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Ecole: la petite révolution (bis) de Luc Chatel

«Cours le matin, sport l’après-midi» a été présenté comme «une petite révolution à l’essai» par certains journalistes. Mais cela a été déjà tenté il y a une quinzaine d’années, et sur une autre échelle, sans suite…

Sept mille élèves appartenant à 83 collèges et 41 lycées vont ‘’expérimenter’’ cette année un ‘’nouveau rythme scolaire’’ : ensemble des disciplines dites fondamentales durant la matinée ; les autres, et en particulier le sport, l’après-midi. Mais cela a déjà été expérimenté en France même, et sur une plus grande échelle, il y a une quinzaine d’années, dans l’enseignement primaire.

 

A la rentrée scolaire1995, dans un entretien télévisé sur France 2, le président de la République Jacques Chirac annonce que " sur la durée du septennat, il faut que nous ayons partout, en France, un système qui consacre le matin aux disciplines de la connaissance traditionnelle, et l’après-midi aux disciplines sportives et aux disciplines de la sensibilité ".

Guy Drut, ministre de la Jeunesse et des Sports, lance à partir de l’automne 1995 une expérimentation dans 170 ‘’sites pilotes’’ . Selon l’évaluation de ces premières expériences qui ont concerné plus de 100000 élèves du primaire, la semaine de cinq jours avec au moins trois après-midi consacrés aux activités artistiques ou sportives a eu des effets bénéfiques sur le comportement des enfants " plus attentifs en classe et plus épanouis ". Mais il n’a pas été possible de mettre en évidence une amélioration de leurs résultats scolaires.

Guy Drut conclut que " le passage de l’expérimentation à la généralisation demandera au Parlement de légiférer. Un projet de loi devra être déposé avant la fin de l’année 1997. Tout d’abord pour donner un nouveau cadre à l’aménagement du temps scolaire, quotidien, hebdomadaire et annuel ; ensuite pour donner un statut aux intervenants ".

 

Mais l’échec de la majorité présidentielle aux élections législatives de juin 1997 ( à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale ) ôte à Jacques Chirac et à son fidèle Guy Drut la possibilité de légiférer.

Le ministre de l’Education nationale suivant, Claude Allègre, ne reprend pas le flambeau ; car il se préoccupe avant tout – dit-il - de la question du progrès des résultats scolaires.

 

Nous sommes finalement un beau pays, où l’on peut – sans vergogne ( et sans mémoire ) - présenter comme une nouveauté ( voire une ‘’petite révolution’’ ) ce qui a été tenté ( certes dans un autre degré scolaire, mais à une plus grande échelle ) il y a une quinzaine d’années.

Surtout, cela peut aller au devant du désir du maître en donnant à croire que l’on va dans le sens de la réalisation de l’une des promesses du projet pour la législature de 2007-20012 : " Permettre à tous les parents qui le souhaitent de choisir pour leurs enfants un établissement réservant l’après-midi aux activités sportives, culturelles ou associatives ". Qu’on s’en souvienne ; et qu’on se le dise !

Tous les commentaires

Il est effectivement très éprouvant de lutter contre ceux qui vident les mots de leur sens, tant ils sont prompts à dire quelque chose, puis son contraire et enfin encore autre chose...dans le seul but de faire du bruit dans le micro et de salir un papier qui ne leur a rien fait.

Merci à claude lelièvre de nous y aider.

Des réformes spectacle qui visent à améliorer les performances scolaires, sont là pour amuser la galerie. Les vraies réformes celles qui pourraient améliorer l'épanouissement des enfants, ne sont pas pour demain, elles remettent trop en cause toutes nos pratiques sociales et notre épanouissement..

La vraie réforme serait d'abord de cesser de supprimer des postes d'enseignants et de revenir à une formation initiale des jeunes qui sont mis devant des élèves en se demandant à quelle sauce ils vont être mangés sans les moindres rudiments de pédagogie. 

Cher Claude, une fois de plus vous mettez en évidence le vide et l'inconséquence de tout "ça".

Et l'on voudrait que les français reprennent le moral ...

Nième mère des réformes, qui débouchera sur du rien.

L'éducation dépend des pratiques d'apprentissage et d'enseignement.

Rien n'est prévu pour le changement des pratiques d'enseignement, ni d'apprentissage.

Rien à discuter donc, sauf des reculs - qui sont toujours au rendez-vous de ces fausses réformes.

Une telle réforme, bien sûr ,ne peut absolument pas être généralisée: il ne faut pas sortir de  Saint Cyr, ni de l'Oréal pour comprendre l'impossibilité matérielle à faire rentrer l'ensemble des élèves dans l'ensemble des salles dans la plupart des établissements scolaires le matin et le même ensemble d'élèves dans l'ensemble très insuffisant des installations sportives....Comme le disent de nombreux commentaires, il serait plus urgent de rétablir une formation des maîtres digne de ce nom, d'alléger les effectifs des classes et d'assurer une formation continue de qualité permettant aux enseignant de changer leurs pratiques.

Les enseignants doivent changer leurs pratiques? C'est une phrase bien vague qui ne veut rien dire telle quelle, mais qui sous-entend "de mauvaises pratiques" des enseignants. En quoi?  Leur pratique est (ou devrait être) d'enseigner, avec la pédagogie la meilleure possible qui ne peut exister que par une maîtrise disciplinaire suffisante et l'expérience, du temps pour l'élaboration, ... ce que les conditions mises en place progressivement depuis plus de 25 ans au fil de "réformes" qu'il vaudrait mieux appeler contre-réformes, culminant avec la nouvelle formation des nouveaux enseignants (ou plutôt leur non formation)  leur permettent de moins en moins de faire sereinement, tout en les ayant  désignés dans l'opinion de façon insidieuse mais efficace  comme responsables de dégâts et démantèlements qui se font à leur corps défendant! Il faudrait au contraire créer des conditions permettant au métier des enseignants,  l'enseignement, de pouvoir s'exercer sans être sans cesse empêché, dénigré ou pollué/détourné. Or c'est précisément en attaquant sans cesse ce coeur de métier que le démantèlement s'organise...

ET oui les pratiques pédagogiques doivent sans cesse être en mouvement . Il y a effectivement des pratiques pédagogiques plus porteuses que d'autres pour faire progresser les élèves. Le seul contenu diciplinaire ne suffit pas . Faire évluer ses pratiques , les remettre en cause au contact des autres collègues, disposer des outils pour les faire évoluer est au coeur de ce métizr complexe. Ce n'est pas dénigrer les enseignants que de souhaiter les voir en mouvement dans leur têtes et dasn leurs pratique. C'est l'immobilisme et la certitude d'avoir 'La' bonne méthode qui est dangereux dans ce métier. Vouloir enseigner c'est accepter cette incertitude et c'est partir en quête des balises qui aideront nos élèves à avancer.Je suis d'accord avec vous quand vous quand vous ecrivez qu'il faut une maîtrise disciplinaire, de l'expérience, et du temps d'élaboration. C'ets bien ce que proposaient les plans de formation des IUFM (en tous cas pour la formation des PE et des P.EPS que je connais un peu). Sur quels leviers pourront s'appuyer les jeunes recrutés en Juin au sortir de leur cursus universitaire: Sur le sinistreCD concernant l'autorité du maître diffusé à Créteil cette semaine? Sur leurs ressources personnelles? Il leur en faudra beaucoup pour ne pas se retrouver d'ici quelques semaines à penser leur classe comme un féroce combat ou à sombrer dans la dépression. Et celà m'inquiète beaucoup.

 

Je crois que le mouvement perpétuel d'une remise en cause permanente et systématique de toute manière d'enseigner d'un côté, et l'immobilisme qui serait une façon immuable d'enseigner les mêmes choses de la même manière d'un autre côté, ne sont que deux caricatures. Dans l'enseignement de toute discipline (la musique, les mathématiques, ...) il existe des éléments incontournables et universels, des balises et des certitudes, des choses à connaître et à transmettre et certaines manières de le faire qui changent souvent de manière "cosmétique", mais pas au fond, parfois depuis l'antiquité! L'enseignant voulant bien faire devra chercher à comprendre ces fondamentaux, et bien évidemment à constamment améliorer sa pédagogie: utiliser les nouveaux outils à sa disposition quand ils apportent quelque chose, chercher à toujours mieux mettre en mots pour les élèves, leur indiquer des chemins pour s'approprier les savoirs, etc... mais pour cela il aura fallu au préalable et en parallèle comprendre soi-même les bases de sa disciplines, certaines clés, ... Bref: ni mouvement perpétuel, qui ne permet pas de bâtir,  ni sur-place immobile (qui serait aussi de penser que 3 ou 4 ou 5 ou plus années d'études supérieures permettent de ne plus rien avoir à apprendre dans sa discipline), mais une construction  qui utilise des acquis et améliore petit à petit ce qui peut et doit l'être. Comme vous dites, l'enseignement est un art complexe, qui s'accomode mal des raccourcis et slogans lapidaires:  "il faut bouger", ou "il faut faire comme avant". Ce n'est d'ailleurs pas non plus en quelques commentaires qu'on peut  faire le tour de la question.

Je suis tout à fait d'accord avec vous.

Excellent et salutaire rappel qui montre la différence entre esbroufe et réelle politique éducative.

+++

Ça me rappelle quand ils avaient "réinventé" l'instruction civique à l'école.... Elle était déjà aux programmes quand j'en y étais, il y a.... on va juste dire plusieurs dizaines d'années. Une vraie révolution ! Idem pour l'abolition de la "méthode globale" dans l'apprentissage de la lecture qui n'était déjà plus pratiquée depuis des années quand elle a été "instaurée"!

Quant aux cours le matin et sport l'après-midi, l'Allemagne a toujours fonctionné comme ça, il me semble !  Et pas pour le meilleur pour l'autonomie et la liberté des femmes allemandes, il me semble..... Le modèle n'est pas né d'hier, même si j'avais oublié qu'en France aussi, il avait déjà été préconisé....

L'"éduc", c'est comme la mode. Le rétro se porte bien. Et on "réinvente" des éternels retours années après année ! Bienvenue l'école "vintage" de demain !

Le texte de Chatel dans le Monde était vraiment creux, du sous-Darcos. Cela sent le départ...mais au moins, il aura annoncé "sa" révolution, même "petite" ou "silencieuse". Je crois que c'est un truc qui traîne dans l'air de la rue de grenelle qui fait que les ministres de l'Education font tous des révolutions...

Oui mais qui va faire faire du sport l'après midi ?

Les profs d'EPS? Le gouvernement les supprime à tour de bras!

Les associations? Je suis dans une association sportive depuis des lustres et ce ne sont pas elles qui vont "prendre le bébé"...les bénévoles ont bon dos...

  " Elèves plus attentifs et plus épanouis" , je suis surprise que les résultats scolaires n'aient pas été améliorés... , mais c'est déjà une bonne raison pour aller dans ce sens , sans expérimenter puisque ça a déjà été fait . Merci encore , Claude Lelièvre .

Il n'y aura jamais assez de personnel pour encadrer les jeunes l'après-midi pour ces activités sportives ou autres. Et si ils comptent sur des bénévoles ... ils ne le seront pas longtemps, surtout avec les responsabilités qui s'en suivront .

Et ça va faire comme en Allemagne, des jeunes livrés à eux-mêmes, l'après-midi  à la piscine, dans les rues et les bars : drague, bière, fumette ... tout un programme pour le sarkozysme!

Mes enfants ont bien vu comment ça se passait lors de leurs échanges linguistiques au collège et au lycée.

Et déjà que le gouvernement trouve que les enseignants  ne travaillent pas assez, si en plus ils n'enseignent plus que le matin ! 

En y mettant les moyens ils vont bien réussir à faire marcher ça sur quelques cas , mais ce sera  impossible à généraliser. 

Souvenez-vous, le cours de francais ou math le vendredi de 15 a 16h, ca servait a quoi? Vous decriez l'allemagne, parce que vos enfants y ont passe une semaine ... J'ai un bac allemand, Abitur, et je peux vous dire que le systeme educatif francais est tres mauvais. Les cours principaux le matin, oui, c'est vraiment necessaire. Mais en France, les profs n'enseigne qu'une matiere, raremement deux ... en Allamagne, les profs enseignent au minimum deux, voir trois ou plus. Tant que l'on n'aura pas  plus d'enseignants pluri-disciplinaires, ce ne sera pas possible.

 

Il faut aussi revoir le programme de l'education nationale, surtout ce qui concerne les langues etrangeres, parceque c'est "c a t a s t r o p h i q u e" en France. Non, l'eleve francais ne naquit pas mauvais en langues, ce n'est pas vrai, les mauvais resultats sont juste du au chaos de l'enseignement des langues en France, ou chaque prof fait ce qu'il veut, comme il veut. En Allemagne, des la 5eme (2eme annee), en cours de langue, en ne s'exprime plus que dans la langue etrangere en cours ... c'est vrai, au debut, les eleves "souffrent", mais au bout de l'annee, ils parlent la langue ... a peu pres. C'est si simple, pourtant en france, il y a des profs qui le font, mais tant d'autres qui ne le font pas ... et comme on change de classe, de prof etc comme on change de cartable en France, ca fait du chaos ...

Il faut aussi faire en sorte, au niveau europeen, que les profs de langues soient des ressortissant du pays dont la langue est enseigne. En cinq ans, tous les lyceens seront ainsi trillingue ou polyglotte, comme moi ...

Vous ne répondez pas vraiment à mes remarques. Pour la qualité globale de l'enseignement, je ne me prononçais pas.( A mon avis le principal avantage de l'Allemagne c'est sur l'enseignement professionnel , mais c'est une autre sujet  ... et plus sérieux que l'EPS l'après midi)

Pour les langues tout à fait d'accord mais c'est aussi un autre sujet.

Enseignants pluridisciplinaires ... oui pourquoi pas , mais ce n'est qu'une question d'echelle : ça peut régler des problèmes pour les petits établissements, mais pour les grands, une solution à la marge ...

Ma question vis à vis du truc de Chatel ,  c'est  a-t-on suffisamment de structures (classes, gymnases,piscines) et de personnels (profs d'EPS , profs d'enseignements généraux) pour se permettre de n'utiliser les uns que le matin et les autres que l'après midi 

La  solution serait de faire classe dans les gymnases et que les profs de maths soient aussi prof d'EPS  , les profs d'histoire géo  fassent de l'art graphique et les profs de physique de la musique  ??? 

Précision1 : mes deux enfants ont fait chacun 3 fois une semaine en Allemagne , ce n'est pas une vérité absolue, mais il ne faut pas minimiser non plus.

Précision2: les bons profs de maths que j'ai eus nous faisaient plutôt faire des exercices l'après midi , et réservaient au  matin les cours magistraux. (en français je me suis toujours emmerdé, que ce soit le matin ou l'après-midi )

 

Cher Hans-Peter Carpenter,

Je ne pense pas que vous puissiez engager un dialogue avec les enseignants français, qui se considèrent les seuls compétents pour donner un envie sur la conduite de la bureaucratie qui leur procure un chèque chaque fin de mois.

Vous parlez de "polyglottes", j'ai rencontré à plusieurs reprises des enseignants universitaires d'autres pays européens très étonnés que leurs homologues français soient incapables de s'exprimer dans un anglais convenable. Alors des enseignants du secondaire...

mieux vaut les laisser dans leurs phantasmes qu'ils sont les meilleurs du monde et que les jeunes Allemands passent leurs après-midis à boire ou à se droguer.

Cordialement

Soit un prof de langue de sa langue, soit plusieures visites dans les pays concernés. Dans ma campagne où plusieurs couples d' anglais vivent, il y en peu qui parlent français.Déjà apprendre le français, le latin, le grec( si possible).Ne plus  me parler de réformes où chaque ministre veut laisser "sa marque(somme toute héphémère)".Un président qui est vulgaire et à moitié analphabête, n'incite pas à développer l'éducation.salutationsP.racinoux

Claude Lelièvre a raison de souligner  l'inexistence d'une mémoire dans les hautes sphères de l'Education nationale. Une vraie réforme (dont on espère qu'elle va se formaliser comme un projet global de la  gauche dans les mois qui viennent) impliquera la prise en compte des changements positifs et des lourds échecs imputables aux différents ministres depuis au moins cinquante ans.Les blocages qui proviennent du système institutionnel en tant que tel devront aussi être analysés et explicités.

Ce qui m'étonne toujours un peu, c'est que Claude Lelièvre ne fait pas état des décisions prises régulièrement par les Commissaires européens des pays membres de l'Union, concernant l'Education dispensée en Europe (discutées généralement à Londres) et qui engendrent ni plus ni moins les directives et décisions "nationales" des pays européens.

Or, on les attribue trop facilement, ou trop souvent, et à tort au ministre de l'Education en poste.  

Moralité : pour vivre heureux...vivons cachés...

Ne s'agit-il pas d'une privatisation du service publique : suppressions de postes et prise en charge des enfants l'après-midi par des "associations". J'ai entendu parler de financements de la Caf et des collectivités territoriales. Casse de l'instruction et remise en cause de sa gratuité, puisque les parents vont payer les "loisirs" et gardes sur le temps scolaire.

c'est probable, d'autant plus que les activités "loisirs" deviendront rapidement inexistantes ou payantes.

Peut-être même, qu'une offre d'enseignement privé viendra se positionner en complément l'après-midi - pour ceux qui en auront les moyens - histoire de  creuser un peu plus les inégalités sociales ...

 

Sûr ce sujet là, pour avoir un pied des deux côté (collectivités et education Nationale), je peux vous dire que les difficultés des collectivités locales ( réforme de la Taxe Professionnelle notamment) ne les encouragent pas à vouloir se saisir de nouvelles compétences.Pour ce qui est de l'enseignement de l'EPS , on voit dans le premier degré de nombreux partenariat entre les communes et les IA pour permettre aux éducateurs sportifs territoriaux d'intervenir avecle maître sur le temps scoalire en EPS. Ces politiques sont couteuses et aujourd'hui regardées de très près par des collectivités qui sont de moins en moins promptes à les développer. Par contre les finacement CAF dont vous parlez sont sans doute les contrats enfance jeunesse de la CAF qui ne concernent que le périscolaire. Il existe également, dans le 1er degré et les collèges ZEP ,les dispositifs de l'accompagnement éducatif qui permettent aux collectivités et aux assciations d'intervenir sur des pratiques sportives et culturelles (l'aide aux devoirs est aussi concernée). Je crois que le vrai problème se situe plutôt dasn l'abandon progressif d'une éducation physique scoalire obligatoire pour tous les élèves. La confusion entre Education physique et activités sportives, longtemps entretenue par la profession, ne peut que se retourner contre elle aujourd'hui. L'image du sport associée à la performance  à la tricherie et au fric est en grand décalage avec l'idée de l'accomplissement de la personne dans sa dimension physique qui devrait être l'objectif de visée de l'éducation physique scolaire. On peut maintenant rendre facultatives les pratiques sportives et il sera facile de le faire.

Chatel à déjà prévu une superbe innovation pour l'année prochaine. Sport le matin et école l'aprem. Avec le retour du latin en 6e et de l'encrier

ça me fait penser à la superbe innovation pour que les enfants se lèvent quand le prof arrive en classe ! ...

Sauf que si mes souvenir sont bons, en france  et en général,  ce sont les élèves qui se déplacent d'une classe à l'autre et non le professeur (sauf quand il arrive en retard au premier cours du matin !) .

encore une riche idée chatelienne.

 

Exact !

 

Néanmoins, certains profs n'arrivent pas en retard seulement au premier cours du matin. Il arrive même qu'il faille tirer l'alarme au bar d'en face, et rappeler tout en grâce, que "la cloche a sonné". Ce sont de grands sensibles....

Mes enfants ont été les "victimes" directes de l'impérissable réforme d'il y a +/- une quinzaine d'années. Je reviens sur le choix des départements retenus à l'époque pour une réforme qui se disait "avangardiste" et qui, par un malencontreux hasard sans doute, ne touchait absolument pas les départements peuplés surtout de nantis...l'élite comme on dit de nos jours.

Il se trouve qu'aucun moyen n'avait été mis en place, que les "animations" (c'est le mot que nos penseurs utilisaient à l'époque) étaient confiées à des personnels non qualifiés, si ce n'est qu'ils étaient tous et toutes des "TUC" (sans emploi).

Bref ...un fiasco. Toujours est-il que je me suis empressé de changer mes enfants d'écoles ...et de département afin de leur permettre de suivre, ce qu'il convient de qualifier un "enseignement normal".   

1. en 1995, les TUC n'existaient plus depuis belle lurette.

Il est cependant exact que, faute de financement correct, et pour assurer la totale gratuité des activités périscolaires proposées aux enfants, les associations ont souvent dû faire appel aux "emplois aidés" : CES et CEC - formule très différente de celle des TUCs.

2. ce furent 200 sites pilotes et non pas 170 qui furent agréés par Jeunesse et Sports (et combattus par Bayrou et certains syndicats d'enseigants). Si une partie de ces sites étaient bidons (vitrines pour certains politiciens locaux), beaucoup firent un trèsbon travail. Voir par exemple sue le site de l'INRP la monographie rédigée sous la responsabilité du rectorat de Clermont Ferrand en 1999 à la page http://www.inrp.fr/primaire/monographies/rythme.htm

 Il y est mentionné que les progrès scolaire ont été au rendez-vous pour les élèves de l'école concernée par une instance qui, au départ, était plutôt opposée à cette expérimentation.

3. l'aménagement du temps scolaire n'a d'ailleurs pas été "inventé" par Guy Drut - ni par Philippe Séguin, son mentor, qui avait précédé les sites pilotes à Epinal, dont il était maire. Dès le début des années 60, des expériences probantes avaient été menées, notamment à Bühl, commune du Haut-Rhin.

4. dernière précision : ces aménagement du temps de l'enfant n'ont rien à voir avec les pratiques des écoles allemandes où les après-midi sont "libérés", mais où les activités des après-midi sont laissées à l'initiative des familles et sont le plus souvent payantes.

 

Il est faux d'affirmer que "les progrès scolaires ont été au rendez-vous". Je rappelle ici que cette réforme ne concernait que les enfants du primaire. Or, les tests d'entrée en sixième (les mêmes pour tous les primo-collégiens) réalisés par les enfants issus de l'impérissable réforme, ont révélé d'énormes lacunes en math et en français. Ceci a été maintes fois discuté et débattu entre inspecteurs de l'EdNat et Autorités municipales. 

 

PS : si le mot "TUC" était dépassé en 1995 c'est possible quand bien même il était couramment usité à l'époque. C'est pour cela que j'ai précisé, entre parenthèses, "sans emploi".  Les jeunes concernés par cette embauche étaient également rémunérés une misère, et n'avaient ni compétences ni espoir d'être embauchés à l'issue de ce qu'il convient de qualifier d'emploi très précaire. Ils perduraient dans leur statut de "sans emploi". A ce titre, ce n'était pas franchement encourageant pour la jeunesse, qui n'était pas dupe.

Où peut-on prendre connaissance des tests nationaux dont vous faites état ?

J'ai, pour ma part, cité la source (monographie encore présentée sur le site de l'INRP) qui montre au contraire que les élèves ayant "bénéficié" de cet aménagement scolaire ont obtenu des résultats honorables en Français et supérieurs à la moyenne en math aux tests d'entrée en 6e.

 

Je ne parle que de ce que j'ai effectivement connu dans le village où j'ai pu suivre cette expérimentation sur près de 10 années malgré les nombreux "bâtons dans les roues" qui n'ont pas manqué.

 

Je redis que la monographie en question a été rédigée par les autorités académiques qui, au départ, étaient plutôt hostile à cet aménagement.

 

 

Veuillez excuser la mauvaise mise en forme de mon commentaire. Je ne sais pas comment supprimer les indications de mise en forme parasites.

Merci à celle ou celui qui pourra m'expliquer la manoeuvre.

Vous cliquez sur "modifier" et vous corrigez la présentation de votre commentaire comme il vous plaîra. Bien à vous.

Quelqu'un a t-il une idée de prise sur le pouvoir ambiant qui visiblement est aveugle et sourd? On n'a peut être pas d'idée immense quant à savoir quoi faire, mais on sait déjà ce qu'il ne faut pas faire: par exemple estimer que n'importe qui peut être prof et foutre des étudiants en mal de thune (problème sur lequel l'état devrait aussi se pencher avant de savoir comment faire gagner plus de thune aux milliardaires) en guise de profs, ou alors ne pas remplacer les profs absents même quand ils enseignent la matière principale d'une filière, ou tout simplement instaurer une pseudo émulation absolument inefficace entre établissements de bourges et établissements de pauvres...

Enfin tout ça on le sait mais des fois ça sort tout seul on se met à revendiquer désolée

Autre chose le jour ou ça bougera du côté des élèves ce sera parce qu'ils auront reçu une éducation politique et ça... on est pas prêts de l'avoir, déjà qu'on infantilise les adultes ...

 Sarko aura au moins réussi une chose: montrer que la politique a une incidence directe sur la vie quotidienne, ce dont tout le monde n'est pas convaincu dans  notre jolie France.

Témoignage d'élève outrée et brisée. 

Oui, il parait que n'importe qui peut être enseignant, sans aucune formation à enseigner devant un groupe. En dehors de ce gouvernement, beaucoup de braves citoyens pensent de même.

Bonne chance à tous, on en reparle dans quelques années, pour le bilan.

N'importe comment, il y a la télé,  la pub et les blockbusters pour éduquer la jeunesse au seul avenir qui lui est proposé : consommateur (et pas réflexif, en plus).

Qu'est-ce qu'on peut lire sur ce fil comme fantasmes sur l'Allemagne !!!

Heureusement que Hans-Peter est venu mettre un peu de faits dans tout ce fatras de préjugés lus dans des journaux plus ou moins informés !

Vivant dans le pays depuis plus de 30 ans et ayant eu mes enfants à l'école allemande et française, je peux confirmer que le système allemand - dans son ensemble - est bien plus équilibré au niveau humain et social que l'Education à la française.

Cela commence par la formation des maîtres. J'en ai touché quelques mots dans cet article:

La rentrée ! Les journalistes se ruent sur ce phénomène bien français. Quelques réflexions sur la formation des "maîtres"... 

Cela continue par la place de la musique dans l'Ecole, la cohésion sociale et son organisation qui ne fait pas appel à un Etat tout-puissant, la qualité des lieux de vie scolaire que les Suédois appellent le 3ème enseignant, conception selon laquelle l'école et ses lieux apportent une contribution importante à la réussite éducative de l'enfant. Le "2ème enseignant" étant l'ensemble de ses camarades de classe et le premier étant l'enseignant lui-même.

Et cette histoire de sport l'après-midi en France, va encore être "encadrée" comme l'est l'école, on n'éduque pas les enfants à devenir des adultes qui se prennent en mains, mais qu'il faut toujours "encadrer", "surveiller", etc...

Quand les jeunes Allemands viennent en France en échange, ils sont effarés de voir à quel point les enfants y sont traités comme des "bébés" et à quel point les enseignants sont éloignés de leurs élèves.

Je pourrais en écrire des articles entiers.

Cela me fait sourire de lire toutes ces idées préconçues de gens qui ne peuvent pas du tout s'imaginer comment vit la société qui n'est pas formatée selon les critères français. Ils jugent du haut de leur enfermement, sans savoir du tout comment vit la société, dans quelle cohésion sociale elle se trouve qui fait qu'elle s'organise et n'a pas besoin de crier vers un Etat super-papa qui devrait tout organiser.

En Allemagne, les écoles qui se vident vers 13h-14h servent, après le nettoyage, à toutes sortes d'activités - totalement LIBRES. Des centaines d'associations sportives, musicales, artistiques, etc. louent les locaux pour leurs activités et ce sont les enfants qui choisissent et non l'école qui leur impose. Ils jouent en orchestre, font du sport, du théâtre, et toutes sortes d'activités.

Il y a des cours pour tout et pour tous jusque vers 21 h. Je sors d'un cours de Tai chi dans l'école primaire, il avait lieu de 19h à 20h. 

Avant, il y avait un groupe de jeunes qui faisait du ping-pong en association sportive, des gens du village étant leur "enseignants".

Avant, il y avait un groupe de gym pour enfants en bas-âge avec leurs parents - car en général les gens quittent le boulot vers 16h - 16h30.

Tout se passe dans les locaux de l'école primaire - où il n'y a d'ailleurs aucune grilles à l'entrée, ni porte qui pourrait se fermer. Et il n'y a jamais eu de "surveillants" dans les écoles - absolument inconnus.

J'ai entendu des horreurs ce soir sur la rentrée, racontées par des enseignants qui commencent demain  :

C'est la rentrée ! De jeunes enseignants lâchés devant des élèves sans AUCUNE formation ! 

 

Je suis bien d'accord avec vous sur la méconnaissance et les préjugés qui concernent le système éducatif allemand. En France, c'est bien connu, "nous sommes les meilleurs !".

Ceci dit, il faut préciser qu'il existe deux types de collèges en Allemagne, l'un assez proche du système finlandais, l'autre pratiquant une sélection très précoce.

Lequel est appliqué dans le Land où vous vivez ?

Bien avant 1995, le système avait été expérimenté en ... 1967. On appelait ça les lycées pilotes avec ... "école le matin et sport l'après-midi". Il y en avait quelques uns en France dont le lycée de filles (on était avant 68) de Saint Malo.  Remarquez c'est dans les vieux pots etc...

J'ai participé à l'expérience, j'étais en 6ème. Souvenirs émus d'un système équilibré où le corps était reconnu comme faisant partie intégrale de l'individu et de son développement.  C'était génial, trop sans doute car mes parents me voyant heureuse d'aller à l'école le matin et obtenir d'excellents résultats en ont conclu que ce ne devait pas être très sérieux. Ils m'ont remise dans le circuit classique dès l'année suivante. L'ennui et les résultats plus moyens les ont visiblement rassurés : ça c'était l'école.

 

Merci Béatrice de votre témoignage.

Je vous invite à lire ces deux articles et leurs commentaires:

Les enfants français n'aiment pas l'école. Est-ce étonnant ?


Les enfants français n'aiment PAS l'Ecole. Pourquoi ?


En 1967....il faut reconnaître que les enseignants d'alors avaient une toute autre formation. Néanmoins, les programmes étaient impitoyablement sélectifs et l'enseignement était articulé autour du "savoir". Un plus...ou un moins ? Je ne sais pas. Mais, s'il était bon de reconsidérer les excès d'antan, nous sommes tombés aujourd'hui dans un autre excès, celui de la "médiocrité primée".   Aujourd'hui, l'enseignement du "savoir" a été balayé et remplacé par le système "de compétences acquises avec formation continue toute la vie".  Je ne suis pas vraiment convaincu par l'efficacité du système.

A l'époque aussi les chatiments corporels étaient admis et il régnait une loi du silence sur les activités de pédophilie. Un plus...ou un moins, sur le strict plan de l'efficacité du système ?

Si les enseignants étaient heureux d'aller travailler peut-être les résultats seraient meilleurs .Ils  sont toujours critiqués par leur hiérarchie , les parents, la population. Mais personne ne s'intéresse à leur condition de travail : un manque de moyens chronique , du ma tériel inadapté , des locaux inadaptés, souvent vétustes et laids .

des locaux inadaptés, souvent vétustes et laids .

Exact, et personne n'est là qui dise que ces locaux vétustes et laids pourraient être magnifiques et gais avec très peu d'argent si des bénévoles de toutes les couches de la société s'y engageaient.

Voici deux articles qui en parlent:

A la base de toute société: son Ecole - Qui est le "3eme enseignant"? Photos et vidéo

 

Engagement citoyen: Une triste cour d'école - transformée en paradis pour enfants - Photos

 

 

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