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"Sauvons l'école primaire!"
Cet Appel, paru jeudi dernier dans " Libération ", rassemble plus d’une centaine d’universitaires généralement assez dispersés. Fait complètement inhabituel, son objet – signe des temps – est l’école primaire. Fait tout autant inhabituel, il se situe à la fin de l’années scolaire ( moment peu propice à la mobilisation) et institue un " site " devant " contribuer au développement dans la durée d’un large mouvement d’opinion ".
L’Appel commence par une mise en évidence de la gravité de la situation : " Une régression d’ampleur se prépare pour l’école primaire. Les nouveaux programmes imposés sans aucune concertation, les suppressions de postes qui mettent en particulier à mal les écoles rurales et les école urbaines en zones ‘’sensibles’’ et, peut-être plus encore, la suppression de deux heures de classe par semaine, préparent une désorganisation funeste de l’école publique ".
Mais les signataires de l’Appel ne se situent pas non plus dans le statu quo, intenable : " Nous ne nous satisfaisons pas du statu quo . Alors que les inégalités sociales de réussite scolaire sont toujours aussi manifestes, que pour toutes les familles les attentes à l’égard de l’école restent vives, une politique résolue doit être mise en œuvre pour prévenir dès le plus jeune âge la difficulté scolaire et mieux assurer la rencontre de tous les élèves avec les savoirs et les pratiques scolaires. Les acquis de la recherche démontrent qu’il s’agit de redonner toute leur place aux apprentissages des écoles maternelles et élémentaires, de renforcer leur cohérence, de prendre le temps de l’explicitation des attentes et de la régularité du travail demandé aux élèves, de mieux répartir les enseignements sur la semaine et sur l’année
Et ils concluent en soulignant qu’ " il est plus que temps que la communauté intellectuelle, les parents, les enseignants intéressés à la cause de l’école publique se réunissent pour mettre un terme à cette contre-réforme et créent les conditions d’un autre avenir pour ce qui constitue la base de l’ensemble du système d’enseignement ".
En complémentarité avec les actions conduites par les organisations syndicales et les associations, par les collectifs locaux d’enseignants et d’usagers, " l’objet principal de ‘’Sauvons l’école primaire !’’ est de collecter, d’organiser et de diffuser un ensemble d’analyses contribuant au développement dans la durée d’un large mouvement d’opinion ". Et les chercheurs, les syndicalistes, les parents, les militants associatifs et tous ceux en accord avec le texte de l’Appel sont invités à adresser leurs contribution, qu’ils s’agissent de textes déjà écrits ou nouvellement produits.
http://sauvons-lecole-primaire.blogspot.com/
Qu’on se le dise !


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Merci du lien. ça vaut le coup de le suivre, pour lire l'appel, mais aussi la liste des signataires. Il ne s'agit plus seulement des sciences de l'éducation, des pédagogues "habituels" (ne lisez aucune critique là-dedans !) Je suis étonnée en particulier par le nombre de sociologues. Peut-être sentent-ils qu'au-delà de tout ça, leur discipline et profession est-elle même en danger. En effet, qu'aura à faire un gouvernement de la droite sarkozienne d'enseignements qui font réfléchir sur la société ?
Comme dit l'appel, nous sommes en plein dans les débuts d'une contre-réforme qui, si nous laisson faire, changera radicalement le type de société dans laquelle nous vivons. Et cela se fait petit à petit, secteur par secteur, mesure par mesure. Tant que nous verrons pas l'ensemble de l'image, nous risquons de nous épuiser à discuter sur chacun des "motifs" (aux deux sens du mot).
Pour ma part, je ne prétends pas au titre de pédagogue ( car je n'en ai guère les compétences ) mais à celui d'historien de l'éducation. Je suis même l'un des seuls à ce titre dans la liste des signataires ( il est vrai que nous sommes peu nombreux - es qualité - sur la place publique ). Il y a bien des figures connues et reconnues en pédagogie ( telles que Philippe Meirieu ) ou en sciences de l'éducation ( telles que Jean-Yves Rochex ou Samuel Josuha ). Mais surtout - comme vous le soulignez à juste titre - beaucoup de sociologues dans cette longue liste d'universitaires. Certains connus et reconnus également depuis pas mal de temps dans ce domaine ( tels que, par exemple, Stéphane Beau, Marie Duru-Bellat ou Agnès Van Zanten) mais aussi d'autres, également connus et reconnus, mais pas nécessairement d'abord dans le domaine scolaire ( tels que Bernard Lahire, Gérard Mauger et, effectivement, beaucoup, beaucoup d'autres ).
Le site n'est pas très explicite pour quiconque veut rejoindre la pétititon. Je remarque, et je le déplore, qu'il y a peu ou pas de linguistes sur cette liste.
impossible de trouver la pétition avec la référence que vous donnez.... je voudrais bien m'y inscrire : j'ai travaillé sur les programmes de math du primaire quand j'étais au conseil national des programmes (avec Luc Ferry et michel Broue) ... pouvez vous redonner une référence correcte? Je précise ausi que médiapart est carrément compliqué à suivre quand on est en "bas débit"... on me dit que je ne suis pas connectée alors que je le suis. ce n'est sans doute pas le lieu de dire cela ici, mais j'ai eu beaucoup de mal pour accèder aux commentaires possibles .... merci
Et bien mystère. Car lorsque je clique sur la référence que j'ai donnée, je tombe bien sur le site, l'Appel et la liste des signataires. Courage et ténacité!
j'ai trouvé le site , la pétition et les signataires mais déjà le 21 mars 2007 sur mon site http://balto.over-blog.net/ je donnais déjà une vision de la réforme de l'éducation en m'appuyant sur un "vécu" et sur une petite sélection d'ouvrages votre pétition, dont NS n'en a que faire (il a sa vision économique) vient trop tard hélas cent mille fois hélas et pourtant il existait (existe) un plan Langevin Wallon réédité en 2004 (mille et une nuits) Quel regret de la "frilosité" des syndicats et des politiques depuis 1962 (souvenez-vous des CES et des filières dès la 6ème, les bons élèves en section1 et les meilleurs en latin-allemand)
Cher Monsieur Lelièvre, oui, "la politique gouvernementale prépare une véritable débâcle." Oui aux collectifs locaux d'enseignants et de parents d'élèves. Mais de quelle débâcle parle-t-on ici ? De quelle "complémentarité" ? Si l'analyse de "Sauvons l'école primaire !" est très au fait de l'attaque que mène le gouvernement contre l'école publique, avec une détermination que lui envient tous les désespérés de la politique, pourtant, comment supposer, même dans l'un de ces moments d'incroyable euphorie que connaissent les plus désespérés des désespérés, que l'on puisse, "en complémentarité avec les actions conduites par les organisations syndicales et les associations", mener une bataille digne de ce nom, qui affirme : l'école primaire, l'école publique ont le droit d'exister ? Comment des sociologues peuvent-ils méconnaître, à ce point, la réalité de ce qu'est le Syndicat - ce mort-vivant ? Ou alors, les sociologues en question ne méconnaissent pas la réalité... et c'est aussi grave. Là où le Syndicat s'acharne, rien ne pousse. Surtout pas un collectif local d'enseignants et de parents d'élèves !
J'entends tout à fait votre objection qui s'enracine très certainement dans une déception voire une blessure issue d'une expérience personnelle. Comme toute organisation de ce type, les syndicats sont ( plus ou moins ) tiraillés entre des objectifs ''corporatistes'' ( où ce qui compte d'abord c'est la place et la représentation que se font leurs affiliés et/ou leurs directions de leurs intérêts ) et des objectifs concernant d'abord les élèves et /ou des intérêts plus généraux. ( ce qui n'est pas toujours, loin de là , en ''tension'' voire en contradiction, mais qui peut arriver...). D'où leurs limites, mais aussi le fait qu'ils sont difficilement contournables dans leur globalité si l'on veut précisément regarder la réalité sociale en face dans toute sa complexité. Et l'on peut penser que la plupart des sociologues signataires de l'Appel en ont conscience ( qui est un appel d'abord à chacun et aux collectifs locaux d'enseignants et d'usagers, sans quoi l'Appel en lui-même - et surtout sa cristallisation sur un site pour l'inscrire dans la durée - n'aurait guère de sens ). L'un des principaux promoteurs de cet Appel ( que je me suis contenté pour ma part de signer ), Bertrand Geay, est d'ailleurs un spécialiste de la sociologie des corps enseignants.
Cher Monsieur Lelièvre, votre prudente réponse est tout de même une réponse. Sachez que je ne suis pas déçu. Je ne suis pas non plus sociologue. Je constate. Et je maintiens que, là où le Syndicat s'acharne - le Discours syndical de la défaite organisée -, rien ne pousse. En tout cas, rien qui soit hétérogène à la logique gouvernementale. La logique gouvernementalo-syndicale est une logique de partenaires, qui fait du Syndicat le meilleur faux ennemi du Gouvernement - et réciproquement. Pourquoi rien ne pousse-t-il ? Parce que le Syndicat n'a aucun principe ; il vogue au gré du courant, il va là où le courant, l'époque, la conjoncture l'emmènent. Il est donc nécessaire, pour que quelque chose existe, qui soit de l'ordre de la politique - d'une politique d'émancipation -, de faire un pas de côté - oui, soyons un peu danseurs ! Pour être déçu, il faut avoir espéré. Or l'espoir n'est pas une catégorie qui me donne à penser. Je n'ai jamais espéré, jamais cru que l'action - le discours, encore moins - syndicale puisse avoir une quelconque incidence sur le cours du monde tel qu'il va. Si j'étais né au XIXe siècle, il est probable que j''aurais raisonné très différemment. Mais je suis un homme de mon temps. Je suis d'accord avec vous : les syndicats "sont difficilement contournables dans leur globalité si l'on veut précisément regarder la réalité sociale en face dans toute sa complexité." Mais si l'on fait autre chose que "regarder", alors les syndicats sont contournables ! Ils sont impérativement contournables ! Impérativement !
Pour compléter ce qu'écrit Claude Lelièvre, je pense, à observer les choses, que N. Sarkozy et X. Darcos ont eu un effet positif sur le corps enseignant et les syndicats : ils nous contraignent à sortir de notre "sommeil dogmatique", si j'ose dire, ils nous invitent à penser autrement la "résistance" (le mot est trop fort) et ils poussent à proposer une autre école où le nombre de poste n'est pas la valeur centrale. En cela, il y a un effet positif de la politique du gouvernement . Pour aller plus loin encore, je m'avance peut être un peu, je crois que c'est un effet voulu par le Président pour répondre à la question (je reprends son ton) : le corps enseignant, ça bouge encore ou c'est mort ?
Je ne suis pas compétent dans les domaines éducation scolaire, programmes, etc .. domaines évoqués dans ces articles. Si j'ai bien compris le pessimisme de ces articles, mon fils qui est en primaire va droit dans le mur et de plus se voit mal préparé à l'entrée et dans le secondaire et dans la "société". J'ai du mal à prendre au sérieux l'ampleur des dégâts et "régressions" induits par ces réformes telles que décrites dans ces articles. D'abord si réformes il y a, à ma connaissance elles ne sont que superficielles, les fondamentaux sont toujours là d'après les renseignements que j'ai pu recueillir ça et là. Ensuite, ces réformes sont élaborées par des pédagogues, spécialistes de l'école, tout aussi compétents que ceux signataires de l'article. Que ces spécialistes ne soient pas d'accord entre eux, le contraire serait miraculeux, surtout en France. Et enfin comme quelqu'un l'a déjà signalé, les sociologues sont très largement majoritaires dans la liste des signataires de l'article. Or il est bien connu que la "caste des sociologues" Français a une réputation des plus déplorable, non seulement en France, mais au niveau international. De plus ils sont réputés pour être "extrême" sur l'échiquier politique et donc systématiquement "d'une manière pavlovienne" contre toutes réformes, surtout sous un gouvernement de droite. Leur crédibilité en souffre donc terriblement, et on peut y voir là la cause du peu de réactions à leur appel au secours. Bref wait and see, c'est à postériori que je jugerai ces réformes.
Le problème est justement dans le fait que les programmes ou les changements d'horaires n'ont pas été fait par des "spécialistes de l'école". Les choix qui ont été fait n'ont rien avoir avec une prise de position en faveur d'un groupe de spécialistes plutôt qu'un autre mais plutôt par la valorisation de préjugés fabriquaient par des crétins ou d'intérêt économique (exemple 1: les élèves doivent maîtriser les 4 opérations pour résoudre un problème" (cf programmes 2008), or qui a mis les pieds dans une classe de maternelle sait que les élèves peuvent résoudre des problèmes de partages sans connaître la technique de la division / exemple 2 : suppression du samedi matin sans report sur les vacances du temps perdu, que l'on ne me dise pas qu'il n'y a rien avoir avec l'économie du tourisme et des services considéré comme le seul secteur créateur de richesses (j'exagère un peu, c'est vrai))
Le partage sans division, tout de même, ça va pas loin. L'opération de la division est issue de la nécessité d'effectuer des partages que l'intuition seule échouerait à établir. Le pragmatisme ne peut pas tout ! Prendre la part du lion, voilà un partage intuitif ! Et très pragmatique ! Ca arrive aussi, à l'école maternelle ça ! L'opération de la division montre, entre autres choses, l'intérêt qu'il y a a sortir de l'intuition. C'était juste en passant...
A propos de la légitimité des sociologues en cette affaire, et à propos même des questions de ''partage'' et de ''division'', le problème est aussi celui des inégalités (sociales ) dans l'accès à certaines connaissances et compétences, et les sociologues peuvent en savoir là-dessus autant et même davantage sur certains points que d'autres ( et en particulier que certains des ''experts'' ministériels autoproclamés, comme le souligne à juste titre Sébastien Rome ). Ils insistent d'ailleurs dans l'Appel sur cela. "On sait à l'avance quels goupes sociaux feront les frais d'une telle politique. Les familles des classes populaires seront ainsi soumises à des conditions de scolarisation rendant toujours plus probables le décrochage, la perte des espérances de réussite et l'abandon. Les familles des classes moyennes et supérieures y perdraient elles aussi d'une autre manière, contraintes d'aller engraisser un peu plus les officines de cours privés".
L'un des abonnés de Mediapart, sensible à l'argument selon lequel les sociologues se sont taillé la part du lion dans cet Appel, et sensible surtout aux travaux des chronobiologistes qui lui paraissent centraux ( en tout cas incontournables ) en l'occurrence m'a prié de faire part d'un long mais suggestif texte de Hubert Montagner, un spécialiste de renommée internationale sur la question, ce que je fais bien volontiers. LES DECISIONS SIMPLISTES ET IRRESPONSABLES DU MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE Hubert MONTAGNER, Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de Recherche à l’INSERM Parmi les décisions récentes du Ministre de l’Education Nationale, deux sont particulièrement inquiétantes : la généralisation de la semaine de quatre jours et les nouveaux programmes. La semaine de quatre jours ne règle en rien la question majeure de l’actuelle journée scolaire dont la durée et l’organisation ne tiennent pas compte des besoins, intérêts, équilibres et particularités des enfants-élèves, notamment ceux qui sont vulnérables, en souffrance, en échec scolaire, envahis par des «troubles» du développement ou du comportement, porteurs d’un handicap, «étranges» ... EN D’AUTRES TERMES, LES ENFANTS QUI SONT DANS L’INSECURITE AFFECTIVE ET QUI SONT AINSI EN DEFICIT DE CONFIANCE ET SANS ESTIME DE SOI. L’école ignore l’enfant qui «se cache» derrière chaque élève et ne veut pas connaître les vraies difficultés qui l’empêchent d’apprendre. Elle ne connaît que les programmes à partir desquels il faut formater au même «rythme» les individus de la même classe d’âges. Les dérives de l’école, son fonctionnement déshumanisé et ses responsabilités dans l’amplification des inégalités sociales, sont particulièrement révélés par les décisions ministérielles de réduire la durée de la semaine scolaire en instituant la semaine de quatre jours et d’augmenter sans discernement le poids quotidien des «matières» dites fondamentales (les «fondamentaux»). Voici pourquoi le nouvel aménagement du temps scolaires et les nouveaux programmes sont simplistes et irresponsables. A. Les écoliers français subissent la journée scolaire la plus longue du monde La durée de la journée scolaire à l’école primaire est la plus longue du monde. Elle est en effet de 06h.00 de temps contraint (05h.30 de temps pédagogique et 30 minutes de récréation), y compris pour les enfants de l’école maternelle. La journée scolaire est ainsi la plus fatigante et stressante pour l’ensemble des enfants de l’école primaire. Elle est particulièrement épuisante, anxiogène et démotivante pour les enfants en difficulté. Il faut ajouter les autres temps de la journée : * la durée du trajet du domicile familial à l’école (elle est souvent de trente minutes dans certains secteurs géographiques, mais peut être supérieure à une heure, par exemple à l’île de La Réunion) ; * la durée,«l’ambiance» et le «temps bousculé» de la pause méridienne, en particulier à la cantine, dans des conditions de bruits, d’allées et venues et de conflits qui 2 génèrent ou renforcent le stress, la fatigue, l’anxiété et/ou l’angoisse des plus insécurisés, le plus souvent sans possibilité de détente et de calme après le repas ; * après le temps scolaire, la durée du trajet de l’école au domicile ... ou ailleurs ; * les temps et «activités» imposés aux enfants à la suite de l’après-midi scolaire (courses au supermarché, cours particuliers, visites anxiogènes, activités sportives qui ne correspondent pas au choix et au désir des enfants ...) ; * la durée des devoirs à la maison alors qu’ils sont interdits par une dizaine de circulaires ministérielles. Il n’est pas rare que les enfants y consacrent une heure ou davantage ; * les temps qu’il faut consacrer à la fratrie lorsque les parents ne sont pas disponibles («récupération» des jeunes frères et soeurs à l’école, alimentation, occupations et soins à la maison pour l’un ou l’autre en attendant le ou les parents ...) * parfois, la durée des «activités ménagères» et de la préparation du repas pour la famille. ET LE MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE VOUDRAIT AJOUTER UN TEMPS DE SOUTIEN SCOLAIRE APRES 16h.30, C’EST A DIRE UN TEMPS SUPPLEMENTAIRE DE TRAVAIL ET D’INVESTISSEMENT INTELLECTUEL A DES ENFANTS EPUISES, STRESSES, ANXIEUX, ANGOISSES, REVOLTES ! B. Les différents temps de la journée B.1. La première heure (08h.30-09h.30). Un réveil entre 06h.30 et 07h.30 (cas le plus fréquent) ne permet pas aux enfants d’être vraiment vigilants et attentifs au cours de la première demi-heure scolaire (08h.30-09h.00) et souvent de la première heure (08h.30-09h.30), surtout les plus jeunes, les plus vulnérables, ceux qui cumulent les déficits de sommeil ou les «troubles» du rythme veille-sommeil, et/ou ceux qui vivent au quotidien dans l’insécurité affective (enfants maltraités, qui se sentent abandonnés ou négligés, en conflit récurrent avec la fratrie ...) au sein d’un milieu familial lui-même en difficulté (misère, maladie, chômage, conflits entre les parents ...). On rappellera ici l’une des données de la recherche. Il y a vingt ans, le pourcentage des enfants du cours préparatoire (ils étaient âgés de six à sept ans) qui bâillaient entre 09h.00 et 09h.30 était de 68% (P. KOCH, H. MONTAGNER et R. SOUSSIGNAN 1987, Variations of behavioral and physiological variables in children attending kindergarten and primary schools, Chronobiology International, volume 4, p.525-535). Il en était de même pour les autres indicateurs de non vigilance (affalements sur la table, fermetures des yeux, étirements, non réponse aux sollicitations et interpellations, parfois endormissements ...). Alors que les études récentes montrent toutes que la durée du sommeil a diminué en FRANCE depuis vingt ans chez les enfants et les adultes (il est probable que l’augmentation du temps passé devant le téléviseur n’est pas étrangère à ce phénomène), on peut faire l’hypothèse que le pourcentage des enfants qui manqueront de vigilance à l’école entre 08h.30 et 09h.30 sera encore plus élevé dans les prochaines années. En tout cas, on observe que, après l’entrée en classe, il faut plus de trente minutes à la plupart des enfants pour qu’ils redeviennent vigilants, 3 attentifs, réceptifs et disponibles, et de trente à soixante minutes pour les enfants qui ont des déficits de sommeil et/ou qui sont «insécures» au quotidien, et aussi pour les enfants en échec scolaire (ils cumulent souvent les deux particularités). Il faudrait donc que la première heure puisse être un «temps-sujet» de «remise en route» de la vigilance, de l’attention et de la mobilisation des ressources intellectuelles, et aussi de restauration minimale d’un sentiment de sécurité affective. Il faut pour cela élaborer des stratégies d’accueil rassurant et aménager des lieux appropriés pour que chaque enfant-élève puisse retrouver «à son rythme» (quand il est prêt) une vigilance et une sécurité affective minimales. C’est à ce prix qu’il peut se réaliser dans ses dimensions d’élève. Essentiellement réservée à l’accueil apaisant des enfants (et de leur famille) par des personnes rassurantes et gratifiantes, une «sphère d’accueil» peut être aménagée avec des espaces, mobiliers et dispositifs anxiolytiques peu coûteux, l’ambiance acoustique et visuelle étant également anxiolytique. Située au sein de l’école ou à sa périphérie, ce lieu permettrait aux enfants vulnérables, perturbés, en souffrance, en échec scolaire ... d’évacuer leurs peurs et leur «trop plein» d’inquiétude, d’anxiété ou d’angoisse, de reprendre leurs repères, de développer leur vigilance à leur rythme et d’être prêts à «entrer» dans les apprentissages scolaires. B.2. la matinée scolaire est trop longue pour les plus jeunes et les plus vulnérables. Par exemple, dans l’étude citée précédemment, le pourcentage des enfants du cours préparatoire qui bâillent entre 11h.00 et 11h.30 est de 59% alors qu’il n’est que de 36% entre 10h.30 et 11h.00. En revanche, on n’observe pas ce phénomène chez les enfants des cours moyens 1ère et 2ème années (ils sont alors âgés de 9 à 11 ans), sauf quand ils sont très «insécures», en déficit de sommeil et/ou en échec scolaire. La durée de la matinée scolaire, en tout cas la durée du temps pédagogique qui exige une forte mobilisation des ressources intellectuelles, devrait donc être modulée en fonction de l’âge des enfants et en tenant compte de leurs particularités «empêchantes». B.3. La neurobiologie a mis en évidence à tous les âges une «dépression» de la vigilance corticale (du cerveau) au moment de 13h.00-14h.00. Indépendante des entrées alimentaires du déjeuner, elle s’inscrit dans un rythme circadien. C’est en effet un phénomène biologique qui se reproduit à l’identique toutes les 24 heures environ. Le moment de la «dépression corticale» se caractérise logiquement par une diminution de la vigilance comportementale ... et ne se prête donc pas à une forte mobilisation des capacités d’attention et des ressources intellectuelles. Pourtant, il a été envisagé par le Ministère de l’Education Nationale que le moment de 13h.00 à 14h.00 puisse être réservé au soutien scolaire. B.4. L’après-midi, l’évolution de la vigilance et des capacités d’attention de 13h.30 à 16h.30 varie avec l’âge et les particularités des enfants. Au cours préparatoire, toujours selon l’étude précédemment citée, le pourcentage des enfants qui bâillent entre 14h.30 et 15h.00 est de 68%, comme entre 09h.00 et 09h.30. Ce phénomène n’est pas observé chez les enfants de cours moyen, ou alors il est réduit. S’agissant des enfants en difficulté scolaire ou en échec scolaire (il faut rappeler qu’ils cumulent le plus souvent les déficits de sommeil et l’insécurité affective au quotidien), le pourcentage des enfants qui bâillent, s’affalent sur leur table, s’étirent, s’agitent, ferment les yeux ou même s’endorment est supérieur à 80% entre 14h.00 et 16h.30 (il est souvent proche de 90% dans les écoles des secteurs 4 urbains dont les habitants cumulent les difficultés personnelles, familiales et sociales). Tout semble indiquer que ces enfants attendent la «libération» de 16h.30. EN CONCLUSION, POUR QUE L’ECOLE PUISSE DONNER UNE CHANCE MAXIMALE DE REUSSITE A TOUS LES ENFANTS, LA DUREE ET L’ORGANISATION DES JOURNEES SCOLAIRES DEVRAIENT ETRE MODIFIEES EN FONCTION DE L’AGE ET DES PARTICULARITES «EMPECHANTES» QUI CONTRARIENT LES APPRENTISSAGES . IL FAUT NOTAMMENT DEVELOPPER DE NOUVELLES STRATEGIES D’ACCUEIL ET DES AMENAGEMENTS D’ESPACE APPROPRIES AU DEBUT DE CHAQUE MATINEE SCOLAIRE (08h.30-09h.30 et 13h.00-14h.30). C. Les inconvénients majeurs de la semaine scolaire de quatre jours combinés aux nouveaux programmes qui imposent un poids augmenté des «matières» dites fondamentales (les «fondamentaux» : maîtrise du langage oral, lecture, écriture, calcul et mathématiques). C.1. Le défi impossible Il faudra que les enseignants fassent en quatre jours ce qu’ils faisaient en quatre jours et demi lorsque le samedi matin était scolarisé (les trois heures du samedi matin ont «disparu» des annonces ministérielles). En outre, pour être en conformité avec les nouveaux programmes, les enseignants devront consacrer chaque jour plus de temps aux apprentissages explicites et formels des «fondamentaux», c’est-à-dire augmenter la fréquence et/ou la durée des situations dans lesquelles tous les enfants devront mobiliser leur vigilance, leur attention et leurs ressources intellectuelles pour apprendre à maîtriser le langage oral, la lecture, l’écriture, le calcul ou les mathématiques ... y compris ceux qui sont en déficit de vigilance, d’attention, de réceptivité et de disponibilité, en particulier les enfants dits en échec scolaire. La fréquence et la durée de l’enseignement des «autres matières» (biologie, histoire, géographie, arts plastiques, musique, chant, narration ...) seront réduites à la «portion congrue». Pourtant, elles sont toutes aussi importantes que les «fondamentaux» pour le développement intellectuel des enfants. Elles sont nécessaires au développement des systèmes perceptifs, de la vie émotionnelle et affective, des interactions sociales, des représentations, de l’imaginaire, du sens esthétique, du sens critique, de l’humour ... en deux mots, des multiples formes de la sensibilité et de l’intelligence. En outre, les pédagogues savent que les «autres matières» permettent l’apprentissage des «fondamentaux» … souvent mieux que dans les situations explicites et formelles d’apprentissage des «fondamentaux» dès lors qu’elles correspondent aux attentes et motivations des enfants, ou qu’elles procurent du plaisir. Il y aura aussi logiquement moins de temps pour les pauses intellectuelles, la détente corporelle et psychique, ou il n’y aura plus de temps disponible. Il ne restera plus de temps pour que les enfants développent entre eux des conduites de coopération et se transmettent mutuellement des savoirs, des connaissances, des «savoir être» et des savoir-faire 5 Comment les enseignants vont-ils trouver le temps pour s’occuper de façon particulière des enfants «qui n’écoutent pas», de ceux qui «traînent», de ceux qui ont besoin de plus de temps que les autres pour comprendre et apprendre. Et aussi des enfants insécurisés qui n’ont pas confiance en eux et dans autrui, des enfants anxieux ou angoissés, en particulier ceux qui vivent dans l’anxiété de performances (la peur de mal faire), des enfants qui se replient sur eux-mêmes dès qu’il sont dans une situation de contraintes répétées ou de stress, et qui se ferment alors aux messages du maître, fût-il le plus compétent du monde. Ou encore, des enfants turbulents qui ne tiennent pas en place (on dit qu’ils sont «hyperactifs»), de ceux qui ont des conduites d’évitement et de fuite, des «agresseurs-destructeurs» … Il ne restera plus de temps pour que les enfants sortent de l’école pour visiter des monuments, des musées … pour développer leurs savoirs, connaissances et plaisirs dans les environnements naturels ... plus simplement pour JOUER alors que le jeu est un élément important du développement des êtres humains. IL EST PHYSIOLOGIQUEMENT ET PSYCHOLOGIQUEMENT IMPOSSIBLE QU’UNE JOURNEE DE SIX HEURES DE TEMPS ENCORE PLUS CONTRAINT PAR LES EXIGENCES ACCRUES DES «FONDAMENTAUX», PERMETTE AUX ENFANTS DE 2008-2009, ET AU DELA, D’ETRE SUFFISAMMENT RECEPTIFS, LUCIDES ET DISPONIBLES, ET AINSI DE BIEN COMPRENDRE ET APPRENDRE. C’est la quasi-certitude que les enfants-élèves seront encore plus fatigués, stressés, démotivés, «en désamour pour l’école», culpabilisés, en déficit de confiance en eux-mêmes et dans autrui, INSECURISES. Insidieuse, une nouvelle forme de maltraitance s’installe. C.2. la durée des journées scolaires va augmenter car les six heures journalières (cinq heures trente de temps pédagogique) ne suffiront pas aux enseignants pour réaliser le programme qu’ils auront préparé pour la semaine. Il en résultera souvent des effets «pervers» comme cela a déjà été observé dans le cadre de la semaine de quatre jours. En effet, il n’est pas rare que les enfants soient seulement «libérés» à 16h.45 ou 17h.00, parfois plus tard, alors que la journée scolaire est déjà la plus longue du monde. Ceux qui déjeunent à la cantine passeront ainsi plus de huit heures de temps contraint à l’école, c’est-à-dire entre 33 et 35 heures pour les quatre jours (lundi, mardi, jeudi, vendredi). Il faudra ajouter la durée des devoirs à la maison et les autres contraintes de temps précédemment énumérées. Nous sommes alors largement au dessus des 35 heures, limite légale de la semaine de travail pour les adultes. Si la grande majorité des parents se plaignent que leurs enfants sont très fatigués le vendredi soir, ils ne sont pas conscients ou informés que lorsque les semaines successives de quatre jours scolaires seront combinées à une augmentation quotidienne de la pression scolaire au cours des six heures de temps contraint (et, insidieusement, du temps passé en classe après 16h.30 pour terminer les apprentissages de la journée), on aggravera les difficultés des enfants, surtout de ceux qui sont en difficulté. Il est désolant que les enseignants acceptent ou sollicitent un tel système. Pourtant, ils se plaignent que les enfants sont «sur un nuage», «n’écoutent pas», «ne tiennent pas en place», sont évitants, agités, fatigués, agressifs ... C.3. Comme le montrent les observations et études dans les écoles qui pratiquent déjà la semaine de quatre jours, on peut faire l’hypothèse forte que le lundi 6 sera un jour de perturbations aggravées pour l’ensemble des enfants, y compris ceux des «beaux quartiers», à cause des empilements d’activités, de déplacements et de rencontres pendant les deux jours du week-end, parfois dès le vendredi soir, combinés à des endormissements plus tardifs et à des déficits de sommeil, notamment dans la nuit du samedi au dimanche. On peut faire l’hypothèse forte que l’augmentation de la pression et des exigences scolaires générées par l’augmentation du temps consacré chaque jour aux «fondamentaux» et la diminution concomitante des pauses et des moments de détente, vont se traduire par une augmentation de l’anxiété (notamment l’anxiété de performances) et des angoisses chez les plus vulnérables et en souffrance. On peut faire l’hypothèse forte que cela va perturber les relations entre certains enfants et leurs parents quand ceux-ci vont essayer de combler à la maison les lacunes ou incompréhensions multipliées par la fréquence augmentée et le «formatage» anxiogène des situations d’apprentissage formel des «fondamentaux» (il y aura forcément plus de lacunes car la quantité d’informations transmises sera chaque jour plus élevée et exigera une concentration intellectuelle accrue pour les traiter et les mémoriser). On peut aussi faire l’hypothèse forte que la fréquence des consultations médicales va augmenter au fil des semaines quant aux motifs les plus fréquents des demandes de consultation, c’est-à-dire la fatigue scolaire, les difficultés d’endormissement, les perturbations du sommeil (les réveils accompagnés de cauchemars , chez les plus jeunes, de terreurs), les «troubles» du comportement (instabilité, replis sur soi, conduites d’évitement et de fuite, «hyperactivité», «agressions-destructions» ...). Et en conséquence, les prescriptions qui, avec les sédatifs, somnifères, psychotropes ... font le lit des «imprégnations» chimiques et des surconsommations médicales. Faut-il rappeler que les Français sont les plus grands consommateurs de ces molécules ? LES IDEOLOGUES ARCHAIQUES DE L’EDUCATION NOUS DISENT QUE, «AUTREFOIS», LA DUREE DU TEMPS SCOLAIRE ETAIT PLUS ELEVEE, QUE LE POIDS DES APPRENTISSAGES EXPLICITES ET FORMELS ETAIT PLUS LOURD ET QUE LES DEVOIRS A LA MAISON ETAIENT PLUS EXIGEANTS. MAIS, DE TELLES AFFIRMATIONS SONT SIMPLISTES. CE QUI ETAIT POSSIBLE IL Y A CINQUANTE ANS NE L’EST PLUS EN 2008. LES ENFANTS NE SONT PLUS LES MEMES, LES FAMILLES NE SONT PLUS LES MEMES, LES ENSEIGNANTS NE SONT PLUS LES MEMES, LA SOCIETE N’EST PLUS LA MEME. L’ECOLE IGNORE LES FACTEURS HUMAINS ET L’EVOLUTION DE LA SOCIETE. CONCLUSIONS Il faut absolument diminuer la durée des journées scolaires tout en les réorganisant pour que les plages pédagogiques de grande exigence intellectuelle coïncident mieux avec les temps forts de la vigilance, de l’attention, de la réceptivité, de la disponibilité et des capacités intellectuelles nécessaires au traitement et à la mémorisation des informations. S’agissant des apprentissages explicites et formels, il faut «neutraliser» les moments qui se caractérisent par une plus grande vulnérabilité des enfants, surtout quand ils sont particulièrement en souffrance, en échec scolaire ... 7 On peut faire l’hypothèse forte que la semaine de quatre jours avec une augmentation de la pression scolaire induite par l’augmentation de la fréquence et de la durée des situations formatées d’apprentissage explicite et formel, va aggraver les difficultés, vulnérabilités et souffrance des enfants déjà en difficulté. C’est ce qu’on observe dans les classes qui pratiquent la semaine de quatre jours alors que les nouveaux programmes ne seront développés qu’à la rentrée de septembre 2008. QUELS SONT LES ARGUMENTS DU MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE POUR JUSTIFIER LA SEMAINE SCOLAIRE DE QUATRE JOURS ALORS QU’IL N’Y A EU AUCUNE EVALUATION SERIEUSE DANS LES ECOLES QUI PRATIQUENT CET AMENAGEMENT DU TEMPS DEPUIS LE DEBUT DES ANNEES 1990 ? EN OUTRE, IL SERAIT INTERESSANT DE RECHERCHER LES PROPOS «ANTI SEMAINE DE QUATRE JOURS» DU MINISTRE LORSQU’IL ETAIT DIRECTEUR DE CABINET DU MINISTRE BAYROU. AVEC LA SEMAINE DE QUATRE JOURS (LES TROIS HEURES DU SAMEDI ONT DISPARU) ET LES NOUVEAUX PROGRAMMES, LES ENSEIGNANTS AURONT EVIDEMMENT MOINS DE TEMPS A CONSACRER AUX ENFANTS-ELEVES QUI AURONT DES DIFFICULTES A COMPRENDRE ET APPRENDRE. QUAND LES RASED POURRONT-ILS INTERVENIR ALORS QUE LEUR TRAVAIL EST NECESSAIRE ? SI ON NE DEPASSE PAS LE CADRE DE LA SEMAINE, IL N’EST PAS POSSIBLE DE DEGAGER DANS LA JOURNEE UN TEMPS QUI PUISSE ETRE CONSACRE EFFICACEMENT AU SOUTIEN SCOLAIRE CAR LES ENFANTS EN DIFFICULTE NE PEUVENT ETRE ATTENTIFS, RECEPTIFS ET DISPONIBLES AU DEBUT DE CHAQUE MATINEE ET AU DELA DE 16h.30. EN REVANCHE, LE SOUTIEN POURRAIT ETRE EFFICACE PENDANT LE TEMPS SCOLAIRE SI LES PROGRAMMES ETAIENT ETALES SUR DEUX OU TROIS SEMAINES ET NON PLUS SUR UNE SEMAINE, ET SI L’AMENAGEMENT DU TEMPS ETAIT PLUS FLEXIBLE. QUE DIRE DE LA PUNITION INSTITUTIONNELLE QUI CONSISTE A ORGANISER DES STAGES DE SOUTIEN PENDANT LES VACANCES SCOLAIRES ? C’EST INDIGNE ! TOUS LES ENFANTS ONT BESOIN DE LEURS VACANCES. On ne s’y prendrait pas autrement si on voulait dégager une élite dès l’école maternelle. On ne s’y prendrait pas autrement si on voulait stigmatiser les enfants-élèves qui sont de plus en plus saturés, épuisés, largués ... et justifier leur placement dans des établissements particuliers ou spécialisés. Il faut étaler les heures d’enseignement sur cinq jours, c’est-à-dire en coïncidence avec la semaine civile, en étudiant comment et dans quelles conditions, évidemment dans la concertation, les enfants-élèves peuvent être accueillis tous les jours de la semaine en dehors des temps familiaux et des temps scolaires. Pour que cela soit tout à fait possible, Il serait intéressant de considérer chaque école comme un écosystème avec les enfants au centre de ses préoccupations et de son fonctionnement, c’est- 8 à-dire comme un lieu de vie que l’on organise pour que chaque enfant-élève puisse révéler et structurer l’ensemble de ses facettes et compétences, et les rendre fonctionnelles, tout en acquérant de nouvelles facettes et de nouvelles compétences. C’est à partir des interactions entre les différentes composantes de l’écosystème (enfants, parents, familles, enseignants, autres acteurs de l’école) que l’organisation et le fonctionnement de l’école peuvent être élaborés pour tous les enfants et toutes les familles, que les rivalités peuvent être dépassées et que les évolutions peuvent être anticipées. Aucun acteur ne peut être exclu d’un écosystème. Sinon, il meurt !