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«La gifle»: le ministre à l'amende?
José Laboureur, le professeur qui avait giflé un élève qui l’avait traité de «connard» a été finalement condamné à 500 euros d’amende. Xavier Darcos avait publiquement regretté qu’«on transforme en affaire judiciaire quelque chose qui aurait dû se traiter à l’intérieur de l’école et qui ostracise les enseignants». Doit-il être considéré quitte pour autant ?
Le 28 janvier, à 9 H 10, au collège Gilles-de-Chin ( un établissement tranquille du Nord ) un professeur de technologie de 49 ans demande à ses élèves de sixième de remettre de l’ordre sur leur table. Alexandre, jugé trop lent au goût de son professeur, est sommé de se dépêcher. Il n’en fait rien. José Laboureur jette alors à terre les affaires de l’élève, qui lui demande pourquoi il a fait cela. Le professeur ne lui donne pas d’explications mais lui intime l’ordre de ramasser ses effets personnels. Point barre. L’enfant soupire. Le professeur soulève le garçon et le ‘’plaque’’ contre le mur. L’enfant murmure ‘’connard’’. La gifle part. Et l’élève est à nouveau ‘’plaqué’’ contre le mur. Le père – un gendarme – dépose plainte, ce qui entraîne la garde à vue du professeur pendant 24 heures, l’élève étant exclu pour trois jours de sa classe en raison de l’incident.
Le professeur de technologie, qui reconnaît un " geste malheureux ", accepte d’abord la procédure du " plaider coupable " avant d’y renoncer in fine en expliquant vouloir un procès pour se défendre. Il reconnaît par ailleurs avoir des " problèmes d’alcool " et vouloir se " soigner pour cela " mais affirme n’avoir pas bu le matin de l’incident. Lors du procès, le 25 juin, le parquet requiert une amende de 800 euros contre le professeur, poursuivi pour ‘’violences aggravées " Finalement, le 14 août, le tribunal correctionnel d’Avesne-sur-Helpe le condamne à 500 euros d’amende.
L’avocat de l’élève déclare que " la justice a estimé qu’on ne peut frapper des élèves impunément ; le montant de l’amende importait peu ; ce qui compte, c’est que la justice a reconnu que ce n’était pas une simple gifle, mais une scène de violence, et que le professeur était allé beaucoup trop loin ". L’un des avocats du professeur – Me Jean-Marc Villesèche – pense qu’il s’agit d’un jugement " plutôt clément au regard du tour qu’avait pris ce dossier " tout en ne se déclarant pas totalement satisfait, puisque la relaxe demandée n’a pas été accordée. L’autre avocat – Me Francis Lec ( avocat-conseil national de la Fédération des Autonomes de Solidarité laïque ) déclare dans un communiqué que l’autorité judiciaire venait de " manquer une occasion importante de rappeler solennellement son devoir de protection à l’égard des enseignants victimes des risques de leur métier, exercé dans des conditions de plus en plus difficiles ".
Michèle Houel, l’une des secrétaires nationales du SNES ( le syndicat majoritaire parmi les professeurs du secondaire ), considère que " c’est une sanction à l’égard de la profession " et que " les enseignants vont très mal le ressentir " ; et le SNALC ( un autre syndicat ,minoritaire et classé à droite ) se déclare " déçu et indigné " de ce jugement " totalement disproportionné ".
Le ministre Xavier Darcos va-t-il rester dans son inertie de fait ( par delà la recherche de quelques effets d’annonces qui ne changent pas grand-chose) ? Il y a un peu plus de cinq ans, le 27 novembre 2002, alors qu’il était ministre délégué à l’Enseignement scolaire auprès de Luc Ferry – Xavier Darcos n’avait pas hésiter à déclarer: " L’objectif est de faire baisser la violence de moitié en cinq ans. Je veux lever le tabou de la violence scolaire, prendre l’opinion à témoin et montrer ce qui a lieu réellement dans les écoles. Si chacun prend conscience de la gravité de ce qui se passe, nous aurons plus de facilité à combattre le phénomène ". C’était parler d’or.
De nombreux travaux de chercheurs américains montrent que les succès les plus probants pour réduire l’ampleur des violences scolaires passent par des dispositions collectives, en particulier la cohésion de l’équipe enseignante ainsi que la clarté et la justice dans l’application des règles. L’intensité des violences scolaires ( à situation égale ) varie du simple au double en fonction de ces paramètres là. C’est pourquoi la Commission Thélot s’était d’ailleurs prononcée résolument en ce sens dans son rapport de 2004 : " l’efficacité éducative requiert que les mêmes règles de comportement soient observées dans chaque cours, ce qui est impossible sans un travail collectif des enseignants pour s’accorder sur des règles cohérentes ". Elle a donc proposé la création dans chaque école, collège ou lycée d’un " conseil de la communauté éducative " spécifique devant " se saisir des questions de violence, d’incivilités, de non-respect du règlement intérieur ". Et, de façon à ce que le ‘’jeu de ludion’’ fréquent entre administrateurs et professeurs cesse, elle avait préconisé ( en particulier pour les collèges ) qu’il soit placé " sous la responsabilité conjointe d’un directeur de la vie éducative et d’un professeur coordonnateur ". Rien de tout cela n’a été retenu ni a fortiori mis en œuvre par les ministres de l’éducation nationale qui se sont succédés depuis: Fillon, Robien et Darcos.
Quant à la formation ( initiale ou continuée ) des enseignants destinée à ce qu’ils apprennent à savoir gérer des conflits et à faire face aux violences scolaires, elle est restée à la discrétion et à la bonne volonté des différents IUFM. Cela arrive dans certaines d’entre elles, avec des initiatives heureuses ( ce qui montre que c’est tout à fait possible ) ; mais ce n’est pas le fait d’un politique nationale, impulsée par le ministère. Aux interrogations de certains journalistes ces derniers jours, le ministère a dû convenir piteusement qu’ " aucune politique nationale n’existe dans ce domaine : chaque IUFM opte pour la politique de son choix ". Il y a pourtant bien eu récemment " un cahier des charges " défini nationalement pour les IUFM. Mais cela n’y figure pas…
Xavier Darcos a pu annoncer un objectif des plus ambitieux le 27 novembre 2002 : " Faire baisser la violence de moitié en cinq ans ". Cinq ans ont passé. Selon une étude de l’Observatoire national de la délinquance, les agressions physiques et verbales contre les professeurs auraient augmenté de 30 % depuis 2002. Et si l’on en croit les statistiques ministérielles elles-mêmes, les insultes et menaces graves envers les enseignants auraient augmenté de 25% de 2002 à 2006. Beau bilan. Le ministre doit-il être mis à l’amende ?


Tous les commentaires
oui, comme réponse à votre dernière question. ;-)
si on mettais aussi une amende au gendarme pour avoir ete assez negligeant a elever un fils qui ne reconnais pas d autorite, une autre pour avoir recour a un avocat pour une giffle. quand a faire baisser la violence si on mettait une amende a tous les producteurs de spectacle dans lesquels on a recours a une arme, je vous garantie que dans dix ans nous serion la nation la plus pacifique au monde. les profs pourront faire leur boulot, le flics a court d excuse et le gouvernement ne saurait plus que faire de notre argent, la belle utopie.
Avant de savoir s'il faut mettre le ministre à l'amende, j'aimerais bien que vous nous expliquiez comment nous en sommes arrivés là. J'ai bien quelques idées, elles ne sont que le fruit de mon expérience, j'aimerais en savoir plus sur l'évolution parallèle de la mentalité du "prof", des parents et de l'élève. Merci d'avance. Sur le fond, j'adhère totalement à l'idée du "collectif d'enseignant", seul capable d'endiguer les nombreux dérapages auxquels nous assistons depuis trop longtemps.
Pour répondre aussi à votre question, oui trois fois oui, Darcos doit être mis à l'amende. A la lecture des faits, on a plutôt l'impression que c'était l'élève et non le professeur qui était en danger ... Un professeur n'a pas à jeter les affaires d'un élève, un point c'est tout. Que le gamin ait répliqué par une insulte, ça ne mérite certainement pas une gifle. En matière de langage peu relevé, nos illustres représentants nous donnent de si piteux exemples ... De manière plus générale, quand on parle de "violences à l'école", il faut envisager les deux faces : l'élève et l'enseignant. J'aime beaucoup votre passage sur les "dispositions collectives". En fait de "collectif" ce sont les punitions qui malheureusement le deviennent et on s'éloigne de plus en plus d'un modèle qui chercherait à émanciper, à donner accès au savoir pour se rapprocher d'un modèle coercitif, manichéen, punitif. Signes du temps ...
Si le gamin défie l'autorité de l'enseignant, c'est qu'il se sait protégé par une autorité supérieure à celle de l'enseignant, et les faits viennent de lui donner raison. Très bel exemple éducatif ! Oui, ce problème aurait dû être réglé en interne et sans couverture médiatique. Bien sûr qu'on n'a pas le droit de lever la main sur un élève, car la seule autorité d'un enseignant devrait dissuader l'élève de le provoquer en ce sens. Pourquoi alors les enseignants n'ont ils plus cette autorité ? Qui la leur a enlevée ? Est ce leur incapacité à se faire respecter, qui masque le fait que l'élève sait que ces parents ont autorité sur l'enseignant et le système éducatif ? Est ce leur incapacité à savoir diriger une classe ? N'y a t-il pas une responsabilité de l'Etat qui, en paupérisant depuis des lustres cette catégorie de fonctionnaires au vu et au su de tout le monde, les transforme en des professions intellectuelles économiquement inférieures et méprisables au regard des élèves qui prolongent la compétition économico-sociale jusqu'à l'école ? Témoin ce père, quasi-analphabète et propriétaire d'un magasin de fruits et légumes en banlieue parisienne, disant à un enseignant : "je n'ai pas fait d'études et j'ai réussi, alors arrêtez d'emm... mon fils". Ce qu'il ne disait pas est qu'il devait travailler près de 15 heures par jour et 7 jours sur 7 pour offir à sa famille presque tout ce qu'elle voulait. Quand on sait la somme d'efforts intellectuels à déployer pour décrocher le capes et/ou l'agrégation, et le peu de considération sociale qu'on en retire, on se demande pourquoi il y a toujours autant de candidats à ce métier qui frise le sacerdoce. Que l'Etat réexamine en profondeur la grille de rémunération des enseignants, qu'il reconnaisse la valeur économique de cette fonction essentielle au développement économique d'un pays, ... et les pendules seront remises à l'heure sous peu !
1/ personne ne force les enseignants à le devenir 2 / le commentaire sur l'epicier, tout est dit ! d ailleurs ca m 'etonnerait qu il offre à sa famille "presque tout ce qu elle veut", à moins que ce presque tout soit 100 ou 150 m2 en region parisienne, un 4x4 et deux semaines de vacances à 5H d'avion d'ici ? On voit l'etendue du "reve". J'espere que vous rever d'autre chose que ce "presque tout". 3/ "Quand on sait la somme d'efforts intellectuels à déployer pour décrocher le capes et/ou l'agrégation, et le peu de considération sociale qu'on en retire, on se demande pourquoi il y a toujours autant de candidats à ce métier qui frise le sacerdoce." ==> et les metiers qui demandent d'oublier toute consideration sociale, ils ne meritent rien, eux ? (balayeur, prostituée, croque mort, marchand de legumes en région parisienne, etc) . la reponse à votre question c'est : deja, parce que ca recrute et que c'est un metier de masse et egalement parce que c'est relativement sur : une fois embauché, on se fait rarement virer. Il n'y a pas de surprise, les profs savent qu ils seront relativement mal payés. J aimerai bien qu'on arrete de dire "l'Etat", dans "Que l'Etat réexamine en profondeur la grille de rémunération des enseignants", ca n'a aucun sens. L'Etat n'existe pas dans ce contexte precis. Il s'agit d'une negociation non pas avec l'Etat mais entre les enseignants et les contribuables avec le ministre/ministere en intermediaire. Or, rappelons que l'education nationale est le 1er budget de la Nation, avec 20% des depenses de l'etat, dont 80% sont consacrés aux salaires. 16 euros sur 100 dépensés par l'Etat servent à payer un des 700 000 titulaires d'un traitement liés à l'Educatioon. Pourquoi ? Parce que le consensus d'apres guerre a été d'accompagner la massification de l'enseignement, et non pas de maintenir l'elitisme. Plus il y a de prof, moins il y a d'argent par prof, c'est quand meme pas compliqué ! C'est vrai aussi pour les flics ou infirmieres.
1/ personne ne force les enseignants à le devenir : Exact, mais si plus personne ne veut l'être, comment assurer le minimum (savoir lire, écrire et compter) sans lequel le pays ne peut se développer ? Un enseignement "libre, gratuit et obligatoire" est la véritable origine de la révolution économique du 19ième siècle.
2 / le commentaire sur l'épicier, tout est dit ! d ailleurs ça m 'étonnerait qu il offre à sa famille "presque tout ce qu elle veut", à moins que ce presque tout soit 100 ou 150 m2 en région parisienne, un 4x4 et deux semaines de vacances à 5H d'avion d'ici ? On voit l'étendue du "rêve". J'espère que vous rêver d'autre chose que ce "presque tout". ... désolé, pas tout compris ...
3/ "Quand on sait la somme d'efforts intellectuels à déployer pour décrocher le capes et/ou l'agrégation, et le peu de considération sociale qu'on en retire, on se demande pourquoi il y a toujours autant de candidats à ce métier qui frise le sacerdoce." ==> et les métiers qui demandent d'oublier toute considération sociale, ils ne méritent rien, eux ? (balayeur, prostituée, croque mort, marchand de légumes en région parisienne, etc) : "prostituée" ne fait pas partie, à ma connaissance, d'un métier répertorié susceptible d'être pourvu par concours ! J'ajouterai : il n'y a pas de sots métiers, il n'y a que de sottes gens. Je finirai par : je pense que vous n'avez pas bien compris le sens de ma remarque (mieux : je pense que vous faites semblant de ne pas l'avoir comprise, pour des raisons qui m'échappent).
la réponse à votre question c'est : déjà, parce que ça recrute et que c'est un métier de masse et également parce que c'est relativement sur (vous voulez dire : sûr): une fois embauché, on se fait rarement virer. Il n'y a pas de surprise, les profs savent qu ils seront relativement mal payés. il n'est pas interdit de rêver, et de vouloir exercer un métier qu'on sait utile pour la société. C'est au bout d'un certain temps qu'on devient désabusé.
J aimerai bien qu'on arrête de dire "l'Etat", dans "Que l'Etat réexamine en profondeur la grille de rémunération des enseignants", ca n'a aucun sens. L'Etat n'existe pas dans ce contexte precis. Il s'agit d'une négociation non pas avec l'Etat mais entre les enseignants et les contribuables avec le ministre/ministère en intermédiaire. : "Négociations entre enseignants et contribuables" ??? Pourriez vous nous expliquer plus avant ? Pour l'Etat, je vous renvoie à un cours de droit constitutionnel.
Or, rappelons que l'éducation nationale est le 1er budget de la Nation, avec 20% des dépenses de l'etat, dont 80% sont consacrés aux salaires. 16 euros sur 100 dépensés par l'Etat servent à payer un des 700 000 titulaires d'un traitement liés à l'éducation. Pourquoi ? Parce que le consensus d'après guerre a été d'accompagner la massification de l'enseignement, et non pas de maintenir l'elitisme. Plus il y a de prof, moins il y a d'argent par prof, c'est quand même pas compliqué ! C'est vrai aussi pour les flics ou infirmières. Intéressant comme point de vue, qui ressemble à un début de débat organisé. Mais l'argument simplissime "10 divisé par 4 est grand que 10 divisé par 10" ne fait guère avancer le débat. Ce qui est par contre inévitable, et que vous soulignez à juste à propos, et qu'assurer un recrutement de masse par une baisse de la rémunération pour augmenter le nombre d'enseignant implique une "baisse" de la qualité du recrutement qui justifie en retour la rémunération proposée. C'est un principe économique établi. C'est vrai aussi pour les flics et les infirmières (et même pour les prostituée, ces pauvres femmes) !
Dans l'histoire qui est rapportée ici, l'élève résiste à l'autorité par sa lenteur, soupire, et finit par "murmurer" une insulte en face à face avec son professeur - le professeur de son côté s'énerve de la lenteur résistante, jette par terre les effets de l'élève et le prend au collet pour le plaquer contre le mur (deux fois, est-il précisé). A qui attribuez-vous la faute de violence ? A l'enfant ou à l'adulte ? Dans une classe de sixième, lequel des deux est responsable de l'autre ? En fait, ce n'est pas tant la gifle - réaction spontanée à l'insulte - que l'attitude du professeur depuis le début de cette saynète - qui est dérangeante par son laisser-aller à l'exaspération et au défoulement. Dommage cependant que l'équilibre n'ait pas pu être rétabli par la direction au sein même de l'école.
... Dommage cependant que l'équilibre n'ait pas pu être rétabli par la direction au sein même de l'école. Le passage devant la justice donne un rôle aux parents de consommateurs insatisfaits et à l'école de fournisseur défaillant -- et à l'amende celui de compensation pour défaut de fabrication au sein du contrat de garantie ... !
Ouf ! Je désespérais de partager cette idée que ce n'était pas tant la gifle qui pose problème que le fait de jeter les affaires d'un élève par terre parce qu'il serait "trop lent" puis de la plaquer au mur. Un personne capable de tels écarts n'est pas digne d'être respectée
Je conseille vivement la (re)lecture du billet de "Maître Eolas" sur le sujet, dans son blog du 1er février : http://maitre-eolas.fr/2008/02/01/853-soufflet-n-est-pas-jouer
Battre un enfant, c'est comme battre sa femme. c'est forcément detestable et je crois que tous, les pères, les mères, les éducateurs , doivent se maitriser, mê'me si ,de temps en temps , on se dit qu'une bonne baffe ne peut pas
Il y a comme un "bug" dans mon commentaire, donc je recommence. Battre un enfant,c'est comme battre sa femme. C'est forcément détestable et je crois,que tous, les pères, les mères, les éducateurs, doivent se maitriser, même si, de temps en temps, on se dit qu'une bonne baffe ne peut pas faire de mal. Ce qui pose problème dans le cas présent est l'intrusion de la justice dans les cas les plus bénins de notre quotidien. Enfant, je me suis fait taper sur les doigts, avec une règle ,par mon institutrice, pour n'avoir pas respecté les marges de mon cahier. (il est vrai que si vous ne respectez pas les marges, il n'y a plus de limites ) Mon père qui n'était pas flic n'a pas porté plainte. Tout le monde y a gagné. Mon instit n'a pas payé d'amende et moi je me suis forgé un esprit critique toujours présent. Grace à lui, je peux vous dire: méfier vous des cabinets d'avocats: Pour gagner du fric, ils sont capables de vous entrainer dans des procédures judiciaires interminables. Ils sont gagnants, le PIB augmente, mais vous vous êtes perdants.
Ce qui est inquiétant ,c'est l'ampleur prise par un simple fait divers. L'exposé des faits semble mettre en cause le professeur et sa faute doit être sanctionnée. Idem pour l'élève de 6ème, mineur de moins de 13 ans irresponsable pénalement.Mais dans le cas particulier, le père de l'enfant était gendarme (quel grade?). Il abuse de ses fonctions en venant en uniforme pour un problème personnel et obtient même la mise en garde à vue du professeur pour une gifle. C'est très grave, aucune sanction du (des) gendarme(s) pour abus de pouvoir. Mais où cette affaire dépasse l'entendement, c'est que dans le cadre de la politique sécuritaire, une Loi a été votée en 2007, prévoyant 7 ans de prison et une forte amende (billet sur le blog de Maître Eolas conseillé par J. Cassel ci-dessus), pour un acte relevant normalement du Tribunal de Police, car n'ayant pas entrainé <>? J'ai en mémoire une décision du Tribunal de Police de Paris, pour une incapacité de travail de 4 ou 5 jours. L'auteur des coups avait obtenu une relaxe en invoquant une prétendue excuse de provocation sans le moindre début de preuve,ni débat à la barre. L'incapacité de travail avait été attesté par les services médicaux de l'Hotel Dieu où la victime avait été envoyé par le commissariat de police quand elle a voulu déposer plainte. Elle avait été alors menacée d'être envoyé en hôpital psychiatrique. Le procureur de la République n'avait pas pu obtenir du Commissariat de Police copie de la main courante demandée par la victime pour l'intervention de police secours, le Tribunal ne s'en est même pas inquiété. La victime a été dans l'obligation d'engager une procédure par citation directe au Tribunal de Police, car l'auteur des coups et violences (dans une copropriété de standing,) était le protégé d'un Sénateur RPR où sa femme possédait 110 boxes à usage de parking. L'auteur des violences était déjà l'auteur d'une plainte en dénonciation calomnieuse visant la victime des coups pour un prétendu abus de confiance.Cette plainte avec constitution de partie civile s'était terminée par un non lieu. Le Tribunal Correctionnel de Paris avait accordé la relaxe à l'auteur de la dénonciation calomnieuse. Deux poids, deux mesures et nous serions en démocratie!
Rectificatif: pour un acte relevant normalement du Tribunal de police CAR N'AYANT PAS ENTRAINER D'INCAPACITÉ DE TRAVAIL. Cette fois le professeur s'est retrouvé en Correctionnel et pas devant un Tribunal de police. Encore heureux que la Loi sur une peine minimum ne s'appliquait pas dans ce cas précis. Pour ma part, je trouve une amende de 500 € excessive, aussi bien que la demande par le gendarme d'une condamnation à 1 euro symbolique comme si son fils n'avait pas proféré une insulte comme connard qui aurait pu être retenu comme excuse de provocation par le Tribunal.
Oui, pour moi, mais la question depasse celle de l'amende au Ministre, à mon humble avis ! je suis assez d'accord avec Bourbaky quand il dit que battre n'est pas une solution et assez d'accord avec son analyse. Je n'ai pas été une élève compliquée, quoique... bavarde, et j'ai reçu quelques coups de règles pour cela. Cela ne m'a pas tant corrigé le défaut ! Mais j'ai au moins compris une chose : ce n'est pas avec des coups de règles qu'on change quelqu'un ! Pas plus qu'avec une gifle même méritée si on ne comprend pas pourquoi on l'a méritée !
En l'occurence, et pour cette affaire, le professeur a, pour le moins, un peu provoqué l'incident, mais je sais que ce n'est pas toujours le cas et qu'il faut pour resister à une insulte (voire à une tentative de coup porté) une sacré dose de sang froid et de savoir être. L'amende au professeur me semble légitime, 500 € pour une gifle et un placage abusif sur un gamin, certes lent mais qui n'avait pas provoqué sciemment l'incident.
Je ne connais pas tant les programmes des IUFM mais je sais par beaucoup d'amis professeurs que parfois ce qui manque le plus c'est ce que vous soulignez si bien : "des dispositions collectives, en particulier la cohésion de l’équipe enseignante ainsi que la clarté et la justice dans l’application des règles".
Je suis ravi que vous et vos amis professeurs souligniez l'importance des dispositions collectives. Mais c'est évidemment plus facile à dire qu'à faire; et c'est pourtant dans ce domaine qu'une politique ministérielle tenace et continue devrait être impulsée; et c'est là que la responsabilité ministérielle est la plus engagée en la matière( avec celle de la formation des enseignants ).Le modèle traditionnel de l’enseignant est celui du maître ( après Dieu ? ) dans sa classe, avec sa dose d’arbitraire privé. Mais l’arbitraire n’est pas très positif sur le plan éducatif car il peut développer le sentiment d’injustice chez les élèves ( et nourrir la révolte ou la violence en retour ), ou bien aboutir à leur soumission à un maître selon son arbitraire privé ( ce qui est une autre forme de violence ) alors qu’il devrait s’agir non d’obéir à quelqu’un ( un ‘’maître’’ ) mais de se régler sur des règles communes. Alors que la légitimité et l’efficacité ( éducatives ) vont pourtant dans le même sens, on se heurte aux résurgences de la tradition, toujours très prégnante dans le monde scolaire. Il faut savoir que l’arrêté de juillet 1890 décidé en pleine Troisième République triomphante préconisait déjà la tenue d’un registre des sanctions disciplinaires, une obligation réglementaire qui a été très généralement négligée, alors même qu’elle est essentielle pour la transparence, la cohérence et la stabilité des pratiques ( collectives…) en matière de sanctions et de punitions. On peut espérer qu’il ne faudra pas encore un siècle pour que l’un des dispositifs retenus par la circulaire de juillet 2000 soit effectivement à l’honneur dans chaque établissement scolaire : « tenir un registre des sanctions infligées comportant l’énoncé des faits, des circonstances et des mesures prises , sans mention de l’identité de l’élève ».
"pour une gifle et un placage abusif sur un gamin, certes lent mais qui n'avait pas provoqué sciemment l'incident. " Depuis quand une "lenteur" pourrait être un défaut ! Le pire qu'on puisse imaginer serait une sorte de résistance par la lenteur, c'est ce qu'en général on appelle résister par la non-violence. Que diriez-vous si un policier vous tabassait parce que vous n'auriez pas répondu à ses demandes assez vite à son goût ?
Comme souligné plus haut, deux aspects de cette affaire sont dérangeants : 1) L'abus de pouvoir du père de l'enfant. L'incident n'aurait pas dépassé l'enceinte du bahut si l'enfant n'avait pas été fils de gendarme. 2) La présentation des syndicats d'enseignants, réduisant l'affaire à l'insulte suivie d'une gifle. C'est une réaction corporatiste, tant pis si je fais hurler certains. Je suis dans l'ensemble d'accord avec Laurent Desvignes, sauf sur le fait que la provocation est venue de l'élève. Vu ce que relate l'auteur de l'article, c'est le prof qui a provoqué l'élève en lui mettant toutes ses affaires par terre. Première violence. Puis en plaquant l'enfant au mur. Deuxième violence. Je pense qu'un prof même fatigué et énervé pouvait réagir autrement à la lenteur de l'élève. Puis le "connard" fuse et la gifle part. Je vais peut-être choquer certains, mais la gifle me paraît moins grave que les deux violences précédentes de la part du prof. Après tout, la baffe de Bayrou n'a pas suscité tout ce bruit. Il est vrai que le giflé n'était pas fils de gendarme et, semble-t-il, chapardeur. En outre, Bayrou, même s'il est agrégé, n'est pas prof. Cela déploré, j'estime, comme Laurent, la condamnation bien trop lourde. Mais je suis encore plus choqué par la démesure d'une garde à vue de 24 heures. Pour quelle raison, cette garde totalement inutile à l'enquête, sinon une brimade intimidatrice et vengeresse de la corporation des forces de l'ordre ? Double corporatisme, donc. Mais celui des pandores est autrement plus grave et inquiétant, en cette période sarkozienne de grignotage insidieux des libertés individuelles. Quant à une éventuelle amende à Xavier Darcos, c'est une bouffonnerie. Qu'on lui envoie plutôt un prof pour lui apprendre la règle de trois, le futur antérieur et la définition du mot "ostracisme".
En relisant, le long exposé des faits très détaillés À CHARGE contre le professeur, on est en droit de se demander son origine, à savoir les procès verbaux d'audition au cours de la garde à vue abusiveppour une gifle. Autre question, qui a engagé les poursuites pénales, plainte du gendarme père du collégien de 6ème au Procureur de la république, plainte qui aurait dû être classée, ou plainte avec constitution de partie civile du gebdarme? Il semblerait, que finalement, une simple gifle a abouti à un conflit entre deux Institutions la Gendarmerie avec le soutien du Procureur de la République, l'École qui avait refusé la sanction exigée du gendarme, qui elle n'a pas été soutenue par son Ministre qui pourtant dénonce les incivilités des jeunes. Même en s'en tenant aux faits exposés, balayé les affaires de l'élève de la table pour l'obliger à les ramasser par terre ne constitue pas une infraction relevant de de la juridiction pénale, idem pour l'avoir plaqué contre le mur, probablement la version du PV de la garde à vue. Les seuls éléments relevant de la justice pénale était CONNARD proféré par l'élève et la GIFLE portée par le professeur. Aucune sanction pénale n'a été prononcée à l'égard du fils du gendarme pour avoir insulté son professeur, le professeur a été condamné à une amende de 500 €, qui n'a pas bénéficié de l'excuse de provocation pour lui accorder une relaxe sur le plan pénal. Cette affaire survenue dans un collège aurait dû normalement rester cantonner dans l'institution scolaire comme l'indiquait le Ministre DARCOS et les syndicats. Le gendarme avait une voie de recours contre une décision du Collège refusant de sanctionner le professeur, c'était le Tribunal Administratif. Le Procureur de la République aux ordres de Rachida Dati a donc fait un choix politique dans cette affaire qui aurait dû être CLASSÉE sur le plan pénal (9O à 95% des plaintes sont classées) en donnant suite à la plainte du gendarme, père du collègien, compte tenu de la médiatisation donnée à cette affaire. Sarkozy a fait le choix de dépénaliser le Droit des Affaires pour les Grands Patrons. Un projet de loi va prochainement être soumis au Parlement dans ce sens. Mais on traine en justice un professeur pour une faute benigne, alors que les conditions de travail ne cessent de se dégrader avec la suppression de plus de 10.000 postes d'enseignants par an et la diminution des crédits.
Laurent Desvignes a raison sur le fait que seuls, le "connard" et la gifle relèvent de la justice. Il n'empêche que sur le plan scolaire et pédagogique, l'affaire ne peut se résumer à ces deux éléments. Le prof n'aurait pas dû virer les affaires du môme. Tout est parti de là. Alors je veux bien qu'on déplore les conditions de travail des profs, le manque d'éducation parentale des mouflets, tout cela est hélas bien réel. Mais cette affaire n'est pas simplement celle d'un prof qui a pété les plombs à la suite de l'insulte d'un élève. Ledit prof semble anormalement nerveux. Peut-être à cause de ses problèmes d'alcoolisme. Un prof qui perd son sang-froid à ce point pour cause de la lenteur d'un élève à débarasser sa table (avait-il bien expliqué pourquoi il fallait débarasser la table ?) et qui abuse de sa force peut devenir dangereux. La levée de boucliers corporatiste des syndicats d'enseignants qui se bornent à défendre le prof dont l'autorité a été bafouée par une insulte me paraît elle aussi dangereuse sur un autre plan, car elle peut inciter les profs à user de la gifle comme d'un ressort pédagogique pour asseoir leur autorité. Ce serait un fâcheux retour en arrière et le germe d'une nouvelle escalade de la violence dans les établissements scolaires. Tout le contraire du but recherché. Cela dit, effectivement, cette affaire n'aurait pas dû sortir du bahut. Mais si l'abus de pouvoir du père gendarme et la garde à vue sont à dénoncer absolument, il convient aussi de déplorer les tergiversations et les ambiguïtés de l'établissement scolaire et du ministère. Quant à Darcos, il a bonne mine de parler d'ostracisation des profs. L'ostracisme, c'est le bannissement. En supprimant plus de 10.000 postes, c'est lui l'ostraciste en chef...
Je suis d accord avec Laurent D. sur le fonds de l'affaire (on hallucine sur les abus de pouvoirs que les flics et gendarmes se permettent), par contre "les conditions de travail ne cessent de se dégrader avec la suppression de plus de 10.000 postes d'enseignants par an et la diminution des crédits" ca n'a pas de rapport désolé. Ne faisons pas de la psychologie de supermarché, il ne me semble pas que le prof incriminé ait été stressé suite à la reception d'une lettre de licenciement avec AR. Toute cette affaire montre qu il faut que les francais en finissent avec la culture de l'Etat tout puissant et choisissent enfin un systeme décentralisé de balance des pouvoirs, avec des juges et des représentants des forces de l'ordre élus, une procédure accusatoire et non pas inquisitoire, la possible revocation des fonctionnaires et surtout l'autonomie de gestion des etablissements scolaires avec un directeur d'ecole vraiment responsable et capable (au sens juridique du terme).
"En relisant, le long exposé des faits très détaillés À CHARGE contre le professeur, on est en droit de se demander son origine, à savoir les procès verbaux d'audition au cours de la garde à vue abusive pour une gifle" C'est une bonne question que pose Laurent Desvignes. Ne peut-on supposer que l'élève soit un récidiviste, se sentant protégé par le métier excercé par son père ? Pour moi, je résume : l'école est la première héritière de la crise de la société.
@ACNM A propos d'un débat sur l'école trouver le moyen de faire l'éloge du système de société américain... Bravo, il faut le faire !
guydufau, merci :-)
Pour illustrer ce sujet, je vais vous raconter une histoire authentique. Il était une fois, dans un collège, une C.P.E., qui surveillait la rentrée des élèves en cours, la sonnerie ayant retenti. Un élève de 16 ans, assez dissipé dans l’ensemble, qui en poursuivait un autre au lieu de se regrouper, la bouscula violemment manquant de la jeter par terre. La C.P.E., exaspérée, l’attrapa par le pull et, perdant son sang froid, lui balança une gifle. L’élève se retourna alors, menaçant, en lui disant : « Vous allez voir, je rentre chez moi, je vais porter plainte. » L’enseignante lui répondit : « Moi aussi, je vais porter plainte, car tu m’as fait mal, mais viens dans mon bureau, on va s’expliquer. » Par chance, il accepta en grommelant. La C.P.E. lui expliqua alors qu’elle regrettait de l’avoir giflé et qu’elle avait manqué de maîtrise mais qu’il aurait du être entrain de rentrer en classe et qu’il était inadmissible qu’un professeur soit bousculé ainsi par un élève, que cela méritait une sanction, mais certainement pas une gifle. Après avoir écouté, le jeune homme répondit qu’il allait voir mais qu’on n’avait pas le droit de le frapper. Puis, il accepta de rentrer en cours, raccompagné par la C.P.E. A la récréation suivante, la C.P.E. se rapprocha de cet élève, qui était entouré de ses camarades ; elle évoqua l’incident, en expliquant devant les autres élèves, qu’elle regrettait de s’être emportée de la sorte ; elle demanda au jeune homme si lui-même regrettait son indiscipline? Il acquiesça. L’incident fut clos grâce à l’intelligence de l’élève, et le fait que le conflit fut traité « toutes affaires cessantes », dans un esprit d’honnêteté. Il me semble que le dialogue entre professeurs et élèves est presque toujours possible quand il se passe dans un climat de confiance, de justice et de respect. Je pense qu’un professeur qui commet une erreur ne perd nullement l’estime de ses élèves en s’expliquant et en faisant profil bas, s’il le faut. Evidemment, tout ça doit rester exceptionnel. En conclusion j’ai le sentiment que « l’affaire de la gifle », évoquée dans le billet, aurait sans doute pu se régler dans l’interne, même avec un père procédurier.
En écho à cette anecdote qui me paraît tout à fait intéressante, je me permets ( en historien invétéré de l'éducation que je suis ) de renvoyer à un passage de mon livre paru il y a juste un an "Histoires vraies des violences à l'école" ) et que j'ai écrit avec maître Francis Lec. On peut prendre pour emblématique des orientations prises sous la troisième République l’article sur « la discipline scolaire » du « Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire » paru sous la direction de Ferdinand Buisson de 1882 à 1886, un ouvrage de référence présent dans la plupart des écoles communales de France, et repris presque intégralement dans le « Nouveau dictionnaire » de 1911. Son auteur – Jean Gaillard – est un instituteur devenu inspecteur primaire à Paris. « L’élève le plus emporté et qui paraît le plus intraitable est toujours démonté et vaincu par le calme du maître. Eclairons ce point par un exemple. Un désordre grave s’est produit dans la classe, une punition a été jugée nécessaire, le maître l’a infligée. Ce qui peut arriver de plus grave alors, c’est une sorte de révolte de la part de l’élève qui est l’objet de cette répression ; cette révolte se traduit par un geste malséant, par un mot peu convenable, mettons les choses au pire, par une parole injurieuse. L’enfant agit évidemment sous l’empire d’un sentiment violent, son imagination s’exalte, d’autant plus qu’il sent auprès de lui des témoins de la lutte qui s’engage et que, parmi eux, il s’en trouve un certain nombre peut-être prêts à l’admirer. Si le maître engage la lutte avec l’enfant, le voilà dans la nécessité très grave ou de céder, ce qui compromet son autorité ou d’employer la force, ce qui compromet sa dignité. L’instituteur, maître de lui-même, songe d’abord qu’il est homme et qu’un homme ne saurait être insulté par un enfant. Il se contente donc de sourire au spectacle de cet être faible qui commet l’erreur de se croire un moment le plus fort ; il apaise d’un simple geste l’émotion qui s’était manifestée dans la classe. Il évite de parler au coupable et s'il a une observation courte à faire, c'est aux autres qu’il l’adresse, c’est sous le ridicule et presque d’un seul mot qu’il abat cette grande colère. Le petit rebelle était préparé pour le combat, son épée a frappé dans l’eau, il est désarmé, il est vaincu et tout honteux de son escapade. Dans une heure le maître peut l’appeler et lui tenir le langage de la raison ; il pourra l’écouter, il demandera pardon, il acceptera la punition […]. Le maître qui, par sa tenue, par ses gestes, par ses éclats de voix désordonnés, par ses colères constantes, vraies ou feintes, par des menaces exagérées qu’il lui est impossible de mettre à exécution apparaît ridicule se retrouve complètement perdu aux yeux de ses élèves; il ne les dominera jamais, il ne les disciplinera pas. Arrivât-il à les battre, il ne les empêchera pas de se moquer de lui ». On aura remarqué que ce texte très officiel évoque comme une possibilité tout à fait banale qu’un élève profère une « parole injurieuse » contre son instituteur et devant ses camarades, « un certain nombre étant peut-être prêts à l’admirer ». On est loin de l’imagerie idyllique et nostalgique d’un maître dont l’autorité se serait imposée facilement, sans résistance ou violence en retour, quasi sacrée…D’où une belle leçon – jugée nécessaire – de gestion des conflits et de prévention de leur exacerbation afin d’éviter le recours à des violences physiques interdites.
@mrs Denisot et Lelievre, magnifique prestation mais compte tenue de l arrogance des parents, compte tenu de la sacralisation inverse de la repression, compte tenu de l opportunisme rampant chez l enfant, en ajoutant a ce cocktail le fait que nous avons affaire dans la societe contemporaine a un phenomene d incivite collective d une ampleur frisant la deflagration, il faudrait donc aux enseignants des semaines de 80 heures pour regler en douceur tous les problemes decoulant exclusivement de la faillite totale des parents dans leur role d elever leurs gosses. Cf. le gendarme qui arrive en uniforme.... j ai un gosse donc je suis. l epicier illetre qui bosse 15 heures par jours pour un 4x4, je ne suis pas stupide puisque j ai un gosse... etc. Tout me mene a comprendre que les profs, les flics, l etat, les infirmieres, doivent remplacer les parents
Je pense qu’il ne faut pas avoir d’à priori négatif vis-à-vis des parents ou des élèves. Il est normal qu’un parent vienne demander des comptes à l’institution s’il a le sentiment qu’il y a un problème concernant son enfant. Si l’on est attentif et prêt au dialogue, on parviendra souvent à faire admettre aux parents que, si leur enfant pose problème à l’école, il pose aussi problème à la maison et que c’est en allant dans le même sens avec des exigences communes que l’on réussira à le faire progresser:A chacun sa place mais ne condamnons pas d’avance.
Il y a lieu, en effet, de surmonter au mieux les tensions ( qui sont parfois indiscutablement violentes ) entre les enseignants et les parents d'élèves. La Fédération des Autonomes de Solidarité laïque ( une mutuelle de défense des enseignants en but "aux risques du métier'' ) souligne que 42% des dossiers de violences traitées par la Fédération sont issues de situations conflictuelles avec les familles. Il semble que ce soit ( pour partie ) une ''singularité'' française. En étudiant les catégories de personnes responsables des agressions physiques de 270 membres du personnel éducatif analysés, Jean-Marie Horenstein ( docteur psychiatre de la MGEN ) a en effet été frappé par l’importance relative des parents d’élèves : « Un quart de parents - fratrie ou famille des élèves - sont impliqués dans ces agressions, ce qui semble une spécialité française par son importance. Nulle part dans les études internationales, on ne trouve des pourcentages aussi forts ».
« Celui qui vient au monde pour ne rien déranger et ne rien troubler ne mérite ni estime ni patience. » René Char Il « traîne », pour s’affirmer face à un professeur : l’élève est parfaitement dans son rôle. Il dérange, il provoque, il cherche à s’affirmer : c’est de son âge. Mais jeter des affaires à terre, plaquer un jeune être contre le mur, le gifler, que l’on soit parent ou professeur, voilà qui atteste un défaut d’autorité (autorité sur soi-même, au sens de l’enkrateia grecque, autorité naturelle de l’adulte vis-à-vis d’un tiers). A l’évidence, l’enseignant amendé est sorti de son rôle, il n’est pas à sa place dans une école – lieu de l’exemplarité par excellence. Le père gendarme n’a pas été « procédurier ». L’usage d’un droit n’est jamais critiquable. Au contraire : il est bienvenu. Ne fût-ce, in caso, que pour rappeler que les parents, les maîtres, les flics, l’Etat doivent être « supérieurement » exemplaires. Nécessité constante !
Mes précédents commentaires ont provoqué plusieurs réactions. Je m'en réjouis. Je n'entrerais pas dans un débat sur l'autonomie de gestion des établissements scolaires qui est hors du sujet qui nous intéresse. En partant de l'énoncé des faits de l'article de Claude Lelièvre, la première réaction, c'est de prendre le parti du collégien, la victime, contre le professeur, le coupable. D'où mon interrogation sur la source des faits énoncés par C. Lelièvre. Ce récit, a toutes les apparences d'un réquisitoire à charges et pas à décharge. Il peut donc s'agir d'une version partiale qui a pris une importance démesurée sans rapport avec l'incident. Il faut rappeler que les fait se déroulent dans le cadre d'une classe de 6ème d'un collège professionnel. Quel est la nature de l'enseignement dispensé par ce prof? Des fautes ont elles été dèjà commises par le collégien ou par son prof. Le collégien a fait l'objet d'une sanction disciplinaire, 3 jours d'exclusion. On peut supposer qu'il s'agit d'une décision régulière prise par un Conseil de Discipline. Si le père gendarme, dont on ne connait pas son grade, s'il s'agit d'un brigadier, d'un adjudant chef de brigade ou d'un officier, ce n'est pas le même statut social, conteste cette décision. Le professeur lui n'a pas fait l'objet d'une sanction disciplinaire de l'Éducation Nationale, mais risque une révocation après cette décision du tribunal, pourquoi? Est-ce que la version du Professeur ne correspond pas au faits énoncés dans l'article? C'est cette absence de sanction disciplinaire du professeur qui provoque la vindicte du père gendarme. Plusieurs voies de recours s'offrait au père, administratif, judiciaire (civile ou pénale). C'est la voie pénale, dont il est un des rouages qu'il choisit. Question, l'intrusion du gendarme dans un établissement scolaire en uniforme avait elle un objet personnel et il ne pouvait pas entrer en uniforme dans le collège, ou en service à la suite d'une plainte qu'il avait déposé contre le professeur? et il se trouvait dans la situation de juge et partie. Est-ce que le professeur a fait l'objet d'une arrestation au Collège, ou d'une mise en garde à vue à la suite d'une convocation dans les locaux de la gendarmerie exerçant la fonction d'officier de la police judiciaire. La garde à vue est un acte de procédure pris par le Procureur de la République à la demande de gendarmes souvent par téléphone. Ce dernier savait-il qu'il s'agissait d'un conflit entre un professeur et le fils du gendarme? Le récit des faits accablants pour le professeur pourrait bien avoir pour origine des aveux obtenus au cours de la garde à vue, hors de la présence d'un avocat. Reprises ensuite dans l'ordonnance de renvoi en Correctionnelle et dans le Jugement. Le professeur est un alcoolique, le fils du gendarme, la victime, est un ange.Il aurait été trop lent pour ranger ses affaires et s'il s'agissait d'un refus de ranger ses affaires ou d'une provocation, donc faute disciplinaire pour le collégien comme pour le prof. Curieux, c'est toujours la faute du collégien qui précède la faute du prof. Étais-ce la première fois? Idem pour la gifle, elle est précédée d'une injure. Aucun acharnement du Prof n'est relevé contre le collégien, ce qui n'est pas le cas du gendarme à l'égard du Prof. Au sujet de la procédure judiciaire pénale distincte de la procédure disciplinaire du collège, elle aurait pu porter sur l'injure proféré par le collégien, mais pas de plainte du prof. Par contre, la procédure pénale porte sur la gifle, précédé d'un plaquage au mur, un fait obtenu par un aveu? ou par des témoignages précis et concordants? Or, ni le plaquage au mur, ni la gifle n'ont fait l'objet d'un certificat médical attestant d'une incapacité de travail. Dans ces conditions, il n'y avait pas de motif à ouvrir un procédure judiciaire pénale. Le droit commun pour altercation avec violences physiques relève du Tribunal de Police pour une incapacité de travail de moins de 5 jours mais, il n'y a pas eu d'incapacité de travail. Et c''est en Correctionnel, que le Prof été condamné, sur le fondement d'une Loi Sarkozy-Dati sécuritaire répressive de 2007, qui ne visait pas ce type de fait. Le professeur a refusé de plaider coupable et ses avocats on demandé la relaxe. Mais les avocat ont -ils recherché le vice de forme contestant la compétence du Tribunal Correctionnel? Enfin, rappelons qu'en matière judiciaire pénale, c'est le Procureur de la République qui a le pouvoir d'engager les poursuites selon le principe qu'il lui apparteint d'en décider de l'OPPORTUNITÉ. De ce fait, cette affaire prend donc une tournure politique, compte tenu de la Médiatisation de cette affaire, le Procureur de la République a exécuté les instructions du Ministre de la Justice. Or, Madame Dati qui a donné son point de vue publiquement dans l'affaire de l'annulation d'un divorce pour non-virginité d'une jeune femme musulmane reste bien silencieuse. qui ne dit rien consent. Et Mr Darcos, Ministre de l'Éducation Nationale, a le devoir d'assurer la défense des enseignants, dès lors que la faute commise par le prof, n'est pas détachable de sa fonction d'enseignant, ce qui met en cause la responsabilité du collège et pas celle individuelle du prof. pour les dysfonctionnement du Collège.
J'ai essayé, dans la mesure du possible, de présenter la version la plus équilibrée et la plus ''soft'' possible de l'affaire. Je ne pense pas du tout avoir eu la tentation de ''charger '' José Laboureur. Cela aurait été pour le moins paradoxal en l'occurrence alors que Maître Lec ( l'un des deux avocats du professeur ) est à la fois l'un de mes amis et co-auteur avec moi de l'ouvrage paru il y a un an chez Fayard ( "Histoires vraies des violences à l'école" ). En réponse à certaines questions, je peux préciser que l'élève a été présenté comme un élève chétif, solitaire, récoltant de nombreuses bonnes notes, et nullement ''récidiviste'' ( dans une classe ''tranquille'', d'un collège ''tranquille" ). Enfin, je ne m'étais nullement permis de reprendre certaines déclarations du procureur ( telles que celle, parue dans le ''Monde" du 15 août , indiquant qu'entre 1999 et 2001 la première épouse du professeur avait déposé trois plaintes contre lui pour des actes de violence ).
« Et Mr Darcos, Ministre de l'Éducation Nationale, a le devoir d'assurer la défense des enseignants, dès lors que la faute commise par le prof, n'est pas détachable de sa fonction d'enseignant, ce qui met en cause la responsabilité du collège et pas celle individuelle du prof. pour les dysfonctionnement du Collège. »
Je comprends mal ces affirmations : pour quelle raison le ministre de tutelle d'un fonctionnaire devrait-il assurer la défense de celui-ci dès lors qu'il est présumé coupable d'une infraction à la loi pénale, en l'occurrence des violences volontaires aggravées, faits prévus et réprimés par l'article 222-13 du Code pénal et punis de sept années d'emprisonnement et de 100.000 euros d'amende [voir le billet de Maître Eolas déjà évoqué supra] ?
Et en quoi la responsabilité de l'établissement scolaire serait-elle engagée par une perte manifeste de contrôle d'un de ses enseignants, face à un élève isolé auteur d'une simple "violence verbale", d'une douzaine d'années seulement, sans qu'ait jamais été évoquée la moindre existence d'une situation antérieure anormale dans ce cours, cette classe ou ce collège, qui permettrait de mettre en avant une responsabilité institutionnelle particulière ?
Je précise — afin de lever toute ambiguïté concernant l'endroit "d'où je parle" — que je suis moi-même professeur dans le second degré depuis trente-quatre ans, et que j'ai toujours exercé "à la base" dans le premier cycle (actuels "collèges"), et dans des zones suburbaines peu favorisées. Je ne me sentirai jamais solidaire d'un éducateur qui frappe un enfant — tout en pouvant bien sûr parfois comprendre pourquoi il le fait. Il ne peut selon moi être exonéré de sa responsabilité ni dispensé de sanction par le seul fait de la "difficulté des conditions d'exercice du métier", pas plus que, pour ce motif, un fonctionnaire de police ne saurait être exempté de poursuites en cas de violences délibérées, ni soutenu par son ministre de tutelle.
La loi du plus fort — ici celle du professeur indiscuté face au jeune enfant — ne saurait tenir lieu de cadre accepté, encore moins dans un établissement d'éducation que dans la rue, si le mot "éducation" a un sens. C'est l'absence de sanction pour l'adulte ayant enfreint la loi qui est la cause même de l'affaiblissement de cette loi aux yeux des jeunes. Ne pas sanctionner la violence commise par l'adulte éducateur, c'est provoquer cette violence chez l'adolescent, qui refusera alors — à juste titre — toute valeur à la loi, toute signification au mot "citoyenneté", et toute respectabilité à l'adulte.
Merci pour cet article une nouvelle fois intéressant. Une simple remarque : Michèle Houel n'est pas secrétaire du SNES, mais elle est secrétaire nationale du SNALC, qui n'est pas précisément minoritaire mais 2ème dans le secondaire, si j'en crois mes collègues du dit secondaire.
Toutes mes excuses pour cette erreur ( imputable à une agence de presse....) . Merci de l'avoir signalée. Il faut cependant se rappeler que le SNES ( comme le SNALC ), dès le début de l'affaire et jusqu'au procès a lancé une pétition de soutien au professeur qui a recueillie plusieurs dizaines de milliers de signature.
Merci, à C. Lelièvre pour les précisions sur le collégien qui seraient un bon élève. C'est donc la responsabilité du collège qui devrait être mis en cause pour son laxisme à l'égard d'un professeur qui semblerait avoir des problèmes personnels. En tout état de cause, le Conseil de discipline du collège a sanctionné le collégien, 3 jours d'exclusion. Aucune procédure disciplinaire n'a été engagée par le collège et l'inspection académique contre le Professeur fautif. Merci aussi ,pour les indications sur le réquisitoire publiés dans le Monde le 15 août (sic). La question que je me pose, porte sur le départ de la procédure pénale, plainte à la gendarmerie, au Procureur ou constitution de partie civile, sur le motif de l'intrusion en uniforme dans le collège du gendarme et son grade, sur le fondement d'une garde à vue, puis de l'ouverture d'une procédure pénale dans une affaire où il n'existe pas de certificat médical d'incapacité de travail. Peut-être qu'une copie du jugement nous apporterait quelques précisions sur la procédure suivies et la stratégie de l'avocat qui ne semble pas avoir envisagé de rechercher un vice de forme, ce qui est l'ABC d'une procédure judiciaire.
Je me suis reporté à nouveau au commentaire judiciaire d'EOLAS, du 1er février 2008, au MONDE.fr du 13 août 2008 et au MONDE du 15 août 2008. JL Cassel, Professeur de collège depuis 34 ans, ne retient du commentaire d'EOLAS que l'art. 222-13 pour se désolidariser de la faute commise par un collègue? Elle fait l'impasse sur les autres fautes du gendarme et minimise la faute du collégien qui n'aurai commis qu'<>. Elle n'est probablement pas juriste en ignorant la responsabilité du Collège, indépendante de celle du Prof mis en cause. Cette décision judiciaire de principe, prise dans le cadre d'une loi (sécuritaire liberticide) du 5 mars 2007, relative à la prévention de la délinquance, ne visait pas les violences des enseignants.Elle ne s'appliquait donc pas au cas particulier qui nous intéresse. Il serait souhaitable que cette affaire fasse l'objet d'un appel et le cas échéant d'une décision de la Cour de Cassation. Au sujet des sources, Le Monde.fr du 13 août, précise: dépêche AFP-Reuters, c'est à dire un copier coller du jugement, lui même copier coller du rapport de la garde à vue. <>. En garde à vue qui pose les questions? qui rédige les procès verbaux qui ne sont pas neutres, en l'absence d'un avocat? le gendarme est un officier de police judiciaire qui est donc juge et partie (ou son collègue par solidarité de corps). Nous ne savons rien sur le grade du père du collégien, mais la garde à vue ne peut s'effectuer qu'avec l'accord du Procureur de la République à la demande du gendarme, sur la base d'une plainte rédigée par le gendarme (à un autre quidam les gendarmes auraient refusé d'enregistrer la plainte et au mieux elle aurait fait l'objet d'une main courante). <> (au moment des faits était-il sous l'emprise de l'alcool?) Le Monde du 15 août, nous dit: <>. Il ne faut pas confondre, plaintes et condamnations par un tribunal pour violences, qui entraineraient une condamnation pour récidive, ce qui n'est pas le cas. Le PROC n'avait pas à faire état à l'audience publique des indications ne figurant pas au casier judiciaire. C'est le rôle du Président d'énoncer l'audience publique les condamnations antérieures et généralement le PROC s'en remet à la sagesse du Tribunal. Le parti-pris du PROC pourrait avoir pour origine que le père du collégien était gendarme.Il me semble que les quelques minutes de violences du Prof en classe à l'égard du fils d'un gendarme et la violence que représente une interpellation à domicile avec une garde à vue de 24 heures, il n' y a pas photo. Dans un État de Droit, comme l'indique EOLAS , toutes les fautes doivent être sanctionnées, celles du Prof, mais aussi celle du père gendarme qui pénètre en uniforme dans un collège et celle du collégien. Effectivement, il ne s'agir pas que dune simple gifle n'ayant pas entrainé d'incapacité de travail, mais aussi d'un abus de pouvoir et d'un détournement de procédure qui peut à juste titre traumatisé le Prof. Ce qui n'a pas été le cas du fils du gendarme. Sur le plan du collège, la faute du collégien a été sanctionné de 3 jours d'exclusion par une décision du Conseil de Discipline. Est-ce que le PROF a fait l'objet d'une enquête administrative de l'Inspection de l'Éducation Nationale et d'une sanction? Nous sommes en présence de deux versions celle d'un gendarme suivi par la Justice qui a condamné le Prof et celle de l'Éducation nationale qui ne la pas sanctionné. En tout état de cause, le fils du gendarme, selon EOLAS, sur le plan disciplinaire : << en insultant son professeur, il a incontestablement commis une faute, et d'une gravité telle qu'elle justifie que soient prononcée, non une simple punition>> ce qui fut fait. Sur le plan pénal, EOLAS nous dit: que le fils du gendarme <
rectificatif, les citations entre guillemets sont systématiquement effacées: JP Cassel: un élève isolé auteur d'une simple violence verbale - Le Monde.fr du 13 août: Après une plainte du père gendarme, le Prof a été interpelé à son domicile et placé en garde à vue 24 heures - Au cours de son audition, il a reconnu et regretté les faits, et admis une dépendance à l'alcool (quel degré d'alcoolémie au moment des faits ?)- Le Monde du 15 août: Très bien noté par sa hiérarchie, le professeur souffrait de troubles du comportement. Le Procureur avait rappelé qu'entre 1999 2001 sa première épouse avait déposé 3 plaintes (avant un divorce, mais pas de condamnation) - Sur le plan disciplinaire, en insultant son professeur, le collégien a incontestablement commis une faute, et d'une gravité telle qu'elle justifiait que des sanctions soient prises, non une simple punition. Il y a eu une sanction du Conseil de Discipline de 3 jours d'exclusion. - Sur le plan pénal, EOLAS dit: pour avoir par parole de nature à porter atteinte à sa dignité (celle du prof) ou au respect dû à ses fonctions, OUTRAGÉ son professeur, personne chargée d'une mission du service public, ce galopin a commis le DÉLIT d'OUTRAGE prévu par l'article 433-5 du code pénal, aggravé par cette circonstance que les faits ce sont produits dans un établissements scolaire, DÉLIT puni de 6 mois d'emprisonnement et 7500 euros d'amendes. Encore heureux qu'il ne s'agit pas de peines planchers. J.P Cassel n'auriez-vous pas une prise de position sélective et partiale en vous référant à EOLAS, art. 222-13 sans peréciser qu'elle ne concerne pas les enseignants mais les élèves? L'autorité des gendarmes, bénéficie aussi de dispositions du code pénal sur l'OUTRAGE ou la RÉBELLION et il ne s'en prive pas pour engager des poursuites judiciaires pénales. Le père GENDARME, n'admet pas que son fils, mineur, a commis le délit d'OUTRAGE à son Prof., mais procédurier, il dépose plainte pour violences aggravées contre le Prof. Cette procédure abusive d'un gendarme interpellation à domicile et garde à vue de 24 heures, le réquisitoire violent du procureur, et la condamnation en correctionnel d'un prof sur le fondement d'une loi ne visant pas les enseignants constitue une lourde menace pour les liberté publiques dans un contexte sécuritaire Répressifs, et où se multiplie à l'infini des fichiers plus ou moins légaux au regard de la Loi Informatiques et libertés. Le fichier sur les plaintes uilisé par le Procureur en audience publique, en constitue un exemple frappant. On est bien loin, d'un jugement CLÉMENT, comme l'estime l'avocat du Prof, en précisant dans le contexte actuel et du tour pris par ce dossier. Oui, il faut s'indigner d'une telle dérive liberticide.
Le professeur s'est emporté contre l'élève suite à son incivilité. Les incivilités des élèves sont intolérables dans un établissement scolaire. C'est à la direction de l'établissement de les résoudre, mais elle n'a jamais été à la hauteur de ses responsabilité pour répondre aux problèmes posés par les élèves.. Et si le prof avait des problèmes personnels, qu'il n'arrivait pas à maitriser c'était aussi à l'administration de lui apporter les aides et soutiens nécessaires, pour lui permetre de passer ce cap difficile, ce qui ne fut pas fait. C'est l'administration scolaire qui porte en premier les responsabilités de ces évèenements. Quand au gendarme, père de ce garçon, sa responsabilité éducative et paternelle est la première en cause. Jamais son fils n'aurait du se permettre un tel comportement, au contraire, un fils de gendarme doit être exemplaire. Le gendarme se repentira, peut-être un peu tard de sa faiblesse envers son fils . J.C professeur Honoraire
"Un fils de gendarme doit etre exemplaire"! C'est trop dur, les gendarmes ne devraient pas avoir de fils...
Seul doit être exemplaire le détenteur de l'autorité (cf. supra, 15/08/2008 22:42 Par aaaa; 16/08/2008 16:47 Par jlcassel). Postuler cette vertu chez l'élève, c'est renverser le monde.
José Laboureur a décidé finalement de ne pas faire appel de la décision du tribunal qui l'a condamné à 500 euros d'amende. Dans un communiqué, ses avocats ( le bâtonnier Francis Lec et Me Jean-Marc Villesèche ) expliquent cette décision en faisant valoir que " épuisé par son combat judiciare, M.Laboureur a décidé de ne pas interjeter appel" et précisent que leur client, dont la santé s'est altérée durant ces derniers mois " ne souhaite pas s'épuiser dans un nouveau combat judiciaire".
Je me rappelle de l'époque où les enseignants cognaient en toute impunité...sans parler des sévices sexuels. Heureusement que ce temps-là est révolu. Il y a quand même d'autres moyens de se défouler de ses frustrations.
Et ça ne coûte aux rancuniers de l'école que neuf euros par mois, ce serait dommage de s'en priver...
Le poète et ses paroles s'envolent, les aigris restent.
Forcément, vous n'expliquez pas comment vous vous êtes fait rebrancher gratuitement...
Rassurez-vous, le réveillon arrive, je vais pouvoir me griser en bonne compagnie, c'est-à-dire loin des caïds qui font la loi sur mediapart...
Y venir espérant y trouver un outil permettant de battre Sarkozy en 2012 et devoir subir cette engeance, non merci !
Quand à mon retour provisoire, c'est comme les coins à truffes, mon bon ! Cherchez donc !