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De qui parlons nous ?

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Dans l'alchimie, il est courant de parler de l'oeuvre au noir, ou encore nigredo. De la nécessité de noircir. C'est qu'une forme de destruction est nécessaire pour la création. Bien entendu l'erreur douloureuse consiste à bien trop détruire, et ne plus créer. C'est ce défaut qui a souvent fait de beaux mouvements insurrectionnels de simple puissances réactionnaires. Nous ne pouvons en effet pas nous contenter de "réagir" aux pressions et aux amalgames qui sont en train de nous cerner. C'est étrange par contre que l'aspect liberticide des institutions contemporaine ne commence à échauffer les consciences que maintenant. Pourquoi est-ce que je dis nous ? Lorsqu'un pays sacrifie ses capacités de liberté sur l'autel de la surveillance à tout crin, c'est tout ses habitants qui subissent la diminution. Les scénarios de la science fiction d'anticipation ne nous ont donc servis à rien, nous sommes face à un pouvoir implacablement panoptique, un monstre froid numérisé... Sur la frange du désespoir, nous y sommes depuis un long moment. Sitting on the dock of the bay. On regarde les dictatures passer. Lorsque soudain une poignée de jeunes cherche à rêver, c'est tout le ventre mou des socialismes bon teints et des psychofrigides de l'autre bord qui se resaisi pour leur vomir dessus. Comment détourner un flux ? Certes on ne peut pas prendre une vague de plein fouet. Tout bon surfeur le confirmera.

Alors, ça y est ? C'est aujourd'hui que nous n'avons plus le droit de ne désirer être ni à gauche ni à droite ? Nous sommes forcés de voir nos désirs incarcérés dans le petit espace d'un hémicycle ? Il faut deux hémisphères pour faire un cerveau, pour essayer d'étendre la main vers une vision.

 

Vous pouvez lire en plus grand format le texte ci dessous à l'adresse : http://coltard.blogspot.com/

 

 

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Tous les commentaires

Intéressant, cher Damien, cet "an-archique" d'Annick de Souzenelle. Quelque chose à voir, peut-être, avec Michel de Certeau, son "archéologie du savoir" (dans "L'Ecriture de l'histoire") qu'il définit comme étant «le rapport du logos à une archè, "principe" ou "commencement" qui est son autre»...

La question de la dictature est posée comme hypothèse pour un avenir qui n'est peut-être pas si éloigné que ça. Le cadre est prêt, la plupart des figurés citoyens sont prêts, les relais idéologiques sont prêts. Tout va pour le mieux dans le pire des mondes. La peur domine dans les rapports aux autres, crainte obsessionnelle de l'avenir dont on s'affranchit à travers la préservation des repères, à tout prix y compris à celui d'une liberté dont ne sait plus quoi faire. La peur rassure celui qui se contente de ce qu'il est.

"Le cadre est prêt, la plupart des figurés citoyens sont prêts, les relais idéologiques sont prêts." Tout à fait juste, Jfcoffin. Sommes si loin de la situation de pays où des guerres civiles d'un nouveau genre (élimination ou mise au pas d'une partie de la population par une autre) ont pu "prendre" tout à coup ? Ne s'est-il pas révélé que certains dans ces pays préparaient depuis longtemps les clivages nécessaire à ces embrasements? Comme l'a dit à peu près dit Poutine ( je crois) à propos de la Georgie : depuis le temps que nous travaillons ce pays (la Russie) au corps, il ne va pas protester.
La référence de Patrice Beray au regretté Michel de Certeau, plus haut, me fait aussi dire que le recul de la réflexivité fait partie de ce contexte favorable. Recul de la lecture d'ouvrage réflexifs par les étudiants en sciences humaines, sociales, en travail social, eux qui sont les actuels et futurs citoyens, et pour beaucoup les futurs agents de l'Etat.Ceci avec l'accord tacite de la plupart de leurs enseignants ou formateurs, qui s'alignent sur le "moins pensant". Analyser demande des outils. Cela s'apprend, comme tout le reste. C'est un effort pour penser contre l'environnement ambiant, contre son propre entourage, contre soi-même et ses premières opinions. Contre la paresse qu'évoquent Kafka et Annick de Souzenelle
La volonté contemporaine d'analyser "librement" et "par soi-même" participe peut-être de ce mouvement que décrivent le billet et ses commentaires. La recherche de sécurité à tout prix conduit à l'évitement du conflit en l'étouffant, même dans notre pensée qui naît. Et le refoulé du conflit surgit par des clivages agis dans le réel, contre l'autre, un peu différent. Maintenons donc analyse critique et la réflexivité ouvertes, ici, entre autres. Le petit humain fait des allers-retours entre sécurité (bras des parents) et exploration de son environnement: qu'adviendra-t-il des bébés panoptisés depuis la naissance ?

Lorsqu'un pays sacrifie ses capacités de liberté sur l'autel de la surveillance à tout crin, c'est tout ses habitants qui subissent la diminution. C'est vrai. Vraie et lucide aussi le commentaire de jfcoffin. Je ne peux m'empêcher de penser à cette phrase de Thomas Jefferson: "Un homme qui est capable de sacrifier une partie de sa liberté pour sa sécurité ne mérite ni l'un, ni l'autre."

Tout à fait d'accord avec cette intervention, jfcoffin et autres, que dire de plus, que ça fait peur ? Je serais tenté cependant de garder espoir, espoir que la roue tourne pour autant qu'on la fasse tourner. Merci pour cet article.

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