Fri.
25
May

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C’était le 15 Octobre 1911, le phare de la Jument

Elle avait, de mémoire d’homme, toujours pu caresser seule a sa guise ce bout du monde ou tant d’équipages avaient laissé leur vie a vouloir la posséder

Et puis il est arrivé, la justement ou elle n’avait jamais toléré personne, comme s’il savait….

 

 

 

chard-Phares-dans-la-Temp-te---K-r-on-20

Elle n’y a pris garde au début, il n’était qu’une simple protubérance dérisoire qu’elle pouvait balayer a tout moment.

Mais le temps passait, c’était la belle saison elle rêvait a toutes ces histoires qu’on lui prêtait ; des monstres énormes, a toutes ces choses qu’elle avait englouties, alors qu’elle pouvait se faire si douce et si câline si on savait la prendre….

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce dimanche le temps était couvert, le ciel n’existait plus, la cendre de ses nuages se confondait au gris de son écume, elle n’aimait pas ce jour, peut être une intuition.

Elle décida de sublimer ce carcan par une grosse houle, pour a nouveau choisir en toute liberté quels rochers et monts allaient lécher ses vagues.

Aux premiers mouvements elle sentit qu’il était planté en elle, de toute sa hauteur, de toute sa force, de son arrogance aussi, elle immense, infinie, c’était laissée prendre au jeu.

Non il ne fallait pas, c’était elle la maîtresse des lieux, elle allait lui montrer, réveiller ses assauts les plus fougueux, l’inonder de son écume, l’engloutir a tout jamais.

Mais plus elle ondulait et plus il était présent, comme si la tempête qu’elle avait provoquée ne faisait que le renforcer.

A bout de souffle et de déferlantes, elle dut s’abandonner, vaincue. Elle n’avait jamais eu de combat si intense a mener, mais qui finalement la laissait dans une plénitude inconnue auparavant.

Elle décida de se l’approprier, pour d’autres combats, et puisqu’il était au milieu de ces lieux qui lui étaient les plus chers, alors qu’il en soit le gardien pour les temps a venir.

 

 

Tous les commentaires

retrouvé dans les profondeurs maritimes des blogs de mediapart

Bien joué Fantie !

Magnifique billet cousine !!!! Le plus beau que j'aie lu sur Médiapart jusqu'à aujourd'hui !

Merci.

Très beau billet.

 

Le marin que je suis a beaucoup de respect pour la grande dame et, lorsqu'elle est coléreuse, appécie la vue du gardien qui lui évite d'embrasser les Pierres Vertes en sortant du Fromveur.

 

Merci Fantie B. d'avoir exhumé ce billet.

Ma modestie m'interdirait de vous remercier pour ces louanges ...mais comme yapademalasefairedubien alors je le fais avec beaucoup de plaisir!!

Merci aussi à l'auteur de ce magnifique billet, ainsi qu'à celles qui l'ont sorti des fonds médiapartiens.

J'avais acheté un livre sublime à Brest, il y a quelques années

Feux de Mer - Louis Le Cunff - Editions L'Ancre de la Marine- 1992 - Quatrième de couverture :

Depuis la construction, trois siècles avant notre ère, de la tour de Pharos - qui donna son nom aux phares - à l'entrée du port d'Alexandrie, l'homme a mené un combat incessant contre la nature. Dans les plus effroyables conditions il a érigé des phares battus par les lames et fouettés par les vents, sur des rochers sculptés par cet orfèvre fou qu'est l' océan.

Sur les 37 phares isolés au large des côtes de France, le littoral breton en compte à lui seul plus de la moitié et leurs noms sont bien souvent synonymes de tragédies.

Au large de l'île de Sein, à Armen en décembre 1923, bloqués depuis 26 jours par la tempête, pavillon noir hissé, les trois gardiens ont lutté toute une nuit contre l'incendie. Le phare brûlait comme une torche et le feu dévorait les lits, les chaises, les tables et planchers et surtout les dernières réserves de vivres.

Dans le phare écossais de Box-Head alors que hurle la tempête, un des gardiens devient subitement fou et se jette sur ses deux compagnons, armé d'une barre de fer. Un corps à corps hallucinant s'engage dans la salle de la lanterne, où l'écume aux lèvres le dément frappe sauvagement. Le canot de ravitaillement n'arrivera que dix jours plus tard, dix jours de cauchemar.

La loi de la mer, c'est toujours pour les gardiens du feu celle du courage et du devoir. Sublimes ou tragiques, leurs destins sont ici contés. Les hommes et les femmes - reclus du bout du monde, environnés par un océan hostile ont vécu une extraordianaire épopée.

Fascinante aventure que celle-là. C'est un hymne bouleversant à la fraternité humaine.

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Savais-tu Peneloppe que les côtes écossaises sont les plus déchiquetées et les plus dangereuses de toutes les côtes du monde pour le navires qui croisent dans ces eaux ?

 

Non, je ne connaissais que qui voit Molène voit sa peine, qui voit Ouessant* voit son sang, qui voit Sein voit sa fin, brrrr....

* Ile d'Ouessant, où est situé le phare de la Jument, en mer d'Iroise.

.... et qui voit Belle Isle voit son ile....

Un moment resté triste à vous lire, parce que l'excellence de ce billet d'une poésie à la fois farouche et tendre, voyait son auteure en grisé...

Et non, vous êtes là.

Alors merci, pour ces magnifiques élans, à souligner ce que la nature peut avoir de plus munificent dans ce que les chinois ont appelé, paraît-il, selon un roman de gare que j'ai lu, lors d'un voyage ancien, d'une gare à une autre, les jeux des nuages et de la pluie.

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