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Régis Debray ou le combat de trop.
L’écrivain et essayiste Régis Debray a écrit un ouvrage intitulé « A un ami israélien », où il s’exprime sur le conflit israélo-arabe. Cet intellectuel est un inlassable combattant pour la justice. Quand il était jeune il est parti en Bolivie faire la révolution aux côté de Che Guevara, qui pensait qu’en allumant des foyers révolutionnaires un peu partout dans le monde on finirait par venir à bout de l’hégémonie américaine. Cela n’a pas vraiment réussi, mais l’important était de participer.
Beaucoup de temps s’est écoulé depuis, mais le tenace, le vigilant, l’ardent Régis Debray demeure paré pour combattre l’injustice quel que soit l’endroit du monde où elle se manifeste. Ces temps-ci il a trouvé un adversaire à sa mesure, autrement puissant que le régime bolivien qu’il combattit naguère. Le danger contre lequel il nous met en garde dans son dernier ouvrage au moyen de sa belle plume rappelle par certains aspects celui que mentionne déjà une chronique biblique vieille de 2500 ans, appelée « Esther »: « un peuple dispersé et à part parmi les peuples, ayant des lois différentes de celles de tous les peuples et n’observant point les lois du roi. Il n’est pas dans l’intérêt du roi de le laisser en repos ».
L’avantage du nouvel engagement de Régis Debray, c’est qu’il n’est nullement obligé de voyager pour combattre. L’adversaire est à sa porte, mais aussi aux portes de tous les hommes de mauvaise volonté. Comme rien de ce qui est humain ne saurait être étranger à Régis Debray, son combat vise à ramener dans le droit chemin ceux qu’il caractérise comme des « fanatiques ». Tâche ardue, parce que le magma qu’il pourfend est multiforme, multiculturel, multiethnique et caméléonesque. Certains de ces individus peuvent même être des amis. Mais une majorité de quinze millions de conjurés qui encerclent une minorité de sept milliards d’assiégés est une affaire trop sérieuse pour qu’un intellectuel du format de Régis Debray s’en détourne.
La horde en question se perpétue au moyen de la pensée, ce qui fait qu’au moindre génocide elle renaît de plus belle. A l’occasion elle fait fleurir le désert, et depuis des millénaires pérennise un des livres le plus grandioses jamais écrit. Régis Debray pense qu’il faut réagir, d’autant plus que cette tribu s’est mise à riposter quand elle est attaquée, alors que traditionnellement elle subissait en silence. Cette engeance sera difficile à défaire, parce qu’elle se dissimule maintenant dans un pays expressément si petit qu’on à peine à le trouver sur la carte.
Régis Debray nous invite à faire entendre raison à ce peuple avant qu’il s’avère que Régis Debray se trompe sur toute la ligne, et qu’il n’y comprend rien, comme dit Claude Lanzmann, réalisateur de l’inoubliable « Shoah ».

Tous les commentaires
et n’observant point les lois du roi ...
Voilà qui serait de prime abord, et ... d'emblée, plutôt sympathique
Vous écrivez bien. Exception faite, peut-être, pour la dernière phrase qui est, je dis bien peut-être, un peu lourdingue: avant qu’il s’avère qu'il se trompe.... où, de façon presque drôle si ce n'est révélatrice, l'on ne discerne plus très bien au final qui est qui. Mais peu importe. Vous écrivez bien. Bah, comme Régis Debray, finalement. A tel point qu'on aurait presque envie de dire, pour rigoler hein: Daniel Horowitz et le billet de trop.
(et bonjour à Michel !)
Comme vous l'indiquez Régis Debray aime se trouver là où on ne l'attend pas. Cela est devenu une posture mais son problème est que décidément on n'attend plus du tout Régis Debray.
ça se passe ailleurs...