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May

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Du nom des écoles

Les noms des établissements scolaires (écoles, collèges, lycées) nous en disent plus long qu’on pourrait le croire, si on les prend dans leurs agrégations statistiques et qu’on les compare.

 

Parmi les noms d’hommes politiques qui sont restés dans l’histoire pour leurs interventions dans le domaine scolaire, Jules Ferry arrive très nettement en tête avec 604 mentions, suivi de Paul Bert ( 185 mentions ), Condorcet et Jean Zay ( 110 ), Ferdinand Buisson ( 98 ) et, très loin derrière, Emile Combes ( 14 mentions ).

Il est à noter que, à l’exception d’une école primaire privée pour Condorcet, aucun des 9191 établissements privés sous contrat n’a pris pour nom l’un de ces hommes politiques qui, il est vrai, appartiennent tous à la geste de l’Ecole publique.

 

Il faut dire aussi que les choix de ces établissement privés sous contrat se portent avant tout sur des noms de saints ou de saintes. Saint Joseph vient largement en tête ( 973 mentions ), suivi de loin par Saint Charles ( 84 ), Saint Jean Baptiste ( 57 ), Saint Vincent de Paul ( 47 ), Saint Thomas ( 36 ), Saint Etienne ( 29 ), Saint Eloi ( 10 ). Pour les filles, Sainte Marie domine nettement ( 458 mentions ), suivie de Sainte Anne ( 348 ), Sainte Thérèse ( 242), Sainte Bernadette ( 40), Sainte Elisabeth ( 28 ), Sainte Catherine ( 21 ) et Sainte Madeleine ( 20 ).

Reste deux cas un peu particuliers : ceux de Jeanne d’Arc et Saint Louis  ( qui ont respectivement 398 et 184 mentions dans les établissements privés sous contrat ), mais dont les noms ne sont pas tout à fait absents dans les établissements de l’Education nationale ( respectivement 26 et 22 mentions ) ; cependant, on doit aussi prendre en considération que l’enseignement privé sous contrat ne compte que 9191 établissements alors que l’enseignement public rassemble 49639 établissements ( soit sommairement un rapport de un à cinq ). Le nom de La Salle a été choisi par 86 établissements du privé et par 11 écoles du public. Deux papes sont inégalement choisis: Jean XXIII ( 22 mentions) et Jean-Paul II ( 8 ).

 

Les noms d’hommes politiques sont donnés quasi exclusivement à des établissements de l’Education nationale, qu’il s’agisse des trois présidents de la cinquième République décédés ( Charles de Gaulle, 51 mentions ; Georges Pompidou, 32 ; et François Mitterrand, 31 ), ou des quelques républicains emblématiques choisis ( Gambetta, 76 mentions, Blum, 50, Briand, 47, Clemenceau, 38 ; Robespierre, 36 ; Danton, 11 ; Mirabeau et Hoche 8 ). Sans oublier le champion, nettement détaché : Jean Jaurès ( 413 mentions dans le public, une dans le privé ). A peine deux exceptions : Henri IV et Charlemagne ( respectivement 20 et 27 mentions dans le public, et 3 et 1 dans le privé ). Plus une autre exception de taille ( si on a bien à l’esprit le rapport de un à cinq qui existe entre le nombre des établissements du privé et celui du public ) : Robert Schuman ( 31 mentions dans le public, et 7 dans le privé ).

En revanche, la partition est plus complexe ( et plus balancée ) pour quelques personnages célèbres, et d’abord pour un certain nombre d’écrivains ‘’catholiques’’. Bossuet l’emporte dans le privé ( 11 mentions contre 5 dans le public) ; et, proportionnellement ( si l’on tient compte du rapport de un à cinq ) Péguy ( 17 mentions dans le privé, contre 58 dans le public ). Les noms de Pascal, Lamartine et Claudel sont choisis par quelques établissements du privé ( à hauteurs respectives de 9, 7 et 3 mentions ( contre 70, 88 et 84 dans le public ). Les noms de Mauriac ( 16 mentions ) et Bernanos ( 2 ) n’existent que dans le public. De même pour Chateaubriand ( 25 mentions ).

Quelques autres personnages célèbres donnent également leur nom à des établissements privés sous contrat, mais beaucoup moins ( y compris proportionnellement ) que pour les établissements de l’Education nationale. On peut citer en particulier Saint-Exupéry, Pasteur et La Fontaine ( qui ont respectivement 12, 11 et 7 mentions dans le privé, contre 377, 360 et 379 dans le public ).

 

Si l’on aborde les mentions de noms de femmes, on peut constater qu’elles sont réduites à la portion congrue dans l’enseignement privé sous contrat ( à part les saintes, omniprésentes ). Deux noms l’emportent cependant dans le privé : Madame de Maintenon ( 9 mentions contre 4 dans le public ) et, proportionnellement, Madame de Sévigné ( 23 mentions contre 54 dans le public ). Françoise Dolto a 3 petites mentions dans le privé ( contre 159 dans le public ).

Par ailleurs, dix autres femmes donnent leur nom exclusivement à des établissements de l’enseignement public : Marie Curie ( 305 mentions ), Louise Michel ( 168 ), Pauline Kergomard ( 113 ), Elsa Triolet ( 66 ), Hélène Boucher, Marie Laurencin et Sonia Delaunay ( 21 ), Olympe de Gouges( 12 ), Simone de Beauvoir et George Sand ( respectivement 8 et 7 mentions ). En définitive, par rapport aux hommes, les noms de femmes sont très nettement sous représentés dans les établissements de l’Education nationale.

 

Les établissements du privé ne mentionnent pas de figures qui appartiennent peu prou au domaine pédagogique (à l’exception de Madame de Maintenon ). Il en va sensiblement de façon différente pour les établissements du public, même s’il est non moins significatif que cela reste au total relativement restreint. On peut citer en particulier Langevin ( 289 mentions ), Wallon ( 160 ), Kergomard ( 113 ), Rousseau ( 106 ), Buisson ( 98 ), Rabelais ( 55 ), Montaigne ( 51 ), Freinet ( 40 ), Montessori ( 13 ), Piaget et Makarenko ( 8 mentions ).

 

En définitive, dans l’Education nationale, ce sont plutôt les noms d’écrivains qui sont en bonne place. Outre ceux qui ont déjà été cités auparavant, on peut signaler Hugo ( 337 mentions ), Jules Verne ( 200 ),Rostand ( 169 ), Camus ( 163 ), Eluard ( 120 ), Malraux ( 88 ), Voltaire ( 80 ), Aragon et Mistral ( 75 ), Diderot ( 64 ), Desnos ( 61 ) Molière ( 46 ), Rimbaud ( 43 ), Genevoix ( 42 ) , Balzac et Giono ( 41 ), Verlaine ( 40 ), Ronsard ( 38 ), Racine ( 30 ), Dumas ( 28 ), Maupassant ( 26 ), Flaubert et Valéry ( 22 ), Corneille ( 20 ), Du Bellay et Vigny ( 18 ), Musset ( 17 ), Baudelaire ( 15 ), Proust ( 12 ), Queneau ( 11 ), Char ( 10 ), Gide et Boileau ( 9 ), Barrès ( 8 ), Beaumarchais ( 6 ), Mallarmé et Mérimée ( 5 ). Sans oublier ( loin s’en faut, car c’est significatif ) les auteurs consacrés du primaire voire du début du collège : Prévert ( 407 mentions ), Pagnol ( 223 ), Perrault (144 ), Pergaud ( 131 ), Daudet ( 108 ). Ces noms d’écrivains ( à quelques exceptions – à l’unité – près ) ne figurent pas dans les 9191 établissements privés sous contrat et sont dévolus ( pour la quasi totalité d’entre eux ) exclusivement aux établissements de l’enseignement public.

 

Les peintres sont moins à l’honneur que les écrivains. On peut citer dans l’ordre : Picasso ( 80 mentions ), Matisse ( 67 ), Renoir ( 43 ), Monet ( 37 ), Van Gogh ( 26 ), Gauguin ( 18 ), Delacroix ( 15 ), Braque et Chagall ( 10 ) Léger, Manet, Utrillo ( 6 mentions ), Watteau ( 5 ). A l’exception de trois établissements privés pour Matisse et d’une école privée pour Renoir, ces noms de peintres ont été attribués à des établissements de l’Education nationale.

Les noms de musiciens sont encore moins choisis ; et ils sont , eux aussi, quasi exclusivement attribués à des établissements de l’enseignement public ( à l’exception de Bizet pour un lycée privé et de Berlioz pour un collège privé ). On citera Debussy ( 33 mentions ), Ravel ( 28 ), Berlioz ( 19 mentions ), Saint-Saens ( 11 ), Rameau et Fauré ( 10 ), Satie ( 7 ), Charpentier ( 6 ), Bizet et Milhaud ( 5 mentions ). Tout en n’oubliant pas le grand succès relatif de deux chanteurs : Georges Brassens ( 147 mentions ), suivi de Jacques Brel ( 73 ).

Les noms de scientifiques sont, eux aussi, relativement peu mentionnés. Berthelot vient en tête avec 48 mentions, suivi de Lavoisier ( 41 ), Calmette ( 33 ), Eiffel ( 27 ), Buffon ( 26), Branly ( 24 ), Blériot ( 17 ), Cavaillès, Lesseps et Gay-Lussac ( 6 mentions ), Cuvier ( 5 ), Niepce, Papin et Fresnel ( 4 ). Aucun nom de scientifiques pour les établissements privés sous contrat.

 

Tous les commentaires

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Très intéressant ! Les noms des écoles, avec les noms de rues, ainsi que les statues dans l'espace public sont l'un des moyens du formatage de base.

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jpylg

Bonjour!

Tiens tiens, il n'y a ni lycée Fourrier ni collège Oussekine?

Ni Frédéric Bazille ni Jules Guesde...

Je crois que cette liste n'est pas exhaustive?

La liste n'est pas tout à fait exhaustive ( soit parce que le nom n'est mentionné que deux ou trois fois, soit parce que je n'ai pas pensé moi-même à mener l'enquête sur tel ou tel nom...).

Pas ?de Louise Michel ni de Rosa Luxemburg ?

 

 

 

Pas de Fourier ni d'Ossekine

Ces appellations induisent de durables déplacements de signifié, du fait même de leur existence, dans les chères têtes blondes ou brunes, l'équipe de direction et les enseignants – sauf peut-être dans certains établissements privés – ne faisant rien pour inciter les élèves à connaître un peu moins mal les idées, la vie ou l'œuvre de la personne sous l'égide de laquelle leur établissement à été placé. Dommage…

c'est passiàonnant!!

et il n' y a aucun etablissement qui se refere à Laon Blum??

etrange...

Bien vu pour Blum ( que j'avais oublié de recopier ): 50 mentions dans le public ( 37 écoles, 8 collèges, 5 lycées ).

Joli billet et signifiant à bien des points de vue. Petit complément : les historiens (et les féministes que désole la sous -représentation féminine que vous pointez) ont eu récemment le plaisir d'apprendre que l'école de Plouha prenait le nom de Jacques et Mona Ozouf. Et à propos d'historiens aucun établissement Lavisse ou Seignobos? Curieux non?

Trois mentions seulement pour Ernest Lavisse et Charles Seignobos, chère Marie Lanvin

Lycée Vauban, Lycée Pierre de Coubertin...

 

Ajout: Oui, vu votre réponse plus haut, merci.

En réponse à Anne et à Jean-Paul,

en même temps je ne sais pas s'il ne s'opère pas aussi une sorte de phénomène étrange de "suppression de signification" aux noms auxquels on est si captif?

C'est ce que je voulais dire, Axel, avec “déplacements du signifié”, lequel se reporte sur des murs, une architecture, un certain état d'esprit et une appartenance, par opposition aux élèves de tel autre établissement.

Donc, pour moi, pas de formatage, du moins dans le sens du premier commentaire. Mais le seul fait que tel nom ait été choisi plutôt que tel autre témoigne de l'existence préalable d'un certain consensus.

À ce propos, pas nom plus de collège ou de lycée Max Marchand ou Mouloud Ferraoun, pour ne citer qu'eux

Une autre connexion nous rend plutôt moroses, celle du nom des rues où logent les étrangers sans papiers en Seine Saint Denis: Jaurès, Picasso, Voltaire, Lorca, Marceau, Ronsard, Matisse, Sévigné,... reflétant l'optimisme social et culturel des municipalités de la banlieue rouge au milieu du 20ème siècle.

Et quand ils vont à la préfecture de Bobigny pour tenter d'obtenir leur régularisation, ils dorment devant la porte dans l'espoir d'avoir un ticket d'accès au guichet. C'est sur l'Esplanade Jean Moulin, du nom du préfet rebelle...

Il y a, pas loin de chez moi, un collège Sonia Delaunay...

market-at-minho-sonia-delaunay-1915.jpg

 

Je l'ai manquée ( mea culpa ): elle a quand même 21 mentions, ainsi que Sonia Delaunay ( il arrive plusieurs fois que ces deux noms soient donnés en même temps au même établissement).

Bon billet sur les écoles..!...aux noms prestigieux, donnant sur un "Désert"...voulu par les politiques de tous bords, incapables de la comprendre.?...Dommage...!

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J'aime beaucoup les "durables déplacements de signifié" de Mme Guérin-Castell

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C'est à peu près cela qu'on appelle le formatage, quand on s'exprime en français et non en diaffoiranto.

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jpylg

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PS. Je parie que les perroquets formatés n'aimeront pas mon commentaire et l'analyseront comme un déplacement de signifié frisant l'injure publique.

Au risque de vous mettre une fois de plus d'accord, chers Anne et Jean-Paul,

le formatage, du reste, là où il est évident c'est quand même dans l'étonnante accumulation de "toujours les mêmes noms qui reviennent"...

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Oui, Axel, c'est absolument le problème du formatage. Le formatage de base. Celui sur lequel se construiront tous les autres. Je suis content que ce fil me donne l'occasion d'y revenir, même si je donne l'impression de me répéter et que j'en exaspère certains (à ma grande satisfaction d'ailleurs).

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J'ai déjà dit de nombreuses fois que quand je parlais de formatage sans plus de précision, il s'agissait du formatage général, incluant un certain nombre de formatages particuliers, éventuellement même des formatages opposés.

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Les noms des écoles, comme les noms de rues, comme les statues, symbolisent, en réalité, des valeurs idéologiques. Premièrement, il y a toujours, des valeurs dominantes ; mais on trouve aussi des valeurs secondaires (qui, souvent, furent antagonistes et en violent conflit dans le passé); elles ont, cependant, été intégrées, elles ont été inclues. C'est cela, le formatage général ; c'est, l'intégration de valeurs différentes, parfois opposées, au moins en apparence. Et c'est une bonne chose ; c'est indispensable pour vivre ensemble.

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Le problème du formatage général qui inclut des valeurs apparemment antagonistes, créant, de façon illusoire, l'apprence d'un choix possible, c'est-à-dire d'une liberté,c'est que, dans le même temps, il exclut d'autres valeurs qui, pourtant, pourraient également, peut-être mieux que d'autres, contribuer au vivre ensemble.

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Pourquoi"ni lycée Fourrier ni collège Oussekine?" a demandé quelqu'un plus haut, fort pertinemment.

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Et pourquoi pas d'université Trostky, alors que l'enseignement supérieur est bourré d'anciens trotskystes (ayant, généralement, viré assez tôt leur cutie). Il est vrai qu'aujourd'hui, ces dignes représentants d'un formatage interdit, sont assez nombreux à avoir pris le chemin de la retraite. On les retrouve à la MGEN.

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jpylg

 

On cite vite fait FREINET (40)

L'éducation républicaine ne devrait pas oublier celui-là, mais bon....

Serait-il jaloux !? Je suis à la MGEN depuis que j'ai 18 ans .

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Bien sûr que je suis jaloux ! ils ont un club informatique du feu de Dieu.

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jpylg

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J'ose espérer que le professeur Lelièvre me gardera sa sympathie, s'il en a eu, ce que je souhaite.

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jpylg

Mais bien sûr

Je suis agréablement surpris par le nombre d'établissements qui portent le nom de Georges Brassens. As-tu des chiffres spécifiques pour l'Alsace, cher Claude ?

Zéro Brassens en Alsace à ma connaissance, cher Jean-Louis...

La reflexion s'ouvre. Mais il fallait d'abord qu'il y ait un tableau qui s 'affiche. De l'analyse de ce tableau, merci à Lelièvre, doit venir d'autres recherches ( y a t il par exemple des nègres dans le nom des écoles comme Senghor par exemple, qui enseigna, ou Cesaire. Combien de personnages des TOM. Combien d'étrangers ( Comme Cendrars Appolinaire Picasso...)Combien de héros de la résitance, de militaires. Tous sont ils morts ou doivent ils l'être pour avoir leur nom?)..Après on verra on essaiera de voir ce que tout cela nous dit sur notre réalié et sur ce qu'elle induit limininalement sur le futur ... merci de ce bouquet. A propos ,et le cinéma? ( Bousquet?) le jazz? La sculpture ( Cesar) l'Histoire étrangère voire romaine, les sportifs ( Zinedine, Cerdan). Quels rapports avec les programmes. PLace des scientifiques ( Langevin, Einstein?)

Mais comment par quels mécanismes s'effectue le choix d'un nom? Ne serait-ce pas plutot la photo - le révélateur- de ceux qui décident, les bureaucrates?

Après vérification, 8 mentions pour Léopold Senghor ( 4 écoles, 2 collèges, 2 lycées, tous publics ) et 10 mentions pour Césaire ( 5 écoles et 5 collèges )

Et mon excellent voisin le collège Gérard Philipe est-il le seul de sa catégorie, ô Grand Maître ?

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Je vois que vous suivez, kakadoundiaye.

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Toutes mes félicitations.

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Vous vous interrogez, en réalité, sur les responsables du formatage.

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Je vais vous le dire : c'est nous.

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jpylg

"Pauline Kergomard" Clin d'oeil

Ecole des femmes : je me souviens d'une empoignage historique dans ma petite ville voici quelques années. Il s'agissait de rebaptiser l'Ecole Verdun qui figurait au panthéon local en compagnie de Foch, Leclerc et autres souvenirs de la France qui gagne ou qui se fait déchiqueter au masculin.

Il y eut consultation d'ampleur. Les intéressés, essentiellement intéresséEs, s'y collèrent avec la foi du charbonnier. On fit une collecte de patronymes féminins, d'Olympe de Gouges à Louise Michel en passant par Marie Laurencin, etc... Aucun nom ne retint l'attention des édiles. Ce fut Marie Curie. Comme tout le monde. De fait, deux collègues ayant des proches suivies à l'institut du même nom eurent la "joie" de voir confirmer au quotidien la précarité de nos existences... Excellent pour le moral.

Une seule femme "mérite" l'attention et le souvenir des Français scolarisés. Il m'est venu ensuite un vilain soupçon, confirmé depuis : la plupart des édiles ne savait pas qui étaient ces lumières du passé proposées à leur arbitrage.

Et je ne vous raconte pas la veste que j'ai prise en proposant de baptiser "Anna Politkovskaïa" la petite place devant l'école...

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Excellent !

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On pourrait faire un concours pour la prochaine occasion. Etant donné que Serge Gainsbourg y a eu droit, je me permets de signaler que j'ai un faible pour Charlotte.

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jpylg

Bonne anecdote éclairante...

Depuis le temps que je m'évertue à citer Sollers, à quand son nom gravé dans du marbre ?...

Quand il cessera de s'autostatufier de son vivant...Clin d'oeil

On n'est jamais mieux servi que par soi-même...Clin d'oeil

Aucune mention de Sollers

Salut, beau billet. Vous dites que les femmes ne sont pas beaucoup représentées, certes. Mais je pense que vous oubliez une femme qui a donné son nom à mon collège et qui revient assez souvent d'après mes souvenirs, c'est Louise Michel l'anarchiste, dont Dianne parle sur son post. Avez vous des statistiques sur ce nom ?

Merci.

Vous avez raison. J'ai aussi oublié de recopier les données sur Louise Michel ( 137 mentions dans les écoles, 22 dans les collèges, 9 dans les lycées )

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Quid des écoles privées ? Elle pourrait être passionnante, cette petite étude...

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jpylg

Billet sympathique , et les commentaires aussi !

Pour le respect des valeurs de l'Histoire, heureusement qu'il n'y a pas d'école Thiers, contrairement à beaucoup de rues, il y a même une Place Thiers à Paris !

J'espère qu'aucune école est salie par les noms de Bonaparte et Napoléon.

Pas d'Adolphe Thiers, mais 4 Napoléon et 4 Laetitia Bonaparte

si, si, malheureusement un lycée Thiers à Marseille, celui que fréquente mon fils ...

rebaptisé plusieurs fois en Lycée de la Commune lors des manifs marseillaises mais les plaques de substitution ne font jamais long feu !Pas content

 

Je trouve un Collège Saint-Simon (à Jouars Pontchartrain, où il vécut).

Et y-a-t-il des écoles Philéas Lebesgue ? L'école qui portait son nom a disparu.

Aucun Philéas Lebègue dans aucun établissment scolaire actuellement.

Etude tres interessante ! Merci.

Par contre, je n'ai pas compris pourquoi les saintES xyzxyz ne sont pas de femmes pour vous.

 

Un absent notoire du champ lexical des ecoles colleges et lycées : les auteurs libéraux : quasiment pas de Jean-Baptiste Say, pas d'Adam Smith ou de Frederic Bastiat .

Deux mentions pour Jean-Baptiste Say ( un lycée, un collège ); rien pour les deux autres. Pour le reste, on conviendra que les saintes ( comme les saints d'ailleurs ) ont un statut quelque peu particulier, même si ce sont effectivement des êtres qui ont un sexe ( ou un genre );

Pour le plaisir : une école maternelle à Mulhouse s'appelle : "Véronique FILOSOF", femme peintre naïve.....

 

 

Et Arthur Rimbaud? Elsa Triolet? Maria Montessori?

Souvent le nom d'une école reflète la couleur politique de l'équipe municipale en place au moment de l'attribution.Ainsi,quand on trouve des "Chanteclerc",des "Coccinnelles" des "Pinsons"et autres"Pommiers roses" ou "Arbre Roux"etc..on sait que c'est une municipalité "apolitique" c-à-d. de droite qui est à l'origine.

Par ailleurs,pour le privé qu'en est-il de Jean XXIII? et de Jean-Paul II?

Les trois premiers noms étaient déjà mentionnés ( mais vous ne les avez sans doute pas cherchés au bon endroit ). Votre interpellation m'a fait ajouter les deux papes que vous avez évoqués: 22 mentions pour Jean XXIII, et 8 pour Jean-Paul II

Il y a en effet de nombreux lycées et collèges Arthur Rimbaud (à Istres, par exemple).

Génial recensement ! Merci Claude Lelièvre ! Ces noms nous parlent....

Une ex du groupe scolaire Jules-Ferry... puis de l'annexe du lycée de filles Hélène-Boucher devenue après Maurice-Ravel !

Merci de m'y faire penser. Encore une que j'avais oubliée: Hélène Boucher ( 40 mentions, 28écoles,4 collèges, 8 lycées ).

Il serait intéressant d'étudier comment se répartissent géographiquement les noms des établissements scolaires, entre les régions françaises, entre les espaces ruraux et urbains, entre le centre et les périphéries des agglomérations.

Il serait intéressant de corréler les noms et le classement des établissements! De manière empirique, en IDF, lorsqu'un TZR vous dit qu'il vient d'être affecté dans un établissement nommé Henri Wallon, çela signifie presque automatiquement qu'il est en ZEP!

Un des effets des ''banlieues rouges''. On remarquera cependant qu'il existe 289 mentions de Langevin et 160 de Wallon face à 14 Maurice Thorez et 8 Jacques Duclos ( à mettre en parralèle aussi avec , par exemple, 413 mentions de Jean Jaurès et 50 de Léon Blum ).

Et les grands noms-auteurs étrangers? Je ne sache pas qu'il existe de lycée Shakespeare ou Cervantès. Etonnant, non?

De façon intuitive, cela fait longtemps que j'ai constaté une corrélation assez nette entre noms appartenant à l'aire hispanique et...banlieue rouge: Picasso, Lorca, Neruda, souvent nichés rue Allende et souvent classés ZEP et zones sensibles...

 

Pour le choix du nom du lycée de Semur-en-Auxois (21), en 2000 et quelques il me semble, les décideurs ont tout d'abord cherché quelle personne célèbre née à Semur pouvait convenir... Je me souviens d'une hésitation entre Bussy-Rabutin et Anna Judic. C'est la femme qui a été retenue, chanteuse et comédienne qui a servi de modèle à Rose Mignon dans Nana, un choix intéressant.

...et Robert Desnos, ou Maurice Carême? (je pense en particulier aux écoles primaires.)

Je signale le lycée public de Neuville sur Saône (69) qui se nomme

Lycée Rosa Parks.

C'est intéressant de voir les personnages choisis aujourd'hui pour nommer les nouveaux établissements. Une ouverture sur le monde ?

Y a-t-il des écoles et lycées qui évoquent les révolutionnaires de la Grande Révolution et ceux qui ont suivi Babeuf, les frères Blanqui, Proudhon...

(Pour contre balancer la demande de ACNM)

Il y a aussi un Lycée Camille Claudel à Pontault-Combault (Seine-et-Marne). Donc un établissement au nom féminin, dont le très beau gymnase voisin s'appelle Jacqueline Auriol. Camille a-t-elle recueilli la ferveur des amateurs de sculpture ? Je n'ai pas vu de Rodin.... (Ils étaient pourtant très proches...)

Au secours : je suis tombé sur une classe CAMIF !!!

Pas encore de lycée Sainte-Véolia ou Saint-Vinci... jusqu'ici tout va bien!

si, si, malheureusement un lycée Thiers, à Marseille, celui que fréquente mon fils ...

rebaptisé plusieurs fois en Lycée de la Commune lors des manifs marseillaises mais les plaques de substitution ne font jamais long feu !Pas content

Merci pour ce billet très intéressant. Finalement on peu presque affirmer que les établissements privés sous contrat ou non ne se sont jamais réellement inscrits dans la République. La tentation est souvent grande de constituer un Etat dans l'Etat...

Et Lucile Desmoulins ? Héroïne de la Révolution qui défendit son époux Camille jusqu'au bout. En existe-t-il beaucoup ?

Que de commentaires on pourrait faire après la lecture de l'article et du forum ! Madame la très savante Dianne, on dit une "empoignade" !

Alors, monsieur Lelièvre, voulez-vous (au cas très improbable où il lirait Mediapart ? !) vous attirer une bordée d'injures en argot de la part de Pierre Perret ? Je crois que pas mal de petites écoles arborent son nom et il en est tout étonné et fier, le bougre. Rendons-lui quand même cette justice de n'avoir pas uniquement été "l'ami de Léautaud" !!! mais de si bien se battre contre le racisme).

Le choix des noms d'écoles : dans la région du Forez (en Rhone-Alpes, Loire) un collège a été baptisé "L'Astrée", eh ! oui, aucun élève ni beaucoup de professseurs n'avaient lu le roman d'Honoré d'Urfé mais c'est le dada de la Gauche française de se référer toujours aux vieilleries ! donc, sans vraiement d'information sur ce sujet, on s'est mis à tout appeler Astrée dans le coin !!! Un film a même glorifié les personnages du roman mai il a été tourné ailleurs ! Trop drôle, vraiment quand on fait n'uimporte quoi !!! en se croyant vraiment érudit... bof ! on ne leur en veut pas mais quel idéal pour les élèves ! Personnellement, j'aurais préféré le nom d'un personnage - local éventuellement - qui les entraîne vers plus de réflexion et d'envie d'agir, Paul Bouchet par exemple (bon, inconnu, lui aussi ? ah ! non, si on lit Mediapart on cherche qui est ce personnage magnifique, on lit son bouquin et on le suit). Après tout, un nom ça peut tou,ours se changer (verrons-nous un Lycée Stéphane Hessel un jour ?).

Donc, cet article nous rend compte d'un travail qui semble colossal mais appelle un deuxième volet. Allez, monsieur Lelièvre, il faut reprendre les tableaux de l'INSEE et mettre ça vraiment au propore et "au complet". Là, ça deviendra intéressant.Travail un peu bâclé, pour rester dans le style Education nationale. Cordialement.

Il n'est pas très cordial ce commentaire ! jaloux ? aigri ? méchant ?

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