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Quid des devoirs interdits ?
S’inquiète-t-on vraiment de ce qu’ils doivent être, alors même qu’ils sont - en principe - interdits depuis longtemps ( du moins à l’écrit ) à l'école primaire ?
Une enquête récente menée dans l’enseignement primaire par le professeur Patrick Rayou a fait apparaître que l’on donne avant tout du travail à la maison parce que c’est l’usage, ou parce que certains parents d’élèves en réclament. Mais les objectifs précis de cette pratique semblent faire l’objet de peu d’interrogations. Une autre enquête, celle de Florent Begog, datant de 2002, a montré que la forme du travail demandé à la maison évolue au fil des classes . La lecture, majoritaire au CP, est complétée dès le CE1 par des tâches écrites qui se diversifient en CE2 ( à savoir opérations, grammaire , vocabulaire ). Et cela aboutit en CM2 à des travaux écrits tels que des rédactions écrites, voire des préparations d’exposés. Cette enquête a établi que plus de la moitié des enseignants du primaire donnent des devoirs écrits. Or ils sont pourtant formellement interdits depuis longtemps.
Une circulaire ministérielle datant du 29 décembre 1956 souligne que " six heures de classe bien employées constituent un maximum au-delà duquel un supplément de travail soutenu ne peut qu’apporter une fatigue préjudiciable à la santé physique et à l’équilibre nerveux des enfants. Enfin, le travail écrit, fait hors de la présence du maître et dans des conditions matérielles et psychologiques souvent mauvaises, ne présente qu’un intérêt éducatif limité. En conséquence, aucun devoir écrit ne sera demandé aux élèves hors de la classe. Cette prescription a un caractère impératif".
Cette interdiction – en principe impérative - est réitérée plusieurs fois ; ce qui est un signe de son insuccès. Ainsi est-il prévu, en 1995, sous la houlette du ministre de l’Education nationale François Bayrou, qu’il y aura désormais deux heures hebdomadaires d’études dirigées incluses dans les horaires de classe. Et cela, afin, est-il dit, qu’" elles se substituent aux devoirs écrits à la maison, pour lutter contre les inégalités des situations familiales ", " les élèves n’ayant plus que des leçons à apprendre ". Mais tout cela restera, pour l’essentiel, lettre morte…
Que peut-on alors envisager ? Espérer, peut-être, que la raison puisse l’emporter un jour dans la mise en place de rythmes scolaires qui ne soient pas d’abord faits pour les adultes, mais qui soient de nature à optimiser les apprentissages des enfants. Avec, en particulier, des dispositifs d’aide aux leçons et aux devoirs assurés par l’institution scolaire elle-même, et non par les familles ou par des officines privées lucratives ( pour ceux qui peuvent se les payer ) ? En attendant, prendre acte que cela se fait malgré les interdictions répétées, et s’employer à ce que les enseignants choisissent mieux en connaissance de cause ce qu’ils demandent aux élèves en dehors de la classe ? Ils y ont été jusqu’ici peu préparés, parce que des instances officielles de formation ( voire d’inspection ) peuvent difficilement préparer à ce qui est officiellement interdit…


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C'est là pour beaucoup un des attraits du privé, où les parents retrouvent avec bonheur ce qui "a fait d'eux ce qu'ils sont"... (no more comment)
Car ces travaux à la maison :
- ou ils ne sont pas corrigés en classe (et cela ne sert donc à rien)
- ou ils le sont (remplaçant le travail normal de la classe).
Leurs seules utilités semblent donc être de faire avec nostalgie plaisir aux parents et grands-parents au détriment des intérêts physiologiques et pédagogiques des élèves, tout en les occupant à la maison le soir.
Et merchi qui ?
Une fois n'est pas coutume je ne suis pas absolument d'accord (partiellement si quand même) avec vous deux Claude Lelièvre et Cyrano.
Il me semble qu'en CP il est important de reprendre avec l'enfant ce qu'il a lu dans la journée. Ce n'est pas très long, c'est important comme forme de réinvestissement et c'est encore plus nécessaire sur le plan affectif : lire avec quelqu'un qui s'intéresse à vous valorise la lecture et donc cela favorise cet apprentissage si difficile qui m'émerveille toujours (j'admire les enseignants de CP, je ne sais pas si je serais capable de ce prodige).
Plus tard il n'est pas aberrant d'apprendre une poésie, de relire un texte, de préparer une dictée ou de refaire quelques opérations. Même idée de réactivation et aussi importance de montrer qu' un peu de travail à la maison complète ce qui s'est passé à l'école, préparation au collège donc.
Là où, bien sûr, je vous rejoins c'est sur la réflexion à mener concernant le genre de travaux à faire et le temps à y consacrer.
Bien sûr je sais que nombre de parents n'ont guère de temps mais il suffit de très peu d'instants passés ensemble à se pencher sur ce qu'a été la journée de l'enfant pour qu'il en tire bénéfice.
Et certes il y a le problème des parents analphabètes, je le connais et en mesure l'ampleur mais j'ai connu aussi des mamans (oui plutôt des mamans) qui tout en ne sachant pas lire demandaient à leurs enfants de réciter leurs leçons et ça marchait.
On parle ici de DEVOIRS, et non d'activités d'entretien.
Avec, en particulier, des dispositifs d’aide aux leçons et aux devoirs assurés par l’institution scolaire elle-même, et non par les familles ou par des officines privées lucratives ( pour ceux qui peuvent se les payer ) ?
Je ne comprends pas cette phrase. Soyez clair monsieur Lelièvre ! A vouloir rationaliser l'enseignement, je crois que vous oubliez le nécessaire apprentissage du gout et des fruits de l'effort. Apprendre une récitation n'a jamais fait de mal à un élève. J'ose le dire même d'un élève issu d'un milieu modeste. Cette circulaire que vous évoquez n'est pas respectée parce qu'elle est absurde. Qui parmi les lecteurs de ce journal en ligne n'a pas lu, écrit ou appris juste avant de se coucher quand il était enfant ? J'irais même plus loin. Si les enfants devaient tous les jours apprendre peut être auraient-ils moins de problèmes de concentration qui explique en grande partie la non maitrise des fondamentaux.
Je veux bien croire que le rythme des enfants soit respecté dans l'apprentissage. Mais enfin il ne faut pas exagérer non plus. Un enfant en 2010 n'est pas celui de 1890. Les scientifiques interviennent dans les classes aujourd'hui. Est-ce trop demander à un élève d'apprendre comment il est possible de s'apercevoir que la Terre est ronde ? Cette question comme d'autres ne répond elle pas au questionnement de l'enfant ? Si tel n'est pas le cas comme les multiplications ou les conversions par exemple que certains élèves doivent apprendre par cœur ne comprenant pas les processus du calcul, j'estime qu'il n'y a rien là de gênant. L'enfant comprendra plus tard. En clair, il apprend. Il suffit d'un rien pour qu'un déclic se produise.
Vous pouvez toujours m'objecter que le temps est largement dépassé pour comprendre la conversion du franc en euro chez certains adultes et que le "par cœur" à la maison ne sert strictement à rien et n'empêche pas de vivre. Pour mieux appréhender certaines matières peut être faudrait-il un peu d'histoire donc plus de cours et que l'on soit clair l'Ecole n'est pas une prison, c'est le paradis ! je ne suis pas sûr que les parents d'élèves ont leur place dans ce lieu ne serait-ce que pour éviter les inégalités.
On parle ici de DEVOIRS, et non d'activités d'entretien (bis).
Que disent précisément les spécialistes des rythmes scolaires quant à la journée de travail souhaitable pour les enfants ?
.
D'abord une clarification : Dans l'esprit de la loi, ce sont les devoirs écrits qui demandent une recherche qui sont interdits (ce qui exclu du graphisme, le dessin de la poésie ou même sa copie) : donc lectures, poésies, apprentissage des leçons et des tables ne sont pas proscrites (le "par cœur" a bien des vertus et plaît aux enfants)(cf mon billet
La circulaire du 29 décembre 1956 plus moderne que celles de Xavier Darcos)Toutefois, il faut leur donner les méthodes d'apprentissage et les varier. Beaucoup de parents ne peuvent pas offrir cela aux enfants.
Ensuite une déclaration que j'ai déjà faite quelque part sur Mediapart :
je donne des devoirs car, non seulement les parents les réclament mais ils sont pour eux l'étalon à partir duquel ils jugent un enseignants. Peu de devoirs, c'est un enseignant "cool" qui ne fait pas trop travailler ses élèves en classe, beaucoup de devoirs (et surtout parfois incompréhensible pour les parents) c'est un bon enseignant à "l'ancienne" qui est exigeant. Je donne donc des devoirs tous les soirs (quel temps perdu pour les copier en classe !), mais toujours « exécutable » seul par l'enfant ou tout au moins jamais d'exercice écrit.
J'ai remarqué qu'il se produit la même chose en début d'année : l'enseignant qui a une liste longue et précise est exigeant, celui qui ne demande rien, il faut s'en méfier. On retrouve cette logique marchande : ce qui coûte cher ou qui demande de la peine (voire de la souffrance, quand on connait les conflits enfants/ parents sur les devoirs) est bon, ce qui est gratuit est mauvais.
L'école libre, laïque et gratuite est nulle justement parce qu'elle est gratuite. Le sondage de la Croix en est la preuve : "la moitié des parents souhaiterait scolariser ses enfants dans le privé, dont ils ont une image très positive, même s'ils ne le trouvent pas encore accessible à tous, en particulier au niveau financier." L'école privée offre quelque chose que l'école gratuite n'offre pas un prix. Ce prix est une location : la location d'une certaine «hauteur" sociale de laquelle on ne peut tomber sans se sentir humilie, déclasser. Les écoles privées en jouent en exigeant des élèves et des parents ce que l'école publique ne peut obtenir. La première de ces exigences est celle de l'attitude : la famille (car c'est de cela qu'il s'agit) peut être exclue de l'école en cas de faux pas.
Il faut donc analyser la situation des écoles en termes de marché et là une conclusion est a tirée : il y a distorsion de concurrence entre le public et le privée. Les parents ne payent pas le juste prix de l'école (contrairement l'Italie, l'Angleterre ou les Etats-Unis) car les salaires et les frais de fonctionnement sont pris en charge par l'Etat et les communes. Il est temps de faire apparaître le vrai prix des écoles privées car, elles ont un coût social fort pour la nation : la ghettoïsation de notre société.
Exceptée une phrase (voir plus bas), bien d'accord avec vous.
Les parents ne sont séduits que par une apparence, une façade : peu de mixité sociale, exigences énormes, remplacements mieux assurés, discipline, accueil, tout cela majoritairement avec l'argent public sans ses contraintes d'accueillir au mieux et avec un budget peau de chagrin tous les enfants vivant en France.
Mais il ne faudrait quand même pas oublier l'essentiel dans ce magnifique gâteau bien rose : c'est le goût.
Ce qui compte, c'est ce qui se passe dans la tête d'un enfant dans sa formation intellectuelle, pas de savoir si son voisin de table s'appelle Boubacar ou Bachir, et s'il a la dernière playstation ou les pompes à la mode...
Manifestement, il y a de l'argent à gagner dans le démantèlement de l'Education nationale, de la petite école aux facultés, et le dépeçage a déjà commencé...
"Enfant, entends-tu le bling-bling des vautours sur ta tête..."
@ Sebastien
Vous êtes en pleine confusion idéologique lorsque vous écrivez
1)L'école libre, laïque et gratuite est nulle justement
parce qu'elle est gratuite. Le sondage de la Croix en est la preuve
: "la moitié des parents souhaiterait scolariser ses enfants
dans le privé, dont ils ont une image très positive, même s'ils ne le trouvent
pas encore accessible à tous, en particulier au niveau financier."
2 ) Il y a distorsion de concurrence entre le public et le privée. Les parents ne
payent pas le juste prix de l'école (contrairement l'Italie, l'Angleterre ou
les Etats-Unis) car les salaires et les frais de fonctionnement sont pris en
charge par l'Etat et les communes. Il est temps de faire apparaître le vrai
prix des écoles privées car, elles ont un coût social fort pour la nation : la
ghettoïsation de notre société.
a)L'école dite publique n'est pas "gratuite " ,elle est financée par les impôts du "secteur privé ,travailleurs ,patrons et actionnaires ".Ces impôts servant à payer les traitements et les retraites du corps enseignant...ce qui en passant prouve la transparence fiscale des enseignants (leurs impôts n'augmentent pas le volume global des impôts ).L'école publique est payante comme l'école dite à tort privé .
Les nuisances à l'image de l'école publique sont dues aux grèves à répétition des enseignants du public ,à leur immobilisme ,à leur corporatisme .
b) S' il y a distorsion de concurrence ,l'école qui en est victime serait l'école dite privé.En effet puisque vous affirmez que les " enfants de bourges " sont dans le privé ,les "bourges "ça paient des impôts sur le revenu pour que les enfants de"pauvres qui ne paient pas d'IR " puissent aller à la "communale " et une petite couche en plus pour financer les investissements et le chauffage des écoles privés . L'école privé aimerait bien bénéficier de la totalité des impôts de leurs clients ,du moins de la part affectée à l' EN .
Les clients de l'école privé paient plus que le "juste prix " (c'est quoi au juste cette notion ?) pour leurs enfants .
La balle est dans le camp des enseignants du public pour rendre l'école publique plus attractive .
elle est financée par les impôts du "secteur privé ,travailleurs ,patrons et actionnaires "
Ton insistance devient nauséabonde ! Comme déjà répondu sur d'autres fils, elle est également financée par les impôts des fonctionnaires, des professions libérales, des retraités, etc...
Tu n'es jamais qu'un malfaisant (et un abruti, qui fuit les questions directes sur tous les fils, avec des sophismes qui ne font illusion qu'à des gamins de huit ans un peu niais).
Basta cosi !
@ Cyrano
Evitez le tutoiement ,nous n'avons pas curé les fosses ensemble ,vous le faites tout seul...sans grand talent .
Ceci dit vous êtes un aboulique ...vous aviez annoncé votre départ de Mediapart et vous êtes toujours là ...Votre pseudo devrait être Tartarin de Savignac.
L'insulte et les attaques ad hominem sont tes seuls arguments quand tu n'as comme d'habitude rien à dire, pauvre type.
Aie parfois le courage de répondre, nous sommes nombreux à attendre que tu parles comme un homme (Marielle Billy et moi-même, bien avant, t'avons posé certaines questions : aurais-tu honte de toi-même ?).
"Peu de devoirs, c'est un enseignant "cool" qui ne
fait pas trop travailler ses élèves en classe"
Permettez-moi, cher collègue, de contester ce propos.
On peut très bien sur ce sujet respecter les Instructions officielles (après tout, nous sommes payés pour ça).
Il suffit, lors de la première réunion avec les parents d'élèves, de mettre les choses au point.
Nous ne sommes pas payés pour passer notre temps à un bureau ou pour passer le plus clair de notre temps à corriger les cahiers en classe.
Pendant les phases d'apprentissage, cela va même pour les élèves de CE2 et plus jusqu'à l'auto-correction avec contrôle du voisin et éventuel arbitrage par le maître : on n'a pas de temps à perdre (comme vous l'avouez d'ailleurs).
S'il y a des parents d'élèves qui souhaitent "compléter le travail d'un maître trop cool" à la maison, croyez bien qu'ils seront assez grands et tout contents de le faire, au grand détriment de leur enfant (certains le font en plus, même si vous, vous donnez du travail à la maison : au fait, vous ne le corrigez pas en classe ? oui ? non ?).
Maintenant, si vous pensez que les cahiers de vos élèves ne reflètent pas assez la quantité de travail qu'ils fournissent en classe, vous avez toujours (je l'ai fait parfois) la possibilité d'inviter un parent qui ne travaille pas (il y en a beaucoup hélas, et la race est loin de l'extinction) à accompagner vos travaux pendant une journée.
Le bouche-à-oreille fera le reste, même si certains sont aussi abrutis qu'alcyme.
Je ne retire rien de ce que vous avez dit.
"vous avez toujours la possibilité d'inviter un parent qui ne travaille pas à accompagner vos travaux pendant une journée."nous faisons cela un samedi matin dans l'année : école ouverte où à côté d'une (re)présentation dans la classe (chant, théâtre, exposition...) les parents pouvaient assister à un temps de classe "normal".
Sur la présentation du travail de classe, j'ai bien sûr expliqué, notamment, le travail de manipulation qui existait (nous avons même fait un exercice ensemble en mathématiques). Les parents étaient plutôt, enfin c'est qu'ils ont exprimé, contents. J'ai même dû modérer lorsque certains pensaient , et c'était positif pour eux, que nous faisons tout le travail par le jeu. En vérité, il ne s'agit que de moments car d'autres moment sont plus "traditionnels."
Enfin, pour les devoirs, ils sont aussi expliqués en début d'année, notamment, je rappelle la loi citée dans ce billet. Cela fait toujours son petit effet. Mais le problème n'est pas dans l'image que "mes" parents d'élèves ont de "ma" conduite de classe mais bien la logique concurrentielle qui est à l'oeuvre. Ils accepte la loi. Comprenne sa légitimité.Certain sont même venus me voir pour me dire que la venue de leur enfant à l'aide personnalisée causait trop de fatigue ; ils voulaient donc savoir ce qui était prioritaire entre l'aide personnalisée et les devoirs. Mais le calcul n'est pas "est-ce qu'il se fait ici est bon ?" mais"est-ce que ce qu'il se fait ici est meilleur qu'ailleurs ?"
J'ajouterai que des parents peuvent avoir de bons échos des enseignants de l'école mais l'école en elle même sera évitée ; ou que méfiant, il ne profite du moindre petit incident entre élève (cette année par exemple, une élève de CP a qui on a marché sur le doigt en récréation - aucune blessure même pas de rougeur - mais cela a été l'occasion de dire toute la crainte de voir son enfant dans une école dont on dit que les élèves sont...).
je complète ma réponse en dessous
Merci, Sébastien.
J'ai été à la retraite l'année où a été instutionnalisée par des heures l'aide aux élèves en difficulté (nous n'avions d'ailleurs pas attendu cette réforme pour le faire, l'équipe d'enseignants travaillant dans le cycle s'y prêtant).
"Mieux ailleurs" ? Les élèves eux-même se chargeaient de la com.
Nous voyions en effet chaque année débarquer des élèves issus de tous les établissements privés des Bouches-du-Rhône, aux parents friqués achetant une villa.
Ils étaient régulièrement largués quand ils arrivaient, au grand étonnement des parents persuadés "que leur enfant travaillait très bien, d'ailleurs, il avait toujours eu de bonnes notes".
Les cahiers démontraient souvent que leurs "enseignants" ne connaissaient même pas les contenus des programmes, parfois de façon compromettant le développement intellectuel normal d'un enfant.
Ecoles privées avec accueil de 7h à 19h, sans problèmes, sans maghrébins ni blackos... et sans enseignants convenables !
C'étaient ces mêmes parents qui ensuite dissuadaient leurs amis et relations de laisser leurs enfants dans ces mouroirs cérébraux.
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Dans une des villes proches, à l'époque où passer en 1ère S était la grande mode, les enfants de la bourgeoisie locale quittaient le public à la fin de la 3ème pour aller faire leur seconde indéterminée dans le bahut privé à côté, où, sur dossier "élogieux", ils faisaient une demande pour revenir dans le lycée public... en 1ère S, où ils se retrouvaient groupés en queue de classe dans chacune des NEUF 1ère S du lycée, surchargées.
Tout cela pour, au bout du compte, avoir TROIS terminales S !
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Le vrai problème, c'est de savoir si un enfant va à l'école pour se construire en tant qu'Homme et citoyen, ou s'il y va pour passer le temps et ne pas faire honte à ses parents, qui ont une "image" et un "ego" à préserver !
Sebastien Rome , je suis un peu choquée par ce commentaire : il me semble bien méprisant pour les parents . Je pense qu'on peut leur expliquer ce que l'on fait et ce que l'on attend d'eux . Un jeune en difficulté scolaire peut travailler mieux si ses parents le mettent dans le privé parce qu'il a sans doute l'impression qu'ils s'intéressent plus à lui .
"Quel temps perdu"... Alors , c'est sûr qu'il ne faut pas le faire et plutôt tenter d'obtenir une alliance avec les parents..., je crois qu'ils peuvent presque tous comprendre .
Peut-être ai-je été un peu rude dans ce commentaire mais il me semble que la réalité l'ai plus encore. Vous avez raison, loin de moi l'idée de croire que les parents ne peuvent pas comprendre ; d'ailleurs (c'est ce que j'ai exprimé plus haut) je ne me prive pas d'en parlait avec eux. Et je mets les pieds dans le plat pour éviter les non dits. Je me suis d'ailleurs à chaque fois étonné de voir à quel point le clivage républicains / pédagogues est peu présent sous une forme ou sur une autre chez les parents. Ils prennent assez bien, généralement, que l'on propose aux enfants des apprentissages sous des jours actifs évoiquant leur ennui (parfois comme cause de leur échec).
Il ne s'agit pas d'un mérpis des parents mais bien la description d'un système de "marché" où la conduite logique des acteurs entraîne nécessairement une dépréciation de l'école.
Regardons d'un peu plus près ce qui arrive : un enseignant CM2 (il y a l'enjeu de la 6ième en vue) donne peu de devoir, un autre dans une autre école en donne beaucoup. Les parents peuvent être informé de la loi, que l'enseignant fait un bon travail en classe, voir la classe, il n'empêche que l'on peut toujours penser que son enfant n'en fait pas assez, et aura donc du retard, par rapport à l'enfant de l'autre école.L'école, dans une société de fort chômage, est un investissement. Le problème est de savoir quel sera le lieu où le taux de rendement sera le plus élevé. Les textes d'Eric Maurin sont assez clairs et décrivent de manière réaliste ce que je vis dans une petite commune (10 000 hab.) où deux écoles publiques sont dans le centre ville paupérisée, une dans un quartier anciennement résidentiel et enfin une quatrième est privée. La concurrence est forte entre écoles, les ragots nombreux et les enjeux de distinctions sociales évident. Les Harkis évitent au maximun les écoles "d'Arabes" ; écoles qu'ils ont connu et dont ils ont été mis à la marge. Ils contournent donc la carte scolaire ou l'inscrivent leur enfant dans le privé. Mais ce n'est qu'un exemple car s'est un sport "lodévois" où des parents pleurent, mais de vraies larmes, quand on annonce que leur enfant, la carte scolaire est de la responsabilité des mairies au primaire, va dans mon école.
Pour lutter contre cette mauvais image nous multiplions les initiatives. Par exemple, les enfants de maternelle viennent à lécole une fois par mois, avec des parents, et nous rencontrons les parents des futurs CP pour les convaincre que ce n'est pas la jungle. Je mets, une fois de plus, les pieds dans le plat : violence, niveau scolaire, autorité, méthodes pédahogiques...j'apporte des documents officiels, des données (nombres d'accidents, résultats aux évaluations 6ième...) et les parentsqui ont vécu une année de CP viennent témoigner. Après un an dans l'école, ils expriment bien notre problème : "j'avais peur avant de mettre mon enfant dans cette école, la violence et tout ce que l'on disait mais en fait, c'est très bien". Mais lorsque la pression de l'entourage est trop forte, les enfants partent vite. Comme cela, nous gardons généralement que quelques jours les enfants des gendarmes nouvellement arrivés. Quand les parents discutent, ils viennent nous voir disant que ce n'est pas les enseignants mais l'école. En octobre, j'ai eu à discuter avec une mère d'élève pendant une heure de ce problème. L'environnement ne lui convenait pas et les larmes aux yeux (il faut dire, j'avais "vendu" mon école et l'école publique comme jamais - la mixité, la personnalisation de l'enseignement et tout le toin-toin...), elle m'a clairment dit qu'elle se devait de faire le bon choix pour son enfant et que si tout se passé bien dans la classe actuellement, il fallait qu'elle le mette dans le privé : les voisins avaient leur enfant dans le privé.
Que faire contre l'angoisse des parents ? (la peur du déclamment ?) Que faire quand une école n'est pas seulement un lieu d'apprentissage mais un lieu de distinction sociale ?
On se bat mais c'est pesant, surtout, quand on ne se sent pas soutenu. Alors, je ne mérpise pas les parents. J'estime qu'ils ont une peur légitime, que nous, dans le public, devons faire ce qu'il faut pour dissiper cette peur mais qu'au-delà de ça les parents ont raison de faire ce type de calcul. Leur investissement est une des clefs principales de la réussité de leur enfant.
L'avis que j'ai exprimé est qu'il y a un marché scolaire symbolique et que si l'on veut réduire les effe-ts pervers de ce marché, il faut réguler, notamment par les prix. Les mesures prisent par ce gouvernement qui tendent à rendre plus abordable l'école privée charche à intensifier la concurrence sur ce marché où l'on ôte à l'école tous les outils symboliques pour lutter.
désolé pour une réponse aussi longue et certaiement décorée de quelques "coquilles"...
Bien vu, Sébastien !
Il est quand même anormal que les enseignants du public aient toujours à se justifier a priori de leurs méthodes de travail et "d'un supposé niveau" de leur école (les évaluations de CM2 et de 6ème, quoique très imparfaits, peuvent en donner une idée) alors qu'ils sont des professionnels reconnus.
Alors que dans le même temps, dans des établissements privés (souvent de tout contrôle d'ailleurs lol), on écrème au départ en faisant passer même en primaire des "examens d'entrée", on croit rêver ! (si t'as du fric et que tu es "français", tu y réussis toujours) et surtout, ON NE DEMANDE JAMAIS DE COMPTES AUX ENSEIGNANTS, forcément excellents puisqu'ils sont choisis ou cooptés par le directeur ! (et tant pis s'ils n'ont pas de formation ou les diplômes)
Ce n'est pas de l'enseignement qu'on propose, mais le pensionnat de Chavagnes ! Et les parents sont tout contents que leurs enfants y soient acceptés, car ainsi, d'établissement privé en établissement privé, on arrive au bachot, pour les meilleurs seulement, faut pas déconner quand même ! (si on n'est pas sûr de l'avoir, on vous oblige à le passer en candidat libre, pour que l'établissement affiche toujours un taux de réussite pharamineux : on vous ajoutera après dans les "réussites", si vous l'avez). Les autres ? ils iront, toujours dans le privé, dans des écoles professionnelles dont ils sortiront avec de jolis diplômes que les parents auront achetés à crédit...
Et des alcyme/ACNM viennent ici dénigrer l'enseignement de la République ?
J'estime que votre première phrase de ce commentaire est de loin le meilleur commentaire que vous n'avez jamais fait. Et pour la dernière phrase du 21/12/2009 00:36, j'estime au contraire qu'alcyme est un phare que nous avons trop longtemps ignoré aveuglément et vers lequel nous fonçons. A moins que l'histoire du lapin et des phares de voiture soit plus appropriée...
Bon courage, jeune collègue, et bonne chance !
Le hussard noir meurt mais ne se rend pas.
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Peut être un peu endehors du sujet, mais.....
"Quand ma fille est entrée à la maternelle, je vivais dans un quartier fort chic de Paris...jolie école, enfants bien propres.....
Suite à des ennuis personnels, j'ai changé de quartier....et me suis retrouvée dans le 19,du côté de la place des Fêtes...j'ai failli inscire ma minette dans une école privée ...et puis j'ai rencontré le directeur de l'école maternelle (publique)de la Rue des Bois....une homme fabuleux, adorant son métier....des instituteurs impliqués...école colorée, joyeuse
Ma minette a vécu des moments passionnants....elle sait aujourd'hui l'autre, la différence, l'écoute...
Quand je regarde les photos de cette époque avec tous ces gamins....j'ai toujours un pincement au coeur....
L'école de la rue des Bois....a bien fait son travail d'accompagnement et de préparation à être un citoyen....
Cette école a une chanson d'ailleurs..."une école plein de champignons de toutes les couleurs"....de Pierre Chêne.
Quant aux devoirs, ma fille a toujours eu des devoirs à faire....poésie à apprendre, opérations à refaire, tables de multiplication à réviser, pages de lecture.....et c'était bien ! de pouvoir partager avec elle, d'apprendre, de réviser...