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Une éducation sexuelle très orientée?
Le texte d' ''orientation'' concernant l'éducation sexuelle qui vient d'être promulgué par l'enseignement catholique est en tout cas, lui, indéniablement orienté. Et c'est particulièrement patent pour tout ce qui concerne l'homosexualité.
Le caractère " spécifique " du texte est clairement affirmé : " Le projet spécifique de l'Enseignement catholique attaché à la formation intégrale de la personne humaine réfère l'éducation affective, relationnelle et sexuelle à une vision chrétienne de l'anthropologie ".
Pour ce qui concerne l'homosexualité, même s'il est dit qu'il ne s'agit pas de " conduire à porter de jugement sur les personnes homosexuelles ", toute la direction éducative dans ce domaine est tendue vers l' " affirmation structurante de la différence sexuelle ".
Selon le texte promulgué par la direction de l'enseignement catholique ( il a été voté en mars par le comité national, son instance représentative ) " l'anthropologie a toujours reconnu l'importance structurante de la différence sexuelle. Un courant récent, néanmoins, conteste ce modèle. La ‘'gender theory'' privilégie le ‘'genre'', considéré comme une pure construction sociale, et diversifié selon les orientations sexuelles, aux dépens du ‘'sexe''. Elle manifeste un déni de la différence corporelle et psychologique qui préexiste aux rôles culturels [ ...]. Le but de la ‘'gender theory'' est de ‘'libérer'' l'individu de tout cadre normatif donné par la nature, la société, la religion et de permettre à chacun de choisir librement son identité, son orientation sexuelle et sa forme de famille ".
Il s'agirait donc, en définitive, pour l'enseignement catholique, de libérer les jeunes d'influences ‘'contre-nature'' : " La diffusion de publicités androgynes de plus en plus nombreuses, la popularité du personnage de Michaël Jackson sont les signes patents de la séduction de ce nouveau modèle proposé auprès des jeunes générations. Traversés malgré eux par ces influences, de plus en plus de jeunes se posent la question de leur identité sexuelle et pensent qu'il est nécessaire d'expérimenter des pratiques sexuelles pour vérifier l'orientation de leur désir ". A partir de là, la conclusion coule de source : " Dans ce contexte, la parole des éducateurs est fortement requise, surtout vis-à-vis d'adolescents qui ont à découvrir leur condition d'être masculin ou d'être féminin ".
Est-ce que cette orientation prise par l'enseignement catholique en matière d'éducation sexuelle est compatible avec celle recommandée par l'Education nationale depuis le début des années 2000 ? Rien n'est moins sûr.
La circulaire ministérielle du 21 novembre 2001 précise que " l'éducation à la sexualité doit être entendue comme une éducation à la responsabilité, à la vie affective, mais aussi au respect de l'autre, à l'égalité entre garçons et filles et à l'acceptation des différences ". Et c'est dans ce contexte que, pour la première fois, le mot " homophobie " apparaît dans un texte ministériel : " L'éducation sexuelle doit aujourd'hui intégrer les questions liées à la mixité, à la lutte contre le sexisme, l'homophobie, et permettre de mieux prendre en compte les attentes des jeunes, avec leurs différences et leurs préoccupations spécifiques ".
Mais certains considèrent que cela ne se traduit guère dans les faits. Ainsi un ouvrage de Guillaume Tanhia paru en 2003 intitulé " Enculé ! L'Ecole est-elle homophobe ? " s'attache à démontrer que l'enseignement n'est certes pas ouvertement antihomosexuel, mais que la discrimination se fait insidieusement ( par " ignorance, par omission, par lâcheté ". Dans les livres d'histoire, les rares lignes consacrées aux homosexuels sont limitées à leur déportation par les nazis : " Ils n'apparaissent dans l'histoire que lorsqu'on veut les anéantir ! " . On étudie communément Rimbaud et Verlaine en euphémisant leurs rapports : on évoque des " liaisons tumultueuses " ou des " amitiés particulières ". Idem pour Wilde, Gide ou Genet. Et Michel-Ange est qualifié d' " homme tourmenté ". Guillaume Tanhia conclut que, en omettant que d'autres façons d'aimer et de vivre la sexualité existent, " on impose un modèle de société patriarcal et hétérocentré ".
Dans le même sens, et à l'instar des groupes féministes qui condamnent la représentation stéréotypée ( dénoncée comme discriminatoire ) des femmes dans les livres pour enfants ou des manuels de langues vivantes , des groupes d'enseignants homosexuels s'en prennent à la représentation stéréotypée ( dénoncée comme discriminatoire ) de la famille ‘'normale'' dans ces mêmes manuels.
Certes, si l'on en juge par le peu de succès effectif des revendications féministes en la matière, ce n'est pas gagné pour les revendications de ces groupes d'homosexuels.
Mais il est clair, en tout cas, qu'il existe une opposition au moins de principe ( sinon dans les faits ) entre l'orientation de l'éducation sexuelle préconisée par le ministère de l'Education nationale et celle préconisée par le texte de la direction de l'enseignement catholique qui vient de paraître. Et cela est lourd de tensions possibles, et d'enjeux non négligeables.
PS : A la suite de mon premier billet sur la question, celui de mercredi dernier, le site des Frères de Ecoles chrétiennes a cru bon de publier le 7 mai une réaction intitulée : " Y a-t-il quelqu'un pour faire taire Claude Lelièvre ? " ( http://veille-education.org/ ?q= claude+lelievre ) . N'ayant rien vu, je continue en recommandant de faire un détour sur ce site pour voir quelle est leur position et quelles sont leurs textes de référence pour ce qui concerne l'enseignement catholique sous contrat ( http://veille-education.org/pages/L'école-privée-catholique-sous-contrat )


Tous les commentaires
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Je m'associe à cette recommandation : il faut visiter ce site qui, s'il se présente comme "indépendant" n'en reproduit pas moins des textes officiels de l'Eglise en matière d'éducation.
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Et je réitère une remarque que j'avais faite également à cette occasion :
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Quand l'école confessionnelle se permettra-t-elle de dire que la loi sur l'Interruption Volontaire de Grossesse est contraire à la volonté divine et doit être changée, comme l'enseigne l'Eglise ?
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jpylg
@JPYLG
L'alignement des enseignements se ferait aux dépends de la liberté de religion et d'enseignement, qui sont des droits fondamentaux. Si "l'école confessionnelle" dit la même chose que l'école qui ne l'est pas, il n'y a plus d'école confessionelle, et donc plus de liberté religieuse ni de liberté d'enseignement.
La "laïcité" ne peut pas faire la leçon à la religion à propos du respect deshomosexuels. La France n'a toujours pas ratifié le protocole additionnel N°12 sur la discrimination, bien plus essentiel pour le respect des droits des homosexuels. Personne ne s'en émeut ni ne milite pour cette ratification. Pourquoi ?
Il y a une incohérence à sémouvoir sur des documents n'impliquant pas la vie de tous les citoyens et négliger un texte qui garantirait justement à chacun le respect de ses droits et l'égalité de tous, sans distinction.
N'y a-t-il pas une inversion dans l'indignation ?
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Je vous suis très mal. Il me semble que vous compliquez à l'excès les choses.
Mais c'est, peut-être, que le principe même de la laïcité de l'Etat, et par voie de conséquence, le principe de la laïcité de l'enseignement de l'Etat, a perdu de sa clarté.
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Le principe de la laïcité de l'Etat, c'est que l'Etat est neutre en matière de religion. Ce qui ne veut pas dire que l'Etat n'a pas une certaine idéologie, en l'occurrence une idéologie républicaine, forte entre autres choses, d'un certain nombre de valeurs morales (mais fondées autrement que par la religion).
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Cette idéologie-là n'a pas à être mise en cause par quelque religion que ce soit, si ce n'est dans l'ordre de la sphère privée. Il y a d'ailleurs là une ambiguité fondamentale de la laïcité dans cette histoire de relation entre sphère privée et sphère publique.
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Donc l'enseignement qui est donné au titre de l'Etat, que ce soit en histoire, en philosophie, en art ou en tout ce qu'on veut, n'a pas à être évalué, ou contredit ou complété par des options religieuses.
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La liberté de penser et la liberté religieuse des familles, comprenant le droit d'éduquer religieusement leurs enfants, était garantie par le fait qu'une journée dans la semaine était libérée pour leur permettre, à l'extérieur de l'école laïque, de donner un complément éducatif de facture religieuse.
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Aujourd'hui, une extrême confusion est créé - sans parler des deux systèmes scolaires avec leurs financements - du fait que l'enseignement laïque diffuse des valeurs religieuses de manière camoufflée, notamment par l'histoire des religions et l'enseignement confessionnel peut être suspect de diffuser une certaine idéologie contraire aux principes religieux par le biais de certains enseignements,- c'est le problème que pourrait poser l'éducation sexuelle - voire (si j'en crois le site "veille-éducation.org") par la présence qui n'est tout de même pas anodine, d'enseignants qui ne sont pas porteurs de valeurs religieuses.
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Voilà, du moins, comment je synthétiserais la question.
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jpylg
Oui
et l'on peut ajouter : le critère "qui paye", est une drôle de façon de fonder une morale, qui peut la colporter et que doit-il dire.
Dans un commentaire au précédent billet sur le même sujet, j'avais souligné qu'il pouvait exister un écart important entre la pratique des enseignants et les positions de "l'enseignement catholique" dans tous les domaines. L'insistance notamment des évêques sur les rappels à l'orthodoxie le montre un peu. Il va sans dire que l'enseignement public connaît la même situation. La déontologie des enseignants est un point aveugle du billet commenté.
Et donc le problème de l'homophobie, est pour le moins "transversal" comme on dit.
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" J'espère avoir mieux éclairé mon propos. "
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N'oublions pas le rôle de l'Institut Européen des Sciences Religieuses", créé dans la foulée du rapport Debray de 2002 et présidé par Debray lui-même les premières années qui, en théorie en tous cas, devait apporter un complément de formation à l'ensemble du corps professoral pour ce qui concernait toutes les interférences entre leur enseignement et "le fait religieux".
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jpylg
"Faire taire Claude Lelièvre ?" Qu'ils essaient seulement ! Nous les attendons de pied ferme. Merci, cher Claude, pour ce nouvel article excellent. J'ajoute, pour les abonnés, que l'on peut entendre Claude tous les mercredis à 11h45 sur France-Culture.
C'est difficile d'accepter l'idée que la République finance un enseignement où sont défendues des positions qui sont contraires à celles adoptées par cette République...encore que il n'y a pas si longtemps que l'IVG est reconnue, idem pour l'homosexualité!
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" C'est difficile d'accepter l'idée que la République finance ..."
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Pourtant, cela passe très bien. Il est vrai que l'ignorance est soigneusement entretenue.
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Tout le problème du christianisme catholique est là-dedans : le christianisme catholique connaît la volonté de Dieu et place, ce qui est, de son point de vue, plus que légitime, mais nécessaire, la loi de Dieu au-dessus de la loi des hommes.
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Personnellement, au nom de la liberté, je ne vois aucun inconvénient à ce que l'on milite pour que la loi des hommes se mette en conformité avec la loi de Dieu.
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Ce qui n'est pas banal c'est, en effet, que la République laïque finance, par l'enseignement, la propagation d'une telle idéologie.
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jpylg
Cher JPYLG, vous écrivez "...Ce qui n'est pas banal c'est, en effet, que la République laïque finance, par l'enseignement, la propagation d'une telle idéologie...". La raison en est peut-être que ladite "République laïque" puise un grande partie de son modèle "moral" dans cette fameuse "idéologie Chrétienne".
Comme certains d'entre nous, je ne partage pas la vision qui consiste à considérer que la "Nature" aurait forcément raison sur les "faits", pour autant je trouve naturel que les fondements desdits "faits" soient en permanence remis en discution... y compris (et probablement surtout) par des idéologues dont on connait plus ou moins les objectifs.
Tout comme, d'ailleurs, je trouve naturel que ces idéologies soient elles-même bousculées par d'autres "penseurs"...
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Je ne saisis pas bien ce que vous mettez derrière "la nature" et "les faits".
En tous cas, dans la mesure où je comprendrai effectivement ce que vous voulez dire au sujet du rapport entre la morale et l'idéologie chrétienne, j'aurais tendance à aller plus loin que vous. N'importe quelle société a besoin d'une morale. Il peut y avoir, et d'ailleurs il y a eu, une morale païenne (et humaniste). Le triomphe historique du christianisme l'a terriblement affaiblie au point de faire douter de son existence. Quand le christianisme, à son tour, s'est affaibli avec la Séparation, la morale païenne humaniste n'a pas vraiment été en état de prendre le relais. La crise civilisationnelle que nous traversons est une crise spirituelle et morale. Dans ce sens, on peut dire, me semble-t-il, que, à l'heure actuelle, la laïcité a échoué. C'est cette carte qu'un certain nombre (ou, je ferais mieux de direun certain type) de chrétiens entendent jouer pour ce qu'ils pensent être le salut de l'humanité.
Je faisais référence, en particulier, à la citation faite par Claude Lelièvre du texte promulgué par la direction de l'enseignement catholique : " l'anthropologie a toujours reconnu l'importance structurante de la différence sexuelle. Un courant récent, néanmoins, conteste ce modèle. La ‘'gender theory'' privilégie le ‘'genre'', considéré comme une pure construction sociale, et diversifié selon les orientations sexuelles, aux dépens du ‘'sexe''. Elle manifeste un déni de la différence corporelle et psychologique qui préexiste aux rôles culturels [ ...]. Le but de la ‘'gender theory'' est de ‘'libérer'' l'individu de tout cadre normatif donné par la nature, la société, la religion et de permettre à chacun de choisir librement son identité, son orientation sexuelle et sa forme de famille ", en l'opposant à la constatation factuelle des comportements des individus formant nos sociétés, ce que j'ai dénommé les "faits".
La "nature" étant présenté dans ce type de reflexion comme un ensemble de postulats ou d'évidences irréfragables.Souvent les tenants de ces dogmes, afin de démontrer leur bonne foi et leur ouverture d'esprit, admettent que la "Société", voire la "Religion" sont des notions relatives mais utilisent la "Nature" comme le socle de normes indiscutables car suffisement rationnelles pour s'imposer à tous sans contradiction possible par des individus seins d'esprit.
Par exemple : la sexualité a pour seul objectif rationnel la reproduction donc la perpétuation de l'espèce. En corrolaire, tout autre utilisation de la sexualité est donc contre-nature...
J'espère avoir mieux éclairé mon propos.
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"J'espère avoir mieux éclairé mon propos. "
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Oui
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jpylg
jmv
"s'imposer à tous sans contradiction possible par des individus seins d'esprit." Petit lapsus à connotation sexuelle, ces "seins" au lieu de "sains"!!
Ah, Freud, quand tu nous tiens!
Ouille !
Saint "pauvre-de-moi" ! Serait-ce à dessein que j'aie ceint mes cinq sains seins sous le seing ?
Il semble nécessaire de rappeler une fois de plus que la République ne se contente pas de "financer" les établissements sous contrat : elle les associe au service public et les enseignants sont des agents de l'Etat. S'il s'agissait seulement de "subventions", la liberté d'expression dont parle JPYLG serait légitime.
L'homophobie de certains catholiques s'arrête dans certains de leurs établissements d'éducation où de pieux enseignants sont friands de jeunes garçons.
@jmv
"tout cadre normatif donné par la nature, [...] la sexualité a pour seul objectif rationnel..."
Vos intéressantes formules me donnent l'impression que d'aucuns croient que Dame Nature serait une "personne" divine ou non, apte à donner des ordres, à nous dicter notre conduite.
La nature serait donc pour ces "d'aucuns" un alibi commode pour justifier leurs propres ordres.
Décréter telle ou telle pratique "contre-nature" est un moyen pratique d'user d'un argument d'autorité pour justifier toute interdiction d'ordre moral.
S'accoupler rien que pour le plaisir est pourtant naturel puisque la nature nous a donné de ressentir ce plaisir...
Mais je me trompe peut-être...
Réédité pour cause de coquilles.
Joel,
Nous nous écartons du sujet de ce billet, très intéressant par ailleurs, mais je ne peux m'empêcher de soutenir votre point de vue. Il est évident que le plaisir lié à la sexualité a, mais en partie seulement, pour corollaire de favoriser la pérennité de l'espèce. L'observation des animaux, par exemple, montre bien que la sexualité et sa pratique, à tout âge, a aussi bien d'autres vertus, comme la réduction des tensions au sein du groupe, le maintien des liens, le jeu, la socialisation, etc.
Idem chez l'homme! Bien à vous et mes excuses à C Lelièvre!
Cher M Philips
Nous écartons-nous tant que cela du sujet soulevé par Lelièvre (désolé, cher auteur de cet excellent billet, pour ce jeu de mot auquel je n'ai pas résisté) ?
Le point que je soulève n'est-il pas pile-poil (si j'ose dire) relié à l'amalgame que pratiquent sans cesse et sans fin les éducateurs catholiques entre la nature et leur morale, morale qu'ils ne respectent pas toujours eux-même, tant s'en faut ?
Cela dit, je souscris pleinement à vos observations sur le règne animal.
Dont nous faisons partie.
Surtout dans la composante "cochon" qui sommeille en chacune et chacun de nous, et s'agite tant chez les prêtres, pauvres êtres de chair fêlés par la tentation...
Bien à vous itout et mes excuses réitérées à Claude Lelièvre.
Joël,
Je suis convaincu que ce Lelièvre là ne vous en voudra pas des côtés "chaud lapin" de votre commentaire, le sérieux d'un propos n'en excluant nullement la fantaisie, l'humour ou le calembour! Cela n'en rend-il pas la perception plus aisée, le plaisir du bon mot s'ajoutant à la compréhension des arguments? Trop rare, hélas, en ces temps sarkoziens!
!
Cher M Philips,
Votre message me fait vraiment plaisir.
En particulier ce passage : "le sérieux d'un propos n'en excluant nullement la fantaisie, l'humour ou le calembour!"
Vous comblez le physicien que je fus et qui contrepète au Canard depuis 25 ans.
Vive Montesquieu qui, sauf erreur, proclamait : "La gravité est le rempart de la sottise."
Bien à vous.
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@ M Philips
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Je ne crois pas qu'on s'écarte tellement du sujet, car c'est un tel point de vue, précisément, que l'enseignement confessionnel aura pour le moins tendance à occulter.
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jpylg
jpylg,
Oui, c'est vrai, dès qu'on y réfléchit un peu, on ne peut qu'être frappé par cette conception toute catholique que tout se passerait comme si le plaisir ne faisait intimement partie de la sexualité que lorsqu'il est associé à un objectif de procréation. D'où la pénalisation de la masturbation et de toutes autres pratiques (contraception, homosexualité, fellation et autres sodomies) qui n'ont pas cet objectif de procréation. Je réduis mais il y a de cela!
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" Je réduis mais il y a de cela!"
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Non. C'est bien cela. Tout ça à cause de cette salope d'Eve !
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jpylg
JoelMartin,
Il est fort courant que ceux qui sont convaincus de quelque chose et cherchent à en convaincre les autres usent (abusent ?), parfois de bonne foi, de procédés rhétoriques aptes à anihiler ou décrédibiliser les critiques.
Au nombre de ces "techniques" il y a la désignation d'une référence indiscutable. Parfois il s'agit d'un individu (l'"expert" x, le "mort-depuis-plusieurs-siècles" y, la "caution-morale" z, ...) et parfois d'une notion (les "lois-de-la-physique", la "Science", la "Démocratie-Athénienne", la "République", ...) au nombre desquelle la "Nature" ou le "Naturel" tiennent une place toute particulière : "...c'est naturel donc c'est bon..." avec son contraire "... c'est chimique (sic !) donc c'est pas bon...".
D'ailleurs, et c'est là que c'est amusant, les mêmes peuvent invoquer la Nature comme référence axiomatique tout en mettant en cause ce caractère lorsqu'il est utilisé par un autre sur un autre sujet.
Je ne vais pas donner d'exemples car le propre de cette "technique" c'est qu'elle est souvent inconsciente car le système cognitif humain a probablement besoin de "certitudes" pour raisonner et que ces "certitudes" s'appuyent sur ces "références axiomatiques". Il est donc très vexant, déstabilisant, voire inconcevable,que l'on remette en cause ces fondements, bases de nos raisonnements les plus puissants.
Je crains que plus on "réfléchit", plus on est victime de ce mécanisme. Et comme beaucoup d'entre nous réflechissent, ont des opinions marquées...
@jmv
Au fond, vous venez de redéfinir l'argument d'autorité.
Cela dit, qu'est-ce qu'un raisonnement sinon une suite logique d'affirmations reposant sur des"vérités" communément partagées comme 2+2=4 ou la glace fond à 0°C (dans les conditions "normales" de température et de pression, ce qu'oublie souvent l'illustre Allègre, lui-même virtuose des arguments d'autorité : "Je suis scientifique") ?
Là où cela "pêche", c'est lorsque la chaîne logique est rompue.
C'est ce qui différencie un syllogisme correct d'un syllogisme défectueux.
La logique est également rompue par les amalgames, glissements et autres procédés rhétoriques bien connus en particulier des jésuites et/ou des staliniens.
Je ne donnerai pas non plus d'exemples.
Personnellement, je n'ai rien ni contre la réflexion qui évite de gober tout et n'importe quoi, ni contre les opinions marquées lorsqu'on les justifie par un raisonnement fondé sur un socle que partagent les interlocuteurs, tant qu'aucun ne cherche à l'imposer à l'autre par un argument d'autorité du type : "C'est Dieu (ou Freud) qui nous l'a dit."
Bien à vous.
Un excellent bouquin que je vous recommande.
"Pour en finir avec Dieu"
Richard Dawkins
Editions Perrin, collection Tempus
Quel bon billet , intéressant et instructif !
Je me suis découverte au début d'accord avec cette idée de "l'affirmation structurante de la différence sexuelle"... Et puis , la lecture de.l'ensemble de l'article m'a éclairée . Un grand merci à Claude !
Une belle illustration de l'obscurantisme du privé, relevée dans la presse audoise : http://www.lindependant.com/articles/2010-06-04/sevigne-un-debat-qui-manque-a-l-apel-192777.php