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May

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Du traitement des violences extrêmes à l'Ecole

Une jeune fille de 13 ans vient de succomber à ses blessures après avoir été frappée devant son collège de Florensac. Selon une dépêche de l’AFP de lundi soir, on « ignore encore, selon le procureur, la cause précise du décès qui a eu lieu après plusieurs arrêts cardiaques. La qualification retenue est celle de violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
On ne saurait trop attirer l’attention sur le fait que les violences extrêmes entre élèves font l’objet d’un traitement politico-médiatique ( voire juridique ) à géométrie variable.
On peut d’abord citer pour mémoire trois drames qui ont défrayé la chronique en 1992 et 1993, période durant laquelle la thématique de la violence scolaire a justement émergé à ce moment là sur la place publique et a commencé à devenir une affaire d’Etat.
« Un lycéen meurt après une bagarre » ( « Le Monde »). Houari El Massaoudi, âgé de 18 ans, s’écroule dans un couloir du lycée technique Blaise-Pascal de Châteauroux le 28 juin 1992 après une bagarre avec un autre élève de sa classe de première, Dominique Alband. Celui-ci est inculpé de « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
« Un lycéen est mortellement poignardé pendant une récréation » ( « Le Monde »). Le 12 novembre 1992, dans la cour du lycée d’Alembert, Djamel Essargi, un lycéen de 19 ans, est blessé alors qu’il tente de défendre l’un de ses camarades pris à partie par quelques jeunes. Poignardé dans le dos à l’aide d’un couteau de chasse, Djamel décède en début d’après midi au CHU de Saint-Etienne. L’auteur du meurtre, Abdelkader Rahou, 18 ans, est inculpé de « violence volontaire à l’aide d’une arme ayant entraîné la mort ».
« La mort d’un lycéen à Brest » ( « Le Monde » ). Le 17 septembre 1993, à la sortie de la mi-journée du lycée Amiral-Ronarc’h, dans le quartier de la Cavale-Blanche, à Brest, David, 16 ans, est tué d’un coup de feu à l’issue d’une dispute par Fahrid,16 ans également, qui est mis en examen pour « assassinat ».
Tous les drames n’attirent pas l’attention de façon égale. Ainsi, les événements qui se sont déroulés à Meaux (Seine-et-Marne) le 21 décembre 2006 ont suscité un émoi considérable. Ce jour-là, Carl meurt à la suite de coups donnés par deux de ses condisciples – un garçon, Geoffrey, et une fille,Séta – à l’issue d’un match de handball joué avec leur classe de sixième dans le gymnase du collège Albert-Camus. Le drame s’est noué en quelques secondes. Carl, 12 ans, s’est effondré. Les pompiers sont arrivés quelques minutes après, mais ils n’ont pas réussi à le ranimer. L’autopsie réalisée à l’Institut médico-légal, à Paris, révèle que « Carl n’est pas décédé des coups reçus, mais de l’effet du choc émotionnel qui a déclenché une déficience cardiaque ». Selon le procureur René Pech, « l’enfant souffrait d’une malformation jamais diagnostiquée, avec une artère coronarienne large comme un cheveu». « Il ne s’agit pas d’un meurtre », conclut le magistrat, mais d’un décès accidentel.
Le collège Albert-Camus fait partie des 249 établissements classés « Ambition réussite », qui doivent être mieux dotés que les autres. La candidate socialiste à la présidence de la République, Ségolène Royal, appelle à « renforcer la présence adulte dans les collèges », tandis que le maire UMP de Meaux, Jean-François Copé, rejette « l’amalgame entre les moyens et cette tragédie ».
L’éditorial d’Yves Thréard dans Le Figaro du 23 décembre met en cause « l’école qui a placé, peu à peu, l’élève et le maître sur un pied d’égalité ; l’école qui n’enseigne plus la ponctualité, le respect et l’autorité ». Et le ministre de l’Education nationale, Gilles de Robien, après avoir jugé « indécent, simpliste et démagogique » le fait de réduire ce drame à un « prétendu manque de moyens », prône la « tolérance zéro qui doit s’appliquer contre toutes les formes de violence, y compris verbale ».
En janvier 2007, c’est l’épilogue d’un autre drame survenu à Beauvais qui s’écrit. La cour d’assises des mineurs de l’Oise doit apprécier dans quelles conditions Clément,16 ans, a pu mourir, en novembre 2000, après une bagarre à deux pas de son lycée du Saint-Esprit. L’accusé, un autre lycéen âgé de 16 ans lui aussi au moment des faits, n’avait jamais fait parler de lui. Tout a commencé par un coup d’épaule, suivi d’une gifle. Clément s’écroule et meurt. L’autopsie révèle une malformation. « La violence a généré un stress important, provoquant un trouble du rythme cardiaque, qui a entraîné la mort ». Les jurés infligent finalement à l’accusé une peine de trois ans d’emprisonnement (entièrement assortie du sursis). Selon l’avocat général, « on était bien dans une affaire de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
In fine, on peut remarquer que l’affaire de Beauvais, certes dramatique mais ayant eu lieu dans un établissement a priori paisible ( un lycée de l’enseignement privé), n’a d’aucune façon déchaîné les réactions passionnées qui ont immédiatement suivi, dans la sphère « politico-médiatique », le drame de Meaux, ( lequel s’était déroulé dans un collège classé « Ambition réussite » ).
On suivra avec attention le traitement politico-médiatique qui sera réservé au drame du collège rural de Florensac, dans l’Hérault.

Tous les commentaires

Y aurait -il une surmédiatisation où plutôt une certaine stigmatisation éditoriale différente selon que le présumé auteur soit d'origine immigrées ou non?

Merci de "traiter" ce sujet qui m'a beaucoup affecté.

Oui, notre approche scientifique a changé et il est vrai que, dans le passé, il devait y avoir des morts d'enfants pour lesquelles on n'avait pas d'autres explications que la violence. Oui, il a pu y avoir des "fragilités" physiques cachées qui font que, même si mort il y a eu, volonté de donner la mort il n'y avait pas.


N'en demeure pas moins que.

Je me souviens de mes années au Collège et au Lycée, il y a 50 ans. Jamais, au grand jamais, il n'était question d'une si grande violence entre nous.

Oui, il y avait parfois un "règlement de compte" dans un coin de la cour, à poings nus. Jamais d'armes. Et c'était toujours plutôt bref et toujours sans conséquences. Très rarement un saignement de nez!

Notre monde devient de plus en plus violent: c'est un fait. Les journaux, la TV en témoignent tous les jours. Pourquoi imaginer que la jeunesse échapperait à cette évolution?

Mais le résultat est terrible car, pour moi, la mort d'un jeune est plus symbolique d'échec que toute autre.

+ 1

Mais le résultat est terrible car, pour moi, la mort d'un jeune est plus symbolique d'échec que toute autre.

Vous avez raison et j'ajoute qu'il s'agit d'une faillite collective où la part de responsabilité de nos dirigeants aliénés d'idéologie néolibérale ne doit pas être occultée.

Bonjour, Koszayr!

Je veux bien qu'on cible toujours "nos dirigeants". Mais à côté émergent plusieurs questions;

-ne sommes-nous pas les "dirigeants" de nos enfants?

-est-ce que l'éthique et les apprentissages de l'éducation se résument, en tant que projet de civilisation, aux fariboles des détenteurs d'un pouvoir aussi factice qu'imaginaire?

-est-ce que les modèles proposés par les medias les plus divers, donnant la part belle aux justiciers, aux libérations sans frein des pulsion humaines, ne font pas "autorité" pour que des gamins n'aient plus aucun sens des limites?

-est-ce que la famille, désormais un gros mot, ne mérite pas un peu plus de considération, y compris dans l'exercice parental des interdits et des références opposables au déchaînement de la jouissance immédiate?

-Etc.

Je parlais tout à l'heure avec ma femme, de cet homme des cavernes, tirant d'une main sa "femme-proie" par les cheveux, et tenant de l'autre le gourdin, emblème qui assure la défense de la "propriété".

Un article, plus haut dans ce journal, parle de ce qui aurait pu être fait en cas d'attaque aérienne d'une centrale nucléaire (abattre l'avion ou non). La problématique évoquée ici, comme insoluble, me rappelle celle de parents désepérés qui vont laisser leur fils ou leur fille attaquer, délinquer, dealer, frapper "pour qu'ils s'en sortent.

Parce que eux, ils n'y ont pas réussi, qu'ils n'ont pas pu s'associer à la démarche éducative, parce qu'ils sont pauvres, méprisés, aliénés, et face à des images de la réussite uniquement lié aux rapports de force.

On fait quoi, on les tue, on les embastille? Come si, dans un cas comme dans l'autre, l'origine des actes délictueux n'était pas dans la maltraitance initiale, celle qui gère et protège l'inégalité et l'injustice.

Ce monde est sans pitié, soit; mais sans respect?...

JCD

''Autrefois'', cher Michel Philips, il y a eu aussi des drames de cette nature, même dans les secteurs scolaires les plus huppés ( cf plusieurs passages de mon livre "Histoires vraies des violences à l'école" paru chez Fayard en 2007)

"''Autrefois, il y a eu aussi des drames de cette nature,"

Je n'en doute pas: la circulation de l'information n'avait pas la vitesse et l'entendue d'aujourd'hui.

Il s'agit d'occuper les médias par tous les faits divers possibles quand il se passe dans l'ombre ou non des choses importantes .

Ainsi Mr Copé en ce moment passe son temps à l'antenne pour démontrer l'iniquité des primaires socialistes . Des fois que ça aboutirait à du clientèlisme . Et chacun sait qu'à l'UMP on ne fait pas de clientèlisme, on ne choisit pas les petits copains...On choisit toujours les meilleurs .

 

Mais cette histoire a fait remonter de mon passé une histoire ...

Cette année là , j'avais une classe au petits oignons ...Je veux dire des bargeots de première ...

L'un d'entre eux perdait les pédales , comme on dit communément , périodiquement...C'est à dire qu'il se précipitait sur un de ses camarades et le rouait de coups .

Un matin , en fin de récréation , je l'ai vu rouler des yeux furibards vers l'un d'entre eux , sa bête noire de l'époque .

Au moment où il se précipitait sur lui, je le bloque par les bras en le tenant aux biceps . Le gamin corpulant se débattait pour échapper développant une rage inouïe, en continuant à menacer l'autre .

Je ne sais plus combien de temps ce cirque a duré , sous le regard des autres en rang . Mais ça m'a semblé interminable ....Au bout de quelques minutes ? alors qu'il commençait à se calmer je l'envoie fissa au bureau de la directrice qui l'a gardé jusqu'à la sortie....

 

L'aprés midi , le gamin était absent ...

Mais le soir j'ai vu débouler le père qui ne travaillait pas et passait son temps à observer tous les jours, à travers les grilles, l'école .

Donc j'ai eu droit , devant les élèves , à une série d'insultes , à des "vous ne voyez pas ce qui se passe dans votre dos ", et à un " ça n'en restera pas là !"...

De fait j'apprends le lendemain que le père avait demandé au médecin de constater les traces de mes doigts sur les bras , qu'il avait alerté toutes les autorités : maire, inspecteur, assoc parents d'élèves , etc... et qu'il portait plainte ....

De mon coté je contacte l'autonome ( qui est une assurance enseignant avec un conseil juridique ) pour les tenir au courant des faits , au cas où...

Le lendemain le gamin était de retour et je me suis rendu compte que dans mon dos au tableau , il me narguait et montrait les "traces" à ses camarades....

Et bien j'ai eu à répondre de mon comportement , à faire des rapports pour expliquer les faits , et à me retrouver dans le colimateur de l'inspection ....

Une association de parents d'élèves m'a contacté pour me dire qu'elle avait été alerté par la violence dans ma classe et qu'elle exigeait de me rencontrer...

Et comme je n'avais pas un enfant de sa représentante dans ma classe , j'ai refusé poliment .

Mais là aussi beaucoup de remous . "vous comprenez nous sommes là pour vérifier que tout va bien , pour aider , pour l'avenir de nos enfants qui nous importent autant qu'à vous et nous ne doutons pas que vous partagez notre point de vue , " etc...

Tu parles Charles ! En fait des gens qui visaient d'entrer au conseil municipal , ce qui s'est fait peu après et ne cherchait qu'à se faire mousser...

Les associations de parents d'élèves !

Vraiment ! ( j' en ai connu comme ça , mais tout en dehors de mon travail , une femme qui passait son temps à harceler les profs de collège de ses filles, simplement parce qu'elle était désoeuvrée , frustrée et pensait savoir mieux que tout le monde !....)

Un gamin violent , chacun sait que ça n'existe pas et que s'il y a un problème , c'est évidemment l'enseignant qui est en tort .

Evidemment la plainte n'a pas abouti ...

Mais sur le dossier ça ne favorise pas l'avancement , ça débouche aussi sur une inspection sanction...

Et tout cela mis à bout finit par vous dégoûter .

Vous ne pouvez vous empêcher de penser :"mais que suis je venu faire dans cette galère...?".

Ls.

PS : cette année là j'avais hérité de 4 specimen gratinés + une nunuche préinscrite dans le privé , ce que nous ne savions pas , dont les riches parents étaient aussi actifs au sein de l'assoc parents d'élèves qui ont joué un double jeu assez dégueu .

cette société n'est plus une société de l'empathie ,de l'écoute , c'est tout dans l'immediat -voir les lois de ces jours -alors qu'on a besoin de paroles ,d'écoute ,de temps ..Mais comment trouver du temps dans des classes surchargées ,dans lesquelles les enfants sont des enjeux de pouvoir au lieu d'etre des personnes respectées pour ce qu'ils sont et vont devenir ..(pouvoir des parents sur les maitres et reciproquement qqfois ,pouvoir des mères sur les pères et vice versa etc.. pouvoir des medias ,des marchands . ). De tout cela ,il faudrait parler ,à l'école avec les enfants :on le faisait en maternelle dans ce moment privilegié qu'on appelait "langage " .

.RELIRE LE TEXTE DE JULES FERRY ;lettre aux instituteurs ":si l'enfant sait lire ,ecrire ,compter ,mais s'il tape sur son prochain à la sortie de l'école alors ,je ne lui ai rien appris " c'est l'esprit de cette lettre .Revenons donc à ces fondamentaux

à m drut gorju

MERCI pour ce commentaire qui touche dans ma mémoire des souvenirs

d'harmonie scolaire (fort peu idéalisée) où nous avions de brèves mais explicites leçons de vie collective qui visaient à fonder et réguler la collectivité.

Voici une 20 aine d'années nous constations déjà qu'à parents non socialisés (rien à voir avec l'idée d'intégration) correspondaient souvent des enfants non socialisés ;soit agités ,parfois au delà de la norme admissible ,soit repliés sur eux mêmes et inhibés!

Ces parents non socialisés?impossible de vraiment typer ;quelques exemples?la mère qui téléphone au principal ,furieuse de l'indiscipline de sa fille ,et l'apostrophe violemment :"moi je la nourris ,lave ,loge ,habille ,et le reste du matériel ,c'est à vous à l'éduquer"!(sic)ajoutant ,ce qui ne manque pas de logique:"je travaille trop pour avoir le temps "!

(ne pas chercher de cohérence entre les récriminations de ces parents "râleurs" car il n'y en a pas)

Un autre exemple:un père qui vient à la réunion parents/enseignants de début d'année,avec sa fille qui redouble la 5è (ayant anseigné déjà à tous les niveaux du secondaire ,j'ai choisi ce niveau 6è 5è en priorité en raison des lacunes de + en + marquées quant à l'écrit courant mais correct ;c'est le moment où il est possible de reposer les bases d'une,pratique solide)

Le père ,avec sa fille muette et apeurée ,me fait passer une sorte d'examen moralisateur sur les textes que je me propose de leur présenter :admissible car légitime si ce n'est pas inquisitorial ? on (je ) amadoue gentiment le personnage en lui communiquant des extraits des instructions/programmes !plus tard j'apprends que l'enfant subit de ce père une relation anormale !le père sait pertinemment que les faits sont connus (je n'entre pas dans les détails!) et il y va à l'esbrouffe perverse!!!!

Un autre exemple?je pourrais en citer une dizaine mais j'ai oublié les noms ,évidemment!le garçon "agité" ,6è,qui se lève et se promène dans la classe avec ses ciseaux ouverts à la main!

je vais et viens derrière lui ,le suivant 'il refuse de s'asseoir....présent d'habitude!les autres ont peur et le disent!il faut les rassurer ,arriver à le ramener à sa place ,sou sun prétexte ,en supportant que 5 minutes après il recommence!impossible de tourner la tête...)Ce n'est pas un cas social mais un cas ,oui ,comme il s'est mis à en exister de plus en plus:fils d'une pharmacienne qui n'admet pas qu'il puisse avoir un problème...jusqu'au jour où on le change d'établissement!

Inutile de remarquer que les cas sont devenus la règle!

La violence et aussi ses images sont omniprésentes dans notre société !

l'enfant imite !c'est l'instinct le plus enraciné :l'imitation!

La responsabilité collective et politique de notre société est entière!

 

Mais vous savez bien qu'il n'y a pas de jeunes très violents. Ce sont " des jeunes en souffrance". Aujourd'hui tous les bien pensants dénoncent le projet de créer des tribunaux correctionnels pour mineurs, et ce matin j'entendais une belle âme sur France Inter expliquer que ces tribunaux seraient une catastrophe, car avec le système actuel le juge pour enfant s'attache à reconstruire ce pauvre petit qui a pu défoncer la gueule de son camarade. Et la victime, on va la reconstruire?

Assez de ce laxisme avec ces jeunes crapules. Assez d'argent dépensé pour donner une chance à des connards qui refusent de se laver les dents, de se rendre dans des salles de cours où ils sont 4 ou 5 encadrés par une dizaine d'éducateurs. L'imbécillité précédente du PS face à ce problème n'a donc pas suffit? On va continuer combien de temps dans cette voie?

Tolérance zéro et point barre.

Alors, pas de laxisme non plus pour les ''fautes'' d'orthographe: "L'imbécillité précédente du PS face à ce problème n'a donc pas suffi ( t )?"

D'accord +++

Je peux comprendre votre émotion, mais quel amalgame débile!

Sauf à vouloir casser de l'humain avec ces conséquences sur sa vie d'adulte future et en faire pour le coup de véritables fauves ou des fous( qui, si on vous suit, sortiront de geôles ou d'asile dans dix ou vingt ans, pour être lâcher dans la nature), il est nécessaire de ne pas généraliser pour ne pas appliquer à tous les jeunes les mêmes réponses judiciaires que pour les 5% de mineurs les plus violents ou multirécidivistes (soit 6000 à 7000 jeunes pour toute la France).

Interrogez vous plutôt pour savoir ce que produit ce monde violent comme influences dans la tête de ce gamin pour venir fracasser celle de cette victime. Interrogez vous pourquoi des parents et d'autres adultes ne sont pas en mesure de prévenir ce type d' incidents dramatiques.

Interrogez vous aussi pourquoi les médias avides pour traiter les faits de société touchant des enfants, sont généralement plus silencieux s'agissant des adultes et quant aux fléaux que sont les morts au travail(cent fois plus nombreux) et suicides au travail, ou par les médicaments, les pesticides, certains produits alimentaires etc.

à kosyar

exactement

ok+++++++++++++++++++++++++

bien le sens de mon commentaire précédent

Les explosions de violence dont nous sommes complaisamment abreuvés

ne peuvent qu'inciter à les reproduire!

 

Cosnefroy, la médiatisation de ces crimes de jeunes personnes est à mettre en lien avec le changement de forme de justice qui s'opère en ce moment : l'enjeu pour le gouvernement actuel est de sortir d'un système judiciaire construit après la 2ème gu. mondiale - considérer qu'un mineur doit pouvoir bénéficier d'une justice qui privilégie la dimension éducative puisque sa "formation," n'est pas close.

L'autre système, plus "américain" refuse cette dimension et ne recourt qu'à la mise à l'écart : savez-vous qu'à l'heure actuelle 2000 mineurs (ou qui ont été mineurs) sont en prison à vie aux USA, le plus vieux a, je crois, 52 ans à l'heure actuelle et devra mourir en prison.

Le régime de ces centres fermés aux USA est terrible : entraînement comme des GI, afin de les casser, de les anéantir, non de les éduquer.

Les juges pour enfants vous diront que les seules manières qui ont une certaine réussite est la prise en charge éducative de ces jeunes (exemples à l'appui). La prison ne fait que durcir leur marginalisation.

Voir les travaux de Denis Salas par exemple.

La vengeance n'est pas une posture de justice : n’oublions pas que le devenir de la justice (comme d'autres choses ds la société) influence la nature de notre manière de "faire" société.

Il s'agit bien des principes de fond qui organisent notre monde.

La question de la "victime" est perverse : s'il paraît noble de se préoccuper d'elle, en faire un axe pour la justice tend à rendre la justice, véhicule d'une posture de vengeance - ce qui entraîne une tout autre vision de la société. Ce n'est pas celle que je désire pour le pays où je vis.

On sait qu'une éducation demande du temps et de l'argent, c'est vrai, donc voilà une des questions à examiner, sans passion mais avec exigence.

 

 

à Leséparges,

Je voulais vous dire, toute ma compassion car, il m'est arrivé la même chose. Comme je m'occupais bien des élèves en difficultés scolaires, en primaire, le directeur m'envoyait tous les cas!

je ne m'en étais pas rendu compte. j'aimais les élèves, mais la classe parallèle était d'un calme à côté de la mienne!

Les parents d'élèves trouvant qu'il y avait trop de remous.....alors que bien évidemment, je n'avais eu en classe aucun de leurs enfants, ont fait des pétitions contre moi, avec le sourire du directeur voulant me voir partir.

Les cahiers s'amélioraient de jour en jour, mais il fallait que je parte, alors que le mouvement venait de se terminer! On m'a suggéré de prendre un congé qui m'a foutu en l'air pour toute ma fin de carrière.

j'ai réussi à finir en maternelle avec un 4 sur 20 alors qu'un Inspecteur avait dit à mon ancienne directrice qu'il avait rarement vu une institutrice aussi efficace. Mais maintenant, croyez vous que ce soit mieux?

Jj'obéirai comme un mouton pour ne pas perdre mon job. Il faut bien manger quand on est seule et les rentes en invalidité sont plutôt maigres.

Les parents des élèves, impossibles n'ont jamais aimé les enseignants et leur en veulent!!! Tout est bon pour leur vengeance!

Ben oui, c'est ça !

Malgré cette classe particulière , et alors qu'une de mes collègues assez perverse , en place dans cette école depuis des années, en avait une de même niveau , mais écrêmée par ses soins , j'ai appris qu'aux "évaluations" mes gamins avaient été bien plus performants...

Seulement ça ne se constate que 6 mois après et évidemment j'avais participé au mouvement pour me tirer ...

J'ai commencé alors une carriére de ZIL, (remplaçant) que j'ai conservée jusqu'à ma retraite ....

Ls.

Moi aussi, j'avais fait des remplacements exprès pour voir du pays et les classes des autres.

Je croyais être unique, parce que jamais, avant je n'aurais pu envisager une telle perspective.

Je passe une retraite paisible, j'écris mes souvenirs mais les contacts me manquent. J'avoue que les enfants m'adoraient, incroyable. j'aimais faire l'ARBITRE. Eux, le savaient et les témoins n'avaient pas la langue dans leur poche.

Une fois, la directrice mord un élève pour lui apprendre. C'était un noir! Témoins, je dis, à part. Il jouait tranquillement et un groupe de filles l'embêtait sans arrêt. Furieux, il a mordu un peu le bras d'une fille pas comme la directrice. L'horreur, cette femme! mais l'Inspecteur m'avait rappelé que je devais lui obéir en tout! C'était à Evry.

Si vous travaillez encore, je vous recommande d'utiliser la musique classique, surtout Mozart. Cinq minutes avant un cours et les oreilles sont prêtes à vous écouter. De beaux sons aigus aident les cellules du cerveau à réfléchir.

La lecture tout haut aide la mémoire. mais il faut faire un peu attention à sa voix, ainsi le stress se calme.

Bon courage. les élèves ne vous oublieront jamais!

Des tableaux qui permettent de relativiser ICI

Mon avis est qu'il faut faire la part de ce qui ressort du fait divers, de ce qui ressort d'un phénomène sociètal générationnel.







Le traitement médiatique est pour l'instant assez curieux: il consiste à salir la jeune fille victime: "on" nous dit que les parents du garçon ont porté plainte contre cette enfant le matin de l'altercation, que celle-ci avait agressé la soeur du garçon les semaines précédentes. On ne nous dit rien sur la jeune victime alors qu'habituellement des journaux comme le Midi Libre se penchent sur les parents éplorés. Il ne s'agit pas d'une altercation entre ados sortant du même collège: le garçon est dans un établissement de Sète alors que sa victime est dans un collège de Florensac à 30 km. Il est inscrit dans un club de boxe. Pas de préméditation? Rien à propos "d'arme" corporelle, sport de combat? Je trouve que les gendarmes, le procureur et la presse sont inhabituellement complaisants envers la famille de ce garçon, et je n'ai pas vu un mot de compassion envers la famille de la jeune fille. "Une bagarre qui a mal tourné" dit L. Chatel. J'aimerais bien savoir quel discours familial de dénigrement à entendu chez lui ce garçon avant de passer à l'acte.

Rappelons tout de même pour la clarté des choses que la jeune fille a été agressée à la sortie de son collège, donc dans l'espace public (il faut bien qu'il commence quelque part) et par un agresseur extérieur à l'établissement.

Certes, la sortie est un lieu propice aux agressions et "règlement de comptes", et mérite une attention particulière, mais qui en est responsable ? Et quelle est la part de responsabilité des témoins de l'agression ?

Autre question : pourquoi une analyse telle que celle de Claude Lelièvre ne trouve pas de place dans les circuits ordinaires d'information?

C'est vrai ça... Pourquoi y faut pas croire tout ce qu'il y a dans le journal ? :-)

Allez voir un peu, à propos de ce drame dans l'Hérault, les réactions haineuses et racistes de beaucoup d'internautes qu'on trouve sur la page d'accueil de "ORANGE", et que les modérateurs laissent passer, je leur ai dit que c'était inadmissible et que certains modérateurs devaient être tendance FN, c'est assez inquiétant!

Je suis allé voir les quelques pages les plus récentes d'ORANGE. Il me semble que ce qui domine c'est l'incrédulité face à l'explication minimaliste de la "bagarre qui a mal tourné" de L. Chatel.

Par contre je viens de lire dans le Midi Libre: "Au milieu des fleurs, on pouvait lire un petit mot écrit à la main, en espagnol: "Les gitans sont avec toi. Paix et un baiser"." Est-ce que c'est parce que la jeune victime a des liens avec les gitans que les gendarmes convoquent le garçon par téléphone, que le procureur ne sait pas très bien de quoi et quand la jeune fille est morte, que le ministre invoque une bagarre. Venir attendre une enfant à la sortie de son collège et la massacrer à coups de poings au visage, ça va bientôt être un accident. Le dernier élément venant de la gendarmerie après la plainte acceptée contre la victime, est que "le garçon se sentait investi d'une responsabilité de père", sa mère ayant divorcé: psycho machiste à 2 balles pour l'excuser.

Voilà hélas les résultats d'un conditionnement des populations par l'oligarchie au pouvoir(discours politiques, choix rédactionnels médiatiques, spectacles de violence en libre service à la télé et au cinéma) visant à un clivage haineux et ses conséquences sur la fuite en avant de notre société. Les riches n'ont pas que gagné la guerre des classes, ils imposent une idéologie de compétitions et de violences ou finalement l'élimination de l'autre est naturalisée, il ne faut pas s'étonner des conséqences désastreuses en terme de perte d'altérité et dont le meurtre constitue l'aboutissement extrême.

Cette société qu'ils nous construisent fait peur!

 

à koszyar

tout à fait

ces jeunes violents se croient tout permmis puisque en haut et à télé/videos tout est permis!

si en plus la famille ne "socialise" pas ,càd ne pose pas les limites ,eh bien explosion!

ces jeunes violents se croient tout permis: Voici ce qu'en dit le père de la jeune fille: "Quand ma femme l’a croisé devant le collège, il disait : “Qui en veut encore, que je le frappe” avec le regard fier, méprisant. Il a aussi dit à la copine de Carla : le prochain tour, c’est pour toi. Elle a eu tellement peur qu’elle s’est cachée tout l’après-midi. (...) Carla était pleine de vie, elle aimait beaucoup parler, elle prenait la défense de tout le monde. Elle avait 16 de moyenne aux deux premiers trimestres. (...) Carla, c’était un phénomène, elle était belle."

Pour ma part, je ne comprends pas (naïvement sans doute) l'importance accordée à ces faits. Monsieur Lelièvre a raison, me semble-t-il, de s'interroger sur le traitement médiatique des violences "scolaires". Ce traitement en dit long sur les représentations des personnes qui n'appartiennent pas au monde de l'éducation. Quand ce n'est pas la violence des élèves, c'est leur ignorance, leur fainéantise ou leur manque d'élévation qui sont déplorés. A chaque coin de rue, on peut entendre cette sempiternelle rengaine.

Les violences ne sont pas une nouveauté et laissser supposer que notre époque est de plus en plus violente me paraît - qu'on m'excuse ou pas - totalement erroné. Je rappelle que les jeunes qu'on accuse de violence extrême n'ont pas à ce jour voté pour des politiques revenchards aboutissant au génocide de millions d'innocents, provoquant une guerre et cinquante millions de morts... Si l'on veut des chiffres, comparons ce qui se passa en 1939-1945 ou bien encore entre 1914 et 1918, et pourquoi pas la Guerre de Trente Ans ou les guerres de religions au XVIe siècle ?

La violence est en nous, c'est en nous qu'il faut la combattre. Dénoncer ou suspecter l'autre ne nous avancera guère. Derrière les images de violences aujourd'hui véhiculées dans certains médias, il y a sans doute bien autre chose que la volonté louable d'informer. J'y vois plutôt de la déformation à des fins politiques ou économiques.L'école publique n'a-t-elle pas tous les vices ? Elle coûte cher, empêche les "bons élèves" de travailler, laisse les "mauvais élèves" dicter leur loi (du milieu évidemment) à des profs gauchistes et bornés qui ne connaissent plus ni l'orthographe ni la liste des départements et des préfectures... comme au bon vieux temps, ce bon vieux temps où les Français trouvaient en Pétain la foi et l'espérance...

Il y aura toujours des violences et, malheureusement aussi, toujours des politiciens peu scrupuleux pour prêcher la "tolérance zéro".

à françois T

Nous ne laissons pas supposer ,nous affirmons que notre époque dérive très vite dans une violence prévisible ,contre laquelle les éducateurs et enseignants mettent en garde ,comme le veut leur fonction ,et aussi comme victimes depuis notre cher AL!

Mais il n'y a pas de pire sourd que celui qui ne VEUT pas entendre.

Sur un autre registre que la seule violence, ,pour savoir plus et comprendre mieux ,lire le livre de Jean Paul Brighelli

LA FABRIQUE DU CRETIN

folio ,gallimard ,2005

sous titre:La mort programmée de l'école!

 

lecture facile et claire de quelqu'un qui a été "au charbon" à plusieurs niveaux!et qui tient trop à une certaine idée de notre ECOLE et de notre civilisation pour ne pas dire sa pensée et son expérience !

les deux étant liées!

Nous ne sommes plus au 19è s mais une réactivation/réappropriation des valeurs du 20è ,disons autour des années 70 ,nous suffiraient!

PRINCIPES ,VALEURS

OU MIEUX ,autour de 36!suivez le regard et relisons La Condition ouvrière,en l'actualisant un peu!

Comme disait mon brave homme de père:"j'en ai assez d'obéir à des

ignorants"et il ajoutait à voix basse:"et des imbéciles"

car l'ignorance et la bêtise vont ,pas toujours mais souvent ,ensemble!

C'est un constat ,pas une leçon ,sinon une leçon à se donner à soi même!

je n'ai tiré aucune autre leçon de mon inspection sanction !

je ne regrette nullement d'avoir présenté des excuses à mon inspecteur l'année d'après "sur mon attitude " et l' avoir (ce que je m interdis d'ordinaire mais il ne faut pas pousser!) légèrement moqué ,dans une formation que je suivais comme prof ,et sans le nommer mais en le faisant découvrir!nous avons tous un peu ri ,pas méchamment ,à ses dépens!et je savais que la plaisanterie se répandrait dans toute l'Académie!

Il avait exagéré:il avait refait mon cours sans y comprendre quoi que ce soit!

On se défend comme on peut : l'humour est une arme honnête quand non exagéré!

Lui avait exagéré :"le seul inspecteur" ,m'avait affirmé mon supérieur immédiat plein de contentement ,"le seul inspecteur qui fait ce qu'on lui demande"!cependant ,il n'avait pas osé baisser ma note pédagogique ;là ,s'il avait fait cela ,et je le savais ,c'etait là ma chance ,les collèues auraient soutenu mon action!ilsm'auraient renvoyé l'ascenseur!

Quant à l'inspection suivante je l'ai poliment déclinée!

eh oui!cela a existé ce genre de profil :mais j'avais fait un petit retour supplémentaire à la fac ,puis comme formateur en plus de mes cours ...puisque j'avais cette chance de pouvoir continuer d'apprendre....

ne pas victimiser ,ne pas accepté d'être écrasé ,je veux dire dans son for intérieur ,ne pas rester isolé.....

S'il est vrai que le frère a voulu jouer le rôle du père, quelle est la vision du rôle et de la nature du père dans la société en question ici ?

Au XXI ième siècle le père serait donc celui qui vient venger et abuser physiquement ?

Et des jeunes filles de 14 ans qui ont des 'histoires de coeur' qui s'enveniment comme dans de mauvais feuilletons ?

Ces deux questions dépassent largement la violence scolaire, mais je compatis sincèrement avec les enseignants qui doivent chaque jour trouver moyen de prévenir de tels drames.

à mhjozoux

surtout quand on leur enlève les moyens d'autorité et de discipline ,réduits mais corrects ,qu'ils avaient :plus de sanction ,plus d'exclusion temporaire ,INTERDICTION d'envoyer l'enfant en étude ,interdiction ouverte et déclarée de demander un conseil de discipline ,"vous allez voir ;;;;;;;;", interdiction de faire autre chose que subir insultes ,menaces ,ou même coups....

DANS CES CONDITIONS , le prof le meilleur qui existe s'épuise et se démotive car c'est là le "monde fou" qu'ils nous ont "fabriqué"!

Mr Chatel peut bien se déplacer en visites aussi gracieuses qu'inutiles !si rien de bon sens n'est fait pour rédonner aux profs/instits les outils appropriés de régulation des conduites ,ces "bagarres" vont croître et embellir!

rendre aux enseignants leur dignité et l'appui correct de l'administration ,jouant de nouveau son rôle normal d'encadrement, de soutien et non de répression (des enseignants!bien sûr!),est une urgence!

 

 

Connaissez-vous l'ouvrage de Michel Desmurget : TV lobotomie ? Non ? alors il faudrait que vous le lisiez ! Vous trouveriez sans doute quelques éléments de réponse sur cette violence , cette désinhibition ,ces références à des justiciers qui se croient tout permis, à cette image d'une "sexualité" de plus en plus précoce ( 13 ans, une rivalité "sentimentale", avec réglement de comptes). Cet ouvrage ne prétend évidemment pas annuler toutes les autres raisons de cette horreur. mais il offre une vraie piste de réflexion par l'accumulation des enquêtes, des recherches dont les médias français se gardent bien de se faire l'écho...

Cela paraît intéressant, je vais me renseigner. Merci de poster cette info.

"Il devait juste aller récupérer sa petite sœur à la sortie de l’école et il n’arrive pas à expliquer pourquoi, tout d’un coup, il a donné ces deux coups de poing." C'est son avocat qui le dit. Un geste maladroit en quelque sorte. Je n'ose pas imaginer dans quel état je serais si un macho était allé massacrer une de mes filles à la sortie du collège et que j'entende ça.

En plus, il parle de sa "petite" soeur, alors qu'il semble que la différenced'âge est autour de deux ans, lui environ 15 et elle 13 ou même 14.

Les jeunes filles sont-elles préparées à devenir d'éternelles mineures qu'un 'grand' frère se doit à jamais de protéger ?

A propos de petite soeur: la mère de la victime attendait devant le collège avec sa petite soeur de 2 ans.

Merci de corriger mon erreur. L'attitude du grand frère voulant venger sa soeur m'a fait confondre les déclarations.

Vous ne vous êtes pas trompé: l'avocat du garçon appelle "petite soeur" sa soeur de 13 ans, mais la victime a une petite soeur de deux ans qui était avec sa mère (celle de la victime) devant le collège. La mère de la victime a tout vu et s'est d'ailleurs précipité.

Ce qui me parait important et qui est en rapport avec le sujet de l'article, c'est une impression de décalage entre la mère du garçon qui a semblé bénéficier d'une complaisance de la part de la gendarmerie, qui fait parler son avocat, qui accorde une interview "exclusive" au Midi Libre, qui parle à Europe 1, et d'autre part la discrétion de la famille de la victime. C'est quand même inhabituel. Ce vacarme a déjà aidé à ce que le procureur ne retienne pas la préméditation.

Bon, à la lecture de ces commentaires, j'imagine que les membres de l'EN sont nombreux et que moi, horrible parent et qui plus est mère donc présupposée hystérique, et de mauvaise foi vais être mal reçue par un grand nombre, qu'importe je me lâche et me permet de vous signaler que la violence, vient aussi de votre corporation.

En effet ma fille excellente élève au collège s'est vu recruter par les plus grands lycée du V* arrondissement de Paris.

Sachant que certes elle était excellente mais très sensible j'ai choisi un des lycées de cet arrondissement prestigieux mais pas dans le trio de tête, pensant naïvement que ce serait plus cool .......

Aïe grave erreur !

L'enfer à débuté, j'ai vu avec stupéfaction la mise en oeuvre du rouleau compresseur pour obtenir les futurs élèves de prépa bien pensants et future élite aux ordres.

On demandait d'apprendre de ne pas poser de question et d'avancer uniquement dans le but d'un bac mention. Réfléchir, quelle drôle d'idée, pas le temps, se questionner, pffff que nenni.

En classe de première ma fille commençait déjà à se sentir déplacée et malheureuse dans cette caserne à clones, puis l'horreur est arrivée un camarade de sa classe de latin s'est suicidé, cela a été comme vous pouvez l'imaginer l'horreur pour tout le monde. Certains enfants tres courageux sont allés d'eux même, présenter à son domicile, leurs condéléances à une mère dont vous pouvez imaginer sans peine l'état. Evidemment ils sont ressortis de là très marqués, profondément angoissés.

Quelques parents dont moi même avons demandé au Chef d'établissement qu'un psychologue vienne parler à la classe et ouvre un groupe de parole pour les enfants et aussi les professeurs qui le souhaitaient.

REFUSÉÇa ne s'était pas passé dans l'enceinte de l'établissement donc pas obligatoire.

Ben oui faut pas déconner sinon "ça" se saurait et "ça" ne serait pas bon pour la réputation de l'etablissement.

A la suite de cela, ma fille, peut être trop fragile diront certains à débuté une dépression. Dépression qui s'est développée de façon gravissime à sa rentrée en terminale quand les gamins ont appris le suicide de leur prof d'anglais qui était leur enseignant depuis la seconde.

Là encore, l'établissement n'a pas semblé trouver opportun de "chouchouter" un peu cette classe particulière et de la garder à l'oeil. Cette classe était devenue une cocotte minute mais remplie d'enfants "bien élevés" donc ça ne se remarquait pas si l'on ne grattait pas le vernis.

Ma fille a fini par ne plus pouvoir aller régulièrement au lycée à la fin du premier trimestre tant l'angoisse était grande.

Pour info elle fera quand même 5 jours en psychiatrie sans que jamais un prof ou un membre de la direction du lycée ne m'appelle.

Classée zombie elle fut mise au ban !

Certains profs poussèrent l'acharnement jusqu'à se moquer d'elle devant tous les élèves quand elle tenta quelque fois de retourner en classe.

Mes visites au CPE ne changèrent rien.

Elle n'alla plus au bahut les 2 trimestres suivants et s'enfonça.

Le clou fût sans nul doute l'annotation sur son livret scolaire :" Elève absente de façon récurante devra faire ses preuves à l'examen"

Trop cool non, pas un mot sur les certificats médicaux founis par son médecin psychiatre qui disait qu'elle ne pouvait plus se rendre en classe.

RIEN !

Pour info ma fille à quand même eu son bac et du premier coup !

Aujourd'hui en licence de droit il semblerait que le corps enseignants (j'adore cette expression !) n'auront pas eu sa peau !.....

Je suis allée au moment des résultats pour "non remercier " l'équipe au nom de ma fille et du mien.

Alors voilà pour vous c'est sûrement anecdotique mais malheureusement j'ai croisé bcp de parents qui comme moi ont vécu l'enfer avec leurs enfants "grâce" à ces lycées élitistes et ces professeurs cloîtrés dans leurs certitudes qui formatent des mômes sans jamais ni voir ni chercher à comprendre et connaître ceux qu'ils ont en face d'eux et qui ne l'oublions pas quand même, leur permettent de gagner leur vie

Ils forment de "l'élite de masse" savoir recracher un savoir mais ne pas réfléchir, mettre en doute, mettre en perspective, ne rien faire qui ferait "perdre du temps". M'enfin y'a un programme à respecter quoi ! Et c'est pas fatigant car ces gamins là ont appris à se taire et à être respectueux ou du moins à bien faire semblant.

En revanche tout mon respect va à ces quelques profs anonymes de lycées défavorisés qui se battent comme des lions parce qu'ils sont persuadés que "leurs gamins" décrocheurs ont quelque chose à donner sous l'habit de sale brute dessinée par notre Société.

 

C'est bien là une forme de violence aussi.

J'ai entendu cette remarque d'un étudiant de classe prépa, faite après qu'il ait visité l'une des grandes écoles auxquelles elle peut donner accès :

"j'avais l'impression d'être introduit dans une secte !"

cela ,ce n'est pas la généralité des collèges/lycées !

c'est la machine à broyer ,vous dites à juste titre "à clooner" des élites !

monde fermé ,hypocrite ,brutal ,qui repose sur une sélection de classe sociale et qui préserve donc ses plate bandes!

il n'y a pas là "un corps enseignant" ni des collègues ,mais des rivaux /concurrents/alliés ;le recrutement est loin de la transparence!

Aucune comparaison avec le troupeau enseignant!dont nous sommes !!!!

 

à Cereb

Ce n'est peut etre pas la généralité en êtes vous si sûre ?

Ce matin une amie, maman d'un fils de 17 ans qui passe le bac et qui est en pleine crise d'ado avec violence envers lui même etc... me téléphone écoeurée, l'examinateur à qui il a rendu copie blanche car pris d'angoisse il ne voulait qu'une chose c'etait de se tirer de ce lieu lui dit :" Vous êtes complètement taré mon pauvre garçon !"

Là on était pas dans les lycées de la rive gauche parisienne mais dans le 15 ème un établissement des plus lambda

Je crois simplement que les enfants ont changé qu'ils sont de plus en plus sujets à des crises d'adolescence d'une violence inouïe et que si les parents ont bcp de mal à gérer les profs eux se réfugient derrière leur droit de "n'être qu'enseignant"

Il me semble qu'un petit cursus de psychologie avant de les jeter dans l'arène éviterait aux 2 parties en présence beaucoup de douleurs

je suis mère, et retraitée de l'éducation nationale. j'ai été obligée de me faire soigner psychologiquement car "trop créative".

L'éducation nationale, c'est pas de remous, sois belle et tais toi!

C'était pour me présenter: je remarque une chose, dans ces commentaires, c'est toujours LA MERE qui va voir les profs qui s'occupe de ses rejetons, et c'est la mère qui organise des pétitions et encore la mère.....

Ou sont les PERES.?????

Ils devraient les pères un peu se montrer et faire taire par la parole ces mères possessives, dominantes.

Comme le dit Boris Cyrulnik: "Un enfant qui a une mère dominante n'apprend pas à aimer ailleurs. Il est égoïste"

Cela mène soit au suicide, l'extême, soit à l'agression des autres.

Ce qui conduit une nation, à la guerre. qui doit toujours être la dernière!!

Nous sommes mal partis, en effet!

 

Quand je vous écoute parler si justement de l'influence de l'environnement, la TV, l'immédiateté ambiante, la frénésie etc, je me fais toujours la même réflexion, ça en devient lancinant voire déprimant. Cette réflexion que je me fais, la voici:

«Tous ces gens sensés, raisonnables, qu'ils soient profs ou parents, ils cernent bien le problème, ils voient bien ce qui ne va pas, alors pourquoi, avec une prise de conscience qui a l'air si élaborée, pourquoi sont-ils si incapables de voir le problème démographique, pourquoi sont-ils si incapables de mesurer à quel point notre environnement visuel, concret, pratique, je parle du mobilier urbain, je parle des bordures des trottoirs, je parle de la circulation automobile, du grouillement perpétuel, jour et nuit, pourquoi sont-ils si incapables de voir que d'être trop nombreux rend la vie impossible?»

L'harmonie, on ne peut l'avoir que si on n'est pas trop nombreux.

Plus on est nombreux, moins il est possible de tendre vers l'harmonie. Au contraire, plus on est nombreux, plus ça fait le jeu de ceux qui préfèrent le troupeau décervelé. Ceux à qui ça profite. Ceux qui n'ont certes aucun intérêt à ce qu'on vive en paisible et tranquille harmonie. C'est même eux, qui organisent la prolifération démographique, soit-disant parce qu'il faudrait une sacro-sainte croissance à l'Economie.

Oh! Axel!

peut-être que la vie trépidante de Paris n'est pas agréable, mais sachez, que là où les suicides sont les plus nombreux, c'est justement dans les zones rurales calmes.

Mais non, ce qui manque partout en zon rurale en zone trop bruyantes, c'est LA COMMUNICATION par la PAROLE.

C'est tout, elle est donné par le PERE ou les REPERES.

Ils ne s'occupent c'est vrai que de trouver un job et c'est difficile.

"Plus on est nombreux...etc"

Là franchement, je ne vois pas où vous voulez en venir !

Ces discours sur la surpopulation de la planète ou dans notre pays me semble vain ou pire suspect : vous prônez quoi ? Une hécatombe ?

Plus les populations évoluent , plus la natalité se régule ...Dans nos pays 2 enfants par femme et encore:1,8 je crois .

Maintenant pour en revenir au sujet : plus une école, plus un collège est gigantesque , plus on accumule les problèmes .

Il en est de même avec les hôpitaux .

Et de plus le côté usine déshumanise .

 

Tout le monde sait cela ... Cela a été analysé depuis au moins une vingtaine d'années...

Seulement il ne vous a pas échappé que l'état justement s'attaque aux petites et moyennes structures :hôpitaux, écoles, justice etc

 

Alors , où est la logique en dehors des économies à court terme ? Et des catastrophes à plus ou moins longue échéance .

Ls.

Il nous refaudrait une bonne guerre.... ( à Axel )

Je suis instit en CM dans une école des plus ordinaires (140 élèves). En une semaine, j'ai été témoin de 3 incivilités plus ou moins importantes, vous en jugerez par vous-mêmes.
Lundi dernier, nous étions en salle d'informatique. Les élèves ont créé leur boîte mail personnelle (à laposte.net, c'est encore gratuit). Après 10 mn d'échanges de mails entre eux, un incident est arrivé: un élève envoyait un mail à un camarade pour lui dire qu'il était un "connard"...
Jeudi dernier, pendant la répétition de danse (ce sera la fête de fin d'année dimanche prochain!), un élève a frappé violemment un autre sans réaction pendant une trentaine de secondes. Il le suivait dans la ronde et presque au rythme de la musique, il lui assénait des coups dans le dos en le sommant d"avancer. Il était dans une dynamique pulsionnelle d'une rare agressivité. Au début, je pensais qu'il jouait...
Enfin, aujourd'hui jeudi, évaluation de vocabulaire. Il fallait trouver un mot qu'on pouvait utiliser au sens propre comme au sens figuré. L'élève a utilisé à bon escient le mot... couille!!!
Voilà ce que doit gérer un enseignant aujourd'hui (je n'imagine pas dans les zones dites difficiles!). On me dira que ce n'est pas nouveau. Je l'accorde. Mais ce qui me pose question, c'est leur réaction quand j'interviens...
"Où est le problème", semblent-ils me dire?

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