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F. Lordon : Et si on fermait la Bourse...

Pour relancer l’économie
Et si on fermait la Bourse...C’était il y a un peu plus d’un an : les gouvernements secouraient les banques aux frais du contribuable. Mission accomplie. Mais à quel prix ? L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) évalue à 11 400 milliards de dollars les sommes mobilisées par ce sauvetage. Soit 1 676 dollars par être humain... Mais la finance n’est pas qu’affaire de banquiers. C’est aussi celle des actionnaires. Une proposition pourrait ne pas leur plaire : fermer la Bourse.
Par Frédéric LordonPour un peu, le grand spectacle de ces deux dernières années nous l’aurait presque fait oublier : là où la finance « de marché »* (les astérisques renvoient au glossaire), appellation un peu idiote mais il en faut bien une pour faire la différence, semble s’activer dans un univers clos, loin de tout et notamment du reste de l’économie, la finance actionnariale*, celle des propriétaires des moyens de production, campe à l’année sur le dos des entreprises — et, comme toujours, en dernière analyse, des salariés. Il a fallu la « mode du suicide » si délicatement diagnostiquée par M. Didier Lombard, président-directeur général (PDG) de France Télécom, pour offrir l’occasion, mais si peu saisie dans le débat public, de se souvenir de ce dégât quotidien de la finance actionnariale dont les injonctions à la rentabilité financière sont implacablement converties par les organisations en minimisation forcenée des coûts salariaux, destruction méthodique de toute possibilité de revendication collective, intensification épuisante de la productivité et dégradation continue des conditions matérielles, corporelles et psychologiques du travail.
Contre toutes les tentatives de dénégation dont on entend d’ici les accents scandalisés, il faut redire le lien de cause à effet qui mène du pouvoir actionnarial, dont plus rien dans les structures présentes du capitalisme ne retient les extravagantes demandes, à toutes les formes, parfois les plus extrêmes, de la déréliction salariale. Et si les médiations qui séparent les deux bouts de la chaîne font souvent perdre de vue la chaîne même, et ce que les souffrances à l’une des extrémités doivent aux pressions exercées depuis l’autre, si cette distance demeure la meilleure ressource du déni, ou des opportunes disjonctions dont le débat médiatique est coutumier, rien ne peut effacer complètement l’unité d’une « causalité de système » que l’analyse peut très bien dégager .
Si donc la refonte complète du jeu de la finance « de marché », réclamée avec d’autant plus de martiale véhémence par les (...)
Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique actuellement en kiosques.
Frédéric Lordon.


Tous les commentaires
Le 26 janvier 2010 à Davos.
Déclaration de Nouriel Rubini, l'un des rares économistes à avoir tiré la sonnette d'alarme avant tout les autres, dès 2006.
"Les dernières bulles spéculatives, qui sont les plus importantes, vont bientôt éclater" (sic).
La dernière grande crise, celle de 1929, n'a réellement fait connaître ses désastres à l'échelle mondiale, qu'en 1932, soit 3 ans plus tard, pour notre crise actuelle de 2008, le pic devrait être également atteint fin 2010, mi 2011.
Une différence tout de même entre 1929 et 2008, et non des moindres, les cartes de crédit à la consommation n'existaient pas en 1929.
@ +ENO-
J'ai lu cet article dans Le Monde Diplo.
Brisant les tabous et brillant.
Comme souvent l'est Frédéric Lordon.
A côté des errements de "Terra Nova" du minuscule Ferrand, cela fait du bien.
j'ai lu aussi cet excellent article de Lordon; très concret il explique comment comment la bourse et ses marchés d'actions ne remplissent pas le rôle qu'ils sont censés remplir: fournir du cash aux entrprises pour leurs investissements et la trésorerie. Les entreprises cotées empruntent aux banques en fait. Il montre bien comment la bourse fonctionne en circuit fermé pour un seul objectif, rapporter des plus values et des dividendes, en se nourrissant sur la bête: les entreprises. La fermeture de la bourse est un tabou, qui si on le levait ne verrait pas nécessairement l'économie réelle s'effondrer. C'est assez réjouissant comme perspective...
Et si on faisait bosser les enseignants en France ,Dianne, avant de fermer la bourse de Paris ?
On pourrait diviser leur nombre par 2 et donner ses économies au plus démunis
…donner ses économies…
Les économies de qui ? Encore une victime de la pénurie d'enseignants…
Oui, je sais : on ne tire pas sur une ambulance. Ah, savoir résister à la tentation… Une autre fois, peut-être.
Patience mon bon Alcyme, ça vient... ça vient...
Le principe du coucou suisse : dès qu'on appuie sur le bouton, il chante toujours la même rengaine...
Alcyme est membre du PS !
non velveth,curé du NPA , je suis électeur du PS ...moi je ne vote pas pour des partis facho/stalino comme le NPA partisan de la dictature ,fut elle au nom du prolétariat ,pour le plus grand bien d'une nomenklatura.
J'ai découvert que le NPA était religieux du coté d'Avignon et pour l'asservissement des femmes .
Le PS a une grande chance d'avoir des électeurs aussi sympathiques et cultivés que vous !
Si l'alcimation est électeur du PS on comprend pourquoi celui-coule à pic !
nuance : alcyme dit qu'il est électeur du PS.
ça ne vous rappelle rien, sur les forums de Libé etc. ?
J'étais un électeur de l'UMP mais maintenant j'ai compris que...
J'étais un électeur du PS etc...
Pour pouvoir "Fermer la bourse" il faut d'abord liquider toutes les positions, c'est à dire payer ses dettes, et c'est bien là où le bât blesse.
Ben Bernanke de la Fed à beau jeu de distribuer des tonnes de trilliards dollars gratuitement partout au monde pour relancer la machine, mais il ne fait que recréer des bulles sur d'autres bulles, car tant que les carnets de commandes, véritables coeur de la problématique, ne repartiront pas, rien ne repartira en fait.
@ +ENO-
C’était il y a un peu plus d’un an : les gouvernements secouraient les banques aux frais du contribuable. Mission accomplie. Mais à quel prix ? L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) évalue à 11 400 milliards de dollars les sommes mobilisées par ce sauvetage. Soit 1 676 dollars par être humain...
Ces 11 400 milliards de dollars, pour moi, est bizarre. J'aimerai bien en connaître la ventilation, étant donné que les USA, si je ne me trompe, ont versé 700 milliards comment aboutir à 11 400 ?
Si on l'écoutait plus ce Frédéric Lordon... 11 Mars 2009:
http://jaidulouperunepisode.org/004_Lordon_1_sur_4_video.htm
Faites-vous plaisir.
Edit: Une proposition d'impôt de Lordon:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Slam_%28imp%C3%B4t%29
(Grand Corps Malade n'a rien à voir)
Le SLAM contre la démesure de la finance par Frédéric Lordon
http://reseaudesbahuts.lautre.net/spip.php?article491
A ne pas manquer : Frédéric Lordon explique le SLAM
(écoute de l’émission "Là-bas si j’y suis" du 31 janvier 2007)
Voir en ligne : Lordon/Mermet : ratiboiser les profits
Je ne connaissais pas F.Lordon
Merci, Dianne, pour cette belle découverte
Je ne résiste pas Ben, à transcrire ici la conclusion de l'article, sous-titrée :"Cupidité déboutonnée "
[Ainsi , faire la critique de la Bourse conduit immanquablement à retrouver les vraies forces motrices que le galimatias entrepreneurial s'efforce de recouvrir : il n'y est en fait question que d'enrichissement. Non pas que tous les entrepreneurs soient par principe affligés de cette cupidité déboutonnée -ceux qui ont vraiment l'envie de construire quelque chose sont mus par d'autres ressortrs et se passent de la fortune patrimoniale pour s'activer (on n'en fera pas des saints pour autant).
Mais seule la Bourse pouvait installer dans le corps social, ou plutôt dans ses parties les plus concernées, ce fantasme, désormais fait mentalité, de la fortune-éclair, légitime récompense des élites économiques, entièrement dûe à leur génie créateur et sans laquelle on déclarera qu'on veut faire fuir le sel de la terre, tuer la vie entrepreneuriale, peut-être même la vie tout court.
Fermer la Bourse n'a donc pas seulement la vertu de nous débarrasser de la nuisance actionnariale pour un coût économique des plus faibles, mais aussi le sens d'extirper l'idée de la fortune-flash, devenue référence et mobile, cela-va-de-soi pour bien-nés et normalité du "mérite, pour rappeler que l'argent ne se gagne qu'à hauteur des possibilités de la rémunération du travail, ce qui, dans le cas des individus qui nous intéressent, est déjà la plupart du temps largement suffisant.
La Bourse comme miroir à la fortune aura été l'opérateur iaginaire, aux effets bien réels, du déplacement des normes de la réussite monétaire, et il n'est pas un ambitieux dont le chemin ne passe par elle -pour les autres, il y a le Loto, et pour plus personne en tous cas, rapporté à cette norme, le travail.
Ainsi la Bourse a-t-elle cette remarquable propriété de concentrer en un lieu unique la nocivité économique et la nocivité symbolique, en quoi on devrait voir une raison suffisante d'envisager de lui porter quelques sérieux coups. On ne dit pas que les arguments qui précèdent closent définitivement la discussion de la fermeture de la Bourse, et il y a sûrement encore bien des objections à réfuter pour se convaincre définitivement de joindre le geste à la parole.
On ne le dit pas, donc, mais on dit seulement qu'au moins il est temps de cesser de s'interdire d'y penser. ]
Rarement lu un texte aussi imbécile. Enfin bon il y a pire, il ya des gens drogués aux horoscopes. Espérons que les passages non recopiés par Dianne sont plus pertinents.
Votre réaction prouve que le texte recopié fait mouche. C'est bête hein, de voir mis le système mis à poil en des termes moins amphigouriques que le jargon des experts-auto-proclamés, salariés des médias.
Ah j'ai lu cet article dans le métro ce matin et ce soir. Je suis content de le voir posté ici. merci.
On présente depuis bonne leurette ce méchanisme boursier pervers et parasite comme un fait de la nature, une évidence comme la pollution qu'on respire...la vie quoi.
La grande qualité de F. Lordon est son talent pour communiquer sur ces sujets austères. Il ne se drape pas dans un statut d'expert fumeux, il explique et on comprend. Etonnant, non ?
"Professeur Lordon, nos AMG vous réclament", comme dit Mermet... Ici www.la-bas.org à consommer sans modération, quotidiennement de préférence, tranche 15h-16h sur France Inter (la tranche la plus casse gueule de la grille "allouée" généreusement par la station quand on a voulu le conduire vers la sortie. Il en a doublé l'audience... Re-étonnant, non ?)
Avec quelques autres (Husson, Jetin, Azam, Khalfa etc), Lordon a redynamisé la critique économique du Conseil scientifique d'Attac.
Vrai. Il manquait cette dimension "pédagogique" dans le registre concerné. Les analyses sont le plus souvent exhaustives mais si denses que le commun des mortels s'y perd un peu. La vulgarisation intelligente est le point fixe de l'éducation populaire.
Ce Lordon est bien nécessaire, avec quelques autres ...
Je me prends à rêver d'un "buzz" sur ses propositions - nationalisation générale des banques + instauration d'un impôt dissuasif quant à la spéculation (effet levier et autres joyeusetés), le SLAM ...-
Ce serait une inflation de commentaires, d'articles de presse, de reportages ...qui serait au moins aussi forte que l'animation autour du foulard ...
Du coup, on verrait les partis devoir dire ce qu'ils en pensent, du coup, des notions tabous ne le setraient plus ...Tiens, on irait même jusqu'à poser la question des retraites autrement ...
Ah ! mais je rêve !
Du rêve à l'action : c'est chez Marielle.
On peut rêver ensemble, Marielle !
Je suis fatiguée des buzz à la noix sur des sujets provocateurs qui rendent service à la clique confiscatrice. Nous avons collectivement un fort potentiel de bonheur ajouté mais il faudrait aussi que nous servions de haut parleur à ce qui est essentiel et non à ce qui ne sert qu'à densifier l'écran de fumée sarkozyen, ici et maintenant, et plus largement ultra-libéral en tous lieux.
Oui, si nous étions suffisamment nombreux, peut-être les partis finiraient-ils par se consacrer au nécessaire plutôt qu'à alimenter les querelles internes et externes à propos de poils sur les oeufs.
Tabou ? Les pauvres, le logement, les goinfres. Tabou au nom de l'impuissance politique généralisée érigée en non-système.
Ca passerait aussi et d'abord par le fait d'écrire aux médias classiques qui invitent toujours les mêmes économistes qui ne remettent rien en cause, ou en tout cas rien d'essentiel, de leur écrire pour dénoncer leurs silences....En 2005, les médias n'ont laisser passer les arguments du NON que poussés par les très nombreuses réclamations qu'ils recevaient.
Les médias classiques nous doivent des compte parce qu'ils se revendiquent ferment d'une démocratie qu'ils éteignent en fait.... Ah comme j'ai aimé cette séquence de la crise où on détournait notre regard vers les traders, et cette autre, récente, dans laquelle tout allait si bien ( oups !! Ils avaient oublié de parler de la dramatique montée du chômage, des un million de chômeurs qui arriveraient en fin de droits en 2010 http://www.mediapart.fr/journal/economie/161209/un-million-de-chomeurs-en-fin-de-droits-en-2010).
Du buzz? D'accord, mais aussi une action vis-à-vis des médias classiques démocrato-cides ! Moi, ils me fatiguent ( sauf Mediapart, bien sûr
, et ses Mathieu Magnaudeix, Laurent Mauduit, Martine Orange, Ludovic Lamant, en particulier !! Vous aviez lu cela http://www.mediapart.fr//journal/france/240110/2010-une-annee-de-grave-insecurite-sociale de Laurent Mauduit, page 2 notamment?? C'était une bombe !!)
"écrire aux médias classiques qui invitent toujours les mêmes économistes"
Il y a notamment une clique d'abonnés chez Calvi qui dit le Bien et le Juste avec ce qu'il faut de componction pour en imposer. Ils font des allers-retours idéologiques stupéfiants et personne ne leur oppose de vraie contradiction tant ils ont l'air heureux de "débattre" dans la lucarne. "C dans l'Air" peut pourtant être passionnant quand les invités sont choisis hors du cercle appointé.
Au fait ce n'est peut-être pas un hasard si F. Lordon se garde bien de fréquenter ce marigot.
Lordon claque magnifiquement, avec rigueur et alacrité. C'est toujours un vrai bonheur pour l'oreille de le lire, tant on croit l'entendre régler impitoyablement et allègrement leur compte aux idées reçues et à leurs bons apôtres. Lordon et quelques autres, nous dit Marielle. Je proposerais bien Jacques Généreux, au nom prédestiné, dont la réflexion déborde l'économie pour nous emmener (à la suite notamment du philosophe François Flahaut) vers l'horizon d' une nécessaire refondation anthropologique que je traduis par mon "slogan" : Les uns par les autres. En opposition frontale aux turpitudes bêtasses mais ravageuses de l'idéologie dite néolibérale.
Oui, un bon buzz, je suis partant. Comment on fait ?
Une beau billet, pour une bonne nouvelle.
C'est le sens de l'histoire, quand les privilèges et l'absolutisme ont empêché les nations de se développer, ils ont disparu.
Le capitalisme né de la fin des régimes d'inégalité devant l'impôt, est naturellement appelé à disparaître, puisqu'il ne remplit plus la fonction qui l'a fait naître au 18ème siècle.
On va voir un changement de civilisation majeur, c'est en cours, d'abord les esprits, ensuite, quand ils sont mûrs, les idées se réalisent.
Quel est le fait majeur des 25 dernières années dans l'imaginaire des gens?
En France, c'est celui né chez un comique, qui a repris une idée basique, donner à manger à tout le monde,
"Moi, je file un rancard
A ceux qui n'ont plus rien
Sans idéologie, discours ou baratin
On vous promettra pas
Les toujours du grand soir
Mais juste pour l'hiver
A manger et à boire"
http://musique.ados.fr/Les-Enfoires/La-Chanson-Des-Restos-t76879.html
A quand la même idée pour cette activité qui fait l'épine dorsale de la vie de tout le monde: un travail?
Le fait majeur, c'est bien que les héritiers des fondateurs de l'ONU et de toutes les sociétés de nations ont compris que l'outil institutionnel ne pouvait pas remplir son rôle, du moins qu'il laissait forcément s'installer des zones d'ombre dans la redistribution de la sécurité et de la prospérité, que seule une société humaine très organisée peut fournir.
Seulement voilà, quand cette société ne remplit plus son rôle, du fait de justement cette nature humaine, trop humaine et empêche la vie de s'écouler dans une harmonie à laquelle on aspire, les choses changent alors d'elle-même.
C'est ainsi que poussent les nations, les femmes et les hommes qui les font, et que bougent les valeurs qu'on croyait éternelles.
L'esprit de domination, c'est ce qui fait non seulement l'humain, mais le sens de la vie, il faut absolument que chacun prenne le plus de lumière possible.
Mais l'esprit de solidarité, le fait tout autant, c'est ainsi que les prairies se font immenses, que les poissons nagent ensemble, et les forêts deviennent le lieu de vie le plus incroyable qui soit.
C'est la contradiction de nature qui par nature fait avancer, compétition et solidarité...
Alors changer la nature humaine?
Elle le fait toute seule, qui sait ce que nous verrions dans dix mille ou cent mille ans, une fois qu'on aura compris qu'il faut vivre "avec" et non pas "contre". Mais il faut beaucoup avoir subi de "contre" pour chercher les "avec".
Alors, c'est tout comme les coeurs, les âmes et les corps solitaires, ils s'agglomèrent par nature, que chacun cherche ses âmes soeurs, et commence où il est à nourrir le changement...
Quant à ceux qui ne savent comment faire, qu'ils écoutent celles et ceux qui savent parler, et, mieux, vivre.
Il y en a toujours une ou un, pour peu qu'on se penche un peu à la fenêtre de nos sens, et hors de nos idées toutes faites, celles -là surtout pour nous enterrer.
Merci Dianne.
"C'est le sens de l'histoire, quand les privilèges et l'absolutisme ont empêché les nations de se développer, ils ont disparu."
Historiquement parlant, c'est très juste Passifou. Sauf que nous assistons très exactement au contraire : plus les injustices sont flagrantes, plus l'absolutisme se renforce. Il n'y a plus quoi qu'on en dise, de culture de lutte. Les joutes verbales ont clairement montré leurs limites.
A quand un gigantesque "boulothon" ? Pourquoi la misère exotique mobilise-t-elle plus nos élites que ce qu'ils ont sous les yeux au quotidien ?
Après avoir entendu le piteux tableau de l'état de la réflexion (?) de la social démocratie européenne hier (France Culture, 18 h 20-19h)....
....on ressent tellement ce besoin de réfléchir à partir d'autre chose que du sempiternel quel discours leur servir pour regagner la confiance de nos électeurs, qui semblait occuper ses reponsables à Prague.
Vous n'avez pas entendu parler de Prague ? moi non plus, avant l'émission d'hier !
Pas de buzz de Prague ? C'est la faute aux méchants grands medias, sûrement.
La social démocratie européenne est aux mains de gens qui ont peu la fibre sociale et très peu la fibre démocrate. Il suffit de voir commment fonctionnent les appareils. Mais chut, il ne faut pas en parler ici sous peine de récolter 200 messages vengeurs.
Euh... si je puis me permettre, pour ceux qui ne connaîtraient pas Frédéric Lordon, à partir de cette page http://jaidulouperunepisode.org/Lordon_Frederic.htm, de liens vers des textes, des videos et du son. J'ai un gros faible pour l'interview qu'il m'avait accordée en 2007 sur la financiarisation de l'économie, ses incidences et le SLAM: Lordon y avait été très très pédagogue!! Un vrai bonheur, je crois...
PF
Mille mercis d'avoir donné ici ces liens passionnants. De la belle ouvrage !
Ne pas manquer notamment cette "somme"
http://frederic.lordon.perso.cegetel.net/Interventions/interventions_sommaire.htm
Est-on si sur que ce sont " les actionnaires" qui réclament "toujours plus" de rentabilité ? Ne serait-ce pas- au moins en partie- un alibi des Gestionnaires...
pour- au passage- se "gaver" -sans en assumer l' entiére responsabilité ?
Un peu comme au foot, est-ce VRAIMENT la base qui est si goumande ?
Ou les couts de retransmission des match ...Je trouve que "la masse " à bon dos.
Quand ça ne "donne" pas, les actionnaires vont voir ailleurs. C'est la pression par défaut. Ceci dit, les gestionnaires prennent bien soin de couvrir leurs traces en se gavant en contrats blindés. Qu'ils soient bons ou mauvais, ils touchent à la fin de l'envoi !
Dianne à votre âge vous devriez savoir que les bourses n'ont pas toujours fontionné comme ça, en particulier en termes de partage de la valeur ajoutée capital/travail.
Vous devriez aussi apprendre à quoi servent les bourses avant de recopier des articles qui les critiquent...ce serait plus logique, non ? Il est vrai que les enseignants marxistes de sciences-éco de lycée ne délivrent pas de tels enseignements, et que Philippe Riès se ferait insulter s'il essayait de faire un peu de pédagogie sur "Mediapart".
Un impôt sur les transactions financières éliminerait déjà pas mal d'inconvénients sans retirer aux entreprises cette source essentielle de financement qu'est la bourse.
Je vous vois bien naïf : penser qu'il suffirait de taxer les transactions pour assainir le système... C'est ce que la droite découvre des décennies après les Alters. Mais si ces derniers ont eu le mérite de poser quelques jalons et d'agiter un peu le bocal, la récupération tardive par les libéraux afin de mettre un peu d'ouate autour du marteau fait assez pitié.
Pour ce qui est du fonctionnement de la Bourse, je vous conseille de lire l'article in extenso, afin de compléter votre formation de bac ES. Vous verrez que la levée de fonds à destination des entreprises y est devenue une activité quasi marginale. La plupart trouve ailleurs ses ressources. Etonnant non ?
Hormis le crétin de l'UMP égaré dans ces commentaires, je vous remercie Lordon et vous tous commentateurs, vous m'avez sauvé ma journée grise et terne. J'ai lu tous les bouquins de Lordon chez Raisons d'Agir et il faut bien reconnaître qu'il est génial avec un humour pas possible qui fait du bien.
Salut à tous sauf au crétin de l'UMP.
Humour de Lordon, à propos des traders qui font du chantage au départ pour obtenir des rémunérations pharaoniques : il faut les laisser partir semer la zone ailleurs ! Comme il ne restera alors que les moins dégourdis, ce sera une façon de limiter la casse en leur confiant des opérations moins sophistiquées... et donc moins périlleuses.
commentaire repris depuis ce fil
http://www.mediapart.fr/club/blog/marielle-billy/070210/un-desir-de-bourdonnement-politique-ou-de-buzz
"La question est-elle vraiment de savoir comment on nomme les choses ?"
Oui Jean-Claude Charrié.
Parce que la falsification du langage est l'une des chevilles ouvrières de la spoliation. J'emploie à dessein une des formules d'Arlette : "On vous ment, on vous spolie". Quel que soit le côté, devenu presque folklorique, du refrain, on en est toujours là.
Hazan a écrit à ce sujet un ouvrage essentiel : LQR (Lingua Quintae Respublicae) : La Propagande du Quotidien. (Raisons d'Agir)
Et le moulinage médiatique, qui reprend à son compte des formules toutes faites par les cercles où se théorise l'accaparement, n'est pas pour rien dans le processus qui conduit à la résignation collective.
Sur le billet où je citais Lordon, Virgil Brill propose "un bon buzz". Et demande comment on fait. Il s'agit de contacter tous les faiseurs d'opinion (bien obligés de reconnaître cette "qualité-là" à des Calvi, Moati, etc...) pour les mettre face à leur propre complicité.
Quand pendant des semaines "C dans l'air" donne la parole à des Cohen, Marseille, et consorts (même si le principe est parfois, je le soupçonne, celui du "dîner de cons"), il en reste forcément quelque chose dans l'inconscient de tout un chacun... Il faudrait peut-être que ces gens commencent à admettre leur "responsabilité" dans la falsification, avant qu'elle ne devienne "culpabilité".
10/02/2010 15:43Par Dianne
J'ajoute après patrouille dans le club en folie :
Au sujet du buzz nécessaire sur des questions fondamentales, je vais tenter de contacter BHL pour qu'il écrive quelque chose en rapport. Carton plein assuré.
Précaires.
Ne pas manquer Joseph Stiglitz, entretien avec Frédéric Taddéï, dans "Ce soir ou jamais" sur France 3. Il n'est pas très loin des thèses de F. Lordon.
Voir ici à 13:25
http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=emission&id_rubrique=953
Un réquisitoire implacable. "Joseph Stiglitz compare nos différents plans de relance, et notamment celui d’Obama, à « une redisposition des fauteuils sur le Titanic »…"
Ne surtout pas manquer "The Job" à 34:02
(Le "délire" précédent, avec Daniel Prévost, comporte un extrait savoureux sur la "sécurité" : 16 mars 70 - février 2010, mêmes salades).
J'ai entendu F. Lordon, aujourd'hui, dans l'émission de Mermet. Il dit des choses trés interessantes, notamment sur la différence entre res publica (république) et res communa (récommune : communisme, soviet.)
Merci de redonner la parole à F. Lordon.
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1871
Et merci pour le lien, Dianne.
Tout est dit chez Mermet et depuis longtemps. Et ça arrange un paquet de monde de faire passer les débats qui s'y tiennent pour des élucubrations d'une gauche énervée. On a voulu le faire passer à la trappe : pas de pot, les AMG ont suivi le train et rusent pour être on line malgré tout...