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De Lüttich à Liège en passant par Luik
C’est ce qu’on pourrait appeler un circuit-pléonasme. Selon qu’on vient d’Aix-la Chapelle, de Maastricht ou de Charleville Mézières on suit un panneau différent pour arriver dans la même localité, appelée Liège par ses habitants. Les Français et les Allemands s’y perdent parfois, pas les Belges. Quelquefois ça agace les Belges quand on les force à faire une démarche administrative dans une autre langue que leur langue maternelle. Ils n’y peuvent rien, car le respect des trois langues nationales est inscrit dans leur Constitution.
Près de chez moi maintenant, en Normandie, je passe souvent par la ville de Bricquebec, où un double panneau routier m’accueille. En haut, le panneau national « Bricquebec » et au dessous un panneau « Bric’bé » joliment décoré, en langue normande. Chacun de ces deux panneaux a sa fonction. L’un donne la bonne indication au voyageur étranger (on dit ici « horsain »). L’autre l’invite à la découverte d’un riche passé et d’un particularisme toujours vivant. La langue normande est enseignée au collège à Bricquebec, à côté du français bien entendu. C’est une langue régionale comme les autres et rien n’empêcherait le horsain que je suis de l’apprendre et de la pratiquer, sauf ma préférence pour d’autres occupations.
L’idée d’inscrire la protection des langues régionales dans la Constitution Nationale me paraît à la fois saugrenue, inutile et potentiellement dangereuse. Saugrenue, dirait Mr de la Palice car les langues régionales sont l’affaire des Régions, pas de la Nation. Inutile, car la protection d’une langue est l’affaire de ses locuteurs etdes promoteurs des activités culturelles et touristiques. Et potentiellement dangereuse car elle ouvrirait la porte aux excès procéduriers des adversaires du respect de l’autre dans les écoles de la République.

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A Toulouse, chaque nom de rue est écrit en Français et en Occitan. Et c'est très bien. Autour de moi, il y a des personnes qui se rappellent de l'époque où enfants, on leur tapait sur les doigts à l'école lorsqu'ils osaient parler leur patois comme à la maison, plutôt que le Français. Heureusement ce n'est plus le cas aujourd'hui. Et c'est très bien. L'Occitan, c'est comme les châteaux cathares, les mémés qui aiment la castagne, les conversations à n'en plus finir et la douceur de vivre. Ça fait parti du patrimoine régional parce que cela fait parti de l'histoire régionale. Et c'est pareil pour chacune des régions, métropolitaine ou outre mer, de la France. De quoi ce pays a-t-il si peur, qu'il refuse de reconnaître la richesse de ses régions? Vous dîtes que les langues régionales sont l'affaire des régions, pas de la nation. Mais cette nation n'existe pas sans les régions qui la constituent. Vous dîtes que leur protection est l'affaire de ses locuteurs et de ses promoteurs. Si vous étendez ce concept à tous les sujets possibles, alors cette nation n'a plus aucun rôle protecteur. Pire elle est en passe de perdre tout ce qui fait d'elle ce qu'elle est. Vous dîtes qu'inscrire leur protection dans la constitution risque d'ouvrir la porte aux excès des adversaires du respect de l'autre. Alors en ne le faisant pas, ces imbéciles gagnent sur toute la ligne! Isabelle Mirouze
Chère Isabelle Un ami à moi, promoteur du Normand, a réagi comme suit au texte que je lui avais soumis avant publication "on peut le concevoir comme ça. Dans quelques décennies si l'on raisonne de la sorte et si on ne le défend pas mieux que présentement, le Français deviendra une langue régionale." Je vous réponds à tous les deux Il me semble avoir montré dans mon billet mon soutien à la diversité des langues régionales. Les plaques routières en langue Normande ou Occitane c'est très bien comme vous dites et je suis d'accord, à condition qu'elles soient toujours accompagnées d'un plaque en Français. Je ne suis pas prêt à maîtriser l'Occitan ET le Catalan pour me rendre de Toulouse à Perpignan. L'amendement en question disait que les langues régionales" font partie du patrimoine "de la Nation. Une majorité de Sénateurs, dont Robert Badinter, ancien garde des Sceaux et ancien président du Conseil Constitutionnel l'a repoussé. Pourquoi? la reconnaissance d'un patrimoine national entraîne un devoir de protection par la Nation,dont la langue officielle est le Français. Les langues régionales font partie du patrimoine régional au même titre que le cassoulet toulousain et les mémés qui aiment la castagne. Aux régions de les protéger(les mémés aussi). Quant à les élever au niveau de patrimoine national, pourquoi pas européen ou mondial pendant qu'on y est. D'autre part une langue régionale ne meurt que quand plus personne ne veut la pratiquer et que les enfants rechignent à l'apprendre. On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Si cela se produit pour une langue régionale, la protection de la Nation ne sert pas à grand'chose. Je ne me fais pas de souci pour le Français, comme mon ami semble s'en faire. C'est et cela reste la seule langue officielle de la République, à la différence du Royaume de Belgique qui en a trois, aussi officielles l'une que l'autre. Pour illustrer mon propos sur la possibilité bien réelle d'excès procéduriers que cette tempête dans un verre d'eau peut déclencher, je vous livre la conclusion d'un communiqué de la Ligue Bretonne des Droits de l'Homme - datant d'entre les votes de l'Assemblée et du Sénat ++++ Cet amendement surprise, à condition qu’il soit voté par le Sénat et le Congrès, est un leurre. Un contrefeu pour consolider l’emprise des ultras nationalistes français de tous bords sur les institutions de la République. Définitivement adopté l’amendement de l’article 1 ne peut avoir aucune incidence pour le vote ou le rejet de futures lois sur les langues régionales que proposera Madame Albanel en 2009 : c’est un ballon de baudruche. Par contre l’article 2 « le français est la langue de la République » et le conseil constitutionnel seront toujours là pour veiller au grain. Pour la LBDH,- M. Herjean ++++ Donc même s'il avait été adopté, c'aurait été un amendement pour des prunes aux yeux de la LBDH. Pour ma part je tiens beaucoup à l'article 2 de la Constitution. Claude BASTIAN
Cher Claude Sur le fait que tout panneau en langue régionale doit être accompagné de sa version française, nous sommes tout à fait d'accord. Oserai-je vous dire qu'en fait, même si je le comprends un peu, je ne parle pas l'Occitan? Il ne s'agit pas de remettre en question la langue française comme langue officielle, administrative, d'éducation et autre. Il s'agit simplement de ne pas oublier que la France est riche de plus d'une histoire, de plus d'une langue. Au sujet de l'âne qui n'a pas soif, je dirai simplement que cela est un peu hypocrite. Quand rien n'est fait pour préserver la richesse d'une région, comment des enfants pourraient-ils le faire d'eux même? Quand ma sœur et moi étions à la petite école, suivant les maîtres et les maîtresses que l'on avait, on apprenait des chansons en Français comme le font les enfants d'aujourd'hui mais également en Occitan. Et c'est ce lien à la région que je trouve intéressant de préserver. Enfin pour finir, je dirai simplement que si l'Europe se fait un jour réellement, elle peut, au même titre que les Etats Unis, devenir une "nation". Il y a fort à parier qu'en sus d'une monnaie unique, il y ait une langue unique. Probablement l'Anglais. Et le Français ne sera, comme le dit votre ami, qu'une langue régionale, comme l'Allemand, l'Espagnol, le Roumain, etc... Trouverez-vous normal alors, que toutes ces langues sombrent dans l'oubli juste parce qu'elles ne sont pas nationale?
Vous avez raison, quand les enfants rechignent à apprendre une langue régionale c'est que leurs maîtres ne les y motivent pas.Est-ce une directive de Paris qui les y forcera? Quand à une langue européenne prenant le pas sur les autres, je n'y crois pas dans ce siècle, et je sais de quoi je parle après plus de 30 ans de service dans la Fonction Publique Européenne. C'aurait été un beau rêve si les signataires du Traité de Rome y avaient inclus l'obligation d'enseigner l'espéranto dans toutes les écoles primaires de l'Europe des Six. A l'époque, on a jugé (surtout en France) que le Français devait avoir une prédominance naturelle dans les institutions. Jusqu'à l'arrivée des Anglais et des Espagnols, qui étaient d'un tout autre avis. Pas de panique, quand une langue est utile quelque part, on la garde.
Beaucoup d'eau est passée sous les ponts depuis la publication de ce billet....
Donc je n'y réponds pas, mais je signale la naissance de notre édition "Rencontres avec l'espéranto"
Ce qui peut dissiper certains malentendus...
Pour le reste, je répondrai à clbast37 en privé...
clbast,
A lire au second degré, SVP:
"Veuillez considérez, je vous prie, que les habitants de Liège, les Wallons (prononcer W comme W, pas comme V!), font preuve d'une très grande compréhension vis-à-vis des "étrangers", à qui ils se refusent, dans un esprit d'ouverture, d'imposer l'usage de leur langue, le wallon (un dialecte latin exactement au même titre que le français) sur les panneaux indicateurs. Les Liégeois ont conscience de ce cadeau qu'ils font à tous dans un esprit très européen et avec une volonté œcuménique que vous devriez apprécier."
"C'est la raison pour laquelle, vous ne trouverez pas de panneaux de signalisation avec le mot "Lîdge", terme wallon pour nommer la "Valeureuse Cité des valeureux Liégeois"!
Bien à vous!
signé, un Liégeois