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Conclusions des Etats Généraux de la formation des enseignants

Les Etats Généraux de la formation des enseignants ont débouché non seulement sur ce que l'on pouvait attendre, mais aussi sur des interrogations voire des propositions nouvelles. Le rapport de synthèse des Etats-Généraux de la formation des enseignants est rendu public ce mardi lors d'une grande séance à la Mutualité, après une ouverture par les présidents des institutions organisatrices, à savoir la conférence des présidents d'université et celle des directeurs des Instituts de Formation des Maîtres, ainsi que celles des directeurs d'UFR de lettres et des directeurs d'UFR de sciences.

 

Je suis aux premières loges puisque j'ai été invité à la table ronde chargée d'en rendre compte. On peut noter un quasi consensus sur le niveau requis du master et la nécessité de pérenniser les concours de recrutement, et même sur le principe de l'alternance. Mais si le principe est acquis, cette alternance entre théorie et pratique dans la formation professionnelle est conçue de façon assez différente selon les différents types de formateurs et selon les différents corps d'enseignants, surtout pour ce qui concerne les enseignants du primaire d'une part, et ceux du secondaire d'autre part, ce qui est le résultat d'une longue histoire.

 

Mais le plus intéressant et le plus significatif à mon sens, c'est que certaines interrogations voire propositions peu ou prou nouvelles sont parvenues à avoir droit de cité. L'une des propositions incontestablement les plus novatrices est que l'on permette d'entrer dans la formation professionnelle à des moments différents : avant l'entrée en master pour certains étudiants, à la fin du master pour d'autres, par des procédures de VAE ou de retour en formation pour des actifs déjà engagés dans d'autres activités professionnelles. Certains envisagent même qu'il puisse y avoir des modes d'accès - et cela toujours par concours- différents selon le moment de cet accès ( en n'hésitant pas à prendre le risque - si cela se multiplie - d'affaiblir la place des concours eux-mêmes ).

 

Nombre de contributeurs se prononcent pour une entrée en formation aux métiers de l'enseignement le plus tôt possible, certains dès l'entrée à l'université, beaucoup à tout le moins dès le stade de la troisième année de licence, par des dispositions particulières aménagées dans le cursus de la licence. C'est particulièrement le cas pour l'enseignement professionnel et aussi pour l'enseignement primaire. C'est ainsi que pourrait se dessiner en France un axe de formation selon le " modèle simultané " qui existe dans nombre de pays européens, en place du " modèle consécutif " très dominant en France jusque là. Je dois cependant à la vérité historique d'ajouter que ce " simultané" a existé un temps dans les écoles normales de la troisième République, de 1881 à 1905, puis durant l'entre-deux guerres à la suite du décret du 18 août 1920.

 

Ce décret réintroduit en effet la formation professionnelle dès la première année ( en répartissant les stages des élèves-maîtres sur les trois ans de scolarité après le brevet élémentaire), le brevet supérieur - du niveau du baccalauréat - restant l'unique sanction terminale. Les études portent la première année sur la pédagogie générale, en seconde année sur la pédagogie spéciale ( celle des différentes " matières " ou " disciplines " ) et en troisième année sur la morale professionnelle et l'administration scolaire ).

 

Plus significatif encore, à mon sens, nombre de contributeurs s'interrogent et font des propositions quant à la formation et au rôle des corps enseignants existants. Ainsi ( et la nouvelle concurrence annoncée avec d'autres modes d'accueil de la petite enfance n'y est certainement pas pour rien ), certains contributeurs considèrent qu'exercer en maternelle est un autre métier qu'exercer dans l'enseignement élémentaire, même si la plupart d'entre eux ne vont pas jusqu'à envisager deux corps enseignants distincts. Si c'était le cas, on devrait aussi promettre du " sang et des larmes ". Car les deux corps distincts ont existé au début de la troisième République ; et la rivalité avec les autre modes de garde de la petite enfance faisait que l'institutrice de maternelle avait dix heures de service par jour en hiver, douze en été ( contre six heures de classe par jour dans l'élémentaire). Cela a duré jusqu'à la Grande Guerre.

 

Si l'on peut considérer que les corps d'enseignants et les métiers de l'enseignement ne se recouvrent pas vraiment pour la maternelle et l'élémentaire, il peut en être de même pour ce qui concerne le collège et le lycée. Et d'autres rapprochements peuvent être pensés. C'est ce que dit explicitement l'une des contributions citées dans le compte-rendu des Etats Généraux : " La notion de socle commun fait évoluer les frontières entre les niveaux d'enseignement [...]. Il faut maintenant réfléchir à une formation PE/professeur de collège ; et à une formation de lycée/ premier cycle du supérieur ".

 

Dans ces conditions on ne s'étonnera pas que la plupart des contributions qui s'intéressent à l'agrégation mettent l'accent sur les publics spécifiques que les agrégés devraient encadrer  ( à savoir les lycéens et les étudiants post-bac ) et sur leur formation fortement liée avec la recherche.

 

Pour mieux saisir la portée de ces interrogations et de ces propositions peu ou prou novatrices, il convient certainement de les replacer dans un contexte plus général .Il est en effet fort probable que la structuration actuelle, en France, des différents corps enseignants ne pourra plus durer très longtemps dans le cadre de la mondialisation , des comparaisons et des concurrences internationales.

Les comparaisons internationales du type PISA sont centrées sur les compétences acquises à la fin de l'Ecole obligatoire ; et elles vont revenir de façon récurrente pour interroger les politiques scolaires et les politiques tout court à ce niveau là. Par ailleurs, l'objectif fixé par nombre d'experts internationaux d'atteindre rapidement - dans quelques années seulement - le taux de 50% d'une classe d'âge qualifiée à bac+ 3, ainsi que la mondialisation accélérée des comparaisons et des échanges internationaux dans le domaine universitaire ( et celui de la recherche ) sont de nature à redistribuer les cartes et à bouleverser notre ‘'tectonique des plaques''.

 

Le récent rapport des parlementaires sur le lycée - rédigé par Benoist Apparu - est très intéressant à cet égard. Certes, il a peu de chances d'être suivi dans l'immédiat. Mais il ne craint pas de prendre date pour l'avenir, et il est tout à fait significatif de ce qui apparaît déjà comme à l'ordre du jour, à savoir un bouleversement sans précédent des différents ‘'degrés'' de notre système éducatif. Il est affirmé d'emblée dans ce rapport que " la segmentation du parcours scolaire et universitaire en primaire/secondaire/supérieur est dépassée ". " Une segmentation nouvelle s'impose. Elle est constituée d'un premier bloc composé de l'actuel primaire et d'une partie du secondaire, le collège, avec pour objectif 100% d'une classe d'âge à ce niveau. Un second bloc est constitué du lycée général et technologique et de la licence de l'enseignement supérieur. Ce bloc correspond à l'objectif dit de Lisbonne, à savoir 50% d'une classe d'âge diplômée de l'enseignement supérieur. Et enfin un dernier degré, intitulé ‘'l'enseignement supérieur long, correspondant au master et au doctorat ".

 

On saisit qu'un tel bouleversement ne saurait être sans conséquence sur la définition et la place des divers corps d'enseignants ( professeurs des écoles, certifiés, agrégés ), et donc sur leurs statuts, leurs recrutements et leurs modes de formation. L'histoire de la réforme de la formation des enseignants est donc loin d'être terminée.

Tous les commentaires

@ Mr Lelièvre

A ces" états généraux autodésignés" ,il manque juste la légitimité des rares  institutions de formation qui marchent...les " GRANDES ECOLES ".

@ Mr Lelièvre

Un rapide regard sur le site ,ou l'on constate la présence de l'ineffable  pédagogue Mr Meirieu,formateur de formateur ...de formateur ....etc m' impose de  vous faire les deux  remarques suivantes .

Pourquoi n' y a t il aucun représentant  du monde de l'entreprise (MEDEF,CGPME ,etc....)? Ont ils décliné l'invitation ? Les premiers utilisateurs des produits( Les étudiants ) que l'enseignement forme ou déforme sont les entreprises ,en nombre et en qualité, avant le ministère de l' EN .

Les syndicats CGT,FO,CFDT etc...auraient pu pariciper...la formation ça les intéresse aussi .

ça fait un peu corporatiste ces états...

 

 

@ Mr Lelièvre

Mes excuses,ces états généraux,ne sont pas autodésignés....Darcos et Pécresse les patronnent...pour le reste je suis étonné des absents qui les corporatisent .

 

Voilà pour nous tous : enseignants , parents d'élèves , syndicalistes , politiques , ... de quoi réfléchir à la transformation au futur proche de notre système éducatif et de la formation des maîtres .

Bercy veille au grain, et sera heureux d'accompagner les transformations par un substantiel allégement du budget globl l de l'Educ. Nat. La vox populi ne dit-elle pas que nous avons, en France, le système d'enseignement le plus coûteux au monde, et que, globalement, le budget n'a cessé de croître depuis une vingtaine d'années... Afin d'apporte run peu de souplesse, il faudrait une privatisation partielle du système, et il faudrait aller vers une plus grande  flexibilité des enseignants

 

PS : à cause de leur corporatisme, ces privilégiés d'enseignants sont évidemment peu friands de flexibilité. C'est sans doute aussi qu'il y a trop de titulaires : l'emploi à vie. Rien de tel qu'un recrutement massif de vacataires payés au résultat pour faire bouger un peu ces privilégiés.

@ Alcmine:Les Grandes Ecoles ne sont pas du tout représentatives du système scolaire : elles ont les meilleurs d'entre les meilleurs (je parle de X, Centrale, Mines, Normale Sup etc...). Il est bien différent de travailler en ZEP. Et je doute que les instances patronales veuillent davantage que des personnes formées juste pour leur travail...

@ Mr Lelièvre : Dans votre article vous ne relatez que la forme et jamais le fond. Or on ne peut s'interroger sur la formation des enseignants en taisant le contenu. Quand va t-on se pencher  réellement sur l'ennui des élèves en classe? Quand va t-on s'intéresser à la séquence d'appentissage? Quand va t-on s'interroger sur l'activité réflexive des élèves? ...

Ce métier d'enseignant exige d'affronter l'incertitude, de se remettre en question, de s'interroger . Il demande aussi d'accepter de travailler pour partie collectivement. Ces deux nécessités me semblent bien éloignées des préoccupations actuelles.

Je partage tout à fait vos préoccupations; et c'est parce que nombre des contributeurs les partagent aussi qu'ils se sont pour la plupart déterminés à faire les propositions de formation qu'ils ont faites. Mais, il est vrai, que cela n'a pas été développé explicitement en l'occurrence

L'idée d'un tronc commun jusqu'à l'âge de fin de l'enseignement obligatoire, l'idée d'une catégorie d'enseignants spécialisés et responsabilisés sur cette première tranche me paraît être un bon socle pour aller vers un peu plus d'égalité des chances.

Par contre, le second bloc (seconde à licence) comporte le risque de "scolariser" un peu plus encore les premières années de l'enseignement supérieur et de faire perdre ainsi en autonomie ce qui sera gagné "en niveau".

Le congrés s'est-il interrogé sur l'immense gâchi des expériences (foules au chômage, foules en retraite, professionnels qui auraient tout intérêt à se détacher parfois de leurs productivismes etc...)  pour imaginer comment ces expériences pourraient être utilisées en complément du travail des enseignants. N'êtes vous pas un bon exemple vous-même de tout ce que cette expérience peut apporter de riche dans la transmission des repères et des connaissances.

Je suis entièrment d'accord avec vous, cher Serge Koulberg, que cela pose des problèmes redoutables, dont il faudrait se saisir ( même - et surtout - si l'on doit ''tenir compte''  de ce qui semble émerger irrésistiblement- ce qui ne signifie pas ipso facto ''s'adapter à'' ).

Va-t-on s'apercevoir que les Ecoles Normales et les CPR n'auraient jamais dû être supprimés ?

Ça fait un moment que l'on nous bassine avec l'insuffisance PISAtesque du système français. On en est maintenant à la rénovation de la boutique : choix de l'école financée dans tous les cas par le contribuable et explosion des formations. Pour ce qui est de l'explosion des statuts, rien de neuf à venir, l'EN étant déjà l'une des premières pourvoyeuse en emplois précaires.

Tout était déjà là :

LA CONTRIBUTION DE L’EDUCATION ET DE LA FORMATION A LA STRATEGIE DE LISBONNE -

http://europa.eu.int/comm/education/policies/2010/et_2010_fr.html

 

J'en ai fait en son temps ce commentaire

Le texte du rapport intermédiaire de la Commission et du Conseil concernant le suivi des objectifs des systèmes de formation en Europe

http://europa.eu.int/eur-lex/pri/fr/oj/dat/2004/c_10420040430fr00019.pdf

Où l’on découvre que nos gesticulations risquent bien de ne mener à rien.

Tout au long des 19 pages du rapport, reviennent les mêmes incantations quant au devenir des systèmes d’éducation et de formation en Europe.

Il n’y est plus bêtement question d’apprenant, d’élève, d’étudiant ou autre terme désignant le jeune humain en situation d’apprentissage. Non, il y est question de RESSOURCES humaines, de CAPITAL humain.

A ces ressources, on applique les mêmes méthodes d’étude et de quantification qu’à n’importe quelles autres ressources : minière, financière ou autre. Le rapport est labellisé-technocrate et certains passages sont rédigés dans un jargon qui pourrait fort bien, si on en changeait le titre, s’appliquer à n’importe quel autre secteur de l’économie, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit ici.

Les mots le plus souvent employés : niveau de référence (benchmark), réforme, investissements, partenariat, entreprises, stratégies, économie, société de la connaissance, économie de la connaissance, productivité, croissance, capital humain, offre, accélérer le rythme, besoins du marché, stimuler la mobilité......

Le commerce sera si fructueux qu’on fera même des promotions ! "Les ministres [...] ont fixé pour objectif que chaque étudiant obtenant un diplôme à compter de 2005 reçoive automatiquement et gratuitement ( !) le supplément au diplôme"

Dans leur grande mansuétude, les rédacteurs ont quand même fait une petite part au retour sur investissement, contrairement à Monsieur Toutlemonde, qui râle en payant ses impôts : "par ailleurs, les dépenses en capital humain ne devraient pas être considérées comme un coût mais comme un investissement." Quelle bonne nouvelle !

Lucidement, ils apprécient aussi que (parlant des enseignants) "Les candidats à la profession ne se bousculent pas, et certains pays risquent de se trouver confrontés à une grave pénurie d’enseignants et de formateurs qualifiés, comme l’OCDE l’a souligné récemment. Cette situation soulève des questions quant à la capacité d’attirer et de garder les meilleurs talents et quant à la nécessité d’une formation continue de qualité qui prépare les enseignants à leurs nouveaux rôles".

Pourtant les masques tombent définitivement au chapitre des "Trois Leviers pour réussir" :

 concentrer les réformes et les investissements sur les points clés

 faire de l’apprentissage tout au long de la vie une réalité concrète

 construire une Europe de l’Education et de la formation

Le premier point surtout nous donne une idée de ce que signifiera se former dans le futur : le capital humain étant tenu de parvenir à plus d’efficacité, on propose d’identifier les domaines ou les groupes où les investissements seront les plus productifs. Ceci dans le cadre de l’initiative "Economie de l’Education".

Autant dire qu’il vaudra mieux être scientifique "dur" que se passionner pour les sciences "molles" que sont les sciences humaines. Avec l’ambition de doter tous les citoyens (tiens première fois utilisé, page 9, d’un seul coup, après une rafale de "capital humain"....) des compétences nécessaires. Et quelles sont ces compétences nécessaires ? Et bien, à la Berlusconi, voici le catalogue

-linguistiques (plusieurs langues)

- culture scientifique et technique (Hou ! les filles qui ne s’y intéressent que moyennement, sauf les Irlandaises !)

-compétences entrepreneuriales

- T I C (cela va sans dire)

Il faut que l’Europe devienne "attirante" : "jusqu’à récemment, les étudiants européens étaient deux fois plus nombreux à étudier aux Etats-Unis que les étudiants américains venant étudier en Europe. Les premiers cherchent en général à obtenir un diplôme complet de l’université d’accueil, le plus souvent aux niveaux avancés et dans des domaines scientifiques et technlogiques. Les seconds viennent en Europe en général pour une période brève dans le cadre du diplôme de leur université d’origine, le plus souvent à un stade peu avancé de leur cursus et majoritairement en sciences humaines ou sociales."

Du "sérieux" là-bas, du dilettantisme ici. Le ton est donné.

Pour être "attirant", il faudra être "sérieux", c’est à dire scientifique, c’est à dire potentiellement rentable.

Pour finir un petit aperçu des talents rédactionnels des auteurs (prière d’avoir "fait" Jargon-LV1 au lycée !)

"Les travaux menés à ce jour ont permis d’identifier des domaines clés qui souffrent d’un manque de données pertinentes et comparables pour assurer le suive des progrès au regard des objectifs fixés. La qualité et la comparabilité des indicateurs existants doivent être améliorées, particulièrement dans le domaine de l’apprentissage tout au long de la vie"...

Ah, au fait, l’apprentissage tout au long de la vie dont il est tellement question , cela signifie que chacun devra se débrouiller sur son temps et ses deniers, pour rester "employable".

merci pour votre lecture critique. Votre remarque sur la nécessité de faire "jargon LV1" est très juste, et elle me fait  d'ailleurs penser à un autre point : ce jargon n'a pas changé (tout juste a-t-il fait tache d'huile) depuis quinze ans que je suis dans le métier. Il y a ici une continuité parfaite entre le ministère Allègre et les ministère Fillon - Ferry- Darcos -Chatel/Pécresse qui lui ont succédé : que l'antiintellectualisme et l'antiétatisme allégrien soit sarkocompatible, on le savait déjà avant de voir Allègre quémander lamentablement un maroquin dans  le gouvernement Fillon/Sarkozy 2.

Absolument. Le suivi idéologique est impeccable.

  Pourquoi tout rejeter en bloc ? On pourrait sérieusement étudier les propositions , les améliorer quand il le faut , et les prendre au mot pour réaliser ce qui est positif...

oui, en effet. Cela dit, les propositions de cette commission n'arrivent pas dans un champ idéologique neutre. Il faut tenir compte, me semble-t-il, de l'environnement politique.

Et de ce point de vue, pensez bien que j'ai des inquiétudes sérieuses. Le gouvernement Sarkozy, comme bien d'autres avant lui d'ailleurs,  s'empressera de piocher les deux ou trois mesures qui lui semblent aller dans le sens de sa politique, en laissant tomber tout le reste : c'est ce qui s'appelle dénaturer les conclusions du débat - mais c'est monnaie courante.

Pourquoi tout rejeter en bloc ? On pourrait sérieusement étudier les propositions , les améliorer quand il le faut , et les prendre au mot pour réaliser ce qui est positif...

 

Mais c'est exactement ce que les opposants au saccage disent (disaient car on a bien avancé dans la démolition) du système français tel qu'il a fonctionné jusqu'alors. Et on nous demande maintenant d'avoir l'ouverture d'esprit nécessaire pour accepter de picorer ce qui pourrait être porteur d'espoir dans le fatras institutionnel que le gouvernement concocte ? Pas d'équivoque sur les buts poursuivis. Tous actionnaires d'Acadomia ?

Je lis, et vous êtes nombreux à vous adresser à "Mr Lelièvre", ce qui se traduit en français par M. Lelièvre. En effet l'abréviation Mr est anglaise et se dit Mister!

En français correct, Monsieur en abrégé s'écrit M.

L'école a du travail sur la planche.Je ne sais pas, en plus de l'illétrisme grandissant, quel paradoxe, comment les futurs élèves feront des traductions ou versions en langues différentes si leur langue maternelle s'échappe?...

Je lis "illétrisme"... hum, hum...vous l'auriez écrit autrement, la nuance comique de votre commentaire se serait échappée... Clin d'oeil

Je suis assez sidéré de ce compte rendu lénifiant qui omet de parler de l'unique raison d'être de cette réforme: le désengagement financier de l'Etat, les idéologues actuellement au pouvoir ayant le service public en horreur. Lisez donc l'analyse que Sauvons L'Université  a produite dès l'annonce de cette réforme, vous comprendrez vraiment de quoi il s'agit: http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article736

Que le désengagement financier de l'Etat et en particulier la suppression de postes de fonctionnaires ( et d'abord d'enseignants ) aient parties liées avec les réformes gouvernementales de la formation des enseignants me paraît être une évidence, que j'avais d'ailleurs soulignée dès mon billet du 10 juillet... 2008. Mais réduire l'enjeu de ces réformes ( et en particulier leurs orientations précises ) à cela, me paraît foncièrement réducteur et manquer certains des objectifs ( dangereux à mon sens ) de ces réformes tentées. D'où l'importance de se saisir d'autres orientations ( plus ou moins alternatives ), car les enjeux sont aussi là. Le réductionnisme n'est pas un gage de ''radicalité'' bien au contraire. 

Comprenons-nous bien: je suis parfaitement conscient qu'un chef d'Etat aussi inculte que celui nous subissons conduit inévitablement des réformes catastrophiques AUSSI sur le plan culturel. Mais depuis des décennies, l'Etat cache son avarice en matière d'éducation en organisant de faux débats sur les méthodes éducatives, question qui n'a aucune réponse universelle et à laquelle tout enseignant intelligent va répondre au cas par cas, guidé par ses connaisances de TOUTES ces méthodes. Mon insistance sur l'aspect financier n'est donc pas une réduction du problème, mais une volonté de le poser  comme préalable à tout débat sur les méthodes. Que vous ayez parlé de cet aspect en 2008, je m'en réjouis, mais que vous ne le rappeliez pas dans chacun de vos textes me semble dangereux pour cette raison.  

Le réductionnisme n'est pas un gage de ''radicalité'' bien au contraire.

D'accord avec vous M. Lelièvre. Mais qui réduit quoi en l'occurrence ?

@arborescences: Personne n'est parfait! Vous avez raison: la forme, toujours la forme ...et jamais on ne se penche sur le fond! C'est gravissime d'écrire Mr à la place de M, n'est-ce pas? L'enjeu est tout autre, même si je suis tout à fait d'accord avec vous...sur la forme.

@ parenthèse : oui il y a démantelèment (du moins affaiblissement) du service public et on ne pouvait s'attendre à autre chose d'un gouvernement qui n'a de cesse de le mettre à mal . Mais la gauche a failli et c'est bien là le problème. On a mis beaucoup d'argent dans les zep, on a créé des postes, on a rallongé le temps de formation, on a mis en place des remédiations, du soutien...Pour quels résultats??? Ca rassure tout le monde ( responsables, enseignants, parents) et c'est non seulement inefficace, mais on ne fait que renforcer la dépendance: l'enfer peut être pavé de plein de bonnes intentions!

On n'a jamais évalué, et on a entériné de fait une situation désespérante pour tout le monde. Quand on se penche sérieusement sur l'enseignement public, il y a de quoi fuir. On s'est complètement trompé: on a cru naïvement que puisqu'un élève ne savait pas faire une division, il suffisait de lui en donner 50  pour qu'il sache la faire! Mais ce n'est pas seulement par la répétition qu'un élève apprend.

Je précise que je suis enseignant en zep et formateur en Iufm.

Je perçois une contradiction entre le faire dire qu'on a jamais évalué et que c'est inefficace. Dans le peu d'entrain au travail qu'ont les jeunes en ZEP, qu'est-ce qui est dû à une qualité insuffisante du service public, qu'est-ce qui est dû à un marché du travail tellement délabré qu'il sape d'avance tout espoir d'avenir ? 

 

Une enseignante en première année de fac, très dévouée, m'a rapporté un jour le propos d'une de ses étudiantes: mais pourquoi vous vous démenez à ce point pour essayer de nous motiver ? C'est notre problème d'être motivé, pas le vôtre.   Evidemment, ce propos n'engageait que son auteur, mais il est révélateur. Je ne crois pas que l'on se soit complètement trompé; il faut juste être juste conscient que, comme dit presque un proverbe,  la plus belle école du monde ne peut donner que ce qu'elle a.

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