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Ouf, la crise est finie

Le risque est derrière nous. Tel est le cri des survivants du Tsunami, avant de prendre conscience des dégâts de la vague meurtrière. C’est ainsi que j’interprète les déclarations de Madame Christine Lagarde et les analyses de Marc de Scitivaux, rapportées par le JDD d’aujourd’hui. Le grand soupir de soulagement émis par les Médias face aux réactions de la Bourse, suite aux décisions de sauvegarde les institutions financières par le gouvernement Fédéral Américain, traduit le soulagement après la panique de la semaine noire. Des consignes sous-tendent inévitablement une telle unanimité de la Presse.

L’excellente analyse de François Morin (Médiapart 18/9) montre que les échanges financiers représentent 45 fois les échanges marchands. Le volume global des transactions financières annuelles était en 2005 de plus de 2000 T$. Aucun chiffre précis n’est confirmé, mais les en-cours pourris en stocks se chiffrent en T pour téra (millier de milliards) dollars. L’injection d’argent frais par le Trésor US entre 0,5 et 1,0 T$. Rien ne prouve que ces sommes constituent une injection d’argent frais suffisante pour purger les bilans des établissements financiers.

Qui va payer ces sommes fabuleuses :

•    Les banques ? Elles confieront aux Pouvoirs Publics des reconnaissances de dettes douteuses, qui s’apparentent aux emprunts Russes que les personnes de ma génération ont découverts avec étonnement dans les tiroirs de leurs grands-parents.
•    Les banquiers ? Ils sont virés actuellement avec de généreux versements : qui osera leur réclamer quoique ce soit.
•    Les spéculateurs ? Ils ont mis à l’abri une part de leurs gains dans des valeurs refuge, même si, pour une part, leurs portefeuilles de produits financiers sont brutalement érodés par la crise.
•    Les contribuables ? Voilà les gogos de l’opération, car le Trésor n’a d’autre solution que de ponctionner le citoyen, l’emprunt n’étant qu’un décalage dans le temps du règlement de la dette.

Aux conséquences directes, dans l’immédiat 2000$ par Américain (8000$ pour un foyer de 4 personnes), s’ajoutent les conséquences indirectes considérables de la crise financière qui devrait déstabiliser les systèmes de production et d’échanges, avec des effets de chaînes complexifiés par la mondialisation.

La crise n’est donc pas finie et ses conséquences seront douloureuses quelque soit la résilience des systèmes et des acteurs.

Le pire des dénis, c’est d’affirmer que les institutions financières Européennes et Françaises sont en dehors de cette secousse. Il est certain que le Trésor US ne rachètera pas les créances douteuses des établissements étrangers. Donc, le contribuable Français (Allemand, Britannique…) sera appauvri par cette crise dans des proportions analogues à celle des citoyens Américains.

Le silence de nos dirigeants économiques et politiques Français en face de cette situation est étonnant. Il m’évoque celui de Georges W. Bush lors de Katrina. Il constitue une forme de mépris envers ceux qui vont le plus souffrir des errements que cette crise a mis en évidence, d’autant que ces victimes-là n’auront jamais été les bénéficiaires de l’économie « casino ».

Tous les commentaires

Le problème ne fait que commencer. Comme M. Paulson le remarque lui-même aujourd'hui les 700 milliards de dollars résoudront peut être le problème des prêteurs hypothécaires dans les subprimes. Comme des sénateurs le soulignent ils ne résoudront pas le problème des emprunteurs, ce qui veut dire que le marché immobilier continuera à baisser ...et les problèmes à s'accroitre Par ailleurs M. Paulson a souligné qu'ils ne résoudront pas le problème des dérivés de crédit. Et la il ne s'agit pas de centaine de milliards de dollars, mais de milliers, peut être de dizaine de milliards de dollars. Les banquiers avec la complaisance des régulateurs et des politiques ont laissé se développer un marché de finance virtuelle avec des volumes totalement délirants. Les apprentis sorciers ont voulu affirmer que l'économie était une science exacte, qu'ils maitrisaient en faisant étalage de modèles et formules mathématiques pourtant particulièrement sommaires et manifestement démentis par les faits. Ils ont créé des monstres qui menacent maintenant l'économie dite réelle. Elles balaient les banques, les assurances, avant de balayer les sociétés et les particuliers. La question n'est pas de savoir si le contribuable, qu'il soit américain, français ou autre seront appauvris. Elle est de savoir s'il sera ruiné. Et ce n'est pas avec l'autisme souligné par Martine Orange que les solutions radicales seront trouvées.

J'ai seulement pousser un billet d'humeur, point de vue d'un citoyen et non d'un spécialiste. Les propos de Georges de Furfande sont très crédibles. J'y adhère de manière subjective! Le seul point sur lequel j'ai un regard d'un homme d'expérience concerne la modèlisation mathématique, un leurre dans l'extrème compléxité de jeux à acteurs innombrables. Ce qui me choque c'est l'autisme (Martine Orange) et la désinvolture d'une action politique jouant un spectacle et simulant dans la parade scénarisée d'un Zénith une réalité qui, de plus en plus, s'écarte dangereusement du Monde rêvé de nos dirigeants. De nouveaux paradigmes sont nécessaires pour que survive l'humanité, et l'on se contente d'agir sur les effets, lourdes prothèses destinées aux banques, qui va laisser les emprunteurs avec leurs yeux pour pleurer.

Merci pour ce billet d'humeur. Y aura-t-il encore quelqu'un pour venter les mérites d'un marché autorégulateur après ce coup là ? Ou peut être intègrent-ils l'interventionnisme (obligé) du contribuable comme un élément normal de régulation en privatisant les bénéfices et en nationalisant les pertes. En tous cas, le marché s'en réjouit et repart à la hausse. Il parait que c'est une bonne nouvelle...

Votre billet ainsi que celui de POL "l'image de la crise" sont salutaires. Ils alertent sur cette façon « d'enrober » les choses dont les dirigeants politiques pensent asseoir leur pouvoir en disposant de l'information à leur guise. Et au moment où des logiques comptables s’imposent dans de nombreux secteurs, dont l’enseignement, la recherche, l’environnement, c’est à dire là où les investissements seraient prioritaires, le monde de la finance ‘s'effondre’ par des coups financiers et des intérêts particuliers. L’alerte des citoyens me semble être cette réponse indispensable pour que des alternatives s’élaborent et se construisent.

Votre billet prend tout son sel avec le recul. Du haut de nos 26 milliards, vous allez voir ce que vous allez voir.

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