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May

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«S» au-dessus de tout

Le plus remarquable dans la présentation par Sarkozy des changements préconisés pour le lycée est qu’absolument rien ne concerne la filière ‘’S’’ pourtant mise en cause depuis plus d’un quart de siècle.

 

Dès le début de la cinquième République, en 1965, il est décidé que les lycées seront désormais structurés en filières bien typées, les filières générales A,B,C, D ; et les filières technologiques F, G, H .Les filières étaient présentées comme étant un cadre fonctionnel pour une bonne orientation qui tienne compte des aptitudes et des goûts des élèves afin de les préparer, dans des cursus adaptés, à des sorties diversifiées du système scolaire ( avant la vie active ou la poursuite d’études dans le supérieur ).

Mais, en réalité ( et c’est sans doute un effet structurel de ce type même d’organisation ), elles ont été immédiatement hiérarchisées entre elles, les filières générales étant placées au-dessus des filières technologiques, et la filière ‘’C’’ ( dite maths-sciences, rebaptisée depuis ‘’S’’ ) planant au-dessus des autres filières générales ( ‘’A’’, littéraire, rebaptisée ‘’L’’ ; et ‘’B’’, sciences économiques et sociales, appelée désormais ‘’SES’’ ).

 

Cette filière ‘’S’’ dominante est convoitée bien au-delà de ce à quoi elle devait normalement ( fonctionnellement ) conduire, à savoir des orientations spécifiques requérant des capacités particulières dans le domaine mathématique et scientifique.

Du fait de sa position dominante de filière d’excellence ( et parce que les coefficients accordés aux mathématiques et aux sciences ne sont pas de nature à la ‘’spécialiser’’ suffisamment ) elle ouvre pratiquement à tout ( et souvent en priorité ), ce qui conduit à des dysfonctionnements en chaîne du système.

On peut en citer – dans le désordre ! – quelques-uns, qui commencent à être bien connus. Seulement 44% des bacheliers ‘’S’’ choisissent cette série par goût des maths ou des sciences, et un tiers des titulaires de ce baccalauréat s’inscrivent ensuite dans des formations autres que scientifiques ( alors même que l’on ne parvient pas actuellement à remplir la liste des postes ouverts au concours de l’agrégation de mathématiques, par exemple ).

 

Dès 1983, le rapport sur les seconds cycles des lycées soulignait déjà que " les études à dominante scientifique, détournées de leur finalité, servent en fait à définir une élite ". Depuis cette date, durant tout ce dernier quart de siècle, tous les rapports, tous les projets de réforme ont prétendu " rééquilibrer les filières et les séries " en luttant contre la prééminence du bac ‘’scientifique’’ constitué en voie royale.

La réforme de 1992, par exemple, institua la Seconde de détermination générale et technologique et simplifia les séries. Mais, quinze ans plus tard, il faut bien constater que la série ‘’S’’ a encore renforcé sa prééminence au détriment des deux autre séries générales. Sans compter, la domination ’’générale’’ sur les filières technologiques, qui a bien des effets pervers ( en particulier en IUT où les bacheliers technologiques ne représentent que 30% des élèves, alors que les IUT leur étaient en principe destinés …)

 

Dans ces conditions, les quelques mesures dites ‘’pragmatiques’’ annoncées par Nicolas Sarkozy ont peu de chances d’être à la hauteur du problème ( à l’instar de celles qui ont été mises en place précédemment ) parce qu’elles ne s’attaquent pas vraiment au système des filières lui-même, générateur de ces dysfonctionnements dans son processus récurrent de différenciation-hiérachisation. Et cela d’autant plus qu’il n’a été question d’aucun changement concernant la série ‘’S’’ elle-même ( en particulier pour ce qui concerne l’équilibre des disciplines qui la constituent et les coefficients qui leur sont accordés pour l’obtention du baccalauréat ).

On se demande bien où est passée la fameuse ‘’rupture’’ chère à l’apôtre du ‘’changement’’ et pourfendeur autoproclamé de ‘’l’immobilisme’’…Mais parions que Nicolas Sarkozy ne sera pas isolé sur ce point : il bénéficiera ( comme bien d’autres avant lui ) d’un certain ‘’soulagement’’ de ceux qui sont ‘’intéressés’’ ( dans tous les sens du terme ) à ce que la série ’’S’’ perdure telle quelle en dépit des dysfonctionnements qu’elle engendre. Et ils sont généralement bien placés, et de tous bords.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous les commentaires

Malgré cet article, je ne comprends toujours pas pourquoi il serait important de "diminuer" l'attractivité de la filière S ou tout du moins lui ôter sa prédominance actuelle ? On comprends bien que cette filière ouvre le plus de portes, parfois même est prioritaire sur d'autre (ex: entrer en Science-Eco ou École de Commerce est plus aisé avec un bac Maths qu'un bac Sciences-Eco, paradoxalement) D’un autre coté, le problème n’est pas tant sa prédominance, le problème est qu’il faille faire en sorte que les règles du jeu scolaire soient connues de tous. A savoir, la course commence dès la 3ème, c est une course aux maths qui offrent ensuite l’accès au bac S et a toute ses facilités. Soulignons aussi, que cette filière tout de même forme de bons élèves, qui réussissent mieux par la suite dans le supérieur. Et ces même élèves sont également convoités dans les pays étrangers ou cette filière est reconnue et appréciée.  

"la filière ‘’C’’ ( dite maths-sciences, rebaptisée depuis ‘’S’’ ) planant au-dessus des autres" Vous avez oublié la section "D" plus orientée vers les Sciences de la vie et de la Terre. Section qui était considérée comme étant de "niveau inférieur" à la "prestigieuse" section "C". La création de la section S (il y a un peu plus d'une dizaine d'années) a remédié un peu à cette différence.

Par ailleurs pour répondre à hfoucault, il me semble que s'il suffisait de connaître les rouages du fonctionnement des filières du système scolaire pour en profiter au maximum, cela se saurait. C'est une condition nécessaire, mais loin d'être suffisante. En revanche celui-ci a raison quand il affirme "ces mêmes élèves sont également convoités dans les pays étrangers où cette filière est reconnue et appréciée" en rajoutant toutefois "à condition qu'ils aient intégré une grande école", comme le montre cet article : http://www.slate.fr/story/11617/france-finance-reussite-city-londres

bonjour

Les scientifiques (et leurs formations) ressemblant de plus en plus dans ce pays aux "réserves d'indiens" d'Amérique du Nord à une certaine époque, votre article est très surprenant!!! Le problème actuel des scientifiques (jeunes et moins jeunes) me semble plus lié à une sorte du conformisme régnant (essentiellement lié à l'impact de la la télé et la radio sur les neurones disponibles) plutôt qu'à la remise en cause (peut-être nécessaire, who knows???) de filière!!!....il suffit, pour le vérifier, de constater auprès des étudiants de première année en science, le manque de remise en cause des doxa actuelles véhiculées par les médias.

Chris

Mais je ne mets pas en cause une vraie orientation vers les mathématiques et les sciences, bien au contraire! Que "S" soit vraiment cela, et rien d'autre ( ce qui a pour effet - reconnu pourtant depuis longtemps - de pervertir d'autres orientations qui, au lieu d'être ressenties comme positives, peuvent apparaître comme une orientation ''par défaut '' dans la mesure où ''l'excellence'' semble concentrée dans une seule et unique filière-qui peut conduire à tout, au-dessus de tout )

@ Mr Lelièvre

La mécanique chronique de vos articles est scrupuleusement respectée .....Elle assigne à ces derniers de terminer systématiquement par une critique de Mr Sarkozy , du libéralisme/capitalisme , d'un ministre ,de l'entreprise etc... en commençant par une référence historique démontrant la récurrence d'un problème perdurant à travers le temps ,soutenu naturellement par le complot et la complicité d'une élite bourgeoise ,brimant les fils d'ouvriers .

Pour cerner les limites et la partialité corporatiste de la pensée et de la formation non scientifique auxquelles se rattache votre billet,un rappel statistique s'impose.

Je partage votre point de vue sur le fait que S est loin d'être la section d'élite du secondaire en Sciences et aussi en Philo comme l'a été le " 2eme Bac Math Elem (remplacé par un avatar nommé C en 1965 ,puis S ).En effet il y a 160 000 candidats en S (seulement 30 000 en option maths,le reste en physique et SVT ) dont 145 000 reçus et 80 000 mentions....A part inscrire dans la constitution que tout français à l'âge de 18 ans aura un Bac S et à 21 ans une licence (cela aurait pu rendre service à Jean Sarkozy) ,je ne vois pas ce que l'on peut faire de plus démagogique et de moins républicain .

Parler d'élitisme et de" dictature des maths " au vue des ces résultats est sidérant ...Il est donc naturel et cohérent de considérer que les Bac L et ES sont des réservoirs à " crêpes " à" seconds couteaux ", planche de salut pour ceux qui sont allergiques à toute forme de rigueur scientifique .Le lobby des profs des matières sans rigueur (français,histoire,économie et social etc ...) en est donc légitimement contrit et ému. Votre position est cohérente avec ce constat.

Mais l'excellence (c'est une façon de parler avec 80 000 mentions ) à 95 % est donc en S...heureusement que le parcours de Mr N Sarkozy démontre qu'il reste des possibilités d'excellence dans les autres sections du bac.... Sourire

 

La difficulté de recruter des professeurs de mathématiques s'explique non pas par la non spécialisation duBac S ,mais par le fait qu'il faudrait mieux payer les profs de Maths et de Physque que les enseignants des autres matières ou il y a pléthore de candidats ...pour les attirer vers l'enseignement .

Descoing à montrer qu'à Sciences Po ,tout le monde pouvait réussir à condition de savoir lire le Monde et Mediapart....mais pour l' X ,les Mines ou Centrale la preuve reste à faire (autant qu'il reste un écrit..) .

Tout le monde peut faire des études littéraires ,tout le monde n'est pas capable de faire des études scientifiques ....désolé pour l'égalité.

Je suppose que la dernière assertion de votre commentaire est, bien sûr, fondée scientifiquement, et au-dessus de tout débat et de toute considération plus ou moins incertaine? Pendant longtemps, en tout cas ( voyez la variation historique des opinions ), le bac philo-letttres a été considéré comme le vrai bac, le bac maths élémentaires étant pris comme un bac de ''spécialiste'' de moindre culture et de moindre valeur; le retournement se faisant dans les années 1960.

@ Mr Lelièvre

Vos billets ,mes commentaires,les études littéraires,sociologiques,historiques n'ont rien de scientifique...c'est de la rhétorique .Je le sais et vous l'accorde bien volontiers...

Pendant très longtemps le bac n'a pas existé...Pascal,Ampere,Monge et pas mal d'autres n'avaient pas le Bac. On pouvait donc tout faire sans le Bac...

Il est exact que le Bac Mathelem est postérieur au Bac Littéraire.L'obscurantisme a toujours été le premier à naître....

De 1947 à 1960 ( la session de Septembre ayant été supprimé pour des raisons d'économie budgétaire à partir de cette date ) ,il était fréquent de passer après l'obtention de son Bac Mathelem en Juin ,de passer son Bac Philo en Septembre ou l'année d'après en Math Sup . L'inverse étant rare.

 

Oui, mais justement parce que, à cette époque, celui qui avait un bac maths élementaires pouvait éprouver un sentiment d'incomplétude ( le bac philo étant plus prisé, alors, que le bac maths-élementaires; mais pas l'inverse, bien sûr ). Jusqu'aux années 1960 , les élèves d'origines socio-culturelles privilégiées sont proportionnellement plus nombreux à préparer le bac philo-lettres que le bac maths-élementaires; la tendance s'inverse ensuite ( un signe socio-historique qui ne trompe pas ).

@ Mr lelièvre

Vous n'arrêtez pas de modifier vos réponses....Le retournement s'est fait bien avant 1960.

En ce qui concerne votre conception de la culture"littéraire" inhérente au Bac Philo post 1947,laissez moi vous rappeler qu'il y avait un premier Bac à cette époque dont les intitulés étaient des lettres..

M pour moderne option physique,M' pour moderne option sciences Nat , C pour les M faisant du latin en plus et C' pour les M faisant du latin et du grec,plus d'autres lettres pour les lettreux qui se destinaient"obligatoirement " au 2eme Bac Philo puisqu'ils étaient court en Maths et physique.

80% des effectifs de Math elem avaient fait du latin ou du grec ....alors coté spécialisation ,on repassera et coté culture "classique " ,rien à envier aux lettreux .

Au fait dans les 4 deuxiéme bac de l'époque Philo,Sciences ex, Math Elem,Math et technique ...le plus dur était le dernier ,programme de Math .Elem plus 11 H d'atelier ,soit 43 H de cours par semaine (de quoi donne le tourni aux chrono biologistes ).

Finalement pour vous les Maths et l'Habileté manuelle ne sont pas de la culture.

 

Pour Alcyme.

Votre emploi du terme "rigueur" est assez hasardeux pour le réduire à la rigueur mathématique, comme s'il n'y en avait pas d'autre ( vous êtes d'ailleurs assez cohérent, en reconnaissant que vos interventions ne sont que du " baratin"). Permettez-moi de vous suggérer un petit exercice : essayez donc de lire un peu de L'Ethique de Spinoza, qui écrit "more geometrico", vous aurez là un type de rigueur et un exemple de pensée rigoureuse qui ne traite pourtant pas de mathématiques. Vous confondez le rôle institutionnel accordé aux mathématiques, et le rôle que les mathématiques peuvent avoir dans l'éducation de la pensée ; elles y ont certainement un rôle important, mais avec d'autres formations,historiques, littéraires, philosophiques. Toute pensée ne vise pas le vrai, elle peut aussi viser le vraisemblable (Aristote), et en ce domaine toutes les pensées ne sauraient avoir la même valeur.

Michel Autiquet

@ Michel Autiquet

Permettez moi de vous suggérer, aussi la lecture ,de

a) La science et l'hypothèse de Poincaré ( Pas de Cicéron)

b) Les oeuvres d'Hyppolite Commissaire et Georges Cagnac...

 

C'est moins accessible que Baruch Spinoza....

Ce qui n'est pas normal , c'est que même pour faire une hypokhâgne ( classe préparatoire de lettres ) il vaut mieux avoir un bac S .

Quoi faire pour que les parents , les enseignants n'utilisent pas tout de suite ce qui peut discriminer et faire une filière d'exellence ? Un seul bac très général ? des filières hermétiques ? Autrefois , on choisissait l'allemand 1ère langue pour être dans une bonne classe dès la 6ème .

Je confirme que les notions de "dictature des maths", "d'élitisme" (par les maths) pour désigner la filière S sont des fantasmes: en réalité le poids de cette matière (dans les horaires et l'importance que lui accordent les élèves) n'a cessé de diminuer: educmath.inrp.fr/Educmath/etudes/pierre-arnoux/duverney

-Avant la “rénovation pédagogique”, (dans les années 80) un bachelier a suivi en moyenne 400 heures de mathématiques, 292 heures de physique-chimie, et 185 heures de sciences de la vie et de la terre, au total, pendant
ses deux années de première et terminale.
-Après la “rénovation pédagogique” et jusqu’en 2002, son curriculum moyen passe à 382 heures pour les mathématiques, 287 heures pour la physique-chimie et 201 heures pour les SVT.
-A partir de 2003, date de l’arrivée au baccalauréat de la “réforme des lycées”, le bachelier scientifique moyen a suivi 334 heures de mathématiques, 304 heures de physique-chimie et 243 heures de SVT.
Un élève de terminale S ayant choisi la spécialité maths a actuellement 7,5h de maths hebdomadaires contre 9h pour un élève de C (5,5h pour un élève n'ayant pas choisi la spécialité maths). Par ailleurs l'évolution des horaires rappelée ci-dessus montre un déplacement vers un enseignement scientifique expérimental au détriment de l'abstraction, cette évolution étant également voulue et perceptible dans les programmes de maths eux-mêmes. Ce qui est invariable cependant, c'est le forcing des parents et des élèves pour décrocher un passage en S dont l'obtention n'a plus grand chose à voir avec les "performances" en maths, le but étant de profiter des possibilités censées être ouvertes par l'obtention du "label" mais si possible sans en subir les inconvénients, c'est à dire les difficultés des programmes. Tout a été mis en oeuvre en particulier ces 15 dernières années pour que ces difficultés soient aplanies de sorte à contenter le plus de monde possible (autour de 40% d'élèves passent en S à l'issue d'une seconde d'enseignement général, avec près de 90% de réussite au Bac S) et pour que la S ne soit plus la-filière-élitiste-par-les maths. Mais c'est la quadrature du cercle qu'il faut résoudre s'il faut contenter une demande nombreuse pour une "la filière plus prestigieuse" (qu'elle soit soi-disant fondée sur les maths ou pas). Une autre quadrature est de maintenir un niveau d'exigence en sciences qui fasse réellement de la S une filière scientifique préparant à des études scientifiques dont la difficulté, si elle n'est pas édulcorée, est réelle (notamment en prépa où à l'université, les taux d'échec dans cette dernière étant très élevé), et amener suffisamment de jeunes vers des études scientifiques, à l'issue desquelles il y a actuellement le plus de débouchés, pour satisfaire les besoins de la nation. Je fais pour finir deux remarques:
- ce n'est pas parce qu'on fait S qu'on fait Centrale ou X ou une école scientifique de première catégorie (ni même de seconde): c'est une condition nécessaire mais pas suffisante...
- un élève souhaitant faire un parcours élitiste peut le faire sans passer par S notamment par le jeu des options, pleins de parcours élitistes post bac ne faisant pas intervenir les sciences existent, et un élément brillant aura moins de concurrence qu'en suivant la filière S. (De tels parcours existent, j'en ai rencontré)

@ Hiber

J'ajouterai que le remplacement de la règle à calcul par la Ti 89 facilite grandement la réussite à l'épreuve de Mathématiques du Bac S...qui n'a rien d'élitiste au vue du taux de réussite ,du taux de mention ,du nombre de candidats ...

 

j'adore cette idée tranquillement assénée par Alcyme que tout le monde est capable de faire des études littéraires qui ne sont jamais que de la rhétorique, du blabla quoi ; alors que d'évidence seule une élite intellectuelle peut faire des maths. Cela me rappelle un de mes collègues, professeur de mathématiques, qui affirmait avec une assurance tout aussi tranquille que tout le monde pouvait suivre une conférence de lettres au Collège de France alors qu'il fallait être matheux pour suivre une conférence de mathématiques dans ce même lieu prestigieux. D'un côté comme de l'autre, même démonstration involontaire que quelque chose fait défaut dans leur argumentation : l'habitude de faire fonctionner son sens critique et l'emprisonnement dans des préjugés bien ancrés !

Mais, bon, laissons cela. L'important me semble de bien comprendre que ce n'est pas critiquer les maths en tant que telles que de déplorer qu'elles servent de moyen de sélection pour des études où elles ne joueront aucun rôle - grosso modo les études de commerce, les études médicales - avec les problèmes que peut poser, dans ces métiers, l'absence d'une formation aux humanités, comme on disait jadis.

@ rodel

La philosophie et la littérature ne sont que des préjugés loin de faire l'unanimité même dans leur communauté .Il est plus facile de baratiner ( esprit critique ..) que de démontrer.

Les maths ou la physique(les sciences dures ,les vrais sciences (celles qui prédisent et qui expliquent ) pas les mollasses sur lesquelles baratinent les philosophes et les sciences "humaines " sont peut être le moyen le meilleur ,le plus démocratique ,le moins discutable pour sélectionner ou discriminer des candidats au leu et place des "humanités" ( L'affaire Sokal ,il y a quelques années m'avait bien amusé..c'est quoi les humanités au fait ?)

Votre phrase un tantinet nostalgique et passéiste du temps ou les codes sociaux étaient plus important que la compétence intellectuelle est réjouissante ... .par son "axiome " sur la nécessité des humanités

Pour la médecine vous préférez visiblement Diafoirus à Claude Bernard et le regrettez par rapport à Pasteur (qui n"était d'ailleurs pas médecins ,mais qui leur a appris à se laver les mains lorsqu'il passait d'un patient à un autre ..) .

Pour HEC par exemple ,elle recrute 80% de ses élèves sur la prépa épice scientifique .Il a fallu quasiment lui imposer par la loi " en échange de 2 ans de prépa au concours " de recruter des candidats issus de Khâgne ou de épice éco .....il doit bien y avoir une raison à ce choix ..hein .Si les candidats des humanités étaient si bons que ça ,ils en prendraient plus . Par contre l'école de commerce de Montauban ,de Saint Etienne,Chambéry , par défaut réussissent à attirer quelques "humanitaires "..

Mais, bon, laissons cela. L'important me semble de bien comprendre que ce n'est pas critiquer les maths en tant que telles que de déplorer qu'elles servent de moyen de sélection pour des études où elles ne joueront aucun rôle - grosso modo les études de commerce, les études médicales - avec les problèmes que peut poser, dans ces métiers, l'absence d'une formation aux humanités, comme on disait jadis. "

 

Ceci dit dans les grandes écoles d'ingénieurs ,ou l'on est pragmatique sur la com , la rhétorique (Philo/langues) représente quasiment entre 30 et 40 % de la note à l'écrit du concours ...puis ça continue pendant les études.

A quand la réciproque systématique en lettres ? Je crois qu'il y a un machin comme cela à ULM lettres ( AL ou BL )

 

 

Il me semble Claude Lelièvre qu'à l'époque où le bac philo-lettres avait la cote, c'était bien sûr de la section lettres classiques qu'il s'agissait avec le latin/grec tenant lieu de "Belles-Lettres". En lettres modernes, on orientait surtout les faux littéraires et les vrais déclassés, à titre de dernier essai avant la sortie pour l'entrée directe dans la vie active

 

Quelques inexactitudes : le bac philo-lettres recevait dans les années 60 essentiellement des élèves venant des filières A (latin-grec) mais aussi B (latin-langues) et ces derniers, loin d'entrer dans la vie active, ont pour un certain nombre fait des études de lettres modernes et de langues. C'est d'ailleurs à cette période qu'apparait l'agrégation de lettres modernes qui va progressivement dépasser (quantitativement au moins car je n'oserais parler du qualitatif !) celle de lettres classiques.

Je connais aussi des gens venant de M' (moderne avec maths) qui ont choisi à cette époque de faire un bac philo (plutôt que C), tant était grand l'attrait de cette filière pour qui voulait faire des études de lettres ou de philo.

Merci, chère Anne Autiquet, pour ces mises au point circonstanciées. J'ajouterai que j'ai fait partie de ceux là, préférant en 1959, avec un premier bac dit moderne ( moitié des coefficients accordés aux mathématiques et aux sciences cette année là, obtenu avec mention ) faire philosophie plutôt que maths élémentaires

Quant à la revalorisation des filières littéraires, elle est incompatible avec la suppression de la Princesse de Clèves des programmes de culture générale

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