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La dette souveraine comme métaphore du péché originel
Maurizio Lazzarato, dans « La fabrique de l'homme endetté, essai sur la condition néolibérale » (ed Amsterdam, 2011), cite un texte particulièrement ironique du jeune Marx, intitulé « Crédit et banque » (1844). La relation créancier-débiteur, note le jeune révolutionnaire, parait, au prime abord, profondément humaine, parce que le créancier, en accordant son prêt, accorde sa « confiance » à un homme, tandis que le débiteur donne en retour sa « parole ». Il semble vraiment « que l’état d’aliénation de soi [à l’oeuvre dans l’exploitation par le travail] est aboli et que l’homme se trouve de nouveau dans des rapports avec l’homme. Mais cette suppression de l’aliénation, ce retour de l’homme à lui-même et donc à autrui n’est qu’illusion. C’est une aliénation de soi, une déshumanisation d’autant plus infâme et plus poussée que son que son élément n’est plus la marchandise, le métal, le papier, mais l’existence morale, l’existence sociale, l’intimité du coeur humain elle-même. » En effet, ce que « donne » l’emprunteur c’est finalement lui-même, sous la forme de sa crédibilité personnelle à remboursée (y compris sa capacité biologique à vivre assez longtemps pour payer), sa crédibilité sociale à accéder aux revenus qui lui permettrons de rembourser, sa capabilité la plus intime à faire face aux aléas de l’existence pour, coûte que coûte, payer ses échéances. « Pensez à ce qu’il y a d’abject dans le fait d’estimer un homme, comme c’est le cas avec le crédit, s’insurge K. Marx. Le crédit est le jugement que l’économie politique porte sur la moralité d’un homme. Dans le crédit, au lieu du métal et du papier, c’est l’homme lui-même qui devient le médiateur de l’échange. » Nous appartenons plus encore à notre banquier qu’à notre patron, vis-à-vis duquel nous nous aliénons un nombre d’heures déterminées. Nous sommes d’autant plus dépendant du créancier que nous vivons sous le règne du « néolibéralisme », forme du capitalisme, où le secteur de la finance a acquis une position hégémonique au sein même de la bourgeoisie.
Galantara, Le Capitalisme, L’Assiette au beurre, 22 juin 1907.
Pour K. Marx, le capitalisme connaît deux circuits de base : « A – P – A’ » et « A – A’ ». Le premier, « A – P – A’ », représente le circuit par lequel de l’argent (A) est injectée dans la production (P), qui est elle-lême, par la suite valorisée sous la forme de l’argent (A’). « A - A’ » est la formule idéale de capitalisme, celle où le « capital fait des petits », où l’argent, tel les petits pains, se démultiplie, épargnant ainsi au capitaliste les risques et les efforts inhérents au fait même de produire. Le circuit « A - A’ », celui de l’enrichissement par la circulation des titres (actions, obligations, monnaies, contrats titritisés...), pour « idéal » qu’il soit, ne crée pourtant, observe K. Marx, qu’un « capital illusoire », lié aux « bulles » spéculatives. « Capital illusoire », car si les capitalistes revendaient d’un coup tout les titres en leurs possessions, la valeur de ceux-ci s’effondreraient.

Le krack de l'or en Amérique, l'Assiette au Beurre N°349, 7 décembre 1907
Pour limiter le risque d’explosion des bulles spéculatives, il faut périodiquement faire sortir une partie de l’argent en engagée dans la spéculation, en le prêtant à d’autres, qui le rembourseront avec de l’argent gagné à la sueur du front. La société néolibérale, en portant à son extrême l’art de spéculer, fabrique de l’argent à l’infini, argent qui est soit condamné à s’évaporer avec l’éclatement des bulles spéculatives, soit susceptible d’être récupéré, après avoir été prêté, sous la forme d’intérêts versés par les producteurs.
La politique néolibérale a crée de puissants mécanismes d’incitation à l’endettement. En instituant un monde soumis à la concurrence généralisée, les Etats se sont fait concurrence pour attirer les investisseurs en baissant les impôts. D’où des manques de recettes qu’ils ont été compensés par des emprunts. La concurrence sur les prix entre producteurs a provoqué des politiques de stagnation, voir de baisse des salaires, qui ont incité, pour maintenir le pouvoir d’achat des salariés à leur ouvrir la possibilité d’emprunts à la consommation. La concurrence entre les entreprises pour attirer ou conserver leurs actionnaires les a poussé à augmenter les dividendes, ce qui les a obliger à emprunter, notamment, pour trouver les ressources nécessaires à leurs investissements... La politique néolibérale peut être comprise comme une politique de généralisation de l’endettement.
Le Capital et le capitaliste, par V. Polonski, 1925
Dans la politique néolibérale, l’endettement de tous est le régulateur de la spéculation : l’endettement de tous est absolument nécessaire aux acteurs financiers, sans quoi l’argent s’accumuleraient à l’infini dans la sphère financière jusqu’à ce qu’il s’envole en fumée lors d’éclatement des bulles spéculatives (ce qui est arrivé quelques fois tout de même, notamment avec l’Internet en 2000 et bien sûr avec la crise de l’immobilier en 2007).
Emprunter est d’abord érigé au rang de vertu. C’est ainsi qu’un Nicolas Sarkozy déclare dans la revue Banque d'avril 2007 : « Les ménages français sont aujourd'hui les moins endettés d'Europe. Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages et que l'État intervienne pour garantir l'accès au crédit des personnes malades. » Le refus de l’endettement équivaut à une sorte de défaitisme, de trahison sur le champ de bataille de l’avenir.
Mais quand l’endettement de vient absolument massif, tant celui des Etats occidentaux que des entreprises et des ménages (en premier lieu des ménages américains), le crédit en vient à se raréfié. Et il se produit alors un effet de seuil, qui fait que c’est moins le financier qui dépend du producteur qui, en s’endettant, offre un débouchés à l’argent de la spéculation, que le producteur endetté, qui a besoin de prêts pour financer le paiement des intérêts échus des prêts qu’il a contracté. Ainsi le rapport de force entre finance et production se renverse complètement.
Frantisek Kupka - Balançoires que tout ça ! -"L’Assiette au Beurre" numero special "L'Argent" du 11 janvier 1902
Avec ce renversement du rapport de force, la signification de l’endettement se renverse complètement : de vertu, il devient faute. Comme l’observe Maurizio Lazzarato, il y a un lien étroit entre « dette » et « faute ». Dans certaines langues les deux mots sont synonymes ; ainsi, en allemand, « schuld », signifie à la fois « coupable » et « dette ». En français des expressions comme « un prisonnier paye sa dette à la société » évoque la même idée. Ce lien entre dette et faute est intrinsèquement lié au fait que celui qui ne paye pas ses dettes, trahit la confiance accordée par le créancier. Et, donc, soit le débiteur aura menti sur lui-même pour obtenir un prêt, ou bien il se sera menti sur lui-même quant à ses capacité à rembourser. La puissance du néolibéralisme a été d’avoir fait tout le monde, dans les pays développer, croque dans la pomme. La situation d’endettement généralisé passe alors pour une faute collective : que celui qui n’a jamais emprunté ou qui n’a jamais eu découvert à sa banque jette la première pierre.

Illustration de Jérôme Oudin-Libermann, Des images, du mouvement !, Humaginaire.
Cette croissance effrénée de la dette rend le créancier de plus en plus dépendant du renouvellement des prêts, avec menace de perte du AAA, équivalent financier de l’expulsion du paradis. Le renversement du rapport de force permet au financier d’exiger des taux usuraires.

« La honte des sexes fut la première Passementerie »
Gustave-Henri Jossot, Passementerie, L'Assiette au beurre, n°102, 14 mars 1903
Comme le péché originel, l’endettement via les dettes « souveraines » est l’équivalent d’une faute collective. Même celui qui ne se serait jamais endetté à titre personnel, l’est en tant que sujet de droit d’un Etat endetté. Comme le péché originel, l’endettement est transmissible d’une génération sur l’autre. Le nouveau-né lui-même est donc endetté, en telle sorte que l’on pourrait dire, avec Saint Augustin, que "Nul n'est pur du péché en Votre présence, non pas même le petit enfant dont la vie, n'est que d'un jour sur la terre" (Confessions, L.I, VII).

Affiche de Mai 68.
Les Marchés sont en train d’instaurer une nouvelle théocratie, un pouvoir fondé sur le jugement (sur l’ « évaluation » des nations, des entreprises et des hommes). Après avoir tant combattu « pour en finir avec le jugement de Dieu », les hommes semblent s’être abandonnés à nouvelle divinité qui les laisse tétanisés.
Il est temps, pour parler comme Keynes, de décider « l’euthanasie du rentier et par suite la disparition progressive du pouvoir oppressif additionnel qu’à le capitalisme d’exploiter la valeur conférer au capital par sa rareté » (« Essai sur la monnaie et l’économie : les cris de Cassandre », 1931).

Jossot, Le Foetus récalcitrant, 1927


Tous les commentaires
@DEMOCRYPTE.
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Géniale, cher-e Démocrypte, votre trouvaille de Jossot et le foetus récalcitrant.
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Cet Augustin d'Hippone, inventeur du péché originel, quel plouc !
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L'humanité ne peut s'empêcher de se punir d'être imparfaite; c'est sa haute névrose.
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Elle n'a pas encore vraiment intégré (découvertes trop récentes) qu'elle n'est pas directement responsable de la présence de son cerveau reptilien, source de tous ses errements. Et tant qu'elle n'aura pas diminué son talon d'Achille, elle en aura toujours mauvaise conscience et donc se punira ... inconsciemment.
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Avouons que le cerveau de la cigale ultra-dépensière criblée de dettes, est moins évolué que celui de l'écureuil prévoyant et doué de tempérance. Personnellement, je suis défavorable à l'héritage financier, que je trouve aussi injuste que la royauté héréditaire, et source des pires aigreurs inter-humaines ("gosse de riche", quelle haine !).
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Je n'y connais rien en économie, mais ce ne doit pas être très différent du métabolisme biologique; nous sommes actuellement, semble-t-il, au bord de l'apoplexie, par une sorte d'effet pervers boule de neige.
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Mais bon; il y aura toujours pour l'instant, des Harpagon (de tous genres), adorateurs-trices de Dieu-Crésus, avec une cassette fermée à remplir, en guise de calice rituel oblatif, ne craignant pas de s'ouvrir à l'à venir.
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A bientôt.
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@ Agnès GOUINGUENET
"L'humanité ne peut s'empêcher de se punir d'être imparfaite; c'est sa haute névrose."
Il y a une tendance naturelle, et finalement assez saine à culpabiliser (se mettre à la place de celui à qui on a fait du tord) ou à avoir honte de soi (mesurer l'écart entre nos comportements et nos règles éthiques), mais il y a aussi les processus de culpabilisation et d'humiliation, comme éléments de systèmes de domination, et que les individus vont interioriser.
@DEMOCRYPTE.
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Bien sûr; et les premiers de ces processus intimes de domination se trouvent dans la famille traditionnelle : Humiliation et culpabilisation des enfants par les parents, d'un conjoint par l'autre élément du couple, des plus jeunes de la fratrie par les plus âgé-e-s, etc ...
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Individus dans la famille originelle, puis individus dans la société, puis individus vis à vis de l'humanité. C'est pareil.
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Ceux-celles qui se moquent de l'écologie ne font que mépriser les individus qui les suivront en humanité, en les obligeant à payer leur propre addition d'aigreurs. Processus sans fin.
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Mais le péché est une dette, il se transmet, il structure l'échange véritable, celui des passions... C'est en cela qu'il constitue l'origine toujours actualisée rejouée le tout sur le tout...
Il faudrait peut-être relire de près l'ouvrage oublié "d'économie générale" de Georges Bataille, "La Part maudite"', l'excès comme source de la limite, le somptuaire et l'avaricieux, la perte et l'accumulatif... là où le désir s'en mêle et nous emmêle pour le meilleur du pire et réciproquement...
@HECTOR CARIGNAN.
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Jusqu'à une époque encore toute récente, on mettait dans le crâne des gens que naître était un cadeau de Dieu; d'où nécessité de remercier et chanter la louange, pour rendre par le troc le soi-disant don.
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Désormais, on a compris que le cadeau était empoisonné; cela change la donne, mais il faut du temps pour se remettre du choc, se dé-sidérer.
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Un cadeau empoisonné, alors... Car il faut le rendre et au centuple, c'est-à-dire reproduire et élargir l'espèce... Le don n'est "gratuit" que pour obliger, c'est le mouvement même de ce que Bataille appelle la dépense que la "capitalisme" essaie d'arrêter en lui substituant le "progrès" accumulatif de la dialectique historique (rien ne se perd, tout se transforme et grossit)...
@HECTOR CARIGNAN.
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Pas tout compris, cher Hector.
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Une chose est certaine : Rien de pire que le don pour rendre l'autre redevable.
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C'est d'ailleurs le premier des chantages des parents sur leur enfant : "Reconnaissances éternelles", gravées à jamais sur du marbre.
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Cela commence à changer, tout doucement.
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Si tout grossit, c'est que nous nous reproduisons à une vitesse vertigineuse (alors que la médecine nous fait vivre plus longtemps), multipliant les besoins en gratitudes, en preuves que nous sommes à la hauteur des espérances parentales.
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On dit que les familles nombreuses se trouvent chez les gens qui n'ont pas assez à manger, ce qui stimule la libido pour prouver que l'on est vivant, et chez les ultra-religieux, qui rendent le cadeau au centuple à Dieu, comme vous l'avez noté.
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Du délire, confondant quantité et qualité.
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La plupart des parents faisant des enfants pour leur plaisir personnel, on n'est pas sorti de l'auberge ...
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Décidément, je me répète, je suis défavorable à l'héritage financier, basé sur l'arbre généalogique.
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@ hector carignan
Georges Bataille pense la question de la dette à partir de l’expérience du plan Marshal, prêt quasi gratuit, dont il souligne l’utilitarisme, dans la mesure où les USA attendent de leur « don » un retour en termes de marchés ouverts et d’alliance politique. La dette à aujourd’hui un autre sens, même si il y a intérêt à penser cette question avec Bataille, auteur qui rompt avec la doxa des économistes classiques qui occultent en quoi les rapports économiques dissimulent des rapports de domination, mais aussi induisent des formes de subjectivisation. Le livre de Maurizio Lazzarato, sans faire référence à G. Bataille, puise notamment chez Deleuze, auteur irrigué par la pensée de Bataille. L’auteur revient sur le fait que pour Deleuze, la monnaie n’a pas eu comme fonction première, dans les sociétés archaïques, de régler l’échange des biens entre des sujets « égaux » (comme le pensent les économistes classiques et libéraux). L’argent s’est plutôt inséré dans des rapports de domination. Des historiens repèrent, pour des périodes plus récentes, par exemple dans l’histoire du colonialisme, que c’est parce que la puissance coloniale introduit l’obligation de payer l’impôt avec de l’argent, que le paysan est obligé de rompre avec des systèmes de trocs et de porter sa production au marché. On observe aussi que dans les Antilles, nombre d’esclaves « louaient leur propre corps », c’est-à-dire travaillait comme des indépendants hors des plantations, tout en versant une sorte de « loyer » au maître. Pour Deleuze, ce n’est que dans un deuxième temps que l’argent prend sa fonction d’outil d’échange. Deleuze souligne aussi l’émergence dans les sociétés impériales de la « dette infinie » : « la dette devient la relation d’un débiteur qui n’en finira pas de payer, et d’un créancier qui n’en finira pas d’épuiser les intérêts de la dette : dette envers la divinité, dette envers la société, dette envers l’Etat. »
@DEMOCRYPTE.
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Le premier impérialisme n'est-il pas parental, avec constitution d'une dette faramineuse de chaque individu vis à vis de ceux qui l'ont "élevé", pots à bébé et couches-culottes comprises ?
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Pour poursuivre ici la discussion qui s'est engagé ailleurs avec Marielle Billy et vous-même, il me semble que l'endettement infini de l'enfant est l'image même de l'échec éducatif des parents trop narcissiques, qui renvoient à leur enfant, qu'ils sont de trop bon parents, qui ne peuvent donc être mis en cause.
D'un de mes correspondants :Bonjour,
Cette vidéo est techniquement assez erronée:
- elle dit que les dettes sont toujours de l'argent pris aux riches, ce qui n'est pas toujours vrai: lorsque le prêteur est une banque, l'argent en question est fabriqué par la banque pour l'occasion.
- elle montre une masse monétaire qui augmente une fois que les dettes ont été remboursées avec leur intérêt. En réalité, de le système en cours depuis 1973, la masse monétaire augmente lorsqu'on emprunte à une banque, diminue quand on rembourse la dette, et ne bouge pas quand on paie les intérêts (le prêteur s'enrichit mais l'emprunteur s'appauvrit).
- elle dit que les riches, au lieu d'investir leur argent dans l'industrie, le mettent à la bourse, par exemple dans le CAC40. Pourtant, l'argent mis en bourse, il rémunère celui qui vend les actions: soit l'ancien titulaire (plus-value), soit l'entreprise émettrice. C'est donc bien un moyen important de financement de l'industrie (je parle bien des actions industrielles), même si c'est un moyen opaque et injuste.
- elle sous-entend que le problème est que les riches n'investissent pas assez leur argent. Ça pourrait être le cas. Mais pour l'instant, c'est l'inverse: les riches cherchent désespérément des investissements rentables, ce qui explique que l'immobilier soit à des niveaux invraisemblables par rapport au revenu des salariés.
- elle commence par la notion de dette "légitime", où l'État emprunte une pièce à partir de rien. D'où vient cette pièce? En quoi est-il légitime, au départ, de demander à une banque de créer une pièce de monnaie, alors que l'État pourrait tout aussi bien le faire lui-même, pour autant qu'il existe des garde-fous démocratiques?
Je suis donc un peu partagé: c'est parlant, pédagogique, convaincant, mais totalement faux! Jusqu'à quel point est-il légitime de mentir "pour la bonne cause"?
@ Claude Leclerc
De quelle vidéo parlez-vous ?
Mille excuses, j'ai fait une erreur de texte
Votre raisonnement pour ce qui concerne la bourse n'est aps exact:
le premier mouvement -mise sur le marché-est effectivement benefique pour l'entreprise qui leve les fonds, ensuite tous les mouvement sur le titre sont de la pure speculation pour ce qui concerne les titres que la société ne possede pas, la grande majorité des cas.
Alertez les bébés!