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May

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Droit à l'enfant ou droit de l'enfant ?

 

Alors qu'une majorité de Français se dit favorable à l'adoption par des couples de même sexe, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a manifesté son opposition à ce type d'adoption dans ces termes : "On parle beaucoup aujourd'hui d'un concept qui s'appelle le droit à l'enfant mais, pour moi, ce qui est prioritaire c'est le droit de l'enfant", en expliquant que "dans une société qui est en bouleversement, en changement il y a un repère nécessaire, c'est d'avoir un père et une mère."

 

La formule utilisée par l'ancien ministre ne peut pas avoir uniquement un effet rhétorique et, compte tenu de la réalité mondiale, elle doit être prise très au sérieux. En effet, si le système de filiation proposé par Xavier Bertrand doit trouver son fondement dans le droit de l'enfant et non pas dans le droit à l'enfant (comme c’est le cas aujourd’hui pour les hétérosexuels), l'ensemble des couples souhaitant la réalisation d’un projet parental devrait d’abord s’assurer qu’aucun enfant ne se trouve pas dépourvu d’une famille (hétérosexuelle). La reproduction biologique devrait être subordonnée à cette condition : l’enfant déjà né à un droit supérieur à celui de l’enfant à naître.

 

Un récent rapport de l'UNICEF recense 18 millions d'enfants orphelins en Afrique. Le Directeur exécutif du Programme Alimentaire Mondial, M. James Morris a annoncé devant le comité des affaires étrangères du sénat américain que 18 000 enfants meurent de faim chaque jour. De surcroit, l'ONU estime à 300 000 le nombre d'enfants soldats actuellement en activité, principalement utilisés lors des guerres civiles. Dans le monde, des dizaines de millions d'enfants passent une grande partie de leur vie dans la rue, où ils sont exposés aux mauvais traitements et à l'exploitation sous toutes ses formes. Voici la terrible réalité de beaucoup d’enfants pour qui le droit proclamé par le chef de l’UMP est tout simplement inexistant.

 

Selon Xavier Bertrand le droit de l'enfant à avoir un foyer constitué d'un couple hétérosexuel serait supérieur au désir d'enfant des couples homosexuels. Puisqu'il s'agit d'une question extrêmement grave et particulièrement sérieuse, il est difficile d'imaginer que l'ancien Ministre ce soit servi de cet argument uniquement pour exclure les homosexuels de la filiation adoptive. Il faut donc lui exiger d’appliquer ce principe de telle sorte que tous les couples hétérosexuels deviennent les débiteurs de ces millions d'enfants détenteurs d’un droit supérieur à celui du « désir d’enfant ». Autrement, le choix de la reproduction biologique des couples hétérosexuels continuera d’empêcher la réalisation du droit de l’enfant. Une fois que tous les enfants adoptables aient trouvé une famille, composée d’un père et une mère, la reproduction charnelle pourrait redevenir un moyen légitime de filiation. Entretemps, il semble difficile d'opposer cet argument aux couples de même sexe désirant adopter lorsque, de surcroit, ce sont justement ces couples qui par l’adoption international peuvent rendre effectif le droit de l’enfant.

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J'ai entendu, comme vous, les propos de Mr Bertrand. Je pense sincèrement que, en la matière, Mr Bertrand se comporte comme le digne second de son copain de Président: comme un simple d'esprit inculte. C'est ne rien savoir des enfants que de mettre le désir de l'enfant (ses droits) avant le désir de ses géniteurs! Sans désir d'enfant, pas d'enfant, c'est simple!

Que l'enfant, une fois conçu, ait des droits et des besoins, c'est la plus élémentaire des choses. Voir ICI. Le discours de Mr Bertrand ne vise qu'à une chose, une seule, une chose qui n'a absolument rien à voir avec les droits de l'enfant. Je veux parler du but bassement électoraliste qui consiste à flatter la droite la plus réac de ce pays sous des dehors "généreux" visant à sauvegarder les droits des enfants. Mr Bertand ne connait rien aux enfants, il est seulement un animal politique.

Son discours ne repose sur aucune théorie concernant les enfants. Mettre sur un même plan le désir des parents et les droits de l'enfant est aberrant et nul. Je lui propose de lire un livre de Mme Dolto, "La cause des enfants" pour, enfin, pouvoir parler sans se prendre ainsi les pieds dans le tapis, à la manière de son autre ami, orfèvre en la matière, Mr Lebfèvre.

Je suis d'accord avec vous. Mais si nous voulons que la parole politique ait encore un minimun de sens, il faut dénoncer des glissement vulgaires, surtout lorsqu'il s'agit des questions aussi fondamentales comme les droits des enfants.
Comme je n'ai jamais vu M. Bertrand manifester son indignation lors de la parution du rapport de l'UNICEF, j'ai voulu tout simplement essayer de le mettre face à ses contradictions (purement électoralistes). Entretemps, les conditions de l'adoption internationale et le refus d'adoption pour les couples de même sexe continuent à constituer un obstacle supplémentaire au droit de l'enfant si ardemment brandi par l'ancien ministre.

Au travers du regard que je porte sur l'actualité et les actions de ce gouvernement, j'ai le sentiment constant d'un total désintérêt pour tout ce qui concerne l'enfance. J'irai même plus loin en disant que Mr Sarkosy, depuis des années, instrumentalise les enfants, à commencer par les siens propres. Voir ici. Comment, dans ces conditions, peut-on imaginer qu'il les défende?

Honnêtement, je suis plutôt du côté du "droit de l'enfant" que du "droit à l'enfant"... et je trouve que qqch n'est pas faux. L'enfant ne doit en aucun cas être considéré comme un droit sociétal, un signe extérieur de normalité ou de réussite, un repère social....

Cela dit, absolument pas d'accord sur l'usage totalement tiré par les cheveux et dérivé de sa notion intrinsèque qui en est fait par Xavier Bertrand. Si je considère que le droit DE l'enfant doit primer sur le droit A l'enfant, c'est tous azymuths et sans considération a priori sur le type de famille (homosexuelle, hétérosexuelle, monoparentale...) qui serait censée être mieux pour le bien de l'enfant.

Cela vaut pour tout le monde, aussi bien les couples stériles que les couples mono-sexuels ou les non-couples. Le droit à l'enfant n'existe pas. Mais le bonheur de l'enfant, l'amour qu'il peut recevoir, les chances qui peuvent lui être données, et ce qu'il soit adopté ou naturel, sont les seules choses qui devraient compter.... quand, disons, pour une raison ou une autre, on n'est pas en mesure de procréer soi-même, et même, finalement aussi, quand on est en mesure de le faire !

grain de sel,

"Le droit à l'enfant n'existe pas." Si vous sous-entendez que l'enfant n'est pas un objet, je vous rejoins bien évidement. Mais comment qualifier "l'envie de faire un enfant, le plaisir de vouloir un enfant, le désir d'avoir un enfant"? N'est-ce pas de l'ordre d'une forme de droit à avoir un enfant, une sorte de droit à l'enfant?

Les droits de l'enfant sont essentiels, indiscutables, mais où ranger de qui est du ressort des adultes, l'envie, le désir, le plaisir? C'est une réalité. Où la mettre?

Peut-on imaginer l'épanouissement d'un enfant en absence de "gratification narcissique" de l'adulte? Ne sont ce pas deux choses qui vont ensemble?

Quand vous écrivez : "Mais le bonheur de l'enfant, l'amour qu'il peut recevoir, les chances qui peuvent lui être données, et ce qu'il soit adopté ou naturel, sont les seules choses qui devraient compter" je vous suis...mais je pense aussi à ce qui me semble être le plaisir légitime de l'adulte qui l'assume. Non?

Je parlais de quand pour une raison ou une autre il ne pouvait pas en avoir..... Le "droit à l'enfant" n'existe pas. Le "désir d'enfant", oui, bien sûr. Ce n'est pas la même chose !

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