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Bientôt finie pour de bon, la race!

Par Christiane TAUBIRA, Députée de Guyane, Commission des Affaires étrangères

L’engagement est clair. François Hollande, s’il est élu Président de la République, demandera au Parlement de supprimer le mot ‘race’ de la Constitution. Le candidat ne fut nullement difficile à convaincre. Et pour cause. Il avait pris sa part dans nos débats parlementaires sur la traite et l’esclavage, crime contre l’humanité entre 1999 et 2001, puis sur les fameux bienfaits de la colonisation en 2005. Il sait combien ces questions travaillent l’inconscient collectif et quel rôle elles jouent dans les discriminations.

Que dit la Constitution ? La République « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, ou de religion ». La présence du mot n’est donc pas infâme, puisqu’il sert à interdire les discriminations. Rédigée en 1958, cette Constitution porte l’empreinte d’un sujet majeur d’époque : la décolonisation. La tension est vive depuis quinze ans, depuis que, venus de tout l’empire africain français, les ‘tirailleurs sénégalais’ ayant acquitté à la guerre l’impôt du sang, revendiquent la citoyenneté, et à tout le moins, l’égalité des pensions militaires. La question est si prégnante qu’elle constitue le 2ème alinéa du Préambule. Elle était déjà au cœur des alinéas 1 et 16 du Préambule de 1946.

Depuis, les scientifiques ont démontré que la race n’existe pas. Les universitaires et militants antiracistes ont propagé ce savoir. Les sémiologues se sont interrogés : comment alors dénommer les infractions si la norme n’existe plus ? La réponse est dans le Droit. La loi punit, et correctement dans les textes, tout acte à caractère raciste ou de nature discriminatoire.

Il était temps de supprimer ce mot obsolète et péjorativement chargé. Nous avons essayé il y a une dizaine d’années. Reconnaissons, cependant, que le mot était devenu inerte. Il a repris de la vigueur au plus haut de la parole d’Etat. Lorsque, en juillet 2007, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le président de la République française déclare que « l’homme africain n’est jamais entré dans l’Histoire », il revivifie les thèses raciales et racistes du 19ème siècle et, ce faisant, révèle sa vision du monde. ‘L’homme africain’, global et indifférencié, sur un continent de 31 millions de km² ! Sans considération pour les lieux, les époques, les civilisations, les cultures, les régimes politiques, encore moins pour la Charte des droits humains datant de 1222, ou pour le rayonnement universitaire de Tombouctou ou d’ailleurs. Le mépris ne s’embarrasse jamais de nuances. Vision globale, et hiérarchisée car pour se sentir fondé à proférer cette injure inepte, faut-il qu’il soit perché sur… la civilisation supérieure de son ministre de l’Intérieur?

Exactement le contraire de l’énoncé constitutionnel. Un délit contre la devise républicaine. Une œuvre de délinquant, avec le poids de la parole publique.

Il y a désormais deux raisons de supprimer ce mot de la Loi fondamentale : son obsolescence et la salubrité publique.

Ce n’est pas qu’une affaire des Outremers, mais il est bien qu’elle vienne des Outremers. Christiane Taubira

 

Tous les commentaires

12/03/2012, 15:18 | Par Oliv92

Bien sûr ! Merci Mme Taubira. J'avais écrit un billet sur le sujet des "catégorisations". Mon point était qu'il devrait être interdit de créer des catégories d'êtres humains : "les blondes", "les belges", "les juifs", "les petits"... et évidemment "les noirs" http://blogs.mediapart.fr/blog/oliv92/180911/peut-categoriser-les-etres-humains

12/03/2012, 16:03 | Par dianne

Indispensable correction du texte fondamental. Merci pour ce texte, Madame. Une fois cela acquis, il ne restera plus qu'à inclure les citoyennes dans la formule rénovée...

« assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, ou de religion »

Parce que pour l'heure, il ne suffit pas à Monsieur Hollande de proclamer des "valeurs" du haut d'une tribune. Encore faut-il les mettre en application. Y compris au PS. Sourire

12/03/2012, 20:15 | Par Nourric

A vous lire on dirait une victoire, mais une victoire de qui? Ou contre qui?

 

La suppression de cette notion de "race" dans la constitution fait suite à l'évolution de la société et des mentalités, et non l'inverse. Ce n'est pas un évènement fondateur mais plus l'enterrement discret d'idées obsolètes - comme vous le dites - et en cela il n'est pas vraiment nécessaire d'y accorder de l'attention. En ce sens ce n'est pas une victoire, mais plus l'entérinement de l'évolution de notre société, la confirmation que les pensées qui avaient encore cours au début du siècle précédent sont bien périmées.

Aussi laissons ce reliquat disparaitre dans l'indifférence générale :)

 

PS: Bien sûr je ne suis pas naïf au point de croire qu'il n'y a plus personne dans notre pays pour croire à l'existence de "races", et donc bien entendu à la hiérarchie qui accompagne ce concept. Pour autant je pense que désormais ces personnes sont une faible minorité, minorité qui ira en s'amenuisant au cours des ans.

12/03/2012, 20:47 | Par Boris Carrier

Les hispaniques ne s'embarrassent pas de tant de pudeur politiquement correcte (pardon Mme Taubira, d'habitude j'adhère pleinement à vos thèses): ils fêtent sans problème le jour de la race tous les 12 octobre, en fait le métissage comme valeur de convivialité. En Espagne il est vrai le nom change en 1958 pour devenir "hispanidad" qui est abandonné par la suite, mais au Mexique par exemple le "día de la raza" est un jour de fête officielle bien que non férié (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jour_de_la_Race).

12/03/2012, 21:00 | Par fc22

IL faudra alors écrire " La République assure l'égalité de tous les citoyens devant la loi, sans distinction aucune ".

13/03/2012, 06:02 | Par Claude Leclerc en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 12/03/2012 à 22:44

Il n'y a pas de "race", il n'y a qu'une race humaine composée de femmes et d'hommes à égalité de droits  et de devoir, point final.

13/03/2012, 09:45 | Par fenesi1 en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 12/03/2012 à 22:44

Ah ! "Et si on réfléchit bien...", donc Mme Taubira n'a pas bien réfléchi, mais vous oui ? Pour qui la prenez-vous et vous prenez-vous ?

Et vous ajoutez "La Bible fait un emploi récurrent du mot "race"..." : de quelle traduction parlez-vous ? La Bible n'a pas été écrite en français et les traductions en français ont évolué au fil du temps pour suivre l’évolution du français...


Vous ne prenez pas en compte l’argumentation intelligente que développe Mme Taubira, mais plongez dans des considérations linguistiques ahurissantes. Alors si je parle français, je dois être blonde aux yeux bleus ? Et comme je parle une langue africaine, je dois être noire de peau et d’yeux ? Et si blanche, je parle une langue africaine, je suis alors de quelle race ?


Je ne descends pas du singe, ni de l’arbre, et je n’ai pas l’âme d'un chien ni d'un chat pour accepter d'être cataloguée dans une race, autre que celle d’humaine.

13/03/2012, 11:52 | Par seth en réponse au commentaire de fenesi1 le 13/03/2012 à 09:45

Madama Taubira utilise surtout des raccourcis étourdissants, se fonde sur des raisonnements scientifiques pour justifier l'utilisation d'un vocabulaire sans en approcher la nuance, mélange "race" "racisme", "guéant", "colonialisme", etc... C'est avec ce type de raisonnement qu'on en arrive à parler aux USA de "afro-american" plutôt que de "back people" ou de "native-american" plutôt que de "indians"...

 

C'est par ce cela qu'on en est rendu, au XXIème siècle, à battre sa coulpe, à expier et à faire amande honorable pour les fautes commises dans les siècles passés, alors que la pensée était différente chez nous de ce qu'elle est aujourd'hui, alors qu'on pratiquait la traite des noirs, l'esclavagisme, mais aussi la peine de mort, et encore antérieurement les massacres des croisades, l'ordalie, le bûcher, l'inquisition et toutes ces réjouissances. Mortifions-nous pour tout en bloc, rejetons notre histoire, nions qui nous sommes. On en arrive à juger avec la pensée de ce siècle les siècles passés, comme on juge à la lumière de notre civilisation, de la pensée de notre "race" celle des autres groupes humains.

 

Tout cela à la suite de quoi ? d'une déclaration de Monsieur Hollande qui, pour une grande pensée philosophique mûrement réfléchie (?) tombe particulièrement mal (ou bien pour certains) en pleine campagne électorale ! 

Avant de savoir s'il faut ou non en supprimer le mot "race", Monsieur Hollande et Madame Taubira seraient mieux inspirés de se demander jusqu'à quel point l'ensemble de cette constitution n'est pas à ré-écrire. Prendre position là-dessus serait autrement plus constructif et tourné vers l'avenir, bien sombre pourtant, que de finasser sur un point de vocabulaire.

13/03/2012, 14:36 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de seth le 13/03/2012 à 11:52

Seth


Essayez de parler de ce que vous connaissez, parce qu'à l'évidence, les Etats-Unis, vous ne connaissez pas.

Ce sont les nouvelles générations de "Noirs Américains" (Blacks) qui ont créé eux-même l'appellation "African American", fatigués qu'ils étaient de se voir référer par la couleur de leur peau, ayant remarqué qu'on disait : Irish American, Italian American et nulle part White this ou White that....


De même ces sont les nouvelles générations d'Indiens qui ont créé eux-même l'appellation "Native American", fatigués qu'ils étaient de se voir référer par les erreurs de Christophe Colomb. 

 

Vous ne semblez pas conscient de l'importance des mots dans la loi, les textes officiels censés nous guider et nous représenter - de la finasserie ? heureusement que vous n'êtes ni légiste ni juriste...Sourire

 

13/03/2012, 10:41 | Par m DRUT GORJU en réponse au commentaire de seth le 12/03/2012 à 21:26

Les mots ont un sens et une histoire .Mais depuis quelques décennies ,on sait par des études scientifiques que les "races " n'existent pas ;alors que les religions existent .Supprimer le mot "race " ,ce n'est donc pas la meme chose que supprimer religion ou sexe .. Beaucoup croit ENCORE -ils l'ont appris à l'école- qu'il y a des races humaines  .et c'est faux ... GENETIQUEMENT FAUX . autant le dire et supprimer cette anachronisme . Au bout de 60 ans ,on peut retoiletter !!

13/03/2012, 12:11 | Par Zap Pow en réponse au commentaire de seth le 12/03/2012 à 21:26

"A quoi servent les mots "origine" et "religion" ? Simplifions encore plus les choses : assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction" Cela suffira."


C'est exactement ce que je me suis dis à la lecture du texte de C. Taubira. Et je suis d'accord avec vous, supprimer le mot ne supprimera pas le racisme. La nouvelle formule aurait l'avantage de couvrir simplement toutes les discriminations (origine, sexe, "race", religion, âge, condition physique, sociale…) dans la Constitution. Il est important de faire cette précision, car, au vu de certains commentaires, quelques-uns font déjà des extrapolations et imagine que supprimer "race" de ce document c'est le supprimer du vocabulaire, posant la question "que devient le racisme ?". Contrairement à ce que prétendent certains (dont beaucoup sont juste des adversaires de principe d'Hollande), modifier la Constitution de cette façon n'enlève aucune arme aux antiracistes, pas plus que cela ne fait disparaître le racisme. Je crois au contraire qu'un tel chagement renforce la lutte antiraciste, en appuyant symboliquement sur le fait qu'en réalité, il n'y a pas de race.

13/03/2012, 12:11 | Par Zap Pow en réponse au commentaire de seth le 12/03/2012 à 21:26

"A quoi servent les mots "origine" et "religion" ? Simplifions encore plus les choses : assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction" Cela suffira."


C'est exactement ce que je me suis dis à la lecture du texte de C. Taubira. Et je suis d'accord avec vous, supprimer le mot ne supprimera pas le racisme. La nouvelle formule aurait l'avantage de couvrir simplement toutes les discriminations (origine, sexe, "race", religion, âge, condition physique, sociale…) dans la Constitution. Il est important de faire cette précision, car, au vu de certains commentaires, quelques-uns font déjà des extrapolations et imagine que supprimer "race" de ce document c'est le supprimer du vocabulaire, posant la question "que devient le racisme ?". Contrairement à ce que prétendent certains (dont beaucoup sont juste des adversaires de principe d'Hollande), modifier la Constitution de cette façon n'enlève aucune arme aux antiracistes, pas plus que cela ne fait disparaître le racisme. Je crois au contraire qu'un tel chagement renforce la lutte antiraciste, en appuyant symboliquement sur le fait qu'en réalité, il n'y a pas de race.

14/03/2012, 00:28 | Par La nouvelle Héloïse en réponse au commentaire de Zap Pow le 13/03/2012 à 12:11

Simplifions encore. A quoi sert-il de préciser "sans distinction". " La République assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens devant la loi"  est suffisant!!!!

13/03/2012, 12:11 | Par Zap Pow en réponse au commentaire de seth le 12/03/2012 à 21:26

"A quoi servent les mots "origine" et "religion" ? Simplifions encore plus les choses : assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction" Cela suffira."


C'est exactement ce que je me suis dis à la lecture du texte de C. Taubira. Et je suis d'accord avec vous, supprimer le mot ne supprimera pas le racisme. La nouvelle formule aurait l'avantage de couvrir simplement toutes les discriminations (origine, sexe, "race", religion, âge, condition physique, sociale…) dans la Constitution. Il est important de faire cette précision, car, au vu de certains commentaires, quelques-uns font déjà des extrapolations et imagine que supprimer "race" de ce document c'est le supprimer du vocabulaire, posant la question "que devient le racisme ?". Contrairement à ce que prétendent certains (dont beaucoup sont juste des adversaires de principe d'Hollande), modifier la Constitution de cette façon n'enlève aucune arme aux antiracistes, pas plus que cela ne fait disparaître le racisme. Je crois au contraire qu'un tel chagement renforce la lutte antiraciste, en appuyant symboliquement sur le fait qu'en réalité, il n'y a pas de race.

13/03/2012, 12:15 | Par Zap Pow en réponse au commentaire de Zap Pow le 13/03/2012 à 12:11

Désolé, je ne sais pas comment cela s'est fait, mais apparemment j'ai appuyé trop fort sur la gâchette, et tiré trois fois "d'un seul coup".

13/03/2012, 08:11 | Par guydufau

Si on supprime le mot race que devient le mot racisme ?

13/03/2012, 12:38 | Par miha en réponse au commentaire de guydufau le 13/03/2012 à 08:11

Supprimer le mot 'race" et remplacer le mot "racisme" par un néologisme comme, par exemple, "rejétisme" qui vient du mot "rejet".

Ce nouveau mot serait bien plus approprié, d'autant plus que le mot "racisme" est employé à tort et à travers (racisme anti-jeune, par exemple... comme si la jeunesse vous faisait appartenir à une "race" distincte.)

13/03/2012, 17:44 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de miha le 13/03/2012 à 12:38

stigmatisation

c'est un concept travaillé par les sciences humaines depuis E. Goffamn ("Stigmates")

Et hélas une réalité de tous les jours pour beaucoup.

Nous n'avons aucun besoin du racisme !

13/03/2012, 09:27 | Par profil_inactif_145012

 

Merci de poster les propos claires et édifiants de Christiane Taubira.

On retrouve dans certains commentaires les confusions habituelles.

Il n'est nulle part question d'interdire un mot, seulement de l'ôter d'un texte où il n'a plus place. 

Le mot "race" comme il est utilisé actuellement dans la Constitution est un bricolage conceptuel fondé sur la pseudo-science du XIXe siècle au service du colonialisme, dont l'Allemagne faisait autant partie que les autres pays, avant d'être "punie".

Que va devenir le mot "racisme" ? comme le demande Guydufau plus haut... Ce mot deviendra aussi obsolète que le mot "race" et ses corrollaires dans cette connotation précise "métis" et "métissage". Nous avons bien d'autres mots comme "xénophobie" et "bigoterie" par exemple pour exprimer la notion de haine de l'autre.

 

Répétons qu'il n'est pas question d'interdire ou de supprimer un mot, mais de reconnaître qu'il n'a plus d'utilité dans les consciences contemporaines et encore moins dans nos textes officiels. 

13/03/2012, 12:44 | Par pinso6091 en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/03/2012 à 09:27

@Mhjozoux  Bien d'accord avec vous .Certaines personnes semblent oublier que les mots véhiculent la pensée .Si les mots évoluent c'est que la pensée elle aussi évolue . Certains mots sont tombés en désuétude . Récemment Mademoiselle va disparaitre au profit de madame . Ce n'est pas seulement un caprice mais un évènement plus profond , une évolution dans la manière d'appréhender le monde .

13/03/2012, 16:37 | Par peut-etre en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/03/2012 à 09:27

MHJOZOUX@ propos clairs et edifiants de cristiane Taubira : d accord avec vous a 100%

13/03/2012, 10:27 | Par Jacques Bolo

La politique consiste à changer les mots au lieu de changer les choses.

Maladie professionnelle des intellos (autrefois marxistes, aujourd'hui idéalistes).

Porca miseria!

13/03/2012, 11:15 | Par ptetmai

Madame,

Je ne connais pas votre arbre généalogique.

Je ne me considère en rien supérieur à vous; encore heureux !

J'ai du respect pour vous comme pour "quasiment" tout  le monde

Mais, SVP, trouvez  moi un mot non tabou pour nommer nos différences,  disons mal,  "corporelles" évidentes. J'en ai aussi, tiens disons, avec l'arriviste et numéro 2 d'EELV, ainsi qu'avec mes amis burkinabè et l'empereur du Japon. Même avec mon copain  Yako, descendant pur-sang d'Amérindiens canadiens. 

J'ai encore dans les yeux les quatres dessins de mon livre de géo à l'école primaire. Les rédacteurs de l'époque étaient-ils  racistes ? 

Merci beaucoup. 

 

 

13/03/2012, 11:30 | Par Jean-Claude POTTIER

Lorsque les scientifiques "découvrent" qu'il n'y a pas de races, c'est du seul point de vue biologique. Non anthropologique, ethnique, linguistique, etc....

Pourquoi veut-on supprimer le mot "race" de la Constitution? Pour atteindre un plus haut degré de sens? D'objectivité? Ou pour donner à croire qu'on "fait" quelque chose? Lorsque Ségolène a imposé le féminin des mots jusque là masculins, qu'est-ce que ça a changé, dans le réel? Les viols ont disparu? SOS Femmes aussi? Les salaires sont devenus égaux?

Ce qui fera disparaître le sexisme et le machisme, c'est la lutte des femmes pour l'obtention de droits réels. Ce qui mettra un terme définitif au racisme, c'est la disparition de l'impérialisme et la fin des guerres agrémentées de l'adjectif "humanitaires". C'est la fin du chômage et de l'exploitation sociale.

Le reste, c'est rien moins qu'électoraliste et ce n'est en rien une mesure de candidat. Le FN va-t-il disparaître, du coup?

Réveillez-vous, au lieu de suivre Panurge!

13/03/2012, 15:26 | Par ferp en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 13/03/2012 à 11:30

"Lorsque les scientifiques "découvrent" qu'il n'y a pas de races, c'est du seul point de vue biologique. Non anthropologique, ethnique, linguistique, etc...."

On apprend donc, grâce à vous, qu'il existe :

  • des races d'un point de vue "anthropologique" (Lévi Strauss doit se retourner dans sa tombe)
  • des races d'un point de "ethnique" (pléonasme ?)
  • et le meilleur pour la fin : des races d'un point de vue "linguistique"...

Aucune signification de ce terme n'est défendable.

La question n'est pas de savoir si vous pouvez donner un sens à ce terme, mais de savoir si aucune de ces significations à le moindre intérêt, et peut être autre chose que nocive.


13/03/2012, 11:49 | Par Laurent Vallotton

Le terme de race humaine (au singulier) n'a aucun sens scientifique. On parle d'espèce humaine. Quant au problème des races humaines, il est loin d'être tranché scientifiquement. Il y aussi une omerta, du politiquement correct, de la censure et surtout de l'autocensure au sein des milieux scientifiques. Les données génétiques récentes tendent à montrer que les races humaines sont une réalité (et le terme race pour les humains est couramment utilisé en biologie forensique: quand il s'agit de trouver un criminel on arrête heureusement de jouer sur les mots).

Indépendamment de cela, les connaissances actuelles ne permettent en aucun cas de hiérarchiser les espèces ou les races. Déclarer qu'il y a une race de tigre au Bengale ne signifie pas que cette race (ou sous-espèce) est inférieure à une autre ("ne dites jamais inférieur ou supérieur", disait Darwin, alors disons simplement "différent") . La biologie darwinienne fait en réalité l'apologie de la diversité des espèces (ou taxons, pour être plus juste), diversité qui est le seul salut des dites espèces sur le long terme, et M. Hollande (je n'ai rien contre lui) ferait mieux de célébrer la diversité plutôt que se voiler la face avec des propos électoralistes de fond de poubelle.

Comme l'ont intelligemment relevé nombre d'intervenants, supprimer le terme de race ne changera rien au problème du racisme, du moment que même si les races n'existaient pas d'un point de vue scientifique, on continuera de reconnaître aisément un noir d'un caucasien d'un asiatique, par exemple.

Après Darwin, méditons ces propos ironique du génial Desproges: "L'humanité a résolu les grands problèmes de ce monde en appelant un chat un chien."

Avec Hollande on touche le fond, on ne dit plus rien.

C'est un des travers les plus déplorables de la gauche qui a, cependant, d'ordinaire plutôt ma faveur.

13/03/2012, 14:52 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Laurent Vallotton le 13/03/2012 à 11:49

C'est quoi un "Caucasien" ? Rigolant Rigolant Rigolant Rigolant Rigolant 

13/03/2012, 19:56 | Par Laurent Vallotton en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/03/2012 à 14:52

Un blanc de type européen.

14/03/2012, 00:12 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Laurent Vallotton le 13/03/2012 à 19:56

C'est quoi un blanc ?  Sourire  Sourire  Sourire  Sourire 

14/03/2012, 11:03 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 14/03/2012 à 00:12

un trou dans la conversation.

22/03/2012, 19:04 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 14/03/2012 à 11:03

merci - excellent...

13/03/2012, 16:33 | Par Zap Pow en réponse au commentaire de Laurent Vallotton le 13/03/2012 à 11:49

En quoi Hollande se voile-t-il la face ?

13/03/2012, 11:58 | Par francois-yerro

Le racisme procède le l'inculture ou de la mauvaise foi, voire d'un positionnement politique que la notion de race arrange pour une démonstration fondamentalement erronée. Cependant, cette notion alimente le terreau idéologique de la droite française, malheureusement majoritaire.

13/03/2012, 12:04 | Par seth en réponse au commentaire de francois-yerro le 13/03/2012 à 11:58

Ce n'est pas en supprimant le mot qu'on supprime la notion...

13/03/2012, 13:15 | Par Mithra-Nomadeblues_ en réponse au commentaire de seth le 13/03/2012 à 12:04

Pas d'accord avec vous, Seth. Supprimer ce mot race, c'est reconnaître ce qui est vraiment réel : que les races humaines n'existent pas. Qu'il n'existe que des pigmentations de peau différentes. Ainsi, les racistes sont confrontés à la réalité, leur réalité aussi : qu'ils n'acceptent pas, ou craignent les différences.

14/03/2012, 00:09 | Par La nouvelle Héloïse en réponse au commentaire de seth le 13/03/2012 à 12:04

Reconnaître l'existence de races n'est pas raciste. Ce qui est raciste, c'est de considérer que des races sont supérieures aux autres.

Je pense qu'on ne fera pas disparaître le racisme par la suppression du mot "race" dans la Constitution. Par ailleurs, comment soutenir qu'il peut y avoir des actes racistes s'il n'y a pas de races ?

Je voudrais savoir si FH a pris la peine de consulter des experts indépendants avant d'adhérer aux propositions de Mme Taubira!

Et je crois surtout que notre pays a des problèmes plus sérieux à régler que ceux du vocabulaire. Laissons les scientifiques, les historiens et les académiciens faire leur travail.

14/03/2012, 00:16 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de La nouvelle Héloïse le 14/03/2012 à 00:09

Reconnaître l'existence de "races" c'est reconnaître l'existence de rien du tout.

Les actes dont vous parlez sont des actes xénophobes.

Ce sont les scientifiques du monde entier qui nous expliquent que les races n'existent pas, mais il y en a toujours qui n'écoutent pas.

Le choix des mots dans notre Constitution a une importance extême pour nos vie, plus de gens devraient la lire....

14/03/2012, 11:05 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 14/03/2012 à 00:16

14/03/2012, 17:44 | Par La nouvelle Héloïse en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 14/03/2012 à 00:16

Ne vous en déplaise, les mots "xénophobie" et "racisme" ne se confondent pas. Quant aux scientifiques auxquels vous vous référez sans les citer, je crois plus prudent d'écrire "des" scientifiques et non "les" scientifiques. L'unanimité est loin d'être établie par vos affirmations péremptoires.

Je précise que je ne suis ni raciste ni xénophobe.

13/03/2012, 12:13 | Par Laurent Vallotton en réponse au commentaire de francois-yerro le 13/03/2012 à 11:58

Ce n'est pas parce que les racistes "se trompent de colère" (Senghor) que les races n'existent pas.

13/03/2012, 13:34 | Par Oliv92 en réponse au commentaire de Laurent Vallotton le 13/03/2012 à 12:13

Ben non, justement, les races n'existent pas.

13/03/2012, 17:46 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de Oliv92 le 13/03/2012 à 13:34

Les races humaines n'existent pas.

Ne pas confondre quelques différences de gènes (de pigment de peau ou autre) avec le fait d'être d'une autre espèce.

Lire par exemple Albert Jacquart.

13/03/2012, 20:53 | Par Laurent Vallotton en réponse au commentaire de Fantie B. le 13/03/2012 à 17:46

Malgré tout le respect qui lui est dû, il y a bien longtemps que M. Jacquard n'est plus une référence en matière de génétique des populations, sur certains points dumoins. Posez-lui la question et il sera embêté pour répondre (je le sais car j'ai pu le constater dans des interviews récentes de lui). Les techniques en ingéniérie génétique ont beaucoup évolué et la réponse à la question des races (ou sous-espèces) est très complexe, chez l'Homme comme chez les autres espèces animales. Le débat est extrêmement technique et, encore une fois, loin d'être résolu chez l'Homme, quoi qu'en pensent de nombreux chercheurs et particulièrement le grand public.

Mais encore une fois, la question de la race n'est pas le noeud du problème. Même là où les races sont pleinement reconnues (chez de nombreuses espèces animales autres que l'Homme), personne ne s'amuse à la hiérarchiser, si ce n'est éventuellement sur des critères esthétiques. Ce que vous n'empêcherez personne de faire avec ce qu'on appelle, à tort ou à raison, des races humaines.

Acceptons les races, embrassons-les, la diversité est ce qu'il y a de plus beau et certainement de plus précieux au monde, pour peu qu'on ne la hiérarchise pas. A croire que ceux qui nous parlent de biodiversité (les races participent de la biodiversité) ne puissent la voir que chez les autres espèces.

Imaginer que le concept de race soit du pain bénit pour ceux qui veulent en faire un mauvais usage facile est légitime, et on le constate tous les jours. Mais s'il fallait mettre sous le tapis tout ce qui peut donner lieu à un mauvais usage...

14/03/2012, 00:20 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de Laurent Vallotton le 13/03/2012 à 20:53

On peut encore mieux embrasser la diversité, la vraie, lorsqu'on se débarasse de ce concept loqueteux de "race" (avec ou sans classement)

13/03/2012, 12:03 | Par philippe montagnac

J'ai récemment lu dans un document, l'expression : "personne de type négroïde" employé pas forcément de manière péjorative d'ailleurs.... preuve en est que, même si la suppression du mot race ne résoudra pas certains problèmes, l'éducation par l'explication du sens des mots permettra de balayer ce qu'on trouvait dans les manuels scolaires de nos parents et grands-parents.

13/03/2012, 13:51 | Par seth en réponse au commentaire de philippe montagnac le 13/03/2012 à 12:03

Ca s'appelle de l'édulcoration. C'est comme les personnes de petite taille, les personnes à mobilité réduite... Ca ne change rien à la réalité. C'est la volonté de faire paraître semblable ce qui est dissemblable. C'est nier la différence qui existe. Ceci sans jugement de valeur.C'est une nouvelle forme de la pitié.

13/03/2012, 14:25 | Par Mithra-Nomadeblues_ en réponse au commentaire de seth le 13/03/2012 à 13:51

Oui, d'accord avec vous, de parler de nos "différences". Mais quant aux "races", elles n'existent tout simplement pas.

14/03/2012, 00:15 | Par La nouvelle Héloïse en réponse au commentaire de seth le 13/03/2012 à 13:51

J'ajoute à votre liste, pour faire bonne mesure les "malentendants" (même sourds profonds!), les mal-voyants et les personnes du 3ème ou du 4ème âge (les vieux). On emploie des mots qui font moins peur...mais la réalité est inchangée. Le rôle des politiques est de gérer au mieux la réalité, pas de nous endormir avec des mots doux.

 

13/03/2012, 12:37 | Par Olympe Du Bouge

 

Notre droit ne peut pas conserver comme critère de distinction la « race », ce serait absurde puisqu'il n'y a qu'une race humaine. Le conserver supposerait qu'on admette qu'il existe plusieurs races humaines.

Juridiquement, reconnaître la « race » comme élément discriminant suppose qu'on a intégré l'existence de plusieurs races (noire, blanche, jaune, rouge... bleue ? ), vision totalement réprouvée par la communauté sciencitifique, n'en déplaise à certains spécialistes de l'embrouille.

D'autre part, l'acception du mot « race » au sens de la lignée, de la famille est une définition du langage courant. Cette acception est plutôt contenue dans la référence constitutionnelle à « l'origine ».

Et il n'est pas question de faire disparaître des mots du langage mais de notre socle commun (le Droit) quand ces mots désignent des constructions de l'esprit obsolètes et définitivement désapprouvées par la science qui ne désigne qu'une « race humaine ». Imaginez qu'à la place du mot « race », on ait eu le mot « émancipation » (se référant à l'état d'asservissement ou non des individus) : outre le fait que la phrase n'aurait plus aucun sens (allez faîtes un effort, c'est pour l'exemple !) ce mot nous semblerait évidemment inapproprié puisque nous avons intégré depuis plus d'un siècle et demi que l'esclavagisme n'est pas une situation satisfaisante (il y a des objections ??). Mais peut-être qu'une telle référence n'aurait choqué personne à la fin du XIXe siècle...

Aujourd'hui, certains semblent encore se satisfaire des différenciations nauséabondes auxquelles le terme de « race » renvoie.

Je n'aurai qu'une conclusion : « Nique ta race ! » :-)

14/03/2012, 11:07 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Olympe Du Bouge le 13/03/2012 à 12:37

13/03/2012, 12:59 | Par pinso6091

Merci Mme Taubira pour cet article . Je trouve normal de supprimer un mot de la constitution  qui désigne quelque chose qui n'existe pas dans les faits (je ne parle pas du racisme) . Mais j'espère que vous allez lire les commentaires , car peut-être vais je avoir une réponse du PS par cette voie là que je n'ai pas encore pu avoir malgré mes multiples demandes au parti; Pourquoi F. Hollande veut-il (comme il l'a dit aux gens d'Alsace Moselle) conforter le Concordat en le constitutionnalisant ? Je suis athée et écoeurée de devoir payer des évêques avec mes impôts 4500 euros par mois . Quant à côté de cela on supprime des postes à l'éducation nationale ... c'est une question de salubrité publique . Je suis très fachée contre lui . Pourquoi réveille -t-il les querelles bien que j'ai toujours été opposée au Concordat . Il veut ratisser les voix des catho, et protestants et juifs ? (les musulmans sont exclus du Concordat ) . Cela va entrainer des dérives . S'il constitutionnalise l'article 1, il doit mettre l'article 2 de la loi de 1905 sinon il modifie la loi . j'avais voté pour vous en 2002... hélas je m'en mords encore les doigts ... je ne referai pas la même erreur ... voyez .

 

13/03/2012, 13:30 | Par Bouchet A.

C'est une bonne idée de la part de Hollande.que de supprimer la référence à la "race". Mais alors c'est complêtement con de parler de la "diversité des couleurs". Bonjour la régresssion aux dernières décennies du XIXe siècle ici dénoncée...

14/03/2012, 00:23 | Par La nouvelle Héloïse en réponse au commentaire de Bouchet A. le 13/03/2012 à 13:30

Peut-on encore parler de "gens de couleur" ? ce qui est d'ailleurs absurde car le blanc est aussi une couleur. Il conviendra de qualifier la couleur...

13/03/2012, 14:55 | Par profil_inactif_145012

Un certain nombre de commentateurs en sont restés à Tintin au Congo Cool -- j'aime bien Tintin -- mais pas dans la Constitution française !

13/03/2012, 16:12 | Par FARID

On s'interroge sur l'existence des races du côté de l'université de Stanford : http://hsblogs.stanford.edu/morrison/human-genome-diversity-project/

Selon Fassin, les catégories raciales sont d'un usage courant en médecine où l'on parle de "maladie de Tay-Sachs des juifs", "mucovicidose des caucasiens", ou "drépanocytose des noirs", cette dernière maladie étant tellement associée aux noirs que sa survenue chez un blanc ne conduit pas à invalider l'assignation raciale mais à considérer que le patient doit avoir un (lointain) ascendant noir !

Fassin en conclut que l'on peut parler de races sans racisme et que symétriquement, on peut observer l'existence d'un racisme sans race.

Si l'on prend ce débat sur l'existence des races au sérieux, il me semble dangereux de supprimer le terme de notre constitution sans supprimer les autres caractérisations : sexe, origine, religion... En effet, un raisonnement juridique a contrario pourrait justifier des politiques discriminatoires fondées sur la race puisqu'elles ne seraient plus formellement proscrites par la Constitution. D'une certaine manière, l'article en question permet bien de protéger les minorités dans la mesure où il pose que même si l'existence des races était démontrée scientifiquement, il y aurait aucune conséquence politique à en tirer...

 

 

 

13/03/2012, 17:06 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de FARID le 13/03/2012 à 16:12

Le lien que vous fournissez est très loin de soutenir vos propos, au contraire, il les nie absolument.

Les mots "juifs" "noirs" "caucasien", typique de la paresse intellectuelle, ne font pas partie du vocabulaire des scientifiques.

"As far as scientists know, no particular genes make a person Irish or Chinese or Zulu or Navajo. These are cultural labels, not genetic ones. People in those populations are more likely to have some alleles in common, but no allele will be found in all members of one population and in no members of any other. (There may be rare variations, however, that are found only in some populations.) This cannot be very surprising, in light of the vast extent of intermarriage among human populations, now and throughout history and prehistory. There is no such thing as a genetically “pure” human population."

(D'après le savoir des scientifiques, aucun gêne particulier ne fait d'une personne un Irlandais ou un Chinois ou un Zulu ou un Navajo. Ces sont des labels culturels, non génétiques. Les gens dans ces populations ont au contraire plus de chance de partager certains allèles communs, mais aucun allèle ne se trouvera dans tous les membres d'une population qui ne se trouverait pas du tout dans les membres d'autres populations. (Il y a peut-être quelque cas rares, cependant, qui ne se trouvent que dans quelques populations). Cela ne peut être très surprenant à la lumière de l'étendu des marriages mélangés dans les populations humaines, aujourd'hui et durant toute l'histoire et la préhistoire. Il n'existe rien qui puisse être une population humaine génétiquement "pure".)

Notons que ce projet parle de l'espèce humaine.


13/03/2012, 17:41 | Par FARID en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/03/2012 à 17:06


Doublon

 

 

13/03/2012, 17:42 | Par FARID en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 13/03/2012 à 17:06

Les mots "juifs" "noirs" "caucasien", typique de la paresse intellectuelle, ne font pas partie du vocabulaire des scientifiques. Les mots "juifs" "noirs" "caucasien", typique de la paresse intellectuelle, ne font pas partie du vocabulaire des scientifique.

Normal, il s'agit de deux sources différentes. J'ai donné le lien, suis allé à la ligne, puis j'ai évoqué les propos de Fassin. J'ajoute qu'il s'appuie sur des travaux publiés par les presses universitaires de cambridge. Si vous me le demandez poliment, je peux vous en fournir la référence.

Les gens dans ces populations ont au contraire plus de chance de partager certains allèles communs, mais aucun allèle ne se trouvera dans tous les membres d'une population qui ne se trouverait pas du tout dans les membres d'autres populations. (Il y a peut-être quelque cas rares, cependant, qui ne se trouvent que dans quelques populations). Je n'ai pas écrit le contraire :  la recherche porte sur les bantous, les mayas et les basque

Notons que ce projet parle de l'espèce humaine. Ben oui, les races sont des subdivisions d'une espèce...

Ajout : Cela ne peut être très surprenant à la lumière de l'étendu des marriages mélangés dans les populations humaines

Pourriez-vous me préciser ce que les mariages ont bien pu mélanger ?

 

13/03/2012, 17:48 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de FARID le 13/03/2012 à 17:42

@ Farid : que quelques gènes soient différents : c'est valable aussi dans des familles (ou dans des régions quand il y a eu peu de mobilité).

En bilologie le mot race caractérise une espèce.

13/03/2012, 17:59 | Par FARID en réponse au commentaire de Fantie B. le 13/03/2012 à 17:48

Je ne sais pas s'il existe des races, je dis simplement que le débat n'est peut-être pas scientifiquement tranché. D'autres l'écrivent d'ailleurs plus haut. Sur l'assimilation race/espèce, j'aimerais que vous me donniez des précisions car ce n'est pas ce que je trouve après une recherche rapide sur internet et dans mes lointains souvenirs. Enfin, mon propos était surtout de dire que la question du racisme est politique, pas scientifique. Il me semble que l'esprit scientifique n'admet ni certitude, ni vérité définitive...

13/03/2012, 18:11 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de FARID le 13/03/2012 à 17:59

@ Farid : d'un point de vue sciences de la matière (biologie) je me base sur des définitions simples, comme celles que donne Albert Jacquart qui a beaucoup travaillé à vulgariser la génétique à ce propos, en particulier auprès des jeunes) :

Ce que j'en ai retenu : le pourecentage de gènes concernés par les différences constatées entre les différentes etnies de la planète est très faible ; et d'un autre côté, certaines familles par exemple françaises (ou bretonnes) "de souche" sont aussi différentes entre elles par les gènes que les dites ethnies : cela se repère aussi, comme dans votre exemple, à propos de maladies génétiques.

D'un point de vue sciences humaines : ce que je sais c'est que nous fonctionnons avec nos perceptions et nos représentations, et que celles ci sont façonnées dans l'enfance ;

-or pour le regard (perception première), la couleur de la peau (ou des cheveux, cf le traitement "à part" réservé aux porteurs de cheveux roux) est un élément déterminant pour le représentatation de l'autre comme "très différent" ou au contraire "semblable". C'est ce qui "arrête" le regard.

-et pour ce qui nous est transmis par la culture dans notre entourage, sachant que les humains ont cru en cette idée de races depuis si longtemps... cette idée est ancrée en la plupart d'entre nous (du fait de la culture qui nous a été transmise).

.

(ajout : mais tout cela serait aussi à mettre en rapport avec un renouveau de la croyance au pouvoir déterminant des gènes pour la transmissions de tout, y compris de nos aspirations, capacités de tous ordres,  etc.)

 

 

14/03/2012, 00:33 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de FARID le 13/03/2012 à 17:42

Farid

L'article dont vous donnez le lien contredit les propos que vous attribuez à Eric Fassin, quels que soit les textes sur lesquels il se fonde.

Quant à "mariages mélangés" c'est une traduction de "intermarriage" dans le texte anglais, c'est-à-dire les mariages entre populations différentes.

Cela ne peut être très surprenant à la lumière de l'étendu des marriages mélangés dans les populations humaines, aujourd'hui et durant toute l'histoire et la préhistoire


Cela veut dire qu'il y a eu de tout temps de tels brassages et mélanges de populations qu'aucun groupe n'est pas en quelque sorte mélangé génétiquement à un autre.

Nous avons donc plus de traits génétiques communs que différents, les différences génétiques sont infimes et ne correspondent en rien aux groupements culturels et géographiques présents.

13/03/2012, 21:20 | Par Laurent Vallotton

Un exemple d'enfumage par Tahar ben Jelloun (sûrement plein de bonnes intentions par ailleurs). Les chiffres sont ajoutés par moi:

« Le mot « race » ne doit pas être utilisé pour dire qu'il y a une diversité humaine. 1) Le mot « race » n'a pas de base scientifique. 2) Il a été utilisé pour exagérer les effets de différences apparentes, c'est-à-dire physiques. 3) On n'a pas le droit de se baser sur les différences physiques - la couleur de la peau, la taille, les traits du visage - pour 4) diviser l'humanité de manière hiérarchique c'est-à-dire en considérant qu'il existe des hommes supérieurs par rapport à d'autres hommes qu'on mettrait dans une classe inférieure. Je te propose de ne plus utiliser le mot « race ». »

1) Le mot race a une base scientifique et les zoologiste l'emploient tout le temps (et ce ne sont pas des racistes pour autant). Mais comme la notion d'espèce, il est difficile à définir, et décrire des races peut beaucoup tenir du point de vue.

2) Il n'y a rien besoin d'éxagérer pour reconnaître un Africain d'un Asiatique.

3) On n'a pas le droit... C'est une question de génétique et non de droit. On définit des races animales tous les jours en se basant entre autres sur des critères tels que la couleur, la taille, l'apparence, etc., particulièrement si des critères génétiques complexes viennent les corroborer (il ne s'agit pas de simplement trouver une mutation chez un individu, mais on parle bien de génétique des populations). Beaucoup de races animales ne sont d'ailleurs reconnues que génétiquement et notre oeil ne permet pas de les reconnaître.

4) Hiérarchiser: quel raccourci. Ce n'est pas la faute à la notion de race si des des gens veulent s'amuser à les hiérarchiser. Les biologistes évolutionnistes sont assez unanimes sur ce point: il n'y a pas de hiérarchisation qui permette un jugement de valeur dans le processus évolutif.

14/03/2012, 09:55 | Par fenesi1 en réponse au commentaire de Laurent Vallotton le 13/03/2012 à 21:20

"2) Il n'y a rien besoin d'éxagérer pour reconnaître un Africain d'un Asiatique." Ah ! Née d'un Africain et d'une Caucasienne, les Blancs me considèrent comme noire et les Africains me considèrent comme blanche. Donc pas si évident que ça !

14/03/2012, 11:08 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de fenesi1 le 14/03/2012 à 09:55

Cela signifie donc que les noirs et les blancs pensent qu'il y a des races.

17/03/2012, 02:26 | Par Laurent Vallotton en réponse au commentaire de fenesi1 le 14/03/2012 à 09:55

Encore heureux qu'on puisse se mélanger, et c'est même un critère de définition des races: elle doivent pouvoir s'hybrider. Et les produits des mélanges ont des caractères intermédiaires (désolé pour ce langage technique), comme vous le relevez. Je ne suis pas un spécialiste des races et, encore une fois, je ne fais que relever le fait que le débat n'est pas tranché scientifiquement, malgré ce que beaucoup de monde affirme.

14/03/2012, 18:28 | Par Stephane M.

En médecine on sait qu'il y a certaines différences de métabolisme entre les noirs, les blancs, et les jaunes.

Les sensibilités à certaines pathologies peuvent être différentes.

Je ne crois vraiment pas qu'éliminer le mot race pour les humains puisse changer quelque chose. L'essentiel à mon avis est de ne pas hiérarchiser les personnes.

14/03/2012, 19:30 | Par dianne en réponse au commentaire de Stephane M. le 14/03/2012 à 18:28

Oui. Et il y a des gens du Sud-Ouest de la France qui digèrent mieux le foie-gras que ceux du Nord. Ne pas hiérarchiser... Personnellement j'ai du mal à métaboliser les mojettes, tandis que d'autres, c'est la choucroute... Pas de races, donc... juste des disparités fonctionnelles. Ce n'est pas la peine de faire mine de repasser par la fenêtre ce que l'on sort par la porte...

Eliminer le mot race. Voilà  le maître-ouvrage des humanistes.

14/03/2012, 22:02 | Par pinso6091 en réponse au commentaire de dianne le 14/03/2012 à 19:30

@dianne  ok avec vous . difficile de faire rentrer dans la petite tête de certains et de notre nabot  en particulier cette manière de voir ...aussi difficile que d'admettre que la terre tournait au temps de Galilée ... heureusement qu'il n'y a plus le bucher chez nous .. sauf le blasphème en Alsace Moselle ..

15/03/2012, 00:16 | Par La nouvelle Héloïse en réponse au commentaire de pinso6091 le 14/03/2012 à 22:02

En traitant de "nabot"un être humain, fut-il président de la République, vous opérez une fâcheuse discrimination par la taille. N'est-ce pas insultant ?

13/04/2012, 16:16 | Par pinso6091 en réponse au commentaire de La nouvelle Héloïse le 15/03/2012 à 00:16

Pas d'insulte physique, il est nabot de l'esprit . C'est dans ce sens que je l'écris .

15/03/2012, 10:41 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de pinso6091 le 14/03/2012 à 22:02

@ pinso6091

Il faudrait peut-être aussi que les intellos arrêtent de de prendre pour Copernic, alors qu'ils sont plutôt, en l'occurrence, des théologiens qui ne veulent rien changer d'autre que les mots.

Je ne veux pas dire par là que c'est illégitime, mais le débat est entre "réalistes" et "nominalistes", ou entre "constructivistes" et "positivistes".

Le principe est simple. On peut changer les mots, et parfois c'est préférable. Mais il faut garder la relation sous la forme "X, c'est ce qu'on appelait avant Y". Ne serait que pour interpréter les textes du passé, sans jugement moral a priori, puisque ce n'était pas l'emploi du mot qui indiquait la position  (ici le racisme) à l'époque.

14/03/2012, 22:25 | Par Stephane M.

Diane et pinso6091, pourriez vous une seconde essayer de comprendre votre interlocuteur, même si vous n'êtes pas d'accord avec lui ?

Je suis profondément antiraciste.

Il n'y a qu'une seule espèce humaine, et il y a une diversité entre les groupes d'êtres humains. Et accepter qu'il y a des différences entre les groupes humains, n'implique pas du tout qu'on soit raciste... ni qu'on soit sarkozyste ! ;-)

Nier qu'il y ait des différences entre des groupes humains n'est pas une bonne manière de lutter contre le racisme.

Parce qu'il suffira de prouver l'existence de certaines différences pour que les racistes disent: "Vous voyez, ces antiracsites racontent n'importe quoi".

 

 

17/03/2012, 17:09 | Par cloclo

Beaucoup de commentaires, mais quasi rien à rajouter à celui de SETH avec lequel je suis entiérement d'accord.

Entre autre la description d'une certaine censure qui a tendance à être imposée en France dans le monde de la sémantique :

C'est pénible, cette tendance actuelle à rejeter les mots simples couvrant des définitions larges et complexes, de refuser d'appeler un chat un chat, surtout lorsque ce terme est utilisé sans arrière-pensée. Si un raciste parle de "groupe humain", il fait toujours référence à la même chose. le mot ne change rien à la réalité. Interdisons de parler de "tribus", de "nations", de "cultures"... Rejetons le passé tant qu'on y est !

22/03/2012, 17:15 | Par Denis Meriau

Le consensus républicain
qui apparaît dans des débats tels que celui du 10 décembre 2002 ( suite à une proposition de loi visant à faire du motif raciste de certains crimes et délits « une circonstance aggravante » ) 
[sur mon autre blog/ Chronique/ trois débats relatifs aux étrangers/ 1.Le consensus républicain antiraciste ]

achoppe sur cette question de la suppression du mot « race » de la législation

[ idem/  extraits du débat du 13 mars  2003 à l'Assemblée nationale -  suite à une proposition de loi communiste  :
pour ou contre la suppression du mot "race" dans la législation ]

19/05/2012, 11:54 | Par Lefrançois

Christiane Taubira et la célébration de l'histoire africaine:

Tombouctou

Au xve siècle, la construction par une vieille femme de la mosquée de Sankoré, qui comprenait une medersa, est à l'origine d'une université islamique de renommée internationale. Jusqu'à 25 000 étudiants fréquentèrent la ville sous le régime de Sonni Ali Ber (Sonni Ali le Grand). La ville a construit sa prospérité sur les échanges commerciaux, dont l'esclavage, entre la zone soudanaise du Sahel africain et le Maghreb.

Vingt-cinq mille étudiants se répartissaient entre l'université et les cent quatre-vingt écoles coraniques ; provenant de tout le monde musulman, ils venaient parfaire leurs connaissances en théologie, en droit, en grammaire, mais aussi en matière de traditions, d'histoire et d'astrologie. Cette période succédait à une longue opposition entre les ulémas touareg et l'empereur songhoï Sonni Ali Ber (début du XVe siècle), réputé anticlérical, mais elle n'en fut que plus faste pour l'esprit et la religion. Aux lettrés et écrivains et théologiens du Maghreb, venus autant pour apprendre que pour enseigner. Des professeurs de Tombouctou se voyaient invités par la célèbre université musulmane d'AI-Ahzar, en Egypte: des jurisconsultes marocains de Fès faisaient le voyage de Tombouctou pour renouveler leur savoir.

Je ne sais pas pourquoi mais je préfère le cylindre de CYRUS perse v. 610 – v. 585 av. J.-C.

A moins de penser que la théologie, le droit (dans le  monde musulman il y eut le même débat qu'ailleurs avec le même résultat sur la question de savoir si l'on pouvait continuer à garder comme esclave un converti.) permettent de rentrer dans l'histoire alors que ce sont les deux piliers des rigidifications des sociétés claniques et féodales.

Quant à la charte du Manden transmise par voie orale si l'on est pas idéologue on lit la controverse sur Wikipedia à cette page:

Le contenu exact de cette charte est contesté parce qu'il n'y a pas de traces écrites de cette déclaration.
On a pu dire à propos de la Geste de Soundiata : "le schéma idéologique mis en place répond à la situation dominante de ceux qui l'ont construit et vise à consolider celle-ci. Ce modèle qui donne de l'organisation sociale une image simplifiée répartit les hommes en trois catégories : les hôôrôn (hommes libres) spécialistes du pouvoir, de la guerre et de la production, les nyamakala (gens dits de caste inférieure) à qui la société délègue le soin de la sauvegarde et de l'enseignement de l'histoire, et les jôn (esclaves) aux rôles multiples. […] Le schéma que nous évoquons ici reflète avant tout les structures globales d'une société guerrière et dissimule les tensions entre les trois catégories sociales, sous couvert d'un échange équilibré de services mutuels. De plus, il justifie, par l'accomplissement de ces services, les inégalités de fait, l'oisiveté et l'opulence des tenants du pouvoir et des nyamakala leurs alliés, les obligations de labeur qui pèsent sur les jôn et l'exploitation dont ces derniers sont l'objet. Enfin ce reflet idéologique rassure dans la mesure où il vise à stabiliser les structures dont il montre l'image dans l'intérêt des élites qui occupent leur sommet. Cette idéologie de la société, qui est en effet résolument conservatrice, conçoit les divisions dont elle décrit l'ajustement comme des «ordres», c'est-à-dire des groupes considérés comme immuables, délimités par des frontières difficiles à franchir."2 : l'état de la société décrit dans la Geste de Sundjata contredit fortement le texte de la charte. À cet égard, la charte de Kurukanfuga, parfois assimilée à celle de Manden, et qui daterait de1236, telle que retranscrite par le CELTHO, (Center of Linguistic and Historical Studies by the Oral tradition) en 1998 ne mentionne pas l'abolition de l'esclavage mais seulement dans son article 20 l'obligation pour les maîtres de se comporter humainement3. La charte du Manden fait l'objet d'un intérêt marqué en Afrique de l'Ouest et en particulier au Mali4. Son ancienneté prétendue en fait un argument localement fort pour lutter contre l'esclavage5. D'un point de vue historique elle soulève de nombreuses questions, à commencer par celle de la fiabilité des sources orales, de leur reconstruction et de leur réinterprétation durant l'histoire"

En effet de quoi parle-ton que l'entrée dans l'histoire fait référence à l'émergence de l'idée de liberté dans les élites et dans les peuples comme condition première de l'organisation sociale....et non de codification bigotte des soumissions.

L'on a vu avec fracas comment les Tunisiens, les Egyptiens pouvaient rentrer dans l'histoire en venant contester toute la structuration sociale antérieure politique et civile synonyme chez eux de corrution et le vent de la liberté que ces peuples ont ressenti, ce sentiment de pouvoir être l'arbitre et l'acteur en dernier ressort de leur propre destin est plus prégnant que n'importe quelle restauration.

Et ce que l'on a vu met en évidence ce qui ne bouge pas quand bien même la référence à l'homme africain est à connotation raciste.

Bref si en afrique l'histoire de la colonisation en divisant les tribus freine l'émergence des peuples dans le contrôle de leur propre histoire et que nous avons une responsabilité directe dans le maintien de ces situations, j'aimerai savoir su une personne cultivée peut répondre simplement à cette simple question: dans quelle région du monde l'aspiration à la liberté a été plus forte que l'organisation clanique..

Madame Taubira fait un contre sens historique, le grand islam nous a transmis via l'espagne puis nos monastères et les précepteurs principalement les écrits des civilisations grecques et latines, de la notion de citoyen libre et de cette culture a émergé face à l'absolutisme la revendication de la liberté, ce qui nous a permis de sortir intellectuellement de la gangue dominatrice de l'organisation féodale légitimée par la religion et c'est ce de ce que nous avons fait de cette appropriation qui fonde ce que nous nommons l'histoire, c'est à dire le regard au nom de certaines valeurs que nous portons sur le passé.

C'est un regard politique que nous portons sur les autres et leur organisation politique et sociale et à l'aune de ce regard à moins de renoncer à nos propres valeurs tout n'est pas égal par ailleurs.

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