Sat.
26
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

A la genèse de nos idées ... Le Sillon de Marc Sangnier

Le Sillon est un mouvement français fondé en 1899 par Marc Sangnier (1873 – 1950). Il est créé pour réconcilier les ouvriers et le christianisme. Il compte jusqu’à 500 000 membres en France.
Moderniste et républicain, le mouvement est de plus en plus critiqué par l'Eglise, notamment pour son affirmation de l'autorité des chrétiens sur l’Église, et non de celle du pape et des évêques. Le Sillon est condamné par la lettre pontificale du 25 août 1910. Il se dissout de lui-même.
Les idées du Sillon, la « démocratie sociale »

Marc Sangnier fait le lien entre la parole évangélique et le discours démocratique. Les pratiques internes du mouvement ont donc pour fonction de faire pressentir la démocratie car pour Marc Sangnier, « on ne naît pas démocrate on le devient ».

Tout est bon pour faire passer l'esprit démocratique : éducation populaire, loisirs, culture, promenades artistiques, chansons, veillées, affiches, littérature, presse, édition d'oeuvres militantes, fondations et cercles d'études, coopératives et restaurants, actions syndicales et religieuses.
En effet, pour Marc Sangnier, « il ne suffit pas de faire des lois pour transformer la société ». On mesure toute l'actualité de ce message dans notre époque de frénésie législative !

Pour faire vivre la démocratie sociale, le Sillon organise des rencontres entre jeunes gens de classes différentes, entre bourgeois et ouvriers réunis. Il définit le fonctionnement de la démocratie par les relations sociales plutôt que par l'exercice rationnel du suffrage universel.
Le Sillon propose une convergence d'idées transcendant les classes sociales. Le but n'est pas d'abolir les différences sociales mais de rapprocher les hommes. Le prolétariat doit admettre la stratification sociale. La bourgeoisie doit placer la question sociale au centre de ses préoccupations, au détriment de ses intérêts immédiats. Ce message du Sillon fut qualifié de « troisième voie », entre révolution socialiste et maintien du statu quo capitaliste.
Autre époque autres moeurs. Néanmoins, démocratie sociale et humanisme, maîtres mots du Sillon nous sont familiers. Puissent-ils rester des priorités fortes lors de nos choix de société.

Tous les commentaires

. Démocratie sociale et christianisme social sont fort loin de se résumer à Marc Sangnier et commencent bien avant lui. . Voir, par exemple : "Les débuts du catholicisme social en France" de Jean-Baptiste Duroselle, PUF 1951 . jpylg

Vous avez raison de le souligner. Marc Sangnier est un parmi d'autres.

. Marc Sangnier, un parmi d'autres, (David Vachez). . Oui et non. Je ne vais pas m'amuser à vous contredire systématiquement, mais il est surtout "un" différent des autres : il est de gauche et réellement démocrate, alors que les autres (Albert de Mun, par exemple), sont de droite, et même royalistes, même si depuis 1892 ("Au milieu des sollicitudes") ils se disent ralliés à la République. . jpylg

Monsieur Vachez, Et si "le prolétariat" n'admet pas "la stratification sociale", vous lui faites quoi ?

Je ne lui fais rien. Ou plus exactement je l'entends et je dialogue. Mais j'estime que le vivre ensemble nécessite certaines acceptations dont celle-ci. Je crois que les catégories sociales défavorisées peuvent l'entendre à la condition que les politiques se fixent comme priorité le progrès social pour ces mêmes catégories. C'est l'inverse de la politique actuelle qui favorise les plus riches (bouclier fiscal, financement du RSA...). Cordialement.

Monsieur Vachez, "Le vivre ensemble". Comme c'est bien dit ! "Certaines acceptations". On voit de quelles acceptations il s'agit ! "Bandes de brutes, restez à vos places. Ne faites rien qui puisse nous froisser, nous, les sensibles, nous, les catégories sociales favorisées. Et nous serons très gentils avec vous." La charité, voilà tout ce que vous avez à proposer aux gens. C'est quoi, la charité ? C'est : "Heureusement qu'il y a des riches pour aider les pauvres. Sans les riches, comment feraient les pauvres ? Ils seraient encore plus pauvres !" La charité, c'est un petit pansement sur une plaie géante. Et les responsables de la plaie sont précisément ceux qui offrent le pansement.

Nous avons, Monsieur, une divergence de taille. Vous croyez à l'égalité. Je crois en la justice. L'égalité, c'est par exemple d'imposer à tous les 35 heures. Cette réforme profite aux classe moyennes qui sont heureux d'avoir du temps pour dépenser leur argent mais réduit in fine le pouvoir d'achat des bas salaires. La justice, c'est par exemple de défendre la notion de donner plus à ceux qui ont moins. C'est de défendre par exemple l'enseignement différencié des RASED mis à mal par le gouvernement actuel.

Monsieur Vachez, L'égalité est un principe. L'égalité se déclare. L'égalité n'est pas ce que vous dites. La langue que vous parlez n'est pas la mienne. Vous parlez la langue de la charité. "Donner plus à ceux qui ont moins." La charité est une arnaque.

Newsletter
Je m'identifie