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On a la démocratie qu'on mérite ou pourquoi je vote

Pour moi, la question n’est pas tant de savoir pourquoi les (des) gens ne vont pas voter, mais pourquoi les (la majorité des) gens vont encore voter, alors qu’ils ne cessent de récriminer contre les politiques, contre la politique.
Pour tenter de répondre à cette question, je me suis livré à un grand détour : je suis allé voir, dans le texte même des JO.Débats, ce que les députés faisaient, disaient (pour eux, dire, c’est faire !) de ce que nous sommes censés leur avoir dit en déposant notre bulletin de vote dans l’urne (Voir mon blog :
http://karlcivis.blog.lemonde.fr/ « à quoi servent les débats de l’Assemblée nationale ? »).
Et j’ai découvert qu’il y avait une autre façon de parler de la démocratie.


Non pas comme une affaire rationnelle, incontournable, nécessaire, donnée une fois pour toutes.
Mais comme une expérience, un essai (ce qui implique essais et erreurs), une tentative.
Une tentation même :
la tentation de poser le sac et de croire qu’on est arrivé,
la tentation de penser que tout cela tourne en rond,
et que, si çà continue, mieux vaut fermer boutique,
la tentation de vouloir que tout le monde soit beau et gentil
et de transformer ceux qui ne possèderaient pas ces attributs de beauté et de gentillesse en boucs émissaires.
Je voudrais dire la démocratie comme une question, une énigme, une métaphore,
qui nous parle de notre faculté – et de nos limites - d’homme, de notre irrésistible besoin d’être avec d’autres, d’être aux autres, d’être aux yeux des autres, apprécié, reconnu, aimé,
et qui, dans le même mouvement, nous parle d’ambition, d’orgueil et dit notre besoin – tout aussi irrésistible, irréductible de nous démarquer, de nous opposer – et de refuser d’être ce que les autres voudraient que l’on soit.
La démocratie, ce n’est pas l’ « insurrection électorale » (contrairement à ce que disait José Bové lors des présidentielles de 2007) ;
ce n’est pas le grand soir, le paradis perdu, le nirvana ;
ce n’est pas ce « no man’s land », cette terre pacifiée - pas si fiable – et qui, comme son nom l’indique, ne serait plus terre d’homme.
La démocratie est un lieu – un temps - d’errance et de combat,
quelque chose comme une version moderne – actuelle – du
Val sans retour
non pas le lieu d’un « éternel recommencement »,
mais le lieu d’une quête incessante, qui dit notre humaine condition.
Car depuis que nous avons refusé de nous en remettre à un Dieu ou à un Roi, nous sommes condamnés à chercher en nous-mêmes, par nous-mêmes,
le point de passage (en parler vendéen, on dit la « musse »),
le point d’équilibre (je l’appelle le «
point DELTA » … parce que ... «DELTA » comme «D» … et «D» comme «démocratie»),
qui est aussi point de déséquilibre
(ne faut-il pas que les deux jambes soient en déséquilibre pour que nous puissions avancer ? /
Prévention et répression : à la recherche du « point Delta » /rétro-débat 2002-2003_sécurité (6) ).
La démocratie n’est que tension, paradoxe, incertitude.
Il nous faut accepter le pas à pas, l’inachevé.
accepter l’énigme, le questionnement.
Il nous faut – et c’est là (ce devrait être) l’objet même des campagnes électorales - questionner sans cesse la réalité, l’autre, la société, le vivre-ensemble.
Il nous faut débattre, délibérer, définir,
critiquer, proposer,
c’est cela la démocratie.
Pour progresser (dans la réflexion et dans l’action), un double mouvement est nécessaire :
1) reconnaître – assumer - les imperfections, les tensions, les paradoxes, les contradictions qui sont autant de signes d’une inscription dans une Histoire concrète, autant de marqueurs de la présence et de l’action de l’homme
( haro contre le déceptionisme anti-sarkozien !);
2) mais aussi admettre que les désirs, les utopies, les volontés font partie du réel …
et donc que la démocratie est perfectible, qu’elle doit être perfectionnée … et qu’en fin de compte ... on a la démocratie qu’on mérite !
Et c’est pour cela que je vote encore … quand même … malgré tout !

Tous les commentaires

Monsieur Meriau

bonjour et merci pour ce billet.

Je suis bien d'accord avec vous: la démocratie ça se mérite, votre démarche n'est pas assez connue.

Je vous envoie une demande de contact pour ne pas perdre votre lien.

Bien à vous

Un élu en milieu rural.

Oui, la démocratie est une bataille, "une quête incessante", "une incertitude", et non un état des choses figé une fois pour toutes.

La question posée au début : pourquoi la majorité des gens vote encore, est tout à fait appropriée, car la démocratie est l'affaire de tous et toutes et le seul vote électoral ne suffit pas à répondre au dialogue et à la confrontations nécessaires.

La notion de mérite adossée à la démocratie me paraît insuffisante, je veux dire qu'elle n'est pas suffisante à ma réflexion personnelle ; je vois aussi et surtout le mouvement : faire, dire, agir, confronter ; le mouvement possible et nécessaire, opposé à la forme statique ; et donc, la place, les moyens, dont dispose une forme active, en recherche d'amélioration.

Merci beaucoup pour ce billet qui mérite une large discussion. Clin

Commençons .. Smileys

Ah ! le mérite ! Que de choses ne peut –on dire ou écrire à son propos.
… Il ya le « mérite » sarkozien qui est la justification a posteriori d’une situation sociale privilégiée …
… il y a le « mérite » agricole qui est censé récompenser, d’une façon symbolique, un engagement au service du « monde » agricole et vous rendre digne d’estime aux yeux des personnes concernées …
… il y a le « mérite » catholique qui fera de vous un être à part, oint, élu de Dieu, un saint en quelque sorte …
… il y a le « dé-mérite » de celui qui a fauté … et qui n’a que ce qu’il a »mérité » …
Et j’en passe d’autres – non point qu’ils ne « méritent » pas de figurer ici – mais qui ne sut se borner ne « mérita » jamais le titre d’écrivain !
Le mérite dont je parle pourrait renvoyer à la faute : si « on » a du Sarkozy, c’est de notre faute, c’est qu’on l’a « bien mérité ».
Cà ne correspond pas trop à ma façon de voir (se reporter à ce que je dis plus bas, en réponse à Livia Vincent : la faute n’entre pas dans le domaine de la psychanalyse, sinon comme révélateur d’un état et de la conscience qu’on a de cet état)
 

Ca ne correspond pas trop à ma façon de voir

Ah bon, on pouvait penser l'inverse dans la conclusion du billet...précisément une notion de mérite liée à la faute. Sous-entendu : c'est bien fait ! Ca m'étonnait aussi...

Merci des précisions Denis.

Entièrement d'accord avec vous (tous) mais les discussions intéressantes disparaissent à la vitesse de la lumière, à peine a t-on le temps de les lire (et j'ai du temps car je ne travaille pas), à peine d'y répondre au fil des billets qui se multiplient. Les plus intéressant (qui nous concernent tous et méritent discussions) sont noyés dans un océan de billets insipide qui ne flattent que l'égo de ceux qui viennent les déposer. Que faire pour qu'une tribune perdure et se construise au fil du temps ?

bonjour

pour l'instant, ce que j'ai trouvé pour ne pas perdre de vue certaines ou certains, c'est d'enregistrer leur contact ou en favoris.... On retrouve plus facilement.

 

@annie

Qu'importe les billets qui ne vous intéressent pas ! Ils en intéressent peut-être d'autres ?

Mettez à profit ce que nous dit Denis Meriau.

C'est un Quotidien, ici, donc les titres doivent se renouveler.

Vous pouvez choisir de mettre en favoris, ou proposer d'être en contact avec un blogueur. Mais dans ce dernier cas, si vous avez beaucoup de contacts qui postent beaucoup pour mettre trois mots, votre liste s'allonge très vite (c'est un peu gênant de supprimer quelqu'un ensuite).

Par ailleurs, le site a encore des progrès à faire au niveau des posts, j'espère que ça viendra.

 

Une belle et intelligente réflexion.

Je ferme les yeux et je vous imagine à l'Assemblée nationale (pleine à craquer), la lisant, que dis-je, la faisant partager de mémoire à la tribune sans qu'aucune voix ne s'élève pour interrompre votre discours...

Silence pénétré avant les applaudissements. 

Ce qu'il faut avant toute chose, à mon sens, c'est s'interroger sur soi-même.

Déjà, tout en vous encensant, annie cherche un biais :

"Les plus intéressant (qui nous concernent tous et méritent discussions) sont noyés dans un océan de billets insipide qui ne flattent que l'égo de ceux qui viennent les déposer. Que faire pour qu'une tribune perdure et se construise au fil du temps ?"

Je pense qu'on vote en partie, pour ceux en qui on croit se reconnaître ; les idées, les programmes, passent au second plan.

Les gens vraiment "bien" ne recherchent pas le pouvoir. On dit que le pouvoir corrompt, certes, mais n'y a-t-il pas déjà prédisposition ?

Merci pour ce billet.

 

"Le pouvoir corrompt" ...
Pas plus le pouvoir que le reste.
La corruption - en tant qu'altération de la matière par décomposition" est un mode de regénération du vivant.
Il y a de la corruption dans les allées du pouvoir. Il y en a en nous.
D'où, comme vous le dites, "Ce qu'il faut avant toute chose, à mon sens, c'est s'interroger sur soi-même."
En quelque sorte, ce à quoi je m'attelle, c'est une sorte de psychanalyse de la politique.
Dire que nous, citoyens,nous vivons la politique sur un mode pas du tout désincarné, avec plein de déterminations ( je veux dire de choses/ d'idées/ d'affects/ d'intérêts "déterminées" - qui nous échappent, qui nous enveloppent, qui nous déterminent) , ce n'est pas nier la politique. Ce n'est pas nier notre liberté.
Comme sur le divan du psy ( à vrai dire, j'en parle parce que jen ai entendu parler !) le fait de reconnaître l'existence de pulsions enfouies n'annihile en rien notre liberté, mais peut .- au contraire - nous assur, dans l'exercice de cette liberté, des bases plus solides, plus "fiables"
( en politique, il est question pas seulement de "viabilité, mais aussi - et surtout - de "fiabilité"/ état de quelque chose ou de quelqu'un à qui l'on puisse se "fier", donner sa confiance) .

C'est nous donner la possibilité de ne pas nous laisser berner par les marchands d'illusion qui, en fait, ne nous vendent que des désillusions - c'est ce que j'appelle le "déceptionisme (anti)sarkozien" - avatar de ce que Myriam d'Allonnes appelle "la condition déceptive de l'homme démocratique" ( dans "Pourquoi nous n'aimons pas la démocratie", Seuil, 13 euros/ publicité gratuite ... comme je n'ai pas réussi à publier de bouquin, je fais de la pub pour les autres !...)

"Le pouvoir corrompt" ...
Pas plus le pouvoir que le reste.

J'ai précisé "on dit que". Alors je vais tourner mon propos dans l'autre sens : notre part de corruption quand on détient un pouvoir est sujette à propension et particulièrement dangereuse... pour les autres.

Je suis d'accord avec vous, mais ce que vous suggérez est très loin de s'accomplir, je dirais même que nous régressons dans ce domaine.

Etre capable de se comprendre, de comprendre ce qui nous motive, de nous interroger sur nos actes et nos réactions avant de partir en guerre contre des moulins à vent, ce n'est pas donné à tout un chacun et ce n'est pas appris à beaucoup non plus.

***C'est nous donner la possibilité de ne pas nous laisser berner par les marchands d'illusion qui, en fait, ne nous vendent que des désillusions - c'est ce que j'appelle le "déceptionisme (anti)sarkozien"***

Je crois qu'on vit la politique surtout à travers les médias qui nous la rabâchent à leur sauce personnelle, car sinon, que saurions-nous de ce qui se passe ? L'homme est au début de son évolution, ça c'est sûr, et être berné, il adore. Il vit d'illusions et de fables, elle lui sont nécessaires, ainsi que la compagnie rapprochée de tous ses frères humains, qu'il aime et déteste au gré de ses états d'âme et de sa situation sociale. La politique, il est immergé dedans et il croit qu'il n'en fait pas...

Il aime, il souffre, il vit.

Je ne me sens pas du tout concernée par N.S. que j'avais cerné en 2007 pendant sa campagne ; mais bien sûr, à lire ici les commentaires et les articles je comprends que bcp avaient misé sur lui, et qu'ils sont bien partis pour miser sur un autre, quel qu'il soit.

Entre la réalité de ce que nous sommes et la réalité de ce que nous en faisons il y a un monde.

Mais ce que vous faites est bien et vous avez raison de le faire, et de le faire bien.

 

Bien évidemment, tout ceci n'est qu'une petite goutte d'eau dans l'océan des medias ... et même dans la petite sphère médiapartienne ...
Mais, au-delà des "pulsions" que sont l'ambition, le désir d'avoir du pouvoir, de l'influence, l'envie d'être aimé, apprécié, il y a cette exigence toute simple d'être là où l'on est et d'y faire ce qu'il est en son "pouvoir" de faire.
C'est là que sourd l'exigence démocratique.

Ce que je voudrais essayer de faire comprendre ( je crois que vous l'avez compris), c'est que nous ne sommes pas dans la phase la plus grave de l'histoire de notre pays. Que diraient ceux qui ont connu les tranchées, les ligues, l'Occupation ? Il y a un problème politique avec Sarkozy. La démocratie qu'il met en oeuvre n'est pas celle que j'appelle de mes voeux. Mais ce n'est pas "la fin de la démocratie". C'est - pour reprendre l'image de la marche - un moment de déséquilibre particulièrement difficile car le pied qui repose par terre est engluée dans un fatras d'injustice et de "mal-disance".

Cela veut dire aussi que les élections à venir - quels qu'en soient le contexte et l'issue - ne suffiront pas à ré-insuffler une démocratie plus vivifiante.

"Je pense qu'on vote en partie, pour ceux en qui on croit se reconnaître; les idées, les programmes, passent au second plan. Les gens vraiment "bien" ne recherchent pas le pouvoir. On dit que le pouvoir corrompt, certes, mais n'y a-t-il pas déjà prédisposition?"

 

Cette forme de vote n'est pas la démocratie.

En démocratie, je vote pour quelqu'un qui va me représenter, temporairement pendant quelques temps, sachant très bien que son mandat terminé, il me rejoindra dans la vie civile pour continuer sa vie normale de citoyen.

Votre vision est celle d'un simulacre, où ceux qui se nomment "les Élus"

(et oui, ils y mettent une majuscule)

sont des politiciens professionnels qui n'envisagent pas de quitter les postes de Pouvoir où on les installe par notre vote mais surtout par notre aveuglement candide.

 

Non, les gens "bien" ne recherchent pas le pouvoir.

Mais être élu par le peuple, en démocratie, ce n'est pas "le pouvoir".

@Axel

***Cette forme de vote n'est pas la démocratie.***

OK alors il faudrait le faire savoir plus largement...

***Votre vision est celle d'un simulacre, où ceux qui se nomment "les Élus" sont des politiciens professionnels qui n'envisagent pas de quitter les postes de Pouvoir où on les installe par notre vote mais surtout par notre aveuglement candide.***

Mais alors, ce n'est pas une vision, c'est la réalité, non ? Ou alors je vous comprends mal.

J'ai constaté au cours de ma vie et au gré des scrutins, que les gens votent pour ce que la personne représente dans leur imaginaire (sauf peut-être pour les régionales car on connaît rarement les candidats, alors on vote pour le parti représenté sans s'occuper de qui est sur la liste).

Je parle en général, car on peut toujours trouver des exceptions, cela dépend aussi du niveau social et culturel.

Si on demande pourquoi vous votez pour untel, le programme n'est jamais cité car même pas lu ou alors ce sont des répétitions de ce qu'on entend dans les médias.

Les raisons sont inconsciemment affectives et émotionnelles, de même qu'on se sent attiré par certaines personnes que l'on côtoie ; le physique est souvent mis en avant d'ailleurs.

Quant aux hommes politiques élus temporairement en démocratie et qui retournent gentiment à la vie civile... c'est une blague ?Pas très décidé

 

 

 

 

 

 

 

@Axel

***Cette forme de vote n'est pas la démocratie.***

OK alors il faudrait le faire savoir plus largement...

***Votre vision est celle d'un simulacre, où ceux qui se nomment "les Élus" sont des politiciens professionnels qui n'envisagent pas de quitter les postes de Pouvoir où on les installe par notre vote mais surtout par notre aveuglement candide.***

Mais alors, ce n'est pas une vision, c'est la réalité, non ? Ou alors je vous comprends mal.

J'ai constaté au cours de ma vie et au gré des scrutins, que les gens votent pour ce que la personne représente dans leur imaginaire (sauf peut-être pour les régionales car on connaît rarement les candidats, alors on vote pour le parti représenté sans s'occuper de qui est sur la liste).

Je parle en général, car on peut toujours trouver des exceptions, cela dépend aussi du niveau social et culturel.

Si on demande pourquoi vous votez pour untel, le programme n'est jamais cité car même pas lu ou alors ce sont des répétitions de ce qu'on entend dans les médias.

Les raisons sont inconsciemment affectives et émotionnelles, de même qu'on se sent attiré par certaines personnes que l'on côtoie ; le physique est souvent mis en avant d'ailleurs.

Quant aux hommes politiques élus temporairement en démocratie et qui retournent gentiment à la vie civile... c'est une blague ?Pas très décidé

 

 

 

 

 

 

 

"Mais alors, ce n'est pas une vision, c'est la réalité, non?"

 

Oui, c'est la réalité, et la réalité, c'est que nous ne sommes PAS en démocratie. Nous sommes seulement manipulés dans une version hypocrite de monarchie féodale, dont les Seigneurs ont compris qu'il suffit de la nommer "démocratie" pour que le peuple le croie.

 

"Quant aux hommes politiques élus temporairement en démocratie et qui retournent gentiment à la vie civile... c'est une blague?"

 

Ben non, ce serait cela, la démocratie.

Déprofessionnaliser la politique. Rendre la politique au Quotidien de Tous, c'est-à-dire se donner chacun responsables, les moyens de tenir nos propres vies en main comme des adultes et non comme des enfants dépendants

(par exemple une Education à la place d'un Dressage, des journalistes à la place des perroquets de cirque, une police et une justice qui serait notre police et notre justice et non celles des riches, etc etc etc)

Denis, vous faites vivre le rêve et la quête pour une utopie, la Démocratie.

Vous avez parfaitement raison, c'est comme ça qu'il faut la voir, comme quelque-chose en perpétuel devenir, ainsi elle existe, ainsi elle est vraie,

alors qu'elle n'est que mensonge, poudre aux yeux et novlangue, dans le contexte où les seigneurs actuels (les Notables et les lauréats des Grandes Ecoles élitistes) usurpent son nom pour mieux manipuler le peuple qui se croit souverain.

 

Votre texte redonne toute sa légèreté et aussi toute sa force à la démocratie, en des temps où le doute se change en défaitisme, merci!

 

Savez-vous?

Je crois qu'une des clés, il y en a des centaines, des petites et des grandes, mais une des clés, c'est un truc marrant qui semble n'avoir aucun rapport, et pourtant!

Cette clé, votre texte m'y fait repenser soudain, la voici:

Nous devrions nous amuser à employer le plus possible de verbes, et le moins possibles de noms, pour échanger, pour construire nos textes, pour communiquer en toutes circonstances, avec les petits comme avec les grands, au travail comme à la maison.

En plus, ça fait un petit jeu sympa aussi d'un point de vue purement linguistique.

Pourquoi les verbes à la place des noms?

Bah, je suis sûr que vous le pressentez, comme vous pressentez que la démocratie n'est surtout pas un concept figé mais bien un mouvement perpétuel...

:-)

Dans les verbes que l'on rencontre fréquemment dans le discours des députés ( toutes mes réflexions partent de là et non pas de théories savantes pré-écrites), il en est une série facile à identifier :
il s'agit des verbes en "re"
Il faut …
« re-donner confiance »
« re-donner » (« à notre pays » « toute sa force et toute sa vigueur »)
« re-mettre les pendules à l'heure » …
« re-mettre en état » (les finances de la France) …
« re-mettre à plat (la fiscalité des collectivités territoriales) » …
« re-lancer le moteur anémié et entravé de l'économie française »
« re-mettre au volant (l'esprit de responsabilité et la vertu civique) » …
« res-taurer » (« le sentiment de justice des Français » )
etc.

Il y a là une exigence de renouveau qui nous renvoie à ce qu'on appellait dans le temps les "rogations".
(Dans les campagnes, les catholiques célébraient, il n’y a pas très longtemps, l’arrivée du printemps par une procession qui parcourait les champs en demandant au Dieu tout-puissant de bénir et de protéger les moissons à venir. On y chantait - comme dans notre Assemblée « re-nouvelée » - de longues litanies.)

On peut voir là une illusion de plus. Une façon de taire nos incertudes. Et de nous rassurer.

On peut aussi y voir la marque de notre humaine nature où la vie politique connaît des saisons tristes et des saisons plus gaies. C'est tout de même bizarre qu'en France les élections aient toujours lieu au printemps ( et aussi le Front populaire, mai 68, etc.) !

A chaque saison (électorale) qui commence, on veut y croire. On voudrait qu'à ce coup, çà soit le bon, que çà change vraiment.

Pour casser un peu l'ambiance, je vous rappelle cette petite phrase à méditer: "Si le droit de vote devait permettre de vraiment changer les choses, il y a longtemps qu'il aurait été supprimé".

Rire

Smileys

Çà n’est pas « casser l’ambiance » que de dire ( et de méditer … pourquoi pas ?) : "Si le droit de vote devait permettre de vraiment changer les choses, il y a longtemps qu'il aurait été supprimé".
Cela en fait partie.
Si je vote (et si j’écris des papiers du genre de celui-ci), ce n’est pas parce que j’ai peur d’être en faute et d’avoir « mérité » Sarkozy ( voir, plus haut, la remarque très juste de Marguerite) ;
ce n’est pas non plus parce que je considère qu’on peut changer les choses en profondeur PAR les élections.
Justement, je trouve que chacun de nous met beaucoup (trop) de choses dans les élections.

Entre deux élections, on récrimine, on agit ( on agite) en se disant que, la prochaine fois, on ne se laissera pas prendre au piège (SARTRE _ Élections, piège à cons) .
Et puis, quand l’heure est venue, beaucoup d’entre nous vont, dans le secret de l’isoloir, choisir celui des candidats qui nous représentera le moins mal possible. Comme ceci n’est pas très mobilisateur, nous entourons ce geste – somme toute banal (compte tenu du nombre de fois où nous l’accomplissons au cours de notre existence de citoyen) – de tout un tas de considérations stratégiques
( je suis toujours frappé, quand on discute avec un ami ou une relation du pourquoi de son vote, de la complexité des analyses qui sont censées rendre compte du choix en question … on se demande comment sondeurs et politologues arrivent à tirer des enseignements généraux – et péremptoires – de cet amas de considérants tous plus contradictoires les uns que les autres !)
et de sublimations en tous genres ( « Si, si, tu verras, à ce coup, il – mon candidat – a changé … et puis on est derrière, on va le pousser … c’est le moment ou jamais … »)
Il y a là un paradoxe de l’homo democraticus. L’homo democraticus est paradoxe. Les élections sont paradoxe.
Il n’y a pas là de quoi se lamenter, se décourager. La démocratie ne se développe pas malgré ces paradoxes (et il y en a beaucoup d'autres ) , mais grâce à ces paradoxes.
C’est pour tenter d’expliquer cela que j’ai écrit ce papier.
La difficulté, dans ce genre d’échanges, vient du fait que tout cela est éparpillé, morcelé, suspendu au rythme du clavier et du tracker/« traqueur ». Sans que l’on parvienne à une vue d’ensemble de la pensée du locuteur.
Faut faire avec. Et çà n’est pas une raison pour ne rien faire - ne rien écrire en l’occurrence (Je parle pour moi - pour me convaincre ! - et pas pour VELVETH ... qui semble avoir surmonté depuis longtemps cette phase du doute ! ...)

Le doute m'habite en permanence.

Pas spécialement sur la nature des élections perverties par un système professionnalisant et non-représentatif des sensibilités populaires.

Je voulais seulement dire, Velveth, que, compte tenu de votre présence sur Mediapart, vous n'aviez pas de doute ... sur l'utilité d'écrire et de bloguer ( c'était de l'humour Smileys !).

Pour le reste, je sais, pour vous lire de temps en temps, que vous vous interrogez sur beaucoup de choses ( le NPA par exemple ...)

Bonsoir

Il n'est que de lire les commentaires sur les deux premiers articles parus hier soir et ce matin suite à la déclaration d'intention de Mme Royal, pour effectivement avoir un panorama de ce que tous ceux qui participent mettent comme bric-à-brac dans les Elections, promues salvatrices de tous les problèmes accumulés depuis des décennies.

J'y vois peu de vraie réflexion sensée et peu de recul, plutôt une explosion d'émotions et de sentiments quels que soient les bords politiques.

Entre la femme intelligente et la nullissime on a droit à tous les poncifs des années passées, ressortis des tiroirs sans même un petit coup de chiffon...

Je ne généralise pas, car il y a aussi des interventions intéressantes heureusement (ce qui rejoins votre analyse, mais plus entre les individus qu'à l'intérieur de chacun...) ; en tous cas, cette candidature semble avoir ouvert la fenêtre d'un espace confiné, ouvert la cage aux oiseaux !

Comme je vous disais, l'homo sapiens en est encore à ses balbutiements.

C'est comme un roman dont on n'avait lu que la préface, à présent nous aurons une page chaque jour pendant un an...

Pendant ce temps, les Marchés ne sont pas du tout rassurés par le sauvetage des banques irlandaises, l'euro est en baisse, et France culture nous fait ce soir : "Et si c'était la France ?" (du grain à moudre), pour finir de nous rasséréner...Tranquile

"Cette candidature semble avoir ouvert la fenêtre d'un espace confiné, ouvert la cage aux oiseaux !"
nouvelle version du
Val sans retour ?
( il va bien falloir que je me décide à rapatrier sur Mediapart ce texte - qui dit vraiment le fond de ma pensée !)
Lire aussi pour le plaisir :
la cage aux oiseaux
Sans rentrer dans le débat sur Ségo et les autres, je voudrais indiquer deux pistes de réflexion en prolongement - et/ou application - de tout ce qui précède :
1) Cet évènement – l’annonce de candidature – peut-elle constituer un point de rupture/ de bascule, un
point DELTA ?
(la réponse est – à mon sens, évidemment – NON ;
mais alors cela renvoie à la question qui n’a pas fini de nous agiter pour la période à venir : « mais où est donc le « point DELTA » de 2012 ? )
2) qu’est-ce qui, dans les ressorts profonds de l’homo democraticus, ouvre le champ à ces attitudes – plus viscérales que cérébrales - de fascination/ séduction et/ou de répulsion/ aversion que suscite « Madame Royal » ( appellation non contrôlée mais née d’une interférence – hasardeuse ?, - avec le personnage de cirque que l’on appelle « Monsieur Loyal » ?)
L’homo democraticus n’est pas seulement un « homo sapiens » : il pense aussi avec ses tripes

 

C'est tout de même bizarre qu'en France les élections aient toujours lieu au printemps ( et aussi le Front populaire, mai 68, etc.)

Tandis qu'en Pologne, le printemps arrive souvent en automne…

Merci, Denis Meriau, pour ce billet et vos réponses aux commentaires. Je n'ai pas encore lus ceux que vous avez déjà proposés, mais j'aime bien votre idée de rétro-débats. À bientôt donc.

Smileys
il y a aussi ... les plombiers polonais ...
et la fabrique du "point DELTA" peut parfois ressembler à de la mécanique, genre bricolage de tuyauteries impossibles !

Et puis, quand l’heure est venue, beaucoup d’entre nous vont, dans le secret de l’isoloir, choisir celui des candidats qui nous représentera le moins mal possible.

C'est très vrai, et ce n'est pas le moindre des inconforts que représente le choix final d'une ou d'un représentant. Mais je suis surprise par les gens, nombreux, qui contrairement à ce "moindre mal possible", s'estiment parfaitement représentés par leur candidat(e) et revendiquent le caractère exceptionnel de ce choix : "il n'y a que lui qui..." il n'y a qu'elle qui...". et qui donc dans leur esprit, ne sont pas dans le moindre mal mais dans le plus grand bien.... Sourire

Est-ce que "çà" ( le "jeu" démocratique ) pourrait encore "marcher" si certains n'y mettaient pas un peu de passion et de déraison ?

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