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Silence assourdissant sur un accord historique avec le Vatican

Parmi les grands médias nationaux, seul " La Croix " du 18 décembre a jusqu’alors mentionné cet accord en affirmant que " cette signature jeudi, dans le grand salon du quai d’Orsay, est historique ; elle revient sur une situation d’infériorité de l’enseignement supérieur catholique vieille de plus d’un siècle ".

 

 

Ce ne devrait pourtant être un secret pour personne puisqu’un ‘’communiqué technique’’ publié par le quai d’Orsay ce même jeudi 18 décembre a annoncé urbi et orbi que " cet accord a pour objet de reconnaître la valeur des grades et des diplômes canoniques ( théologie, philosophie, droit canonique ) ou profanes [ toutes les autres disciplines ] délivrées par les établissements d’enseignement supérieur catholiques reconnus par le Saint-Siège et de faciliter les différents cursus universitaires " ( cf mon précédent billet ).

 

Le journal " La Croix " précise à juste titre que " si, en 1875 [ sous l’Ordre moral présidé par Mac Mahon ], la troisième République avait proclamé la liberté de l’enseignement supérieur, elle avait très vite, dès 1880, à l’initiative de Paul Bert et Jules Ferry, réservé l’attribution des titres universitaires aux seules universités publiques [ ce qu’on appelle la ‘’collation des grades’’].

 

Le journal " La Croix " rappelle également à juste titre que, en 1984, en plein conflit ‘’privé-public’’, " le Conseil d’Etat a estimé que ce principe du monopole d’Etat de la collation des grades universitaires s’imposait même au législateur ". En effet, à l'occasion de l'examen du projet de loi sur l'enseignement supérieur - dite loi Savary - promulguée le 26 janvier 1984, le Conseil d'Etat a consacré, par avis, le caractère constitutionnel du monopole de l'Etat de la collation des grades, en ces termes: "Le Conseil d'Etat a estimé que le principe suivant lequel la collation des grades est réservée aux établissements publics d'enseignement et que les lois de la République n'ont jamais transgressé depuis 1880 s'impose désormais au législateur".

 

Cela n’a pas empêché, le président de la République Nicolas Sarkozy de souligner, il y a tout juste un an ( dans son discours au palais du Latran à Rome du 20 décembre 2007 où il appelait à une " laïcité positive" contre " une laïcité épuisée " menacée par le " fanatisme " ) que " la République répugne encore […] à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d’ enseignement supérieur catholique alors que la convention de Bologne le prévoit ", et de conclure : " Je pense que cette situation est dommageable pour notre pays ".

Le lendemain, " Le Figaro " du 21 décembre 2007 est très explicite ( même si ce n’est guère relevé alors par l’ensemble de la presse ) : " Ainsi, dans les mois prochains, l’Etat devrait publier une circulaire relative à la reconnaissance d’une équivalence des diplômes entre les universités et les cinq instituts catholiques français ( Paris, Lille, Lyon, Toulouse et Angers ). La France se mettra ainsi en conformité avec les accords de Bologne sur l’harmonisation des diplômes, signés en juin 1999 avec 44 autres pays, dont le Saint-siège. En France, la reconnaissance, partielle, dépend d’accords signés au cas par cas. Une suite logique des accords de juin 2002 signés entre le ministre de l’Education nationale Jack Lang et Mgr François Tricard, alors président de l’Union des établissements d’enseignement supérieur catholique, reconnaissant leur contribution à ‘’l’effort collectif de l’enseignement supérieur’’ "

 

 

Ce n’est finalement pas une simple circulaire, mais un accord entre Etats ( la France et le Vatican ) qui, une année après, statue sur le problème. Ce n’en est que plus ‘’historique’’. D’autant - comme le révèle encore le journal " La Croix " - que " les discussions entre le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, à Paris, et la Congrégation pour l’éducation catholique, à Rome, n’avaient porté que sur les diplômes ‘’canoniques’’ ", et que " la question des disciplines profanes aurait, elle, été introduite lors de la négociation de l’accord entre le Quai d’Orsay et la Secrétairerie d’Etat du Vatican ". Etonnant, non ?

 

Plus fort encore, alors que le journal " La Croix " ‘’attend de voir’’ ( " Reste à savoir quand cet accord sera applicable. Jeudi , le Quai d’Orsay n’était pas en mesure de préciser si une ratification par voie parlementaire était requise. Il faudrait alors compter avec les réactions laïques " ), ces dites réactions laïques sont jusqu’ici limitées ( à notre connaissance ) à la fédération UNSA Education, au CNAL ( Comité national d’action laïque ), et à la fédération nationale de la Libre Pensée. Et elles restent quasi inaudibles, en raison du silence presque unanime de la grande presse. La laïcité ''à la française'' est-elle en voie de disparition ? Le processus européen de Bologne impose-t-il un silence ( embarrassé ? ). Joyeux Noël !

 

Tous les commentaires

. La laïcité est en train de se faire grignoter, depuis bien longtemps, petit bout par petit bout. . Il y a peu de temps, le phénomène s'est considérablement accéléré. . Tout le monde s'en fout ! (A commencer par les politiciens professionnels, vu que cela n'aurait pas d'impact sur leur métier). Quant au grand public, il est formaté sur le thème : "Tout va bien du côté de la laïcité, à part, ici et là, quelques musulmans". . Bon ! c'est comme çà ! . Il paraît que le diction "il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre" est d'origine obscure... . Personnellement, il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour que je dise qu'il est dans l'Evangile : . "Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende !" Mathieu, 13,9: Marc, 4, 9: Luc, 8,8" . jpylg

Triste à mourir...

.` Triste à mourir... . "Alors, il (Jésus) leur dit : "Mon âme est triste à en mourir..." Matthieu, 26, 38 . L'autre jour, je parlais ici, dans un billet, du christianisme, NOTRE religion A TOUS. Je me suis fait alpaguer grave par un quiddam qui a fait, tout de go, une grande profession d'athéisme. . Nous ne sommes pas conscients du degré jusqu'auquel le christianisme imprègne notre culture. . jpylg

Cette imprégnation ne signifie en rien une prédominance. Je crois qu'une grande confusion s'installe dans notre pays : que la France ait des racines chrétienne (et pas que), voire que notre culture ait des cadres de pensée chrétiens, n'implique pas que la religion s'impose nécessairement au politique. Qui aurait idée de bannir le monothéisme du fait des racines gallo-romaines de la France ? Les choix des politiques ne peuvent faussement se substituer aux descriptions des savants.

@ Jean Paul Yves Qui va se coltiner le boulot de longue haleine pour faire le tri entre la culture et le culte chrétiens en occident ? A mon avis, ce devrait être un(e) chercheur(se) fin(e) connaisseur(se) du culte de même nom et farouche partisan de la laïcité ignorante par définition de la transcendance.

C'est quoi, la définition de la transcendance ? A part les nombres transcendants et les études d'exécution transcendante de Liszt, j'y connais pas grand chose. Sauf que peut-être, pour certaines religions, la transcendance s'atteint par la danse en transes. Celle des derviches tourneurs, par exemple. Ceux qui font admirer les z'évolutions de leurs robes... Moël Jartin

@ Joël L'immanence c'est de penser que le bing bang s'est fait tout seul par génération spontanée. La transcendance c'est de penser que le bing bang a au moins une cause initiale et aussi peut-être une cause finale. Si ces définitions ne sont pas les bonnes, notre philosophe préféré rectifiera lui-même.

C'est une définition possible, cher miradou. Reste à savoir si tout a une cause. La physique actuelle a de sérieux doutes sur la chose, car elle remet la causalité... en cause ! Mais la physique a encore tant de progrès à faire. Et elle se pose encore tant de questions. De plus en plus de questions au fur et à mesure qu'elle a été en mesure d'apporter des réponses à des questions précédentes... En particulier celle-ci : "Le Big-Bang dont on observe actuellement les résultats est-il le premier, ou au contraire est-il un x-ième ?" Une autre question : "De quoi est né le Big Bang ? D'où venait la colossale énergie qui s'est soudain transformée en matière ?" Ce qui n'est pas précisément de la génération spontanée... Une autre encore plus vertigineuse : "L'expression : "ëtre le premier" a-t-elle un sens ?" Autrement dit, le temps a-t-il une origine ? Intuitivement, notre intelligence anthropomorphique appelée parfois "bon sens" répond oui. D'ailleurs, les Saintes Ecritures commencent par "Au commencement". C'est un postulat. Y a-t-il eu un commencement ? Là, le bon sens humain trouve ses limites. De quelle façon (Oups ! J'allais écrire "A cause de quoi"...) ? Sans entrer dans des détails techniques, les données actuelles de la science disent à peu près ceci : près d'un corps très massif et très dense, le temps se dilate. Si on passe le "grand film" à l'envers, la bulle univers se contracte, sa densité augmente car à masse égale son volume diminue. alors le temps se dilate de plus en plus. Et lorsque on a entièrement déroulé le film à l'envers, la bulle univers s'est contractée en un point de densité infinie, une "singularité" dans le jargon des physiciens. Et le temps se retrouve "dilaté à l'infini". Le temps ne s'écoule plus. IL N'EXISTE PAS. Et si le temps n'existe pas, comment définir un avant, un après, une origine ? Alors comment savoir s'il y a eu un "premier" big-bang ? Dieu seul le sait ? Seul un croyant peut répondre avec certitude. Le scientifique non croyant continue de questionner l'univers. C'est d'ailleurs son boulot ! Bon réveillon, cher miradou ! PS - Il paraît que Sarko court les réveillons... Moël Jartin

Il a osé, le quidam (avec un seul "d") ? Que fait le Saint-Office ? Y en a qu'on a brûlé pour moins que ça... Plus sérieusement, cher Jean_Paul_Yves_le_Goff, le christianisme est sans aucun doute une culture qui nous imprègne. Mais ce n'est pas NOTRE religion à TOUS. Une religion, cela se pratique. Ce n'est pas parce qu'on a été baptisé qu'on continue d'aller dans les lieux de cultes. Combien de catholiques pratiquants en France par rapport aux baptisés catholiques ? On peut consulter : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_de_France#Le_d.C3.A9clin_du_catholicisme_au_XXe.C2.A0si.C3.A8cle_en_France Et aussi : http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2412083_chretien Glané sur cette deuxième adresse : Statistiques sur les religions en France (chiffres en %) Catholiques ► Pratiquants réguliers 5 ► Pratiquants occasionnels 10 ► Non pratiquants 50 Total catholiques 65 Protestants 2 Autres religions 6 Sans religion 27 (personnellement, j'aurais tendance à compter les non-pratiquants comme sans religion, ce qui hausse leur score à au moins 77 %, auxquels il faut ajouter les non-pratiquants des autres religions. Je suis baptisé protestant, mais je me considère comme sans religion. Le baptême n'est pas une étiquette qu'on vous colle à vie. J'ai choisi de décoller l'étiquette. J'ai une culture chrétienne, je n'ai pas la religion chrétienne.) Source : Conférences des évêques de France. Cela dit, d'accord sur l'imprégnation de la culture chrétienne. Y a des prénoms comme Christian, Emmanuel(le), Bénédicte, Amédée. Y a des patronymes comme Depardieu, Espérandieu, Dieutegard etc. Mais surtout, il y a Saint-Emilion, Saint-Amour, Saint-Pourçain, Saint-Estèphe, etc. Dire que d'aucuns zélotes du divin nectar osent parler de culte de la biture... Moël Jartin PS - Et que d'ex-religieux dénoués de leurs voeux !

Intellectuellement parlant, c'est dur de faire la différence entre culture, croyance et culte. Même les cerveaux les plus exercés n'arrivent pas à s'y retrouver.

Allez, je me lance dans une ébauche d'esquisse de début de commencement de tentative : La culture : avoir lu la Bible. La croyance : croire ce qu'il y a dans la Bible Le culte : se réunir avec d'autres croyants au même endroit et au même moment pour communier dans la même croyance. Bonne année, à toutes et à tous, que vous soyez croyant(e)s (toutes les croyances) ou non.

N'est-il pas possible de faire une pétition ? Moi , je ne sais pas comment m'y prendre...

"Nous ne sommes pas conscients du degré jusqu'auquel le christianisme imprègne notre culture." Il suffit d'aller voir chez nos proches voisins plus souvent. L'ingérence du Vatican dans la politique et la vie sociale en Italie est assez stupéfiante. Et je ne vous parle pas de la prégnance du christianisme au quotidien, même chez les plus rouges.
A voir cet accord, il semblerait que nous en prenions la voie, si ce n'est en intentisité, en modèle politique du moins. Bien sûr ce n'est pas équivalant, les enjeux politiques et historiques entre l'Italie et le Vatican peuvent expliquer beaucoup de choses j'imagine. Donc nous ne vivons pas en France cette promiscuité territoriale et historique qui renforce et rend beaucoup plus visible cette prégnance. Mais vous avez raison Jean-Paul-Yves, notre aveuglement nous rend sourd aussi, vous la connaissez sans doute notre faculté ici à nous convaincre de notre réalité sous l'autorité des symboles et des devises.
Souvent je me surprends dans des réflexes comme vous l'exprimez.
Rien que Noël. Je ne fête pas Noël mais je souhaite de bonnes fêtes à tout le monde.
Un ami italien (justement) me proposait hier une idée sur la symbolique de Noël, que ce serait le jour ou l'homme est arrivé sur terre. Bon, dans ce cas pourquoi ne pas fêter l'avènement du Surhomme et la mort de Dieu en lieu et place lorsque nous ne sommes pas croyant ? C'est quoi la date précise de la publication de Zarathustra ?

. Noël, dans son origine, est une fête païenne. . La dernière erreur à éviter est de rejeter quelque fête que ce soit pour des raisons idéologiques. . Il faut faire la fête. . A tout prix. . jpylg

Vous avez tout à fait raison; et je ne manquerai pas de suivre votre conseil, croyez le bien, dans toute la mesure du possible!

Qui s'en souvient ?
Je ne propose pas de la rejeter mais de la déplacer... de la détourner, nuance.
Car je suis d'accord avec vous, il faut faire la fête !... mais je fais mieux la fête quand on en invente les occasions au quotidien.

. Je prie pour qu'il en soit ainsi, mon frère ! . jpylg

...

Le ''disciple'': "Que dois-je faire pour être heureux?" "Cela, je ne le sais pas, répondit Zarathoustra; mais, je te le dis en vérité, soit heureux et fais alors ce qu'il te plaît".

Merci Claude Lelièvre de nous remettre en mémoire la sagesse de Zarathustra.
Passez de bonnes fêtes.
Cordialement, Stéphane Léger

Deux rappels, un ancien et un moderne : 1) Devise de l'Abbaye de Thélème, chère aux rabelaisiens : "Fais ce que voudras" (homophone de "fesse que voudras". Sacré Rabelais ! Dire qu'il fut curé de Meudon...) 2) Page 8 du "Canard" du 24 décembre 2008, titré "Catho de Noël", un court article sur cet accord. Le volatile précise que, côté France, c'est une ancienne dircab du Chanoine de Latran promoteur du curé plutôt que de l'instit' pour transmettre les "valeurs", Emmanuelle Mignon, qui a suivi l'affaire. Catholique pratiquante, Emmanuelle Mignon s'est illustrée il y a peu par cette déclaration transcendantale : "Les sectes ne sont pas un problème en France." Mais elle ne confond pas pour autant "La gourou(e)" et "loup garou"... Bonne année ! PS - Et qu'on ne me traite pas d'opposant primaire à l'enseignement confessionnel : je viens de faire une conférence sur le LHC, l'énorme accélérateur de particules du Cern sur la frontière franco-suisse, aux terminales et premières S de l'école Saint-Charles à Athis-Mons (Essonne), non mais des fois ! On m'a offert le repas. Excellent. Ils ont les moyens. Je n'ai donc pas bouffé du curé, j'ai bouffé AVEC des curés. On a causé de la Bible, et je les ai collés sur les 12 "petits prophètes" dans l'ordre de leur apparition dans le Livre (Joël, c'est le second. Pas vrai, miradou ? Du moins dans l'édition que je possède). Ils ont séché, ces bons prêtres, et pas moi. Tralala !

@ Joël Le prophète de même nom, je l'avais classé dernier de l'ancien testament. Si c'est le second, allons-y pour le second. Mes compétences en mathématiques ont fortement et régulièrement décliné depuis ma première C qui remonte au déluge. Alors je me garderai bien de ramener ma fraise pour ce qui est des chiffres. Ce qui ne m'empêche pas de m'intéresser à l'accélérateur de particules du Cern, en restant bien entendu au niveau de la vulgarisation. Passionnant.

@miradou De mémoire, sauf horreur ou émission : Osée Joël Amos Abdias Jonas Michée Nahum Habakuk Sophonie Agée Zacharie Malachie Comme vous le constatez, cher miradou, je suis adepte du vieux principe : "La culture, c'est comme la confiture. Moins on en a, plus on l'étale." Je suis heureux que, nouveau Noé, vous ayez survécu à votre première C. Bonne et heureuse année.

Et la sagesse d'Augustin l'africain, c'est de dire : "aime et fais ce qu'il te plaît".

Quel formidable conseil !

On vient de me communiquer la référence précieuse suivante pour ce qui concerne la légalité ( ou non.. ) de l'accord France-Vatican du 18 décembre. Selon, M.Yves Gaudemet, professeur de droit administratif à l’université Paris II, il n’y a rien à retrancher à « la possibilité pour l’Etat de réglementer et de reconnaître des diplômes en dehors de ceux réservés au monopole et d’habiliter des établissements de toutes sortes à les délivrer ; et il ne s’en est jamais privé ; simplement, lorsqu’il s’agit de grades et titres du monopole ( le baccalauréat, la licence, le doctorat et aujourd’hui le master ), ils ne peuvent être délivrés que par les établissements publics de l’ Etat » ( ‘’Le Monopole de la collation des grades universitaires : quelques remarques introductives à la lecture de Pierre Henri Prélot et sur son invitation », Revue du Droit Public, Tome 124, septembre-octobre 2008, n°55, pages 1257 à 1264 ). Et, on l’a vu, le journal « La Croix » observe que l’accord France-Vatican ne devait, à l’origine, porter que sur les diplômes « canoniques » ( qui ne posent aucun problème de légalité ), et non sur les diplômes « profanes », relevant du monopole de l’Etat ( où il en va tout autrement… ).

S'agissant de la reconnaissance par l'Etat Français des diplômes "profanes" délivrés par les universités catholiques françaises dans le cadre d'un accord avec le Vatican, cela voudrait-il dire qu'icelles relèvent de l'Etat du Vatican et bénéficieraient ainsi virtuellement du statut d'extraterritorialité sur le territoire français. Si je ne me trompe pas en disant cela, c'est un montage juridique en trompe l'œil plutôt plaisant. Cela aurait été trop simple qu'un tel accord soit signé entre l'Etat et la conférence des évêques de France. Mais peut-être que, du point de vue du droit français, la conférence des évêques de France ne bénéficie pas d'un statut juridique en bonne et due forme. Ceci expliquant cela. Ou que cette conférence n'est pas juridiquement représentative de ces universités privées (mais le Vatican l'est-il davantage ?). Si c'était le cas, faudrait peut-être mettre un peu d'ordre là-dedans. Mettre en phase le droit canon et le droit des Etats-Nations.

Je crois que l'objectif de notre gouvernement est de brouiller les cartes et les repères, de gommer subrepticement tout ce qui fait sens dans notre société pour ôter toute référence commune qui puisse aider à résister contre l'envahissement des intérêts privés. Bref la démarche inverse de celles qui a conduit les humains à inventer la foi. Bon noël à tous. Serge Koulberg

Je crois que vous portez l'attention sur l'essentiel de ce qui est effectivement en jeu.

Quel est l'objectif en effet, à un moment où les Français ont, en gros, décidé d'abandonner Dieu ? De plus, cela vient de quelqu'un qui aime l'argent et le pouvoir, méprise les faibles, n'a pas de parole, déteste la contradiction. Sarkozy sort donc également de l'image du chrétien traditionnel et donne, en réalité, une sale image de la religion. Tout cela ne peut qu'inquiéter une partie non négligeable des Français et lui faire perdre un certain nombre d'électeurs. S'agit-il d'imiter obsessionnellement la droite américaine, sans réfléchir aux conséquences pour lui, a-t'il un autre objectif, comme le propose par exemple Serge ? On sait qu'il a quelques marottes, comme récemment le travail du dimanche, peut-il ne s'agir que de cela ? Je n'aime pas les socialistes mais je leur conseille de s'en souvenir pour le rappeler aux électeurs en 2012. Il a reçu Tom Cruise, membre de la scientologie. Quel objectif ?La conséquence est aussi d'inquiéter une partie des Français.

Si j'ai bien compris, l'accord de Bologne (qui donc gouvernait la France en 1999 ? n'étaient-ce pas Chirac et Jospin ?) qui a valeur de traité international, serait contraire à la Constitution, et on s'en apercevrait seulement maintenant ? Ou bien c'est encore un peu plus compliqué ?

C'est manifestement une affaire compliquée ( si l'on ne s'en tient pas aux disciplines ''canoniques'' ) et à bien des égards; et c'est sans doute ainsi que l'on doit comprendre ces silences ( embarrassés)...

En réponse à Stéphane Léger: Il n'y a pas UNE date de publication de Zarathoustra. Z. a été publié par parties entre 1883 et 1885, et la première édition complète parut en 1892. Je n'ai pas réussi- pour l'instant- à trouver une date plus précise. Quant à l'avènement du surhomme, il semble que nous devions attendre un peu ...

Merci Anne, je n'avais pas connaissance de la date de 1892 pour lédition complète, seulmement les éditions par épisodes, mais il nous manquerait un jour plus précis et c'est cela que je cherchais, au moins un mois dans l'année.
Et si NOUS étions ce Surhomme en devenir, nous devrions donc fêter cette avènement tous les jours ! non ?

Je vois poindre derrière Anne Autiquet l'ombre d'un Sur-Homme

Quelle différence entre Sur-Homme et Grand-Homme et Vrai-Homme er Homme sorti de la préhistoire ? !

Comme on le voit ici, les uns considèrent le Messie comme advenu et d'autres comme encore à venir... Il en est de même du Surhomme... Quant aux dates elles sont tout aussi incertaines... En tout cas notre silence abasourdissant va bien dans le sens d'une "laïcité épuisée" (non pas vraiment "fanatique") : la "laïcité positive" va-t-elle se catholiciser historiquement ?

"en devenir" chère Anne, nuance ! Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, voyons ! Mais faire un parallèle entre le messie et le Surhomme, c'est bien ce méprendre, non ? Il n'y pas de transcendance dans l'idée du Surhomme. Le Surhomme est avant tout un processus de conscientisation de l'homme sans l'idée de dieu, l'homme-là, face à lui-même et la puissance de sa volonté immanente en tant que tel, une sorte d'ingouvernabilité de l'homme.
D'où ma volonté de le fêter, comme une sorte de rituel !

"la "laïcité positive" va-t-elle se catholiciser historiquement ?" . "catholique" signifie "universel"; eh eh, une universalisation de la "laïcité positive" ne serait peut-être pas une mauvaise chose...

Je sors de mon silence pour vous dire bonjour et adieu.

L'ultime complot du Vatican, dans ses paroles et dans ses actes, c'est, pour une moitié, de tendre à ce que les gens s'aiment les uns les autres dans le faire qui peut fort bien s'accommoder au non dit. Car le dire sans le faire, ne revient qu'à raconter des histoires. Pour l'autre moité, dite transcendante, la marchandise est exposée sur l'étal. A chacun d'en tirer profit ou pas, selon son bon plaisir. Pour en revenir à la première moité, c'est peut-être aussi l'ultime démarche de la laïcité, dénommée ainsi, positive.

je ne suis pas intolerante à l'egard des religions et je ne suis pas non plus pour une laicité aveuglement agressive. neammoins , ce que nous apprend Claude Lelièvre est grave. Techniquement, je ne suis pas apte à juger. mais intellectuellement, non seulement c'esr une regression par rapport aux principes de notre Republique,mais ce que je trouve pire, c'est que tout cela se fasse en catimini!c'est donc une chose honteuse, à cacher à la population? Si c'est le cas, où sont la presse, l'opposition, la gauche,meme la plus extreme?C'est ça notre problème le plus grave. c'est la demission des i,ntellectuels qu'on n'entend pas, de la presse muette sauf pour des broutilles. La France une Democratie? j'ai envie de pleurer.

en reponse à Stephane leger. il serait idiot de nier que la base de la culture et de la civilisation europeenne est Chretienne.c'est comme si on niait l'existence de ses propres aieux.n'etant pas chretienne moi-meme, j'aime à savoir qu'il y a encore des eglises en europe, des clochers,de magnifiques abbayes Etc... sans parler de l'art et de la musique. et ma culture que je le veuille ou non est impregnée de Christianisme.Mais cela ne doit pas interferer à notre époque dans la vie je dirais "Etatique".celle qui regit le droit des gens et le vivre ensemble.Le parlement a t-il discuté de cet accord avec le vatican? y at il eu un vote? motus et bouche cousue: c'est ce qui me choque et m'inquiète.c'est ce que devient la France qui m'inquiète.tous ceux qui font greve pour un oui pour un non, feraient bien d'appeler à une grande manifestation, non contre le Vatican, mais pour la sauvegarde des principes Républicains, dont on nous gargarise, mais que personne ne met en oeuvre ni ne defend.

Chère Danielle, vous me prêtez de drôles d'intentions. Je ne nie absolument rien. Je vais moi-même souvent dans les églises, je m'intéresse au socle chrétien de notre culture, artistique en particulier, auquel on ne peut échapper de toute façon à part nier le réel.
Cela ne m'empêche pas de distinguer ce socle de l'idéologie et de la politique.
Je me sens libre quant à ce socle, de le saisir et de le transformer, de le faire vivre en dehors d'une idéologie ou d'une croyance que je n'ai pas, d'où une critique que je fais d'abord sur moi-même quant aux réflexes issus de ce socle afin de leur donner un sens plutôt que de les reproduire mécaniquement.
Bien cordialement.

Question aux professeurs de Droit. Cet accord, qui n'a fait l'objet d'aucun débat démocratique, viole-t-il la séparation de l'Eglise et de l'Etat ?

Pour Danièle Sarrano , je suis d'accord pour revenir à l'alerte lancée par Claude Lelièvre , mais je ne pense pas que ces derniers temps , il y ait eu de nombreuses grèves pour un oui, pour un non...Nous sommes provoqués continuellement , et justement, les syndicats ont beaucoup de mal à entraîner les démocrates à réagir .

Permalink: http://zenit.org/article-19693?l=french France/Saint-Siège : Reconnaissance des diplômes de l’enseignement supérieur Accord dans le cadre du Processus de Bologne et de la Convention de Lisbonne ROME, Dimanche 21 décembre 2008 (ZENIT.org) - Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les Etats, et Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères et européennes, ont signé, jeudi 18 décembre, à Paris, au Quai d'Orsay, un accord sur la reconnaissance des diplômes et des grades dans l'enseignement supérieur. « Cet accord a pour objet de reconnaître la valeur des grades et des diplômes canoniques (théologie, philosophie, droit canonique) ou profanes (toutes les autres disciplines) délivrés par les établissements d'enseignement supérieur catholiques reconnus par le Saint-Siège et de faciliter les différents cursus universitaires », a indiqué un communiqué du ministère français. L'accord s'inscrit dans le « processus de Bologne » européen visant à créer un espace commun pour l'enseignement supérieur, par la reconnaissance des diplômes émis par les instituts d'études supérieures des pays européens, a précisé le Saint-Siège C'est aussi une façon de mettre en œuvre la Convention sur la reconnaissance des titres d'études relatifs à l'enseignement supérieur dans la région européenne », élaborée par le Conseil de l'Europe et l'UNESCO et adoptée le 11 avril 1997 lors de la conférence de Lisbonne, ajoute la salle de presse du Saint-Siège. Le processus de Bologne et la convention de Lisbonne sont cités dans le préambule de l'accord, souligne le Vatican. L'Accord sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l'enseignement supérieur compte 6 articles définissant l'objet de l'entente, son champ d'application, la date d'entrée en vigueur, les modalités de sa mise en œuvre, la résolution des éventuelles controverses, et sa durée, continue le communiqué romain. Quant au protocole supplémentaire, il donne les principes énoncés dans l'accord, à propos des périodes d'étude, des grades et diplômes, de la continuation des études, dans un grade de même niveau ou dans un grade de niveau supérieur. Pour la France, il s'agit des grades et diplômes délivrés par l'Etat dans les instituts d'enseignement supérieurs, pour le Saint-Siège, il s'agit des titres des universités catholiques, des facultés ecclésiastiques, et des instituts d'enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège. Il revient à la Congrégation pour l'éducation catholique de présenter une liste de ces instituts et des diplômes, qui sera régulièrement mise à jour et communiquée à la France. Les autorités préposées à la reconnaissance des diplômes sont, en France le Centre national pour la Reconnaissance académique et professionnelle (Centre ENIC-NARIC France, auprès du Centre International d'Etudes Pédagogiques - CIEP), ainsi que l'institut d'enseignement supérieur auprès duquel a lieu la poursuite des études et la reconnaissance des périodes d'études accomplies. Pour le Saint-Siège, c'est le bureau compétent de la nonciature apostolique. L'accord entrera en vigueur une fois complétées les formalités, et son application sera graduelle et progressive.

*En principe , un accord entre Etats passe par une ratification au Parlement. Par ailleurs, les accords internationaux, pour être valables selon le ''Juge'' français doivent être jugés conformes à la Constitution. Or ( cf mon commentaire bien plus haut ) il se trouve que l'un des plus sûrs spécialistes en la matière, à savoir M. Yves Gaudemet, professeur de droit administratif à Paris II, est formel là dessus: le monopole de la collation des grades ( non canoniques ) portant sur les grades fondamentaux de l'enseignement supérieur ( baccalauréat, licence, doctorat, et aujourd'hui ''master'' ) s'impose au législateur. Le protocole dit de Bologne ( qui recommande aux Etats de reconnaître des équivalences aux diplômes étrangers n'est bien sûr pas contraire à la Constitution française. Mais il s'agit ici, non de la reconnaissance de diplômes étrangers, mais de diplômes du territoire national...Alors, quid de la suite; et de cet obstiné silence?...

Merci de vos précisions, cher Claude Lelièvre. Elle est limpide, votre distinction entre reconnaître les diplômes équivalents délivrés hors de France et reconnaître comme nationaux des diplômes délivré par des universités privées non nationales. J'espère quand même qu'on échappera à la reconnaissance du doctorat en physique des particules délivré par l'Université de l'Opus Dei, ou celle de la licence ès intelligent design octroyée par l'université Tom Cruise. Même avec les règles actuelles de délivrance exclusive des diplômes par les universités d'Etat, on n'a pas échappé à la délivrance par la Sorbonne, du titre de docteur en sociologie à l'astrologue médiatique Elisabeth Teissier. Alors, qu'est-ce que ça sera si, par malheur, l'Université Théodule acquiert le droit de délivrer des diplômes ? Le danger majeur, c'est que tous les diplômes risquent d'être dévalorisés. Bon réveillon !

Bien sûr que le christianisme est la base de la culture européenne et que ses empreintes sur nos moeurs, nos modes de pensées, notre organisation sont prégnantes avec des particularités liées au catholicisme et au protestantisme, pour rester schématique. On ne peut nier notre histoire. Néanmoins, cela ne doit pas signifier qu'il failleaffaiblir, contourner les fondements de notre république dont le principe de laïcité est devenu un de ses fondements. Les informations fournies par Claude Lelièvre sont de la plus haute importance d'autant plus que les accords quai d'Orsay-Vaticant n'ont pas été faits dans la transparence, ce qui doit nous alerter. La question de la validité d'un tel accord devrait être posée par nos politiques : l'assemblée doit elle débattre pour entendre Fillon et Darcos et valider ou invalider, ? que dit la constitution ?. Demain, on pourrait avoir de tels accords avec des universités islamiques et pourquoi pas avec l'église de scientologie (souvenir : Sarkozy avait reçu longuement son représentant emblématique Tom Cruise lorsqu'il était ministre du budget). La vigilance est de rigueur mais si on ne peut pas se faire entendre ou manifester, Sarkozy va continuer par touches successives à modifier des règles fondamentales de notre république. Et ce ne sera pas pour une plus grande liberté, une plus grande égalité, une plus grande fraternité?

C'est vrai , il nous attaque sur tous les plans : voyez ce qui se passe aussi en psychiatrie et dans la justice des mineurs ; il faut se faire entendre et manifester...

AUTRE REACTION LAÏQUE : "Défendre la laïcité : une Lettre ouverte aux Parlementaires (UFAL), http://www.ufal.info/media_communique/lettres/92.htm - Laïcité. Défendre la laïcité : une lettre ouverte aux Parlementaires - lundi 29 décembre 2008. L’année parlementaire 2009 sera particulièrement chargée dans le combat à mener pour le maintien du principe de laïcité en France. L'Union des Familles Laïques (UFAL) tient à attirer l'attention des élus nationaux sur deux points précis qui seront abordés au cours de l’année à venir au sein de leurs assemblées. D’un côté il est question du financement de l’enseignement primaire privé. - Cette proposition de loi du sénateur Carle prévoit de pérenniser au profit de l’enseignement primaire privé un avantage qui représente annuellement 250 millions d’euros dans le budget des communes ; elle a déjà été examinée au Sénat et doit suivre le jeu des navettes traditionnelles entre les deux assemblées en 2009. Au-delà du primaire d'ailleurs, nous voulons attirer votre attention sur le fait qu’un avantage substantiel récurrent se dessine en France en faveur de l’enseignement privé, qui entraîne déjà une désaffection de l’enseignement public laïque. (Voir entre autres les chiffres du Ministère de l'Education nationale - Repères et Références statistiques, édition 2008 : dans l'enseignement professionnel, 56 lycées professionnels publics ont été fermés par la droite depuis 2002 dont 16 rien qu'en 2007-2008 et 80 classes ont été fermées dans le public. Pendant ce temps, 244 classes ont été ouvertes dans les lycées professionnels privés et 7 ouvertures de lycées professionnels privés ont été autorisées par le gouvernement rien qu'en 2007-2008) Dans ce contexte, nous pensons que l'enseignement public laïque républicain est en train d’être démantelé et qu’il est de votre devoir de vous opposer à cette loi. D’un autre côté il est question des diplômes catholiques reconnus par la France. - Le 18 décembre 2008, la France et le Saint-Siège (le Vatican) ont signé au Quai d’Orsay un accord sur la reconnaissance des diplômes de « l’enseignement supérieur » catholique. Hormis le fait que cela construit une différence dans le domaine des diplômes, et que les diplômes de l’enseignement, sont valables pour tous les corps enseignants hors confession, ce qui en soi est une garantie d’équité, il est envisagé par l’Etat une remise en cause de la loi du 18 mars 1880 décrétant le monopole de la collation des grades par l’État, pour permettre aux établissements religieux de faire de même. Cette loi de 1880 a été confirmée en 1984 par le Conseil d’Etat qui a estimé que ce principe du monopole d’Etat de la collation des grades universitaires s’imposait même au législateur. Madame, Monsieur, nous vous demandons d’interpeller le gouvernement sur cette question et de refuser de ratifier cet acte antilaïque, s'il vous est soumis. Nous attirons votre attention sur les actes de la Présidence et du gouvernement, qui vont dans la droite ligne du discours au palais du Latran prononcé par le président de la République : « Aujourd’hui encore, la République maintient les congrégations sous une forme de tutelle, refuse de reconnaître un caractère cultuel à l’action caritative ou aux moyens de communication des Églises, répugne à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d’enseignement supérieur catholique alors que la Convention de Bologne le prévoit, n’accorde aucune valeur aux diplômes de théologie… ». Ne s'agit-il pas aujourd'hui d'aller plus loin encore puisque d'après l'AFP, l'accord ne viserait pas seulement les diplômes « canoniques » (dont la philosophie) mais les diplômes profanes (les autres disciplines) ? Nous attirons votre attention pour que la valeur universelle de la laïcité ne soit pas bafouée en France. Nous comptons sur votre combativité et votre attachement aux valeurs de la République, donc de la laïcité, que vous saurez défendre en toutes circonstances dans la bataille qui s’annonce difficile en 2009. NB – Ce texte peut être reproduit librement pour leur communication par les associations et mouvements qui défendent la laïcité. L'UFAL Union des FAmilles Laïques " (info de Laïcité Midi, www.laicite.biz)

Bravo 3.14159, car pi vraiment pour un défenseur de la laïcité. Sarko c'est le retour de Vichy, avec d'autres parias à déporter. Je ne sais pas si l'église de France réalise vers quelles voies périlleuses, cette connivence entre ce régime honni et le Vatican, l'entraine. Car dans l'état de faiblesse où elle se trouve la laïcité est sa meilleure protection.

REACTION "LIBRES-PENSEURS" (ADLPF) : "La République laïque française assujettie à l’Etat théocratique du Vatican !" -------------------------------------------------------------------------- "Jusqu’où vont aller les attaques contre la laïcité dans notre pays ? C’est maintenant le monopole de la collation des grades universitaires qu’on est en train de liquider, et cela au profit… de l’ « Etat » du Vatican. Depuis 1870, l’Etat français a seul, sur son territoire, le droit de reconnaître et délivrer les diplômes préparés dans les universités. Or un accord, signé le 18 décembre dernier par le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner et Leurseigneur Mauberti, secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les Etats, permettra au Vatican de reconnaître les diplômes d’enseignement supérieur délivrés par les facultés catholiques françaises qu’il désignera, non seulement pour les disciplines canoniques (théologie, droit canon), mais aussi pour les « disciplines profanes », c’est-à-dire toutes les autres disciplines ! Cela signifie que le Vatican serait habilité à désigner les établissements qui pourront former, dans leurs disciplines, des enseignants de l’enseignement public ! Et, bien entendu, cette reconnaissance s’accompagnerait de l’aide financière de l’Etat. Cet accord avait déjà été envisagé par Nicolas Sarkozy, l’an dernier, dans son discours du Latran. Or ses dispositions sont inconstitutionnelles, puisque le Conseil d’Etat a estimé, le 26 janvier 1984, que « ce principe du monopole de la collation des grades universitaires s’impose même au législateur ». Ne s’agissant pas d’une simple circulaire, mais d’un Accord diplomatique entre la France et le Vatican, conforme aux accords de Bologne signés par les Etats de l’Union Européenne, le Parlement sera-t-il consulté ? S’il entrait en application, cela signerait la disparition de la laïcité à la française. La réaction des laïques de notre pays doit être à la hauteur de l’attaque subie. Pour leur part, les Libres Penseurs de l’Association Des Libres-Penseurs de France (ADLPF, section de l’Union Mondiale des Libres-Penseurs) engagent vivement les parlementaires à s’opposer à cet accord et se déclarent prêts à se joindre à toutes les initiatives unitaires pour faire obstacle à ce grave recul de la liberté de conscience et de l’indépendance nationale, à cette liquidation de près d’un siècle et demi d’acquis républicain. Cet évènement montre la pertinence de la revendication de l’ADLPF en lutte pour le retour à la non reconnaissance du Saint-Siège et, donc, pour la rupture des relations diplomatiques avec cette entité qui n’a rien d’un Etat, mais qui n’est qu’une machine de guerre destinée, contre la liberté de conscience, à imposer les dogmes et principes d’une religion même à ceux qui ne s’en réclament pas." ---------- "28.12.08. ADLPF-Association Des Libres-Penseurs de France, www.librepenseur-adlpf.org Président, Joseph PETITJEAN 139, Grande Rue 39190 Cousance. Tél. 03 84 85 91 66 - joseph.petitjean@wanadoo.fr" (info, Laïcité Midi, www.laicite.biz)

Miradou, dis-moi si je rêve, j'ai eu ce tract dans ma boîte aux lettres dimanche dernier à l'heure de la sortie de la messe ! "Chers Laïcs laïques et Libres penseurs, nos Frères en Humanité, nous n'osons vous croire intolérants ! Quoi, vous soupçonnez un Chanoine de Latran de vouloir tuer la laïcité dans notre cher et vieux pays, Fille Aînée de l'Eglise et qui possède en Avignon une succursale du Vatican ? Mais la laïcité ne se comprend que dans le contexte incontournable de notre imprégnation de Culture Chrétienne. Un pays, où même un chansonnier de couleur, porteur d'idées que n'auraient pas désavouées Frère Touvier, si longtemps soutenu par l'Eglise, porte le doux nom de Dieudonné, ne peut être que garant de l'entente entre laïcité et confessionnalité. La patrie des Droits de l'Homme et de Liberté Egalité Fraternité ne peut être qu'un hâvre où l'on partage harmonieusement et dans la paix du Seigneur les subsides nécessaires à la pluralité de l'Enseignement, et, partant, au recrutement d'enseignants aptes à délivrer les connaissances spirituelles et temporelles que doit de nos jours avoir assimilées tout Docteur. Laïcs laïques et Libres penseurs, nous vous adjurons : un peu de tolérance ! Tenez, en gage de bonne volonté, nous, tenants inspirés par le Saint-Esprit, de l'enseignement confessionnel subventionné par tous, nous n'exigeons que la moitié des fonds alloués à l'Education Confessionnello-Nationale, alors qu'en toute justice, plus de la moitié devrait nous revenir. En effet, le Chanoine de Latran, notre Guide, ne nous a-t-il pas dit, en vérité, que pour transmettre les valeurs, le curé est supérieur à l'instituteur ? Or en matière d'enseignement, la valeur supérieure, c'est le diplôme. Les diplômes d'enseignement supérieur délivrés par qui est supérieur dans la transmission des valeurs ont donc une valeur supérieure. Frères Laïcs laïques et Libres penseurs, nous prions pour que Dieu dissipe les ténèbres qui vous cachent cette Lumineuse Vérité. Christine Boutin" A mon avis, c'est un canular de Guaino.

. Le silence sur cet accord historique aura été, tout particulièrement, le fait de Médiapart. . On s'aperçoit que, malgré l'indifférence de l'opinion publique, formatée par les média dont médiapart ne s'est pas tellement mis à part, une riposte contre l'accord avec le Vatican pour l'homologation des diplomes délivrés par l'enseignement catholique s'organise. . Voir : . http://www.rue89.com/2009/06/02/diplomes-du-vatican-homologues-en-france-la-riposte-sorganise-0 . Voir également : . http://www.mediapart.fr/club/blog/jeanpaulyveslegoff/100608/mediapart-et-la-laicite . jpylg

On trouve sur le site de Libé,( hier, 10 juin) , une info concernant un nouveau recours déposé devant le Conseil d'Etat contre l'Accord Etat-Vatican au sujet de la validation des diplômes catho. (En l'occurrence, par la fédération syndicale Unsa Education ). . Je suis sidéré de l'indifférence autant des abonnés que de la rédaction de Médiapart à l'égard de cette affaire, comme, d'une manière générale, à l'égard des multiples attaques perpétrées contre la laïcité : . http://www.mediapart.fr/club/blog/jeanpaulyveslegoff/100608/mediapart-et-la-laicite . Voir Libé pour s'informer sur le sujet : . http://www.liberation.fr/societe/0101573237-la-fronde-s-organise-contre-les-diplomes-valides-par-le-vatican . jpylg .

Cette histoire de diplômes et même de religion est secondaire. Il faut essayer de le dépasser pour distinguer ce qu'il cache. S'interroger si nous ne sommes pas les dindons de la farce "laïque" dont l'enjeu n'a rien à voir avec une quelconque liberté de conscience ? L'inconvénient de la laïcité - une excellente chose - est d'être associée à une volonté de déchristianisation qui s'est réalisée brutalement, visant surtout à substituer un pouvoir bourgeois matérialiste à un pouvoir royal spiritualiste. Pour remercier la classe bourgeoise de son soutien dans la conquête du pouvoir, Bonaparte a créé une notabilité - la fonction publique - pour remplacer l'aristocratie. L'administration est ainsi née de la volonté de récompenser une classe au service d'un régime totalitaire (voir la condition ouvrière de l'époque, bilan des guerres de la révolution et de l'empire). C'est dans un tel environnement que la déchristianisation s'est opérée : un viol collectif des consciences par la république. L'admettre serait contraire à la légende républicaine (Cf. Suzanne Citron : "le mythe national") http://www.editionsatelier.com/index.php?ID=1016031&contID=1008721 * Ce déni a des conséquences au delà du débat religieux. Il fonde un comportement, il justifie la violence et la primauté institutionnelle, comme un héritage historique, un progrès politique. Ce déni légitime la négation administrative des valeurs, promeut le formalisme sur le fond, comme cela s'observe maintenant avec les principes fondamentaux contemporains telles qu'en témoignent l'histoire et l'actualité. * Le combat des droits de l'homme se heurte à la même inertie du mépris avec laquelle ont été déchristianisée la France, persécutés les juifs, exploité le Tiers Monde, réprimé Tien An Men, interné Julien Coupat. Cette indifférence s'imprime dans la convergence des logiques animant la Banque Mondiale, le FMI, l'OMC, l'Union européenne, la Chine populaire, les dirigeants occidentaux, le consommateur ; comme si la modernité matérialiste faisait que l'homme ne pense plus. * Bernard Stiegler : "Réenchanter le monde, la valeur esprit contre le populisme industriel". Olivier Assouly : "Le capitalisme esthétique - essai sur l'industrialisation du goût"

. " C'est dans un tel environnement que la déchristianisation s'est opérée : un viol collectif des consciences par la république. L'admettre serait contraire à la légende républicaine " . Le fait est qu'il y a "légende républicaine" et Suzanne Citron est sûrement un bon auteur. . De là à en appeler à l'histoire pour justifier le "parti pris" totalement idéologique et, en lui-même, (s'il ne cherchait pas à se parer de je ne sais quel "bon") totalement légitime, tel qu'il est exprimé par P. Ohl-Juchs, "auxiliaire de justesse", ce n'est pas très sérieux. . S'il y a de la légende dans ce que nous raconte l'histoire à propos de l'instauration de la République en France, il peut y en avoir aussi à propos de 2.000 ans de christianisme. . jpylg

Les gens qui liront Suzanne Citron se feront eux mêmes une idée. Il y a effectivement aussi beaucoup de choses à dire sur l'instrumentalisation politique de la religion depuis 2000 ans.

@ JPY Le Goff : La révolution et la déchristianisation ne sont pas mon propos. Je les ai évoquées pour exposer leurs conséquences dans les comportements actuels, avant tout institutionnels. * Initiée par Hannah Arendt, la réflexion porte sur le fossé entre culture et conscience (d'où la citation du livre de Bernard Stiegler). La constatation d'avoir des brutes cultivées, formalistes et dénuées d'esprit, s'est manifestée dans l'affaire d'Outreau - par exemple - où le simple bon sens s'est révélé étrangement absent de l'institution (judiciaire en l'espèce). C'est ce scandale qui a ému l'opinion. Les reportages sur la psychiatrie, l'attentat de Karachi, l'affaire de Tarnac, l'espionnage de Greepeace (etc.) confirment le mépris pour droit et les personnes dans les affaires publiques. * Ce constat est contradictoire dans un pays attaché à la célébration du "devoir de mémoire" et dont l'histoire a montré l'adaptation rapide de ses administration au régime de Vichy à la persécution des juifs et la répression des résistants. http://histoire-sociale.univ-paris1.fr/Denis.htm Un tel constat montre la dimension théorique d'un pays, de son droit, de sa culture, de son histoire. * Ecarter la dimension totalitaire du jacobinisme rappelle l'Allemagne des années 60 qui, par son déni du nazisme, a engendré - en partie - le terrorisme. La révolte des banlieues de 2005 fait d'ailleurs étrangement écho à Ulrike Meinhoff : « Si on brûle une voiture c’est un acte criminel, si on brûle 100 voitures c’est un acte politique ». Ce déni historique peut expliquer en partie le malaise français, le sentiment d'imposture. * C'est donc une interrogation sur les racines du mépris des valeurs et des principes fondamentaux, comme Médiapart le dénonce régulièrement avec beaucoup de courage et de talent, que je pose.

. @ P. Ohl-Juchs . Je suis plutôt complètement d'accord avec l'essentiel de ce que vous dites. . Je ne sais pas si nous le resterions plus avant car, déjà, j'émets des réserves sur votre couplet laudatif à l'égard de Médiapart. . Je considère Médiapart comme un chef d'oeuvre de conformisme et de oui-ouisme. Comme disait Churchill à propos de la démocratie (que c'est le pire des régimes à l'exception de tous les autres) je considère que Médiapart est absolument nul, mais de très loin, le "moins pire". . A médiapart, on n'a, jusqu'ici, diagnostiqué, sous la houlette du gourou directeur, qu'un seul problème: c'est que Sarkozy sqwatte l'Elysée. . J'ai un tout autre point de vue : c'est que nous nourrissons et protégeons par la force publique 577 usurpateurs à l'Assemblée nationale. . jpylg

Les usurpateurs que vous déplorez sont le reflet du conformisme des électeurs et le résultat d'un manque dramatique d'esprit critique. Voir l'absence de réaction de l'électorat de gauche et la mansuétude béate de l'électorat de droite favorisant une logique de parti unique dont ils s'extasient à chaque débauchage ou un reniement politique complétant le patchwork gouvernemental. C'est vrai qu'il n'y a pas de débat sur cette dérive. D'où l'intérêt de ce journal sur le net offrant à ses lecteurs le moyen de lancer des débats susceptibles de bousculer l'inertie conduisant à l'imposture cacophonique qui vous déplaît. Débattons.

. " Débattons. " . Bof ! . Pour en prendre plein la gueule et se faire injurier ? . Y a qu'à laisser les usurpateurs usurper, puisque c'est le oui-ouisme qui dirige... . jpylg

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L'Etat s'apprête à contractualiser avec des établissements privés du

supérieurCinquante-huit établissements, allant des universités catholiques à l'Essec ou l'Edhec, vont recevoir plus de financements publics contre l'engagement de respecter certains objectifs

 

Ce sont quelque cinquante-huit établissements privés d'enseignement supérieur qui sont en passe de contractualiser avec le ministère. La liste comprend des poids lourds du secteur : les cinq instituts catholiques de Paris, Lille, Angers, Lyon et Toulouse avec leurs 35 000 étudiants, ainsi que les réputées Essec, Edhec ou Esca. L'ensemble de ces écoles représente quelque 60 000

étudiants, soit 3 % de l'ensemble des effectifs du supérieur.

Le 18 septembre 2009, les directions de chacun de ces établissements ont remis un rapport au ministère dans lequel elles évaluent leurs forces et faiblesses et où elles s'engagent sur des objectifs à atteindre à moyen terme. En retour, le

ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche leur assure un financement.

.

Pour le ministère, la démarche s'inscrit dans sa stratégie globale de recomposition de l'enseignement supérieur, engagée dans le public avec la mise en place de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). (...

 

Vue du camp laïque, l'affaire est plus ennuyeuse. Pour Luc Bentz, secrétaire national du syndicat UNSA-éducation, membre du Comité national d'action laïque (CNAL), " le ministère allume la guerre universitaire ". " C'est inacceptable, c'est autant d'argent qui ne va pas dans les universités publiques ", assène-t-il.

.

Christian Bonrepaux "Le monde du 12 dec2009"

 

Voir :

 

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/12/12/l-etat-s-apprete-a-contractualiser-avec-des-etablissements-prives-du-superieur_1279794_3224.html

.

Voir aussi :

.

http://www.unsa-education.org/index.php

.

jpylg

Et bien ca alors, je m'étonne que cela ne fasse pas de bruit que cela, merci Claude Lelièvre de nous tenir au courant de cette... euh... ignominie?

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