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Lettre sur les enfants d'aujourd'hui

Elle nous vient du pédagogue Philippe Meirieu qui se pose – et nous pose – une question forte : " Quels enfants allons–nous laisser au monde ? "

 

Ce livre qui vient de paraître aux éditions " Rue du monde " ( " Lettre aux grandes personnes sur les enfants d’aujourd’hui ", 309 pages ) s’adresse bien sûr aux enseignants ( qui pourront apprécier la maestria avec laquelle Philippe Meirieu sait renvoyer aux grands pédagogues pour éclairer les problèmes posés ), mais surtout aux parents car c’est la relation éducative qui est au cœur de cet ouvrage.

" L’éducation – écrit Philippe Meirieu – ne consiste plus à adapter ceux et celles qui arrivent à un univers donné […]. Elle invite à créer les conditions pour rendre nos enfants aptes à créer un monde nouveau et habitable ".

A une première partie ( " Adultes et enfants, une drôle d’histoire " ) qui se termine sur une interrogation majeure ( " Entre l’enfant-élève et l’élève-enfant, quelle pédagogie ? " ) et deux constatations navrantes ( " Des enfants gâtés aux enfants–rois " et " La grande fabrique des petits consommateurs " ) répond une troisième partie ( " A quoi éduquer nos enfants ? " ), après une deuxième partie qui fait le point sur " les droits de l’enfant et le devoir d’éducation ".

Il convient finalement, comme le signale l’intitulé même des différents chapitres de la troisième partie, d’opérer " une révolution copernicienne en éducation ", de " différer " ", d’ " entrer dans le symbolique et dans la culture ", de " parler et penser juste ", d’ " habiter le monde " et, in fine, d’opter " pour une éducation à la responsabilité ".

En définitive, selon Philippe Meirieu, à la question désormais classique " Quel monde allons nous laisser à nos enfants ? ", il est urgent d’ajouter aujourd’hui une autre : " Quels enfants allons-nous laisser au monde ? "

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Les premières pistes de réflexion qui me viennent à l'esprit sont :

- l'école fait-elle encore partie des envies des jeunes d'aujourd'hui ?

- la culture a-t-elle encore un avenir si elle est connotée "vieux ringard pédant" , apparaît chiante et rapporte peu ? (je suis sûr qu'un jeune - ou la plupart des retraités d'ailleurs - préfèrerait gagner au "Juste prix" plutôt qu'à QP1C, non ? )

- les enseignants ont-ils enfin réalisé que la réforme Haby avait toujours été un *PACPMI ?

- casser les filières ou laisser ce gouvernement privatiser l'EN ?

- accepter ou non d'enseigner dans ces conditions

- responsabilités de chaque intervenant dans la sphère éducative

- quand les enseignants auront-ils lucidité et courage ?

- plus ou moins de parents ?

Pour commencer, cela devrait suffire... à bientôt

* piège à cons pour militaire isolé

Dans l'esprit de Philippe Meirieu, cela dépasse de loin le domaine du scolaire

Quand j'ai parlé de "plus ou moins de parents", je ne me limitais pas non plus aux parents d'élèves ou à leurs associations représentatives, mais je pensais également au rôle de médiation tant économique que transmetteur naturel de valeurs, ou dispensateur d'éclairage sur la société, entre autres.

.

L'école n'a pas vocation à gérer tous les problèmes des jeunes, de leurs parents et de la société : c'est pourtant ce qu'on attend d'elle de plus en plus, les disciplines s'étiolant en devenant par force secondaires et les enseignants des éducateurs ou des "taties de crêches pour éviter que tous ces jeunes ne viennent rendre encore plus insupportables les "chiffres" de l'emploi et/ou du chômage..."

.

Négliger son école alors que les états émergents y consacrent leur priorité, c'est s'exposer de façon certaine à devenir un pays de seconde zone dans vingt ans : là est l'enjeu.

 

@ Savignac

Vous écrivez

"Négliger son école alors que les états émergents y consacrent leur priorité, c'est s'exposer de façon certaine à devenir un pays de seconde zone dans vingt ans : là est l'enjeu."

Etes vous bien sérieux?

Les gouvernements français, de droite ou de gauche, n'ont jamais négligé la formation .Nous y dépensons entre 120 et 130 miliards d'euros par an...10% de la valeur ajoutée produite par les entreprises approximativement,6 à 7% du PIB...

L'enjeu est d'évaluer les résultats liés à un tel niveau de dépense....

En ce qui concerne notre école primaire et notre collège unique....nos résultats à PISA ne sont pas à la hauteur de nos dépenses.Les Finlandais en dépensant moins font mieux que nous.

 

 

"Les gouvernements français, de droite ou de gauche, n'ont jamais négligé la formation"

Mais je n'ai jamais dit le contraire.

C'est vous qui avez oublié de préciser "jusqu'ici"...

Par ailleurs, si vous saviez, je suis d'un sérieux, hou la la... c'est presque du gaspillage !

Quand au fait que "les Finlandais fassent mieux que nous", voilà une phrase d'une stupidité sans pareille...

On ne peut comparer que des choses comparables !

Quand les Finlandais auront nos conditions climatiques, TF1, nos vagues d'immigration mal digérées, des Darcos et des Boutin, 365 sortes de fromages, Sarkozy et ses soixante millions de sujets (de mécontentement), ils n'auront plus ceci :

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Migration et composition culturelle en Finlande

Taux de migration nette
0,84 ‰
Composition ethnique
- Finlandais finnophones 91,5%
- Finlandais suédophones 5,6%
- Russes 5,6%
- Estoniens 0,8%
- Roms 0,3%
- Saami 0,3%
Religions
- Luthéranisme 84,2%
- Église orthodoxe de Finlande 1,1%
- Autres chrétiens 1,1%
- Autres 0,1%
- Aucune 13,5%

Taux d'alphabétisation (population totale) 100 %
- Hommes 100 %
- Femmes 100 %
Nombre moyen d'années passées à l'école 18 ans


Taux de séropositivité au VIH/SIDA
(chez les adultes) moins de 0,1 %
Taux d'accès à l'eau potable 100 %
Taux de chômage 7,9 %
Sources: The World Factbook, CIA (2006)
.

Je pense qu'avant de se faire le perroquet de papa Guaino, et de tous ces joueurs de pipeau qui nous désenchantent, il faudrait peut-être avoir la symbolique curiosité de se renseigner un minimum...

C'est comme si vous disiez qu'il faut virer les cadres du demi-fond en France parce que le Kénya ou l'Ethiopie, avec moins de moyens, font beaucoup mieux

.

Plus je lis certains commentaires, et mieux je comprends l'élection de notre bon roi.

Merci.

Ce débat, j'ai l'impression de le voir tourner en boucle depuis des années.

Il y a eu tant de flots de littérature sur le sujet qu'on s'étonne que le bon Meirieu ait encore quelque chose à dire. D'autant qu'il se place soigneusement hors du coup alors qu'il a été partie prenante de tout un tas de "réformes" toxiques organisant l'impuissance du système. Je ne dis pas qu'il en est seul responsable. Juste que la parole et les moyens lui ont souvent été laissés et qu'il n'en a pas produit grand chose de plus remarquable que quiconque. A part jeter de l'huile sur la querelle bouillante des pédagogistes et des anti.

Et de nier en permanence l'importance des effectifs dans les structures primaires. Pas un problème selon Meirieu et ses disciples. A comparer tiens, avec les effectifs des classes finlandaises.

.

Oui les moyens sont là. Non ils ne sont pas répartis correctement. Oui les familles et l'environnement façonnent les enfants plus que l'école (6 h sur 24 quant à elle). Oui le projet de société UMP nécessite le formatage de petits cons-sommateurs avisés mais dociles.

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Oui les enquêtes PISA sont une fumisterie qui met tout au même niveau sans tenir compte des contextes. Oui les Finlandais sont plus performants surtout en sciences dures. Non les Français ne sont pas des taches. Oui les techniques d'évaluation utilisées induisent certains résultats.

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Et si on parlait du taux de suicide des jeunes en Finlande ?

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Et si l'on parlait de l'évaluationite aigüe qui permet de filer des ulcères à l'estomac à des gamins de dix ans ? On peut hurler de rire ou de rage en lisant les items des livrets de compétences "recommandés". Pour ma part, je n'ai jamais rencontré d'adulte capable d'y satisfaire à 100%.

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Dernier volet : quand cessera-t-on de refiler à l'école le traitement de tous les manques et désordres sociaux ? Pourquoi espérer que ce qui n'est pas possible ici et maintenant de la part des adultes (civilité, respect, solidarité se traduisant par des injonctions en matière de préservation de l'environnement, de secourisme , d'attention aux autres, etc...) puisse l'être de la part de minots écrasés de culpabilités diverses à un âge qui est censé être celui de l'insouciance ?

.

Chaque fois qu'il y a une carence quelque part, il se trouve un imbécile pour affirmer "il faut l'enseigner à l'école". Moyennant quoi l'école n'a plus le temps d'enseigner.

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Ce qui est flagrant c'est qu'une ou deux générations s'exonèrent à bon compte de leurs devoirs dans tous les domaines en les déléguant aux suivantes.

 

.

 

Merci, chère Dianne.

@ Savignac

Les " Enseignants Finlandais obtienent de meilleurs résultats que les enseignants français du primaire et du collège avec moins de moyens ",c'est un fait,et cela vous dérange

Et ce n'est pas à cause de la soi disant homogénéité de leur population,le Canada pays d'émigration fait mieux que nous (nos enseignants..) avec un côut moindre.

Et pourquoi ce succès en FINLANDE ?

Parceque

a) Les enseignants Finlandais travaillent beaucoup plus que leurs homologues français,ont moins de vacances,sont présent plus que leurs élèves sur leur lieu de travail etc....

b) Ils sont recrutés localement...Les Finlandais ont "dégraissé leur Mammouth eux"

Etc...

 

En ce qui concerne vos pourcentages et vos chiffres,j'espère que vous n'êtes pas instituteur...

Vous écrivez Savignac de façon pagnolesque.

 

Composition ethnique
- Finlandais finnophones 91,5%
- Finlandais suédophones 5,6%
- Russes 5,6%
- Estoniens 0,8%
- Roms 0,3%
- Saami 0,3%

Le total fait plus de 100%,bizarre,,bizarre .

 

Dommage que l'on ne puisse pas virer en France certains enseignants comme nous pouvons le faire avec les entraineurs sportifs qui n'obtiennent pas les résultats escomptés.

Si le PS reste idéologiquement le parti des profs , Nicolas a encore de beaux jours à la tête de l'etat .

 

 

 

 

 

Il y avait même des chiffres plus récents, toujours de la même source la CIA, et toujours aussi faux.

 

Quand on voit ça (si comme moi on connaît très bien la Finlande), on comprend mieux pourquoi les Américains perdent toutes leurs guerres, avec des services secrets aussi nuls...

Car le phénomène de masse Somali mais aussi l'Afghan et l'Iranien, n'existent pas dans ces chiffres fantaisistes: ils comptent pourtant vraiment beaucoup dans la nouvelle population finlandaise, et sont d'ailleurs une vraie preuve que l'intégration de peuples très différents est bel et bien aussi possible que celle de n'importe-quels peuples soit-disant "plus proches".

 

Vous avez raison Alcyme à propos de vos remarques sur les enseignants finlandais, mais j'ajouterais tout le volet culturel de ces pays nordiques:

comment en Finlande tout le monde fonctionne ensemble la main dans la main, parents, professeurs, professionnels ou pas etc, dans une vision civique et globale de la société (et non une vision individualiste et égoïste de "maîtres&esclaves"), dans une telle mentalité qui rend complètement impossible de prononcer une phrase aussi absurde (à leurs yeux) que "à eux de s'en occuper" ou "pas à nous d'le faire"...

 

Entre autres différences notables, l'école en Finlande ne commence qu'à sept ans, en France trois ans mais je suis sûr que certains aimeraient bien un lavage de cerveaux encore plus jeune...

Mais il y a tant de différences culturelles! Ainsi notamment la journée est construite très différemment: dès 15h30 ou 16h tout le monde est en vacances, donc c'est tous les jours les vacances, pas en troupeaux comme du bétail stressé, tous au même moment pendant le sacro-saint mois d'août dit "mois de Bison Fûté"

(bon ce phénomène existe tout de même un peu puisque Juillet reste le mois du soleil et des baignades, mais on ne va pas jusqu'à l'absurde comme en France où c'est toute la journée qui est foutue ceci toute l'année notamment à cause du double-embouteillage de 12h-14h que seuls les Parisiens évitent grace à la journée continue).

@ Axel J

Une amie finlandaise mariée à un ami français,m'a dit aussi

a) que les enseignants finlandais du primaire et du collège déjeunaient avec leurs élèves...pour l'ambiance ,le contact ,le soutien etc...

b) que les enseignants finlandais enseignaient plusieurs matières ..et qu'ils n'y voyaient aucun inconvénient

c) que le directeur des collèges et écoles avaient le pouvoir d'affecter les enseignants à des tâches (souutien individuel par exemple..) autres que l'enseignement ,en fonction des besoins des élèves..

 

d) que pour réaliser cela,les enseignants finlandais passaient beaucoup plus de temps sur leur lieu de travail et avaient donc moins de vacances que leurs homologues français.

Est ce vrai puisque vous vivez en Finlande ?

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Finlande vous répondra.

Quand aux plus de 100% , il s'agit d'une malencontreuse erreur de frappe que les petites remarquent toujours, les tableaux ne passant pas en copier-coller.

Quand à vos affirmations que rien ne justifie, votre a) et votre b), vous devriez aller jusqu'au c) pour savoir quoi en faire.

Les Organismes Paritaires Collecteurs Agréés auraient jusqu'ici disposé de mannes à ce qu'on dit, des sommes versées par les entreprises et qui servent peu à former des gens, leur but premier pourtant... J'ai toujours trouvé dommage de constater le peu de demandes de formations en entreprise à l'initiative des salariés au titre du Congé Individuel Formation par exemple (CIF), quelques cadres intrépides ou favorisés dans leur projet par leur hiérarchie ?... L'essentiel des formations professionnelles semblerait axé sur la performance technique, ce qui peut se comprendre par rapport au monde où tout doit rapporter tout de suite. On dirait que l'enseignement scolaire ne jure que par ce paramètre, rien de fatal non plus là-dedans. L'orthographe, la grammaire, ne seraient enseignés qu'avec parcimonie, pas important pour la vie active ensuite, on en est là. Que devient le sens critique ? Le raisonnement en général quand tout consiste à avoir les réflexes conditionnés ?... Est-ce encore indispensable d'enseigner le superflu et quel est-il ? Lire et compter occupent le devant de la scène, c'est déjà ça !

Cyrano,

Pour gagner, il faut jouer.

Je pense donc que vous êtes trop affirmatif quand vous écrivez: je suis sûr qu'un jeune - ou la plupart des retraités d'ailleurs - préfèrerait gagner au "Juste prix" plutôt qu'à QP1C, non ? Sur les préférences des jeunes je ne me prononcerai pas - ceux de mon entourage jouent plutôt à la D.S. - Mais les nombreux retraités que je fréquente, je suis des leurs, sont des accros de QP1C, pas du "juste prix".

C'est que vous avez la chance d'avoir une retraite qui vous permet de vivre, et je vous envie...

De toute façon, j'ai bien dit "Gagner", pas "Jouer" Clin d'oeil

Recommandé.

 

" L’éducation – écrit Philippe Meirieu – […] invite à créer les conditions pour rendre nos enfants aptes à créer un monde nouveau et habitable ".

 

Il y a du travail...

En effet! Raison de plus pour commencer à y réfléchir et à y travailler dès maintenant

@ Mr Lelièvre

Grace à Cap Canal de Mr Meirieu ,l'avenir jargonautique s'annonce radieux...

Voilà un legs intéressant et fondamental pour nos enfants Cap Canal... la télé Meirieu...

 

Vu le monde nouveau auquel ce gouvernement nous destine par la constance des choix de notre président bien-aimé, ne va-t-il pas y avoir "comme un malaise" ?

Si l'éducation est la priorité des priorités à moyen et long terme, ne vaudrait-il pas mieux essayer de faire en sorte que la France se réveille et combatte ceux qui la divisent, en s'unissant même de façon ponctuelle ?

Avant 2012 ? C'est possible !

http://www.mediapart.fr/club/blog/cyrano-de-savignac/090809/l-arme-ultime-des-deputes-ps-un-impossible-courage

 

Dommage que ce titre soit si terriblement pernicieux et anxiogène, et cette question comme une immense culpabilisation, traduisant finalement notre propre très grande angoisse. Les jeunes qui voient cela, se demandent une fois de plus ce qu'ils font là dans ce monde actuel, et s'ils ont bien fait d'exister.

Il faut déculpabiliser l'inconscient, au contraire.

 

A ma connaissance, ici au moins, "les inconscients ne culpabilisent jamais"...

Les enfants représentent le miracle, ils ont de la ressource, des yeux plus neufs que nous autres parents, ça les aide drôlement pour essayer de s'en tirer. La vie a le dessus sur les grandes catastrophes, on devrait tous être déjà pulvérisés avec tous ces dangers autour de nous... Aucun fléau n'empêche donc de procréer et de perpétuer l'espèce, même pas les guerres. Tout autant que le monde de nos enfants, brandi à toute force pour motiver côté environnemental, est préoccupant le nôtre à la minute présente : il ne devrait déjà laisser aucune excuse dans son état jugé critique, sans espoir de machine arrière ! Et pourtant la vie s'y déploie encore car on parvient à des aménagements ! Nos enfants pourraient être de sacrés bricoleurs !

je suppose que la question est posée aux adultes et le terme de "culpabilisation" est-il vraiment approprié ? ne s'agit-il pas au contraire d'une responsabilisation de ces mêmes adultes qui, depuis des années, et avec les meilleurs sentiments consuméristes du monde, ont produit ces mômes adorables qui manquent (et souffrent de ne pas avoir) de repères, sinon d' interdits (oh, le vilain mot).

Anecdote : un petit de 6ème, petit vraiment. Crise de violence et insultes contre sa prof. Qui lui demande de sortir. Insultes de nouveau. Faudra trois adultes pour l'amener dans le bureau du principal, et là, le môme, pas intimidé du tout, prend les papiers qui sont sur le bureau et les laisse retomber en disant "toi, enculé, je vais te buter."

C'est très exceptionnel, ce genre de truc ; il ne s'agit en aucun cas d'en faire une généralité. Mais, malgré tout, cela pose quelques questions et, entre autres, celle-ci : quelle image ce môme a-t-il du monde et des relations humaines ? et qui véhicule cette image ? la famille ? pas forcément . La télé ? oui, je pense, en grande partie. Et cette télé, la "nounou à redevance" de Serge Tisseron, qui en est responsable ? la pub, les marques, etc. ? Il ne s'agit pas de diaboliser ce monde, mais une bonne fois de poser la question aux adultes que nous sommes censés être : sommes-nous sûrs de n'être pour rien dans ce qui est en train de se passer ? Nous sommes des victimes et ce n'est pas ça que nous voulions...OK, mais quand on voit ce qui se passe, et ce qui se passera, il y a autre chose à faire qu'à dire : arrêtez de nous culpabiliser, arrêtez de nous faire la morale ! il y a à se demander si nous n'avons pas fait fausse route et s'il est possible d'en changer...

Heureux de votre retour de vacances, cher Claude Lelièvre, et de l'occasion que vous donnez d'une vraie et cruciale réflexion.

Pourquoi cette violence à mon égard, Patrick Rodel, et toujours à l’égard des enfants que vous décrivez - sans parler de cette façon que vous avez à la fin, voulant m’éliminer du débat, en me tournant le dos, pour aller parler entre hommes ? Ce sexisme et cette prétention à un certain intellectualisme, veuillez m'excuser, mais finirait presque par prêter à rire.
Je n'ai pas parlé du livre lui-même (que je n'ai pas lu, et certainement intéressant, bien évidemment), et puis je me suis trompée sur son titre réel.
Mais c'est cette terrible question « quels enfants allons-nous laisser au monde ? » que j’ai reçue de plein fouet comme une véritable salissure et qui m’a fait vraiment mal.
« Quels enfants allons-nous laisser au monde ? », je reçois en effet ces deux mot « quels enfants » comme s’ils étaient des déchets. Et n’est-ce pas réellement terrible à souffrir (devoir supporter) ?
Peut-on ou ne peut-on pas sur Mediapart, oser parler librement, dire notre simple pensée, notre sentiment, sans immédiatement être l’objet d’un tollé ?
Quel crime est-ce que je commets, en simplement révélant que, en effet cette question fait souffrir ? Ne fait-elle pas souffrir ?
Cette question posée ainsi, est-elle ou n’est-elle pas pernicieuse et donc anxiogène ?
Ne pouvons-nous pas précisément assumer le simple fait de nous le demander ?
Et si la réponse est oui, ne faudrait-il pas alors réfléchir à cette fâcheuse tendance que nous avons toujours, à des discours moralisateurs ?
Claude Lelièvre lui-même n'avait rien à voir non plus avec ce que je disais là, et je parlais sans aucune animosité.
Mais c’est maintenant que j’ai une certaine animosité à votre égard Patrick Rodel, lorsque vous continuez à montrer du doigt ces « mômes » dont vous parlez avec du mépris, et qu’il serait temps, si j’entends bien, de savoir enfin "mater" ?
Je travaille à toutes ces questions depuis de longues années et suis toujours étonnée de cette vision des jeunes qui, même si elle est réelle, révèle que ce sont nos propres enfants que nous aimons mal - et si nous les aimons mal, n'est-ce pas justement parce que nous ne cessons jamais que de moraliser ?
Et si vous saviez précisément à quel point de nombreux jeunes aujourd’hui souffrent de n'être ainsi, que la gêne de leurs parents…
Je pense alors qu’il devrait y avoir une autre manière de poser toutes ces questions, de façon à ce que personne - ni parents, ni éducateurs, ni les enfants eux-mêmes - s’en ressentent génés ou coupables – mais peut-être que ce livre de Meirieu, que nous propose Claude Lelièvre, ouvre-t-il de telles voies.
Je le lirai.
Mes meilleurs sentiments, Sourire

 

je suis navré que vous ayez pu penser que j'avais une quelconque animosité à votre égard et je vois mal en quoi recentrer un débat est une marque de violence - mais vous vous êtes sentie visée et c'est bien de ma faute - je me suis mal exprimé.Je ne me soucie guère dans ces discussions sur Mediapart du sexe des intervenants, je discute avec des êtres humains.Point.

Pour ce qui serait mon attitude à l'égard des enfants, très honnêtement, relisez ce que j'ai écrit , rien ne justifie un tel procès. Je rappelais cette anecdote pour illustrer un de mes thèmes obssessionnels qui est la responsabilité des adultes dans le malheur des enfants,qui peut se traduire par cette violence qui s'était emparée de ce petit gamin de sixième.

Le vrai désaccord porte sur le "moraliser"; mais cela mériterait un vrai et long débat dans lequel je ne veux pas me lancer, pour une raison très égoïste qui est que je suis en vacances

Oui, et je vais donc encore y réfléchir, à cette question si importante de la morale.

En attendant, très bonnes vacances, cher Patrick Rödel, Sourire

cher patrick rodel,

"quelle image ce môme a-t-il du monde et des relations humaines ? et qui véhicule cette image ? la famille ? pas forcément. La télé ? oui, je pense, en grande partie"


Je me permets de réagir à votre post sur ce point précis. Quiconque fréquente à un moment ou un autres les familles "en liberté" dans les espaces publics n'a aucun doute là dessus : des parents invectivent leurs enfants de la manière la plus crue et la plus violente qui soit. Pas tous, mais beaucoup. Il m'est souvent arrivé d'avoir envie de m'en mêler lorsque la bave et les ordures dégoulinent de la part des géniteurs exaspérés... par quoi au fait ? Par le fait d'avoir mis au monde des sous-ensembles de leur nombril qui leur font "bien du souci " parce qu'ils ne filent pas doux ? Ah les hypermarchés aux heures où les bambins chouignards pleurent leur sieste perdue... ou leur repas perdu (tétine ou friandise en bouche, ils "attendent" comme ils peuvent). Ah les espaces festifs où des bouts de choux s'énervent et criaillent parce que rien n'est à leur mesure mais que les parents "ont bien le droit de s'éclater un peu"...

La liste serait longue des taloches balancées à la volée sur l'esplanade devant l'école pour imprudence face à la circulation, alors qu'il est 12h, que maman papote avec une copine et que le repas va se passer à toute allure pour être à nouveau à l'heure à 13h30. Pas le temps de faire à manger ? Pas grave, il y a du tout prêt à obéser à loisir.

J'en ai fini avec ces chagrins quotidiens, de ces retours de septembre où telle mère en colère et dépassée prenait à témoin une caissière : "tu vas voir demain, la maîtresse".

En entendant ça, je me disais : "demain ? Mission impossible, déjà..."

Beaucoup d'enfants sont clairement malmenés (je ne dis pas maltraités, juste "mal menés") par leurs familles. Mais chut... n'en parlons pas. Cela n'entre pas dans le registre des délits. Juste dans celui des raisons qui font que les efforts de la collectivité ne servent à rien dès lors. Le monde des adultes ? Un vaste bintz.

Je vous rejoins sur la rubrique télé en ce qu'elle est le plus économique des modes de garde. Et que beaucoup d'enfants d'âge primaire en ont une dans leur chambre.

 

C'est vrai, on passe après la télé (et à l'adolescence, les copains) avec plusieurs handicaps rédhibitoires :

- fait par des "vieux"

- obligatoire

- exigeant des efforts constants

- avec une responsabilité, donc ne pouvant permettre n'importe quoi, donc forcément chiants : dans la vie réelle, on est les seuls à les "contrarier" vraiment, ces pauvres petits (il n'y a qu'à voir sur les billets de ce blog) et sans les mains, alors que parents et copains,eux, ne s'en privent pas.

En fait, tout ce qui les intéresse, c'est "s'éclater", en étant encore plus irresponsables que leurs parents, si c'est possible, devenant parfois le plus con d'entre les cons, ce qui est devenu honorable et recherché, loin des fayots lèche-cul.

La limite à un seul redoublement autorisé entre la petite section de maternelle et l'entrée en 6ème (tiens, les parents le savaient-ils, qu'à douze ans au plus tard, tous les élèves doivent entrer en sixième, c'est la loi ?) permet donc à certain(e)s d'entrer au collège où, vu leur manque d'aptitude, les sports nationaux deviennent "le sexe opposé", la violence, l'aptitude à faire chier, les bandes, la grossièreté, le tabac, l'alcool, le sexe et autres disciplines où beaucoup excellent, mais qui hélas ne sont évaluées et reconnues ni par les examens, ni par les pouvoirs publics.

.

Et vous osez vous lancer dans des querelles byzantines sur la pédagogie ?

.

Offrez-vous plutôt des lunettes et regardez les jeunes (dont les vôtres) comme ils sont, avec le concours de ce bon La Fontaine...

.

L'AIGLE ET LE HIBOU.


L'aigle et le chat-huant leurs querelles cessèrent,

Et firent tant qu'ils s'embrassèrent. L'un jura foi de roi, l'autre foi de hibou,
Qu'ils ne se goberaient leurs petits peu ni prou.
" Connaissez-vous les miens ? dit l'oiseau de Minerve.
- Non, dit l'aigle. - Tant pis, reprit le triste oiseau :
Je crains en ce cas pour leur peau :
C'est hasard si je le conserve.
Comme vous êtes roi, vous ne considérez
Qui ni quoi : rois et dieux mettent, quoi qu'on leur die,
Tout en même catégorie.
Adieu mes nourrissons, si vous le rencontrez.
- Peignez-les-moi, dit l'aigle, ou bien me les montrez :
Je n'y toucherai de ma vie. "
Le hibou repartit : " Mes petits sont mignons,
Beaux, bien faits, et jolis sur tous leurs compagnons :
Vous les reconnaîtrez sans peine à cette marque.
N'allez pas l'oublier ; retenez-la si bien
Que chez moi la maudite Parque
N'entre point par votre moyen. "
Il avint qu'au hibou Dieu donna géniture.
De façon qu'un beau soir qu'il était en pâture,
Notre aigle aperçut d'aventure,
Dans les coins d'une roche dure,
Ou dans les trous d'une masure
(Je ne sais pas lequel des deux),
De petits monstres fort hideux,
Rechignés, un air triste, une voix de Mégère.
" Ces enfants ne sont pas, dit l'aigle, à notre ami.
Croquons-les. " Le galand n'en fit pas à demi :
Ses repas ne sont point repas à la légère.
Le hibou, de retour, ne trouve que les pieds
De ses chers nourrissons, hélas ! pour toute chose.
Il se plaint ; et les dieux sont par lui suppliés
De punir le brigand qui de son deuil est cause.
Quelqu'un lui dit alors : " N'en accuse que toi,
Ou plutôt la commune loi
Qui veut qu'on trouve son semblable
Beau, bien fait, et sur tous aimable.
Tu fis de tes enfants à l'aigle ce portrait :
En avaient-ils le moindre trait ?

 

"En définitive, selon Philippe Meirieu, à la question désormais classique " Quel monde allons nous laisser à nos enfants ? ", il est urgent d’ajouter aujourd’hui une autre : " Quels enfants allons-nous laisser au monde ? ""

Et quels outils allons-nous léguer à nos enfants pour agir sur le monde et dans le monde ?

" Et quels outils allons-nous léguer à nos enfants pour agir sur le monde et dans le monde ? "

 

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jpylg

Sujet impressionnant!Indécis

Quelques réflexions.

1.Par principe, je me méfie des pédagogue qui s'adressent aux parents. Comme si les parents étaient des enseignants! Que les pédagogues restent à l'école!

2.Pourquoi dissocier ce qui est d'apprendre aux enfants à créer un monde nouveau de ce qui est de s'adapter au monde qui nous entoure? Ne faut-il pas d'abord commencer à s'adapter à un monde avant de penser à en créer un autre?

Être parent comporte évidement une part d'éducation mais là ne s'arrête pas le rôle.

Je pense qu'il serait bon, dans un premier temps, de rendre confiance aux parents, de leur dire qu'ils ont une grande responsabilité et que la société est là pour les soutenir et non les stigmatiser et les culpabiliser.

Les repères que les enfants n'ont plus provient souvent de la peur qu'ont les parents de mal faire.Furieux Il vaut mieux une baffe que de l'indifférence initiée par la peur de mal faire. L'Éducation Nationale a une ÉNORME part de responsabilité en ayant fait passer le message que pour bien éduquer les enfants, il fallait être professionnel, c'est à dire enseignant. Elle aurait dû rester Instruction Publique. Point-barre!

Je simplifie, mais il y a de cela! Clin d'oeil

Cher M.Philips,

Visiblement les smileys vous éclatent!Clin d'oeil. Je ne suis pas sérieuse. Normal, je ne suis pas enseignante. D'ailleurs, c'est quoi votre petit nom? C'est un tantinet pédant de vous appeler cher M. Et cavalier de vous dire Eh! Philips! Bon d'accord, je sors!

 

Je suis toutefois scotchée par les chiffres donnés par Cyrano.... je réfléchis

Quelques images valant parfois mieux qu'un long commentaire, rappelons qu'il y a un an déjà, un petit film pédagogique posait la question :

http://www.dailymotion.com/video/x5w9yo_mercredi_creation

film pédagogique On a mieux fait!Sourire

Depuis environ 30 ans en France, nous avons fait de ces mômes de véritables prescripteurs d'affaires pour toutes les branches de commerces et d'industries de loisirs, d'habillements et de high-tech.

Le monde du Bisness a ainsi utilisé à satiété des mineurs à la "dur dur d'être un bébé" pour engranger moults marges bénéficiaires en aliénant des générations entières successives dans des cycles de véritables schizophrenie.

En guise de récompense, ces mêmes générations de mômes se sont sûrement dit en leur for intérieur : "J'aurais automatiquement un job après ma sortie du monde scolaire et estudiantin, car après avoir fait le tapin pour le capitalisme et la sociale-démocratie de marché, pendant au moins 15 ans et forcé mes parents à acheter de multiples produits et services aussi inutiles les uns que les autres la récompense devrait naturellement être un emploi, même manutentionnaire peu importe".

Et bien non dis donc, gros jean comme devant, direction l'Anpe avec les autres ex-infantiles prescripteurs d'affairesà grossir les rangs des perdants qui se comptent par millions aujourd'hui en France.

A suivre.

@ +O-NE

Vertubleu,

C'est bien ce que j'écris: les enfants n'ont plus reçu de messages-repères de la part de leurs parents...et ont donc bu ce qui venait du petit écran! Sourire

Pour ce qui est d'un certain nombre d'enfants issus de la culture musulmane, il y a également eu des erreurs de la part de leurs parents qui inculquaient à leurs fils l'idée qu'ils étaient destinés à occuper les positions "privilégiées"(celles des mâles) : j'ai souvent vu des garçons de 4 ans jouer les petits caïds devant leur mère, comme s'ils étaient de petits dieux! La chute est brutale par la suite!

Certes M Philips, mais vous dites également, chose importante que j'ai relevée, "ne faut-il pas mieux s'adapter au monde qui nous entoure"(sic), et là vous touchez au vrai à mon sens.

Pour vivre dans un monde de bête sauvage, tel l'ultra-libéralisme économique actuel, ne faut-il pas soi-même accepter d'être une vraie bête sauvage, et beaucoup de ces gosses le sont désormais, c'est un fait avéré qu'il est bien difficile de masquer aujourd'hui (BTP-Télévion-TfOne a fait son oeuvre, hélas)

J'ai assisté tout dernièrement à des réunions d'immeubles en banlieue où des grands frères plus diplômés pour certains d'entre eux, que NS et une partie de son gouvernement réuni, et le message à retenir de ces parcours là, est plus qu'amère croyez moi.

Les plus jeunes retiennent la leçon, qui pour le coup est une vraie leçon de vie, et pas seulement du théorique et des grandes promesses sans lendemain.

@ +O-NE

@ Mister Philips

La culture de "l'enfant Roi et/ou de l'enfant Dieu", n'est pas à proprement parler exclusive de la culture "Musulmane" mais surtout de beaucoup de cultures des Pays du Sud dont les religions sont très disparates (de l'Islam, au Catholicisme en passant par de nombreux courants Animistes).

En Afrique de l'ouest par exemple on a vu des chaînes entières d'employés noirs s'arrêter immédiatement de travailler car l'enfant blanc d'un contremaître ou d'un ingénieur de passage se mettait à pleurer pour une raison ou une autre dans les usines d'emboutteillage de la Somalibo (société malienne de boissons) et n'accepter de reprendre le travail qu'à la seule condition que l'enfant eut été apaisé par son père .

@ +O-NE

Vertubleu,

Mea culpa. Oui, l'enfant roi propre surtout à la culture du Sud. Vous avez raison, je repense à certains exemples italiens. Mais n'est-ce pas porté à un plus haut degré dans l'Islam? Tels ces garçons de 4 ans envoyés avec leur mère, quand elles "sortent" pour aller faire des achats, pour les "surveiller" les "protéger".

Il ne s'agit donc pas de la place privilégiée de l'enfant ,mais de celle du garçon.Sourire

PS: ça veut dire quoi @+O-NE ? Surpris

Vous avez raison et c'est porté d'autant plus haut dans la culture propre à l'Islam, qu'effectivement cela crée un malaise et une schizophrénie supplémentaires dans des sociétés, telles la France, où la répartition des postes à responsabilités, tant dans le privé que dans le public a été assez longtemps fermée à ces populations d'origines immigrées (mais aux immigrés Italiens auparavant aussi me direz-vous, dont les enfants ne se sont jamais dérangé pour saigner à blanc dans le gangsterisme le plus total et légendaire des populations entières aux USA et devenir des potentats de la finance occulte et mafieuse aujourd'hui).

Je dis cela pour l'Islam, car c'est officiellement aujourd'hui la première religion des prisons Françaises, donc l'éducation, voire "l'instruction publique et civique" a forcément eu des ratés à un moment donné, ou cela n'est que la gestion économique du Pays, voire la combinaison des deux facteurs, c'est au choix.

Pour votre PS, il s'agit juste de ma signature électronique.

@ +O-NE

" L’éducation – écrit Philippe Meirieu – ne consiste plus à adapter ceux et celles qui arrivent à un univers donné […]. Elle invite à créer les conditions pour rendre nos enfants aptes à créer un monde nouveau et habitable ".

Il me semble que cela fait au moins 50 ans que les jeunes rejettent le monde de leurs parents et cherchent à créer un "monde nouveau et habitable". Et que cette tendance est moins forte aujourd'hui qu'elle ne l'était voici 30 ans. Si culpabilité il devait y avoir de la part des parents actuels, dont je suis, c'est à mon avis d'avoir laissé s'installer le conservatisme politique (de gauche comme de droite) et la corruption de l'économie par la sphère financière, créant ainsi un effet d'entonnoir vers un monde orwelien. S'il fallait donner une seule et unique priorité à l'éducation de nos enfants, ce serait à mon avis de leur donner une capacité d'analyse critique des fondements de la société actuelle, et la capacité d'imaginer des alternatives réalistes. A l'opposé, évidemment, du discour normatif ambiant.

Vincent,

Je pense que la réalité a toujours été que les jeunes s'opposent à leurs parents: c'est une normalité tout à fait saine. Mais, il y a une chose à laquelle les parents n'auraient jamais dû renoncer, c'est dire ce qui leur semblent basique: le respect des autres, le goût de l'effort, la nécessité d'autonomie, le refus des recettes toutes cuites (cette analyse critique que vous évoquez), l'importance de l'imagination.

Beaucoup de parents ont renoncé à exprimer ce à quoi ils croyaient.

"S'il fallait donner une seule et unique priorité à l'éducation de nos enfants, ce serait à mon avis de leur donner une capacité d'analyse critique des fondements de la société actuelle, et la capacité d'imaginer des alternatives réalistes."

Donner aux enfants "une capacité d'analyse critique des fondements de la société actuelle". Cela les adultes, enseignants ou pas, peuvent et savent le faire. Mais "leur donner la capacité d'imaginer des alternatives réalistes". Ca c'est du dur !

Bien vu, Faunus.
Je dirais que pour transmettre la capacité à imaginer des alternatives réalistes, les adultes devraient la cultiver chez eux-mêmes d'abord.


Mais c'est sans doute parce que je crois que l'éducation est une question trop rapide, et qu'il faudrait d'abord penser à l'éducation des adultes, et donc, à une auto formation collective...

La seconde partie de ce que vous dites "il faudrait d'abord penser à l'éducation des adultes" peut sembler paradoxal, mais mérite d'être essayé...

.

Vous attaquez quand avec notre vénérable et immodéré ancien ? je crois que ça urge... arriverez-vous à temps ? Rire

My god ! quel suspense insoutenable !

bonjour tout le monde,

Cette question réellement inquiétante ou fondamentale :"à quels enfants allons-nous laisser le monde ?", Suren ERKMAN y répond(*) en profondeur en évoquant les réflexions ou les travaux , entre autres de Pierre LEGENDRE , de Jaime SEMPRUN .....

Extraits de son interview à la revue "LaRevueDurable" de octobre 2004

...."Inquiétante , car ni la littérature, ni le processus international du développement durable ne l'abordent sérieusement.Par exemple le discours sur le partage équitable des ressources ne fait qu'effleurer la question essentielle de la viabilité humaine des sociétés. On sent bien que quelque chose d'essentiel se délite dans les sociétés occidentales; c'est que la société industrielle , qui s'étend partout, a pour particularité de s'attaquer aux racines mêmes de ce qui fait l'humanité de l'homme, autrement dit , aux représentations fondamentales qui permettent à l'humanité de vivre une vie humainement digne et de trouver sa place dans la succession des générations.

Aucune société humaine n'avait jusqu'à présent prôné l'idéologie du "sans limite" sur le mode du dogme comme le fait la société industrielle moderne.

Cette idéologie n'est pas seulement destructrice pour la biosphère/ elle est surtout autodestructrice pour le SUJET. Une donnée anthropoplogique fondamentale est que l'humain doit avoir des limites que lui imposent des montages de représentations sous forme de mythes, de récits, de lois,etc...

Le génie de toutes les civilisations est d'avoir su élaborer, chacune à leur manière, des formes symboliques crédibles de ces LIMITES.

Or l'Occident n'épuise pas seulement les ressources naturelles: il érode également ,comme le souligne Pierre Legendre, ce que l'on peut appeler le patrimoine symbolique de l'humanité."...

bien à vous.

Pierre Sélim LEBRUN

(*) Suren ERKMAN est philosophe de formation, journaliste et enseignant à Genève.

Ça c'est un commentaire à envoyer à Nicolas!Rire

@Pierre Sélim Lebrun

J'ai du mal à voir cette idéologie du '"sans limite", au contraire je vois une idéologie de la "limitation maximale" s'étendre partout: légalisme, contrôles, interdictions, censure et auto-censure deviennent la norme, ce qui rend d'autant plus visibles ceux et celles qui refusent la norme - et ce généralement sous une forme violente à partir du moment ou tout semble verrouillé.

Avec Vincent.

 

On ne les voit plus car elles font partie du paysage, mais nous vivons bel et bien entre toutes sortes de barrières et cloisons inhumainement dures et étroites, et particulièrement plus on habite dans "les banlieues".

Tout ce qui est plot en béton, ralentisseur, murtins en tous genres, barres d'acier etc etc, c'est déjà 100 fois trop pour quiconque connaît ne serait-ce que l'Allemagne sans parler des pays nordiques,

mais ce n'est encore rien à côté de ce que ça signifie comme mentalité "tout sécuritaire" des bien intentionnés conseillers municipaux qui les pensent, les installent mais surtout appliquent jusqu'à la Vie même, cette conception bétonnée et fliquée.

 

Très majoritairement socialistes, élément constitutif de l'énorme machine de "l'alternance",

ils sont les parfaits exécutants zélés et de bonne foi, voire les instigateurs ça se discute, du "tout sécuritaire" à la Sarkozy-UMP.

Axel,

Tu sais bien que ce n'est pas par le biais de ce type de barrières physique que l'on apprend à vivre en société, que l'on apprend à grandir. C'est par le biais de rencontres avec ses parents, dans l'apprentissage de la frustration, du respect des autres, du plaisir à être ensemble dans des différences. Un champ psychique, culturel, où la parole a la première place.

C'est comme dans les prisons, ce n'est pas avec des pyjamas jetables et des draps indéchirables que l'on lutte contre les suicides, mais bien par le biais de l'accompagnement, l'ouverture d'ateliers, l'accès à l'enseignement, à la lecture, etc.

Ne nous trompons pas de repères, de limites. Dans l'éducation il est question d'apprendre à ne pas chercher à vivre dans l'obtention de la satisfaction immédiate. Des limites sont posées, mais de celles qui n'ont rien à voir avec celles que nous rencontrons autour de nous dans les rues! Clin d'oeil

Je suis bien entendu d'accord à 100% avec ce que tu dis, et c'est bien pour ça que je dénonce les symptômes de béton de cette mentalité,

les signes de béton qui démontrent comment on façonne notre vie, notre environnement, avec cette mentalité bétonnée et fliquée,

et,

comme c'est la plupart du temps des "socialistes" (PS) qui s'en occupent*,

je pointe la prise de conscience qu'il faudrait pour enfin commencer à réfléchir sur une alternative au suicide collectif par le "béton mental".

 

*(puisque dans notre système féodal dit de "l'alternance" c'est eux qui tiennent les villes tandis que le pôle central du pouvoir est réservé à "la droite")

@M Philips

"Dans l'éducation il est question d'apprendre à ne pas chercher à vivre dans l'obtention de la satisfaction immédiate"

L'éducation idéalle peut être, mais pas celle que vivent nos enfants. L'école est le lieu de la sanction immédiate, de la mauvaise - ou bonne - note immédiate, du jugement immédiat, de l'obéissance immédiate. Il me semble assez normal que le corollaire de cela soit la satisfaction immédiate. Si on voulait vraiment repousser l'immédiateté chez l'enfant, il faudrait commencer par repousser l'immédiateté des structures qui l'entourent.

Vincent,

Une bonne pédagogie voudrait que le professionnel, face à un dérapage qui mérite une sanction (parole, punition, note...) réagisse aussitôt. En effet, tout retard, remise à plus tard de la réaction sera perçue comme une hésitation, un calcul.

C'est à l'instant où le bébé pleurt pour réclamer son biberon qu'il faut lui dire: "Un moment, mon bébé, le temps de le préparer!".Sourire

Qu'en pensent les enseignants?

"Une bonne pédagogie voudrait que le professionnel, face à un dérapage qui mérite une sanction (parole, punition, note...) réagisse aussitôt. En effet, tout retard, remise à plus tard de la réaction sera perçue comme une hésitation, un calcul."

.

Entièrement d'accord !

Le plus avancé doit constamment réagir et rectifier les propos ou attitudes.

Pas seulement à l'école d'ailleurs.

Dans les rapports avec une administration fautive également : tout propos mensonger doit être rectifié par courrier, tout ce qui n'est pas contesté peut ensuite être considéré comme accepté devant le Tribunal administratif, peu le savent.

.

Qui ne dit mot consent, ici ou là.

 

 

D'accord dans le cadre du dérapage, mais je pensais plus large, à l'immédiateté du cadre scolaire en général, et même du cadre de vie: combien d'enfants sont confrontés dè sle lever à des "dépèches-toi, on va ête en retard"? Combien mangent en 5 minutes chrono à la cantine? Doivent se remettre au boulot aussitôt rentrés pour faire ces satanés devoirs, pour arriver à être juste à temps pour telle ou telle émission télé, avant un repas minuté suivi de l'appel au coucher?

 

à M Philips

Oui, je pense que vous avez absolument raison : ne surtout pas laisser les choses sans réponse, car sinon, le ressassement et la souffrance s'installent (l'enfant sait inconsciemment qu'il a mal agi, et attend donc forcément quelque chose), et c'est la parole qui doit immédiatement intervenir, mais de façon non volontairement culpabilisante, mais amenant à une reconnaissance des faits - que l'enfant puisse simplement reconnaître les faits (que ses actes n'ont pas fait du bien).

Cordialement,

Toutefois, cher Vincent, je vois une idéologie du "sans limite", fort présente n'est-il pas? Celle du dieu dollar. Un smiley Sourire offert par M.

Bien d'accord avec vous, mais s'il faiut passer par la révision du système monétaire international (et je suis pour) pour arriver à une révions de l'immédiateté, on est pas arrivés Clin d'oeil

Pierre sélim Lebrun

Vous posez, selon moi, le problème essentiel. La religion a perdue, à nos yeux de républicains "des lumières", toute sa crédibilité depuis bien longtemps. Et aujourd'hui, surtout depuis la déviation totalitaire du communisme et sa chute dans les poubelles de l'Histoire, nos valeurs ne font plus recette, au point que nous en doutons nous même. La marche vers une vie meilleure pour tous sur cette terre s'éloignant, le fondamentalisme religieux redonne espoir à ceux qui désespèrent. Sommes nous, nous les laïcs, en capacité de reprendre la main ? Qui vivra verra, mais je crains que non.

*

"" L’éducation – écrit Philippe Meirieu – ne consiste plus à adapter ceux et celles qui arrivent à un univers donné […]. Elle invite à créer les conditions pour rendre nos enfants aptes à créer un monde nouveau et habitable ".

Ce n'est pas l'enjeu depuis au moins trois siècles?

La vraie question me semble être :

"Que devons-nous faire, nous les enseignants, de ces enfants qu'un monde injuste et sans valeurs nous confie (en tentant de nous culpabiliser) pour qu'on les éduque à la place de leurs parents et d'une société défaillante ? "

C'est très exactement ce que j'ai aussi entendu.

Mais Claude Lelièvre a cependant raison de nous présenter ce livre de Meirieu - ce qui ne peut qu'enrichir notre actuelle réflexion nécessaire et si importante.

Car c'est de l'amour, de l'estime de soi - l'estime de nos enfants pour eux-mêmes -, dont il s'agit. Et de l'équilibre psychologique.

Cordialement,

 

Cyrano,

"Que devons-nous faire, nous les enseignants, de ces enfants qu'un monde injuste et sans valeurs nous confie (en tentant de nous culpabiliser) pour qu'on les éduque à la place de leurs parents et d'une société défaillante ? "

Là est votre première erreur car vous (enseignants) ne pourrez JAMAIS remplacer les parents. La société (dont vous faites partie!) non plus! Cela, tout enfant, pratiquement dès la naissance, le sait!!SourireSourire

C'est là, comme dans un commentaire plus haut, que vous n'avez pas compris, cher M.Philips !

Les enseignants ne veulent pas de ça :

- d'abord par ce que ce n'est pas leur rôle

- ensuite parce que leur formation ne les y prédispose pas

- enfin parce qu'ils refusent que l'école (sans parler de la privée dont c'est l'argument majeur) devienne un "endroit où l'on peut POSER ses gosses en toute tranquillité de 8h à 17 h, et tant mieux s'ils y apprennent quelque chose"

.

Oui, les enseignants sont des professionnels, et cela est bien la moindre des choses, et nous le revendiquons.

Non, nous ne remplacerons pas les parents, et nous ne le souhaitons pas (on a déjà assez à faire avec les nôtres, d'enfants, je pense )

.

"Par principe, je me méfie des pédagogueS qui s'adressent aux parents. Comme si les parents étaient des enseignants! Que les pédagogues restent à l'école!"

Tout faux, encore une fois ! Les pédagogues ne font que répondre aux exigences pressantes des parents... Personnellement, je veux bien rester à l'école si les parents n'y rentrent pas de force pour nous apprendre notre métier...

.

"L'Éducation Nationale a une ÉNORME part de responsabilité "

Soyez donc ravi ! Vous regrettiez l'Instruction publique ? Elle revient au grand galop des réformes, et ne sera ni publique, ni aussi instructive que vos quelques commentaires sur ce fil...

.

Partisan de l'Ecole privée, M.Philips ?

Cyrano,

Pourquoi assimiler Instruction Publique et école privée? N'était-ce pas ainsi que l'école s'était initialement appelée? Je suis, pour en avoir bénéficié, un inconditionnel et chaud partisan de l'école publique.

Où avez-vous vu que les parents réclamaient les conseils des pédagogues? Ils demandent à être aidé...mais pas spécialement et uniquement par des spécialiste de l'art d'éduquer (pédagogie). Être parent, hélas ou heureusement, dépasse de loin la seule pédagogie!Sourire

Si vous ne vous voyez pas remplacer les parents, pourquoi poser la question de le faire?!!Surpris

Je pense que les enseignants (et je les comprends) se sont de plus en plus souvent lassés de répéter et dire aux parents le rôle qui est le leur (de parents).

Mais parce que l'on nous y oblige quasiment, de la maternelle au supérieur !

Comment enseigner en français à des gamins qui n'en ont pas une connaissance suffisante ?

Comment fonctionner avec des enfants à moitié sauvages qui n'ont aucune notion des autres, ni le moindre respect ?

Il n'est aujourd'hui possible n'y d'instruire vraiment, ni d'éduquer encore moins, navré, et il est facile de le constater, du dedans comme du dehors.

Quant au choix théorique éventuel entre l'Instruction et l'Education, il est vite fait...

Cyrano, cyrano, vous parlez ainsi de vrai

 

Il est de notoriété publique que l'école privée permet de scolariser les enfants des "petits-intello non violents" des quartiers pauvres riches en écoliers formés à la loi du plus fort, contre les petits blancs trop blonds, les pauvres! après qu'ils ont trop goûté des coups de poings de ma chère école publique... Parce qu'un prof, c'est pas une structure... c'est un homme une femme, un enseignant... Je vous offre un smileySurpris à la mode de monsieur M.

Oui, mais on l'a

La sécurité de l'emploi by Les Fatals Picards Album: Pamplemousse Mécanique.

http://www.youtube.com/watch?v=SG2AFd-DuH8

.

Ils sont marrants cette année
C'est difficile de deviner dès la rentrée
Lequel se fera arrêter
Pour les scoots qu'il aura piqués
Lequel sera incarcéré
Pour avoir trop dealé
Moi en bon prof je suis préparé
Un peu de math et de français
Du kickboxing, du karaté
Tant pis pour la géographie
Ce qu'ils connaissent de l'Italie
C'est juste vaguement les spaghettis
Et Rocco Siffredi
Au programme de cette année
En français faudrait arriver
A lire un livre en entier
Mais même Dan Brown et Marc Lévy
Il y a plus de cent mots de vocabulaire
On en sera toujours à lire
La préface même après l'hiver.
Et mon voisin en me voyant
Me dira : "Bande de fainéants !
Alors vous êtes déjà rentrés
Vous savez pas ce que c'est que de bosser !
Avec vos semaines de vingt heures,
Vous bossez bien moins qu'un facteur,
Dire que je paye pour vos congés
Et pis vous n'êtes même pas bronzé !"
Cent copies à corriger
Deux trois prozacs, huit cafés,
Mais je l'entends quand même dire d'en bas :
"Je compte même pas
La sécurité de l'emploi !"
Celui aux lunettes, c'est mon surdoué,
Il sait écrire son nom sans fautes, il sait compter - Waw !
Bah, c'est pas mal pour un 3ème, il faut savoir s'en contenter
C'est clair qu'un intello pareil, il va se faire racketter
Trente-cinq élèves, cette année je leur ai demandé
Ce qu'ils voulaient faire comme métier
J'ai dix Zidane, quinze Amel Bent, et neuf Bouba,
Un original qui veut faire vigile et avocat
Il a dû voir chez Courbet
Que c'était pas mal d'être avocat
Si jamais t'allais en prison
Ils croient qu'ils auront leur brevet
En regardant l'île de la tentation,
Merci pour tout ce que fait pour eux la télévision
Et mon voisin, le même qu'hier,
Me dira : "Bande de fonctionnaires,
Alors vous êtes déjà rentrés ?
Vous savez pas ce que c'est de bosser !
Avec vos semaines de vingt heures
Vous bossez moins qu'un contrôleur,
Et dire que je paye pour mon gamin,
Il a redoublé son CE1 !
Vite les bulletins à remplir
Deux trois prozacs, et huit kirs
Mais je l’entends quand même dire d’en bas :
"Je compte même pas
La sécurité de l'emploi !"
Les directives du ministère
Nous imposent d'faire
Des réunions plus régulières
On en fait même pour planifier
Les prochaines réunions
Ou pour décider de ce qu'on peut donner
Sans risque comme sanctions
Fini les notes, de temps en temps,
Faut juste leur envoyer des SMS d'encouragement
L'évaluation c'est pas toi qui la fais,
Eux y t'disent si t'es cool
Je préfère quand même qu'ils me donnent des notes
Plutôt que des coups d'boule
Impossible de les faire redoubler,
Les pauvres chéris il faut surtout pas les perturber
Les programmes faut les simplifier,
Il y a trop de leçons ça les assomme
Ils ont même proposé de donner le bac
Avec la prochaine playstation.
Et mon voisin vous le connaissez
Me dira : "Bande de surpayés
Vous foutez rien de la journée
Vous devez pas être fatigués !
Avec vos semaines de vingt heures
Vous bossez bien moins qu'un chômeur,
Et pis pas de chef et pas de rendement
C'est pas pour ce que vous faites vraiment !"
Les parents à rencontrer
Deux ou trois prozacs, huit Grand Marnier
Et vu leur investissement
L'année prochaine ira pas en s'arrangeant
Faudra peut-être songer à les adopter
Venir les lever le matin, le soir les coucher
Et p't-être dormir à leur place
Pour qu'ils restent éveillés en classe.
La prof de gym n'est pas venue
S'est faite agressée dans la rue
Mais bon, ils l'avaient avertie
Ils veulent pas de sport avant midi
Ils peuvent d'jà pas fumer en classe
Et ça déjà c'est dégueulasse
Entre chaque cours une bière et un joint
C'est quand même pas des gros besoins
Cette fois-ci c'est décidé
Mes gosses iront dans le privé
J'ai beau regarder à deux fois
Je la vois pas tant que ça
La sécurité de l'emploi. 

Putain, Cyrano,

j'ai horreur de dire merci.

Que j'apprécie par exemple...

Cette chanson là.

Allez tiens! je la réécoute pour la troisième fois.

Et me réconcilie avec le club

Et dire que certains se fatiguaient du style d'Etoile66...

:-)

On a touché 100 fois pire, depuis "Jun.2009"...

 

 

Merci quand même à Claude Lelièvre pour sa persévérance, et bon débat!

Ne pas vous plaire est un compliment rare, que j'apprécie à sa juste valeur.

Merci.

Si cela pouvait aider à recadrer le débat (je ne vise absolument personne), je voudrais citer cet article de la DUDH de 1948:

 

"Article 261. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants. "

 

Bonne lecture sur Mediapart...

Oui, mais en remplaçant education par instruction!!!Sourire

L'Instruction est incluse dans l'Education, et non le contraire.

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http://francois.gannaz.free.fr/Littre/xmlittre.php?requete=instruction&submit=Rechercher

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http://francois.gannaz.free.fr/Littre/xmlittre.php?rand=&requete=%E9ducation&submit=Rechercher

.

"Ne pas confondre !", aurait dit le Cigalon de Pagnol.

.

Dans l'une, on subit sans forcément développer sens critique ou valeurs morales, façon canard gavé futur bidasse.

Dans l'autre, non et on participe librement à son élaboration.

.

Je préfère un simple manuel éduqué à un con instruit. Pas vous ? Clin d'oeil

On peut peut-être avoir un "instruit" "éduqué" !, qu'il soit manuel, intellectuel ou les deux ( c'est le mieux ), et même sportif...

Certes, certes, mais exceptés nous deux, je n'en connais guère...Clin d'oeil

D'accord !!! Moi , c'est plutôt la danse en plus...

Cyrano,

Je préfère un simple manuel éduqué à un con instruit. Bien sûr mais il faut sans cesse rappeler aux parents leur rôle dans la part de l'éducation qui reste au delà de l'instruction!Sourire

Ah, nous tombons d'accord !

Petite question de ma fille (presque 7 ans) à l'improviste, en voiture : "Papa?", "Oui", "qu'est-ce qui est important dans la vie?"

Vous auriez répondu quoi??

Toi ! Sourire

Ah non ! certainement pas ! les gens sont souvent assez centrés sur eux-mêmes comme ça ! RireClin d'oeil

Je ne vois vraiment pas à qui vous pouvez faire allusion ! Clin d'oeil

Olivier,

Moi je dirais "Ma fille, dans la vie, ce qui est important c'est de vivre" et de là, on parle de ce que c'est que de vivre: faire un projet, rencontrer ceux qu'on aime, profiter des joies, avoir du courage pour faire face aux difficultés, etc, etc!!Sourire

Il me semble que cette réponse est quelque peu en contradiction avec la teneur du billet....

La vie ?

Plus sérieusement, je dirais peut-être : "Essayer d'être raisonnablement heureux sans le faire aux dépens des autres." ?

.

Ou alors : "Ne cesse pas de t'émerveiller des choses simples et des miracles de la Nature"

.

Ou bien : "Ne pas être l'esclave d'un homme, d'une idée ou du dieu Argent ! "

Le Vrai, le Beau, le Bien.

 

La Liberté, l'Egalité, la Fra-ter-ni-té !

Ça dépend peut-être de ce qu'elle avait en tête à ce moment précis, ou peut-être encore de ce qu'elle a gardé en tête d'une de vos conversations d'adultes quelques heures avant?

 

Mais sur un ton plutôt bateau, perso puisqu'elle a sept ans je lui dirais un truc comme

«Ne pas avoir peur de poser toutes les questions qui te passent par la tête, même si elles te paraissent incongrues ou déplacées, ne pas non plus avoir peur ni se décourager quand la réponse ne fait pas sens ou ne vient pas, rester curieuse et aimer chercher, demander, apprendre, se faire aider, etc...

Ah et que de toutes façons, ce n'est pas la peine de se prendre trop la tête ni de fixer les réponses dans le marbre inamovible,

car "ce qui est important", ça dépend, d'une part, et c'est changeant, d'autre part?..»

:-)

C'était forcément raccroché à une discussion qu'elle a suivi quelques jours ou heures auparavant, mais je n'ai pas réussi à retrouver précisément.

J'ai répondu 2 choses, qui me paraissaient suffisamment simples et concrètes pour un enfant de 7 ans :

  • être gentil avec tout le monde
  • avoir des projets

 

Olivier,

On n'était pas si éloigné l'un de l'autre dans nos réponses! Sourire

Oui, je ne l'avais pas vue, car postée à la même heure que la mienne. Je répondais en fait à Dianne. Dire à un enfant, "l'important, c'est toi" me paraît terriblement anxiogène ! Cela me rappelle la critique de Francois Flahault dans son ouvrage "be yourself".

J'ai lu cet été "La vie commune" de Tzvetan Todorov (essai dédié d'ailleurs à Francois Flahault) qui insiste sur la notion de "reconnaissance". Personne ne peut exister sans reconnaissance. Or, la reconnaissance vient nécessairement des autres. Les autres sont indispensables à notre existence. CQFD:

Ce qui est anxiogène, cher Oliv92, c'est la quantité de familles pour lesquels l'enfant est un appendice sans importance, une sorte de complément indispensable au CV social. Mal supporté en ses spécificités (ce n'est pas un adulte en réduction) dans un monde où le mot d'ordre est "il faut s'éclater". Il faut qu'il "suive". Point barre. Et l'on voit débouler les lundis matins des gamins épuisés qui ont crapahuté tout le week-end.

Pour en rester au strict contenu philosophique, ce qui est important "c'est toi" signifie aussi que l'appréhension qu'il fera du monde sera la sienne, et celle de personne d'autre. C'est la fameuse histoire de toujours content et jamais content. Les lunettes roses et les lunettes grises. Et l'on se rejoint sur la reconnaissance qui vient des autres. Les parents au premier chef. Pour qui l'enfant doit être le souci majeur, pas un accessoire que l'on case dans les trous de l'emploi du temps.

OK, je comprends mieux votre commentaire. Visiblement, vous êtes confrontés d'avantage que moi à ce genre de famille pour qui les enfants sont des "accessoires". Je pensais plutôt aux familles qui font porter trop de charges à l'enfant, qui attendent trop de leur enfant. Oui, bien sûr la "reconnaissance" des parents est fondamentale, mais le danger est peut-être aussi qu'elle dépende trop de la réussite de l'enfant en tout (école, foot, violon, anglais...). Le plus dur, me semble-t-il, est de gérer le niveau de "reconnaissance" que l'on donne à son enfant, à ceux des autres. On a tous en tête le système anglo-saxon où, des que l'enfant fait quelque chose on lui dit "it's so great, it's fantastic".

Merci Oliv92. Il est en effet utile de s'interroger sur ce qu'est la "reconnaissance". Et vous avez raison, l'angoisse parentale dans certaines familles conduit à la surenchère dans le "nourrissage" intellectuel. Mais j'en connais aussi qui blindent l'emploi du temps de l'enfant pour être bien sûrs de ne pas l'avoir sur les bras.

Entre ceux qui ont déjà le plan de carrière à la maternité et ceux qui pratiquent l'évitement familial, le spectre est large !

Quand tous ces fainéants d'enseignants se seront résolus à être polyvalents, on verra le bout du tunnel...Clin d'oeil

http://www.youtube.com/watch?v=5OhvWT9UK64&feature=related

Moi j'aime bien celui-ci, qui marche...

http://www.youtube.com/watch?v=SG2AFd-DuH8

Je ne pensais pas en avoir pour si longtemps quand j'ai commencé à lire ce billet! Comme Patrick rodel , je me réjouis du retour de Claude Lelièvre et des réflexions qu'il suscite . Ce livre de Meirieu doit être passionnant et je vais bien sûr le lire . Merci à Pirre Selim Lebrun pour cet extrait de le Revue Durable , merci aussi à Cyrano pour les Fatals Picards !

Je pense que ce livre sera pour moi un outil pour participer à l'amélioration du monde quand je serai avec mes enfants , mes petits enfants , mes amis et connaissances .

 

Un très grand pédopsychiatre disait récemment : "Avant, les enfants cherchaient à se faire aimer de leurs parents ; maintenant, c'est le contraire..."

L'enfant-roi serait-il devenu tyran ?

Cyrano,

La contraception a fortement augmenté le sentiment de responsabilité des parents. Quand, auparavant, ils pouvaient toujours se dire:"Cet enfant, je ne l'ai pas tout à fait voulu. C'est un peu le ciel qui en a décidé. Il est là, je vais faire avec. Comme mes parents ont faits avec moi, y compris la fessée si nécessaire!", aujourd'hui ils se disent:"S'il est là, j'en suis le seul responsable, le hasard n'y est pour rien, je dois donc l'assumer au mieux et donc commençons par lui foutre la paix, l'emmerder le moins possible"!

Le sentiment de culpabilité a conduit à ne plus s'opposer à l'enfant et donc à ne plus lui donner de repères (bons ou mauvais)!

Ce n'est pas l'enfant qui est devenu un tyran, ce sont les parents qui ont laissé, par peur, le champ ouvert à une toute puissance qui, naturellement, ne cherche qu'à s'exprimer.

Je suis actuellement à la recherche d'une étude sociologique qui avait été menée dans les années 1990 en France, sur l'impact psychologique que pouvait avoir sur les enfants des quartiers populaires d'être les seuls à devoir se lever tôt le matin pour se rendre à l'école, tout le reste de la famille étant soit au chômage, soit ailleurs, mais sûrement pas dans une dynamique pro-active.

Je vous l'envoie si je la retrouve.

@ +O-NE

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Analyse de Marlène Guinier :

La crise de l’Ecole, dans une triple perspective historique, anthropologique et pratique. Ou la société au miroir de l’Ecole et l’Ecole au miroir de la société.

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(extrait d'un long article publié ici en 2005 : http://www.reseaudesbahuts.lautre.net/spip.php?article13)

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...un fait me parait plus fondamental, déterminant : la révolution sociologique, anthropologique, majeure, qui bouleverse les rapports de l’individu à la société, dans toutes les sociétés occidentales depuis une trentaine d’années c’est-à-dire l’avènement de ce que Marcel Gauchet appelle la "société d’individus". Elle consiste en la prééminence de l’individu, la reconnaissance de son identité, dans une société démocratique travaillée par l’exigence d’égalité. Cette évolution présente des aspects de progrès démocratique, par rapport à certaines pesanteurs du passé, d’avant 1968, quand la société pouvait étouffer l’individu ; mais je pense qu’on en est à un point où la « démocratie [se retourne] contre elle-même » (Gauchet), où l’affirmation des droits individuels rend impossible l’exercice de la démocratie dans ce qu’elle signifie d’action collective, où l’individualisme devient donc aliénation car allant de pair avec « l’oubli » de la société. En effet, la primauté de l’individu amoindrit considérablement la capacité de la société, qui ne se pense plus qu’en tant que composée d’individus, à agir en fonction d’un bien commun, d’un intérêt général. Dans le domaine de l’éducation, cela signifie incapacité, renonciation de fait de la société à organiser une Education nationale. Cet hyper - individualisme, c’est-à-dire quand l’individu « oublie » la société , ou quand la société s’oublie au profit de l’individu, est institutionnalisé en 1989, quand la dernière loi d’orientation place officiellement l’élève au centre de l’Education nationale. Cette loi, véritable révolution copernicienne, prend acte, plus ou moins consciemment, de l’individualisme contemporain, en aggrave les effets par la crise du sens de l’éducation qu’il signifie, et de ce double fait creuse les inégalités.

Pas mieux !

@ francoise delepine

merci pour votre dernier message .

Aussi je me permets de compléter mon premier commentaire par 2 références bibliographiques mentionnées à la fin de l'article:

1- Pierre LEGENDRE est historien du droit et fondateur de l'"anthropologie dogmatique";il est l'un des rares auteurs à traiter en profondeur la question de la viabilité anthropologique de la société industrielle. Voir:

" Ce que l'Occident ne voit pas de l'Occident" Editions Mille et une nuits,Paris 2004.

2- "L'Abime se repeuple",Editions de l'Encyclopédie des nuisances,Paris 1997.page 20

bien à vous

Pierre Sélim LEBRUN

 

Merci , bien sûr FR

 

Et voici qui tombe à pic (esprit critique, etc...)

 

 

Manière de voir — L’émancipation dans l’histoire 106 / Août - septembre 2009

Numéro coordonné par Dominique Vidal

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/08/ACCARDO/17699

La lutte pour l’émancipation n’aurait-elle pas tendance à ignorer ou minorer une forme d’oppression d’autant plus difficile à éradiquer qu’elle est davantage intériorisée et s’exerce avec le consentement même de l’opprimé(e) ? Comment expliquer autrement que par cette discordance persistante entre le forum extérieur et le for intérieur de chaque individu que, même dans un monde où les droits de l’homme ont été expressément reconnus, ils soient chaque jour foulés aux pieds, dans l’indifférence générale, ou avec la complicité du plus grand nombre, y compris là où ils font l’objet de la plus grande révérence proclamée ?

Alain Accardo (extrait du compte rendu de ce numéro paru dans le Monde Diplomatique d'août 2009 )

 

Merci pour cette référence, Dianne.
La question de l'émancipation semble de nouveau à l'ordre du jour.

Le billet de Claude Levièvre pose la question des enfants "émancipés" en quemlque sorte par la société de consommation.

(voir aussi ci-dessous les discussions entre Olivier et Axel entre autres sur la responsabilité et l'accès à celle-ci).

Voir aussi le dernier billet de Philippe Corcuff donnant le programme de l'U d'été d'ATTAC - au programme : émancipation/mondialisation.

ça serait sympathique de pouvoir en discuter un jour sur Mediapart.

 

Les questions posées par Philippe Meirieu m'ont toujours paru pertinentes:"questions " (je n'ai pas écrit "réponse", Philippe Meirieu nous donne, me semble-t-il, des pistes, et nous laisse notre libre arbitre) adressées aux enseignants, parents, aux politiques... questions donc qui sont autant de remises en cause. Jamais prises en compte.

Le fil du débat me met souvent mal à l'aise: comparaison avec des pays incomparables (la Finlande, pays très peu peuplé, centralisé dans la distribution de ses moyens et qui ne va pas si bien que ça en réalité, mais avant c'était le Canada, on en bien revenu aussi; la France est un pays plus peuplé à la fois centralisé et décentralisé, les établissemens sont gérés à de multiples niveaux ce qui génère gaspillages et dysfonctionnements pour lesquels les enseignants ne sont sont pour rien), proclamations sur "les enseignants" (formons-nous une entité si homogène, ou bien sommes-nous des boucs émissaires comme les ........ et là vous complétez ce que vous voulez?).

Ce qui m'a marqué dans ma vie de professeur,sur trente ans.

  • c'est d'abord l'immobilisme, sur plus de trente ans, de l'opinion publique: jeune prof, je n'avais pas compris quand des collègues plus âgés, et oh combien dynamiques, m'avaient expliqué que pour tenir, chacun d'entre nous devait enseigner sans en saigner. Travaillant en zone difficile 43 à 59 h par semaine, je n'ai jamais été touché par les remarques sur notre supposée paresse, nos privilèges, à l'époque... On en riait, on avait même fait courir le bruit que le supermarché du coin nous accordait des réductions. Les gens y avaient cru. Aujourd'hui, ce discours imbécile est toujours le même. Qui sait que nos heures supplémentaires sont moins bien payées que les autres?
  • La deuxième chose qui revient souvent, c'est l'absence supposée de réformes dans l'éducation nationale: juste une ou deux par an, qui s'ajoutent à ce qui existe déjà. Comme aux temps modernes, on ne supprime rien, on ajoute. Sans moyens correspondant, simplement à la place de ce que l'on faisait avant.. D'où l'incohérence du système qui génère du découragement. On fait et puis si les moyens ne le permettent plus, on arrête. En début de carrière, je faisais de l'histoire et de la géographie, puis ce sont ajoutés l'éducation civique, la méthodologie, l'atelier de pratique artistique, la vie de classe, l'éducation à l'orientation, les IDD, les IDD des métiers, l'éducation artistique,la DP3 , les entretiens d'explicitations, les entretiens individualisés pour l'orientation, le soutien, l'aide aux devoirs, l'ATP, le b2i, l'ASSR Iet II, la prévention des risques, le développement durable, j'en passe et des moins bonnes. Chacune de ces mesures est individuellement formidable: toutes sont en vigueur, applicables cette année par un petit prof d'histoire géographie. Je n'oublie pas la concertation, absolument indispensable pour la cohérence d'un établissement, dont l'ordre du jour est établi la plupart du temps de façon autoritaire, pour des samedis matins . Ni la formation continue, en plus du temps de travail (qui ne comprend pas que les cours, faut-il le préciser?) et qui devrait bientôt ne plus avoir lieu que le mercredi après-midi, le samedi et durant les vacances scolaires.On ne perd rien, le contenu est aujourd'hui affigeant.
  • Ce qui m' a frappé ensuite c'est le côté sportif de ce métier: on a intérêt à être en parfaite forme physique. 25 ou aujourd'hui 32 élèves dans des classes parfois minuscules, faut être en forme. C'est toujours vrai, faut durer. J'ajoute qu'il n'y a pas de médecine du travail: une enquête de la MGEN a pourtant montré que les enseignants souffrent en moyenne de plus de pathologies professsionnelles que la plupart de autres professions (2 enseignants sur 3, si je me rappelle bien dont la voix, posture, dépressions, si si vous savez bien ces mauvais profs qui sont une hooonte, comment qu'on les laisse travailler. Ben, jamais détectés, on les laisse s'aggraver, ils essayent de tenir avec des congés) Je ne parle pas de toutes les maladies qui passent dans un établisssement, à force on doit être immunisés...Jamais de suicide, ni de démissions.
  • Ce qui a changé: l'égocentrisme. Nos enfants sont ultra protégés, des merveilles. Ca ne se discute même pas. Ce qui est grave, c'est qu'à l'âge adulte, ils se prennent la vie, d'un coup, en pleine figure. Brutal... Ces dernières années cette tendance, chez moi, dans le midi en tous cas, s'emballe. Certains élèves n'entendent rien: ils "savent" déjà. Avec l'égocentrisme, la confiance, très forte autrefois, a fortement diminué. Il faut ajouter à l'égocentrisme que des taches délicates comme l'orientation sont aujourd'hui prises en charge par les enseignants, à la place des COP et des chefs d'établissement (y compris la partie administrative, si, si!). Ca n'aide pas. Ce qui est d'autant plus désastreux, c'est qu'en conseil de classe l'avis des enseignants n'a plus d'importance: les chiffres (passages, orientations...) sont fixés à l'avance, comme à l'époque de l'URSS. Inutile de dire que l'image des profs, qui n'a jamais été glorieuse, a bien baissé.
  • dernière évolution: la misère sociale. Passé d'une zone difficile à une zone réputée bourgeoise, j'ai vu quand même la misère (sociale, intellectuelle) augmenter ces dix dernières années. Sans rien pour y faire face.

Pardon de vous avoir ennuyé:mais un débat point par point (l'évolution du métier, l'utilisation des moyens et décentralisation, l'école et les parents, par exemples, serait plus concret, productif et juste.

Merci !

Je pourrais juste ajouter que si les "réformes" ont peu ou prou été appliquées dans leurs aspects matériels réellement innovants (les fameuses "méthodes"), sans moyens, c'est que le discours hiérarchique consiste en ceci : dém... euh... débrouillez-vous, faites-le quand même. Et on fait. Les enseignants sont les champions toutes catégories du développement durable et du recyclage de tout pour faire tout. Finalement ça donne des compétences pour comprendre les enjeux politiques à venir ! Autre source intarissable de "moyens" : le salaire de l'enseignant qui sert à combler les manques les plus criants (petits ou gros matériels en tous genres). Télé, magnétoscope, lecteur cd, projecteur, ordinateur : souvent tout leur "appartient" et pour cause... A qui d'autre demande-t-on de fournir le matériel pour simplement pouvoir faire son boulot correctement ?

A la clé : matériel régulièrement obsolète car impossible à renouveler aussi fréquemment qu'il le faudrait. Ainsi quand toutes les classes sont enfin par les mêmes canaux, équipées de magnétoscopes, on en est à l'ère du DVD et tout est à recommencer... Pfouuuuu.....Je n'aurai pas duré assez longtemps pour atteindre le graal du rétroprojecteur !

 

Mais, très chère amie Dianne, mon père m'avait raconté ses débuts d'enseignant à l'époque tant vantée de l'Instruction publique, dans le cadre de la coopération au début des années 30.

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Son inspecteur lui avait dit : "Un tableau, un bâton de craie ! pour enseigner, vous n'avez besoin de rien d'autre !"

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Le tableau, c'était souvent une planche de récupération, parfois repeinte, parfois non.

Les élèves, c'était de cinquante à soixante gamins et gamines de 5 à 14 ans, dans la même classe, c'est-à-dire assis par terre, dehors, ou sous la bâche du "marché local".

Il lui est arrivé d'avoir plus d'une douzaine de membres d'une même fratrie simultanément, et souvent des élèves donnant le sein à leur bébé pendant "la classe".

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Alors, le matos et le ministère, c'est une vieille histoire.

Tant qu'on ne nous obligera pas à pédaler pour produire le courant nécessaire à l'alimentation de l'éclairage...

 

 

Ce sont exactement les conditions dans lesquelles est amené à travailler un correspondant enseignant béninois. 65 élèves, majorité de garçons qui ne mangent pas tous, le midi, faute de moyens.

Un autre monde est en marche, dit le Bon Gars José.

Y'a encore du boulot...

Pour l'éclairage, on ne pédale pas. Mais il m'est arrivé de fournir un ventilateur, sous peine de voir l'effectif se réduire à toute allure...

Tu aurais pu dire "fondre" Tranquile

J'arrive un peu après la bataille des commentaires mais mieux vaut tard que jamais.

C'est l'intitulé d'un des chapitres qui a attiré mon attention : "une révolution copernicienne en éducation ", cela me rappelle un de mes premiers billets (assez maladroit) sur Mediapart ( ou ici encore) N'ayant pas encore eu le livre entre les mains, de quelle révolution s'agit-il exactement ?

Je rappelle et résume, afin de relancer, je l'espère, le débat sous ce billet, quels sont mes sentiments sur ce sujet (cela me permettra d'utiliser les nouveaux boutons du site Clin d'oeil ) :

  1. Il y a des inégalités sociales, l'école doit les corriger (ce qui veut dire que tous les élèves doivent reussir), or elle n'y arrive pas (ou peu) donc il y a une reproduction des inégalités.
  2. renversement copernicien : il y a une reproduction des inégalités à l'école, il faut donc les corriger à l'extérieur de l'école pour que les élève puisse y réussir.

Il ne faut pas se méprendre. Je ne crois pas que l'augmentation du pouvoir d'achat des bas salaires contribuerait de près ou de loin à améliorer les résultats des élèves. Même si par magie les bas revenus augmentaient sans engendrer d'inflation, le problème ne serait pas réglé. Il me semble assez inévitable qu'il est des positions sociales différentes dans la société et qu'il y ait aussi des rénumérations différentes.

La question de l'égalité sociale vaut pour l'égalité d'accès aux droits fondamentaux (égalité devant la loi, la liberté de se déplacer partout librement, pouvoir se nourrir, acceder à un logement, aux soins, aux apprentissages fondamentaux... les biens premiers aurait dit John Rawl) mais ne doit pas être évoqué lorsque les élèves ont tous accès à ces biens premiers. Ceci implique donc de réserver la question de l'inégalité à l'école aux seuls enfants qui connaissent des situations de réelles précarités (plus d'un million d'enfants en France ce qui n'est pas rien) ou inclus dans des groupes "minoritaires" (la question des filles à l'école notamment). Il y a inégalité quand un enfant ne mange pas le midi du fait de sa situation sociale et donc qu'il est nécessairement moins performant l'après-midi.

Mais si on réserve à ces situations la seule appelation d'inégalité, on refusera d'appeler "reproduction des inégalités" la reproduction des positions sociales.

Le rôle de l'école n'est plus de faire comme si tout le monde allait devenir médecin et, sous le boiseau, trier les élèves via les filières professionnelles mais de faire en sorte que chacun puisse agir pour réduire les inégalités sociales. Faire que chacun puisse être président d'association, élu, responsable syndical, militant politique...devrait être le seul but de l'école (son but politique originel : inclure tous les citoyens dans la communauté de la république). Le problème n'est pas d'être caissière mais c'est de ne pas avoir les outils nécessaires pour se défendre.

C'est dans une société où chacun peut endosser des responsabilités et ne craint pas de faire front que les inégalités scolaires se réduiront. Il faut donc renverser notre logique actuelle afin d'inclure toutes les familles dans des dynamiques de progressions sociales, d'abord hors des murs de l'école avant d'en ressentir les effets scolaires.

 

(mieux vaut tard que jamais, oui Sourire),

Cesser de vivre l'école comme un dressage comme si on vivait des vies d'animaux savants de cirque,

plutôt vivre l'école comme un lieu d'ouverture d'esprit, de construction de culture générale.

 

Il y a trop d'heures, on sort de l'école trop tard, fatigué et abruti comme un animal de la séance de dressage.

Il faudrait qu'on aille plus vers une sensation qu'on est à l'école entre apprentis-cohabitants-cocitoyens, qui se forment ensemble, presque les uns les autres d'une certaine manière,

qui se focalisent sur des intérêts communs (et non sur la compétition implacable du chacun pour soi), principalement l'éveil et la construction de la culture générale qui rend libre et qui donne les bases pour ensuite aller apprendre tel ou tel métier (et capable pour le restant de sa vie d'apprendre plusieurs métiers différents, d'en exercer plusieurs).

 

Mais vous avez raison, la clé est d'abord à la maison: ce qu'on attend de l'école, ce qu'on veut comme genre d'école, comment on conçoit l'éducation comme un dressage ou comme une ouverture d'esprit.

Je suis intimement convaincu que le futur devra être fait de "développement individuel de la personne". Il faut partir de chaque personne et l'aider à se "développer", à évoluer, à se construire un avenir, en fonction de ses forces et de ses handicaps. L'important est le chemin plutôt que son but.

C'est vrai pour les enfants comme pour les adultes.

Certains ont besoin de beaucoup d'aide, d'écoute, d'autres en ont déjà suffisamment dans leur entourage proche, famille.

C'est tout à fait l'enjeu en effet à mon sens.

Un mot (ou un de ses équivalents) était très curieusement absent de toutes les circulaires ou textes officiels de l'E.N. jusqu'aux derniers lus : PLAISIR

L'Ecole peut-elle réussir avec des adultes et des enfants qui y iraient à reculons sans bien savoir pourquoi ils sont là ?

 

Vos remarques sur les inégalités sociales sont fondamentales, au coeur du problème. Pour prolonger, peut-être:

  • l'école subit les inégalités, mais les les accepte, les combat, les accentue. C'est selon. Avoir accepté les ZEP dans les années 80, c'était une façon très claire de figer ce mitage social. En revanche, parfois, c'était le cas de ma ZEP (un secteur d'Oyonnax dans l'Ain), grâce à des moyens conséquents et des projets venant des personnels en concertation et évalués par eux et dans le respect de leur liberté pédagogique, c'était faire reculer ces inégalités. Les filles en particulier en ont beaucoup profité. La dynamique est fragile: le conformisme social nous a rejoint à la fin des années 80. Une anecdote peut être éclairante, un détail, tout petit détail. Le chef cuisinier, qui faisait tout dans sa cuisine (il n'utilisait même pas de surgelé), est parti. Parce qu'il ne voulait pas d'une proposition du conseil général, la mise en place d'un self service. Dans cette dynamique, la cantine jouait un rôle central: on mangeait bien, au moins une fois par jour, ensemble. C'était une raison pour venir tous les jours. La dynamique s'est en partie brisée.Je travaille aujourd'hui dans un petit collège du Gard: cuisine centralisée, les plats font 30 kms, sont réchauffés sur place, on se sert au self. Bonjour, au revoir, le bruit, la nourriture gâchée (vous le saviez? on jette presque 60% de la nourriture qui arrive!) . Le conseil général est fier de ça, on n'essayera même pas de lui expliquer, aujourd'hui on communique sur le bio, c'est plus porteur (nota, je mange bio, mais ce n'est pas le problème!).Si mon établissement voulait changer cet état de fait, il ne le pourrait pas. Cela montre que le risque est grand d'accentuer les inégalités, la frontière est si fragile.
  • Il va de soit aujourd'hui qu'à chaque collège correspond sa clientèle sociale. Notre société a admis cela et le combat dans le cas contraire: il y a quelques années, en tant que délégué syndical, j'ai participé à des réunions pour changer la sectorisation des collèges du Gard, ceux de Nîmes en particulier. Le conseil général avait un forte volonté de changer les choses: volonté brisée par les fédération de parents, FCPE en tête (la PEEP, amusée a laissé faire). Argumentaire: nos enfants ne prendront pas le bus, tu parles. Rien n' a changé aujourd'hui, les ghettos sont toujours là. Dans le même ordre d'idée, mon établissement d'Oyonnax (plus de 50% d'étrangers à l'époque) était un collège 900 (élèves). La plupart ont disparu aujourd'hui, suite à un plan autour des années 2000. Celui là est toujours collège 900, allez savoir pourquoi (réponse facile à trouver).
  • l'exemple des filles: les inégalités garçons/filles sont fortes, dans notre société toute entière. Il y a 20 ans, il me semble qu'on avait prise: aller voir, revoir, et revoir le père pour que des filles puisse participer à une sortie, oublier de demander la signature autorisant la participation à un atelier de pratique artistique/photographie (faute prescrite aujourd'hui!)... Lancer des procédures sur le travail à domicile, une enquête concernant une fille soupçonnée de prostitution. Maintenant, ce n'est plus toujours bien vu ("Mêlez vous de ce qui vous regarde", alors je regarde... ailleurs). Surtout, d'autres formes de misères, que j'ai découvertes ici, dans le midi: quand des substances franchement illicites agissent sur des adolescents en pleine croissance et en pleine construction...alors oui, je ne sais plus quoi faire.

Je crains d'ailleurs que toutes les remarques précédentes ne soient obsolètes: les fonds sociaux à notre disposition pour aider les familles en difficultés (pour les sorties, le matériel à acheter, payer la cantine...), fondent comme neige au soleil. Des établissements ont pu fermer les yeux sur des factures impayées à la cantine (de toute façon l'huissier coûte plus cher que les factures à recouvrer): mais quand on sait qu'une partie du budget de la restauration (payé par une partie des familles et le personnel qui l'utilise) peut servir (et sert) au financement du fonctionnement pédagogique de l'établissement, quelle évolution imaginer?
J'espère que ces remarques, un peu en vrac, je le reconnais, permettent de comprendre la complexité du fonctionnement de nos établissement scolaires: la période de renoncement que nous connaissons, accélère, me semble-t-il beaucoup les choses. La question de P. Meirieu est donc d'une grande pertinence.

Merci pour ces commentaires.

Ces exemples montrent aussi que si l'on veut s'en sortir, les solutions passent par une prise de responsabilité et un travail d'équipe au niveau local. D'ailleurs, c'est vrai partout, dans les entreprises, les villes... partout. Malheureusement, le fonctionnement de l'Education Nationale, très centralisé, n'encourage pas cette approche. Heureusement, il y a souvent des profs, des directeurs d'établissement, des instits, des parents... qui s'impliquent au delà ce que l'Education Nationale leur demande, parfois à rebours, pour créer une école plus humaine.

Merci Claude Lelièvre pour cette question fondamentale pour l'humanité : "quels enfants allons-nous laisser au monde ?" Et là me vient une réflexion un peu provocante : fini le gentil pédagogue qui prenait les enfants par la main pour les conduire consciencieusement à l'école. Aujourd'hui, les enfants y vont tout seul à l'école : en rollers ou en patinette rétractable. Ils ont les oreilles cachées par des casques à musique qui les relient à un autre monde, celui de leur choix, en les coupant du vrai monde environnant. Leurs yeux ne regardent plus devant eux ni à ce qui s'écrit au tableau mais sur ce qui s'affiche au téléphone portable : phantasmes, infos, SMS, images, jeux. La limite entre le virtuel et le réel est abolie. Certains, pris par leurs jeux de rôle disjonctent et tirent sur tout ce qui bouge à l'école avec des armes à feu empruntées à la collection des parents en se prenant pour les vengeurs masqués de toutes les frustrations véhiculées par leurs parents. L'école n'est même plus un lieu physique mais devient un lieu virtuel. Avec la propagation de la grippe A, les lieux d'apprentissage de la vie en société vont fermer les uns après les autres. Certains seront plus confinés que d'autres, plus sujets à risque que d'autres. Le monde où nous vivons fabrique des enfants qui échappent totalement à notre vision éducative.

Lincunable,

Moi qui adore les enfants, puis-je faire un peu d'humour autour de votre Le monde où nous vivons fabrique des enfants qui échappent totalement à notre vision éducative et écrire: Dans le monde où nous vivons les adultes échappent totalement à la vision éducative qui conviendrait aux enfants d'aujourd'hui!Sourire

Vous pouvez, cher M Philips, mais il me semble que les enfants restent plus faciles à éduquer que les adultes

Mais ce sont des adultes qui éduquent les enfants.

Les meilleurs pédagogues ne sont-ils pas ceux qui arrivent à se mettre "à la portée" des enfants? Ceux qui n'ont pas peur d'employer le vocabulaire des enfants, faire allusion à leurs jeux et à leurs centres d'intérêts? Bref des adultes qui sont se sentent obligés d'évoluer pour se mettre à la portée des enfants...et faire ainsi passer leur message éducatif?

Selon moi, oui, le pédagogue avec les enfants, devrait très bien "connaître" leur monde, et apprendre aux enfants, de façon à amener à la réflexion et donc à la découverte par les enfants eux-mêmes ; et cela devrait se faire de façon ludique (les enfants adorent cela : le théâtre, les jeux, etc.), mais en se situant évidemment aussi dans le "réel", mais sans toutefois jamais briser l'imaginaire (le rêve) des enfants.

La pédagogie est donc tout l'art de l'enseignement, et cela manque hélas cruellement en France actuellement, où les enseignants ne s'entendent pas parler, la plupart du temps, et n'arrivent donc pas se mettre à la portée des enfants, car n'étant, eux-mêmes, souvent, pas devenus de vrais adultes.

Il faudrait donc apprendre aux enseignants ce qu'est la pédagogie.

Et c'est, à mon avis, d'une très grande urgence.

Par rapport aux enfants des années 50, auxquels parents, grands-parents, amis de la famille, école, voisins, passants même imposaient le respect de tout, sous peine de passer pour un "jeune voyou bon pour la maison de correction" et qui, s'ils n'étaient pas faits pour les études ou bien plus souvent si les parents n'avaient pas les moyens de leur en faire faire (il faudrait quand même rappeler aux plus jeunes qu'à cette époque, il n'y avait sauf pour une frange infime ni électro-ménager, ni télévision, ni hifi, ni salle de bains, ni voiture, ni vacances dorées, ni inscriptions ou lettres sur les vêtements, ni slip de couleur et que les gens se satisfaisaient d'avoir un boulot qui leur payait le toit, à manger, à se chauffer, un poste de TSF, un vélo parfois, s'éclairer et de quoi se payer une sortie le samedi soir ou le dimanche au cinoche...) se trouvaient au boulot à 14 ans, que devraient encore respecter les enfants d'aujourd'hui ?

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L'éducation et l'Education ne commencent-elles pas là ?

 

Mais n'est-ce pas, cher Cyrano, tenter de leur parler d'une époque préhistorique où la taille de la pierre s'apprenait autour d'un feu béni si difficile à allumer et à entretenir ?

Ce n'est pas pour leur en parler lol

D'abord, les mammouths ne parlent pas (oui, je sais, ça ne fait barrir).

Ma question est bien (sans comparaison avec ce passé) : que devrait pouvoir "respecter" un jeune lambda d'aujourd'hui ?

Rien ?

Pour moi, l'éducation, c'est la construction d'un citoyen éclairé pouvant espérer être raisonnablement heureux de façon morale.

C'est connaître ses limites et les limites du monde tout autour en essayant de repousser l'une et l'autre le plus loin possible.

Comment se construisent l'esprit et la personnalité d'un enfant sinon en explorant le monde en cherchant jusqu'où aller trop loin ?

Mais si en l'explorant, il re rencontre rien ?

Mon pauvre père disait volontiers : "Un enfant, c'est comme un arbre. Au début, c'est aux parents de s'assurer qu'il pousse droit (ne dit-on pas un tuteur d'ailleurs ?). Ensuite, s'il était destiné à pousser tordu, il poussera tordu. A ce stade, on ne peut rien contre la nature..."

Bien sûr, Cyrano, l'intégration sociale de l'enfant commence avec le respect. Je pense, quant à moi, que l'inculcation de ce respect de l'autre commence à la naissance! Quand le bébé pleure pour réclamer son biberon et que celui qui le prépare lui dit "un instant mon bébé, je le prépare" ou "un instant mon bébé je termine ma communication téléphonique avec X". C'est le début de l'apprentissage de la frustration, c'est à dire la capacité à tenir aussi compte des autres! Sans gestion de la frustration, pas de socialisation, pas d'apprentissage. Non?Sourire

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