Euthanasie et dignité: pour un débat au delà des mots.
Voilà que la proposition 21 du candidat F. HOLLANDE amène le thème de la dignité de la fin de vie et de l'euthanasie dans la campagne présidentielle et espèrons-le dans celle des législatives. Rapidement, avant que chacun se saisisse de la question et prenne le temps de s'informer et en compte les enjeux de société , de faire la part des positions personnelles, quelques "autorités" ont fermé les possibilités d'un vrai débat démocratique dans le cadre d'une République laïque.Ce ne peut être un mot contre un autre.
La difficulté, voire la quasi-impossibilité à l'application des lois dans le cadre de l'hospitalisation et de la fin de vie devraient nous alerter. Depuis des années un empilement de lois, toutes supposées faire progresser pratiques et attitudes dans ce domaine , en dit long sur les blocages , obstacles et persistances de pouvoirs abusifs qui permettent de faire croire officiellement que tout va mieux. La loi Léonetti,évaluée par son initiateur lui-même, serait la solution "à la française" réglant tous les problèmes. Une loi mal conue! (Léonetti le reconnait d'emblée). La mise en cause du Dr Bonnemaison et la diffusion ce mardi 7 février d'un film sur France 2 (A la vie à la mort) donnent une idée assez juste de la situation dans notre "espace national".
Le pouvoir médical en France doit être défini et encadré de manière plus précise. Il faut encore en de trop nombreuses occasions et lieux, batailler pour que la demande de la personne malade soit exprimée, entendue et prise en compte. Quant à la simple considération et écoute des proches ou personne de confiance (simple démarche administrative?) chacun a ou aura l'opportunité d'en vérifier le caractère exceptionnel.Le travail d'équipe ainsi que le respect de la place et de la parole de tous les acteurs (médecins, soignants, accompagnants...) doit encore passer de la théorie à la mise en oeuvre. Manque de moyens? Rien n'est moins sûr.
Les soins palliatifs vers lesquels sont renvoyées la plupart des questions relatives à la fin de vie sont présentés comme alternatifs à l'euthanasie ou aide active à mourir (pour celui qui voudrait mourir dans sa dignité). Au mieux 20% des besoins sont couverts et répartis inégalement. La mort est toujours l'issue (soins palliatifs ou non) et tous les acteurs sont confrontés aux mêmes demandes et souci du respect d'un droit humain de mourir dans la dignité.
Quelques pistes proposées pour aller au-delà des mots et simplifications toujours dommageables au débat, qui pourtant est plus que jamais indispensable et à la hauteur de l'engagement des candidats (présidentielle et législatives) pour refaire une société d'hommes et de femmes libres et responsables.


Tous les commentaires
Oui, bien sûr, on peut toujours envisager des aménagements de toutes sortes autour de l'accompagnement à la fin de vie. C'est bien, c'est utile.
Mais l'essentiel n'est pas là.
L'essentiel, ici comme pour le droit à l'IVG, comme pour l'abolition de la peine de mort, comme pour le mariage des homosexuels, c'est que, par un très simple article de de loi, il soit reconnu pour chacun, en fin de vie, le droit, à sa demande, à ce qu'il soit mis activement fin à sa vie.
Plus les principes sont simples (droit à l'IVG, abolition peine de mort, mariage homosexuel), plus certains trouvent toutes sortes de raisons pour dégager en touche.
Et surtout, si l'on veut que cette loi soit bien acceptée, ne parlons plus jamais d'euthanasie. Notion trop connotée. Exactement comme la loi sur l'IVG ne parle jamais d'avortement, mot également beaucoup trop connoté.
Cher Michel Philips
OK, ne parlons pas d'euthanasie bien que ce soit de cela qu'il est question.
Le poids des mots est important : dans tous les sens. Je pense qu'aide active à mourir à la demande de la personne est le bon concept puisque c'est soit une aide au suicide, soit une injection létale.
Je vous recommande vivement si vous ne l'avez vu le film d'Anne Gorget :
0h07 c'était ce matin l'heure de diffusion de mon film "A la vie à la mort" (rebaptisé en urgence "Quand un homme demande à mourir"), pour ceux qui n'ont pu le voir en direct, le film est disponible pendant une semaine gratuitement en suivant ce lien: http://www.pluzz.fr/a-la-vie-a-la-mort-2012-02-07-23h40.html
N'hésitez-pas à faire suivre !
Merci,
Anne Georget