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Conj'paye

Premier Août.
Date immuable du départ en vacances familiales d'antan. Le bâtiment, c'était le bâtiment. Tout le monde raccrochait le "bleu" le 31 juillet. Le père, couvreur-plombier (ascenseur social après la période ouvrier agricole) ne faisait pas exception à la règle. Le dernier soir, il rentrait à la maison assez hilare: la paie, plus les congés (dont le montant était majoré par rapport au salaire habituel), ça lui donnait un peu l'illusion d'être à la tête d'un pactole. On allait avoir droit à quelques petites fantaisies au cours du séjour à venir, se déroulant immanquablement chez le pépé en Normandie. Faut pas exagérer non plus : le pactole en question ne permettait nulle location et comme on n'avait pas de voiture, pas question de camping. Donc le rituel se déroulait sans surprises, réconfortant et festif. D'abord, direction la gare locale pour le billet conj'paye (moins 30%, comme pour les soldes !), et l'enregistrement des vélos, un peu à l'avance. On les trouverait à l'arrivée, la SERNAM se chargeant de livrer à destination.
Et c'était LE matin. Angoissé comme tous ceux qui ne quittent jamais leur douar, le père en rajoutait dans l'amplitude horaire. Neuf fois sur dix, on arrivait trop tôt à St Lazare après le périple train de banlieue, métro. Là, il fallait poireauter après la recherche fébrile du quai. Ambiance tendue. Pas intérêt à la ramener. Et puis c'était la loterie : coup de bol ou pas. Places assises ou non. Car le voyage s'est souvent passé assis sur les valises, dans le couloir de la voiture à "compartiments". Le sur-booking était à la mode avant l'heure à la SNCF.

Bienheureuses les filles, car de valises, il n'y en avait que deux. Celle des parents (carcasse brillante en métal gaufré) et la nôtre (marron, à base de carton, munie de deux fermoirs vicieux domptés par une clé, jusqu'à ce qu'on la perde). 44*27. Ce n'est pas le code d'ouverture mais les dimensions en centimètres. Je viens d'aller vérifier car je l'ai gardée pour y ranger des souvenirs. Là-dedans, il y avait tout le nécessaire pour deux filles et pour un mois. Je rigole en voyant la quantité de bazar que j'empile en mon "petit âge" comme dit mon vieux toubib. Précision : on voyageait en habits "du dimanche". De la tenue !
Arrivés à destination, restait la phase luxe de l'expédition : le transfert en taxi jusqu'au but, non "desservi", à dix kilomètres de là.
Et le moment triomphal : celui où on se tombait dans les bras, les grands-parents, on les voyait à tout casser deux fois par an. De vraies grosses vagues de bonheur certifiées par les comparses de nos jeux : deux affreuses chiennes corniaudes, un noire et une blanche. Elles faisaient de tels bonds malgré leur petite taille qu'elles atteignaient le haut de la clôture. Leurs gloussements de jubilation, leurs frétillements de retrouvailles signalaient le début officiel des vacances, placées sous le signe de grandes lèches en travers de la figure. En ces temps médiévaux, on ne comptait pas les microbes avec autant de patience...
Un océan de temps libre, une mer de verdure, les rires plus fréquents des parents. Le mal au crâne permanent du père, dû au maniement des métaux, des brasures, de la chimie des chantiers, s'évanouissait. On les redécouvrait un peu gamins, farceurs. Et puis la maison, c'était leur premier nid de jeune couple, reloué au grand-père par le propriétaire après leur migration "à Paris".
Sous les pommiers, une panoplie de sports extrêmes nous était offerte : aller chercher le lait à la ferme, courser les poules, éviter le coq teigneux (qui n'hésitait pas à pincer les mollets de la mémé lorsqu'elle étendait le linge sur la corde), taquiner les lapins, gaver tout ce monde de blé ou d'avoine, râler contre les deux moutons qui laissaient partout leurs chapelets de réglisse, explorer les bords de la mare, accompagner le grand-père au potager, un miracle de précision, de rigueur, de beauté : les rangées de légumes, au cordeau, mises en valeur par un cadre de petites fleurs bleues... Des salades XXL qui n'avaient jamais connu d'intrants : la romaine, la laitue brune, la douce blonde, les cives pour les assaisonner...
Le soir, revenait au logis un vieux guerrier couturé de partout qui avait fighté dans tous les greniers du canton : Michou, "gouttière" de 19 ans et une oreille en dentelle. Il était copain avec un crapaud qui venait boire dans son écuelle. Deux poules cayennes répondaient aux appels de la mémé, ainsi que la brebis qui venait à la fenêtre "de derrière" chercher son croûton en faisant la "belle", comme un chien...
En ce temps-là, pas besoin d'animation. Il restait juste assez de temps pour rêvasser au soleil entre deux numéros de l'Espiègle Lili ou du Club des Cinq.
Et rien n'aura jamais la saveur des petits pots de glace bicolore (vanille-fraise, vanille-café, vanille-chocolat) que l'on allait à pied chercher chez le boulanger, au centre du village. Pendant les vacances, c'était permis. Inouï... ;-))
A ma soeur qui patrouille parfois en ces colonnes, pour tous ces moments qui nous ont bâti un substrat de moral la plupart du temps inoxydable.
Et j'te f'rai dire, c'est à mon tour de lécher le saladier de la pâte à quatre-quarts...


Tous les commentaires
Mais que c'est joli Dianne ! De vraies vacances, un peu comme celles que j'avais aussi, mais en Provence, à longueur d'année chez mes grands parents (sauf les chiens, moi c'était les chats
)
Bonjour à la soeur patrouilleuse
Ah c'est vrai qu'un peu de chaleur de Provence n'aurait pas été du luxe, certains étés, plus "normands" que d'autres. Mais on ne prenait pas de coups de soleil, c'est déjà ça !
P'tain, le beau "Je me Souviens" que voilà...... Bravo et merci, Artémis !
Quoi, san aie-faune ? sans woeb ? Où il n'y avait que l'ici et le maintenant ?
Quel luxe, quel bonheur...
Oui. C'était ça. Plus, chez "Mémée", les colombes qui patrouillaient entre les passeroses, et la piscine municipale, au bout de la route à vélos. Et les vairons dans le ruisseau.
Non, on ne comptait pas les microbes, et on pouvait s'étaler de tout son long dans l'herbe poussiéreuse.
Ah les "colombes"... Je les avais oubliées celles-là. Il faut dire que le souvenir est plus ancien encore. Les tourterelles dans la volière, en une ancienne et encore plus petite résidence du pépé, du temps qu'on habitait les lieux décrits ci-dessus... Une pergola en ferraille, un lit de camp baptisé "marabout", allez savoir pourquoi... Et la sieste obligatoire mais délicieuse, à l'ombre, bercée par les roucoulements... La chienne berger, "Belle" pour l'état-canin et "Fifi" pour tout le monde, veillant farouchement. Elle aurait bouffé quiconque aurait fait mine de me déranger...Merci Pierre pour le flash-back !
D'ailleurs, Dianne, je te rappelle que mon invitation à te joindre à l'édition "JmS" tient toujours ! Ça doit bien faire 2 ans, 2 ans 1/2 qu'on en avait parlé.... Tu te souviens ?
Oui, je me souviens...
C'est vrai, Dianne, votre truculent billet devrait aller se loger de lui-même dans l'alignement de "Je me souviens"
!
Merci. Je vous garderai un chouïa de pâte à gateau !
Elle résiste notre Dianne, elle résiste !
le pot à lait, le gâteau que ma grand-mère faisait avec les peaux de lait qui avait bouillu, la grande boîte à boutons en fer blanc, où je pouvais passer des heures à chercher des trésors... Et voilà, que maintenant c'est moi, la grand-mère ! Que le temps passe vite... Je vous quitte, je dois finir de dénoyauter les mirabelles pour les confitures.
Le pot à lait, je l'ai gardé aussi. Il contient désormais des fleurs sèches. Les peaux de lait, ma mère les gardait au frais, pour la tarte aux pommes du jeudi. Cela donnait à la pâte un inimitable goût de caramel-noisette. Inimitable...
Rassurez-vous, Dianne, cela donne toujours aux pâtes à tarte ce goût et cette texture particuliers, quand on a la chance de pouvoir aller chercher à la ferme un lait qui, en refroidissant après avoir bouilli, laisse remonter à la surface une épaisse couche de crème.
Gardez soigneusement vos pots à lait. Pas parce qu'ils valent de plus en plus cher dans les brocantes : ce sont de parfaits récipients pour la cueillette des mûres (qui sont déjà mûres, 3 à 4 semaines d'avance…).
Merci Anne pour les conseils. Vous mettez aussi des croisillons de ladite pâte pour finaliser le chef-d'oeuvre ? On n'en revenait pas que cette "peau" qui nous révulsait quand elle surnageait dans le bol du matin, puisse être aussi délicieuse autrement !
Bon je me mets en quête de buissons ad-hoc pour remplir le pot d'alu...
Jusqu'à aujourd'hui, je réservais les croisillons pour la tarte à la banane ou… aux mûres. Mais je vais essayer avec la prochaine tarte aux pommes tombées (ça tombe bien, la saison commence).
Vos vacances d'enfant ressemblent à celles décrites dans les livres que je lisais et qui me semblaient très exotiques, comme tout ce qui concernait une France où je n'étais allée que deux fois.
Exotiques ! Quelle belle façon de dire le "loin", "l'ailleurs"... Si un jour on m'avait dit que mon coin de bocage natal était exotique...
Et le pot en fer blanc pour faire bouillir le lait sur le gaz avec son couvercle à trous et sa poignée de bois... + l'anti-monte-lait au fond à l'intérieur, j'entends encore le clapotis rassurant, progressif, il fallait surveiller, enlever du feu ni trop tôt ni trop tard
!
L'anti-monte-lait, la galette de verre, je l'avais oublié !
Désolé, vous ne pouvez voter qu'une fois.... Ben, moi aussi, désolée !
Plein de rayons de soleil pour la journée ! Merci...
Splendide. Un bonheur de partage que j'ai relu deux fois comme on reprend de la pâte à quatre-quarts lors d'une incursion dans la cuisine pour boire ce grand verre d'eau fraiche qui ne calmera de toute façon pas les joues en feu.
A l'exception des détails "filles", les images, sons et odeurs de chaque ligne me sont familiers. Y compris, et peut-être surtout, la Gare Saint-Lazare... souvenirs !
Cour de Rome, y'avait pas encore la pendule design... Mais on s'en sortait quand même...
Pour le quatre-quarts, fleur d'oranger aussi dans votre version ?
Euh! Je ne sais plus. Version Tatie en tout cas : inoubliable et inimitable.
Moi, je n'ai lu qu'une fois, la nostalgie ça paralyse
Mais non, ça paralyse pas, ça aide à aller de l'avant, au contraire ! Et puis ce n'est pas de la nostalgie, c'est juste se souvenir d'où on vient, de quoi on est fait..... Vous conduisez sans jamais regarder dans le rétroviseur, Guy ?
Ce qui meu-meu, cher Guy, euh, ce qui me meut !
Je reviens. J'avais oublié de recommander.
Le ravissement était toujours au rendez-vous, même les jours de pluie. Il fallait vérifier pour les girolles et ramasser les cagouilles. Le plus excitant, c'était le soir à la lampe. Il y avait bien quelques frissons de peur; la nuit il y a toujours de drôles de bruits. De toute façon il fallait la gagner la cargolade à la Tatie.
Les jours de pluie : aller chercher le lait sur la route noire et brillante... Toutes les odeurs de campagne exaltées par la légère brume... Les talus bruissant du crépitement des gouttes sur la verdure en folie... Mmmmmmm ! Et puis quand cessait l'averse, au fond du parc du manoir d'en face (abusivement surnommé "château"), le coucou et son écho s'en donnant à coeur joie.... Those were the days, my friends, we thought they'd never end...
Mais oui, le talus et les mûres qui nous coûtaient mille et une griffures et habits trempés. Bon sang ! J'avais oublié.
Ah ...... (rêvasserie subite).
Il y a quelques étés durocasses qui remontent, tiens ....
Merci, Dianne.
Ce n'était pas si éloigné ! La plaine et le bocage, paysages désormais unifiés par le zigouillage des talus et des haies du bocage, à des fins de "pragmatisme". On a pu parler de "saccage normand".
Que voici un petit bijou de billet ! Du pur bonheur....
Les vacances chez mon grand-père Ernest, c'était tout pareil ! Nostalgie, nostalgie.....
Ernest et Robert, même combat : du bon, du beau, du tendre, et un poil de gniaque, à transmettre aux petiotes. C'est bien, hein ?
Et comment que c'est bien !
Pour moi c'était de banlieue à banlieue, mes grand-parents maternels, bretons d'origine, habitaient sur les hauteurs de Vitry sur seine, pas loin de la porte d'Italie et c'était la campagne aux portes de Paris ! Il y avait des champs, des lilas, des mûres bien sûr, des arbres où nous faisions des cabanes, mon grand-père avait construit sa maison lui même. Il était tailleur pour la RATP, avec une machine à pédalier, l'énergie dans la cheville et farouche communiste. Maintenant les uniformes sont taillés en Chine. Chemin des Murillo, l'adresse me revient, tout à coup, même pas une voie carrossable... Maintenant tout est urbanisé, la ville a dévoré ses campagnes.
Même punition en ma "riante" petite cité banlieusarde. Les champs de poiriers que nous traversions pour aller au collège, en longeant le cimetière, sont désormais une fourmilière dominée par une tour. Un auteur, suisse je crois, avait dessiné un ensemble de fresques représentant son village au fil des siècles. Quelques points de repères permettaient de voir croître le monstre urbain, confisquant l'espace, l'eau, l'air, le temps... Il faut bien que les hommes vivent... Sauf que la logique poussée à l'absurde les en empêche. Qui aurait dit que l'enfer se profilait à l'horizon de la croissance exponentielle du trafic aérien de Roissy ? Et ces temps-ci, c'est sur la forêt-poumon que le libéralisme débridé a mis la patte.
Les vacanciers, nous les voyions arriver dans notre village, ma famille et moi. Chaque été avait son lot de premières amours éternellement recommencées d’été en été avec les p'tites Parisiennes à l’accent si pointu qu’on s’piquait... d’y revenir.
Enfant, je ne suis jamais parti ; je ne savais pas qu’on pouvait le faire, et je croyais que c’était réservé aux Z’Ôtres, qu’étaient forcément riches (forcément, p’isque plus que nous, et forcément aussi p’isqu’ils venaient du nord et de Paris exprès pour nous voir : c’est qu’on devait sans doute le mériter un peu, notre marmaille !... et ça nous rendait fiers, et pas qu’un peu, je ne vous dis que ça !... On la ramenait, avec les p’tit’s bourgeoises d’là-haut, et je crois bien, avec le recul, qu’elles avaient l’air d’aimer ça, notre compagnie, mais je me fais peut-être des idées ?...).
Jean-Jacques M’µ
Absolument pas... J'en ai connu un, de ces vacanciers "riches" (enfin, moins fauchés) au long cours qui traversaient la France pour rejoindre le soleil... Et bien il avait des souvenirs absolument "symétriques". Il s'était piqué aux accents féminins du midi...
De fait, avec le recul des ans, je ne me rendais pas compte, alors, du phénomène HÉLYOTROPISME (Héliotropisme ?...). Notre rival, et notre partenaire, c’était le soleil. Il fallait bien ça, au moins, pour les faire revenir.
Jean-Jacques M’µ
Sans forcément bouger de son environnement, il est possible à bien des égards de s'évader au contact des vacanciers les plus pittoresques, ils apportent l'extérieur sur un plateau.
Encore un petit bijou, Dianne !
Pour le collier médiapartien...! A nous tous, on va bien finir par faire fortune !
Un très beau billet , Dianne
44*27 ça fait petit, surtout pour des habits de fille ! A comparer aux 158cm réglementaires en soute pour l'avion (long x large x haut). Ce n'est pas le même charme, encore qu'en low cost il n'y a pas loin pour qu'on voyage en strapontin !
Et encore, attendez les poignées au plafond de la cabine pour voyager debout !!!
L'avantage quand on est fauchman de chez fauchman, c'est que, des habits, on n'en a pas beaucoup. Restait la lessive, à faire au baquet, derrière la maison, au-dessus de la citerne... Une bonne occasion de jouer à s'éclabousser. Impossible avec tout le confort moderne...
Merci pour ce billet.
Ailleurs, différemment, mais dans le même esprit, que de souvenirs et hélas quelle nostalgie de ne pas toujours vivre avec ceux que l'on aime non pas les mêmes choses (on ne réécrit pas l'histoire), mais la même plénitude et la même perception du bonheur que la vie d'aujourd'hui ne nous permet pas toujours de retrouver.
Vrai. Mais l'âge aussi intervient qui inhibe et affadit bien des sensations. J'imagine retrouver les louloutes (appellation controlée) : lèche ou pas lèche ? Euh... Enfin la gratouille sur le ventre pour leur éviter la crise cardiaque, à force de se rendre intéressantes, les quatre pattes en l'air, elles y auraient droit, certain....
Je n'ai pas tout à fait les mêmes souvenirs, venant d'une famille déjà déracinée par la guerre d'Algérie et l'exode rural, mais je partage votre nostalgie. Je me souviens de la 404 break chargée à fond avec cinq enfants et une galerie, et des vacances qui étaient comme une immense parenthèse.
Les produits dont vous parlez sont devenus des "produits du terroir", hors de prix. Restent les supermarchés. En Provence, on y trouve des melons qui ont fait l'aller-retour à Rungis.
Les téléphones portables et l'internet permettent de partager en direct avec nos proches qui sont loin ; mais ils privent les plus jeunes générations d'une rupture qui favorisait le dépaysement.
Voilà, je me vieuxconnise à cause de vous.
meu non... la vieuxconnisation est une affaire qui atteint surtout ceux qui n'ont rien su retirer de la fréquentation bienveillante de leurs souvenirs. J'en souhaite de semblables aux jeunes d'ici et maintenant. Et du coup j'ai envie de bouger pour qu'eux aussi puissent à leur tour dans quelques décennies...
Dianne, il doit y avoir une étape où la remontée des souvenirs devient douce et qui va avec l'heure de se relier aux racines, chacun n'ayant pas la même horloge pour cela. Un peu comme l'étape fin dans une relation ou un récit, ça doit aller avec sa fin propre, qu'il faut bien admettre un jour. Le réflexe inculqué depuis notre naissance est d'en balayer l'idée au prétexte qu'elle freine le présent et oblitère l'avenir : être une fleur coupée en somme, ouste le passé ce tire-larmes, il faut vivre avec son temps et surtout pas la formule "de mon temps", cette vieille lune !
Ne serait-ce pas un relent judéo-chrétien aussi, cette obligation de paraître plus dur qu'on ne l'est ? Comme l'interdiction d'être triste sur une photo parce qu'on risque de passer pour une mauviette aux yeux de la galerie ?...
Plus dur qu'on ne l'est... absolument : "accroche un sourire à ta face, maquille ton coeur et ton corps" et fait le winner mon fils (ma fille). Sauf que ça ne marche pas. A trop nier le tendre, on finit névrosé. Sec dedans-dehors.
Je préfère passer pour neu-neu que pour indifférente.
Exact. D'ailleurs, on peut le vérifier tous les jours autour de soi, les gros durs et, pire encore, les cyniques sans limite qui se tapent sur le ventre et "niquent" pour le plaisir de performer (quel vilain mot en droit fil de l'anglais mais si explicite...) se mentent d'abord à eux-mêmes.
C'est le portrait de l'agité, non ?
Une bonne thérapie, il lui faudrait, d'urgence.
Oui, sauf que le risque de refus est grand. Un épisode de réveil du style accident de la vie, assez durable encore, et intense pour marquer au fer rouge et délivrer à tout jamais du désir de surpuissance sur les foules... Il n'y a pas qu'un agité mais une série en marche jour et nuit comme les termites
....
Bien vu ! Et au nom du bien commun, cela va sans dire... Au fait kelkun va lui dire un jour que ses migraines, c'est l'overdose de chocolat ? Il retrouverait peut-être la fibre sociale ensuite...
Merci de partager des souvenirs si doux si tendres. Ça fait du bien !
Toute l'émotion de ces "retours" sur texte est pour moi, merci à vous, Amel.
bravo sa fait plaisir de lire se texte