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Des «Etats généraux» de la sécurité à l'école?

Oui, si ces «Etats généraux» peuvent commencer par la rédaction de «cahiers de doléances» de tous les intéressés ; et se poursuivre par une «révolution copernicienne» dans le traitement du problème.

 

Cela débute certes par une proposition du ministre de l’Education nationale quelque peu limitée (même si les protagonistes envisagés ne sont nullement négligeables ) à savoir que " les représentants des collectivités locales, les sociologues, l’ Observatoire de la violence à l’école puissent plancher avec un peu de recul sur la question de la violence à l’école ".

 

On pourrait en effet d’abord songer, puisque des " Etats généraux sur la sécurité à l’école " sont annoncés, à la rédaction de " Cahiers de doléances " dans les établissements dits ‘’sensibles’’, avec le concours des principaux intéressés ( les parents d’élèves, et les élèves eux-mêmes pour les plus âgés ; les enseignants; les équipes administratives et éducatives ).

Ce pourrait être aussi l’occasion de réfléchir aux dérogations ( quantitatives et qualitatives ) nécessaires pour ce qui concerne les nominations et les conditions d’exercice dans ces mêmes établissements, si l’on veut effectivement avoir une chance de faire face dans des conceptions acceptables. C’est d’ailleurs ce qu’avait en son temps proposé la commission Thélot. Mais sans que cela soit alors repris,  compte tenu de réticences voire d’oppositions à l’effet finalement convergent : " trop cher " pour le ministre de l’Education nationale François Fillon ; " trop risqué " pour certains syndicats particulièrement sensibles aux possibilités éventuelles de ‘’dérégulation généralisée’’.

 

Mais il ne faudrait pas non plus que ces " Etats généraux " ( et la rédaction de " Cahiers de doléance " ) soient limités aux établissements dits ‘’sensibles’’ sous peine d’entériner une représentation commune mais fausse, à savoir que les violences scolaires seraient à la ‘’marge’’ de l’Ecole et le fait de ‘’marginaux.’’

Toute l’enquête historique que j’ai menée pour le livre paru chez Fayard en 2007 ( " Histoires vraies des violences à l’Ecole ", écrit en collaboration avec maître Francis Lec, avocat-conseil national de la "Fédération des Autonomes de Solidarité laïque" ) montre que la violence scolaire date de longtemps, et qu’elle a été présente toujours et partout ( y compris dans les établissements les plus huppés ), même si elle peut prendre des formes et des intensités quelque peu variables dans le temps et selon les secteurs scolaires, et surtout des fréquences diverses ( mais nettement moins qu’on le croit trop souvent ). Et cela est amplement confirmé, de nos jours, par les enquêtes dites de ‘’victimation’’ menées par différents sociologues. Tous les protagonistes de l’Ecole sont concernés, même si tous ne sont pas touchés, ou de la même façon.

 

Ces " Etats généraux de la sécurité à l’école " pourraient donc être – devraient être – l’occasion d'une véritable " révolution copernicienne " dans l’appréhension et le traitement du problème de la violence à l’Ecole. Un problème non pas à la ‘’marge’’ ou le fait de ’’marginaux’’, mais ‘’central’’, par delà les dénégations séculaires de l’institution scolaire. Peut-on enfin le poser ouvertement, en toute connaissance de cause, et ‘’collectivement ‘’ ( ce qui est une condition sine qua non pour que la violence scolaire soit non pas ‘’éradiquée’’ – tâche sans doute impossible – mais maîtrisée au mieux, et au moins limitée ).

 

Et je me permettrai de finir ce billet ( une fois n’est pas coutume ) par un long extrait du dernier chapitre de mon dernier livre.

" Il s’agit de progresser dans les sécurisations effectives, de sécuriser. Et surtout pas de son contraire : jouer – à bon compte – le jeu des peurs, des angoisses voire des fantasmes.

Il est bien sûr plus facile d’annoncer des aggravations de peines maximum pour les uns ou pour les autres ( dans une politique sécuritaire faite d’annonces hyperboliques qui ne concernent au mieux que les plus marginaux et l’extrême marge du système éducatif en réalité ) plutôt que d’agir avec la modestie et la rigueur d’une politique effective de sécurisation pour tous ( les cas les plus ordinaires - nombreux, mais généralement sous-estimés - devant être traités avec la considération due aux victimes et avec la justesse nécessaire pour que ce soit efficace auprès des coupables ), ce qui demande du temps, de l’information et de la formation, de l’écoute des uns et des autres, et donc des moyens humains et matériels en nette augmentation : un coût plus élevé.

Il est plus facile également de lancer des mots d’ordre péremptoires et hyperboliques du genre " tolérance zéro " que de mettre en œuvre, pour l’ensemble des personnels de l’Ecole, une ample formation initiale et continue à la prévention et à la gestion des conflits. Il est plus facile enfin de disserter sur un retour au " sanctuaire scolaire " qui n’a jamais existé, plutôt que de partir de la réalité et de la généralité ( dans le temps et dans l’espace ) de la violence à l’Ecole et de mettre en place un réseau dense de personnes chargées spécifiquement de prendre en charge les victimes .

En tout état de cause, il faut en finir avec la ‘’loi du silence’’ ( et son corollaire, le sentiment de ‘’honte’’ ) qui isole, affaiblit, fait retomber sur chacun ( dans la solitude ) ce qui devrait être assumé et traité ouvertement et collectivement par tous. Car c’est un phénomène qui vient de si loin et qui est en réalité si répandu qu’il est en quelque sorte très ordinaire ( sauf sous ses formes exacerbées ) : ce n’est pas une maladie contagieuse et encore moins honteuse.

Peut-on enfin parler librement et sans fausse pudeur ( ou fausse honte ) des violences à l’Ecole ? Peut-on enfin traiter de cela sans pathos ou arrogance d’une part, mais aussi sans gêne ou réticence d’autre part ? C’est tout le pari : contribuer à libérer un espace de parole pour que ce sujet soit enfin débattu et traité effectivement, ouvertement et collectivement, à hauteur d’homme.

 

Tous les commentaires

L'école doit-elle et peut-elle être un sanctuaire ?

Bravo, merci. J'aimerais tellement que l'on vous écoute en haut lieu, mais je ne les crois pas capables d'entendre.

la lutte contre les violences à l'école commence par la formation professionnelle des enseigannats et de ce point de vue la suppression de l'annnée de stages de formation est un acandale. Deuxièmement, cette lutte passe d'abord par le respect des marques de civilité dans les couloirs et les cours de recréation: pour ce faire il faudrait rétablir les personnels de surveillance adéquats et "correctement" payés, pas des gadgets du genre "médiateurs"! Enfin, là comme ailleurs, il faudrait que les professionnnels soient respectés par les usagers et non pas ménaacés à tout bout de champ de "procès" par les parents quand ce n'edst pas par les éléves eux-mêmes! Les récrémiantions-car les enseignants ne sont pas parfaits non plus- devraient passer par les chefs d'établissement qui comme autrefois étaient capables de trier le bon grain de l'ivraie ''(aussi bien du coté des profs que des parents).

Enfin, il faudrait que les profs soient payés décemment et ne soient pas considérés par certains parents et certains de leurs étudiants comme des "pauvres" types dans les deux sens du terme!

Pour une fois, je ne suis pas d'accord avec vous: la violence, selon moi, ce n'est pas seulement quelques cas isolés qui font la une des médias.

C'est d'abord, dans le plus grand silence, le repli frileux de l'institution qui cache sa misère, avec la généralisation des classes de niveau, sous couvert d'options (classes bilangues, européennes... ). Des élèves, avec la montée de la misère de ce pays, de plus en plus mal orientés, et parfois abîmés. Et, partout, des classes de plus en plus chargées, la première des violences au quotidien: celle qui retire toute confiance.

Des établissements où les élèves sont en moins en moins entourés et encadrés d'adultes, d'adultes jeunes en particulier, vous savez ces surveillants qui faisait le lien entre les ados et les adultes. .. Les caméras ne remplacent pas les êtres humains... Ni de hautes grilles...

Si nous ne sommes pas "pour une fois d'accord" c'est sans doute sur la base d'un malentendu, car, moi aussi, je n'ai pas particulièrement en tête "les quelques cas isolés qui font la une des médias"( mais je les ai aussi; ainsi que beaucoup d'autres moins ''spectaculaires'' mais qui peuvent ''pourrir la vie'' de bien des élèves et d'enseignants en particulier; et depuis longtemps, très longtemps, le plus souvent dans la dénégation persistante de l'institution scolaire).

Des zétats généraux de la violence qu'il a dit?? Et puis quoi? Sans être devin, rien, il n'y aura que du bruit, de l'agitation, des "mesurettes", du vent.  

 

On a l'école de la société dans laquelle on vit -hélas!-: les inégalités sociales sont reproduites (quoiqu'on en dise et malgré la conscience professionnelle et le dévouement des enseignants), la violence y règne, le découragement s'amplifie,... Là comme ailleurs, la casse des Services publics fait son oeuvre. La privatisation avance sournoisement.

 

Puis-je rappeler - en toute modestie - que les investigations historiques que j'ai menées sur le sujet ( après quelques autres qui vont dans le même sens ), ont montré que les violences à l'Ecole ont été présentes aussi dans le passé (même lointain ), et dans des établissements scolaires très ''huppés''. Ce que vous avancez, Végane, est sans aucun doute digne de la plus grande attention; mais c'est loin aussi d'épuiser le sujet. 

Monsieur Lelièvre,

Effectivement, vous avez raison, la violence à l'école n'est certes pas un phénomène nouveau. Cependant, -et de nombreuses études sérieuses le prouvent- elle s'accroît avec l'augmentation des inégalités sociales et des problèmes de société: chômage, précarité. La suppression de tous ces postes d'enseignants et d'accompagnateurs dans les établissements ne fait qu'aggraver cette violence. Et une nouvelle commission, sous-commission ou réunion d'experts ne changera pas la donne. L'école n'a pas -et encore moins que précédemment- les moyens HUMAINS de remplir sa mission émancipatrice des jeunes. Le blablabla de Chatel-Sarkozy n'y changera rien: Avec ce gouvernement réactionnaire, en ce qui concerne l'école, ce sont des réformes économiques sans aucun doute, mais surtout, et c'est beaucoup plus grave encore, ce sont des réformes idéologiques.

 

Si UN SEUL JOUR, TOUS LES PARENTS, refusaient d'envoyer leurs enfants à l'école en signe de désaccord avec la manière dont est traitée l'éducation, cela ferait un peu de POIDS dans la balance.

Est-ce UTOPIQUE ? Il s'agit de savoir ce que nous voulons pour nos enfants...

ECOLE MORTE-DESERTE MASSIVEMENT UN JOUR ENTIER DANS TOUT LE PAYS.

Alors comment l'organiser ? Trouver les solutions : voisins, amis, aides, pour les familles qui ne peuvent absolument pas prendre un seul jour de congé...De la solidarité...( Aïe!)

Est-ce si difficile ? Et puis comme me l'a suggérer une amie ce matin, IL FAUDRAIT POUVOIR COMPTABILISER LES FAMILLES QUI VONT SOUTENIR LA GREVE DE DEMAIN en n'envoyant pas leurs enfants en cours ? Et faire connaître les chiffres à la PRESSE pour que l'on sache que nous PARENTS nous ne subissons pas la grève, nous la FERONS AVEC LES ENSEIGNANTS DEMAIN !

La violence à l'école est un faux problème, un vieux truc à la veille des élections. Il y a beaucoup moins de violence dans les établissements de l'Education nationale que dans l'ensemble de la société. Pourquoi pas des états généraux sur la violence à la banque, la violence au supermarché, la violence au commissariat (tiens, ce serait une bonne idée). Mais la baisse de la motivation à l'école, ça oui c'est un vrai problème. Pas besoin d'états généraux pour trouver la solution, on connait la cause: baisse des effectifs d'enseignants et d'encadrants.

+1

ce n'est pas très original, ce que j'ai à dire.

La violence physique à l'école,  ça fait trente ans maintenant.

Pendant longtemps, il était preferable  de ne pas "faire remonter" les infos ;  tout va bien, on gère dans les établissements ;  des cas isolés  ne seraient le fait que de quelques profs incompétents chahutés. Mais au fil du temps, la violence diffuse partout et... les médias s'y collent.

ça fait mauvais effet pour l'Institution. 

Si on prenait le problème par la drogue, la drogue aux portes des lycées ?

Dans les"quartiers" la drogue c'est la seule économie qui marche bien !  Sauf que :  le Business est violent et  le crime en fait partie. Les petits, à l'âge de 2 ans ils voient déja des grands frêres entrer et sortir de prison ;  à 8 ans, ils peuvent commencer à être briefés pour gagner un peu d'argent. Normal, sympa. C'est solidaire, une cité. En même temps ils vont à l'école, mais ça fait longtemps qu'ils n'ont plus la même grille d'analyse que les programmes scolaires. La différence est  consommée. Copains de classe  dealers,   copains de classe clients. Tu consommes, tu payes. Tu ne peux plus payer mais tu veux continuer à consommer ? tu deales...viens  je vais t'apprendre comme c'est facile. Balance, gare ta g. à la récré.

La question de la drogue, ça révele bien l 'hypocrisie sociale.

c'est interdit mais tout le monde en prend, ma concierge comme mon directeur,  les gosses comme les flics, les pauvres comme les riches, les chômeurs comme les traders.  Le Commissaire de police du quartier fait des acrobaties pour que tout ça ait l'air  "dans l'axe du Bien", mais  par moment il a quand même l'impression qu'on se fout de sa g...

La drogue aux portes des lycées, mourir à 16 ans, qu'en pensez-vous, très chers  parlementaires?

Allons, allons, parlons des vrais problémes, le pouvoir d'achat des Français, la crise, le climat, la formation des maîtres, le manque de surveillants.

 

 

Je pense, comme Claude Lelièvre, qu'il faut plonger loin en arrière pour retrouver les sources de la violence scolaire. Sans épuiser la question je mettrai l'accent sur deux données que je crois essentielles et qui remontent aux origines de l'école républicaine dans les années 1880: l'idéologie d'une élite de l'esprit produite par l'enseignement secondaire et le fonctionnement de l'école bridée dans le carcan d'une administration et d'une hiérarchie napoléoniennes. Ce dernier point et ses aberrations ont été soulignés dans les témoignages publiés hier par Libération (notamment celui d'un prof dans un collège ambition réussite -"on a construit une usine à gaz", par la superposition aberrante de nouveaux dispositifs parachutés d'en haut. Ce matin sur France culture, Sophie Ernst a également fait allusion au poids nocif de la "technostructure".

 

jJai développé ces deux points dans l'épilogue de l'édition 2008 du Mythe national (j'y parle aussi des prisons et des bagnes d'enfants dénoncés par Georges Darien et Albert Londres) Je me permets d'en donner quelques extraits qui concernent le système scolaire

 

Les fiascos de l’État républicain
J’ai, dans ce livre, souligné quelques traits de la culture politique mise en place par la Troisième République. Ancrée dans une Révolution célébrée comme un « bloc », la culture républicaine entrecroise un idéal des droits de l’homme avec un universel abstrait négateur des singularités . La République confondue avec l’État, parce que les républicains en avaient pris le contrôle, s’est glissée dans une administration napoléonienne, centralisée, hiérarchisée et cloisonnée sans prise sur les réalités complexes du terrain et qui ne défend pas suffisamment les faibles.
Mon propos semblera choquant, sacrilège, mais n’est-il pas cautionné par le fait, rappelé dans ce livre, qu’après Vichy l’idéologie républicaine n’a pas été mise à plat et que le fonctionnement de l’État est demeuré intact (...)

D’où viennent la pérennité ou la perpétuelle reproduction de ces institutions inhumaines, bureaucratiquement répressives, militaires ou civiles, où le pouvoir d’un « supérieur » déshabille l’autre de sa personnalité, où l’exécution de règles abstraites est un déni d’humanité. Les « camps de concentration français » de la première guerre mondiale, les « camps de la honte » d’avant Vichy , les centres de rétention d’aujourd’hui, de quel mal spécifiquement français sont-ils les témoins ? N’y a-t-il pas là, dans la République, ces « séquelles de L’État monarchique » jamais vraiment balayées ?
Dans l’échec du système scolaire « républicain », le problème des contenus, évoqué dans la préface, n’est pas seul en cause. Certes les conditions matérielles peuvent également jouer, mais quelque chose de plus profond dans le fonctionnement du système émousse ou stérilise, chez certains enseignants, le regard qui donne confiance, le souci de ne pas rabaisser. Qui n’a pas rencontré, pour lui-même ou comme parent, la surdité ou l’inadvertance d’un professeur qui, ligoté dans le système, « enfonce » l’élève dans la mésestime de soi?


L’élitisme républicain et l’ « ascenseur social »
Lorsque dans les banlieues en difficulté, les adolescents réclament du « respect » comme quelque chose qui ne leur serait pas accordé, il me semble que cette revendication masque, à côté d’autres causes, l’hypocrisie secrète de notre société. Chez les Pères de la République l’inscription aux frontons des mairies de la devise « liberté, égalité, fraternité » coïncidait explicitement avec une représentation dualiste des compétences humaines et des métiers. Dans la société qu’ils entendaient construire, une « aristocratie de l’esprit » formée par l’enseignement secondaire devait se substituer à l’aristocratie de naissance et la démocratie s’accomplirait par l’ouverture de l’élite à une fraction plus large de la nation. Ferdinand Buisson, le premier directeur de l’enseignement primaire, opposait « les aptitudes pratiques qui font l’ouvrier » et « les aptitudes intellectuelles qui font l’homme » (...) L'enseignement secondaire Napoléon l’avait voulu ainsi, était la pépinière des cadres de la nation . Quelques boursiers méritants, issus du primaire, venaient s’asseoir au lycée aux côtés des héritiers.
Aujourd’hui un enseignement secondaire généralisé, mais non repensé dans sa vocation originelle, est devenu une machine perverse de sélection par élimination. L’idéologie dualiste qui infériorise les métiers physiques ou manuels inspire une dynamique sociale dont l’objet, depuis la troisième République, est de « monter» dans la société. S’y ajoute le « gagner plus » pour « consommer » plus. Les décrocheurs du système scolaire, sans pouvoir vraiment l’analyser, sont à la fois infériorisés par le système scolaire qui les a (ou dont ils se sont ) exclus, par le statut inférieur des métiers « sales » ou non qualifiés particulièrement mal payés en France, les seuls cependant auxquels ils peuvent prétendre si l’offre s’en présente. Et comme à cette quadruple exclusion de l’école, du travail noble, de l’argent, de tout travail se superpose le plus souvent la différence de couleur de peau et l’abus des contrôles au faciès, la relégation aux marges de la société coïncide le plus souvent avec une relégation ethnique (...)

  C'est bien de prendre le Ministre au mot , de rappeler que la Commission Thélot avait déjà préconisé des solutions qui n'ont pas été suivies d'effet et que ce n'est pas en hurlant au sécuritaire que les choses changeront .

+ 1

En ajoutant cet extrait du livre précité:

(...) "surtout pas(...) jouer – à bon compte – le jeu des peurs, des angoisses voire des fantasmes."

Oui, Velveth! Et c'est là toute la difficulté. Mais il faut le faire. Sous peine de laisser croire que la droite s'occupe de ce problème ( ce qu'elle ne fait pas, en réalité, sinon - précisément - "à la marge" en sigmatisant des "marginaux'' ). Mais se contenter de dénoncer cela ( et des manoeuvres politiques et électorales ), comme c'est trop souvent le cas, n'est pas à la hauteur du problème; et cette insuffisance pèse de façon réccurrente.

Sur le sujet, un échange intéressant hier matin sur France Culture.

 

Sauf que l'école ne peut être que représentative de la société dont elle a en charge l'avenir et ne saurait de toute façon s'en extraire sous peine de fossilisation.

Notre école est donc malade de la désespérance et de la violence en quoi consiste le capitalisme, mais elle est aussi malade d'avoir été trop longtemps déconnectée des réalités qui la rattrapent aujourd'hui.

 

C'est bien pourquoi l'éducation est le sujet politique par excellence, en réalité l'objet essentiel du politique.

 

Encore conviendrait-il que cela soit pleinement assumé (à gauche), c'est à dire que le traitement des questions économiques et sociales, aussi aigues soient-elles, soit indexé au traitement de la question éducative et non pas le contraire comme c'est hélas toujours le cas. Tant en ce qui concerne les finalités que les questions d'intendance.

 

Il y a donc bien lieu en effet de se saisir du dossier, est-on prêt à assumer la totalité des aboutissants d'une saisie authentiquement ambitieuse au droit des intérêts des enfants ?

Je ne le pense pas.

Aucune des parties en présence ne m'y semble prête, ce serait faire oeuvre révolutionnaire. 

Et il y a encore trop de peurs et pas assez de lucidité pour cela.

 

Et quand sera mise sur le tapis cette question : "Le voile bientôt sur internet ?", qui devrait pourtant elle aussi obséder aujourd'hui tous les éducateurs ?

Voir également les travaux de B. Stiegler. 

 

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