David Murray, un exemple à suivre
C'était le 12 août 1999, à Marciac. Comme tous les étés, j'avais décidé de passer quelques jours à Marciac lors du festival de jazz "Jazz in Marciac" et de venir écouter David Murray qui devait, ce soir là, se produire en concert avec son big band et revisiter la musique de Duke Ellington.
J'étais arrivé tôt dans ce village gersois pour profiter des nombreux concerts, notamment ceux de la place centrale de Marciac. Et puis, je voulais également savourer tranquillement les délicieuses tartines de foie gras proposées sur place, arrosées d'un toujours réconfortant Côte de Saint-Mont.
Vers 18h, après une bonne ballade autour du lac situé à quelques centaines de mètres de la place, j'avais décidé sur un coup de tête de me rapprocher du chapiteau où devait se dérouler le soir même le concert afin de renifler l'atmosphère et de prendre le poul de la soirée. Excellente initiative puisque au même moment, David Murray apparaissait sur scène avec son big band pour faire une dernière répétititon. J'étais quasiment seul sur ce terrain de football transformé en salle de concert de 5000 places, avec David Murray pour moi tout seul. Dès les premières notes du Big band, la magie du Duke opérait, avec une pincée d'innovation "murrayienne" en plus.
J'ai eu la chair de poule et les larmes aux yeux durant les dix minutes de répétition, une sensation inexplicable qui se produit chez moi tous les dix ans lors d'un concert.
J'ai vu des dizaines et des dizaines de concert à Marciac depuis mais ce moment reste très particulier pour moi et le nom de David Murray, véritable explorateur du jazz, de tous les jazz, occupe une place à part dans ma discothèque et mes souvenirs.
En ce début de mois de décembre 2011, David Murray est annoncé en concert près de chez moi, dans la banlieue bordelaise, accompagné cette fois de musiciens cubains avec qui il souhaite revisiter les standards de Nat King Cole. Nouveau coup de foudre pour ce musicien hors pair, nouvelle sensation d'avoir à faire à un saxophoniste inclassable, qui se remet en cause en permanence, qui n'a pas peur de la nouveauté, qui maîtrise mieux que personne l'histoire du jazz, son infinie variété, son étonnante capacité à se regénérer.
Et si l'avenir du jazz appartenait aux musiciens audacieux, à ceux qui osent franchir les frontières et s'enrichir de la diversité culturelle et musicale qui nous entoure ? David Murray, un exemple à suivre pour les jeunes générations de jazzmen. Et un véritable bonheur pour les amateurs de jazz...


Tous les commentaires
David Murray est un des plus grands saxophonistes contemporains, à la sonorité inimitable, en particulier dans sa manière de jouer dans les aigus ; à la fois novateur et ancré dans la meilleure tradition de la musique noire américaine ; un disciple de Coleman Hawkins, via Sonny Rollins et Archie Shepp.
L'avez-vous déjà vu avec ses amis du World Saxophone Quartet?
Aux côtés bien sûr de Joshua Redman et de James Carter et je ne sais plus combien d'autres excellents musiciens à commencer par Yannick Rieu, et Jean-Pierre Zanella pour n'en nommer que deux du Québec...
http://www.youtube.com/watch?v=n-00h49-YDE
J'étais aussi à Marciac cette année là! L'eclipse du siècle!
Et j'ai revu plus tard David Murray a Jazz à Porquerolles, dans l'écrin du Fort Sainte Agathe il était entouré de musiciens antillais dont des percussionistes fantastiques sur leurs "gwokas".
Un moment magique!
merci de parler de musique
Comme c'est curieux, dès que l'on parle musique, le corps se détend, le coeur s'apaise, on entre soudain dans un monde d'harmonie, bien loin du bruit, de l'agitation...
Merci.
Un petit peu de douceur dans ce monde de brutes...
Avec ma culture musicale minimale,
vous m'aurez fait découvrir un musicien de talent et bien plus.
Merci
C'était comme si on y était, tout est bon dans le Murray, dans toutes ses influences , je l'aime beaucoup en accompagnateur aussi, il souligne très élégamment les voix.
Moi aussi j'etais au Rocher de Palmer, et apres quelques negociations ardues avec le service d'ordre, je suis allée le voir et converser avec lui et ses excellents et jeunes muciciens cubains dans leur loge, et je dois dire que leur conversation est aussi agreable que leur musique; un grad moment !!!!
Merci pour vos réactions à ce modeste papier. Ca fait du bien de partager des petits bonheurs musicaux avec le plus grand nombre !