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Message de soutien aux députés de l’opposition… qui vont avoir la lourde tâche de défendre nos droits

Il semblerait bien que le président de la République ait réussi son opération consistant à faire que le débat à l’Assemblée soit un non-évènement. Même les plus mobilisés n’y croient pas. Ou du moins ne croient pas que c’est là que çà se joue. <--break->Si l’Assemblée n’est pas le tout de la vie sociale et politique, ce n’est pas RIEN. N’enterrons pas nous-mêmes l’Assemblée ! Ne donnons pas à ceux que nous avons élus une raison de plus de « s’absenter » (faut pas leur donner un billet d’excuse !)
Mais je sais qu’ils sont plusieurs à avoir potassé leur affaire et qui se préparent à un combat difficile – presque impossible (Non ! il n’est rien d’impossible ! comme on dit en parler vendéen, il faut trouver la "musse", c'est--à-dire le point de passage dans un buisson où il semble qu'il n'y en ait pas …mais les bêtes, elles, le trouvent !).
« Gloire au pays où l’on parle, disait Clémenceau (quelle référence ! il faut dire que, lui aussi, a des attaches vendéennes !) . Moi je dis : « honneur à ceux qui osent parler ! (comme « Martine B./ Martine BILLARD dans le rétro-journal des débats de 2003).
Et, pour qu’ils ne se sentent pas trop seuls, je leur ai fait un « message de soutien », que lemonde.fr a bien voulu publier
(après avoir censuré la fable que j’avais faite - « Le matador et la poupée vaudou ») – pour tenter de répondre à la question : pourquoi ce projet de loi, maintenant ? Voir en édition RETRAITES :RETRAITES/ 2003-2010 : deux projets, une politique (2) _ éléments d’analyse
)
et que je reproduis ci-après.

Chronique d'abonnés (lemonde.fr)
Retraites Message de soutien aux députés de l’opposition… qui vont avoir la lourde tâche de défendre nos droits
par DENIS MERIAU, un citoyen ordinaire qui s'intéresse aux débats de l'Assemblée
04.09.10
Mesdames et messieurs le député (e) s de l’opposition,
Jamais débat d’une telle importance ne s’est présenté d’une aussi mauvaise façon : deux jours de débat en commission, en plein été, et surtout à huis clos ; débats dans l’hémicycle dès le premier jour d’une session extraordinaire ; amendements du gouvernement non communiqués avant le début du débat ; procédure d’urgence, dont une seule lecture ; application stricte de la soi-disant réforme du travail parlementaire, et – en particulier – du temps programmé, qui réduit énormément le temps du débat (50 heures de prévues – plus 20 pour le gouvernement —, alors que le débat avait duré 156 heures en 2003) et oblige chaque groupe à des arbitrages draconiens entre intervenants.

J’ai étudié la totalité des débats de 2003 et j’en ai rendu compte d’une part dans une série d’articles regroupés sous le titre : Séquence 02 : de l'obstruction / l'exemple du débat sur les retraites et dans un rétro journal (http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/blog/Denis%20Meriau).
Vous ne pourrez plus utiliser la panoplie de moyens qui vous ont permis, à l’époque, de faire durer suffisamment le débat pour expliquer que ce que proposait la droite ne relevait pas – quoi qu’elle en dise – de l’évidence et, en tout cas, ne répondait pas du tout aux attentes de nombreux citoyens.
La leçon a du porter — et faire peur —, car c’est dans ce contexte qu’est né, à droite, l’idée de réglementer – restreindre – les temps de parole ainsi que la possibilité de recourir à des moyens de procédure pour retarder le débat. (Jacques BARROT déclarait, dès la séance du 14 juin que ce type de procédure (s) « ne pourra plus être acceptée à l'avenir »
Vous ne pourrez plus utiliser de la même manière la vérification du quorum. Mais je me permets de vous suggérer un « quorum » à l’envers. Je m’explique : il s’agit, pour vous tous, d’être présents dans l’hémicycle tout le temps du débat sur les retraites. Ainsi, les votes intermédiaires prendront plus de temps ; de même que les suspensions de séance. Mais surtout, la majorité sera obligée de faire acte de présence en nombre.
J’entends déjà vos objections.
1) Il n’y a pas que les retraites ; il y a aussi l’immigration… et bien d’autres sujets ; le programme de la session extraordinaire est chargé et il va falloir mener de front travail dans l’hémicycle sur le texte concernant les retraites et le travail en commission sur les autres textes.
Argument à prendre en compte : le président de la République savait ce qu’il faisait en procédant de la sorte !
2) Nous n’avons pas que ça à faire ; nous ne pouvons pas être absents tout le temps de nos circonscriptions ; et puis, il y a nos mairies, nos conseils généraux et/ou régionaux.
Argument nettement moins recevable et qui fait ressortir l’urgence de mettre fin au cumul des mandats !
3) Et puis, de toute façon, à quoi ça servirait… puisque, quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, quoi qu’on vote, le texte passera quand même.
Alors là, franchement : non !
Je sais que beaucoup de celles et ceux qui, depuis des mois, ne ménagent pas leur temps pour expliquer, mobiliser, manifester pensent que la question décisive ne se jouera pas à l’Assemblée, mais dans la rue, dans les entreprises.
Mais, si, vous aussi, vous y mettez à dire que le Parlement ne sert à rien, on n’y arrivera jamais à faire fonctionner une démocratie véritable. N’oubliez pas qu’en allant voter, nous nous sommes démunis de notre « voix » pour la déléguer à des « représentants ». N’oubliez pas qu’en votant pour vous – qui n’avez pas obtenu la majorité – nous nous sommes doublement démunis.
Les propos de Jean-Louis Debré, en 2002, alors qu’il venait d’être élu président de l’Assemblée, sont plus que jamais d’actualité : il disait que la voix de l’opposition « est celle de millions d'hommes et de femmes dont les préoccupations ou les attentes doivent pouvoir être prises en compte dans le cours du processus législatif. »
Il parlait d’une Assemblée qui soit « la caisse de résonance ni outrancière ni complaisante de la société française d'aujourd'hui ». Je dirais, à ma façon, que l’Assemblée est le « parloir de la nation ».
Le lieu où la nation se dit se fait. Le lieu où, par la parole, s’opère la fusion des intérêts particuliers.
Et, parodiant l’évangéliste, je dirais : si la parole s’affadit, avec quoi la parlera-t-on ?
Lors donc, si on vous prive de parole, on ne vous prive pas d’être présents. Et, si, vraiment, vous ne pouvez pas être présents, tous, tout le temps, soyez présents en grand nombre – le plus grand nombre possible. Ce sera un signe fort pour ceux qui vous ont élus et qui, aujourd’hui, entrent en résistance. Mardi, votre place est à l’Assemblée, pas à la manif !

Tous les commentaires

Et qu'ils n'oublient pas de poser la question de tous ceux qui arriveront en fin de droits à près de 60 ans ! Que deviendront-ils ? Iront-ils sous les ponts ?

Question essentielle, en effet que l'on peut compléter par la question : Qui pourra un jour se payer oupayer our une maison de retraite ?

Bravo pour cette lettre!

Puissent nos cher(e)s élu(e)s vous entendre.... Il est bon de leur rappeller le pouvoir dont ils disposent. A force, ils auraient tendance à l'oublier. Une minorité citoyenne, si elle a raison, peut battre la majorité. Encore faut-il avoir le courage de ne pas baisser les bras. Et au moins, c'est tout bon pour sa concience!

Une réponse d'un destinataire :

" Merci de votre soutien au moment où le débat sur les retraites démarre.

Je ne fais miennes ni la deuxième ni la troisième de vos objections. Elles ne tiennent pas la route, vous avez raison.

Quant à la première, elle est fondée mais on va essayer d'y faire face!

Bien à vous.

Jean GLAVANY "

 

 

 

bravo§

La dimension "conscience " dite ,ou non,professionnelle et/ou morale!

Dans ce métier /mission du parlementaire ,les deux vont de pair!

Je persiste à penser que vos billets et ce message de soutien devraient figurer en une de Mediapart au vu de la journée de demain pour les députés de l'opposition et pour les manifestants. D'ailleurs, les billets de Thomas Petit sur le même sujet devraient aussi passer en Une, même si pas longtemps, mais bon sang vous avez raison de vous demander pourquoi Mediapart ne réagit pas.

J'envoie un message à la rédaction pour poser la question et demander s'il est possible de faire de l'information directe sur le 7 septembre.

marguerite,

Etes-vous sérieuse ? Ou bien cherchez-vous à faire rire ?

Tout dépend de la mobilisation demain !

Demain le pouvoir sera dans la rue, le pouvoir de bouleverser ce qui est programmé, de faire péter un cable au nabot !

 

Que les députés de l'opposition le sachent: nous serons dans la rue et nous comptons sur eux à l'Assemblée Nationale.

Nous ne pouvons pas perdre,nous avons le devoir de gagner.

citoyenne57,

Quel est cet étrange "nous" ?

Je ne compte plus sur le personnel politique professionnel depuis longtemps, et encore moins sur les députés de gauche, qui trahissent — c'est une tradition — les espoirs de celles et ceux qui leur font confiance.

Monsieur Meriau,

Droite punit, Gauche console — tout en trahissant les gens qui lui font encore confiance —, que fera Pays ?

QUE FERA PAYS ?

La seule question.

à hêtre

J'avais commencé à vous répondre, mais comme ma plume s'est envolée ... j'ai préféré en faire un billet à part :
Ne désepérons pas l'Assemblée !

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