Jeu.
23
Mai

MEDIAPART

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La répression politique au quotidien: histoire d'une interdiction

Je suis inquiet, très, très inquiet...

 

Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l’Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l’Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum National d’Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce « cours hors les murs », de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.

Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j’ai eu la surprise de me voir interpeller dés l’entrée franchie par le chef du service de sécurité tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...

- « Monsieur Vadrot ? ».

- euh...oui

- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit

- Pourquoi ?

- Je n’ai pas à vous donner d’explication....

- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?

- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum

- Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un cours en plein air, sans la moindre pancarte...

- C’est non....

Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l’entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m’interdisent à nouveau l’entrée.

Evidemment, je finis pas le fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commencer à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D’autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs et Alain Bué, insistent et menacent d’un scandale.

Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique :

- Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants...

Je promets et évidemment ne tiendrais pas cette promesse, tant le propos est absurde.

J’entre donc avec l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et probablement du ministère de l’Education Nationale, je viens de faire l’objet d’une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.

Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d’un glissement angoissant de notre société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très peur...

 

Tous les commentaires

@Claude-Marie Vadrot, Voilà comment on sait qu'on est dans un régime totalitaire. On se croirait dans un fim noir sur la pire période soviétique. Bientôt, nous marcherons tous en regardant derrière nous. Courage, mais c'est très mauvais signe; surtout le comportement de vos collègues. Eux sont déjà mécanisés... Mais nous résistons et vous manifestons notre solidarité. Tout le monde ne se laissera pas mécaniser. Très sincères salutations.

Ce que vous racontez est en effet inquiétant. Inquiétant que la direction du Jardin des Plantes ait été si vite au courant de votre décision d'y faire cours, et que des renseignements détaillés vous concernant lui aient été fournis. Jusqu'au contenu de votre blog. Après l'interdiction de parler politique – écologie, migration des oiseaux, jardins ouvriers aussi ?– dans l'enceinte du Jardin des Plantes, la même interdiction à l'intérieur des universités ?

Vous êtes inquiet, très inquiet à juste raison. Nous aussi, nous sommes inquiets et nous nous sentons, hélas impuissant, contre ces régressions de la liberté. Je vous soutient totalement, Marie Paule

Je viens de lire votre billet et je partage votre peur. C'est effrayant, mais de quel droit se donnent ils le droit de juger des opinions politiques des autres et de leur interdire l'accès à un bien public ! Je suis outragée, ulcérée et révoltée en vous lisant. Je en suis pas fière de mon Pays ce soir... ou plutôt de ce que certains croient faire pour le rendre moins, plus, ou pire ou mieux.... c'est inadmissible ce qui vous est arrivé !

Très très inquiétant, et savez-vous, j'entends de plus en plus d'histoires telles que celle-ci, aussi sur un forum anglophone où ce sont des Britanniques mais aussi des Hollandais qui semblent assister à une "fascisation" des habitudes de leurs pays... Serions-nous entrés dans une de ces phases de l'histoire du monde? Tous les signes, surtout économiques mais aussi géopolitiques, semblent le suggérer... :-( :-( :-(

Merci pour votre témoignage. La force du fascisme, c'est la peur du chef, d'abord, ensuite, et surtout l'accord de fond avec ce chef, qui va perpétuer la bête. Ici, nous avons des gens qui s'en réfèrent au chef, et un sous-chef, qui a peur de sa hiérarchie, pour ses avantages divers, mais qui est objectivement d'accord sur la conception de l'ordre qu'il relaie. Et c'est là qu'on peut légitimement être très inquiet. Parce que le plus grave, c'est s'autoriser l'abdication d'une prise de décision personnelle. On écarte la normalité d'une considération et d' un comportement adapté, par cet usage inconditionnel : on s'en réfère avant tout au chef. Donc place à l'interdiction, sans discussion possible. Le chef a déjà décidé. Evidemment, dans une démocratie, les chefs décident en concertation, ce qui fait consensus. Actuellement, un seul sait pour tout le monde. C'est tout à fait typique du régime de Sarko. certains ont parlé de poutinisation du régime. Ce n'est que du totalitarisme à la mode 2009. Ensuite, demander à quelqu'un de prétendument à la faute, des pseudos solutions moyen-terme, du genre de ne pas parler de politique, c'est montrer qu'on est conscient et gêné du hiatus. Il reste une petite voix de conscience, mais on veut le résoudre par un autre hiatus encore plus important, la demande de soumission, qui n'a pas lieu d'être. Et là, ce n'est plus le crime du chef. Mais bien celui du sous-chef, qui assassine sa liberté en même temps que celle de l'autre. L'objectif non déclaré est de former un individu soumis, objectivement un allié, pour les fascistes nouvelle mode. Un futur collaborateur. Parce que de la soumission à la participation, il n'y a pas loin. Qu'est-ce qui fait mal là dedans? C'est la prise de conscience de la fragilité de la liberté. La peur rampante prépare les violences futures. Je crois qu'il n'est plus temps de discuter. C'est malheureusement arrivé. Avant que la situation n'empire encore, il faut une riposte qui fasse équilibre. Sinon, ce sera encore plus dur. Quand au fond de l'affaire, qui croit que les nouveaux princes, vont abandonner ainsi leur prépondérance ? Simplement parce que leurs mauvaises pratiques font résultat aujourd'hui, à tous les niveaux, économique, financier, politique, et éthique? Et ils iraient se laisser dépouiller d'une position qui en fait justement des princes? On n'a jamais vu s'amender personne à ces niveaux de responsabilité. En principe, c'est la fuite en avant, la balle au fond du bunker, après avoir entraîné le plus de gens possible dans la chute. Celui qui ne vit que pour lui, ne finit qu'à la dernière extrémité sans aucun souci pour les autres. Et ils sont nombreux, et formés en bataillons, dans les grandes écoles, de commerce ou d'administration, ces jean-foutre de l'intérêt général. Cela ne s'arrangera pas tout seul. A mon avis, tout devient vraiment lumineux en France, dès le référendum sur le TCE, où l'on a vu la mort annoncée de la démocratie, dès la campagne. Et on peut se demander ce qu'il en est exactement des sous-chefs, comme des vrais chefs, actuellement, en Europe, comme dans le monde.

Je pense qu'on entre dans une de ces phases terribles de l'histoire du monde. Ca commence par des coups de canif, de l'arbitraire, on instrumentalise ce qui déplait, on pousse à la provocation.... Que notre président ne connaisse pas l'histoire du 20ème siècle, les fascismes, la honte de Vichy.... passe encore, mais les Gaino, les Guéant... qui ont de la bouteille, ne voient-ils pas venir le coup? ont-ils peur de déplaire? je ne les imagine pas cautionnant de telles dérives. L'Etat policier est en place, la presse commence à être serrée de près, la crise économique est là, qui arrange les apprentis sorciers.... Vu l'évolution de la situation depuis 2 ans, ça va être dur de tenir encore 3 ans.... Mais on résiste, on résiste, on résistera encore plus (l'Histoire nous a appris comment faire). Merci Monsieur le Professeur de dénoncer ce dont vous avez été victime, qui en dit plus long que toutes les analyses. Avec mon indignation.

Merci pour ces commentaires. Je rapproche cette mésaventure (dont je n'ai ressenti que plus tard la gravité) de l'initiative d'EDF qui fait espionner Greenpeace.

Mais les enseignants-chercheurs et les étudiants mobilisés de Paris VIII, qu'ont-ils fait?

Les enseignants du département de géographie (à commencer par ceux qui étaient sur place) me soutiennent et répandent cette histoire. Que peuvent-ils faire de plus ? Il vous donnent à tous rendez vous pour la "Ronde des obstinés" qui tourne 24 heures sur 24 devant l'hôtel de ville de Paris

Cher Monsieur,
Votre histoire est édifiante à bien des égards.
Ces sont, ici, des signes, parmi beaucoup d'autres, d'une dérive autocratique de la société Française. Cependant, ces atteintes aux libertés, et finalement à la Liberté, ne sont, aujourd’hui, que le fait de quelques-uns, pour des raisons très diverses allant de rares motivations idéologiques, à la peur de perdre leur emploi, et plus souvent l'illusion de plaire à leur chef - présent ou futur (!) -.
Cette situation ne pourra prospérer que dans la mesure où ceux qui attentent à nos libertés prennent moins de risque de le faire que de ne pas le faire. La seule solution pour tuer la bête immonde, avant qu’elle ne se développe consiste donc à ne laisser passer aucun ces actes, tant illégitimes qu’illégaux, aussi petits soient-ils, en réagissant systématiquement par les voies administratives et/ou judiciaires adaptées. Seule la "tolérance zéro" peut nous éviter le pire !
Avez-vous déjà réagi, au-delà de ce blog ? Si non, envisagez-vous de le faire ? Souhaitez-vous un appui ?
Quoiqu’il en soit, merci pour ce témoignage.

Merci, merci à tous. Le meilleur appui est de raconter cette histoire La parole libre, celle de Mediapart notamment, nous reste

Il faut le dire, le dénoncer, utiliser internet (ça ne durera peut-être pas) pour faire connaitre tous ces agissements, ce fascisme rampant qui relève de plus en plus la tête. Tous ensemble, solidaires, nous pouvons témoigner, agir... A force d'en parler, ça finira par être repris dans les médias "collabos", d'une façon ou d'une autre ! Soyons de plus en plus nombreux à assister aux cours de C.M. Vadrot (et d'autres...), en plein air, en pleine liberté. Réunissons-nous, regroupons-nous, quitte à passer pour des malfaiteurs (cf loi sur les regroupements de "bandes"), cessons de morceler les réactions, les manifestations par corporations, par syndicats, par partis politiques. Si nous laissons la peur gagner, que nous ne unissons pas, alors nous serons responsables des conséquences totalitaires qui fondent sur nous. Ne laissons pas [plus] Little Big Brother diviser pour mieux régner... Solidairement votre.

dans un combat comme dans la vie civile,ce n'est pas le plus fort,le mieux armé,le plus rusé qui a le dessus,mais celui qui entre dans l'intelligence de l'évenement et sait en tirer parti.

What's up, doc? Bug.

Cher Bernard, Une espièglerie du site m'oblige à ce second commentaire, le premier ayant disparu dans la nature. Donc, dans ce combat, nous avons le droit, la loi, et enfin le nombre pour nous. Il suffit de mettre légalement le pouvoir dans l'incapacité de continuer le massacre. Personnellement, je verrai une pétition nationale demandant: 1. le gel et la négociation sur les réformes en cours, et le retour sur les lois déjà votées, avec leur négociation. 2. la mise en place d'une politique fiscale juste nationale, et européenne 3. l'encadrement strict des marchés et des transactions financières européens et mondiaux 4. la mise en place d'une législation sociale européenne, et plus largement d'une charte mondiale des droits sociaux Une fois lancée la revendication, l'étendre à l'échelon européen, et plus loin. Après tout nous aurions des hommes de gauche dans les institutions internationales, peut-être faudrait-il leur demander un coup de main? Avec le début de la campagne des européennes, il serait aussi bon de voir si ceux qui nous vantaient tant une europe des profits verraient la possibilité d'une europe du droit, et de l'équilibre social. Quelqu'un a peut-être déjà lancé le mouvement, sinon, il serait bon de voir qui sera le plus à même de porter une telle pétition. J'ai bien sûr exprimé ici des exigences a minima, un référendum se devant de rassembler aisément les volontés et donc de rester dans la simplicité, si possible, mais tout est imaginable. On nous a bien pondu deux traités constitutionnels.

Votre information est tour à fait édifiante sur le cynisme de la politique sarkozyste en matière de liberté, d'information, d'éducation, etc... Avec les réformes en cours dans l'enseignement supérieur et la recherche, qu'en sera-t-il demain de la recherche libre et non orientée? De la qualité de l'enseignement supérieur ? C'est un appel à la désobéissance civile généralisée qu'il faut désormais lancer à nos collègues?

Les analogies superficielles avec les sociétés autoritaires du passé nous trompent. Vichy, le stalinisme ? C'est la préhistoire du totalitarisme ! Pour ramener à la raison les esprits rebelles – qui comprennent trop bien dans quelle époque nous entrons – ou pour adresser de simples avertissements à tout citoyen-contribuable-consommateur ordinaire, nos maîtres disposent de mille moyens tout neufs et instantanés. Ceux dont la catastrophe en cours menace l'autorité – banquiers, industriels, politiques, organes divers de l'Etat, etc. – les connaissent bien. Ils sont en train de mettre en commun leurs compétences. Gare aux surprises, qui vont venir de tous les côtés à la fois.

Les analogies superficielles avec les sociétés autoritaires du passé nous trompent. Vichy, le stalinisme ? C'est la préhistoire du totalitarisme ! Pour ramener à la raison les esprits rebelles – qui comprennent trop bien dans quelle époque nous entrons – ou pour adresser de simples avertissements à tout citoyen-contribuable-consommateur ordinaire, nos maîtres disposent de mille moyens tout neufs et instantanés. Ceux dont la catastrophe en cours menace l'autorité – banquiers, industriels, politiques, organes divers de l'Etat, etc. – les connaissent bien. Ils sont en train de mettre en commun leurs compétences. Gare aux surprises, qui vont venir de tous les côtés à la fois.

Les analogies superficielles avec les sociétés autoritaires du passé nous trompent. Vichy, le stalinisme ? C'est la préhistoire du totalitarisme ! Pour ramener à la raison les esprits rebelles – qui comprennent trop bien dans quelle époque nous entrons – ou pour adresser de simples avertissements à tout citoyen-contribuable-consommateur ordinaire, nos maîtres disposent de mille moyens tout neufs et instantanés. Ceux dont la catastrophe en cours menace l'autorité – banquiers, industriels, politiques, organes divers de l'Etat, etc. – les connaissent bien. Ils sont en train de mettre en commun leurs compétences. Gare aux surprises, qui vont venir de tous les côtés à la fois.

@fabien paris, non, c'est nous qui allons arriver de tous les côtés. La course de vitesse entre le parachèvement totlitaire du régime et son renversement est lancée. Il est temps de démarrer car après ce sera trop tard. Amicales salutations.

Naturellement les médias sont toujours motus et bouches cousus sur tous ces manifestants gazés, matraqués .Vous avez peur et bien c'est précisément ce que le pouvoir recherche que nous ayons tous peurs que nous soyons tous soumis a leur gérance !La gérance de notre pensée, la gérance de notre argent,la gérance de nos déplacements.Ou vivons nous en ce moment je n'arrive pas a croire que ce soit la France la belle France la patrie des droits de l'homme!!!!

@ Alegria, Naturellement les médias sont toujours motus et bouches cousus sur tous ces manifestants gazés, matraqués. Faux, il y a des journalistes qui continuent à faire leur travail (quitte à composer avec une certaine censure) dans d'autres medias que Mediapart - tant mieux car le jour où Mediapart serait vraiment seul, ce jour-là serait sombre. Une "ronde des obstinés", cela ne se construit pas seul - même s'il est vrai qu'il faut maintenant chercher avec assiduité pour connaître et comprendre les luttes de ceux qui ne sont pas nos voisins immédiats. Si une "discrète émulation" ne nuit pas au développement des idées et des projets, l'idée que l'on est le seul, l'unique, le meilleur contre tous, participe de la mise en concurrence du néo-libéralisme, qui tente d'émietter les solidarités et les transmissions, et de l'abrasion de toute dialectique de la pensée et de l'action, incarnée tantôt par l'un, tantôt par l'autre, y compris dans la différenciation des styles. La preuve que d'autres medias s'intéressent aux manifestants et les défendent peut se lire ici : http://www.mediapart.fr/club/blog/joha1008/010409/une-ville-francaise-en-etat-de-siege-cela-interesse-t-il-mediapart

Que cela se produise aussi au Royaume-uni et aux Pays-bas est un signe très inquiétant. Nous sommes peut-être entrés dans un autre monde et cela passera ou cassera d'ici quelques années seulement. La gauche n'existe pas et les retraités sont tellement nombreux que je ne suis pas optimiste.

Les retraités c'est comme les jeunes ou autre "catégorie" artificielle et non homgène. Didier Bous, penser vous être différent d'aujourd'hui losrque vous serez assez agé pour être pensionné...ne stigmatisez pas les gens en fonction d'une étiquette qui n'a pas de sens.

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@ Didier Bous Les retraités étaient dans la rue, comme beaucoup, les 29 Janvier et 19 Mars... Votre propos est juste défaitiste. C'est tout ce que vous avez trouvé comme excuse pour ne rien faire? Que proposez vous, vous qui donc êtes jeune?

Vous ne pouvez pas savoir si je ne fais rien. Je fais. Le réalisme est triste, ce n'est pas un défaut, il permet même de se réveiller plutôt que de répéter de vieilles recettes ayant déjà échoué. Sarkozy est l'élu des retraités, que voulez-vous que je vous dise? En plus, ils ont très majoritairement voté "Oui" en 2005. Il suffit de construire une gauche et une droite républicaine. Est-ce si difficile de construire un parti politique où l'on réfléchit en tenant compte du monde réel? Vous pouvez aussi lire mes interventions. Comment pouvez-vous savoir si je suis jeune? Bisous.

Merci de cesser ce jeu : les retraités ,tous pourris , inactifs ,sarkozistes , pro-TCE , j'ai envie de dire le mot de Cambronne ! Arrêtons de généraliser... Vous voulez construire un parti politique ? Encore un ! Bisous.

@didier bous, ce qui leur fait le plus plaisir c'est de voir les catégories sociales se diviser et s'opposer entre elles. En entrant dans ce jeu, vous êtes déjà dans la position des contributeurs passifs du totalitarisme en marche ; comme les collègues de ce professeur qui lui demandent de ne pas parler politique. Attention, c'est dans le tréfonds des esprits que va se loger la soumission au système et c'est extrèmement pervers. Gardez vous de vous laisser contaminer. Amicales salutations.

L'Ariège, où je demeure, est un département majoritairement agricole où les personnes agées sont nombreuses. Au référendum sur le TCE 2005, il y a eu 63% de votants pour le non, Au présidentielles de 2007, dans mon village de 700 habitants environ, il y a eu plus de 80% de votants et 78% de ceux-ci se sont prononcés pour SR. Alors vos lieux communs.... Quand à savoir si vous êtes jeune, j'imagine que si vous bavez sur les retraités, c'est que vous n'êtes pas retraité... ou alors vous êtes maso.

En marge du contenu de cet article, et sans en sous-estimer la portée, je voudrais me faire l'avocate d'un certain nombre d'étudiants issus de nos banlieues qui découvrent cette semaine, en reprenant les cours, qu'un certain nombre de cours ont eu lieu dans des endroits aussi inattendus que celui dont il est question ici. Le problème est qu'ils n'ont pas été mis au courant, qu'ils n'ont pas assisté à ces cours, et qu'ils sont donc discriminés pour ne pas être parisiens. Comme nul ne garantit le moindre rattrapage, ils sont en effet très, très soucieux pour leurs partiels. Reste à savoir pourquoi l'information passe aussi mal sur les serveurs des universités. Je ne parle pas d'une petite faculté de banlieue, mais de Paris IV. Qu'est-ce que les grévistes (qu'au reste je soutiens de façon inconditionnelle) ont prévu pour ne pas pénaliser TOUS les étudiants, notamment le moindre d'entre eux?

Quand un cours est déplacé "hors les murs", je fais partie des enseignants, bien que seulement chargé de cours, je fais partie des enseignants qui décident des lieux en concertation avec les étudiants et avec les heures pendant lesquelles ils travaillent. Et ensuite, comme ce fut le cas au jardin des plantes où ils étaient presque tous là, je confirme par courriel. Il ne s'agit en aucun cas de pénaliser les étudiants, qu'ils soient du 93 (comme les miens) ou d'ailleurs

Article envoyé à une liste de collègues et amis, accompagné du commentaire suivant: "Ça y est! Ça a commencé, par des faits apparemment insignifiants. À l'Université, j'entends; ailleurs, ça a déjà commencé depuis belle lurette. Les historiens du futur se demanderont comment la République Française a pu se laisser glisser dans le despotisme totalitaire; à nous qui le vivons d'être conscients et de porter témoignage de ce qui se passe." JPhD Maître de Conférences, Didactique des Mathématiques Nice

Merci pour votre article . Bienvenue " à la ronde des obstinés " . Cela renforce "les cercles du silence " que nous formons depuis presque un an , pour que la France reste le pays des droits de l'homme . Anna Dubois

Je participe régulièrement à la ronde des obstinées devant l'hotel de ville de Paris.

Un soir t'en souviens-t-il nous voguions en silence..vers le fascisme rampant, sur lequel nous portons un regard tétanisé. Aveuglés et désarmés par un imposteur que nous avons vu venir sans mesurer l'horreur vers laquelle il nous poussait... Et nous sommes toujours là, sans vraiment réagir d'urgence, nous rassurant par nos hésitations et nos accommodements. Ce pouvoir est totalitaire. C'est un fait indiscutable. On pourra toujours jouer sur les mots, mais nous sommes dans un système devenu une sorte de néo-totalitarisme bien concret et n'en déplaise à tous les dialecticiens, celui-ci est le descendant direct du pétainisme de Vichy version encore plus vulgaire et dangereuse. Face à ce qui se passe aujourd'hui les superlatifs et les références historiques conviés ne sont pas vraiment abusifs, loin de là!!! Inquiétant au plus haut point...

@victorinox, Tous les totalitarismes se ressemblent et tous sont parents ou cousins ou consanguins. Nou sommes en effet dans le totalitarisme abouti, dès lors que les gens, votre voisin, votre collègue, votre propre parent, deviennent des contributeurs zélés du système. C'est ce qui est révélé par le billet de paul Marie Vadrot, mais nombreux sont les exemples. Ainsi je peux vous parler du nouveau directeur de mon agence bancaire à qui j'ai demandé la dernière fois que je l'ai vu si j'étais en garde à vue. Il a un peu plus de 30 ans et on vient de lui confier un sifflet et un pouvoir qui dépasse sa capacité en user. Un petit pantin mécanique avec une grosse clé dans le dos et déjà un parfait petit collabo. Chacun craint pour sa place a peur de tomber dans le vide et devient un petit tortionnaire. Nous sommes entrés dans le totalitarisme, cela se voit dans les détails.

@ arquius, Nous sommes entrés dans le totalitarisme, cela se voit dans les détails. Très juste.

N'ayez pas peur nous sommes plus nombreux, et nous serons d'autant plus nombreux qu'il faut comprendre que c'est pareil dans d'autres secteurs. Je me souviens d'avoir essayer de persuader des membres de sauvons la recherche (des organisateurs) qu'il fallait faire le lien avec la lutte des intermittents (c'était en 2004). On m'a répondu qu'il ne fallait pas tout mélanger. Aujourd'hui il faut tout mélanger, et tous ensemble se rendre compte que c'est une oppression, et une pression nouvelle, un mode différent de ce que nous avons connu. Mais c'est certain cela sent mauvais, tout les jours cela glisse progressivement vers un ailleurs assez effrayant donc... Une seule solution être beau et courageux Pol

Après lecture de votre billet, je crains que vous venez de connaitre l'aspect de ce que j'appelle le "stalinisme de proximité". Pressions, intimidations, manipulations, marginalisation font partie de son outillage. Et plus pervers, le fait d'en parler dissuade, l'autre de faire de même. Ayant eu quelques expériences en d'autres circonstances avec les adeptes du totalitarisme, les faux culs du suivisme, la lutte n'est pas chose aisée. Et cela ne parait pas aller vers un horizon radieux. Une des solutions, être soi même.

L'histoire arrivée à Vadrot est caractéristique de l'installation d'un régime fasciste.Petit à petit, par petites touches successives, presque sans qu'on s'en rende compte. Rappelez-vous "Quand ils sont venus arrêter les communistes, etc" Il a peur et j'ai peur avec lui. Sarko se coupe de plus en plus de la réalité, laisse la bride à des petits sbires de tous poils qui installent la peur. Sans être parano, on peut imaginer des petits cons derrière leur écran, en train de nous ficher tous progressivement, en douceur, sans que nous le sachions. Belle arme qu'Internet! C'est comme ça que ça commence. On y vient, on y vient. Sinistre.

J'aime d'autant plus l'expression "stalinisme de proximité" que je journaliste que je suis aussi a passé plus année en Union soviétique comme correspondant.

J'ai connu les "franquisme", quelle différence? aucune.

Nous n'en sommes pas là, il ne faut rien exagérer et être vigilant.

Merci pour votre alerte. Pourquoi n'a-t-on pas connaissance d'une adresse internet qui permettrait aux citoyens de se fédérer pour faire entendre leur voix et proposer des pétitions d'envergure, avant que cela ne soit plus possible avec les prolongements de la loi Hadopi qui, si j'ai bien compris, devrait faire dépendre le net du CSA? Il me semble qu'il y a bien une course de vitesse engagée, vu la volonté du pouvoir de faire passer cette loi rapidement, avec la collaboration d'un certain nombre de députés. Je comprends bien que chaque groupe politique veuille garder sa spécificité, mais quel en sera le prix?

Le prix sera très élevé, probablement. Car nous ne sommes ni en 1788 ni en 1930...

@ à toutes et à tous, je crois que sur ce fil, nous sommes collectivement en train de mesurer comment le totalitarisme se solidifie. Jusqu'ici, je ne m'étais jamais expliqué comment cela fonctionnait. Pourtant déjà au service militaire, j'avais pu mesurer comment entre appelés, à partir d'une société sans classes ni différences, des hiérachies se formaient ainsi que des rapports dominant dominé. En fait, les petits tortionnaires de proximité se révèlent et se suscient spontanément, initiés et encouragés par l'exemple venu d'en haut et se positionnent dans le système comme de la limaille autour d'un aimant. D'ou qu'ils viennent, c'est le travers caractériel, le besoin de revanche qui prennent le dessus et les fait s'orienter dans le sens de la tyranie. C'est ainsi que de proche en proche, ils participent à la tyranie globale et finissent de rigidifier le système. Le pire tortionnaire, c'est le voisin, le proche, l'aigri, le type qui cherche la revanche sociale, tous ces moindres qui se sentent devenir forts dans une ambiance générale de haine et de peur. C'est en effet bien dans le détail que se détecte le parachèvement totalitaire, quand la société civile sécrète et libère ses petits tortionnaires. Nous sommes en plein dans ce processus, c'est ce que révèle le billet de paul marie Vadrot ainsi que la mulitude d'expériences personnelles de cet ordre que nous vivons tous. Amicales salutations à toutes et à tous.

Totalitarisme, fascisme, je crois qu'on éxagère. De vilaines choses sont à l'œuvre qui pourraient en effet conduire par là. Mais c'est encore loin pour le moment d'être fait. Le pire n'est pas toujours sûr mais il faut y faire très attention. Il faut être suspicieux et crier alerte ! quand on voit un loup. Oui. C'est ce que Claude-Marie Vadrot a fait. Nous devons être attentifs. Mais pas dire n'importe quoi sous peine de n'être pas écoutés. Non, nous ne sommes pas sous un régime fasciste mais sous un régime démocratique en cours de détournement et d'altération, avec certains traits pré-fascistes. C'est suffisamment grave et alarmant pour qu'on n'en rajoute pas : ce qui est exagéré est insignifiant. Prenons garde de ne pas tomber dans l'insignifiance et essayons d'analyser avec rigueur et sang froid.

@virgil bril, Vous faites quoi quand vous détectez une tumeur maligne ? Vous arrendez que les métastases aient envahi tout le corps pour être sûr ou vous incisez tout de suite? Il n'y a pas de petit totalitarisme. L'histoire démontre toujours que ceux qui ont attendu d'être sûrs se sont retrouvés ficelés dans du barbelé. Je crois que dès que le phénomène est détecté, il faut immédiatement éradiquer. Or, chez nous, le doute n'est plus permis. du moins me semble-t'il. amicales salutations.

Arquius Je ne parle pas de doute mais d'efficacité. Incision, très bien. Mais incantation, ça mène où ? Salutations tout aussi amicales

@virgil brill Incantation ? Militantisme, abnégation, détermination, action collective, obligation des forts à l'endroit des faibles. Moi, ça va bien, je suis tiré au sec mais je pense aux autres, aux jeunes en particulier, et à tous ceux qui souffrent, et je ne supporte plus. Alors, renoncement, banalisation, echappatoires, jamais, ce n'est pas pour moi et pourtant, il y a longtemps que j'ai passé l'age de l'idéalisme. Maintenant chacun fait ce qu'il peut ... ou ce qu'il croît devoir faire ...

Certes, il ne faut crier au loup que lorsque l'on aperçoit le loup mais, depuis quelques temps, j'en vois de plus en plus... D'où une inquiétude. D'où mon pessimisme car nous sommes entrés dans l'ère du "cause toujours".... Et dans l'ère de l'imprégnation anti-démocratique, de l'ère de la peur de déplaire au "chef : pour ceux qui disposent d'une once d'autorité. Comme le directeur du Muséum auquel, je le signale, les scientifiques ont l'intention de demander des explications sur ce qui est arrivé mardi

@Claude-Marie Vadrot J'espère que vous n'avez pas eu l'impression que je voulais relativiser vos propos ou douter qu'il fût légitime de s'inquiéter. J'espère aussi que ceux des commentateurs auxquels je me suis adressé ne s'imaginent pas autre chose de ma part qu'une volonté de rigueur dans l'appréciation donc de pertinence des alertes donc de leur crédibilité. Car nous ne pouvons rien tout seuls et c'est notre devoir de convaincre ceux qui ne voient pas malice; pas simplement de nous faire plaisir entre nous en "matraquant" l'infâme qui ne s'en portera pas plus mal. Votre billet me semble un très bon exemple de ce qu'il faut faire et je ne me gêne pas pour le diffuser… Tenez nous au courant. L'attitude du directeur est très significative et ce genre de basse complaisance à l'égard des abus d'autorité doit être stigmatisée. Si les explications qu'il donne ne sont pas satisfaisantes, ne pensez vous pas qu'il faudrait le lui faire savoir de façon gênante pour lui ? Qu'il y ait un prix à payer. Internet offre en effet par son maillage une possibilité non négligeable. Hadopi, vous avez dit Hadopi ?

@ Claude-Marie Vadrot, Comme le directeur du Muséum auquel, je le signale, les scientifiques ont l'intention de demander des explications sur ce qui est arrivé mardi. Donc, tout n'est pas déjà "ficelé". Comme vous le faites remarquer, de même qu'arquius et Virgil Brill - pas d'accord sur l'état d'avancement de la chose - , "entrer dans une ère d'imprégnation anti-démocratique", ce n'est pas identique au totalitarisme bien installé et à son aise. Nous pouvons encore agir mais il me semble qu'il est temps si nous voulons arriver à inverser la vapeur, ce qui ne se fera pas en deux coups de cuillères à pots. Tenez-nous donc au courant des suites.

Joha: «…pas d'accord sur l'état d'avancement de la chose…»
Hélas si, nous y sommes, car quand ça commence à "se voir", c'est que le gros du travail a déjà été fait:
Nous sommes déjà arrivés à une situation humaine tellement déplorable que nous sommes devenus incapables de protester, incapables de ne serait-ce que nous apercevoir consciemment de tout ce que nous avons perdu comme liberté et comme force d'autonomie de nos propres vies: - pratiquement plus de Français syndiqués - la plupart des Francais courbés et matés par tous les crédits qui les lient - habitués, sûrement et graduellement au fil des années, à des tarifs de vie (loyer, pain, électricité, tél etc) si obscènes qu'il devraient soulever une gigantesque émeute chaque jour - individualisés à mort dans les mentalités mêmes, à tel point que les autres ne représentent plus que de la peur et même une menace, càd assurément pas une solidarité sur laquelle sinon on pourrait compter face aux mafias qui ont pris le pouvoir - etc, j'en passe mais vous saisissez ce que je veux dire Je dis ça car de temps en temps j'ai encore un éclair de lucidité qui émerge de ma torpeur droguée à l'iPod et à la nourriture bouffie de supermarché, et pendant cet éclair de lucidité, je me souviens de tout ce que, il y a quelques années, je pensais ne jamais pouvoir supporter, je me disais, "quand on en arrivera là, ce sera l'émeute, obligé!" Tu parles. Les conditions de travail sont devenues de plus en plus insupportables sans que les collègues ne bronchent, et moi, qu'est-ce que je pouvais faire, seul? Et oui, chaque collègue pense exactement la même chose.
Le terrain est prêt, bien préparé depuis les 80s. Et les signes tels que celui-ci du billet de JM Vadrot, ce n'est que le sommet de l'iceberg qui enfin commence à émerger...

Il n'est jamais trop tard pour relever la tête.

@Arquius @Arquius Militantisme, abnégation, détermination, action collective, obligation des forts à l'endroit des faibles Rien à redire, évidemment. Au contraire. Détendez vous une seconde et essayez de lire ce à quoi vous répondez. Ai-je si peu que ce soit prêché le renoncement (que j'exècre) la banalisation (piège bien connu) et ai-je cherché quelque échappatoire ? C'est bien le contraire ! Je partage votre exécration de ce qui se met en route. Mais je pense qu'il faut alerter, montrer que les signes sont là qui montrent l'altération en cours. Il ne faut pas dire que c'est déjà accompli, parce que c'est faux et qu'en l'affirmant contre toute évidence on passe pour un charlot et on n'est pas écouté. Savez vous ce qu'est un régime totalitaire ? Si nous en étions là je ne serais pas en train de vous écrire ceci car je serais en prison (Peine de mort pour les non Français) et vous aussi ! Par ailleurs Julien Coupat y est (et quelques autres) ce qui montre que la situation n'est pas normale et que l'arbitraire policier montre les dents. Ce qui est exagéré est insignifiant. Gardons nous donc d'exagérer, sous peine de disqualifier notre parole de lanceurs d'alerte. Mais il n'est bien sûr pas question de minimiser, ce serait l'erreur symétrique.

@virgil brill Voir la réponse d'axel J supra qui décrit l'état d'avancement du recul des libertés. Je ne dis pas que le totalitatrisme est totalement parachevé en france, mais que les indicateurs sont suffisants nets pour décider d'éradiquer maintenent. Après, ce sera trop tard. Enfin, les choses évoluent et le totalitarisme avec, désormais, ce sont les individus qui se censurent eux mêmes et se contraignent dans leurs libertés. c'est la forme modrene de la contrainte, l'auto censure politique et sociale.

Je vous signale que le réseau intranet du Muséum est en train d'exploser tant les scientifiques commentent mon "interdiction politique". D'autre part il semble se confirmer que le directeur du Muséum a été informé de mon intention (pacifique) de faire cours au Jardin des Plantes grâce à l'interception d'un courriel qui ne lui était pas destiné. Ce qui pose vraiment un sérieux problème le jour où l'on apprend qu'EDF a fait pénétrer le système informatique de Greenpeace.

Nous voici donc, isolés dans nos cellules individuelles, avec nos blogs, nos courriels, nos commentaires, pris dans la visibilité à contre-jour de la machine panoptique décrite par Michel Foucault dans Surveiller et punir.

Etant donné les milliers de passage sur mon blog personnel, je ne me sens pas du tout isolé, d'autant plus que les message de sympathie des chercheurs du Muséum ne cessent de me parvenir.

Je ne savais pas qu'ils en étaient là!

Tout d'abord, un grand merci M. Vadrot pour votre témoignage. Avant l'élection présidentielle nous avions certaines craintes. Elles se confirment aujourd'hui, hélas ! Parmi les commentateurs de votre article certains se demandent comment réagir. Il est incontestable que la lutte doit s'organiser et s'intensifier. 1°) Le 1er mai, pour la première fois depuis la Libération, TOUS les syndicats ont (enfin !) décidé de défilés unitaires. Ce jour-là les salariés n'ont pas besoin de faire grève pour aller manifester. De plus, au lieu de disperser leurs actions, TOUS les mécontents de la Sarkozie, quels que soient leurs motifs de mécontentement (républicains sincères, cheminots, postiers, médecins et personnel hospitaliers, enseignants, et j'en passe...) doivent se mobiliser contre cette dérive fascisante. 2°) les citoyens ont entre leurs mains une arme redoutable (pour l'instant du moins...) : leur bulletin de vote. Plusieurs élections se profilent : européennes, régionales, présidentielle, législatives. C'est le moment de donner à ce pouvoir arrogant, méprisant pour le petit peuple, une bonne leçon. Ne ratons pas ces échéances sinon nos enfants auraient à le regretter plus tard ! Debout la République !

daccord avec vous tous ;;;je cmmence a avoir peur j ai 66 ans

Oui, bien sur, et après le défilé, on fait quoi ???? J'ai raconté ma petite histoire, mais cela change quoi ? Le sympathie rencontrée ne me fournit pas de solutions car nous sommes dans le règne du "cause toujours".

Après le défilé, on ne rentre pas chez nous !!

Et on fait quoi ? On se castagne avec les flics ? Sarkozy n'attend que ça, "troubles à l'ordre public de la part de casseurs" pour dégainer l'article 16. Regardez ce qui s'est passé à Strasbourg... Le témoignage de Besançenot, hier matin sur France-Inter était éclairant. Et à la mi-journée, sur les mêmes ondes, l'embarras d'un syndicaliste policier était palpable. Selon lui, les CRS ont laissé opérer les casseurs "car nous n'étions pas assez nombreux pour les interpeller". Question suivante : "Pourquoi, alors avoir décliner l'offre des policiers allemands stationnant à proximité de donner un coup de main?" Réponse : "Euh... Oui, faudra faire une enquête..." La casse a été délibérément privilégiée. Je crois que ce n'est pas la peine de faire un dessin. Cela dit, je ne sais quoi proposer pour sortir de cette nasse où le pré-fascisme nous a déjà enfermés. Désolé. J'espère qu'on aura encore le droit de voter en 2012, mais je n'en suis pas certain. Cela dit, je viendrai à la manif du 1er mai. Il faut qu'on soit des millions et des millions et des millions dans la rue. Tellement de millions que le pouvoir ne pourra pas ignorer l'ampleur du ras-le-bol. Et on rentre chez nous après. Sinon, on perd tout le bénéfice de ce qui est une vraie démonstration de force populaire. PS - M'sieur le Commissaire du Peuple, euh, pardon, m'sieur le directeur du Muséum, un ami de l'ordre et de la religion a l'honneur de porter à votre connaissance une circonstance aggravante pour le trublion Claude-Marie Vadrot : il a été journaliste au "Canard". Salut, CMV, on te soutient à fond. Est-ce qu'un retraité (marcheur non sarkozyste) peut-s'inscrire à ton cours champêtre ? Un cordial coin ! coin ! de part de la Comtesse.

kairos Chacun a sa formule magique. D'un côté: provocation-répression-mobilisation. De l'autre: déprédation-indignation-élection... Pour l'instant, à ce jeu-là, la "droite-garante-de-l'ordre-républicain-qui protège-les-plus-faibles" ramasse la mise...

On fait quoi? Pour commencer, ce que font les étudiants de CMV: ne rien laisser passer, à chaque acte fascicole opposer la contestation ad hoc, faire usage de ses droits de citoyen d'une république, s'adresser à la personne ou à l'autorité en cause, porter plainte quand il y a lieu contre l'abus d'autorité. Parmi les "aidants" des sans papiers canardés de décisions d'expulsions, une devise de fait: "on fait TOUS les recours, on ne désarme jamais", et cela porte ses fruits, puisque le ministre en question a été obligé de mentir pour pouvoir dire qu'il avait rempli son contrat de production, ce qui a été largement commenté. Dans notre quartier, un grand-père en charge de son petit-fils a été accusé de pédophilie par un policier du coin, dans l'ombre de la direction de l'école: il a saisi la justice et a obtenu la condamnation du flic. Il a été sanctionné, et la directrice mise en garde. Il faut dire qu'au départ, elle avait accepté une séance de prévention de la pédophilie pour les enfants de six ans, effectuée dans son établissement par un membre des forces de l'ordre! PS. Autre illustration de la méthode: http://www.rue89.com/2009/04/07/a-bordeaux-une-police-trop-zelee-quil-va-falloir-surveiller

Pour la suite du cours, il faut venir à la fac, je deviens prudent. Aujourd'hui, nous allons parler du loup exterminé par l'Eglise catholique et la III éme République. Merci à tous et, c'est vrai, huit au Canard Enchainé, cela ne peut qu'inciter à la méfiance de la part d'un directeur qui a reçu Sarkozy (ah, j'enquête maintenant et je n'ai pas fini) au Muséum pendant sa campagne électorale.

Nous pouvons toutes et tous par notre vigilance arrêter cette infernale machine à fabriquer la bête immonde. Assez d'accord avec Virgil , nous en sommes au stade de la perversion du système, de plus en plus de signaux au rouge sur le tableau de contrôle . Pour les étrangers sans papiers, c'est l'horreur depuis déjà pas mal de temps et demain devant les palais de justice des villes de cette France qui croit qu'elle a inventé les droits de l'homme , nous serons j'espère très nombreux à dire que nous sommes prêts à désobéir et que ce n'est pas 5500 aidants qu'il va falloir mettre sous les verrous, mais bien plus Ici http://www.delinquants-solidaires.org/ Monsieur Vadrot, très très solidairement avec vous :-)

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