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May

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La fin de la Sécu ?

Le système de Solidarité mis en place à la Libération est mis à mal par l’évolution économique et sociale dans un univers sanitaire transformé par les progrès biotechnologiques. Les coûts de la santé explosent et représentent maintenant 11% du PIB en France (206 milliards d’€ en 2007). L’accès au soin devient de plus en plus inégalitaire, par rapport à une demande et une offre qui explosent, ce qui est en contradiction complète avec les finalités de couverture des soins par la Sécurité Sociale. 

 

Deux livres sont parus cet été 2009 pour exprimer ce constat, ouvrages signés par Jean-Michel Laxalt, Président de la MGEN, et Didier Tabuteau, professeur à Sciences Po, deux experts reconnus sur le Plan des Politiques de Santé :

 

Jean-Michel Laxalt « Et si demain la Sécurité Sociale éclatait » Jacob-Duvernet

Didier Tabuteau « Dis, c’était quoi la Sécu ? » L’Aube

 

L’amélioration des conditions de vie, d’alimentation et d’hygiène se conjugue avec l’accroissement de l’efficacité de la médecine pour provoquer un vieillissement explosif de la population, dont l’espérance de vie croit encore d’un trimestre par année. La banalisation de la consommation de soins rend impossible le contrôle et la régulation du financement du Système de Santé, dont les modalités d’organisation et de gestion sont devenus totalement obsolètes.

 

Le constat des deux auteurs converge d’autant mieux que l’ouvrage d’entretien de Jean-Michel Laxalt commence par un dialogue avec…Didier Tabuteau, dont l’essai contient sans doute tout ce qu’il n’a pu dire ou faire passer dans l’autre ouvrage.

 

La Sécu est donc mise à mal. Pour les deux auteurs, les décisions politiques qui se profilent risquent d’accélérer la crise de notre solidarité nationale.

 

L’intérêt des deux ouvrages est de mettre en perspective l’importance des choix et des réorganisations indispensables : Solidarité et/ou Assurance, telle est l’alternative. L’orientation du Pouvoir Politique actuel est claire : il faut aller vers plus d’assurance (pour limiter les prélèvements obligatoires), mais, si possible, en conservant système de solidarité, (préserver une couverture minimale pour les plus pauvres ou éviter un affrontement brutal avec les partisans de la solidarité ?).

 

L’autre questionnement concerne le fonctionnement du système de soin lui-même. Public et/ou Privé, tel est l’autre choix. Le Service Public Hospitalier est comme jamais sur la défensive. Les investisseurs privés clament haut et fort qu’ils sont beaucoup plus efficaces. Tout en passant sous silence les dysfonctionnements croissants de l’organisation des soins de ville pratiqués par des professionnels avec un statut « libéral ». Tout en évitant les questions sur le refus de soins et les dépassements d’honoraires, qui provoquent l’inégalité croissante des réponses aux besoins en fonction de la solvabilité des malades. Tout en éludant les contraintes de continuité d’offre de soins dans le temps et l’espace (notamment urgences et déserts médicaux…).

 

L’échange entre Claude Bébéar et Jean-Michel Laxalt est passionnant. Plaidant l’efficacité des systèmes assurantiels et de la gestion privée, Claude Bébéar souhaite ouvrir au marché le contrôle de flux financiers considérables où il y a du grain à moudre et des profits à engranger pour le secteur de l’Assurance. Les arguments pour une meilleure efficacité ne sont pas dénués de pertinence. Cependant, Claude Bébéar passe sous silence deux arguments :

 

1. Le système public de solidarité et de soins est devenu une machine bureaucratique, contrôlée par un corpus réglementaire et enserrée dans des contraintes corporatistes : il existe donc des marges de progrès considérables pour le Service Public.

2. La recherche du profit entraîne inéluctablement des dérives que la crise actuelle illustre au plus haut point.

 

Une perspective intéressante est ouverte par le dernier dialogue du livre de Jean-Michel Laxalt. Un éminent sociologue, Michel Wieviorka, met en évidence une évolution des personnes dans la société :

 

« Pour en venir aux questions de fond que vous formulez, la première qui se pose à nous revient à se demander si nous vivons dans une société atomisée ou non. Derrière cette formule se profile l’idée d’un monde, ou de façon plus limitée la société dans laquelle nous évoluons, s’affirme comme de plus en plus individualiste et que l’individualisme progresse de manière essentiellement négative. Individu rime avec égoïsme ; les individus seraient passifs en dehors de ce qui concerne leurs seuls intérêts. L’individu est un homo economicus qui cherche à maximiser son profit, son intérêt, son utilité…Mais ce que nous appelons individu revêt également une autre face…Je parle plutôt de « Sujet »…Le Sujet est l’individu qui entend être maître de son expérience, maîtriser son existence. Être Sujet individuel n’interdit pas le choix de s’engager collectivement…

 

Comment puis-je être Sujet de ma propre existence, si je n’admets pas que les autres êtres humains puissent l’être également ?...

 

L’idée de Sujet peut aussi se prolonger par celles de responsabilité collective, de citoyenneté, de participation à la vie de la Cité, de solidarité, beaucoup plus facilement, me semble-t-il, qu’avec l’idée d’un individu rationnel qui consomme et qui jouit. Ainsi la poussée contemporaine de l’individualisme présente deux dimensions : la première correspond à la volonté d’accéder aux fruits de la modernité,…la société de consommation ou la société du spectacle,…la deuxième face correspond à des Sujets soucieux de produire par eux-mêmes leur expérience et conscient que cela n’est possible qu’en considérant l’effort et le droit des autres à se construire. »

 

Sujet et non consommateur, je revendique d’être l’acteur de ma santé et de ma fin de vie, tout en rendant hommage à l’aide apportée par les professionnels compétents et dévoués que je consulte. Si cette évolution de comportement individuel se multiplie, elle aura d’importantes incidences sur les choix dans le système de santé.

 

Les deux ouvrages posent le problème de la Santé Publique sur le plan des valeurs et finalités que l’on recherche. L’organisation du système sanitaire sera-t-elle de nous permettre de conserver la santé, mourir en bonne santé, en quelque sorte, dans un environnement solidaire? Ou bien, un système de soins qui optimise des processus gérés par les acteurs professionnels et les entreprises, sous le contrôle financier des investisseurs et des assureurs, maximisant la rentabilité de leurs investissements ?

 

La puissance des pressions sociales et économiques entraînées par la situation présente, l’ampleur des enjeux et l’universalité des questions à résoudre, les questionnements éthiques entraînés par les progrès de la science et des techniques biomédicales font que le débat collectif ouvert depuis les États Généraux de la Santé ne peut se clore.

 

 

 

 

 

 

 

Tous les commentaires

Bon article ramenant le débat vers les principes tout en gardant en tête la problématique économique. Merci

"le débat collectif ouvert depuis les États Généraux de la Santé ne peut se clore". Ne croyez-vous pas que - en tant que débat qui n'était d'ailleurs que très partiellemnt collectif - il est déjà clos avec la fin de partie législative de H P S T. J'attends le livre de Didier Tabuteau (en commande); j'espère qu'il nous rappelera deux documents officiels de 1994 , missions déclenchées par Monsieur Balladur (déjà lui): - "le financement de la protection sociale" - "Livre blanc sur le système de santé et d'assurance maladie" sous la direction de Raymond Soubie (vous voyez ce que je veux dire). 15 ans déjà! c'est peut-être rassurant ; je pense qu'il sera plus difficile de mettre la Sécu en retraite que les séniors de 56 ans.

L'inconvénient du débat que vous abordez est l'importance du non-dit et le réflexe de tout renvoyer sur la faute des autres, à commencer par l'Europe. . Une information importante est passée inaperçue il y a quelques années. Elle précisait la fin du monopole de la sécurité sociale en France. http://www.istravail.com/article49.html . Depuis plus rien, ou presque, mis à part quelques rares émissions sur la mise en oeuvre de la concurrence. . Le lien permet de faire des recherches apprenant que les syndicats et le Conseil économique et social ont été consultés. Les salariés apprécieront. . La date de de la modification du code de la mutualité et du code de la sécurité sociale (entre les deux tours de la présidentielle) comme le procédé employé (par voie d'ordonnance évitant ainsi le débat public) font que le comportement et le silence gardé des partis politiques et des syndicats est très décevant. . Un tel silence au regard d'un dispositif permettant de mettre en concurrence la sécurité sociale dans les textes et de l'ignorance de l'opinion depuis des années me semble assez dangereux. . Le système actuel est fondé sur la répartition. La défaillance ou le refus d'un gros contributeur menace le système et pourrait le mettre en cessation de paiement. . L'existence d'une législation permettant d'envisager son retrait du sytème général est de nature à inspirer des entrepreneurs. . Certains s'y sont déjà risqués. La loi étant incohérente puisque le code de la sécurité sociale impose toujours une affiliation quand le code de la mutualité permet de s'en soustraire. La sécurité sociale joue donc sur le confusion en l'absence de jurisprudence du conseil d'Etat, de la Cour de cassation. . La sécurité sociale bénéficie également de moyens juridiques que n'ont pas les petits entrepreneurs. . Cette situation n'est que provisoire et fragile. . La sécurité sociale ne doit pas se croire à l'abri par ses victoires faciles sur les petits entrepreneurs téméraires. Le danger ne vient pas d'eux. Il vient des grosses sociétés qui ont un pouvoir financier et des moyens juridiques aussi important qu'elle, sinon plus. . La délocalisation des sièges sociaux, moins visible que celle des usines mais autrement plus efficace pour échapper aux obligations légales, devra inquiéter les observateurs. Cette délocalisation est un signe précurseur de l'halali de la sécurité sociale. . Le peu d'intérêt du gouvernement pour les ouvriers, les salariés et les employés modestes ou moyens et sa passion à fréquenter les milieux financiers devraient éveiller l'attention des organisations salariales. . La gabegie passée des administrateurs de la sécurité sociale relevée par la Cour des comptes ne milite pas en faveur de la sécurité sociale et le gouvernement ne manquera pas de s'en servir comme d'un argument pour excuser la sortie des grosses entreprises, qui me semble assez prévisible depuis des années. . Tout cela est maintenu sous le boisseau. C'est un tabou. Merci de l'avoir écorné. . Je dois avoir tort de m'en inquiéter pour avoir le sentiment d'être seul à penser cela. Serions nous deux dorénavant ? Le début d'une prise de conscience...

Juste une précision. Les deux textes intéressant le débat sur la sécurité sociale : La transposition par ordonnance est noyée dans une loi d'habilitation visant près d'une centaien de textes : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000403595&fastPos=1&fastReqId=655903114&categorieLien=id&oldAction=rechTexte . Le texte de l'ordonnance de transposition. Les signatures sont hautement symboliques pour ceux quis 'interrogent sur le PS actuellement. A rapprocher de la Loi Quillès à propos du démantèlement des PTT. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000580325&fastPos=1&fastReqId=1079466609&categorieLien=id&oldAction=rechTexte . Ces deux textes permettent d'imaginer la liberté d'action et de manipulation d'un président néo libéral face à une opposition pareillement compromise. . Le problème du PS n'est pas idéologique. L'avenir de la gauche est entravé par les compromissions du passé et la trahison des ménages modestes que de pareils textes viennent attester. . On peut également s'interroger sur le silence étonnant de la presse à propos d'un pareil débat.

"La Sécu est donc mise à mal. Pour les deux auteurs, les décisions politiques qui se profilent risquent d’accélérer la crise de notre solidarité nationale." ..... RISQUENT !!!! C'est pas possible

Merci Ohl-Juchs de nous révéler, qu'entre les deux tours des présidentielles, par ordonnance, De Villepin-Chirac ont signé un arrêt de mort qui menace la SÉCU, sans le moindre débat public. Les néo-cons français n'ont pas attendu l'élection de Sarkozy pour mettre en oeuvre leur politique néo-libérale, depuis 2002, ils sont à l'oeuvre avec Chirac-Raffarin-Fillon la France d'en haut, la France d'en bas, Depuis 2007, c'est la droite décomplexée qui a mis le turbo, la crise financière et économique ne va pas les arrêter, bien au contraire....

Désolé Laurent, mais si tu lis l'ordonnance, tu verras qu'elle est signée par Lionel Jospin.... Villepin, c'est en 2005

Les livres sur les dangers encourus par la Sécu ne manquent pas et je pense qu'ils ont posé le problème de façon plus pertinente que les deux dont il est question. Ils constataient : - que le trou de la Sécu, comparé à celui de l'Etat, est un petit trou : parler de "trou abyssal de la sécu" est une supercherie - que ce trou est volontairement creusé par les politiques gouvernementales de gauche comme de droite depuis une vingtaine d'années, en accumulant des mesures de suppressions de charge qui prive de recettes la Sécu. - que la seule solution, mais automatiquement refusée par ces gouvernements, est l'augmentation des cotisations. Il est curieux de donner la parole à Claude Bébéar, de lui laisser dire que les assurances privées sont plus efficaces que le régime de santé publique sans lui indiquer que ce dernier absorbe 10% (dernière estimation) du PIB en ayant des résultats universellement reconnus, tandis que le système privé de santé des USA coûte 16% du PIB avec des résultats particulièrement médiocres.

La droite libérale saborde notre sécu ( à ohl-juchs, je rappelle que la sécu était à l'équilibre en 2001 sous Jospin) et si vous voulez savoir quel est son projet pour après , je vous conseille la lecture d'un article de Kessler (2001) sur le site du MEDEF ... tout y est !!! http://www.medef.fr/main/core.php?pag_id=414 M Kessler oublie juste de dire que les opérateurs privés feront des bénéfices qui péseront d'autant plus sur les couts, que les paniers de soins et la régulation se feront surtout sur la base du rationnement des soins sans qu une prévention de qualité ne soit mise en place Pendant ce temps - quid des couts indus des maladies professionnelles non reconnues sur les compte de l'assurance maladie - quid du cout des médicaments (premier consommateurs mondiaux avec un visiteur médical pour 3 médecins) - quid des exonérations et de la baisse des recettes liées à la hausse du chomage - quid du système de T2A (tarification hospitalière à l'acte) qui induit une véritable course à la production d'actes de soins (et non d'actes de santé) - quid des différences de statuts des médecins hospitaliers publics et privés ... .. je pourrais continuer longtemps sur les aberrations du système de santé qui nécessiterait une véritable réorganisation Même les conservateurs canadiens sont convaincus que le système de santé doit rester collectif, même M Sylvestre de France inter (ne pouvant être taxé de gauchisme) nous avait avoué au lendemain d'un gros problème cardiaque son attachement à la sécu . En revanche , les financiers français comme M Bebear par l'odeur du budget de la sécu alléché n'ont de cesse que de lui faire lacher son fromage (vous vous rendez compte , le budget de la sécu est plus gros que celui de l'état et il circule en dehors des marchés privés) Notre sécu est née au lendemain de la guerre , quand on y pense , la création de ce système est un truc extraordinaire , la perdre serait une catastrophe sans nom

Je n'ai fait que souligner le signataire d'une ordonnance sur laquelle le PS n'a pas beaucoup communiqué malgré ses incidences très importantes. . Vos propos auraient mérité de s'insérer dans le débat dont nous avons été privé à cette époque. . Je suis tout à fait d'accord avec vous pour dire que la perte de la Sécu serait "une catastrophe sans nom". . Je me distingue de votre analyse en pensant - prioritairement à une filiation historique ou idéologique - à la trahison des assurés au regard de l'ignorance de l'évolution des textes dans laquelles ont les a maintenus. Par ailleurs, a Sécu existait sous Vichy (1) qui adopta des mesures préparées avant guerre. . Il semble nécessaire au politique de recouvrir sa légitimité et sa crédibilité en posant à plat les termes d'un débat dont il a maintenu l'opinion dans l'ignorance. . Il est légitime que vous stigmatisiez le comportement libéral. Vous avez raison et vous êtes dans votre rôle, mais il n'est pas le seul à en être responsable. Loin de là. . Pourquoi le PS n'a pas jugé utile de développer un débat parlementaire sur la Sécu en 2001 et a préféré faire passer une réforme de cette importance en catimini ? . En agissant de la sorte, il a rendu service aux gens que vous stigmatisez dans votre commentaire. C'est paradoxal de rejeter la faute d'une menace après avoir agi efficacement à la rendre possible. C'est d'autant plus incompréhensible que vous m'affirmez "je rappelle que la sécu était à l'équilibre en 2001 sous Jospin". . Comme pour les lois Quillès pour la Poste (les fonctionnaires de FT en souffrent), le PS avait, à mon sens, les moyens de ne pas cautionner la logique néo libérale. Au contraire, il y a contribué et de façon sournoise, en évitant ou détournant le débat. Cette complicité de la gauche à répondre aux sirènes du néo-libéralisme s'est encore illustrée dans la libéralisation des marchés boursiers dont elle se plaint aujourd'hui des dérives. Gouverner c'est prévoir. . Il aurait été plus judicieux de nous dire qu'elle est la situation actuelle et quelles sont les propositions du PS pour y remédier. Vous auriez alors répondu à l'attente de l'électeur que je suis et qui partage les soucis et les angoisses du monde médical. . (1) La période de l'Occupation est marquée par l'extension de la protection sociale et fait date dans l'histoire de la sécurité sociale. C'est pourquoi, les textes promulgués sont prorogés à la Libération. http://www.lavoisier.fr/notice/frSWO2OXLAKSWXS3.html "Étonnamment, l’État français apparaît plus comme un trait d’union que comme une rupture entre l’avant et l’après-guerre." http://www.lien-social.com/spip.php?article208&id_groupe=2

Didier TABUTEAU est Pdt de la Chaire Santé de Sciences Po Paris, son livre est en vente dans les librairies autour de l'IEP. Je l'ai lu et ai retenu l'impossibilité à rendre compatibles les courbes de financement des activités de soins et la demande de soins. En gros, quoi que l'on fasse, les besoins de santé seront toujours plus forts que les capacités de leur financement collectif. Indépendemment des reflexions intellectuelles sur droite/gauche, Jospin/ Bébéar etc..., on est obligé de constater que les maladies chroniques (Affections Longue Durée) absorbent la ressource de l'assurance maladie, d'autant qu'elles sont prises en charge à 100%. Or, il semble compliqué de faire peser sur les complémentaires une partie de la charge des ALD car cela ferait exploser la cotisation de tout le monde... Sachant que ce sont les personnes très agées qui concentrent les ALD et que leur nombre est en train d'exploser, on ne peut que conclure en disant que l'assurance maladie, bientôt, ne pourra plus rembourser les maladies "courtes" si on m'autorise cette expression. Ce qui est nouveau, c'est que la crise économique, qui, heureusement, s'annonce longue, c'est à dire pacifique, rend incontournables de vrais choix, qui pouvaient, il y a encore un an, être évités par des circonvolutions politico-intellectuelles.... L'enjeu est énorme: si le politique baisse les bras et continue à vouloir peser sur le reste à charge de l'assuré social lambda, celui-ci ne sera plus remboursé de ses soins de base et s'en ira (le droit européen l'y autorise). Cette rupture de solidarité sera mortelle et doit être évitée à tout prix, c'est à dire au prix d'un système de santé refondé, ou aucun euro ne puisse être dépensé sans justification, où les revenus non justifiés du privé soient autant traqués que les rentes de situation et les gachis vertigineux du plublic. Les données médico-techniques et démographiques ont tellement évoluées depuis 1945 qu'il ne suffit plus de vouloir défendre le système solidaire par incantation, il faut le faire évoluer jusque dans ses fondements. Cette évolution, sans toucher jamais aux principes de "les biens portants paient pour les malades" et "chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins", ne se fera pas si le mouvement social n'est pas capable de faire venir les politiques et les assurances sur un nouveau système solidaire ou chacun : patient, soignant, et financeur, y trouve son compte.

Les projections évoquées par Didier Tabuteau montrent qu'effectivement les soins courants ne sont plus couverts par la Sécu dans un avenir relativement proche. Il ne le sont qu'à 50% actuellement. En excluant les soins de confort (cad non vitaux), comme les prothèses dentaires ( à Paris 1000€ par dent, or quand on a 76 ans!!!!), les appareils auditifs (4000€ la paire), les lunettes... Je ne suis pas sur que le lien ALD/âge soit si important. Les ALD (pe cancer, diabète) touchent des populations adultes mais encore jeunes (on est vieux après 75 ans). Il en est de même des soins psychiatriques, où les soins se cumulent avec l'impossibilité d'avoir une activité professionnelle. Par contre il est un problème angoissant : la dépendance très mal couverte par l'APA. À charge des familles, l'hospitalisation en soins longue durée est facturée 100€ par jour à l'AP-HP, en EHPAD, moins en moyenne, sauf à Paris où les prix de journée montent jusqu'à 150€. Or la retraite médiane est de 40€ par jour! Ces dépenses là sont hors dépenses de santé dans les comptes actuels. Une récente chronique de Monsieur Bas est inquiétante : un tour de passe-passe (journée solidarité) plutôt que de faire un bilan effectif.

Tiens c'est plutôt marrant ça, la sécurité sociale serait en péril en France, alors qu'aux USA Barack Hussein Obama est progressivement en train de l'instaurer, fortement inspiré en cela par les documentaires de Mickael Moore vantant les mérites de notre système. Le monde marche vraiment à l'envers des fois. Les mutuelles de santé Françaises, à la différence des compagnies d'assurances, ont des fonds propres à faire pâlir d'envie la Suisse et le Luxembourg réunis, mais à part ça tout va mal madame la marquise. @ +NEO-

Pourquoi dire du mal de ce gentil gouvernement pour une simple question de couleur ? Franchement, c'est très méchant... Vous êtes de méchants opposants par pur principe ! . C'est pourtant très simple : quand vous aurez des problèmes de santé, au lieu de sortir votre Carte verte, vous sortirez votre Carte bleue... et pis c'est tout ! (si vous êtes très, très malade, allez jusqu'à la Gold amère, vos enfants paieront... plus tard)

" La banalisation de la consommation de soins rend impossible le contrôle et la régulation du financement du Système de Santé, dont les modalités d’organisation et de gestion sont devenus totalement obsolètes." .... Je trouve fausse cette affirmation. De plus elle est propagée par tous ceux qui veulent la mort de la Sécu. Il faut aller au secours de "ce truc extraordinaire" comme le dit si bien Françoise Mesnard. Il faut dénoncer "le complexe médico-industriel" qui a, par exemple, obtenu du gouvernement Raffarin que les industries pharmaceutiques puissent, de fait, fixer librement le prix des nouveaux médicaments. Ainsi certains médicaments qui améliorent légèrement les anciens voient leurs prix multipliés par un coefficient compris entre 10 et 100. A lire Le complexe médico-industriel ATTAC, mille.et.une.nuits Santé Assurance maladie Quelles alternatives au néolibéralisme, ATTAC mille.et.une. nuits Le grand secret de l'industrie pharmaceutique, PPignarre, La découverte Comment sauver (vraiment) la Sécu "" "" "" "" ""

Je ne connais pas le livre de Didier Tabuteau mais je trouve ce type de raisonnement destructeur car la sécu est un choix politique et si on fait ce choix politique , on se donne les moyens de la garder . Il y en a assez de donner des arguments techniques pour justifier des choix politiques !! alors on dirait que nous gardons un système de santé collectif 1 - on redessine notre système de soins qui marche par dessus la tete pour en faire un système de santé en partant d'une étude des besoins de santé et non de la seule maitrise comptable d'une offre de soins existante 2 - on revoit effectivement les recettes du système pourquoi la gauche avait elle réussi a remettre les comptes de la sécu à l'équilibre quand la droite ne cesse de creuser les déficits ?

Bonjour Francoise Mesnard Je viens de lire d'une traite le livre de Didier Tabuteau .Il faut bien entendu un titre accrocheur de nos jours, pour vendre. Je n'ai pas compris que l'auteur annonçait la "mort" de la sécu comme inéluctable mais qu'il s'agissait d'une alerte aux "hommes de bonne volonté" pour mobiliser sur "l'indispensable refondation du système de santé". C'est bien un choix politique ... dont il ne faut pas laisser l'exclusivité ...aux "politiques". Si seulement ,certains se mettaient au travail pour démystifier les labyrinthes des régimes, caisses, prestations,cotisations ,commissions ...et tous ces machins où siègent des notables "initiés" qui n'ont pas envie que "le peuple" y comprenne quelque chose. c'est évidemment plus simple et plus "commercial" de tirer sur les ambulances de la santé

Sauf que, si les financiers privés (pléonasme !) prétendent mieux gérer la Sécu. et l'Offre médicale… Ce ne sera jamais pour en améliorer le fonctionnement, mais pour en tirer des profits privés. La contradiction est d'importance. À l'appui de cette simple remarque, il suffit de considéré les retards de financements de la Sécu. par des instances privées : La caisse agricole doit 16,5 milliards €, les entreprises privées 22… il est vrai que l'État lui doit encore 5 milliards €. On pourrait même suggérer qu'avec de si mauvais payeurs, la Sécu. s'en sort plutôt bien ? Et si vous avez entendu ces acharnés réformateurs parler du remboursement de leurs dettes sociales… ? Voilà donc pourquoi ils sont de meilleurs gestionnaires et qu'on devrait leur faire confiance. Je crois que nous vivons dans une société de l'esbroufe des bonimenteurs, dont le seul critère, la seule justification, est l'énormité des profits privés; tout le reste ne vaut pas tripette, et on peut dire n'importe quoi.

"La caisse agricole doit 16,5 milliards €, les entreprises privées 22… il est vrai que l'État lui doit encore 5 milliards €." Intéressant ! pouvez-vous préciser les acteurs : caisse agricole = MSA ? - entreprises privées (lesquelles ?) . Et aussi dire s'il s'agit de dettes à régler ou de conflits sur les contributions dûes. "La sécu ,c'est quoi ?"

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