on dit : "laïc, on pense souvent aux pouvoirs et non au peuple qui est pourtant le vrai "laos", "laïc", distinct du clerc.

@ robert clément,

Mais non pas hypocrisie, simplement fermeté dans le principe, mais miséricorde pour le pécheur.

Ca a l'air idiot mais c'est pourtant un principe fondamental qui éclaire bien des positions jugées trop fermes du Vatican.

Dont certaines d'ailleurs devraient être assouplie par respect pour la vie et la personne humaine, je pense en particulier au préservatif.

 

Foi Laïque? Loi Phallique? Le doute...m'habite...

Un peu d'humour ne fait pas de mal, merci.

Foi laïque ? excellente question Cacochyme.

Il y a le lai¨c et il y a le clerc, le simple croyant et le croyant qui fait partie de l'organisation, intellectuelle et matérielle de la communauté. Ferdinand Buisson était protestant , donc chrétien; la foi dont il parle ressemble à celle de Pasteur qu'il appelait lui-même la foi du charbonnier.

Je pense qu'il existe une autre foi, celle de tout un chacun, qu'il soit athée, indifférent ou croyant.

Un exemple tout simple: je prends ma voiture pour partir en vacances. Je vous garantis que je fais un acte de foi. Je fais confiance à mes réflexes, à mes organes (le coeur par exemple) et je fais confiance à l'état des routes et surtout à quantité de gens. Des fous ou des normaux qui viennent par devant et d'autres par derriere dont je ne peux pas savoir à l'avance quel sera leur comportement et les conséquences qu'il en résultera . La foi de tous les jours, chaque fois que je prends une décision je m'engage sans pouvoir évaluer toutes les inconnues. Je passe mon temps à prêter "foi" aux indications des guides en tout genre , en la monnaie "fiduciaire" etc.....etc... C'est la foi humaine tout simplement.

Je relaie volontiers cette constatation de Moël Jartin

Cacochyme est un(e?) médiapartiste contrepétulant(e?) de grande qualité qui

se situe dans la lignée de celles et ceux qui doutent de leur foi mais parfois trouvent émouvant de se faire prêtre.

Je suggère, à sa suite, pour dénoncer tous les intégrismes carnassiers et liberticides, ceci, hélas beaucoup moins drôle :

"La foi des loups" mène à "la loi des fous".

Fort heureusement, comme disait le Chanoine Kir à propos de sa "gouvernante" :

"Je lui ai appris tout ce qui se fait à la messe... Sagesse n'est pas folie... Sagesse est source de foi... "

PS - Le coin du puriste (et non le point du curiste, car j'ignore tout des populations des curistes) :

"Foi laïque" est contrepèterie de "Loi phallique" à condition de rajouter un deuxième son "L".

Cela n'ôte rien à la drôlerie de la formule cacochymienne, encore bravo !

@ rené lorient : d'accord avec vous, je suis surpris que personne n'ait fait plus haut le lien entre m...açonnerie spéculative et spiritualité laïque.

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@john : ci-dessus début de réponse, à compléter en rappelant que la loi de 1905 "assure la liberté de conscience", ce qui est plus large et différent d'une liberté par rapport à la religion.

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Réduire la laïcité à une action, ou un combat, contre le fait religieux, c'est réduire la laïcité à un sous-ensemble de celle-ci, sous-ensemble qui plus est inexact.

C'est le fait de dogmatiques tentant de couper en morceaux pour mieux digérer, de diviser pour mieux régner. 2000 ans d'expérience, au moins !

Je relaie religieusement le prêche laïque de Joël Martin :

Avant d'être un combat, la laïcité est d'abord une attitude : tolérer toutes les pratiques religieuses qui ne cherchent pas à s'imposer et veiller à ce que la tolérance soit réciproque.

Mais c'est aussi un combat, comme en témoigne l'appel que j'ai diffusé un peu plus haut.

On ne combat pas le fait qu'il existe des écoles confessionnelles, on lutte contre le fait qu'elles sont favorisées financièrement.

Ce favoritisme est par essence contraire à la neutralité que devrait observer l'Etat.

Bref, clerc ou laïc, le laïque ne combat pas le fait religieux mais lutte contre les prosélytismes et l'érosion du service public de l'Education nationale au profit de l'enseignement confessionnel quelle que soit la confession.

 

D'accord!

un vrai religieux ne fait pas de politique. S'il en fait, il n'est plus religieux, il est citoyen. Ce n'est pas qu'on ne peut pas faire les deux, c'est qu'il y a une exclusion quasi systématique de l'un par rapport à l'autre quand on entre dans le champ de la politique car la temporalité n'est pas la même, elle ne vise pas les mêmes dimensions de l'être. Le problème des ayatollahs de la laïcité, c'est qu'ils combattent des théologiens avec leur propre théologie politique et du coup essaient de remplacer la spiritualité propre à la religion avec un catéchisme laïc bien fade. La politique est areligieuse et amorale.

ne confondons pas:

spiritualité, du domaine de l'esprit, et à ce titre il y a une spiritualité athée, agnostique, laïque (au choix)....

religion, en lien avec une divinité,

et foi, qui est engagement, et là Buisson avait raison de parler de foi laïque.

Je relaie volontiers cette remarque de Joël Martin

Selon am31 :

"[...] religion en lien avec une divinité, et foi, qui est engagement..."

Il me semble au contraire que la foi est un élan personnel vers une divinité et que c'est la pratique de la religion qui est un engagement.

Voilà pourquoi il y a des croyants non pratiquants.

Ce sont souvent les meilleurs défenseurs de la laïcité.

Outre les deux lois fondatrices, la distinction entre laïcité et hostilité aux religions peut invoquer la Constitution de la Ve République et les textes ayant valeur constitutionnelle. En 1789, « Nul ne sera inquiété pour ses opinions même religieuses » ne signifie pas que la liberté religieuse est secondaire mais que le catholicisme perd son monopole. En 1958, inversement, l’ajout « La République respecte toutes les croyances » à un article repris de 1946 ne veut pas dire qu’elle leur accorde plus de considération qu’à l’incroyance mais très précisément que la laïcité n’est pas l’hostilité aux religions : il s’agissait d’obtenir que l’épiscopat appelle à voter oui au referendum (ce qu’il a fait) et de rassurer les électeurs MRP. Ajoutons que les religions ne bénéficient pas seulement de la liberté de culte, qui leur est spécifique, mais aussi de toutes celles que permettent les lois de 1881 (presse) et de 1901.

Parler de laïcité « positive », sous-entendu : pour les religions, c’est donc soit énoncer un plénonasme, soit vouloir leur accorder des droits supplémentaires. Personne n’aurait l’idée de demander une liberté, une égalité et une fraternité « positives » ; or la laïcité est dans le domaine « spirituel », qui inclut les religions sans s'y réduire (le rapport Stasi y fait figurer "le courant libre-penseur"), la traduction de la devise républicaine puisqu’elle y assure une égale liberté permettant de vivre ensemble.

Quelques-uns ont contesté la formule « laïcité positive » de N. Sarkozy en disant que la laïcité n’est ni positive ni négative mais neutre ; d’autres ont approuvé sa volonté de substituer une laïcité positive à une neutralité qui par définition ne peut être une valeur. Ces réactions divergentes relèvent du même malentendu : la neutralité n’est que la condition de l’égale liberté. Une condition nécessaire il est vrai. Certains la disent impossible, chacun ayant des convictions. Mais ce qui est exigé des représentants de la République, ce n’est pas de ne pas en avoir, c’est de ne pas en faire état et de ne pas en tenir compte dans l’exercice de leurs fonctions ; les mêmes d’ailleurs se plaignent lorsque ce devoir de réserve leur semble enfreint à leur détriment. On oppose parfois à une laïcité « à la française » jugée négative celle de beaucoup de pays d’Europe, plus favorable aux religions. Mais la référence à Dieu ou le régime concordataire en vigueur dans des pays voisins sont des discriminations contraires à la Convention européenne. Celle-ci est même d’une certaine façon plus "laïque", alors que ce mot n’y figure pas, que les textes français. Elle mentionne en effet plus explicitement l’égalité entre les convictions religieuses et non religieuses ainsi que l’autonomie de chacun par rapport à toute « communauté » : la liberté de « pensée », complétée par celle de « changer de religion ou de conviction », n’est pas exactement la même chose que la liberté de « conscience » associée à une « appartenance ».

Ce fil est plein déconsidérations très intéressantes sur la laïcité (et sur la notion de foi) mais a la limite je les trouve trop subtiles et de nature a faire oublier la mise en garde que je citais hier de Ferdinand buisson : le danger de croire que le différend entre l'église et l'état était termine et le danger de croire qu'il ne prendrait pas d'autres formes a l'avenir. . Jpylg

Je relaie volontiers ce commentaire de Joël Martin

La subtilité n'empêche pas la vigilance.

Au contraire : on contre plus efficacement les dangers d'une "recléricalisation" de la République en en analysant méticuleusement les différents processus, dont certains sont insidieux.

Désolé de cette vulgarité, mais une expression était à la mode naguère : "Insinuant comme une pine d'évêque."

La laïcité à la française navigue entre le Charybde des pratiques élyséennes et le Scylla d'un anticalottisme primaire.

Ce sont deux formes de laïcité négatives.

La laïcité neutre, c'est quand même plus républicain, non ?

Et contrairement à la notion de laïcité positive véhiculée par Sarkozy, qui présente le curé comme meilleur transmetteur des "valeurs" (lesquelles?) que l'instit', la laïcité neutre est la meilleure garante de l'égalité de traitement entre les différentes religions, l'athéïsme et l'agnostisme.

La laïcité neutre n'est pas seulement garante de la liberté (de pratiquer la religion que l'on veut) mais aussi de l'égalité.

En refusant de bâtir un lycée pour ne pas concurrencer trois établissements confessionnels, l'Etat sarkozyen ne respecte pas l'égalité républicaine permettant à chacun de choisir l'établissement où seront instruits leurs enfants.

 

La laideur de l'histoire ne nous apprend pas à avoir foi en la nature humaine : mais comment aborder la vie et ce monde autrement ?

 

Cruciale question quecelleque soulève jamesinparis; je me la pose souvent. . Peut-on faire face a l'histoire sans l'edulcorer? (tout spécialement dans le cas de l'enseignement aux jeunes). . Jpylg

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