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May

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Ils sont fous, ces Anglais!

Une nouvelle discipline, le ‘’PSHE’’, doit être mise en place, afin de préparer les jeunes à faire face " aux questions de la vraie vie qui se posent à eux, et qui sont centrales pour leur bien-être ".

 

 

Il s’agit de promouvoir au rang des disciplines obligatoires le ‘’PSHE’’ - Personal, Social, Health and Economic Education ( un appel d’offre a été lancé pour trouver une appellation qui convienne mieux ) : nutrition et activité physique ; drogues, alcool et tabac ; sécurité, carrière et apprentissage tout au long de la vie ; finances personnelles ; sexe et relations affectives, santé émotionnelle et bien-être ( le projet laissant aux familles le droit de refuser les cours d’éducation sexuelle et affective ).

 

 

C’est l’une des réactions consécutives aux critiques de la politique scolaire mise en place en son temps par Margaret Thatcher qui avait promulgué le Core curriculum et initié le pilotage du système éducatif par des évaluations régulières de la maîtrise des ‘’fondamentaux’’.

Il s’agissait d’une décision politique visant à mieux maîtriser les dépenses publiques en mettant en concurrence les établissements scolaires. L’idée était simple : pour connaître l’efficacité des établissements, il suffisait de leur fixer à tous les mêmes objectifs le plus précisément possible, et de mesurer le nombre d’élèves qui les atteignaient. En comparant les résultats entre établissements , on pouvait parvenir, c’était du moins l’idée des promoteurs de la méthode, à mettre ceux-ci en concurrence, considérée a priori comme source de progrès. Cette méthode permet d’évaluer la performance des établissements au regard de certaines exigences scolaires ; mais elle ne traite guère de leur pertinence à moyen terme : telle école réussit ‘’bien’’, mais pour autant ses élèves sont-ils bien formés aux défis du futur ?

 

 

Des rapports critiques ont été faits sur le bilan de cette ‘’expérience’’. Le gouvernement a chargé sir Jim Rose, avec l’appui de " l’Autorité des qualifications et du curriculum " de proposer des pistes de réforme et de recommandations.

Trois finalités principales sont assignés au système éducatif : faire que les jeunes deviennent " des personnes qui aiment apprendre, qui progressent et qui réussissent ; des individus confiants, aptes à mener dans la sécurité des vies saines et pleines ; des citoyens responsables qui contribuent positivement à la marche de la société ".

Le projet est focalisé sur quatre‘’fondamentaux’’:" litteratie ", " mathemacie ", les " TIC ", et le fameux " PSHE " ( Personal, Social, Health and Economic Education ).

Les nouveaux programmes proposés sont censés amener les élèves " vers la passion d’apprendre, maintenant et tout au long de leur vie " et ont l’ambition de construire un pont " entre l’apprentissage des élèves à l’école et leurs intérêts au-delà de l’école ".

Tous les commentaires

Une très bonne chose, je trouve. Les partisans de l'écologie politique ne peuvent qu'être pour (je suppose). Et la PSHEE me paraît être une excellente introduction à la philosophie et à l'éducation civique.

Merci pour cette information. Je suggère que, dorénavant, les parents soient libérés de toute responsabilité en matière d'éducation, que le système proposé soit mis en place dès la fréquentation de la crèche. Quand je pense qu'il y a encore, en France, des gens qui réfléchissent à améliorer le système éducatif! Donnons au secteur privé la possibilité de créer et de faire fonctionner ce PSHE et tout se passera bien! Je comprend mieux, à présent, pourquoi notre président n'avait pas invité Elisabeth II pour le D-day: la reine d'un pays de fous!

Cher M.Philips, Je comprends votre souci, mais (paradoxalement peut-être) l'instauration de la PSHEE responsabiliserait les parents moyennement conscients - et suppléerait les moins conscients. Souvenez-vous des leçons de choses du siècle dernier à l'école primaire. On y apprenait même où devait être situé le tas de fumier dans la cour de la ferme...

Pour moi qui ait fréquenté le système anglais juste avant et au cours des premières années de Thatcher, ca me semble être juste un retour au système pre-Thatcher: nous étudions de nombreux sujets, avec autant d'heures de littérature et d'éducation religieuse que de math ou de biologie, beaucoup de sport, et un système assez fortement responsabilisant. Je suis arrivé là après avoir fait les quatre années de collège en France, déjà sapé par le "Core curriculum" à la française (hors maths et français, point de salut) et je peux vous assurer que ma scolarité fut beaucoup plus intéressante et motivante en Angleterre qu'en France!

Un grand merci pour votre témoignage ( je connais peu le fonctionnement réel de l'école en Angleterre ). Et que le débat continue! ( Je persite à penser que cela est assez défrisant pour nous, Français ).

Est-ce-que cette PSHE ne se rapproche pas quelque peu de la VSP (vie sociale et professionnelle) enseignée en BEP et CAP en France ? VSP qui aborde des questions de santé, d'hygiène de vie, de connaissance de l'entreprise, de gestion de budget,... Mais cette matière s'adresse à des élèves déjà adolescents (voire adultes) contrairement à cette PSHE britannique ?

Il s'agit d'un projet pour l'ensemble de l'école obligatoire. ( qui fait l'objet d'une consultation depuis le 30 avril jusqu'au 24 juillet sur le site du ministère de l'éducation ). Pour ce qui concerne le PSHE, dans les classes élementaires, l'attention devrait être essentiellement portée sur la santé, le développement physique et le bien être.

J'ai du mal à comprendre à quelle tranche d'âge s'adresse la PSHE : pré-ados, ados ? Ne pourrait-on la comparer à de l'instruction civique au sens large ? Le système britannique est assez différent du nôtre me semble-t-il en ce sens que les cycles d'études ne sont pas les mêmes : 1st school (4-9 ans), middle school (9-13 ans), upper school (13-17 ans). Pour ce qui me concerne, j'ai du mal à me faire à l'idée des uniformes des public schools (qui sont en fait des écoles privées) et qui donnent un sentiment de rivalité entre écoles comme pour des équipes sportives. L'une des initiatrices du PSHE s'appelle Hilary Potter, une parente par alliance du jeune Harry, je suppose...

Il faut commencer le plus tôt possible.

Avec cet excellent billet, est posé, une fois de plus, tout ce qui a trait à ce que je nommerais "culture nationale". On voit bien (et Etoile66 nous en a assez parlé!) qu'il existe d'assez grandes différences de conception de la vie dans les différents pays. Et, bien sûr, ce qui a trait à l'éducation n'y échappe pas. Avantages? Inconvénients? Chaque pays a ses valeurs et, à partir de là, érige un "système" éducatif. L'idéal serait de pouvoir intégrer tout ce qui est positif ici et là: à toi de jouer, Europe de nos espérances! "Plaquer" un modèle dans un pays ne marchera jamais. C'est un peu ce que j'ai voulu dire dans mon commentaire provocant! PS Au sujet des uniformes, il y aurait beaucoup (de positif) à en dire, encore une fois, du "culturel"!

@Lincunable Sur l'uniforme des écoles anglaises, permettez-moi d'encore témoigner sur base d'une expérience vécue: débarquant en Angleterre après quelques années de collège en France, vous pensez bien que l'idée de porter un blazer coloré et une cravate pour aller à l'école me remplissait d'un mélange de sainte horreur et de crainte de décès prématuré pour cause de ridicule. Premier jour, blazer bleu avec gros insigne sur la poche, chemise blanche, cravate bleue, pantalon noir (ouf) et chaussures de ville. Je passais évidemment inaperçu, vu que tous les enfants étaient habillés plus ou moins pareil. Je m'y suis très vite fait, finalement ca avait l'avantage de ne pas avoir à se poser la question du comment se fringuer le matin, et de mettre tout le monde sur le même plan, que vous soyez fils d'ouvrier ou d'avocat il fallait avoir l'oeil pour détecter les différences (les chaussures étaient l'élément permettant à ceux qui le voulait de se démarquer, entre les godillots punks et les chaussures à pointes hyper classe mais incompatibles avec les parties de foot...). Autre avantage: dès la fin des cours on a qu'une envie, celle de rentrer chez soi pour se changer. On ne traine pas en ville en uniforme, ca fait pas cool du tout. Donc, finalement, une expérience plutôt positive.

Oui, de surcroît nos voisins anglais ont trouvé une bonne réponse à la question du voile islamique : le port du voile est autorisé au colège pourvu qu'il soit aux couleurs du colège. Voilà une réponse pragmatique, simple, inificatrice et pacificatrice dont on ferait bien de s'inspirer. Port du voile autotisé, mais bleu blanc rouge.

Aux couleurs du collège et aux couleurs du pays, ce n'est pas exactement la même chose.

Je ne suis pas convaincu : cacher les différences à l'école n' a jamais signifié les supprimer mais les rendre invisibles. Rendre tout le monde pareil n'a jamais aider à comprendre que tout le monde est différent. L'uniforme est contraire au principe de l'épanouissement personnel, surtout à l'âge où le maquillage, l'accoutrement sont des signes forts d'affirmation de sa personnalité. De plus, je parlais des rivalités qui s'établissent entre collèges du fait d'uniformes différents qui signalent une identification à des univers qui ne se recoupent pas et qui sont bien délimités.

On n'est pas forcés non plus de faire tous la même chose dans toutes les régions... (Hum, je soulève un lièvre, là...)

Et un lièvre plus lourd que vous ne pensez

Oui, on n'est pas sorti de l'auberge, ni du "clos de le lièvre"!

J'avais complètement oublié le patronyme de notre hôte. Enfin, entre longues oreilles, je me doute qu'il ne m'en voudra pas.
Sur le fond: je ne vois pas pourquoi les programmes et règles d'habillement, etc. devraient être identiques en Bretagne et en Bourgogne, au Pays Basque et en Maine-et-Loire, à la Réunion et à Saint-Pierre-et Miquelon... (Le tout sur une base européenne commune, bien sûr. Unité dans la diversité).

Les programmes laissent déjà une large place aux spécificités locales, en histoire, géographie, langue régionale, etc... L'État jacobin centralisateur, c'est fini.

Tout-à-fait d'accord avec vous, Melchior : "un jour l'ennui naquit de l'uniforme mité" . Il me suffit de savoir combien de générations de petit(e)s français(es) ont souffert sous leur blouse obligatoire et leur tenue vestimentaire à quatre épingles avec intrediction des cheveux longs, des pans de chemises qui dépassaient et des bas nylons mi-longs ou mini-jupes valant renvoi de l'établissement pour atteinte à l'ordre moral. Mai 68 les a supprimés, Darcos voudrait les rétablir, on comprend pourquoi.

Et le gosse qui n'a pas les moyens de s'offrir des "marques", il fait quoi? Et les gars avec leurs pants à l'entre-jambe aux genoux et tous encagoulés, ils sont pas en "uniforme", eux? Ne pourrait-on pas dire que, PARFOIS l'uniforme a du bon et PARFOIS du mauvais. Ainsi, même sur Médiapart, on est donc tout blanc ou tout noir? Bizarre!

Comme Vincent, j'ai gardé un bon souvenir de ma scolarité en uniforme. Je me souviens qu'il y avait un même "sentiment d'appartenance" qui nous confortait, non seulement quand nous croisions des élèves de notre établissement, mais aussi bien des élèves d'une autre école, portant donc un uniforme différent, mais que nous reconnaissions comme des sortes de "semblables", respectés adversaires aux tournois sportifs du jeudi après-midi, qui instauraient une saine émulation et une envie de se surpasser. L'uniforme permet effectivement de faire abstraction de sa condition modeste, et permet de s'affirmer/se construire sur la base de la personalité, non sur les apparences.

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