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May

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Ecole primaire: un appel contre les nouveaux programmes

Sous le titre «Non aux projets de programme: une copie à revoir», des chercheurs et dix-neuf organisations lancent un appel solennel qui sera en ligne en début de semaine afin d'être signé par le plus grand nombre possible, et qui est adressé en personne à Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale. Il y est affirmé en particulier que son «projet de programme est marqué par l'inadaptation des contenus, par un affaiblissement de leur dimension culturelle et par une conception mécaniste des apprentissages».

 

Et ce texte en appelle en filigrane à l'esprit ( sinon à la lettre ) du décret d'application de 2005 sur le socle commun de connaissances et de compétences: «Votre projet, loin de contribuer à la réussite de tous les élèves, pénalisera de fait ceux qui ont le plus besoin d'école. Il ne favorisera pas la maîtrise de l'ensemble des connaissances et des compétences que l'école se doit de faire acquérir à tous les élèves.»

 

La liste des organisations signataires est impressionnante puisqu'elle réunit les principaux syndicats de l'enseignement primaire ( SNUipp, SE-UNSA, SGEN ) et nombre d'organisations professionnelles, éducatives ou pédagogiques ( AFEF, AGEM, CEMEA, CRAP, Francas, GFEN, ICEM,OCCE, Ligue de l'enseignement, FCPE...), ainsi qu'un certain nombre de chercheurs connus ( Gérard Chauveau, André Ouzolias, Anne-Marie Chartier, François Dubet, Rémy Brissiaud, Philippe Joutard, Claude Lelièvre ) parmi les premiers signataires. Qu'on se le dise!

 

Tous les commentaires

Après étude collective minutieuse des nouveaux programmes, on peut dire que : (+ de savoirs)+(- de temps) = + d'échec...

Jana C'est très bien résumé

L'enfant n'est pas un vase que l'on remplit ( les nouveaux pgms 2008, qui privilégient les connaissances) mais un feu que l'on allume ( programmes 2002, privilégiant les capacités, la découverte par l'enfant)....disait Montaigne. Puisse ces nouveaux programmes être abrogés, sans quoi nous allons droit vers l'échec et l'inégalité criante pour une bonne moitié de nos élèves

Bof, c'est dans la même veine, en pire cependant, que Luc Ferry (Attention à ne pas divulguer que Luc Ferry fut ministre de l'éducation nationale car pour sa famille, il est "philosophe"). Finalement Bayrou, Lang et Jospin ne furent pas si mauvais à l'éducation nationale...On se contente de cela par peur du pire. Mais d'où vient donc cette propension chez les ministres à vouloir imprimer à tout prix leur marque ? Si l'on regarde bien la définition du mot "réforme" on constate qu'il y a en filigramme d'une réforme la notion de progrès ! Alors finissons-en avec les réformes qu'on nous assène depuis quelque temps et nommons les de leurs véritables noms : des réactions portées par des réactionnaires, tout simplement.

Jana et qui de plus perdent totalement la notion de respect et de l'intérêt de l'enfant concerné

Claude Lelièvre Pour la signature en ligne, l'adresse est la suivante: http://www.petitionduweb.com/?petition=1491

Je vais pour signer, je lis que la pétition court jusqu'au 30 avril 2008, et vlà t-y pas qu'à la fin du texte à signer, tombe un inattendu couperet: "La pétition est clôturéee". C'est un poisson d'avril, ou quoi ? Où c'est qu'on signe, chef ?

hypothèse : et si tout celà tendait à fonder une "école pauvre" qui paradoxalement puisque cette réforme est l'oeuvre de la droite extrême et de quelque syndicat anti pédagogiste école pauvre dont les plus brillants s'écarteraient ou ceux dont les parents auraient les moyens d'en juger ( et les moyens tout courts) et qui deviendrait une école de pauvres ( et ça évoque un peu les hôpitaux)....c'est un aspect du problème bien sûr et il en est bien d'autres

Claude Lelièvre Pour la signature en ligne, l'adresse d'un site plus commode: www.programmesecoleprimairecopiearevoir.org

La pétition "copie à revoir" est aussi signable ici : http://82.138.80.92/phpPetitions/?petition=3

Ritme Beaucoup d'insurection contre le contenu des programmes qui bien-sûr doivent être revus du fait de la suppression des samedis. Mais pourquoi aucune insurection des enseignants contre cette suppression des samedis? pourquoi si peu de contestation de la part de la FCPE? alors que ce sont encore des heures où les enfants seront encore livrés à eux-mêmes devant la TV, dans la rue chez une gardienne exploitée , parceque les parents doivent travailler plus pour gangner soit-disant plus c'est-à-dire compenser un pouvoir d'achat qui permet à peine de subsister en travaillant à deux, car il ne reste que quelques privilégiés qui ne travaille pas le samedi. J'entends déjà hurler les enseigants "mais l'école n'est pas une société de gardienage!" non bien sûr pas de gardienage justement, l'Education Nationale avait vocation d'Eduquer justement, ce que tous les enseignants refusent aujourd'hui "je suis enseignant pas éducateur!" oubliant qu'un enfant non éduqué est incapable d'apprentissage et en plus ils osent appeler à la rescousse les parents pour signer leur pétition qui ne dit même pas un mot de cela! Bien sûr Sarkosy et tous les réformateurs de la plue-value au bénéfice de certains sait viser juste, pour diviser pour régner, il sait flatter les bénéficiaires dans le sens du poils, quel sera l'enseignant qui n'appréciera pas de ne pas aller au turbin le samedi matin??

dianne "flatter les bénéficiaires dans le sens du poils, quel sera l'enseignant qui n'appréciera pas de ne pas aller au turbin le samedi matin??" Et vous ? ;o) Plaisanterie à part, j'ai toujours beaucoup apprécié l'ambiance du samedi matin à l'école. Les enfants y sont plus détendus (week-end des parents ? temps pour le petit déjeûner ? perspective de rentrer à la maison le midi ? .....) Mais du point de vue de l'enseignant, la coupure d'une seule journée (le samedi après-midi à l'école primaire est consacré au travail de corrections et préparations) est insuffisante pour se ressourcer. J'en ai fait la longue expérience. Dans la plupart des métiers à temps plein, le congé de fin de semaine prévoit deux jours consécutifs. Ce n'est pas pour rien. Et vous oubliez juste une chose : les enseignants, eux, travailleront le samedi matin ! Maintenant il est vrai que l'on va demander l'impossible au niveau des contenus : faire tenir toujours plus dans un temps toujours plus court. Peu importe puisque le projet est de formater les masses pour les rendre "employables" et non pas pour les éduquer, quoi que vous en disiez. On va les gaver de tout ce qui est "rentable", en laissant de côté tout ce qui fait l'éveil de l'individu (entre autres les enseignements artistiques, gourmands en temps et en budgets...) et qui lui donne toutes ses chances, quelle que soit son origine et ses difficultés personnelles. Former des esprits critiques et avertis ? Vous n'y pensez pas ! Il y en a déjà bien assez chez ces gauchistes énervés d'enseignants.....

En réponse à la différence entre éducation et enseignement : Effectivement, pas besoin de hurler, les enseignants sont là pour enseigner. Les enfants doivent être éduqués à la maison.
Je sais bien qu'il n'est pas simple pour des parents qui n'ont pas beaucoup de temps à consacrer aux enfants de s'assurer de cette éducation, mais pourtant, certains y arrivent !
En tout cas il est maladroit et injuste, à mon sens, de rejeter sur l'école la responsabilité de l'éducation des enfants.
Pour ne pas jouer sur les mots, j'entends par éducation :
- on écoute ce que dit le maitre ou la maitresse sans lui couper la parole
- on ne conteste pas les décisions de façon agressive, mais de façon polie, et pas à n'importe quel moment
- on ne profère pas d'injures ou de grossièretés en présence d'adultes, et encore moins en classe, etc.
- en résumé : on accepte l'autorité d'un adulte et on respecte son enseignant
Il est malheureusement clair que parmi les enfants qui rentrent chez eux le soir pour se mettre devant MSN ou la télé, en attendant 21h que les parents crevés rentrent (sans forcément avoir envie de voir si les devoirs sont faits), certains ont un manque d'éducation qui rend le travail des enseignants difficile, et qui nuit à la bonne marche de certaines classes (notamment dans des quartiers défavorisés qui ne méritent pas ça en plus !).
Un enfant qui est en échec scolaire du fait principal qu'il n'accepte pas l'autorité de son enseignant, c'est triste, car souvent ce sont les parents eux-mêmes qui l'ont amené à ce comportement.
Je n'écris pas ce mot pour jeter de l'huile sur le feu, mais pour que les parents (comme moi) arrivent à une auto-critique aussi sur leurs réactions épidermiques dès qu'on parle enseignement.
Darcos pourra faire tous les programmes qu'il voudra, le problème est ailleurs.
En Afrique, le professeur est respecté ! On peut voir dans des villages africains ultra pauvres un nombre d'enfants hallucinant (parfois 50 !) écouter dans un silence absolu les paroles du professeur, et travailler ! Ce n'est pas un modèle forcément, mais entre cette situation et celle que vivent certains enseignants qui sont interrompus toutes les 2 minutes par un élève "qui a le droit de s'exprimer", il y a un pas que nous avons largement franchi (au détriment de l'élève d'abord).

Je ne souhaiterai pas une semaine de la vie des écoliers en Afrique, à mon pire ennemi...

Claude Lelièvre La situation est encore un peu plus complexe que cela sur ce point si l'on en juge par l'enquête qui a été menée par le principal syndicat des enseignants du primaire ( le SNUipp ) . A la question: " Quelle opinion portez -vous sur l'annonce de la suppression de classe du samedi matin et de ses conséquneces pour les élèves et les enseignants?'', les 15 000 réponses obtenues sont en fait assez partagées: très favorables: 28%; très défavorables: 25 %; favorables 34%; défavorables12%.

Ritme je suis en effet du nombre qui travail tout le WE et même maintenant la nuit, flexibilité oblige et qui ai rarement 2 jours de congés consécutifs: c'est le statut des employés du service sanitaire, aussi bien que des employés des grandes surfaces, que des employés au service des personnes.... mais c'est vrai que cela va changer avec la fermeture du service public hospitalier au bénéfice des cliniques qui elles en effet s'octroient les WE entiers, ferment à 18h et laissent les urgences au Samu, pour le mieux être des patients bien-sûr! Distinguer la forme du contenu , il me semble qu'il y a bien déjà des miliers d'années qu'Aristote en dénoncait l'imposture! Maintenant qu'un temps plein ne laisse à personne le loisir d'être autre chose "qu'employable" ou consommateurs passifs de loisirs "ready made" est un problème pour tous, pas que pour les enseignants! Juste tirer sa propre épingle du jeu est bien le propre du capitaliste il me semble, et il me semble aussi que"ces gauchistes d'enseignants" , de moins en moins gauchistes d'ailleurs sont en train de se décomplexer à l'exemple de notre bien aimé souverain, gueroyant pour le "bien-être" des élèves tout en en sappant les bases.

Il faudrait aussi montrer les conséquences importantes de la réforme des horaires sur les moyens mis en oeuvre pour aider les élèves les plus en difficulté. En effet, les 3 heures supprimées seraient utilisées pour les élèves en difficulté. Mais de nombreuses questions se posent : 1) est-ce que ces heures libérées pour le soutien devront être proposées dans l'enceinte de l'école où travaille chaque enseignant ? si oui, comment aborder cette question dans les écoles où peu d'élèves ont besoin d'un soutien et celles où de nombreux élèves en ont besoin ... il me semble qu'il y a là une vraie inégalité qui se profile ... toujours en faveur des plus favorisés. 2) le soutien proposé semble ressembler à un soutien scolaire en petits groupes ... du type des cours particuliers proposés par le privé ... mais quels sont les enfants qui ont besoin de ce type de soutien ? Il me semble que cela ne peut s'adresser qu'à des enfants qui sont capables de prolonger leur journée de classe d'une heure ou deux. Qu'est-il prévu pour les enfants qui n'en sont pas capables ? 3) Certains enfants ont besoin des maitres E et maitres G qui ont des compétences spécifiques. En Seine Saint Denis, leur nombre est très insuffisant et aucun moyen ne semble être dégagé pour ces enfants. Seront-ils les laissés pour compte de cette réforme ? En conclusion, je crains que cette réforme ait pour rôle essentiel de diviser encore : -Les professeurs des écoles , entre ceux qui veulent faire des heures supplémentaires et ceux qui refusent cette réforme car elle ne répond pas aux enjeux -Les parents d'élèves, entre ceux qui apprécieront un soutien scolaire après la classe car cela correspond à leurs besoins et ceux qui d'un coté regrette le nivellement par le bas (réforme des programmes et moins d'horaire) et ceux qui de l'autre ont un enfant en difficulté et qui verront les moyens alloués encore diminués. Je suis parente d'élève de Seine Saint Denis adhérente de la FCPE et inquiète de la situation dans mon département. De nombreux collèges sont en grève...il faudrait que Médiapart vienne voir ...

ou est ce qu'on peut trouver ce projet pour s'en faire une idee avant de prendre position ?

Vous pouvez trouver les informations concernant les nouveaux horaires dans l'allocution du Ministre à l'adresse suivante : http://www.education.gouv.fr/cid21007/presentation-des-nouveaux-programmes-du-primaire.html

Effectivement ça bouge de plus en plus dans les lycées et collège. Aujourd'hui la FIDL (syndicat lycéen) fait un appel à la grève. http://www.fidl.org/ Des collèges sont en grève, des lycées aussi et pas de remonté au niveau des médias ... La solution actuelle pour faire des économies est de supprimer des enseignants et d'imposer des heures sup aux rescapés des purges ... Tous les établissements du secondaires ont reçu une dotations de fonctionnement pour l'année 2008-2009 avec des fermetures de postes d'enseignants et autant d'heures à assurer devant élèves ... Le calcul est vite fait, on augmente le nombre d'élèves par classe et on impose des heures sup aux enseignants. L'école est un choix de société ... mais aussi une niche économique pas encore défrichée par la main du marché. Heureusement que l'on s'y mette enfin ...

Claude Lelièvre En réponse à la demande de ''barba à papa", on peut préciser que "Les nouveaux programmes de l'école primaire, projet soumis à la consultation" sont parus dans un numéro hors série du BO du 20 février 2008. Ils sont consultables sur le site du ministère, qui a d'ailleurs ouvert sur son site un espace dédié à la consultation.

Merci du renseignement. Maintenant que j'en ai pris connaissance, je les trouve tres bien ces programmes et tres realistes. je ne comprend pas les motivations de cette pétition...

Cela me semble un peu court comme réflexion... vous avez peut être des arguments à présenter. Médiapart essaie d'être un journal qui aide à la réflexion et ce serait bien que les commentaires des lecteurs essaient eux aussi d'y contribuer, et évite d'être dans le plébiscite ou le fan club ....

Il ne manque plus au programme de Darcos, condamné même par Luc Ferry, que les coups de règles sur les doigts des bambins qui ne sauront pas leurs départements ni la date de la bataille de Marengo. Le progrès fait rage... Tout comme avec le droit du travail méticuleusement détricoté, on retourne cent ans en arrière. On rétablit le bachotage répétitif qui avait fait place à la réflexion. Les mômes en état d'échec scolaire ont toutes les chances d'être encore plus vite dégoûtés de l'école. Mais il est bien connu qu'un peuple que l'on a déshabitué à réfléchir dès la prime enfance est bien plus facile à gouverner. Vingt-quatre ans après Orwell, place à Little Big Brother et à ses filloneries.

L'idée que l'on puisse amener des jeunes gens à une réflexion sérieuse sans une maîtrise élémentaire du langage, sur lequel toute réflexion s'appuie, fait partie des idées démagogiques qui ont été très à la mode il y a quelques années et qui ont fait beacoup de mal à l'école et aux élèves. Les tests d'entrées en 6ème montrent une baisse significative du niveau en français (y compris en compréhension écrite) et en calcul. Comment voulez-vous développer la réflexion personnelle chez quelqu'un qui ne maîtrise pas la structure d'une phrase simple. Pourtant les cours de grammaire avaient presque disparu, même en collège : il fallait faire de la grammaire "au fil des textes" ou "en s'amusant". La mode d'avant (datant du ministre d'avant ?), et qui a paradoxalement perduré, c'est la monté en puissance d'une terminologie complexe pour exprimer des choses qui jusque là s'exprimaient simplement. Il est vrai que les pédagogues ont cédé la place à des didactitiens ... Ce qui est condamnable dans la politique actuelle, ce n'est pas le retour indispensable aux fondamentaux. C'est le risque de s'en contenter (et comment faire autrement si on diminue régulièrement les horaires d'enseignement) et de laisser ceux qui ont de l'ambition à des officines privées, financées par fonds publics via des crédits d'impôts. Cela est proprement inacceptable.

Je la trouve aussi péremptoire qu'imprécise, la phrase de Nicolas Lemoine: "L'idée que l'on puisse amener des jeunes gens à une réflexion sérieuse sans une maîtrise élémentaire du langage, sur lequel toute réflexion s'appuie, fait partie des idées démagogiques qui ont été très à la mode il y a quelques années et qui ont fait beaucoup de mal à l'école et aux élèves." C'est quoi, une réflexion "sérieuse"? C'est quoi, une "maîtrise élémentaire du langage"? En l'absence d'autres précisions, ces deux expressions sont creuses. Ce n'est pas en serinant le ba-ba aux écoliers et en leur faisant répéter bovinement les consignes qu'on leur apprendra mieux à réfléchir. En revanche, on risque de dégoûter encore plus de l'école ceux qui ne s'y sentent déjà pas très bien. Tout parent peut constater que la plupart des enfants de CP sont parfaitement capables de raisonnements logiques et de réflexions parfois stupéfiantes. Je précise que j'ai engendré six enfants...

Une "maîtrise élémentaire du langage" consiste à lire (et comprendre) sans difficulté une phrase simple sujet verbe complément et à savoir en construire. Evidemment que des enfants bien entourés savent déjà raisonner en CP. Il y en a même qui savent déjà lire ! Ils ont été bien entourés. On peut les mettre dans n'importe quel système scolaire ils réussiront. Mais ceux qui n'ont pas cet environnement sont perdus si on ne fait pas les choses dans l'ordre et avec méthode. C'est qu'ils doivent apprendre pendant un temps réduit (les heures de cours) ce que d'autres acquièrent par un contact permanent avec des personnes capables de les éveiller. Je me suis aussi souvent occupé de jeunes enfants. Les différences en terme de vivacité d'esprit peuvent être (déjà) énormes selon le milieu dont est issu l'enfant. C'est en cela que j'affiche mon desaccord avec ceux qui disent que cette réforme découragera les élèves déjà en difficulté. Au contraire. Bon ensuite, il ne faudrait pas caricaturer l'esprit de la réforme en la limitant au B -A BA. Présenter et enseigner avec méthode et rigeur ne fait pas forcément fuir les jeunes gens, au contraire. Cela n'empêche pas de faire en parallèle des choses plus gratifiantes.

Nos réponses à Joel Martin se sont télescopées et nous disons à peu près la même chose. Je vous incite à prendre connaissance du débat intéressant qui s'est instauré à ce sujet, suite au billet de blog ,plein de bon sens, de Laurent Malbrunot :" Du neuf dans les nouveaux programmes du primaire". http://www.mediapart.fr/club/blog/laurent-malbrunot

@Joel Martin Votre commentaire démontre une méconnaissance totale du terrain et l'exemple de vos six enfants n'est en aucun cas généralisable ! Je ne vous en jette pas la pierre car je tenais le même discours il y a plusieurs années. J'ai en effet été parente d'élèves bien avant de devenir institutrice et j'avais tendance à juger d'après l'observation de mes propres enfants... S'il me fut facile de cerner les difficultés des enfants les plus faibles, je mis un certain temps à réaliser ce qu'était le niveau moyen d'un élève ( je précise que j'ai exercé dans des écoles très variées, allant de la Zone d'Education Prioritaire à la paisible école de village). Pour préciser les propos judicieux et non péremptoires de Nicolas Lemoine, je dirais notamment que l'élève moyen de CP ne possède pas la maîtrise élémentaire de la langue, celle qui permet de communiquer de manière explicite et d'exprimer sa pensée. Ainsi un vocabulaire très pauvre (je ne parle que du langage courant, quotidien) une structure syntaxique dépassant rarement la phrase simple du type sujet/verbe/complément, le rend incapable, certes de formuler ses réflexions , de justifier ses opinions, mais également de rendre compte de manière compréhensible d'un événement qui lui est arrivé. Bien sûr, il y a toujours dans une classe quelques enfants stupéfiants, mais il ne constituent qu'une minorité, celle de ceux qui s'en sortiront toujours, quels que soient les programmes et les méthodes.

Claude Lelièvre On en est ce matin à près de 11500 signatures. Lire aussi l'article de Mathilde Mathieu paru hier dans Mediapart : "Nouveaux programmes: les députés socialistes chargent Darcos". Pour ceux, et on peut les comprendre, qui cherchent des explications plus circonstanciées, on peut trouver un dossier très intéressant, très précis et très complet sur la question dans: http://a.camenisch.free.fr/programmes_2008.htm. On peut lire en complément mon deuxième article sur ce blog: "Jules Ferry et les nouveaux programmes" .

Claude Lelièvre

ils font comment pour réfléchir les gamins qui en fin de primaire en sont encore à décoder péniblement des textes simples? à enchaîner les fautes d'orthographe sur des dictées pourtant "préparées" et des "auto-dictées"? Je n'ai pas lu les programmes, mais je vois tous les jours les aberrations de cours qui se résument à du collage de photocopies dans le cahier d'histoire, à du coloriage de cartes de géo illisibles, à des rédacs qui consistent à remplir une feuille sans la moindre méthode, à un cours de CM2 sur la démographie basé sur des données INSEE datant d'avant 2000 (vu il y a 2 mois: 57 millions de français, natalité en baisse!), etc. C'est ce fonctionnement qui va être cassé? volontiers.

Il va falloir se réveiller. Actuellement le gouvernement a des caisses vides (pour qui ?), et cependant il existe des crédits d'impôt au soutien scolaire privé, en parralléle on diminue les moyens de l'éducation nationale, on revoit les programmes sans arrêt en les rendants confus et incompréhensibles et inapplicable. On renforce la ségrégation scolaire vis la réforme de la carte scolaire. Et aprés cela face à l'échec (voulu et programmé) le gouvernement dira que l'école publique (qu'il dirige) est inefficace, et qu'il vaut mieux s'adresser à l'école privée, et il décidera d'un chéque scolaire (déja en place aux US) qui allouera la même part d'aide au financement à un éléve en difficulté en milieu sinistré (c'est sa faute si il y est né évidemment ...) qu'à un éléve fils ou fille de prix nobel. Donc acte, amen et enterrons l'école publique laïque et obligatoire. Quand on veut tuer son chien on l'accuse de la rage. Le gouvernement joue sur la nostalgie, on souhaite revivre l'école d'antan, ce qui veut dire (arrétons d'utiliser la langue de bois) que l'on souhaite la fin de l'école de masse et le retour a une école "mythifiée" de la IIIéme république ultra élitiste, oubliant que le monde a changé et que l'avenir d'une économie prospére est dans l'ingenierie et non dans la formation de base minimaliste de milliers d'ouvriers et de paysans. Zola militait contre l'enseignement du grec et avait dit une phrase trés intéressante, en substance et de mémoire, "mes parents auraient appris à lire en marchant sur les mains, ils auraient considéré que c'es tla seule et bonne maniére d'apprendre à lire". Bref rien ne change. Ne perdons jamais de vu l'essentiel.

Claude Lelièvre Un des aspects du problème, et non des moindres, est de savoir qui est légitime ( et compétent ) pour décider des programmes, des instructions , des méthodes ou démarches pédagogiques. Je me permets d'inviter les participants au débat sur les programmes à se reporter au billet que j'ai écrit ,depuis ,sur ce blog concernant "La liberté pédagogique et les nouveaux programmes'' ( étant entendu que le programme législatif de l'UMP ainsi que son candidat aux présidentielles - Nicolas Sarkozy - se sont engagés très nettement à "garantir la liberté pédagogique des enseigants" ). Taper pour cela ( ou plutôt cliquer ) sur " Claude Lelièvre".

Sébastien Rome J'ai vu que plusieurs "commentateurs" évoquaient sur la suppression du semadi matin. Vous pouvez télécharger le document officle à l'adresse ci-dessous : http://34.snuipp.fr/spip.php?article183

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